‹ Abrégé d'histoire romaine; rédigé conformément aux programmes officiels de 1874 pour la classe de quatrièmeChapitre 50 sur 64 · Néron (S4-S8) i meurtre de Brltannleos fSS · texte numérisé non relu

Néron (S4-S8) i meurtre de Brltannleos fSS

et d'A^rlppine (S9). — Néron commença bien ; on loua longtemps après sa mort les cinq premières années de son règne (quinquennium Ne7^07iis)^ comme Tépoque la plus heureuse de Tempire. « Que je voudrais ne pas savoir écrire ! » disait-il un jour qu'on lui présentait une sentence capitale à signer. Sénèque et Burrus s'efforcèrent aussi de concert à contenir les fougueuses passions de leur élève , mais l'ambition d'Agrippine amena l'explosion. Liguée avec l'affranchi Pallas, elle espérait que dans le palais rien ne se ferait sans elle ; mai^ Sénèque et Burrus, pour prévenir cette domination qui avait avili Claude, firent disgracier l'affranchi. Néron effraya plus encore sa mère en empoisonnant son frère Britannicus (55). L'impératrice fut reléguée au fond de son palais.

Délivrés de cette influence mauvaise, les deux ministres gouvernèrent pendant quelques années avec modération et justice. Des condamnations apprirent aux gouverneurs de province que leur conduite était surveillée ; quelques impôts furent abolis ou diminués. Néron demandait qu'on les supprimât tous. Malheureusement le plaisir l'avait déjà saisi : des amis débauchés, des liaisons vulgaires, un goût malheureux pour le théâtre, le corrompirent chaque jour davantage. Il enleva à Othon sa femme Poppée, et, irrité des reproches d'Agrippine, ordonna la mort de sa mère. On essaya de la noyer en faisant sombrer en pleine mer le vaisseau qu'elle montait. Gomme elle se sauva à la nage, Néron la fit poignarder.

19. Folies et emantés de Néron i sa mort (68). — Après la mort de Burrus, qui périt peut-être empoisonné, et la retraite de Sénèque, qui était allé jouir, loin de la cour, de ses immenses richesses, l'influence de Poppée devint telle, que Néron, pour l'épouser, fit .

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tuer sa femme Octavie. L'incendie de Rome, Tan 64, nr peut avec certitude lui être imputé. Mais ce fut pour lui un prétexte de persécuter les chrétiens (voy. p. 321)r Afin de trouver l'argent nécessaire à ses prodigalités dans les jeux et les spectacles, de couvrir les frais de ses constructions insensées, surtout de sa Maison (for, il prodigua les sentences d'exil et de mort, inévitablement suivies de la confiscation des biens.

A partir de Tan 65 les supplices se multiplièrent, car une conspiration formidable venait d'être découverte : on voulait donner l'empire à Galpurnius Pison. Nombre de sénateurs, de chevaliers, de soldats même, étaient impliqués dans le complot. Sénèque et son neveu, le poëte Lucain, furent contraints de se faire ouvrir les veines; puis ce fut le tour de Silanus, du consulaire Antistius et du vertueux Thrasea, qui mourut noblement (îomme il avait vécu. Dès lors Néron crut n'avoir plus de mesure à garder : les Romains le virent en rougissant conduire des chars dans l'arène ; il osa monter, à Rome même, sur le théâtre, et, pour trouver de plus dignes appréciateurs de ses talents, il fit en l'an 66 un voyage en Grèce. Il voulut paraître dans les jeux et disputer la couronne aux courses olympiques : on ne la lui refusa pas, bien qu'il fût tombé au milieu du stade. Il paya ces applaudissements en proclamant la liberté de la Grèce.

i8. Révolte de Yliidex. — Cependant l'empire commençait à se lasser d'obéir à un « mauvais chanteur », comme l'appelait Vindex. Ce général, alors propréteur en Gaule, offrit l'empire à Galba. Il se tua, il est vrai, après un échec; mais, à Rome même, tout le monde abandonnait Néron. Nymphjdius, son préfet du prétoire, fit proclamer Galba par les prétoriens, en leur promettant en son nom un riche donativwm. Néron, réduit à fuir, puisqu'il ne trouvait pas même un gladiateur pour le tuer, se réfugia dans la métairie d'un de ses affranchis ; mais on reconnut sa trace, des cavaliers approchaient : il s'enfonça un glaive dans la gorge ens'écriant :

« Quel artiste le inonde va perdre I » Avec lui s'éteignit la race des Césars, qui, depuis le grand Jules, ne s'était d'ailleurs continuée que par l'adoption (juin 68),

1 9 . Guerre dams la Grande-Bretai^e et em Orlemt*

— César avait paru deux fois dans la (jrande-Bretagne sans en faire la conquête. Claude y dirigea une expèr dition sérieuse. Les légions y passèrent sous la conduite de Plautius, qui soumit rapidement toute l'île jusqu'à la Sevem et à la Tamise' (42) . Derrière ce dernier fleuve, le plus puissant des chefs indigènes, Caratac, avait réuni une armée. Claude vint lui-même assister à la défaite du Barbare, puis laissa Plautius organiser la nouvelle province. Le successeur de ce général, Ostorius Scapula, sévit menacé par un soulèvement des insulaires (50); mais il fit rentrer dans l'ordre les Icènes et les Brigantes au nord, et écrasa, à l'ouest, les Ordovices. Sous Néron une insurrection générale excitée par la reine Boudicca coûta la vie à soixante-dix mille Romains ou provinciaux; mais Suetonius Paulînus comprima la révolte (61), et la Bretagne perdit l'espoir de s'affranchir. (Voyez page 347 les campagnes d'Agricola.)

En Orient, Rome avait affaire aux Parthes. La question entre les deux empires que séparait TEuphrate était la suzeraineté de l'Arménie. Si les Romains en effet étaient maîtres de ce royaume, les Parthes étaient en danger; si les Parthes y dominaient, ils pouvaient troubler la sécurité des provinces romaines d'Asie. La politique des empereurs consista à placer un roi vassal sur le trône d'Arménie et à fomenter des révolutions de palais chez les Parthes. Auguste parvint à se faire livrer plusieurs

f)riûces Arsacides dont Tibère se servit ensuite pour en aire des prétendants au trône de Ctésiphon, la capitale des Parthes. Un d'eux chassa Artaban III, qui parvint pourtant à recouvrer le pouvoir. Claude suivit la même politique. Son candidat fut aussi renversé, et le vainqueur, Vologèse, assez bien affermi dans son empire pour placer, en dépit de Rome, la couronne d'Arménie sur la tête de son frère Tiridate. Néron envoya contre

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celui-ci Gorbulon, qui réussit à le chasser avec tous les Parties de rArménie et à donner pour roi à ce pays un prince dévoué aux Romains. Vologèse rétablit Tiridate ; mais, menacé par Gorbulon d'une invasion dans ses propres États, il laissa son frère aller à Rome solliciter humblement de Néron qu'il le confirmât dans la possession de l'Arménie. Gorbulon, rappelé, parce que ses victoires le faisaient paraître dangereux, trouva à Gorinthe, pour prix de ses services, Tordre de se donner la mort. «O. Galba (68-69). — Galba était âgé de plus de soixante-douze ans quand il fut proclamé. Tout le monde accepta ce vieillard qui ne pouvait vivre longtemps et

Grand bronze de Galba '.

dont chacun espérait se faire l'héritier; mais sa sévérité et son avarice eurent bientôt soulevé la haine contre lui. Les prétoriens exigeaient le donativv/m, promis en son nom : « Je choisis mes soldats, répondit-il , je ne les achète pas. » En même temps ceux des amis de Néron échappés au premier massacre qui avait suivi la mort de leur maître furent envoyés au supplice. Gette sévérité n'empêcha pas Gralba d'être faible et indulgent jusqu'à Texcès pour ses tout-puissants favoris Vinius, Laco et Icelus, qui s'enrichissaient et commettaient sous le nom

1. Cette pièce appartient au Cabinet de France. Les mots au revers, Remissa XXXX^ font allusion à la remise faite par Galba de Timpôt du quarantième que Caligula avait établi sur tous les procès plaides dans l'empire.

de l'empereur mille injustices. Le mécontentement se montra surtout dans les légions de la haute Geripanie. Afin d'en arrêter l'explosion, Galba désigna Pison pour son successeur. Mais , en le présentant aux prétoriens, il ne leur promit point de donatiw/m. Othon, ancien ami de Néron, homme perdu de dettes et de vices, qui eut cependant un beau jour, celui de sa mort, profita de leur irritation pour les soulever. La plupart des troupes passèrent de son côté, et Galba fut massacré sur le Champ de Mars : il avait régné sept mois. Pison eut le même sort.

St. Othoii(69). — Le sénat s'empressa, avec son habituelle servilité, de reconnaître Othon ; mais déjà les légions du Rhin avaient, à Cologne, proclamé empereur leur chef Vitellius. En vain Othon chercha à prévenir par des négociations la guerre civile : il fallut en venir aux mains. Trois fois ses généraux battirent dans la haute Italie les vitelliens; commandés par Cœcina et Valens. Mais, près de Bedriacum, entre Vérone et Crémone, il perdit une grande bataille, et, s'offrant lui-même comme victime pour mettre fin à ces luttes cruelles, il se tua.

««. Vitelllas (69). — Vitellius prit alors le chemin de Rome, où le sénat et le peuple l'avaient reconnu, accompagné .de ses légions, qui marquaient leur route par les plus sauvages excès. Sans talent, sans énergie, irrésolu, timide, il ne s'était encore fait remarquer que par une brutale voracité. Prodigue de son bien comme de celui des autres, il permit tout aux soldats et ne s'inquiéta point des affaires de l'empire. Son principal soin fut de faire venir des pays et des mers les plus éloignés des mets inconnus et bizarres. Dans les huit mois que dura son règne, il dépensa près de 200 millions de francs. Aussi les révoltes éclatèrent de toutes parts. L'Orient voulait avoir son empereur, puisque l'Occident venait d'-en donner trois coup sur coup. Un bon général, Vespasien, commandait alors des forces considérables chargées de réduire les Juifs révoltés ; ses troupes le saluèrent empereur. Il laissa à son fils Titus le soin de

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réduire la forte place de Jérusalem, tandis que lui-même allait prendre possession de l'Egypte, et que son ancien collègue Mucien marchait surlltalie. Un tribun légionnaire, Antonius Primus, prit audacieusement les devants avec les troupes de la Mœsie et de la Dalmatie ; il envahit ritalie et battit près de Crémone les troupes de Vitelliufl. Le frère de Yespasien, Flavius Sabinus, était

Lit de repas onlTriclinium *.

à Rome. Vitellius lui livra les ornements impériaux et implora, en habit de deuil, la protection des soldats et du peuple. Mais ceux-ci ne voulurent pas de son abdication, et un combat suivi d'un affreux carnage eut lieu dans la ville même. Le Gapitole fut brûlé ; Sabinus, massacré par les vitelliens; Domitien, le plus jeune fils de Yespasien, n'échappa qu'à la faveur d'un déguisement.

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