‹ Abrégé de botanique [microforme]Chapitre 18 sur 32 · Chapitre II LA NUTRITION · texte numérisé non relu

Chapitre II LA NUTRITION

Le fonctionnement de l'organisme végétal ressemble par beaucoup de points à celui e l'organisme animal. Notamment, l’un comme l’autre ont besoin, pour entretenir leur vie et pour s’accroître, de recevoir fréquemment, des milieux qui les entourent, des matières nutritives qu'ils transforment

| ensuite en leur propre substance. On appelle précisément

NUTRITION cette fonction par laquelle le végétal puise dans l'air, dans l’eau ou dans la terre les aliments qui lui sont nécessaires, et les assimile ou se les incorpore pour l’entretien de sa vie et le développement de ses organes.

Il importe avant tout d'observer que les végétaux ne prennent jamais d'aliments solides. Constitués comme ils le sont, ils ne peuvent introduire dans leur organisme que des substances liquides ou gazeuses. Par leurs parties vertes, ils s’incorporent certains gaz de l'atmosphère. D'autre part, l'eau des neiges et des pluies et les gaz de Pair produisent dans le sol des composés où il entre du carbone, de la potasse, de la silice, du phosphore, eto, et ces composés pénètrent, à l’état liquide, dans les cellules des racines, On voit par là que

. Rene

— nnane

ETS — —

l’atilité du labour est d’ameublir le sol, pour permettre à l'air

et à l’eau d’y avoir accès, et d’y préparer les aliments de la vie végétale. :

Successivement et brièvement, nous allons décrire les

- actes dont se compose la nutrition oh- les végétaux, et qui ne manquent pas d’avoir une certairs analogie avec ceux de la nutrition animale.

L’Absorption, la Circulation, la Transpiration, la Respiration, l’4ssimilation : tels sont les actes principaux de a nutrition, Le

ABsorPTion.— Les feuilles, et en général les parties vertes des plantes, prennent directement dans Fair de la vapeur d’eau et différents gaz qui se trouvent dans l'atmosphère, Il y a même des plantes presque dépourvues de racines et qui ne se nourrissent et ne se développent qu’au moyen des substances qu’elles recueillent ainsi dans Lair.

Mais, chez la plupart des végétaux, c’est principalement pe les racines que les substances nutritives pénètrent dans

’organisme végétal. Et encore, dans les racines, il n’y a que les poils absorbants (Fig. 130) des radicelles qui laissent ainsi entrer les sucs nourriciers, sans doute parce que leur tissu plus nouveau n’est pas encore incrusté de matières solides. Quand on transplante des arbres ou autres plantes, il importe donc de conserver aux racines leur chevelu ou l’ensemble de leurs radicelles,

Oe west pas tout de dire que les végétaux absorbent, c’est-à-dire puisent dans le sol les substances nutritives dont elles ont besoin et qui s'y trouvent dissoutes dans l’eau qui humecte la terre; il faut aussi savoir comment ce liquide nutritif pénètre ainsi dans le végétal, composé de cellules et de vaisseaux qui sont clos de toutes parts, Comment donc se fait l'absorption ?

C’est par amo que l’eau du sol pénètre dans les cellules des poils absorbanta des racines. Si l'on plonge dans l’eau pure une vessie partiellement remplie d'un liquide mucila-

i on constatera que dans d'heures l'eau pure aura passé à travers la membrane de la vessie pour se mêler au

De 67 88.8 r

liquide mucilagineux et le rendre plus clair. Le même phénomène se produit chaque fois qu’un liquide plus dense n’est séparé d’un liquidu moins dense que par une fine membrane ue; le moins dense passe à travers la membrane,

tant que les deux liquides ne sont pas devenus d’une densité C'est ce phénomène que Ton nomme “ osmose ”. —

bien, voici les cellules pe ie abscrbants qui contiennent un suc plus ou moins épais ; sanle la mewbrane organique des parois des cellules sépare ce suc assez dense de l'eau contenue dans le sol, L'eau doit donc pénétrer

: d'elle-même, à travers leurs parois, dans les cellules exté-

rieures des poils absarbants. Puis ce même phénomène agit de même façon à l'intérieur, de cellule à cellule, et-jusqu'à ce que Je liquide nourricier, d’abord puisé dans le sol, arrive aux vaisseaux de la racine, ;

Comment le liquide nourricier (zutrement dit, la sève) peut-il monter daus la tige jusqu’à l'extrémité des bran et des rameaux, qui parfois en.

s'étendent jusqu’à deux ou trois cents pieds du sol ?

On a coutume, entre autres causes de ce mouvement de la sève, de mentionner à Pormose, phénomène pré- 4" cédemment expliqué, et la capillarité, qui consiste en ce 5 — les liquides ont une tendance à se répandre, même en montant, dans les Ig. 34.—Oomment se fait l'absorption tubes capillaires ou d’un très faible diamètre. C'est en vertu de cette tendance que l'huile Monte dans une mèche qui ne trempe pourtant dans Thuile que par l’une de ses extré-

Fig 34.— Cette vignette représente, aveo un fort grossissement, une ion de radicelle, dont la cellule a porte un j:oil absorbant,

Par l'extrémité f de ce poil, le liquide du sol pénètre dans la cel-

lule a, puis dans les cellules voisines ö, e, d, etc., et enfin dans Fun, v, des vaisseaux de l’intérieur de la racine,

is, il y a surtout la transpiration qui se fait daus

44 BOTANIQUE Pu les feuilles, laquelle produit dans les cellules des tissus avoi-

tige. Nets rieuse forcé vitale qui er à.tous les phénomènes dont siège. Dans un animal ou un

l'extrémité des racines est acide, et douée par conséquent de la faculté de dissoudre la silice, différents composés de chaux

nourrir les végétaux.

En outre, nous venons de voir que, par l’action de certaines causes, les liquides pes par les racines et parvenus les vaisseaux s’y'élèvent peu à peu darm la tige et vers les feuilles, C’est uniquement par les vaisseaux de la tige ue monte ainsi la sève provenant des racines, et qui est sève brute, parce qu’elle n’a subi encore aucun changement considérable dans sa composition. On compare la sève de la plante au sang de Panimal. Il y a en effet quelque ressemblance entre ces liquides nourriciers, au moins pour ce qui est de leur circulation dans To me. Senlement, si dans les animaux supérieurs le sang revient à son point de départ et se trouve l’objet, par pars ares d'un mouvement d'aller et de retour, la sève qui est douée aussi d’un pareil mouvement d’aller et de retour ne redescend qu’en très faible partie jusqu’à la racine, qui fut son point de dépurt ; en grande partie, elle se répand de tous les côtés, — Il y a donc dans la sève un mouvement d’ascension et un mouvement de diffusion. re 1° Le mouvement d’ASCENSION ne concerne que la .sève brute. A peu près nul en hiver, surtout dans notre cliwat, C'est au printemps qu'il est le plus actif, lorsque les bourqu se développent; alors, en effet, l'accroissement rapide es rameaux et des feuilles exige un apport considérable de : substances nouvelles. Aussi, quand les feuilles ont atteint

leur parfait développement, cette ascension de la sève dimi. nue beaucoup d'activité.

2 Le sève brute, partie des racines, finit par arriver dans les feuilles. Comme nous le verrons un peu plus loin, elle y subit des transformations importantes, et devient la sève dlaborée. Cette sève élaborée est alors l'objet du mouvement de DIFFUSION, par lequel elle s'en va dans toutes les directions, en circulant surtout par les vaisseaux du liber (portion de la — située entre l'écorce et le bois), et formant deux courants

ncipaux: l’un qui se dirige vers les racines, l’autre vers le sommet de la tige et des rameaux, et qui tous deux vont enrichir toutes les parties de la plante des substances nutritives contenues dans ce liquide précieux, et activer par là le développement du vegétal: car c'est grâce à cette sève élaborée que se forme chaque année la couchs nouvelle de bois entre l'écorce et l’aubier.

on veut faire entendre qu’il dégage de la M os d i eau se fait surtout par les

l'énorme dégagement de vapeur d’eau qui se produit chez les végétaux, nous dirons qu'on a calculé qu'un Chêne portant 700,000 feuilles perd, en une période de cinq mois, 222,450 livres d'eau. Cette déperdition doit être compensée par la quantité d’eau puisée dans le sol par les racines. Les pluies, et à leur défaut les arrosages, sont donc indispensables à la vie des plantes.

ReSPIRATION ET ASSIMILATION,—Comme les animaux, les plantes ont besoin d'oxygène pour vivre. Par leurs racines, leur tige et leurs feuilles, elles abserbent l'oxygène de l'air, et dégagent de l'acide carbonique. Cet échange de gas, entre l'air et le végétal, constitue chez les plantes la fonction de RESPIRATION, Elle s’exerce constamment, nuit et jour.

En un mot, durant la nuit, la plante perd du carbone; mais à la lumière, c’est-à-dire durant le jour, elle en gagne beaucoup plus qu'elle n’en a perdu, et son accroissement de ‘substance est alors considérable,

La sève—Le sucre d'érable

Nous allons résumer dans le présent article tout ce qu'il

importe de savoir touchant la sève.

sève joue dans le végétal à peu près le même rôle que le sang chez l'animal, sans être pourtant d’une importance aussi capit o que l’est le liquide sanguin pour maintenir la vie animale,

Les racines puisent dans le sol les liquides nutritifs qui s’y trouvent, et dissolvent certaines matières solides, qui y sont aussi, pour les absorber. Tel est l’origine du liquide qui circule 2 tout le végétal et que l’on nomme sève, I) son entrée dans les cellules de la racine, ce liquide y subit une certaine trausformation, de sorte que, en définitive, la sève se compose d’une grande quantité d’eau à laquelle sont incorporées telles ou telles substances, s1ivant les diverses espèces de plantes. La sève est donc de composition plus

ou moins différente d’une espèce à l'autre.

Des cellules extérieures, la sève passe dans les vaisseaux de la racine, qui la transmettent aux vaisseaux de la tige; et peu à peu elle parvient jusque daus les feuilles. Elle est

— ma RE ARE sonne — np rerram une 5

— rene ee —

Page 1