‹ Abrégé d'histoire romaine; rédigé conformément aux programmes officiels de 1874 pour la classe de quatrièmeChapitre 7 sur 64 · D'après une peinture des Thermes de Titus · texte numérisé non relu

D'après une peinture des Thermes de Titus

Goriolan de s'être arrêté au milieu de sa vengeance, et ils le condamnèrent à mort. Suivant d'autres, il aurait vécu jusqu'à un âge avancé, en répétant : « L'exil est bien dur pour un vieillard. »

19. CineinnatuB. — Un autre personnage fameux de ces temps reculés n'est du moins célèbre que par ses services. Le consul Minucius s'était laissé bloquer par les Ëques. Dans ce péril public, on nomma dictateur Gincinnatus. Les députés que le sénat lui adressa le trouvèrent à la charrue. Ils l'abordent et lui annoncent qu'ils viennent à lui de la part du sénat. « La république serait-elle en danger? » s'écrie-t-il, et il entre aussitôt dans sa cabane pour changer sa tunique de laboureur contre la toge du citoyen. Alors les députés le saluent maître du peuple. Le même jour il marcha aux Èques, réussit par d'habiles manœuvres à les envelopper et les fit passer sous le joug. Rentré à Rome en triomphe, suivi de l'armée et du consul qu'il avait délivrés, il déposa le seizième jour la dictature pour retourner à son champ (457).

LÉGISLATION DES DÉCEMVIRS; LA CENSURE; ÉGALITÉ DES DEUX ORDRES ; FORMATION DE LA NOBLESSE.

L Proposition do tribun Terentillus (461). — 2. Exil de Géson. — 3. Surprise du Capitole par les ba'nnis (459). — 4. Adoption de la proposition Terentilla ; Sicinius Dentatus. — 5. Les premiers décemvirs (450). — 6. Les seconda décemvirs (449). — 7. Tyrannie d'Appius. — 8. Mort de Virginie. — 9. Seconde retraite du peuple sur le mont Sacré (449). — 10. Mort d'Appius. — 11. La loi des Douze Tables établit Tégalité civile. — 12. Efforts des plébéiens pour obtenir l'égalité politique. — 13. La censure (444). — 14. Le tribunat consulaire. — 15. Nouveaux progrès de l'autorité tribunitienne (428-400). — 16. Renouvellement des dissensions intestines. — 17. Manlius Capitolinus (383). — 18. Partage du consulat entre les deux ordres (366). — 19. Égalité politique des patriciens et des plébéiens. — 20. Formation d'une nouvelle noblesse.

!• Proposition da tribait TerentiUns (461). — Par

les derniers avantages qu'elle avait obtenus, la plèbe avait conquis des armes pour le combat, mais ce combat n'avait pas encore été sérieusement engagé. En 461, les plébéiens passèrent de la résistance à Tattaque ; ils demandèrent la révision de l'ancienne constitution et une législation nouvelle. C'était trop vouloir à la fois, car ils n'étaient pas assez forts pour triompher d'un coup. Aussi leur victoire se fractionnera, si je puis dire, et ne s'achèvera qu'en plus d'un siècle. En 450, ils arracheront l'égalité civile; en 366, l'égalité politique; en 339 et en 306, l'égalité judiciaire; en 302, l'égalité religieuse. — Le décemvirat fut la conquête de l'égalité devant la loi civile.

Les consuls et les juges patriciens avaient jusqpi'alors rendu la justice, non d'après des lois écrites et connues de tous, mais en suivant d'anciennes et obscures coutumes qu'ils interprétaient arbitrairement, et qui li-

vraient à leur pouvoir discrétionnaire le plaideur plébéien. Dans la constitution rien n'était fixe, déterminé ; nul ne savait où s'arrêtait la juridicticfn des magistrats, où cessaient les pouvoirs du sénat. Ce fut pour détruire cet arbitraire et ces incertitudes que le tribun Terentillus Arsa demanda, en 461, que dix hommes fussent •nommés pour rédiger et publier un code de lois. Le sénat repoussa pendant dix années cette proposition, et les patriciens, surtout Céson, fils de Gincinnatus, essayèrent de l'étouffer par la violence.

». Exil de Céson. — Fier de sa force, de ses exploits, de sa noblesse, Céson, à la tête de jeunes patriciens, troublait sans cesse les délibérations ; il se jetait sur la foule et chassa plus d'une fois les tribuns du forum. Cet homme semblait porter en lui toutes les dictatures et tous les consulats ; son audace rendait Tautorité tribunitienne impuissante. Un tribun osa cependant Taccuser d'avoir frappé un de ses collègues, malgré son caractère inviolable, et un plébéien attesta que Céson avait renversé sur la voie Suburrane un vieillard, mort quelques jours après de ses blessures. Le peuple s'émut à ce récit de meurtre, et Céson eût été condamné à m.ort, s'il ne se fût exilé de lui-même en Étrurie. Pour payer l'amende de son fils, Cincinnatus vendit presque tous ses biens ; il ne lui resta que quatre arpents au-delà du Tibre (460).

3. Surprise du CapUole par les bannis (4S9]. — Ainsi que Coriolan, Céson voulut se venger, et il est probable qu'il s'associa au Sabin Herdonius, qui, une nuit, à la tête de 4000 esclaves ou bannis, surprit le Gapitole (459). Cet audacieux coup de main n'effraya pas moins le sénat que le peuple, auquel le consul Vaîerius promit l'acceptation de la loi Terentilla pour prix de son concours. Le Capitole fut repris, et de tous ceux qui l'occupaient pas un n'échappa : mais Valerius, le consul populaire, avait péri durant l'attaque, et il fut remplacé par Cincinnatus, qui crut que cette mort déliait le sénat de ses promesses. « Tant que je serai consul,

dit-il aux tribuns, votre loi ne passera pas, et avant de sortir de charge je nommerai un dictateur. Demain j'emmène l'armée contre, les Èques. » Ils annonçaient leur opposition à Tenrôlement. « Je n'ai pas besoin de nouveaux soldats, les légionnaires de Valerius n'ont pas été licenciés : ils me suivront à TAlgide. » Il voulait amener là les augures, leur faire consacrer un lieu pour délibérer et contraindre l'armée, comme représentant le peuple, à révoquer toutes les lois tribunitiennes. Le sénat n'osa suivre son consul dans cette réaction violente; il se contenta de repousser la loi : mais les mêmes tribuns furent pour la troisième fois réélus (458) ; ils le furent encore les années suivantes, jusqu'à cinq fois, et avec eux on voyait revenir toujours l'odieuâe proposition.

4. Adoption de fa proposition Terentllla; Sieinins Bentatns. — En 451, le peuple parut décidé à faire accepter la loi. Siciniùs Dentatus, vieux centurion qui avait assisté à cent vingt batailles, suivi neuf triomphes, tué neuf ennemis en combat singulier, reçu quarantecinq blessures, dont pas une par derrière, mérité quatrevingt-trois colliers et cinquante bracelets d'or, dix-huit lances, vingt-cinq harnais, s'étant fait nommer tribun, fit condamner deux consuls à l'amende. Le sénat comprit qu'il était temps de céder, sauf à recourir à l'adresse pour détourner la révolution de ses voies. Il accepta la proposition Terentilla, et trois commissaires furent désignés Sp. Posthumius, A. Manlius et P. Sulpicius, pour aller jusqu'à Athènes peut-être, plus certainement dans les villes grecques de l'Italie, recueillir les meilleures lois.

5. I.es premiers décemyirs (450). — Au retour des trois députés, on suspendit la constitution en vigueur, le tribunat, même le droit d'appel, et dix magistrats furent investis de pouvoirs illimités pour rédiger de nouvelles lois. Les patriciens, en invoquant leur connaissance du droit, se firent donner ces dix places. Ce premier point * décida la question : la réforme perdait par cela seul tout caractère politique.

L'an 450, aux ides de mai, les décemvirs, tous personnages consulaires, entrèrent en charge. Chaque jour un d'eux avait la présidence , le gouvernement de la ville et les douze licteurs. Unanimes dans leurs actes, justes et affables envers tous, ils maintinrent la république dans une paix profonde, diminuant plutôt que dépassant leurs pouvoirs. Un cadavre avait été trouvé , dans la maison du patricien Sextius : non-seulement le décemvir Julius poursuivit l'accusation, mais, bien qu'il pût juger sans appel, il déféra la cause à l'assemblée du peuple. A la fin de la première année, dix tables de 'lois furent affichées au forum, pour que chacun pût proposer des améliorations, revues encore par les décemvirs, puis* présentées au peuple et acceptées dans des comices centuriates. C'étaient les vieilles coutumes de Rome ou de l'Italie primitive mêlées à quelques emprunts faits aux législations dés villes grecques.

6. Les seeonds déeemvirs (449). ^- Cependant le code n'était pas complet. Pour l'achever, on conserva ses pouvoirs à la commission législative, mais en y appelant, suivant l'esprit de la constitution romaine, d'autres hommes. Parmi les décemvirs sortants était Appius Glaudius, qui, la première année, avait caché son orgueil et son ambition sous des dehors populaires. Chargé de présider les comices d'élection, il combattit la candidature de Cincinnatus et de Capitolinus, qu'il n'aurait pu gagner à ses desseins, et ne laissa nommer que des gens qui lui étaient dévoués. Il ne craignit pas de recueillir des voix pour lui-même, bien que, comme président des comices, il ne pût, suivant l'usage, être réélu. Ses nouveaux collègues, tous hommes obscurs, et quelques-uns plébéiens, se soumirent à son ascendant. Précédés de leurs cent vingt licteurs avec les verges et les haches, ils ressemblaient à dix rois, et ils en avaient l'orgueil.

Comme leurs prédécesseurs, ils étaient unanimes, car ils s'étaient réciproquement promis que jamais Topposition d'un d'entre eux n'arrêterait les actes de ses

collègues, mais cet accord ne profitait qu'à leiir pou voir. Dès lors la fortune, la mort et la vie des citoyens furent à leur merci. Le sénat avait un beau rôle à pren dre, celui de défenseur des libertés publiques : il aima mieux se laisser aller à de vieilles rancunes, et vit avec joie cette tyrannie sortie d'une loi populaire. La jeunesse patricienne, depuis longtemps habituée à la violence, devint, à la ville, comme l'armée des décemvirs, et les sénateurs, désertant leur poste à la curie, se dispersèrent dans leurs villas.

T. Tyrannie d'Appins. — Cependant les décemvirs publièrent deux nouvelles tables remplies, dit Gicéron, de lois iniques, et l'année s'écoula sans qu'ils annonçassent l'intention d'abdiquer. Rome s'était donné des maîtres. Heureusement les Sabins d'Eretum et les Èques renouvelèrent la guerre : il fallut convoquer le sénat. Un patricien populaire, Valerius, se leva dès que la séance fut ouverte et, malgré Appius qui lui refusait la parole, dénonça la conjuration formée contre la liberté. « Ce sont lés Valerius et les Horatius qui ont chassé les rois, s'écria Horatius Barbatus : leurs descendants ne courberont pas la tête sous des Tarquins. » Les décemvirs l'interrompent, le menacent : ils le feront précipiter de la roche Tarpéienne. Mais l'oncle même d' Appius se déclare contre lui. Cependant les conseils timides l'emportent, et à la fin de cette orageuse séance dix légions sont confiées aux décemvirs. Deux armées sortirent de Rome. Mal conduites ou plutôt mal disposées pour leurs chefs, elles se firent battre. Dans l'une servait Dentatus, qui ne cachait pas sa haine. Pour s'en débarrasser, les décemvirs l'envoyèrent choisir l'emplacement d'un camp en lui donnant pour escorte des soldats chargés de l'assassiner. L'Achille romain ne succomba qu'après avoir tué quinze des traîtres. On répandit le bruit qu'il avait péri dans une embuscade, mais personne ne douta qu'il n'eût été sacrifié aux' craintes des décemvirs. Un autre crime amena enfin leur chute.

BIST. ROMAINEj cl. de 4«. 4

8. Mort de Virginie. — Appius avait aposté un de ses clients pour réclamer, comme étant son esclave, Virginie, fille d'un des plus distingués d'entre les plébéiens. En vain son père Virginius, son fiancé Iciliu s, Tancien tribun, et de nombreux témoins, ofi'rirent de prouver qu'elle était née Jibre. Appius, au mépris d'une loi qu'il avait lui-même portée, adjugea la jeune fille à son complice; mais Virginius saisit un couteau sur l'étal d'un boucher, la frappe au cœur, l'aimant mieux morte que déshonorée, et court à l'armée campée sur le mont Algide.

9. Seconde retraite dn peuple sur le mont Saeré (449). — La vue de Virginius, ses larmes, son sang qui le couvre, le récit qu'il fait, soulèvent les soldats. Ds marchent sur Rome, entraînent le peuple et vont avec lui camper sur le mont Sacré. C'était la seconde fois que les plébéiens se retiraient de la ville : maïs les patriciens n'étaient pas insensés au point d'essayer pour les décemvirs ce qu'ils n'avaient pas osé faire pour euxmêmes cinquante ans auparavant.

iO. iHort d' Appius. — Les décemvirs, abandonnés de tous, se virent contraints d'abdiquer. Deux sénateurs populaireSy Valerius et Horatius, furent envoyés aux plébéiens et promirent le rétablissement du tribunat et du droit d'appel avec une amnistie pour ceux qui avaient pris part à la révolte. A ces conditions, la plèbe rentra dans Rome, et la concorde fut rétablie. Quant aux décemvirs, le plus coupable, Appius, fut cité en justice par Virginius, mais il n'attendit pas son jugement et se donna la mort. Les autres furent condamnés à l'exil ; on confisqua leurs biens.

i i . La loi des Douze Tables établit l'é^falité étoile. — Les douze tables de lois qu'avaient publiées les décemvirs établissaient une grande chose, l'égalité de to'us les citoyens devant la loi, car elles punissaient les mêmes délits des mêmes peines sans égard à la condition des .personnes : mais elles laissaient subsister l'interdiction des mariages entre les deux ordres et de plus l'inégalité politique, les plébéiens restant exclus des hautes char-

ges de TÊtat et ne pouvant pas plus être consuls qu'ils ne pouvaient épouser une patricienne.

49. Efforts des plébéiens pour obtenir l'é^lité po« litiqne. — ^ Cette double prohibition fut vivement attaquée. Dès 444, la première fut abolie sur la demande du tribun Ganuleius ; la seconde subsista longtemps encore. Plutôt que de céder le consulat, les patriciens le démembrèrent.

13. I.a censure (444). — Une partie des fonctions consulaires fut donnée en 444 pour cinq ans d'abord, pour dix-huit mois ensuite, à deux magistrats nouveaux, les censeurs. Cette charge devint promptement la première de Rome. Elle ne fut accordée qu'aux illustres personnages, à ceux qui avaient déjà passé par les autres magistratures, et les censeurs n'eurent pas seulement à faire le cens, c'est-à-dire le dénombrement des citoyens, mais à administrer les finances de l'État, à régler les classes des citoyens, à dresser les listes du sénat et des chevaliers, à veiller au maintien des bonnes mœurs et à la police de la ville.

14. I.e tribnnaf eonsnlaire. — Restaient les prérogatives militaires du consulat : elles furent confiées à des généraux, au nombre de trois, quatre ou six, qu'on nomma tribuns consulaires et qui purent être plébéiens (444). Telle fut la modération de ce peuple alors si sage que, content d'avoir fait proclamer son droit, il évita pendant quarante-quatre ans, jusqu'à l'époque du siège de Véies, d'en faire usage, laissant les patriciens gérer seuls le tribunat militaire, parce qu'il les croyait seuls capables de le bien remplir.

15. rVonTeaax progrès de iWtorlCé tribun! tienne (4S8-40O). — Les tribuns du peuple n'en continuèrent pas moins cette surveillance active qui ne laissait pas échapper une occasion d'être utile à la cause populaire. En 428 les consuls, vaincus par les Êques, refusaient, malgré les ordres du sénat, de nommer un dictateur: les tribuns s'interposèrent au nom de l'intérêt public, et menacèrent les consuls de les faire traîner en prison :

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ceux-ci cédèrent : spectacle nouveau que celui de Tautorité tribunitienne protégeant ]a majesté du sénat. L'année d'après, en s'opposant aux levées militaires, ils obligèrent le sénat à ne plus décider seul de la paix et de la guerre, mais à porter cette question devant rassemblée centuriate (427). En 420 on crut nécessaire d'augmenter le nombre des questeurs du trésor pour l'armée : ils déclarèrent qu'ils opposeraient leur veto, à moins que le sénat ne consentît à ouvrir l'entrée de cette charge aux plébéiens, et Le sénat accepta. En même temps ils faisaient distribuer aux pauvres une partie des terres conquises, et ils demandaient l'établissement de la solde militaire, c'est-à-dire une indemnité pour les légionnaires, qui jusqu'alors faisaient les campagnes à leurs frais, charge peu considérable pour le riche, mais ruineuse pour le pauvre. Ils l'obtinrent en 405, au moment où commença le siège de Véies. C'est [durant ce siège, en 400, que quatre des six places de tribun militaire furent, pour la première fois, données à des plébéiens. Enfin, à une époque incertaine, mais qui doit être voisine de cette date, les censeurs furent autorisés à choisir les sénateurs dans tous les ordres.

16. Renoawellenieiit des dissensioiis Intesllnea. — Ainsi les plébéiens marchaient à grands pas vers l'égalité politique. Ce progrès fut arrêté par l'invasion gauloise, la destruction de la ville et les dissensions qui en furent la suite. Ces dissensions, comme un siècle auparavant, étaient causées par les dettes qui provenaient elles-mêmes de toutes ces guerres. Pour reblltir sa maison incendiée, le pauvre avait été obligé d'emprunter, et il était retombé à la merci des riches. Camille luimême, le conquérant de Véies, le vainqueur des Gaulois, se montra dur envers ses débiteurs.

19. ManlluB CapttoUnas (383). — Un patricien jaloux de la gloire de Camille, quoiqu'il eût la sienne, Manlius, le sauveur du Capitole, se fit le patron des pauvres et délivra de la prison plus de quatre cents plébéiens détenus pour dettes. Gomme cette libéralité lui

gagnait la foule, les grands renouvelèrent contre lui Taccusation qui avait été fatale à Spurius Cassius, celle d'aspirer à la tyrannie. Mais, lorsque, devant rassemblée centuriate, il montra les armes de trente ennemis tués par lui, trois couronnes civiques, trente-deux récompenses militaires, et les cicatrices qui couvraient sa poitrine, et le Gapitole qu'il avait sauvé des Gaulois, tout le peuple applaudit. Il fallut le citer devant une assemblée euriate, tenue cette fois hors de la vue du mont Gapitolin, pour obtenir Tarrêt fatal. Condamné à mort, il fut précipité du haut de la roche Tarpéienne (383).

i8. Partage da eonsnlaC entre les deux ordres (366). — Manlius n'était qu'un ambitieux vulgaire : Licinius Stolon et Sextius furent de véritables réformateurs. C'étaient deux riches plébéiens auxquels l'égalité des deux ordres par le tribunat militaire ne parut que mensonge. Us demandèrent que le consulat fût partagé

Édile curule ••

et qu'un des deux premiers magistrats de la république fût toujours pris parmi les plébéiens. Pour intéresser le peuple à cette question, ils présentèrent une loi agraire et un règlement favorable aux débiteurs (376). Le sénat résista dix ans, mais les deux tribuns se faisaient réélire chaque année. Vaincus à la fin par les conseils de Camille, les patriciens cédèrent. Sextius fut le premier

t. Monnaie de Pablius Furius Crassipes, portant au revers la chaise curule et tirée du Dictionnaire des Antiquités. Les édiles curules avaient la police de la ville, celle du culte et des mœurs, la voirie, la salubrité, la surveillance des bfltiment publics, le soin des vivres, etc.

consul plébéien (366) , et Camille voua un temple à la Concorde pour célébrer la réconciliation des deux ordres.

Toutefois le consulat ne fut pas concédé tout entier. Avant de le partager, le sénat en ôta les fonctions judiciaires, qu'il remit à un magistrat nouveau, d'ordre patricien, le préteur, et, pour. ne pas laisser la police de la ville aux seuls édiles plébéiens, il crési Védilitécurulej qui fut aussi réservée aux patriciens.

19. Ëi^allté politique des patrieiens et de9 plébéiens. ^~ Sous les rois, Rome renfermait deux peuples absolument étrangers l'un à l'autre. La république avait fait de ces deux peuples deux ordres d'un même état, mais profondément distincts : les lois liciniennes firent vraiment le peuple romain , car les habitants de Rome ne formèrent plus dès lors qu'un seul peuple dont tous les membres avaient les mêmes droits. Le consulat, en effet, étant accessible aux plébéiens, les autres magistratures le devinrent sans nouveaux efforts : la dictature en 355 ; la censure en 350 ; là préture en 337 ; le sacerdoce en 302. Tout fut ainsi commun aux patriciens et aux plébéiens, les honneurs comme le dévouement, et une généreuse émulation s'établit entre eux à qui servirait le mieux la patrie.

tSO. Formation d'une nouvelle noblesse.-» La grandeur de Rome commence après cette union et durera autant qu'elle, c'est-à-dire jusqu'au jour où une nouvelle noblesse se sera reformée. Quand les tribuns eurent obtenu, en arrachant l'autorisation des mariages entre les familles des deux ordres, que les deux peuples mêlassent leur sang, et qu'ils eurent ouvert l'accès des grandes charges aux plébéiens, ceux-ci virent les plus riches et les plus distingués d'entre eux devenir préteurs, consuls, censeurs, reparaître à plusieurs reprises dans les plus hautes fonctions et y faire arriver leurs enfants. Mais un temps viendra où ces parvenus de la plèbe voudront, à leur tour, fermer les approches des honneurs à ceux qui seraient tentés de les suivre. Unis par un

commun intérêt et par des alliances de famille aux plus vieilles maisons de Rome, ils constitueront alors avec ce qui restera de patriciens une nouvelle noblesse aussi jalouse de son pouvoir que l'ancienne l'avait été, et qui, depuis Zama, gouvernera la république. Au second et au premier siècle avant notre ère, deux cents familles seront maîtresses de Rome et de son empire; leurs chefs rempliront le sénat, commanderont les armées et administreront les provinces, que la plupart pilleront effrontément. C'est contre cette noblesse que lutteront les Gracques et Marins, et c'est à elle que César arrachera l'empire.

GUERRES DE ROME CONTRE LES LATINS, LES GAULOIS, LES SAMNITES, PYRRHUS (395-265).

1. Force des peuples voisins de Rome. — 2. Prise de Véies (395). — 3. Invasion des Gaulois. — 4. Défaite de TAUia (390). — 5. Prise de Rome. — 6. Siège du Capitole. — 7. Retraite des Gaulois. — 8^ Services de Camille. •— 9. Manlius Torquatus et Valerius Corvus. — 10. Les Samnitcs. Première guerre contra eux (342-341). — 11. Rome acquiert Capoue (343). — 12. Guerre contre les Latins (340-338).— 13. Manlius Imperiosus. — 14. Dévouement du premier Decius. — 15. Soumission des Latins (338). — 16. Seconde guerre contre les Samnites (327-302). — 17. Le proconsulat. — 18. Papirius Cursor et Fabius. — 19. Les Fourches Caudines (321). — 20. Conquête de TApulie (320). — 21. Fabius nomme dictateur son ennemi Papirius Cursor (309). — 22. Soumission des Samnites (301). — 23. Soumission des Berniques et des Èques (300). — 24. Puissance de Rome en Pan 300. — 25. Coalition des peuples italiens contre Rome. — 26. Bataille de Sentinum (293); dévouement du second Decius. — 27. Victoire d'Aquilonie (293). — 28. Soumission définitive des Samnites (290). —- 29. Extermination des Sénons (283). — 30. Guerre de Pyrrhus (280-272). — 31. Bataille d'Héraclée (280). — 32. Cinéas à Rome. — 33. Bataille d'Asculum (279). — 34. Pyrrhus en Sicile (278). — 35. Bataille de Bénévent (275). — 36. Soumission de toute Tltalie péninsulaire.

f . Forée des peuples Tolsins de Rome. — - On vient de voir Thistoire intérieure de Rome et le laborieux enfantement de la liberté romaine. Ces luttes au forum étaient mêlées de guerres continuelles avec les peuples du voisinage. Au nord, Rome touchait au territoire de Véies, grande cité étrusque dont les forces égalaient presque les siennes; à Test, elleétait limitrophe desSabins, qui s'aventuraient rarement au-delà de l'Anio : mais les Êques, montagnards avides et pauvres, entendaient vivre aux dépens des gens de la plaine. Chaque

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année ils descendaient par les collines boisées de TAlgide pour piller les fermes du Latium et moissonner les champs que Rome et les Latins avaient ensemencés. Plus loin, au sud, les Yolsques avaient des villes considérables et faisaient la guerre régulière : on a vu par l'expédition de Goriolan combien ils étaient redoutables. Mais, comme les continuelles incursions des Èques et des Yolsques n'étaient pas moins à charge aux Latins qu'aux habitants de Rome, le sénat conclut, en 493, un traité d'alliance avec les Latins, et plus tard avec les Berniques, qui devinrent ainsi le boulevard de Rome. Maintes fois, cependant, tous ces peuples ennemis arrivèrent en vue des murs : les Véiens jusqu'au Janicule, après la destruction des Fabius sur les bords du Grémère (477) ; les Èques sur tous les points où il y avait du butin à faire, et les Yolsques au milieu des cités latines, qu'ils détruisaient les unes après les autres, de manière à s'établir comme à demeure sur leurs ruines, à moins de 10 milles de Rome; les Sabins surprirent même une nuit le Gapitole. (459). Mais, à l'exception de Yéies, ces peuples, partagés en une foule de tribus et de bourgades, étaient incapables de frapper Rome d'un coup mortel. Ges combats auxquels ils appelaient chaque année les légions n'avaient d'autre effet que d'exercer la robuste jeunesçe du peuple romain et de la préparer pour des luttes plus difficiles. Quand Rome le voudra sérieusement, comme elle compte par cent mille le nombre de ses combattants, elle n'aura qu'à marcher sur ces ennemis divisés, pour les faire reculer.

». Prise de Véies (305). — Après les décemvirs, Rome donna plus d'attention à la guerre extérieure. En 436 le roi des Yéiens Tolumnius fut tué par la main même du tribun militaire Gornelius Gossus, qui remporta les secondes dépouilles opimes. En 406 la riche ville d'Anxur (Terra(^e) tomba. L'année suivante commença le siège de Yéies, la plus grande entreprise que les Romains eussent encore tentée, et qui, comme le siège de Troie, dura dix ans.

Aussi la tradition avait-elle entouré ce grand fait de récits merveilleux : c'est le lac d'Albe qui déborde au milieu d'un été brûlant, présage assuré de ruine pour Rome, si ses eaux arrivent jusqu'à la mer : mais on les divise en mille canaux, et la terre boit jusqu'à, la dernière goutte cette eau fatale : c'est une mine que Camille a creusée sans bruit par-dessous les murailles et qu'il a conduite jusque dans l'intérieur du sanctuaire de Junon, la divinité protectrice de Véies. Durant le bruit d'un assaut, il pénètre par la galerie jusqu'au temple. Le roi véien consultait les dieux. « Le vainqueur, s'écria ' l'aruspice, sera celui qui offrira sur l'autel les entrailles de la victime. » A ces mots, Camille et les Romains se précipitent dans le sanctuaire et achèvent le sacrifice. Le butin fut immense. Camille avait convoqué tout le peuple au pillage. Le petit nombre de Véiens échappés au massacre furent vendus. Cependant, du haut de la citadelle, Camille contemplait avec orgueil la grandeur de la ville devenue sa conquête et la richesse de ses dépouilles : mais il se souvint de la fragilité des plus brillantes fortunes, et, se voilant la tête, il pria les dieux de détourner de lui et de la république les maux réservés à tant de prospérité. En tournant sur lui-même, suivant le rituel prescrit pour les prières solennelles, il heurta du pied contre une pierre et tomba; il se releva joyeux : « Les dieux sont satisfaits, dit-il, cette chute a expié ma victoire. »

Rome conquérait à la fois les villes et leurs dieux. Camille avait promis à Junon véienne un temple sur l'Aventin, mais personne n'osait toucher à l'image sacrée. De jeunes chevaliers revêtus de leurs habits de fête vinrent au temple et demandèrent à la déesse si elle consentait à aller à Rome : « Je le veux, » dit une voix, et la statue, ajoute la légende, suivit d'elle-mênoie ceux qui l'entraînaient. A Rom^^ Camille monta en triomphe au Capitole sur un char traîné par quatre chevaux blancs comme ceux du soleil (396).

Les Romains se réjouissaient encore de cette grande

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conquête et se livraient aux plus ambitieuses espérances, lorsque les Gaulois parurent.

3. Invasion des Oanlols. — Depuis deux siècles environ les Gaulois s'étaient emparés de la vallée du Pô, mais ils n'avaient pas encore osé franchir T Apennin, lorsque, en 390, 30 000 Sénons vinrent demander des terres aux habitants de Glusium. Ceux-ci implorèrent le secours de cette même Rome qu'ils avaient assiégée autrefois sous la conduite de leur roi Porsenna. Le sénat envoya trois Fabius pour interposer la médiation du peuple r^imsin entre les deux partis. Les ambassadeurs, oubliant leur caractère, se mêlèrent aux assiégés, et, dans une sort ie, l'un d'eux tua un chef gaulois. Les Barbares envoyèrent aussitôt demander satisfaction au sénat, et, n'ayant obtenu qu'un refus, ils levèrent le siège de Glusium pour marcher droit sur Rome.

Jà, Défaite de l'Allia (300). — A une demi-journée de la ville, près de l'Allia, ils rencontrèrent l'armée romaine qui, effrayée de leurs cris et de leur aspect sauvage, rompit ses rangs et s'enfuit presque sans combattre. Tout ce qui ne put passer le Tibre à la nage et se réfugier derrière la forte enceinte de Véies fut tué ; l'aile droite, intacte, se sauva précipitamment à Rome et courut occuper la citadelle du mont Gapitolin, où s'enfermèrent aussi le sénat, les magistrats, les prêtres et 1000 des plus braves de la jeunesse patricienne. Le reste se dispersa dans les villes voisines.

S. Prise de Rome. — Les Gaulois n'entrèrent que le surlendemain de la bataille. Tout était désert; seulement quelques vieux consulaires étaient restés dans leur demeure, assis sur leur chaise curule. Les Barbares les prirent pour des statues ou pour des êtres surnaturels, mais, l'un d'eux ayant passé la main sur la barbe blanche de Papirius, celui-ci le frappa de son bâton d'ivoire, et let^Gaulois, irrité, le tua. Ce fut le signal du massacre ; après le pillage, l'incendie détruisit les maisons. Du haut du Gapitole les Romains assistaient à ce douloureux spectacle.

.6« SIése da Gapitole. — Les Gaulois essayèrent alors d*emporter la citadelle d'assaut, mais, sur la pente étroite et rapide qui y conduisait, les Romains eurent peu de peine à les repousser, et le siège se changea en blocus. Pendant sept mois, les Barbares campèrent au milieu des ruines de Rome. Le manque de vivres les força de courir par bandes les campagnes voisines. Les Latins et les Étrusques, qui s'étaient d'abord réjouis des malheurs du peuple romain, s'effrayent à leur tour. Camille était alors exilé; Ardée lui donne quelques soldats avec lesquels il surprend et détruit une bande de Gaulois. Ce premier succès encourage la résistance ; de tous côtés les paysans se lèvent en armes, et les Romains réfugiés à Yéies proclament Camille dictateur.

Mais il fallait la sanction du sénat et un décret du peuple pour rendre à Camille les droits de citoyen qu'il avait perdus par son exil. Un jeune plébéien, Cominius, traversa le Tibre à la nage, évita les sentinelles ennemies et, s'aidant des ronces et des arbustes qui tapissaient les parois escarpées de la colline, parvint jusqu'au Capitole. Il en redescendit aussi heureusement et r^apporta à Véies la nomination qui devait lever les scrupules de Camille.

Les Gaulois avaient remarqué l'empreinte de ses pas, et, par une nuit obscure, ils montèrent jusqu'au pied du rempart. Déjà ils atteignaient les créneaux, quand les cris des oies consacrées à Junon éveillèrent Manlius. U renversa les plus avancés des assaillants, tout en donnant Falarme, et les Barbares furent précipités du haut des murs.

7. Retraite des Gaulois. — Le Capitole était sauvé, mais les Romains n'avaient plus de vivres, et Camille ne paraissait pas. Alors le tribun consulaire Sulpicius convint avec le Brenn ou chef des Gaulois de payer, pour la rançon de Rome, mille livres d'or. Quand on pesa l'or, les Barbares apportèrent de faux poids, et, comme Sulpicius s'en plaignait : Vœ victis! s'écria le Brenn, « malheur aux vaincus! » et il jeta encore dans la balance son épée et son baudrier.

CONQUÊTE DE l'iTALIE. 61

8. SePTiees de Camille. — Les Gaulois s'éloignèrent paisiblement, mais Camille annula le traité ; il ordonna aux alliés de fermer leurs portes et d'attaquer les bandes isolées, dont la plupart furent taillées en pièces. Cependant les Gaulois reparurent à plusieurs reprises et se maintinrent dans les montagnes de la Sabine, à Tibur, d'où, pendant un demi-siècle, ils prirent part à presque toutes les guerres que Rome entreprit pour relever Fédifiçe de sa puissance.

Camille, qu'on retrouve sans cesse à la tête des légions, gagna dans ces circonstances difficiles, avec bien plus de justice que dans la guerre contre le Brenn, le titre de second fondateur de Rome. A l'intérieur, il rappelait par ses patriotiques conseils les partis à l'union, ou il cherchait par sa fermeté à leur imposer la paix. Dans les camps, ses habiles réformes assuraient la victoire. Il arma les soldats de longues piques qui arrêtèrent l'élan des Barbares, et de casques d'airain, de boucliers bordés d'une lame de fer, contre lesquels s'êmoussaient leurs sabres mal trempés.

9. Hanlias Torqaatns el Valerlus Corrns. -^ DeuX hommes gagnèrent dans ces guerres des surnoms que leurs descendants portaient encore longtemps après. Les Gaulois occupaient la rive droite^ de l'Anio, les Romains la rive gauche. Il y avait sur le fleuve un pont que les deiix armées se disputèrent à plusieurs reprises, sans qu'aucune d'elles pût en rester maîtresse. Un jour un Gaulois d'une taille gigantesque s'avance et, se tenant au milieu du pont, crie d'une voix éclatante : « Allons, que le plus brave soldat de Rome vienne ici se battre avec moi : nous verrons laquelle des deux nations vaut le mieux à la guerre. » Un long silence suivit ces paroles : la jeunesse romaine restait immobile et indécise entre la honte et la crainte. Enfin T. Manlius quitte son rang et va au dictateur : « Mon général, dit-il, je ne combattrai jamais sans votre permission, la victoire fût-elle certaine : mais laissez-moi montrer à ce Barbare qui se pavane devant les siens que je suis de la

famille qui a jeté les Gaulois en bas du Capitale. — Va, Manliu«, et puisse Rome ne pas avoir le dessous ! » Il s'arme et court au Gaulois'. De petite taille, mais agile, Manlius évite les grands coups que son adversaire lui porte. Ramassé sous ses armes, il suit de Tœil tous les mouvements du Barbare. Le Gaulois venait de décharger sur lui un coup terrible, mais inutile, et son bras n'était pas encore relevé, quand Manlius se précipite, couvert de son bouclier, frappe son adversaire au ventre et retend mort à ses pieds, puis, arrachant le collier d'or que le Gaulois portait, il le passe tout sanglant à son cou. Au retour ses compagnons le saluèrent du nom de Torquatus, collier se disant en latin torques,

Valerius se signala par une victoire semblable dans un combat singulier : on disait qu'un corbeau posé sur le casque du Romain avait déchiré de son bec le visage du Barbare. Le vainqueur en prit du moins le surnom, et Ton parla longtemps des exploits de Manlius au collier et de Valerius au corbeau.

Quarante-sept ans séparent la prise de Rome et le commencement- de la guerre samnite (390-343). Ces quarante-sept années, on vient de le voir, avaient été remplies par les efforts que firent les Romains pour reconstruire leur ville et leur empire, pour mettre aussi uii terme à leurs dissensions intérieures. En 343 ces trois choses étaient faites, et Rome était prête pour de sérieux et longs combats.

iO. Les Samnites. Première g^nerre contre eax (34»-34f ). — Habitant au milieu de TApennin un pays montagneux et rude, les Samnites se trouvaient naturellement endurcis aux fatigues de la guerre et s'étaient rendus redoutables à leurs voisins, qui. cultivaient les riches plaines étendues entre le pied des monts et la mer* Vers le milieu du sixième siècle avant notre ère, ils s'établirent sur le mont Tifata, d'où ils menaçaient Capoue. C*était la plus riche des villes de la Gampanie, et la Campanie était le plus fertile terroir de l'Italie tout entière^ Les Campaniens, battus, implorèrent le secoure

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