‹ Abrégé d'histoire romaine; rédigé conformément aux programmes officiels de 1874 pour la classe de quatrièmeChapitre 57 sur 64 · DIOCLÉTIEN ET LA TÉTRARCHIE · texte numérisé non relu

DIOCLÉTIEN ET LA TÉTRARCHIE

térèt de trois maisons puissantes ; il commençait enfin à établir cette hiérarchie, si nécessaire dans le gouvernement monarchique pour mettre le prince et l'État à Tabri des révolutions de caserne, mais aussi ce despotisme de cour, ce gouvernement de sérail, qui tuent l'esprit et font passer les services rendus à la personne du prince par-dessus les services rendus à l'État.

6. Guerres heoreoses. — Des guerres heureuses justifièrent le choix de Dioclétien : Maximien repoussa les Germains, franchit le Rhin, et soumit dans la Gaule les paysans révoltés sous le nom de Bagaudes. En Orient, les Perses avaient chassé du trône d'Arménie , un partisan des Romains et menaçaient la Syrie ; Galère marcha contre eux. Une défaite qu'il essuya fut glorieusement réparée, et Narsès, en 297, céda la Mésopotamie, cinq provinces au-delà du Tigre, avec la suzeraineté sur l'Arménie et l'Ibérie, au pied du Caucase. C'était le plus glorieux traité que l'empire eût encore signé. Dioclétien, pour conserver ces conquêtes, y éleva de nombreuses fortifications. A l'autre extrémité du monde romain. Constance, après avoir chassé les Francs de la Gaule et de la Batavie, descendit en Bretagne et vainquit en 296 l'usurpateur Alectus, qui avait succédé à Carausius.

Le calme partout rétabli, Dioclétien, pour le maintenir, s'appliqua à semer la division parmi les Barbares;, il arma les uns contre les autres Goths et Vandales, Gépides etBurgondes, puis il fit réparer toutes les fortifications des frontières, construire des postes nouveaux, et en quelques années l'empire se trouva sur un pied formidable. Ces succès furent célébrés par un pompeux triomphe, un des derniers que Rome ait vus (303).

6. L*ère des martyrs (303). — Malheureusement Dioclétien, qui punissait avec une extrême rigueur le plus léger refus d'obéissance, ordonna une cruelle persécution contre les chrétiens. Ceux-ci étaient nombreux dans les armées, dans les villes, et portaient ostensiblement les signes de leur xîulte. Un grand prêtre, qui

voyait avec douleur ses indignes autels chaque jour plus abandonnés, essaya d'entraîner Dioclétien à publier un édit contre la nouvelle religion. Le prince résista d'abord, comprenant bien qu'elle comptait de trop nom* breux partisans pour pouvoir être extirpée sans troubles ni périls. Mais Galère, qui se laissait entourer par les ennemis les plus acharnés du christianisme, arracha au vieil empereur un édit qui interdisait aux chrétiens l'entrée des charges publiques, qui fermait leurs églises et leur défendait tout signe extérieur de leur foi. L'édit fut affiché dans Nicomédie : un chrétien le déchira. Dioclétien, terrible dès que son autorité était méprisée, n'avait encore que proscrit le culte, il proscrivit les personnes ; un incendie, qui éclata dans le palais impérial et dont on accusa les chrétiens, redoubla sa colère ; tout l'empire, moins les provinces où régnait Constance Chlore, retentit du bruit des tortures.

7. Abdication de Dioclétien (30S]. — Peu de temps après le commencement de cette persécution, Dioclétien tomba malade, et ce mal, qui le tourmenta une année, l'affaiblit au point que le bruit de sa mort se répandit. Quand la santé parut lui revenir, dégoûté du pouvoir, il abdiqua le I«' mai 305, à Nicomédie. Maximien suivit malgré lui cet exemple, et le même jour déposa, à Milan, le diadème. L'ancien chef du monde romain se retira dans une magnifique villa» qu'il s'était fait construire près de Salone (Spalatro), sur les côtes de la Dalmatie, et passa sa vieillesse, loin du bruit des armes et des affaires, en de paisibles travaux. Un jour que Maximien le pressait de remonter sur le trône : « Si tu pouvais voir, lui répondit-il, les beaux légumes que je fais pousser moi-même, tu ne me parlerais pas de pareilles fatigues. » Il mourut huit ans après dans ce palais, dont les ruines subsistent encore.

8. CouBtnntin (306-337); six empereurs 4 In fois. — Après l'abdication de Dioclétien, Galère et Constance prirent le titre d'Augustes et eurent deux nouveaux Césars : Maiûmin, qui reçut le gouvernement

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