‹ Abrégé d'histoire romaine; rédigé conformément aux programmes officiels de 1874 pour la classe de quatrièmeChapitre 52 sur 64 · LES ANTONINS; CONQUÊTES DE TRAJAN · texte numérisé non relu

LES ANTONINS; CONQUÊTES DE TRAJAN

1. Les Antonins (96-192) : Nerva (96-98). —2. Trajan (98-117). -^ ?. Sa modération. — 4. Mesures favorables à l'Italie et aux provinces. — 5. Son économie. — 6. Il respecte les droits du sénat. — T. Sa correspondance avec Pline. — 8. Travaux publics. — 9. Persécution contre les chre^tiens (102). — 10. Guerres contre les Dâces; conquête de la Dacie (101-106). — 11. Expédition contre les Parthes (113-117).

f. Les Antonins (96-f9e) t Nerva (96-98). — La

famille fla vienne était éteinte. Le sénat se hâta de pro* clamer un des conjurés, le vieux consulaire Nerva« Avec ce prince commence une période qu'on a appelée Tépoque la plus heureuse de l'humanité : c'est la domination des Antonins. Nerva n*eut guère que le temps de montrer ses bonnes intentions. Les légions du Danube voulaient se révolter : un éloquent exilé du dernier règne, Dion Ghrysostome, les retint, dit-on, dans Tobéissance. Ner^a rappela les bannis, qu'il rétablit dans la possession des biens dont ils avaient été dépouillés, fit cesser les persécutions religieuses, diminua les impôts, sus-' pendit toutes les poursuites pour crime de lèse-n^ajesté, prononça la peine de mort contre les esclaves et les affranchis qui auraient dénoncé leur maître, et défendit à l'avenir de recevoir leur témoignage. Les bons citoyens tturent Aspirer aui charges : Tacite devint consul. Les pauvres eurent des distHbutions de terre^ et^ grâce à une sévère économie, il trouva les ressources nécessaires pour soulager les villes affligées de quelque fléau; il èotnm^nça même une grande institution charitable, en formant un fotids put élever les euff^nts pauvres. H

voulait enfin n'user de son pouvoir que dans Tintérêt de TÉtat et unir ces deux choses jusqu'alors incompatibles : le pouvoir et la liberté. Sur le frontispice de sa. demeure il fit graver ces mots : Palais public.

Gomme Titus, il délibérait de toutes choses avec le sénat, et il jura de ne faire mourir aucun sénateur. Un d'eux ayant conspiré contre lui, il l'exila. Mais ce prince débonnaire manquait de fermeté : les prétoriens soulevés exigèrent qu'on leur livrât les meurtriers de Domitien, qu'ils firent périr dans les supplices. Nerva se laissa même imposer l'obligation de remercier les soldats pour cet attentat à la discipline. Au moins eut-il le sentiment de sa faiblesse : ce fut ce qui le détermina à adopter Trajan, le meilleur et le plus renommé général de l'empire; il commandait alors les légions de la haute Germanie. Trois mois après, Nerva mourut (27 janvier 98).

2. Trajan (98-4 f?); sa sévérité à maiiitenir la discipline. — Trajan, le plus renommé, mais non pas peut-être le plus grand des empereurs romains, avait quarante-six ans quand Nerva l'adopta. Il était Espagnol ; le mélange des diverses populations de l'empire était si avancé, que personne ne songea à reprocher au nouveau prince son origine provinciale. Il manda aussitôt les auteurs de la sédition ; aucun d'eux n'osa refuser, et il les dégrada, les bannit ou les punit de mort. Cette sévérité montrait à quelles mains l'empire était remis. Après la mort de Nerva, Trajan, reconnu empereur par le sénat, le peuple et les armées, resta une année encore sur les bords du Rhin pour y achever ce qu'il avait si bien commencé, la pacification des frontières et le rétablissement de la discipline. Ce dernier point était chose facile à obtenir pour un prince nourri dans les camps, qui s'imposait à lui-même les privations et les fatigues qu'il demandait à ses soldats.

3. Sa modération. — Lorsqu'il partit pour l'Italie, les légionnaires de son escorte ne donnèrent lieu, tout le lonff de la route, à aucune plainte. Il voulut entrer

dans Rome à pied; Plotine, son épouse, suivit cet exemple, et, en montant les marches du palais, elle se retourna vers la foule pour dire : « Telle j'entre ici, telle j'en veux sortir. » La haute taille du nouvel empereur et son air martial imposaient; mais son affabilité, sa déférence pour le mérite ou Tâge, lui gagnaient bien vite les cœurs, et toute sa conduite le montra comme un des meilleurs princes que Rome ait eus: aussi le sénat et le peuple lui décernèrent-ils unanimement le surnom d'Oplirnus avec le titre de Père de la patrie.

Gomme Nerva, Trajan ouvrit sa demeure à tous les citoyens, et le palais reprit Taspect simple et sévère qu'il avait eu sous Vespasien. Il répondit à ceux qui lui reprochaient de diminuer le respect dû aux princes en permettant trop de familiarité : « Je serai avec les autres comme j'aurais voulu, étant citoyen, que les empereurs fussent avec moi. » Gomme Auguste aussi, il visitait en simple particulier ses anciens amis et assistait à leurs fêtes de famille. On voulut lui inspirer un jour des soupçons contre un sénateur : il alla sans gardes souper chez lui, disant le lendemain à ceux qui l'accusaient : « S'il eût voulu me tuer, il l'eût fait hier. » Au reste, il chassa les délateurs non-seulement de sa cour, mais de Rome et de l'Italie.

4. Mesures favorables à, l*I(alie et aux proviaees. — La réaction en faveur de l'Italie et des provinces devait se prononcer davantage sous un empereur d'origine provinciale. En effet, contrairement à l'usage, il étendit à l'Italie entière les gratifications promises à chaque nouveau règne ; il paya celles du peuple avant celles des soldats, et il supprima les dons de joyeux avènement offerts par les provinces et les villes. Pour encourager la population, il distribua à plusieurs villes d'Italie de l'argent et des revenus destinés à l'entretien des enfants pauvres {jpueri alimentarii) , et, afin de ramener dans la péninsule la vie qui s'en éloignait, il exigea que tous les candidats aux charges de l'État eussent au moins le tiers de leur fortune en biens-fonds situés en Italie. Les^em-

pereurs n'avaient jamais songé qu'à rapprovisionnemenl de Rome : Trajan leva tous les obstacles qui gênaient la circulation des grains dans les provinces, et le commerce , débarrassé d'entraves, répandit partout Tabon-

Pièce commémorative de l'institution des Pvteri alimentarii.

dance. Rome put alors rendre à TÊgypte, réduite à la famine par l'insuffisance de la crue du Nil, les services qu'elle en recevait tous les ans.

5. Son économie. — Économe pour lui-même, avare des deniers publics, il diminua les impôts, tout en augmentant les revenus du fisc. U vendit les nombreux palais, les villas, que ses prédécesseurs avaient acquis par les confiscations, et l'Etat se trouva enfin, dit Pline, plus grand que le domaine du prince. U retrancha les extensions injustes apportées successivement à la taxe du vingtième des héritages, et permit que dans les procès avec le fisc on pût demander que la décision fût remise aux juges ordinaires. Chaque Romain qui mourait était à peu près forcé de laisser à l'empereur une part de sa succession pour assurer le reste à ses héritiers. Sous Trajan, il n'y eut plus de legs imposés au nom du prince.

6. U respecte les droite dn «énat. — Le sénat pouvait presque se croire revenu à son ancienne puissance. Depuis longtemps il ne servait guère qu'à proclamer les volontés du chef de l'État, à condamner ses victimes ou à rendre des décrets adulateurs. Maintenant il déli-

bérait réellement; nulle charge ne s'obtenait plus que par lui. Trajan rendit même les élections aux comices: du moins les candidats paraissaient solliciter comme autrefois les suffrages du peuple. Lui-même briguait au Champ de Mars, confondu dans la foule des candidats. A la fin de son troisième consulat, il jura, suivant Ja vieille formule républicaine, qu'il n'avait rien fait contre les lois. Il avait dit aussi, en donnant au préfet du prétoire l'épée, signe de son commandement : « Sers-toi de ce glaive pour moi, si je fais bien; contre moi, si je fais mal. »

V* Sa eorrespoBdanee avee Pline* *— Sa justice fut plutôt équitable que sévère. Il aimait mieux laisser un coupable impuni que de condamner un innocent. U défendit de prononcer contre un absent lorsqu'il s'agissait d'un cas criminel. Pour comprendre combien sa sollicitude était vigilante et universelle, il n'y a qu'à lire les lettres de Pline le Jeune, qu'il nomma gouverneur de Bithynie, et qui le consultait sur les affaires les plus minimes. Ses réponses brèves, mais lucides, attestent mieux que tous les témoignages le grand homme d'État.

8. Travaux publies. — Les monuments qu'il éleva eurent pour but l'utilité publique ou l'ornement de Rome, comme la colonne Trajane, qui raconte encore ses exploits, et la bibliothèque Ulpienne, qui devint la plus riche de la ville. Pour surveiller de près le monde barbare, il acheva une grande route qui alla du Ponl- Euxin jusque dans les Gaules, répara la voie Appienne à travers les marais Pontins, et fit tracer une foule d'autres voies militaires qui facilitèrent l'action rapide du gouvernement impérial. Il creusa, à ses frais, les ports d'Ancône et de Givita-Vecchia (Centum Cellœ)^ et, par son exemple, excita la ville à construire tous ces monuments dont les ruines nous frappent encore d'admiration.

9. PerséeatioB eontre les ehrétleasl — Ce grand prince ne sut malheureusement pas échapper aux vices honteux et aux erreurs de ses contemporains. Il fut con-

traint d'ordonner qu'on n'exécutât pas les ordres qu'il donnerait après ses longs repas, et il continua de considérer la profession du christianisme comme un crime d'État ; de sorte qu*il faut placer sous un des meilleurs empereurs une persécution 'contre les chrétiens : celle qu'on appelle la troisième. A ne considérer ceux-ci qu'au point de vue où un magistrat romain était forcé de se placer par ses préjugés, ses habitudes d'esprit et les lois de l'empire, ils formaient une secte ennemie du culte public, travaillant dans l'ombre au profit de doctrines inconnues, à gagner de nombreux prosélytes, et qui, par ses liens, sa hiérarchie, ses assemblées secrètes, inspirait de graves soupçons. On confondait encore, comme l'avait fait toute l'antiquité grecque et romaine, la vie religieuse avec la vie politique, en subordonnant celle-là à celle-ci, et les empereurs, ne se croyant d'autre devoir que celui de maintenir la paix et l'ordre, voulaient dans l'une comme dans l'autre sphère le même silence, la même docilité. Ceux qui réclamaient l'indépendance dé leur patrie étaieilt punis comme ceux qui demandaient la liberté de leur Église, Sabinus en Gaule comme Simon de Goria en Judée, les druides comme les chrétiens. Pline, qui trouvait un grand nombre de chrétiens dans son gouvernement de la Bithynie, demanda au prince la règle à suivre envers eux. Trajan, comme souverain pontife, voulut faire respecter les dieux de l'empire et, comme chef de l'État, punir suivant les anciennes lois les assemblées secrètes. Il défendit qu'on recherchât les chrétiens, mais ordonna d'interdire leurs réunions et de frapper ceux qui refuseraient de sacrifier aux dieux ou d'offrir de l'encens devant la statue de l'empereur. Lui-même condamna aux lions l'évêque d'Antioche, Ignace : déplorable erreur qui lui faisait confondre des martyrs avec des coupables.

fO. Guerres eontre l^s Daees f conquête de la Daele (*0*-*oe). — Avant son avènement, Trajan s'était distingué contre les Parthes et les Juifs. Sur le . Rhin, il avait rétabli la discipline et condamné au re-

Colonne Trajane *

1. Cette colonne, d*ordre dorique et en marbre blanc de Carrare, est haute de 132 pieds, en a«12 à sa base, 10 au sommet. Elle est formée de 34 blocs de mar-

pos les remuantes peuplades qui en habitaient la rive droite, particulièrement les Bructères. Les mesures prises par lui sur cette frontière furent si bonnes, que la tranquillité n'y fut pas troublée pendant tout son règne. U voulut établir le même ordre sur le Danube ; il dirigea en personne une expédition contre les Daces (101). Décébale avait repris les armes depuis que les Romains

Soldat romain et prisonnier dace '.

lui refusaient les sommes promises par Domitien, et il s'était ligué avec les Sarmates et les Parthes. Trajan franchit le fleuve à la tête de 60 000 hommes, vainquit les Daces en trois grandes batailles, prit leur capitale Sarmizegethusa, et, les ayant obligés à demander la paix (102), renvoya, comme aux anciens temps, leurs députés au sénat. En l'année 105, ils se soulevèrent de nouveau. Trajan revint sur les bords du Danube, jeta sur le fleuve

bre blanc creusés à Tintérieur, où l'on a pratiqué un escaliar à vis de 182 marches qu'éclairent 43 petites ouvertures. Le sommet était surmonté d'une statue dorée de l'empereur. Des trophées décorent les quatre faces du piédestal, et des aigles aux quatre angles portent des couronnes de laurier. Autour du fût de la co- 'lonne s'eitfoule le oas-relief qui représente tous les faits de la guerre daciqae. On y compte 2500 figures de 2 pieds de hauteur. C'est le modèle de la colonne Vendôme, et la plus riche mine où les antiquaires aient puisé pour connaître les armes et les usages militaires des Romains et des Barbares. Le moulage de c« bas-relief se voit au musée Napoléon III.

i. D'après la colonne Trajane.

un pont de pierre dont on voit encore les restes, pénétra à plusieurs reprises enDacie, vainquit Décébale, qui se tua, et réduisit le pays en province (106) . De nombreux colons y furent envoyés, des villes florissantes s'y élevèrént,^ et aujourd'hui tout un peuple parle encore sur les rives du Danube un idiome qui est presque la langue des contemporains de Trajan. Un triomphe et des fêtes durant cent vingt-trois jours, des combats de gladiateurs où dix mille captifs s'égorgèrent , des chasses où l'on compta jusqu'à onze mille bêtes fauves, célébrèrent cette conquête qui, mettant à couvert la Mœsie et la Thrace, permit à la civilisation de faire dans ces provinces les plus rapides progrès.

f f . Expédition eoMtre les Parthes (f 18-11 7). — L'Occident pacifié, Trajan s'occupa de l'Orient, dont les Parthes menaçaient les frontières. Khosroès, leur roi, avait chassé le prince qui régnait en Arménie et mis à sa place son neveu Parthamasiris. Trajan montra les mêmes talents dans cette guerre, et, pour en finir avec ces perpétuelles révolutions de l'Arménie, comme il en avait fini avec les incursions des Daces, il fit de ce pays une province, après en avoir fait mourir le roi. Les petits princes de l'isthme caucasique, les rois de Golchide et d'Ibérie, promirent une obéissance plus entière, et les Albaniens reçurent le prince qu'il leur donna. Un de ses lieutenants, Cornélius Palma, avait, dès l'an 105, soumis une partie des Arabes. L'empire parthe, ainsi attaqué sur ses deux flancs, par le sud-ouest et le nord-est, fut enfin envahi. Trajan franchit l'Euphrate, pénétra dans la Mésopotamie et força lé passage du Tigre, succès qui lui ouvrit la route de Babylone où il entra.

En 115, il conquit Gtésiphon, prit Séleucie, Suses, où il trouva le trône d'or massif des monarques persans. L'Assyrie et une partie delà Mésopotamie furent rédui-* tes en provinces romaines. En souvenir de ces victoires, la ville de Bénévent lui éleva un arc de triomphe qui dure encore. Toute la région occidentale de l'empire par-

thique étant soumise, il fit construire une flotte sur le Tigre, descendit jusqu'à Tembouchure de ce fleuve et de TEuphrate dans le golfe Persique. « Si j'étais plus jeune, disait-il , j'irais conquérir les Indes. » Le souvenir d'Alexandre, son héros et son modèle, le préoccupait. Il se consola de ne pouvoir marcher sur ses traces en ajoutant à la liste de ses provinces le nom d'une partie de l'Arabie où le conquérant macédonien n'avait pas porté ses armes.

Ces rapides et brillantes conquêtes ne pouvaient être durables. Les vaincus se soulevèrent partout durant l'éloignement de l'empereur, et, quand il revint à Babylone, il apprit qu'un de ses généraux avait été vaincu et tué. D'autres, plus heureux, reprirent Séleucie, Nisibe et Édesse; mais les Romains échouèrent devant Atra, et les Juifs se révoltèrent encore une fois de tous côtés, en Mésopotamie, en Gypre, en Egypte, à Gyrène. Trajan n'eut même pas la consolation de voir la fin de ce formidable soulèvement. Triste et découragé, il donna un roi aux Parthes, Parthamaspatès, que bientôt ils chassèrent, et, laissant Hadrien à la tête de l'armée de Syrie, il revint mourir à Sélinonte, en Gilicie (11 août 117),. On rapporta ses cendres à Rome. Elles furent ensevelies au pied de la colonne qui porte encore son nom. Le sénat rendit longtemps hommage à sa mémoire en souhaitant à chaque nouvel empereur d'être felicior AUrgusto, melior Trajano,

SUITE DES ANTONINS l HADRIEN, ANTONIN, MARC AURÈLE ET COMMODE (117-192).

1. Hadrien (117-138) ; son avén6ment à l'empire. — 2. Son esprit pacifique. — 3. Abandon des conquêtes de Trajan. — 4. Dernière révolte des Juifs (135). — 5. Administration intérieure. — 6. La puissance législative retirée au sénat. — 7. L'Édit perpétuel (131). — 8. Règlements' pour l'armée. — 9. Voyages et réformes dans les provinces. — 10. Dernières années d'Hadrien. — 11. Antonin (138- 161). — 12. Marc Aurèle (161-180). — 13. Commode (180-192).

f . Hadrien f son avènement à l*emplre (117-188).

— Trajan ne laissait point d'enfants, et, comme Alexandre, ne désigna pas de successeur; mais Timpératrice Plotine déclara que son époux avait, à ses derniers moments, adopté Hadrien, son cousin et son pupille, qui lui-même avait épousé une nièce de Trajan, On raconte qu'elle cacha pendant quelques jours la mort de l'empereur, afin de pouvoir avertir Hadrien, qui était à Antioche avec Tarmée et se fit proclamer par les soldats. Le sénat reconnut sans hésitation Télu des légions. Il faut dire que Trajan avait avancé la fortune de son neveu de manière à ce que celui-ci ne pût manquer d'arriver à Tempire.

2. Son esprit pacifique. — Hadrien, Espagnol comme Trajan, était doué de qualités éminentes ; il s'était distingué dans les dernières guerres : on pouvait croire qu'il allait continuer le règne guerrier de son prédécesseur. Il n'en fut rien. Auguste succéda encore une fois à César, le prince habile et pacifique au guerrier, le génie de l'administration à celui des conquêtes. « S'il m'arrive malheur, je te recommande les provinces, » avait dit Trajan au jurisconsulte Priscus, qu'il jugeait

digne de Tempire. Ce mot, Hadrien parut Tavoir toujours présent à l'esprit. Loin de chercher de nouvelles guerres, il se hâta, pour être libre de porter tous ses soins sur Tadministration intérieure, d'étouffer celles qui duraient encore. La fin du règne de Trajan avait été tristement marquée par de nombreuses révoltes. Les Juifs étaient encore en armes ; les Maures, les Sarmates et les Bretons, les avaient prises. Par un mélange de force et d'adresse, il les leur fit tomber des mains.

8. Abandon d'une partie deseonqnèCes de Trajan. — Trajan avait dépassé les bornes fixées par Auguste et par la nature même à l'empire. La conquête de la Dacie pouvait être approuvée, parce qu'à cette frontière si faible du Danube, où les glaces de chaque hiver livraient passage à l'ennemi, elle substituait la ligne, bien

i autrement difficile à franchir, des monts Carpathes. Mais,

en Orient, s'avancer jusqu'au Tigre était dangereux. Hadrien souffrit que les Parthes reprissent leurs provinces : seulement il alla trop loin en laissant décliner l'influence romaine dans l'Arménie, qui se donna un roi national. Dans l'Occident, plutôt que d'aller chercher au milieu de leurs montagnes les belliqueux Calédoniens, il éleva, pour arrêter leurs incursions, un mur qui s'étendit des bouches de la Tyne au golfe de Solway ( Vallum Hadriani) : il en subsiste encore des restes nombreux qu'on appelle le mur des Pietés. Décidé à mettre l'empire sur un pied respectable de défense partout où les frontières naturelles manquaient, il acheva sur les bords du Rhin les fortifications qui couvraient les terres décumktes (la Souabe) et celles du bas Danube qui couvraient la Mœsie contre les Roxolans. On a dit qu'il aurait voulu abandonner la Dacie, mais que trop de colons romains avaient été établis dans cette province pour qu'il put sans injustice les en retirer, et sans cruauté les laisser exposés à l'épêe des Barbares ; que du moinô, comtne meisure de prudence, il détruisit Uûe partie du pont de l^rajau. Cette accusatioli est dêtueiitie

pAf lea laits.

tES ANTONINS. 367

4. Benlère révolte des ^«Iffls (t8S), — Son règne n'eut qu'une seule guerre, mais atroce. Hadrien, témoin de l'ébranlement que les Juifs avaient causé à tout l'Orient, voulut les arracher à leur culte, pour les soustraire à ces éternelles espérances d'un vengeur promis à leur race par Jéhovah. Il effaça le nom de la cité de David, qui devint iElia Capitolina ; il y dressa des autels à tous les dieux et défendit aux Juifs de pratiquer leur baptême sanglant. Il s'agissait donc pour ceux-ci de perdre leur nationalité religieuse, comme ils avaient perdu leur nationalité politique. A la voix du docteur Akiba, ils tentèrent encore une fois le sort des armes, lia prirent pour -chef (135) Bar Kokaba ou le fils de l'Étoile, qui se faisait passer pour le Messie attendu. Les horreurs de la dernière guerre, sous Vespasien, se renouvelèrent : cinq cent quatre-vingt mille Juifs périrent, toute la Judée fut dévastée, et ce qui resta du peuple fut jeté en esclavage. L'approche de Jérusalem leur fut interdite : seulement une fois chaque année ils pouvaient venir chanter les lamentations de leurs prophètes sur les ruines de la cité sainte.

6. AdflilniBtratioii Incérienre. — - Hadrien s'efforça de régulariser l'administration impériale. Il apporta à cette œuvre un remarquable esprit d'organisation et de justice, tt Te voilà sauvé, » disait-il à un de ses ennemis qu'il rencontra après son avènement. Et un jour qu'il refusait d'entendre une pauvre femme : « Pourquoi es-tu empereur? » lui demanda-t-elle : il l'écouta patiemment.

Venu après les excès de la tyrannie et ceux de la gloire, Hadrien fit deux choses : il condamna la politique belliqueuse de Trajan et il essaya de rendre un nouveau Domitien * impossible en donnant à l'empire une organisation meilleure. Il effaça les formes républicaines qui, depuis Au ff us te, s'étaient perpétuées, et rendit le gouvernement plus moûarohique. Il divisa tous les offices eu eh&rges de l'État, du palais et de l'armée, les magii»» ttatures civiles ayant le premier rang, et leê fonoUoii?

militaires le second. Les affranchis furent éloignés du palais, et les charges de cour, graduées suivant une hiérarchie rigoureuse, furent confiées à des chevaliers. Pour l'expédition des affaires, il institua quatre chancelleries [scrinia)y et les préfets du prétoire, investis d'une autorité à la fois civile et militaire, formèrent une sorte de ministère supérieur/

6. La pnlssanee léf^slatlTe retirée au sénat. — A l'exemple d'Auguste, Hadrien réunit les jurisconsultes les plus honorés pour en former un conseil secret de l'empire, qui fut définitivement investi de l'autorité législative, de sorte que les décrets du sénat commencèrent à tomber en désuétude.

7. JL*Édit perpétuel (f 3f ). — Les lois, les édits, les sénatus-consultes, toutes les sources du droit enfin, formaient un pêle-mêle de décisions souvent contradictoires. Salvius Julianus, par ordre de l'empereur, réunit les anciens édits prétoriens, en coordonna les dispositions et forma une sorte de code qu'on appela i'Édil perpétuel^ et qui reçut, en l'année 131, force de loi. Les préteurs durent en adopter les dispositions, sauf à ajouter, suivant les besoins, des règles de forme et des articles accessoires.

8. RéfflementB pour l*armée. — L'armée fut, comme le palais et la haute administration, soumise à une réforme sévère. Hadrien fit pour la discipline, les exercices, l'âge oii l'on devenait capable d'obtenir des grades, un grand nombre de règlements qui lui survécurent. Il donna lui-même à ses soldats l'exemple de la sobriété et du courage à supporter les fatigues, faisant des routes de 20 milles à pied, tête nue, au milieu des troupes, et vivant de leur nourriture. Suivant l'axiome : Si vis pacem^ para hélium^ pour conserver la paix, il mettait l'armée sur un pied formidable.

9. Voyantes et réformes dans les provinees. — L'activité d'Hadrien s'étendit à toutes les provinces. Il les visita les unes après les autres, l'Ouest d'abord, l'Orient ensuite, voyageant la plupart du temps à pied,

sans pompe, entouré seulement de quelques jurisconsultes, de lettrés et d'artistes. Ses voyages durèrent, sauf quelques interruptions, onze années, de 121 à 131. Nombre de villes furent décorées par lui de monuments splendides, comme Nîmes, où il éleva peut-être les arènes en l'honneur dePlotine; Athènes, où il passa plusieurs hivers et acheva le temple de Jupiter Olympien commencé par Périclès ; Alexandrie, Rome enfin , qui

An-iu-s (lo Niiiios.

lui doit son. château Saint-Ange (Moles Hadriani) et le pont qui réunit cette forteresse à la ville. Les postes étaient aux frais des villes : il les prit à son compte ; le fisc avait de vieilles créances : il déchargea les provinces de tout ce qu'elles restaient lui devoir depuis seize ans, et il fit brûler les registres silr le forum. Il ferma les ergastula où tant d'esclaves étaient torturés, ôta aux maîtres le droit de vie et de mort sur leur bétail humain et proscrivit les sacrifices d'hommes et d'enfants qui se faisaient encore à Mithra et au Baal carthaginois. Sa conduite envers les chrétiens fut dictée par

UIST. ROMAlNIi, cl, (ÎC V. 24

370 CHAPITRE xxxn.

l'esprit de tolérance. D'après un récit qu'Eusèbe nous a conservé, Hadrien aurait interdit toute poursuite pour fait de religion ; nul du moins, par son ordre, ne souffrit pour ses croyances dans sa personne ou dans ses biens.

tO. Dernières années d*Hadrien. -— Lapaix^ l'ordre, le bien-être que l'empire dut à ce prince, firent oublier ses travers pédantesques, ses mœurs, qui ne valaient pas mieux que celles de son temps, l'influence qu'il laissa prendre sur lui à Antinous, dont il fit un dieu après que ce favori se fût noyé dans le Nil. L'aristocra*-

Monnaies symbolisant l'Éfypte et le Nil *•

tie, toujours ombrageuse et prête aux conjurations, lui reprocha aussi des cruautés. Aux premiers jours de son règne, quatre consulaires qui voulaient l'assassiner avaient été condamnés par le sénat. Sur la fin de sa vie, lorsqu'il eut adopté iElius Verus, et, à la mort de celuici, Titus Antoninus, les complots recommencèrent. Son beau-frère, Servianus, peut-être d'autres victimes encore, succombèrent. Aussi le sénat, irrité d'ailleurs contre un prince qui faisait tout par lui-même, songea, lorsqu'il fut mort à Baïes, le 12 juillet 138, à condamner sa mémoire. La justice cependant et les pieuses prières d'Antonin l'emportèrent. Hadrien était mort comme il

1. La première, qui est d'Hadrien, représente TÊgyptè sQus Ite traits d*iiot famme ayant un ibis perché devant elle; Tantre est le Nii, tenant ttaè oom d'abondance ; un hippopotame est près de lui.

avait vécu, en 8cq)tîque épicurien, faisant de petits vers sur son âme et sur les incertitudes de la vie à venir.

41. Ant«iila {i88-i«4). — Antonin, originaire de Nîmes, avait été adopté par Hadrien à la condition qu'il adopterait à son tour M. Aurelius et le fils d'^Elius Verus, Lucius. Sous son règne de vingt- trois années (138-161), l'empire jouit d'une paix profonde, due autant à sa modération qu'au gouvernement habile de son prédécesseur. Ses contemporains reconnaissants lui donnèrent le beau surnom de Père du genre humain» Une sage économie lui fournit les moyens de fonder d'utiles institutions, et il put venir au secours des cités frappées par quelque fléau, comme Rome, Antioche, Narbonne et Rhodes, qu'avaient désolées des incendies ou des tremblements de terre. « La félicité publique, disait-il, fait toute la richesse d'un prince. » Deux conspi-^ rations formées contre lui furent découvertes : les chefs seuls périrent. Une apologie du christianisme, composée par l'éloquent philosophe Justin, et présentée à l'empereur, valut aux chrétiens, déjà nombreux à Rome et dans les provinces, une toléran^ce qui permit à leur nombre de s'accroître. Antonin ne fit aucune guerre, et no visita même pas les provinces, trop paisibles et trop bien gouvernées pour que sa présence y fut nécessaire. Ses lieutenants livrèrent cependant des combats, en Afrique contre les Maures, el sur le Danube aux Alains et aux Quades. Les Lazes et les Arméniens acceptèrent les rois qu'il leur donna. Les Juifs établis hors ae la Palestine firent aussi quelques mouvements, et les Bretons essayèrent de détruire le mur d'Hadrien.

Un fait peint la modération d' Antonin : des députés de peuples barbares'vinrent à Rome lui demander à être reçus sujets de l'empire : il refusa. C'était la politique d'Auguste et d'Hadrien, et cette politique avait eu danâ le bonheur de cent millions d'hommes d'assez beaux ré^ sultats pour qu'Antonin la suivît. IN^ais cette paix amenait aussi l'oubli de l'ancienne vertu guerrière; les lé-

372 CHAPITRE XXXli.

gions, ihactives derrière les remparts de leurs camps, ne savaient plus manier les armes ni supporter les fatigues, et il faudra toute la sévérité d'Avidius Cassius pour arracher les soldats, surtout ceux de Syrie, à leur mollesse, pour les déshabituer « des bains et des voluptés dangereuses de Daphné, pour faire tomber de leurs têtes les fleurs dont ils se couronnaient dans les festins. »

• I«. Mare Aurèle (I6t-t80). — Lorsque Antonin se sentit mourir, il fit porter la statue d'or de la Victoire dans l'appartement de son fils adoptif, Marcus Aurelius Antoninus, surnommé le Philosophe. Le nouvel empereur prit à tâche de continuer l'administration de ses trois prédécesseurs. Il créa pour la protection des pupilles un préteur tutélaire, et fit pour les gouverneurs de provinces, par la promulgation de VEditprovincialy ce qu'Hadrien avait fait pour les préteurs par celle

Buste de Marc Aurèle avec la couronn. ^e Mt perpétuel. L'ard'épis, insigne des Frères Arvales. bltraire était aiUSl partout

poursuivi, et l'unité mise dans l'administration; de nouvelles facilités accordées pour l'obtention du droit de cité romaine préparaient une autre unité, celle de la condition égaie faite à tous les sujets.

11 avait partagé le titre d'Auguste avec Lucius Verus, son gendre et son frère d'adoption : il l'envoya, dans des . circonstances graves, en Orient; mais Verusne s'occupa à Antioche que de ses plaisirs, laissant l'habile Avidius Cassius prendre Gtésiphon et Séleucie, et soumettre la Mésopotamie (165). Peu après, une peste terrible sévit

dans Rome et désoJa tout Tempire. Les peuples germains des bords du Danube, qui depuis longtemps étaient restés en paix, se préparèrent au même moment à une attaque générale, et de grands désastres, des tremblements de terre, accompagnèrent cette irruption des Barbares. Mais le philosophe stoïque qui occupait alors le trône impérial ne se laissa pas effrayer; au milieu des périls de la guerre contre les Marcomans, sur les rives du Danube, il écrivit les admirables maximes de la sagesse stoïcienne dans les douze livres de son ouvrage intitulé : Ti eU âaurov. Dans cette guerre, Marc Aurèle montra un courage supérieur. Presque tout le monde barbare s'ébranlait. Les Sarmates Roxolans, des Vandales et d'autres peuples, connus de nom seulement, formèrent une grande ligue dont les Marcomans n'étaient en quelque sorte que Tavant-garde. Les Barbares passèrent le Danube et pénétrèrent jusqu'aux environs d'Aquilée. Les deux empereurs marchèrent à la fois contre eux. Marc Aurèle détacha de la ligue quelques tribus auxquelles il assigna des terres, et admit beaucoup de Barbares dans ses troupes. Verus mourut au retour de cette expédition (déc. 169). Les Germains, qui n'avaient point été vaincus, reparurent encore une fois sous les murs d'Aquilée. Pour trouver l'argent nécessaire à cette guerre, Marc Aurèle fit vendre les objets précieux et les joyaux du palais impérial ; il arma des esclaves, des gladiateurs, et enrôla encore des Barbares (172). L'ennemi se retira devant lui, et l'empereur poursuivit les Quades jusque dans leur pays, où il courut, sur les bords du Gran, un sérieux danger. Une pluie mêlée d'éclairs et de tonnerre le sauva et donna lieu à la tradition sur la légion fulminante composée de chrétiens. Un traité de paix avec plusieurs nations parut terminer glorieusement cette guerre.

Des bords du Danube, Ma,rc Aurèle gagna promptement la Syrie (175) pour apaiser la révolte de Gassius ou lui céder l'empire, si telle était, disait-il, la volonté des dieux. Gassius fut tué par ses soldats, et Tempe-

reur se plaignit qu'on lui eût ôté le plaisir de se faire un ami d'un adversaire : au moins n'y eut^l plus de vicrtimes. « Que cette insurrection^ écrivait-il noLlement au sénat, n'ait coûté la vie qu'à ceux qui sont morts dans le premier tumulte. » Presque aussitôt des Harcomans et d'autres peuples qui habitaient au nord du Danuhe et du Pont-Euxin, des Bastarnes, des Goths, recommencèrent leurs incursions (178). Le malheureux empereur, que la fortune condamnait à passer sa vie dans les camps, se hâta de marcher contre eux avec son fils Commode; mais il s'arrêta à Garnuntum, d'où il dirigea les opérations militaires. Les Barbares firent une énergique résistance, et les prétendues victoires des Bomains restèrent sans résultat. Marc Aurèle, profondément découragé, mourut le 7 mars 180, à Vindobona (Vienne), ou, selon d'autres, à Sirmium, laissant à son fils, avec l'empire, une guerre redoutable. Ce vertueux prince confondit cependant les chrétiens avec des criminels,*et, parce qu'ils offensaient la religion officielle de l'État, dont il était le souverain pontife, il laissa exécuter contre eux les lois qui les considéraient comme des rebelles. Nous avons encore la touchante lettre des chrétiens de Lyon sur le martyre de sainte Blandine.

18. Commode (tsa-tOie). — Commode n'avait que dix-neuf ans, et déjà s'étaient enracinées en lui des pas* sions désordonnées qui en auront bientôt fait un tyran féroce. Il se hâta de conclure la guerre avec les Marcomans et les Quades, et prit plus de 20 000 Barbares au service de l'empire. Des bords du Danube, Commode précipita son retour à Bome où il se livra à tous les plaisirs et à sa folle passion pour la chasse et les combats de gladiateurs. On le vit plus de sept cents fois combattre dans l'arène , conduire un char ou jouer le rôle d'Hercule. Le préfet des gardes, Perennis, d'abord chargé de tous les soins du gouvernement, fut massacré en 186, et remplacé comme préfet du prétoire et favori du prince par l'affranchi Cleander, Phrygien, qui fit argent detout^ de la vie et de l'honneur des citoyens. Trois ans après,

l'avare et cruel favori fut tué dans une sédition populaire qu'avaient excitée la peste et la famine.

La cruauté de Commode, provoquée par les conspirations, ne connut plus de bornes. Il lança des sentences de mort contre les hommes les plus vertueux, contre ses proches, contre le sénat et même contre le grand jurisconsulte Salvius Julianus. Accordant toute licence aux prétoriens, il croyait avec leur appui n'avoir rien à craindre; mais ceux qui l'approchaient le plus étaient ceux qui étaient le plus menacés : ce fut leur main qui le frappa. La veille des saturnales^ il voulut passer la nuit dans une école de gladiateurs, malgré les observations qu'on lui fit sur un séjour si indigne de la majesté impériale. Là il écrivit sur des tablettes les noms de ceux qu'il se proposait de faire périr la nuit prochaine : en tête étaient sa concubine Marcia, le chambellan Electus et le préfet des gardes Laetus. Gomme il s'était endormi quelques instants, un enfant prit ces tablettes et les montra à Marcia, qui se hâta de le prévenir : après le bain, elle lui donna un breuvage empoisonné, et, comme il ne provoquait qu'un vomissement, elle et ses complices, qu'un même sort menaçait, firent étrangler Commode par un jeune et vigoureux athlète (31 déc. 192). Son cadavre fut secrètement porté au palais, et l'on répandit le bruit que Commode était mort d'un coup de sang.

Pendant le règne de ce prince, il n'y avait eu que des guerres peu importantes sur les frontières de la Bretagne et de la Dacie. Màrcellus et Pertinax les avaient terminées heureusement.

376 CHAPITRE XXXÎII.

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