CONSTANCE, JULIEN ET YALENS
l'Asie Mineure. Les Barbares se soumirent à tout. Mais les officiers impériaux, les voyant désarmés, no leur cédèrent des vivres qu'au plus haut prix. Toutes leurs ressources y passèrent d'abord, puis leurs escla^ ves, puis encore leurs enfants, qu'ils vendirent. Quand ils n'eurent plus rien, ils furent bien réduits à prendre de force ce qu'on leur refusait, en maraudant dans le pays. Ils n'avaient pas livré toutes leurs armes ; ils en firent d'autres ; Alatheus et Saphrax, qui, vers le même temps, forcèrent le passage du Danube et vinrent les rejoindre avec leurs compagnons, augmentèrent leur nombre et leur confiance. Toute la Thrace fut alors livrée au pillage. Des Huns, des Alains, accoururent même pour prendre part à la curée.
i4. Bataille d*Aiidriiiople (818). — Yalens réunit ses forces pour les combattre et invoqua l'aide de son neveu. Gratien promit des secours; mais un jeune Alaman de sa garde, en congé parmi les siens, ayant parlé de ces préparatifs, les Alamans crurent l'occasion favorable pour attaquer les frontières dégarnies, et leur mouvement força de retenir les troupes destinées à Yalens. Cependant le péril augmentait chaque jour pour ce prince. Tous les Barbares établis dans les provinces du Danube, tous les captifs germains que les empereurs y avaient transportés, couraient rejoindre leurl frères. Pendant une année entière les légions essayèrent vainement d'arrêter cette dévastation. Enfin, en 378, Yalens voulut prévenir la concentration des Barbares en un seul corps et s'avança contre eux. Frigitern, leur chef, l'abusa quelque temps par de feintes négociations , puis, ayant réuni toutes ses forces, attaqua l'empereur le 9 août 378, près d'Andrinople. Ce fut une défaite plus désastreuse que celle de Cannes. Un tiers à peine de l'armée romaine s'échappa; l'empereur lui-même, blessé, fut porté dans une cabane à laquelle les Barbares mirent le feu : il y périt au milieu des flammes; puis tout le plat pays, jusqu'aux murailles de Constantinople, fut livré à la plus affreuse désolation. L'impératrice Dominica
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défendit la eapîlale avec l'aide de cpekjnes troupes ^& Sarrasins appelés d'Asie. Ces enfants du'désert ^'Arabie ae trouvèrent pour la première fois aux prises avec les hommes du Nord ! ils devaient se rencontrer deux siècles et demi plue tard à l'autre extrémité de là Méditerranée;
THÉODOSE^. 9A1\TAOB BB l'eMPIRE. 443
TPIsodose; partage de l'empif^e.
4. Théodose (379-395). — 2. Théodose pacifie l'Orient. — 3. Meurtre de Gratien en Occident (383).'— 4. Premier abandon d& la Bretagne par les troupes rofnaines (383). — 5. Trois empereurs : Haximo, y^ljentinien II pt Tbéqdose. — ^, Saint Ambroile et les 8|ri^ns, r—
7. TliéoflQse f^it ç9Qd4ft>ner l'hérésie et Fenver§i5 WwD^e. (388), -i-
8. Le Franc ^rbogast tue Valentii^ien II ('392). — 9. UsurpatiQi) d'Eugène (392-394)! — 10. théodose seul empereur (394-395). — 11. Pénitence publique deyPhéodose (390). — 13. Partage définitif de l'efppire. |)^rniéres années de l'empisQ 4'Qccident (395-47§).
^ 4. Tiié^dMo (8*V9-8es). — L^ fils de Valentinioi!, âratien, plus heureux que son oncle, battait en ee tempslà les Alamans, pràs de Golmar. Mais Tempife d'Orient était sans chef; pour la tâche difficile de réparer l'immense désastre que Tempire pleurait, il jeta les yeux sur le fils d'un bra^e serviteur de son père, le comte Théodose, qui avait été injustement décapité 'à Carthage. Après sa fin malheureuse, son fils, nommé comme* lui Théodose, s'était retiré en Espagne, sa patrie; Oratien Pen rappela et, le 9 janvier 379, lui donna, avec le titre d'Auguste, les deux préfectures d'Oriem et d'Illyria. Théodose se mit hardiment à roeuvre.
' S. 'WUéod0ne pnellle' l'Orient. — L'Asie était t^anquilk, grâce à une mesure atroce. T-eus les Gtotfas envoyés comme otages dans les provinces avaient été convoqués à un même jour, dans les métropoles, pour y recevoir des dons en argent et en terre ;' mais des troupes les y attendaient! surpris sans défense, ils avaient été massacrés. Dans la Thrace, leurs frères, lourd pères,
/les vençeaient; Théodose avait àref^v^ une armée, surtout à relever le courage des soldais.* il y réussit en-leur
fournissant l'occasion de livrer milje petits combats où il eut «oin de leur assurer Tavantàge. Il ne laissa aucune place forte au pouvoir de Tennemi, dont il diminua le nombre en provoquant des défections. C'était la vieille tactique de Fabius Gunctator contre Â'nnibal ; elle eut un plus rapide succès : sans avoir gagné une grande victoire, il amena les Goths à traiter. Fritigern, le vainqueur d'Andrinople, était mort; le brave Athanaric, son successeur, se laissa attirer à Gonstantinople , et là, ébloui par Téclat de cette cour pompeuse, il décida son peuple à accepter les offres de l'empereur (octobre 382). Au' fond, Théfldose leur donnait ce qu'ils voulaient. Il les établit dans la Thrace et la Mœsie, avec la charge de défendre le passage du Danube; 40 000 de leurs guerriers furent admis dans les 'troupes impériales. C'était leur livrer Tempire : car ces Goths demeurés en corps de nation sous leurs chefs nationaux, avec leur organisation militaire, sentirent bientôt se réveiller en eux les instincts de pillage et le besoin d'aventures. Dans vingt-sept ans ils prendront Rome, après avoir ravagé la Grèce et l'Italie, et la guerre, qu'ils porteront ainsi au cœur même de l'empire , fera tomber les barrières par-^lessus lesquelles le flot de l'invasion passera.
Pour le moment. Théodose avait mis fin à une situation désastreuse par un expédient déjà employé, quoique jamais dans d'aussi vastes proportions. L'empire, qui se croyait sauvé, lui en marqua sa reconnaissance. Les tristes événements dont l'Occident fut le théâtre, et qui amenèrent pour quelques jours encore la réunion sous son autorité de tout l'héritage d'Auguste, augmentèrent sa renommée. L'Église surtout, qu'il délivra de l'arianisme,. vit en lui un nouveau Constantin, et Tépithète de Grand est restée attachée au nom du dernier maître du monde romain.