DIOCLÉTIEN ET LA TETRARGHIB
1. Dioclétien; situation critique de Tempire (285). — 2. Maximien associé à l'empire (286). — 3. La tétrarchie (292). — 4. Introduction du cérémonial des cours asiatiques. — 5. Guerres heureuses.
— 6. L'ère des martyrs (303). — 7. Abdication de Dioclétien (305).
— 8, Constantin (306-337) ; six empereurs à la fois. — 9. Mort de Sévère (307), de Maximien (310), de Galère (311), de Maxençe (312). — 10. Mort de Maximin (313); défaite de Licinius (314). — 11. Mortde Licinius (324).
t . Dioclétien; sltaatlon critique de l'emi^fre (MS). — Dioclétien, qui s'était élevé, par ses talents, d'une basse condition aux plus hautes charges militaires, sut, par son habileté, son expérience et sa modération, mais quelquefois aussi par la ruse, l'injustice et la cruauté, se maintenir aussi longtemps qu'il lui plut sur le trône impérial. Il affecta d'abord une grande douceur, et, après la mort de Garin, il accueillit tous ses partisans. Débarrassé de ce dangereux adversaire, il s'imposa la double tâche de rétablir Tordre dans l'intérieur et la sécurité sur les frontières. Tandis que la tyrannie des gouverneurs de la Gaule faisait révolter ^les paysans de cette province (Bagaudes) , les Âlamans franchissaient le Danube, ravageaient la Rhétie et les contrées de la rive gauche du Rhin ; des pirates saxons pillaient les côtes de la Bretagne et de la Gaule ; des Francs enfin allèrent jusqu'en Sicile ravager Syracuse. Pour arrêter les courses de ces pirates, le Ménapien Carausius, habile général, reçut le commandement d'une flotte qui devait protéger les côtes de la Belgique et de l'Armorique ; mais bientôt, soupçonné de favoriser les Barbares et de partager avec eux le butin, il fut condamné à mort.
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Garausius, instruit de cet. ordre, se proclama empereur en Bretagne (286),. fit alliance avec les pirates saxons et francs et se maintint jusqu'en 293. A cette époque, il fut assassiné par son ministre Alectus, mais cet usurpateur conserva trois ans encore la Bretagne.
12. Maximien associé ft l'empire (j286). — Effrayé de cette situation critique de l'empire, qu'il ne. pouvait seul défendre, Dioclétien songea à s'adjoindre un collègue dans la force de l'âge, éprouvé par de longs ser- • vices aux armées, et sur qui il pût se reposer d'une partie des soins de la guerre. Il choisit un de ses anciens compagnons d'armes, Valerianus Maximianus (286). Sorti d'une famille obscure de Pannonie, Maximien s'était distingué par son activité et son courage ; il prit le nom d'Hercule (Herculius), celui de Jupiter (Jovius) désignait déjà Dioclétien. Les deux Augustes luttèrent avec succès, Dioclétien en Orient, contre les Perses, auxquels il reprit la Mésopotamie , Ma^imien en Gaule^ d'où il chassa, les Alamans, les Francs et les Burgondes. Cependant ils crurent nécessaire, au bout de quelques années, de s'adjoindre deux collègues, afin de rendre la surveillance des provinces et la garde des frontières encore plus actives.
3. La tétrarchie («9»). -—Le 1«' mars 292, Dioclétien proclama à Nicomédie deux Césars, tous deux aussi lUyriens : Galerius, homme grossier, mais plein de courage, qui, de son ancien métier, conserva le surnom i*ArmentariuSy et Constance Chlore, d'un caractère plus doux et d'un esprit moins inculte. Dioclétien les força de se séparer de leurs femmes pour épouser les filles des empereurs, afin d'affermir par les liens du sang l'union politique des quatre princes. C'est alors que Constance répudia la pieuse Hélène, mère de Constantin le Grand, pour épouser Theodora, fille adoptive de Maximien. Dans le partage de l'empire, Dioclétien garda l'Orient ; Galère eut la Thrace et les provinces du Danube; Maximien l'Italie, l'Afrique et les îles ; Constance la Gaule, l'Espagne avec la Mauritanie
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et la Bretagne. L'unité de l'empire ne fut cependant pas détruite par ce partage. Les ordonnances rendues par chaque prince étaient valables dans les provinces de ses collègues. D'ailleurs Dioclétien demeura le chef suprême de TÉtat, et fut en quelque sorte Tâme du gouvernement. Ses collègues, surtout dans l'intérieur, ne purent rien faire sans ses ordres. La création de nouveaux corps pour la garde personnelle des princes, les herculiens et les joviens, affaiblit la puissance des prétoriens de Rome. Chacun des quatre princes avait sa capitale et une cour. Rome fut délaissée par eux, et le sénat romain, qu'ils cessèrent de consulter, perdit la considération qu'il avait jusqu'alors conservée; ceux des souvenirs de la république qui subsistaient encore s'évanouirent.
Par son habileté et son esprit de conciliation, Dioclétien sut maintenir la concorde entre les chefs si dissem- ^blables qu'il avait donnés à l'empire. Mais qui pourrait après lui maintenir son ouvrage et réprimer les passions qu'excitait si vivement ce partage de l'autorité ? Toujours est-il vrai de dire que la ruine imminente de l'empire fut pour un moment retardée par cette précaution, quelque oppressif et coûteux que le nouveau système dût être pour les provinces, chargées maintenant de suffire aux dépenses de quatre cours.
4. Introdoetlon do cérémonial des eonrs «siàtlqa«B. — Le premier des empereurs romains, Dioclétien voulut entourer la majesté impériale de toute la pompe extérieure des cours asiatiques. Il prit un diadème, s'habilla de soie et d'or, et tous ceux qui obtenaient la permission de l'approcher durent, suivant le cérémonial asiatique, adorer à genoux la divinité et la majesté impériales. Ce n'était pas seulement affaire de vanité, mais prudence : il voulait tenir les plus hauts personnages à distance. Tous les maux de l'empire, depuis un siècle, venaient de la facilité que les généraux trouvaient à se faire nommer empereurs; en désignant d'avance trois héritiers, il plaçait entre lui et les ambitieux l'in-