partie dn Ghouria presque entièrement indépendant; on y trouve
• Trizeh , " BaUuun.
L'ARMÉNIE avec une partie du KURDISTAN et de la GÉORGIE correspondent aux eyalets et livas su i vans :
Errrrouk. . Eraeroum; Kamakk; Maden; Ertind/an; Kara-hissar; Cumnch-kkane; Batbourd; Topruk-kalah. Plusieurs tribus de Turkomans.
Va» Van; 'Mouch; *Beths; Khochab ; • Bajraiid. Les principautés kurdes
vassales de nom , mais réellement indépendantes ; on y trouve Djoulamerk , etc. Quelques tribus de Turkomans.
Kars K a r s ; Ani. Plusieurs tribus de Turkomans. Ardanoudji ou Erdenoutch
dans la partie de U Géorgie qui est restée à l'empire Ottoman.
Le KURDISTAN OTTOMAN proprement dit comprend l'eyalet suivant •
Chrhrrxocr. Kerkouk; Chehrezour (jadis siège du parha) ; Erbil; Baïan. Les principautés kurdes A* Amodia, de Suleïmanieh ou Sindian, de Km et de Kouran, seulement vassales de l'empire Ottoman. Depuis quelques années ec gonvernemeut relève du pacha de Bagdad.
La MESOPOTAMIE, on AL-DJEZYREH avec l'IRAK-ARABI des modernes les eyalets et livas soir ans :
Ragpao. . .Bagdad; Mechked-Ali ; Hilla ; Mechhed-Hossetn; Ana; Nisibin ; Mardi» ;
Bassorah ou Basra ; Corna. Les principautés kurdes de Karadjolan et de Sehau vassales de nom; celle de Karadjulan est une des pins puissantes, et ses habita os , moyennant une rétribution, escortent ordinairement la caravane qui va de Bagdad à Mossoul et vice-versa. Le Pars de Sindjar ou des Yezidis et celui des Bilbas dans les montagnes appelées autrefois Zagros sout habités par des Kurdes entièrement iudépendanJ. Le chef des Yezidis habite dans le village de Babir. Les Arabes Mountefik dans les euvirons de Corna et les Arabes Kazaïles , le long dn Frat ou près do Semavat peuvent être regardés comme tout-à-fait indépendans. Les Mountefik recevaient même une forte somme annuellement pour défendre le pays contre les YVahhabites. Les Arabes Nedjedi le paraissent être moi us.
Diarbrrir. . Diarbekir ou K a r a - ha m i d ; Maden ; Siverek. Les principautés kurdes de Djezjreh , qui parait être la plus puissante; de Palou, d'Agi! et de G ou h avec les chefs-lienx de ce nom ne sont que tributaires.
Rarra. . . . Rakka; Or/a ; Bir ; Tor ; Khabour. Plusieurs tribus d'Arabes, de Turkomans et de Kurdes.
Mossoul. . . Mossoul ; Elkoch. Plusieurs tribus de Kurdes tributaires; quelques tribus de Yezidis tout-à-fait indépendantes.
La SYRIE on SCJIAM comprend les eyalets et livas suivant:
Alrp Alcp on Haleb; KiBis ; Alex and reUe ou Scanderoun; Baïlan, Antakia
ou Antiothe ; Chogr ou Djesr-chogr. Plusieurs tribus de Turkomans,
d'Arabes et de Kurdes.
Dam asc. . . Damasc on Damas; Hamah ; Hems ; Tadmor on Paimjre; Jérusalem ;
Bethlehem; Kalil ou Hebron ; Rayh ou Jerico ; Nablous ou Sichem; Gaza;
Hamla; Jaja ou Joppe. Plusieurs tribus d'Arabes Bédouins et quelqges-uues
de Turkomans.
ti38 abrégé de géographie.
Acre Acre ou Akka; Baïraut,- Sidon ou Sa't'de Sour ou Tyr; Nazareth ou
Nasra; TabarUk. Le Pajrs des Moutoualis, dont le chef-lieu est Baalheck; ils De »oot que tributaires. Le Pays des Druzes où »c trouve Daîr-el-JCa ntar, siège de leur grand-émir, qui n'est que tributaire.
Tu i rou. . . Tripoli ou Tarablous; Latakia. Le Part des N osai ris qui comprend les vallées du Liban depuis Antakia jusquau Pays des Druzes; ils sont tributaires, et le village de Bahloulie peut être regardé comme leur cbeflieu, étant le siège du chef on mokaddem le plus puissant. I* Pays des Maronites également tributaires, et partagé entre le petit émir qui réside à Djebel ou Djebatl et le grand émir qui réside à Canobîn. Le Pays des Ismaéliens, dont le cbeMieu est Massiade ou Masiat ; ils sont tributaires.
Dans l'ASIE-MINEURE on trouve :
Koutaieh (Cotjrœum) , grande ville bâtie dans une situation pittoresque , sur le penchant du Poursak-dagh , et baignée par la Poursak. C'est le siège du beylerbey d'Anadoli et d'un grand-juge ou nwlla. Parmi ses édiuces on observe une grande et vieille mosquée remarquable par sa singulière architecture. On porte à 5o,ooo le nombre de ses habitans.
Dans ses environs immédiats est situé le village de Tounchali , avec des bains chauds renouitnés. Plus loiu , daus uu rayon de 45 milles, ou trouve : Sklbi-Gazi , village ruiué, remarquable par sa belle mosquée et encore plus par le monument phrygien situé dans son voisinage et visité par M. Leake. Ce savant voyageur, d'après les mots au roi Midas sculptés sur un des côtés , croit que ce tombeau taillé dans le roc et couvert de sculptures daus le genre de celles de Mycènes, pourrait être attribué à un des rois phrygiens de la dynastie de Midas : en admetlaut cette supposition, ce serait un des monumens les plus anciens de l'Asie, puisque sa construction remouterait eutre 570 et 740 ans avant Jésus-Christ. Esn-casHER , petite ville, importante par ses bains chauds , dont on \oii encore les restes des anciens édiuces ; c'est l'aucicnnc Dorylicum. Turda , petit village , où l'un commence a monter le Domnoun-dagh , haute montagne, sur laquelle depuis long-temps on a établi un hospice semblable à ceux des Alpes pour secourir les voyageurs égarés dans la neige ; de gros chiens y sont entretenus pour ce pieux office. Azani , misérable village qui mérite l'attention de l'archéologue par les magnifiques ruines d'un théâtre et d'un temple de Jupiter; M. Keppel qui les a visités dernièrement dit que ce dernier égale les ouvrages gret-s les plus remarquables qui subsistent encore; on y trouve plusieurs inscriptions grecques et laliues. Kara-bi&sar ou Amour Kara-hissar ( la forteresse Noire de l'Opium), ainsi nommée à cause de l'immense quaulitc d'opium qu'un y recueille et à laquelle, ainsi qu'à ses nombreuses manufactures de laine , elle doit son état florissant. Kara-hissar était le patrimoine féodal d'Othman, fondateur de l'empire; M. Kinneir lui accorde jusqu'à 60,000 babilans.
Brousse (Prttsa), au pied du mout Olympe et non loin du Nilufcr, que Ton passe sur plusieurs ponts; ville grande, assez bien bâtie et mie des plus florissantes de l'empire par son industrie et par son commerce. Un vieux château environné de murailles , sur lesquelles on remarque encore des sculptures romaines, la domine et de vastes faubourgs l'entourent. Ses bâtimens les plus remarquables sont : la mosquée cathédrale (Ouloudjami), vaste édilice qui date de l'époque de la conquête de celte ville; les mosquées de sultan Orkhan, avec son tombeau et un collège très fréquenté, et celles des sultajts Othman , Murad et Bayazid. On doit mentionner aussi ses nombreux et beaux caravanseraïs construits en pierre, et les magnifiques thermes récemment décrits par un savant orientaliste, M. Jouannin , ainsi que les belles et nomhreuses fontaùics qui ajoutent à l'agrément de cette ville. Jadis résidence des rois de Bithynie, Brousse a été dans le moyen Age la capitale de tout l'empire Otlotnan jusqu'à la prise d'Aiidrinople ; aujourd'hui elle est le siège d'un molla de première classe ,
DESCRIPTION DE VJiME
d'un pacha , d'un roétropolitaîo grec et d'un archevêque arménien. C'est avec M. de lia ni mer que nous porterons jusqu'à 100,000 le nombre de ses habitans.
Dans un rayon de 45 milles on trouve : Moudaria , sur le golfe de son nom, avec un port qui sert de débouché aux marchandises de Brousse , et par lequel cette ville reçoit toute) les expéditions de Constaulinople et de l'Europe ; les fièvres y sout endémiques. Izvix(Nicce), misérable amas de huttes qui s'élèvent sur l'emplacement de la métropole de l'ancienne Hithynie, si renommée par le premier concile général que les chrétiens y luirent eu 3a5. Ses épaisses murailles , ses tours et ses portes sout eucore assez bien conservées. On y voit encore une église assez remarquable , un aqueduc et un vaste édifice avec des souterrains immenses, nomme par les Grecs le palais Je Théodore ; selon M. Kiuneir re serait un amphithéâtre. Iznik-mio ou Nix-mn {Mcomédie) , jadis une des plus grandes villes de l'empire Romain ; elle conserve encore quelque commerce. M. Fontanier lui accorde 5,3oo maisons, nombre cinq fois plus grand que celui que lui assignent d'autres voyageurs modernes. AaocLioun {Apollonie)t sur un îlot du lac auquel elle donne son nom ; ses a, 000 habitans sout presque tous pécheurs et vivent presque exclusivement du produit de la riche pèche qu'ils fout sur ce lac, et que les cartes représentent beaucoup trop petit.
Smtbhe (Izmir des Turks), au fond du golfe du même nom , bâtie en forme d'amphithéâtre autour d'une montagne au sommet de laquelle est un château en ruine; deux autres la défendent du côté de la terre et du côté de la mer. Sans être belle, Smyrne présente un aspect agréable. Quelques maisons bien bâties appartiennent la plupart aux Européens et forment un assez joli quartier. Le grand bazar (bezesten) et le vizir- khan , construits avec le marbre blanc de l'ancien théâtre, sont les deux constructions qui se distinguent le plus. Ses rues sont étroites et sales, à l'exception de celles qui sont couvertes. Quoique Smyrne n'offre aucune antiquité remarquable , on peut dire qu'elle a contribué peut-être plus que toute autre ville de l'Asie à enrichir les collections et les cabinets des antiquaires de l'Europe. Smyrne doit aux avantages de sa position le rang qu'elle occupe parmi les places commerçantes les plu» importantes du monde. L'étendue et la sûreté de sa rade, la facilité de ses communications avec les parties les plus éloignées de l'intérieur, en ont fait l'entrepôt général des produits du Levant, ainsi que des marchandises européennes et des denrées coloniales importées en échange. Depuis quelques années cependant le commerce de la soie y est beaucoup diminué, et celui du cuivre est presque nul , s 'étant concentré àTarsous; mais celui des fruits secs y est immense. Elle a été long-temps régie par un mousscllim ou gouverneur civil nommé pour un an , et par un conseil municipal composé de huit a vans ou notables. Maintenant elle forme un petit gouvernement ou eyalet régi par un pacha à trois queues. Elle est le siège d'un molla de première classe , d'un archevêque grec et d'un autre arménien , et malgré les ravages produits souvent par les incendies et par la peste, on porte sa population actuelle au-dessus de i3o,ooo âmes. Nous rappellerons avec un voyageur récent que Smyrne, comme toutes les autres villes principales de l'empire, mais sur une plus grande échelle, offre le phénomène d'une république fédérative dans le quartier des Francs, habité principalement par des Anglais , des Français, des Hollandais et des Italiens. Leurs personnes et leurs propriétés sont affranchies de la domination turque; en matière civile, commerciale ou criminelle, les Francs ne reconnaissent d'autres juges que les consuls des diverses nations auxquelles ils appartiennent. Le Iran-
Gc
çais est la langue universellement adoptée dans cette petite république , où du reste on voit régner au milieu des mœurs et des usages de l'Orient la civilisation de l'Europe et tous les usages, les amusemens et les occupations qui l'accompagnent. Dans le magnifique casino, fondé par souscription , on trouve tous les principaux, écrits périodiques de l'Europe et dans le théâtre, qui est très fréquenté, une compagnie d'amateurs joue des comédies italiennes. Smyrne possède en outre un collège grec où l'on enseigne les sciences et la littérature, et une gazette que l'on publie en français.
Dans ses environs immédiats on trouve : le beau village de Boumt abat , où la plupart des Francs ont leurs maisons de campagne ; elles sont divisées à peu-près comme les bastides de Marseille; et les villages de Boudja et de Sedi-^ecï, remarquables par leurs belles campagnes et leur nombreuse population. Plus loin on voit Manissa (Magnesia), assez jolie ville , florissante par son commerce et par ses grandes plantations de safran ; on y voit une forteresse ruinée, de construction romaine, et les tombeaux de sultan Murad Jf et sa famille; M. Fonlauier estime à 40,000 âmes sa population. Fokia , petite ville encore assez florissante par son port , bâtie sur remplacement de l'ancienne Phocée , si renommée par ses nombreuses colonies fondées eu Espagne et dans les Gaules , parmi lesquelles figure surtout 31assilia (Marseille). Vocrla , petite ville, bâtie sur l'emplacement de l'ancienne Clazomène ; c'est la résidence temporaire de l'archevêque grec d'Ephèse ; on y voit encore les vestiges de la chaussée construite par Alexandre -le Grand.
Plus loin et dans un rayon de 55 milles on trouve au sud et au sud-est de Smyrne ; Ayasalouk , misérable village turk , où l'on voit encore une mosquée . un aqueduc et un château construit avec les matériaux eulevés aux ruines d'Ephèse, situées à une petite distance. C'est parmi ces dernières qu'on a reconnu les restes du stadium , les vestiges du t/iéâtre, les débris d'un temple magnifique et les voûtes immenses qui soutenaient le second temple de Diane , regardé par les anciens comme pour le moins aussi magnifique que le premier, compté justement parmi les merveilles du monde. On regardait celui-ci comme le plus grand temple construit par les Grecs ; il avait \ ■■< '•> pieds de long snr aao de large ; on y voyait 137 colonnes de marbre hautes de 60 pieds , et sculptées par les plus habiles artistes de ce temps-là; selon Xénophon la statue de la déesse était en or. Scalaxova (Kouch-adasi) , ville florissante par son port et son commercé, qui avant la révolution grecque y avaient rassemblé une population qu'on portait à ao^oo âmes. Palatsha , assemblage de quelques misérables huttes habitées pa* des Tin^^ralUeorrespondre à Milet, si puissante dans l'antiquité lorsque ses vaisseau k cèjftrajçnt tdût kPont-Euxin où elle fonda tant de colonies ; on a reconnu les ruines de nfoiNinF Ifi'i'ilTi 1 Guzet.-hissar (Tralles) , \\\\e florissante par ses manufactures de coton friftftQpnn commerce; on tut accorde 3o,ooo hahitans. Tirra, ville moderne, qu'on (Qétre presque aussi grande que Smyrne , quoique beaucoup moins peuplée.
A l'est et au nord de Smyrne on trouve : Cassada ou Durgctuli, assez grande ville, à laquelle des voyageurs modernes accordent 6,000 maisons. Saut {Sardes), la magnifique résidence des opulens rois Lydiens, la plus riche des villes de l'Asie-Mineure, que Florus appelait la seconde Hume , et un des sept premiers diocèses fondés par S. Jean , n'est plus qu'un misérable village habité par quelques Turks. Plusieurs ruines, les restes d'une grande église , peut-être ceux de son antique cathédrale, les débris du magnifique temple de. Cybèle, et dans ses environs le tumtdus colossal A'Àlyattes le pére de Crésus, rappellent encore son ancienne splendeur. M. Cockerell en 181a, vit encore debout trois colouues du temple que M. Leakc croit avoir été construit entre 7 15 et 545 aus avant Jésus- Christ. Le mouument d'Alyattes, que ce dernier voyageur a visité, remonte à la même époque. C'est un cône en terre de aoo pieds de haut, dont la base formée selon Hérodote, de grandes pierres de taille, a six stades de circonférence. M. Leake le regarde comme une des antiquités les plus remarquables de l'Asie, et l'historien grec qui nous en a conservé la description, le regardait de son temps comme le plus grand de la Lydie, et seulement inférieur aux pyramides d'Egypte et aux monumens de Babylone. Le temps et l'exhaussement du sol ont entièrement recouvert la base de ce tombeau extraordinaire qui a l'apparence d'une colline. D'autres monumens semblables, mais moins grands se
DESCRIPTION DK L'ASIE.
Iruiivetit à un»- petite distance. Pkrgamii. a«*cz grande ville et encore la plus florissante de la vallée du (Païens, quoiqu'elle ue soit qu'une ombre de l'ancienne résidence des rois de I'ergaine. On prétend qu'un y trouve d'importantes antiquités. Son magnifique temple d'Esculape , sa célèbre bibliothèque qui ne le cédait qu'à celle d'Alexandrie, et l'invention du parchemin assignent une place rtiitjnpièfl à cette ancienne ville, qui figure aussi p;irmi li s sept premin - es de l' Asie-Mineure. Haivali nnmniée Kiuohie par les
' . silure sur le golfe d'Adramiti ; véritable création du commerce et de l'industrie, i v lie petite république, fondée par le Grec I < xiomos vers la fin du xvirr* siècle sous la protection de la Porte, était devenue en peu de temps une des villes les plus industrieuses, les plus commerçantes et les plus polio es «le I Vsie Ottomane. Mais ses nombreuses ma nu factures de savon, ses tanin i h-, , m-, moulins à Imite, son beau collège , sa bibliothèque , sou imprimerie , ses bclli ^es, ses 3,ooo maisons et ses 36,ooo habita us disparurent dans la guerre de l'insurn < n.ui. Depuis 1811 Kidouie n'offre plus qu'un amas de ruines l),in> i i même rayon un trouve plusieui - iles ri .ianpial>le> , paftti le^pielles leur grandi importance nous engagea nommer les trois suivantes : MlTIUI ( t. es bot des anciens Grecs , MiJilli des Turks), importante par sa grande fertilité, sa population assez nombreuse et surtout par ses beaux ports militaires; on voit plusieurs restes d'anciens monumens près >ie Metelin, petite ville assez florissante, i.ipitalc de i'ile. Ghio (Chiot des Grecs. Salcyz des Turks), naguère rootfC la plus riche et la plus floris<ante des îles de l'Archipel, remarquable par la civilisation, lindusiii' et la richesse de ses habitai», n'offre depuis <8aa que ruines, à l'exception du dislnet des villages où l'on recueille le mastic Ses 100,000 hahitaus, qui fournissaient | 1 empire Ottoman les meilleurs jardiniers, sont réduits à 14.000; eJ Çk \ 0 . ou le coaMBCTCB et l'industrie avaient rassemblé prés de araet/cl qu'on n.inl.ut comme la moderne Athènes par son célèbre col-
lège, par sa riche bibliothèque et sa typographie, n'est plus qu'un amas de ruines. ■svmos (Sujam ou Simm des Turks), importante par sa fertilité, sa population et par les vestige, que l'on y rencontre encore de son aneienne prospérité attestée surtout par les trois murages suivans : la montagne percée ; c'était un canal de 8;5 pas de long pratique dans une montagne pour conduire l'eau à la ville de Samos; cette étonnante excavation, dont on a reconnu l'ouverture , était huit fois aussi grande que la fameuse voûte de Mal pas qui appartient au canal de Languedoc; la jetée faite au côté gauche du port de Sanm», haute de ao toises; elle s'avançait plus de a5o pas dans la mer; le temple de Junon Samienne situe a .'» milles de la ville, le plus spacieux édifice grec de ce genre qu'eût vu Hérodote : il était rempli de 1 ichesses , et les peuples de l'Asie cl de la Grèce le regardaient comme un asile inviolable.
Ko m kh [Iconiunr)\ dans une plaine riche et bien arrosée f jadis rési dence des sultans seidjookides de Ronm, et maintenant du pacha gouverneur de l'eyalet de son nom et d'un métropolitain grec. Parmi ses nombreuses mosijun s <»n remarque celle de Séiùn, bâtie sur le modèle de celle <!c Sainte-Sophie. On doit encore citer le couvent des Mcwlevùt9 fonde j>.ir le célèbre Djelaleddin lloumi, dans le xme siècle de notre ère. Ce couvenl est le chef d'ordre de tons 1rs établissement du même genre répandus sur la .surlace de l'empire, et il jouit d'immenses richesses. Près de la porte de i.adik. on voit une sculpture que M. Kinneir regarde comme un des pins beaux morceaux fjftf l'antiquité nous ait légué , et une statue colos- >ile tY Hercule; ces deux monunieus ont été grossièrement restaures par les Turk». Malgré sa décade— e, Kuonicfa est encore importante par ses manufactures, par son commerce et par ses nombreuses medressés ou col leges. On évalue sa population à mimi.ui $0,000 âmes
Dans un rayon de 54 milles on trouve: CaaaJua dit aussi Lambda, as.se/. graude ville, importante par sou industrie, par ion commerce et le voisinage des ruines de Larenda, dont les restes oui servi a la construction de ses édifices. Ak-chehur . ville archie pisenpale et florissante, .1 laquelle M. Kinneir accorde 1 5,ooo maisons, quoique Ali l'« • l'appelle une petite ville! Le n edressé ou collège de Itayazid et la mosquée principale
sont des édifices remarquables. C'est dans ce même rayon qu'on trouve le vaste utc salé du Touzla ; ses débordcmeus pendant la saison des pluies, joints a ceux d'autres lacs situés sur celle >asle plaine élevée, y formeut un marais immense; on en retire une grande quantité de sel.
Torat, sur une branche de Kizyl-Irmak , grande ville, avec des rues étroites mais bien pavées, et dont l'apparence, selon M. Fontanier, est tout-à-fait européenne. Elle a un archevêché arménien, plusieurs fabriques de toiles, d'étoffes de soie, de coton, de tapis et surtout de vaisselle de cuivre. Tokat est le point central de beaucoup de caravanes et un entrepôt de marchandises de Smyrne. En admettant les i8,5oo maisons que lui accorde M. Foutanier qui l'a visitée dernièrement, nous croyons qu'on ne s'éloignerait pas beaucoup de la vérité en portant à environ 100,000 âmes sa population actuelle.
Dans un rayon de 4» milles on trouve: Sivas {Sebaste) , assez grande ville , chef-lieu de l'eyalet de ce nom , à laquelle M. Gardanne accorde 4,0 1 o maisons , numbre que M. Tre~ xel réduit à 1,000! Dans ses environs on exploite de \ as tes inities de cuivre. Amjsix {Amased), grande ville, qui selon M. Fontanier ne compte pas moius de 10,000 maisons, siège d'un archevêché arménien, et importante par son commerce et par les antiquités qu'elle renferme , mais qui n'ont pas eucore été assez explorées et parmi lesquelles on doit compter une partie des murs de son aucieune citadelle et les restes d'un temple antique. La mosquée de sultan Bayazid est un édifice moderne qui doit aussi être cité, ainsi que les caverne* taillées dans le roc situées dans ses environs ; la plus remarquable est connue sous le nom de pierre du miroir.
Hors du rayon et vers l'ouest est situé Ieuzgatt, ville qui doit son grand accroissement à Tchapan-Ouglou , qui l'avait choisie pour sa résidence; elle paraît avoir beaucoup perdu depuis la mort de ce chef célèbre, dont la domination s'étendait sur presque toute la partie orientale de l' Asie-Mineure. Vers le sud-ouest on voit Kaïsarieh (Cesarée, capitale de la Cappadoce ) , ville assez grande , florissante par son commerce et à laquelle on accorde ?5,ooo habitans, nombre bien faible comparé aux 400,000 que lui assignent les historiens a l'époque où elle fut prise et pillée par Sapor, roi de Perse, sous le règne de Valérien. Paul Lucas prétend avoir vu dans les environs d'Yrkoup, non loin de cette ville, ao.ooo petites pyramides ayant chacune des portes et des fenêtres! Mais des reusetçnemens récens et bien autrement exacts nous représentent ce pays comme rempli de débris de monumeus semblables à ceux de Babyloue, de Van et d'autres villes d'aussi ancienne origine; des briques couvertes d'inscriptions cunéiformes ont été retrouvées dans des fouilles, ainsi que des objets qui rappellent l'ancien culte de Mit lira.
Trébizondk ( Trapcziis) , ville très déchue de ce qu'elle était lorsque une branche des Comnènes de ConsLtnlinople l'avait choisie pour capitale de leur nouvel empire. C'est le chef-lieu de l'eyalet de son nom, et le siège du pacha dont relèvent les chefs héréditaires, turbulens et peu soumis qui dominent tout le pays situé le long de la mer Noire depuis Trébizondc jusqu'à Batoum à l'embouchure du Tchorok. Cette ville est encore importante par sa rade assez fréquentée, par son industrie, par son commerce et par sa population. Trébizonde est fortiûee; elle possède quelques édifices considérables, entre autres un grand bazar et des bains en marbre remarquables par leur élégante architecture. Parmi ses antiquités il faut nommer le temple d'Apollon changé en une chapelle de forme octogone. Le cuivre et les esclaves sont les articles les plus importa us du commerce d'exportation de cette ville, dont la population nous paraît pouvoir être estimée à 5o,ooo âmes, et dont le territoire est très remarquable par sa belle position , la douceur de son climat , par sa fertilité , et par l'abondance et la variété de ses productions.
Dans un rayon d'environ 5o milles on trouve : Irizeh ou Riz*. (Rhizaum), petite bourgade, siège d'un chef héréditaire, peu soumis au pacha de Trébizoudc ; en dépit des géographes qui la représentent comme nue ville florissante, peuplée de 3o,ooo ha bi tans, nous ne lui en accorderons que 4,000, sur l'autorité de M. Jouannin et de M. r ou Un ter qui l'a visitée dernièrement. Gcmccb-kiiasc, petite \iile du pachalik d'Erzeroum, dans l'Arménie, imporUnte par les riches mines de plomb argentifère et de cuivre exploitées dans son voisinage.
L'Asie Mineure offre un grand nombre d'autres villes remarquables sous plus d'un rapport, soit dans l'intérieur, soit le lon^ de ses côtes. Voici celles que notre cadre nous permet de citer; elles nous fourniront l'occasion d'indiquer une foule de nionumcns antiques qui rappellent la richesse, la puissance et la grande prospérité de cette contrée maintenant si misérable , si faible et si déchue.
Sur la côte Septentrionale et à une distanre plus ou moins considérable dans l'intérieur , eu allant de lest à l'ouest, ou trouve : Marciva» (Merzi/bun) % ville de médiocre étendue, à laquelle M. Fontanier accorde 4,000 maisons et importante par ses riches mines de cuivre. Sikope {Sinab des Turks), ville très déchue depuis plusieurs années , mais a laquelle sou port, ses chantiers de construction et sou commerce donnent encore une certaine importance; ou lui accorde près de ro.ooo habitait». Kastamocni, autre ville déchue, à laquelle nous ne donnerons, avec M. Kiuneir, qu'environ i3,ooo habitausau lieu des 5o,ooo que lui assigne Malte-Brun en citant Hadji-Khalfah , mort en 16SS. Bon, assez jolie ville, chef-lieu du livadecenom, et florissante par ses fabriques de cuirs et d'étoffes de coton ; c'est le passage ordinaire des caravanes qui vont à Constantinople , ce qui, avec sou industrie, coutribua beaucoup à augmenter sa population qu'on porte jusqu'à 5o,ooo Ames. Ancora (Aneyra), située à environ 60 milles au sud-est de Boli , * dans l'intérieur, et célèbre par la grande victoire que Taroerlau remporta sur Bayazid ; quoique bien déchue, elle est encore importante par ses nombreuses fabriques de camelots faits avec le poil des chèvres particulières à son district et dont la finesse égale celle de la soie. Nous remarquerons à ce sujet que dans les environs d'Angora les chèvres , les chats et les lapins ont ce poil loug et soycuv qui les fait distinguer des autres animaux de leur espèce. Les deux lions de grandeur naturelle , près de la porte de Smyrne, et l'inscription en Tbonncur d'Auguste, sculptée sur six colonnes, restes du temple d'Âugiate , et connue sous la dt-uomi nation de monument d' Ancyre % sont les antiquités connues les plus remarquables de cette ville, dont les portes, les murailles et presque tous les édifices sont contruits avec les débris de ces anciens monumens. Nous croyons qu'on pourrait réduire a 35,ooo ou 40,000 âmes les 80,000 que lui accorde Malte-Brun.
Scutari a déjà été décrit i la page 5aa avec les environs de Constant i nople. Dx*owjiesi ou Iles du Prince , groupe d'îlots , situé à feutrée du Bosphore, fréquenté par les habitans de la métropole qui y vont faire des parties de plaisir ou vont y séjourner ponr rétablir leur santé. La côte méridionale de la mer de Marmara (Propoulidc) est parsemée de ruines célèbres parmi lesquelles ou doit surtout mentionner celles de Cyziqi'e, une des villes les plus florissantes et les plus belles de l'Asie, si renommée par la beauté de ses temples , par son prytanée réputé le plus magnifique de la Grèce après celui d'Athènes , par ses gymnases, par ses théâtres, ses stades, ses ports, ses arsenaux cl par ses importantes fortifications; on voit encore les débris de ses murs non loiu de Peraho, misérable endroit sur la côte orientale de la péuinsule qui s'est formée par les attérissemens qui ont réuni l'île de Cyzique au Continent. Marmara , la plus grande des îles répandues sur la mer de re nom ; elle est surtout importante par ses carrières de marbre.
Le long de la côte Occidentale on trouve: Poungar-Bachi ou Boursar-dachi, village que nous nommons pour indiquer remplacement présumé de Troie, l'ancienne Ilicm , dont le siège a été chanté par Homère et qu'il ne faut pas confondre avec ITi.iim recens, qui se trouva à quelques milles de distance. Il ne reste aucun vestige de la première ville; mais sur mi rocher voisin et qu'on croit être le Peroaba, on trouve des débris de constructions en polygones irréguliers, une citerne taillée dans le roc et trois tombeaux héroïques? quelques colonnes en marbre et d'autres débris imhquent près de
ABRÉGK DE GÉOGRAPHIE
I cmni.AR, in position de la nouvelle ville bâtie par Alexandre, minée par Sylla et reconstruite |var Jules-César. CntMAi E, antre village important par les antiquités qui se trouvent dans ses environs, parmi lesquelles le docteur Clatke vit une immense colonne de granit dont le lût, quoique d'une seule pièce, a 37 pieds et 8 pouces anglais de long, <-t encore plus par le voisinage cI'AmlXandria Troas, ville entièrement ruinée et déserte, mais dont les magnifiques ruines attestent son ancienne magnificence; on y voit eneore une partie de ses murailles et Y aqueduc construits avec d'énormes pierres de taille, une partie de la porte du côté de l'est , et surtout le prétendu palais de Priant , vaste édifice « dont les débris sont visibles à une grande dislance eu mer et qui parait avoir été le gymnase de cette ville; ces ruines ont servi à la construction d'une foule de bâti mens à Constanlinoplc.
Sur celle même côte, mais au sud du rayon de Smyrne, on trouve : Koudrolj» (f/a/ycamasse), petite ville, dans une situation romautiqne, défendue par une assez bonne riladelle, avec un poii et des chantiers où l'on construit des frégates et des bâlimens inférieurs pour la marine ottomane. Plusieurs sculptures d'un travail exquis représentant des processions funéraires et des combats entre des figures habillées et d'autres nues et encastrées dans les murailles de la citadelle, ont fait supposer à M. Reaufort que cette dernière a été construite en partie avec les matériaux du fameux mausolée , ou tombeau que la reine Art émise lit ériger à Mausoie son époux. Ce magnifique monument exista jusqu'au moyen âge et fut mis au nombre des sept merveilles du monde par ses dimensions, par la noblesse de sou architecture et surtout par l'excellence des sculptures dont il était orné, travail dû aux plus célèbres artistes de ces temps. L'ile de Stahcbo (Car des Grecs, Istankioi des Turks), importante par sa fertilité; on y trouve la petite ville de Cos, qui est encore assez florissante quoiqu'elle soit bien déchue de ce qu'elle élait lorsque sou fameux temple d'Escnlape et le grand nom d'Hvppocrate y attiraient r des étrangers de toutes les parties de la terre connue. Crio, misérable village, près du cap de ce uoui, remarquable par les ruines de l'ancienne Gvioe ou Gkidus, une des villes primipales de la Doride, où Vénus avait plusieurs temples dans l'un desquels était la fameuse statue de Vènns Gmdienne, chef d'œuvre de Praxitèle qui y attirait une foule de curieux. On y a reconnu les traces de trois théâtres, dont un de 400 pieds de diamètre, de plusieurs temples et d'autres édifices publics et privés.
Sur la côte Méridionale on trouve l'ile de K h odes (Miodus des Grecs , Rodos des Turks) , si renommée dans l'antiquité par les grandes richesses el la civilisation de ses babilaiis, el par la sagesse des lois qui la régissaieut et auxquelles elle dut la longue durée de sou indépendance; elle jeta encore quelque éclat dans le moyen âge, lorsqu'après la chute des colonies chrétiennes de Palestiue , elle devint la résidence des chevaliers de Saint-Jean. Aujourd'hui presque déserte et inculte en comparaison de ee qu'elle était aux l>eaux temps de la Grèce et de Rome, celte île est encore importante par les fortifications et par les chantiers de construction de son chef-lieu actuel, qui porte le même nom et qui parait être bâti tout près de l'emplacement de l'ancienne Rhodes, une de» villes les plus florissantes et les plus magnifiques de la Grèce; on y admirait le fameux colosse représentant Apollon. Celte statue, qui nous parait èlre lo plus haute dont l'histoire fasse mention, était l'ouvrage de Charès , élève de Lysippe; on la regardait comme une des sept merveilles du monde; ses dimensions étaient tellement énormes, que, quoique creuse dans l'intérieur, l'airain qu'on retira de ses débris forma la charge de 900 chameaux , malgré le déchet que le métal dut éprouver pendant les 874 ans qui s'étaient écoulés depuis qu'uu tremblement de terre avait renversé cette statue admirable l'an îîî avant Jésus-Christ. Marmoritza ou Marmara, misérable petite ville, près de remplacement de l'ancienne Physcus, mais importante par son port, un des plus beaux de la Méditerranée. Macri, petit endroit près d'un des plus beaux ports de la Méditerranée et non loin des magnifiques ruines de l'ancien Telmessus, où l'on admire encore les resles du ihéâlrc, des portiques et surtout les tombeaux; une partie de ces derniers sont tailles dans le roc avec un art admirable, et ressemblent aux étonnantes excavations de la Perse cl de l'Inde; les autres sont des sarcophages remarquables par leurs dimensions énormes et leur situation d'un accès très difficile ; ce sont probablement des restes de la domination perse dau* cette contrée. Pata ra, jadis si florissante lorsque son célèbre oracle
d'Apollon y al lirait laal d'étrangers, n'offre plus que quelques pitres qui île temps en tcoips parcourent les ruines Je ses temples, et le* restes de son théâtre assez bien couserve, aiusi qu'une parlie c e ses murailles et une «le ses porles. L'îlot île Castel-rosso (Megitte des au< icus Grecs), remarquable par ses tombeaux tailles <laus le roc, sou théâtre et d'antres anneas monumeus assez bien conservés. Mira , petit village, près de* ruines de l'ancienne ville de ce nom, où l'on voit encore un théâtre de 3 5H pieds •malais de diamètre très liien cuuservè el (juchpics au' t es anciens édi lires , ainsi que de nombreux tombeaux; dans plusieurs de ces derniers ou trouve des inscriptions eu caractères lyciens , de même qu'à Telinessus , Limyra et Cyaua.
Aoaliaou Satalie, ville assez grande «florissante |»r sou commerce el à laquelle M. Coraucex donne 3o,ooo hahilans, nombre qui nou* jtarait exagéré, quoi(|uc nous trouvions trop faible celui de 8,000 que lui accorde M. Itcaulort. Ou y voit encore un magnifique arc de triomphe érige a l'honneur d'Adrien. Dans un rayon de ',0 milles ou trouve au sud les magnifiques restes de Phase fis, dont les anciens habitant accumulèrent des richesses immenses par la piraterie qu'ils exerçaient , associés aux terribles corsaires de h Cilicie; c'est aux Phaséliles que les Komaius empruntèrent une sorte de bâtiment à voiles et i rames qu'Us nommèrent phase/us; un théâtre taillé dans le roc, des mausolées, une longue colonnade sout les antiquités les plus remarquables de celte ville aujourd'hui entièrement déserte. D'un autre cote vers l'est on voit Eski- A dalia (Adalia l'ancienne , dénomination donnée par le» Turks aux magnifiques restes de l'ancienne Si dé , si renommée dans l'antiquité par l'adresse de ses mari us; M. Ueaufort y vit le théâtre le plus vaste et le mieux conservé de toute cette cote et d'autres antiquités remarquables; et plus loin vers le nord on trouve A y la ton, village bâti sur l'emplacement" de Sa galas tus; ou y voit un beau théâtre, qui semble, dit M. Arnndell, avoir servi la veille; les restes d'un vaste portique, d'un gymnase et d'autres antiquités. Aha- Mot», miscrab'e château près duquel se trouvent les ruine* d'Anemurium, remarquables surtout par leurs nombreux» tombeaux qui offrent réunis les trois genres dilTérens que les archéologues distinguent dans cette espèce de monument. Sh.ivs.em , petite ville, avec uu port , remarquable par les ruines de l'ancienne Seleucia, parmi lesquelles ou distingue d'immenses citernes, dos catacombes, un théâtre et autres anciens édifices. Mkzelu, misérable village, près des ruines de Soli ou P ompéi op oli s , qui ressemblent à celles d'Anlinoe en Eg)pte et de Djerarh en Svrie; la magnifique colonnade à l'entrée de son port artificiel offre encore 44 coloiuics debout.
Tarsous (Tarsus) , jadis la ville la plus puissante , la plus belle et la plus peuplée de la Cilicie , la docte rivale d'Athènes et d'Alexandrie, dont l'académie était, de l'avis de Strabou , la première du monde, est encore une assez grande ville; sou commerce est assez flo* rissaut, et sa population est estimée par M. Castellane à 3o,ooo Ames; depuis quelques années elle est devenue lepluj graud débouché des mines de cuivre de l'Asie- M incure. Dans un rayou d'environ 10 milles au nord-est se trouve : A dan a, remarquable par sa population , que M. Kjnucir croit être égale à celle de Tarsous, quoiqu'elle soit presque déserte pendant l'été; on y voit les restes d'un beau pont en pierre et un acqueduc bien entretenu; et hors du rayon à 40 milles de Tarsous est située Sis, siège d'un patriarche arménien; c'est une ville ruinée, qui dans le moyeu âge, comme capitale de la Petite- Anoéuie, joua un rôle assez important. On sait que la Petite- Arménie répond à- peuprés à la Cilicie des anciens, et qu'elle fut ainsi appelée parce que, dans les xi" siècle, elle servit de refuge à une partie des Arméniens que l'invasiou des Turks forçait à s'expatrier. Payas ou Bayas, petite ville, sur le golfe d'Alexandrette, que les pillages sur terre et sur mer du rebelle Kulchuk-Ali avait rendu riche et populeuse il y a quelques années , mais que le châtiment de ce brigaud a réduit à uu amas de ruines. M. Kinneir la croit bâtie sur remplacement de l'ancienne Issus, qui joue un si grand rôle dans l'histoire el la géographie aucienues. M krach ou Marach , dans l'intérieur, ville de médiocre étendue , chef-lieu du gouvernement de ce nom.
L'île de Chypre {Cyprus des Grecs, Kybrit des Turks) , nue des plus grandes et des plus fertiles de la Méditerranée, jadis très riche, florissante et peuplée, maintenant presque déserte et remplie de villes ruinées, mais encore renom niée par ses vins exeelleus, ses colons et plusieurs autres productions. S icosie ( lefkoscha des Turks) , ville de médiocre éteu-
due, chef-lieu de l'île ; ou y voit encore quelques édifices assez remarquables ; on porte sa population de la à 16,000 âmes. La mais a, petite ville, d'environ 5, 000 habitai)*, importante par son port, son commerce et ses salines; M. Dubois nous fait observer que ses environs contiennent des tombeaux portant des inscriptions phéniciennes. Baffa (Paplios), remarquable par les ruiucs de Pajthns, où Fénus avait un temple de la plus graude magnificence, cl par ses grottes sépulcrales ; Limasol, par ses vastes salines.
Dans l' ARMÉNIE on trouve :
Euzeroum, dans une vaste plaine 1 très élevée, et au pied d'une haute montagne, non loin du bras septentrional de l'Euphrate. C'est une grande ville très florissante par son industrie et par son commerce, surtout d'expédition et de transit, et à laquelle les voyageurs modernes s'accordent à donner 100,000 âmes. Ses armuriers ont la réputation de fabriquer les meilleurs sabres de l'empire. Parmi ses nombreuses mosquées on doit citer XOuloudjami, qu'on dit pouvoir contenir 8,000 personnes. La douane , quelques-uns de ses marchés , de ses bazars et de ses caravansérails sont les édifices les plus remarquables. Dans l'ancien couvent qui servait d'arsenal aux Turks, et qui remonte à la plus haute antiquité, les Russes ont découvert , pendant l'occupation de cette ville , des boucliers , des casques, des arcs, des hallebardes et autres armures du plus beau travail, qui paraissent avoir appartenu aux Arabes du temps des califes. Erzeroum est uu des boulevards de l'empire du côté de la Russie et de la Perse , et le chef-lieu du pachalik de ce nom ; son pacha , en sa qualité de général en chef permanent de l'armée de Perse ( Iran-Seraskeri) étend sa juridiction sur les territoires soumis aux pachas de Kars, de Bayazid, de Van, de Mouch, de Moussoul, de Trébizondc et sur la partie du territoire du pachalik d'Àkhal-tsikhé ( Tchildir) qui est restée au pouvoir des Turks. Nous ferons observer avec M. Fontanier que son autorité est très bornée, surtout à l'égard des pachas héréditaires de Van, de Mouch, de Bitlis et de Bayazid , qui sont pour ainsi dire des princes indépendans.
Les autres villes principales de l'Arménie sont : Madek, petite ville, très importante par les riches mines de cuivre qu'on exploite dans son voisinage. Ehzihoan, sur l'Euphrate, importante par la richesse et la fécondité de son territoire, par son commerce et par fa populatinu que les auteurs nationaux portent jusqu'à 3o,ooo âmes. Kars, importante par ses fortifications et son commerce; Bayazid, par sa force, son commerce et sa population, qu'on porte au-dessus de i5,ooo habitans; elle est le siège d'un pacha héréditaire; M oc eu , assez considérable et résidence d'un pacha héréditaire. Vah, sur le lac de ce nom, ville forte et commerçante, à laquelle les auteurs arméniens accordent plus de 40,000 habitans; elle est la résidence d'un autre pacha héréditaire. La ville de Van parait avoir tenu une place encore plus importante dans l'antiquité. Moyscde Khorène, écrivain arménien du \e siècle de notre cre, nous apprend que la fameuse Séniiramis, après avoir joint l'Arménie à ses autres conquêtes, attirée par la belle situation de Van, voulut y fonder une résidence royale, et y exécuta des travaux dignes d'une reine d'Assyrie. Cet historien parle avec admiration d'une montagne artificielle que Sémiramis éleva au nord de la ville actuelle, et sur laquelle était placé le palais royal. Il cite encore des châteaux, des pavillons et des jardins qui s'élevèreut comme par enrhantemeut dans le voisinage, et qui faisaient de ce pays nn séjour délicieux. La vérité est que Van a de tout temps été appelée par les Arméniens Schamiramakert , c'est-à-dire ville de Sémiramis , et que la plus grande partie des mouumens dont parle Moyse de Khorcnc subsistent encore. M. Schutz, qui, par ordre du gouvernement français, visitait en 1827 cette contrée, a retrouvé la colline formée d'énormes quartiers de rocher et qui supporte la citadelle actuelle. Cette colline s'étend de l'ouest à l'est l'espac* d'une heure de chemin ; dans l'intérieur sont d'immenses cavernes et des appartemens voûtés où
sans doute SémiramU allait I clé pivudre le frais. Il n'est pas rare de rencontrer sous ces toutes des débris de statues et de mouumcns antiques. Ce qu'il y a de plus intéressant, ce sont les inscriptions à tète de clou qui couvrent l'entrée et les flancs de la montagne, et qui ont été copiées pour la première fois par M. Schulz- Il parait que les rois de l'erse qui vinrent après Cyrus partagèrent le goût des antiques monarques de l'Assyrie, pour le séjour de Van. Parmi les différentes inscriptions cunéiformes, la seule qu'on a pu lire porte, suivant M. Saint-Martin, le nom de Xerxès fils de Darius. On rapporte que Tamerlan, dans le cours de ses expéditions guerrières, voulut achever de détruire ni vénérables restes de l'antiquité ; mais la patience de ses soldats fut lassée par l'étendue et la solidité de ces constructions. On trouve au reste des ruines du genre de celles de Van , non-seulement sur le territoire de cette ville, mais dans toute la contrée voisine.
Aai, une. des anciennes capitales de l'Arménie, dont M. Saint Martin, dans ses savantes recherches a décrit l'histoire et les malheure, a été visitée il y a quelques années par M. Ker-Porter. Ses ruines sont trop importantes pour que nous n'en donnions pas quelques notions. Cette ville est située sur l'Arpatchaï; au nord et à l'est elle est fermée par un double rang de hautes murailles et de tours , dont la construction étonne. Toute la surface du terrein ne présente que chapiteaux brisés, colonnes, frises d'un travail exquis Plusieurs églises et diverses parties de la ville conservent encore plus que des ruines <)<• leur ancienne magui licence. A son extrémité occidentale on voit le palais des anciens rois d' Arménie ; on le prendrait pour une ville à son étendue; il est si magnifiquement décoré au dedans et an dehors qu'aucune description, dit M. Ker-Porter, ne saurait doum r une idée de la variété et de la richesse des sculptures qui en couvrent toutes les parties, ni des dessins en mosaïque qui ornent le sol de ses salles innombrables. Tous les reste» d'édifices que renferme cette ville excitent l'admiration par la solidité de la bâtisse et l'excellence du travail.
Le KURDISTAN proprement dit, ou le Kurdistan des géographes européens n'offre que des villes petites ou d'une médiocre étendue; les plus importantes paraissent être les suivantes :
Bitlis, ville forte, résidence d'uu pacha; on lui accorde 10,000 habitans. Dj&zirkh , Amadia , Djulahirk. et Karadjolai» , sièges d'autant de princes kurdes, plutôt vassaux que sujets de la Porte ; ce sont toutes de petites v illes , à l'exception de Djexireh , située suite Tigre ; quoique beaucoup déchue , on prétend qu'elle a encore près de 20,000 habitans.
Dans la MÉSOPOTAMIE ou AL-DJEZYREH on trouve : Diarbekir [Amida)y sur fa rive droite du Tigre, qu'on y passe sur nu pont en pierre, ville grande et bien bâtie, au milieu d'un territoire très fertile, qui produit des pastèques qu'on dit peser cent livres. La grande mosquée y la cathédrale arménienne , et quelques-uns des caravansérails et des bazars sont, avec le palais du pacha , les bâtimens les plus remarquables. Diarbekir est le siège d'un patriarche chaldéen catholique, d'un évéque de cette religion et d'un patriarche jacobite. Ses fabriques de maroquins, de poterie et objets en cuivre, d'étoffes de soie et de coton , et son commerce d'expédition et de transit la rendent florissante. Ou croit que sa population s'élève au-delà de 60,000 habitans.
Dans un rayon d'environ 80 milles on trouve au nord-ouest : Maoes, petite ville , un portante par ses mines de cuivre, regardées comme les plus riches de toute l'AsieOltomane; on y exploite aussi des mines de fer. Au sud se trouvent : d'un côté Mardih , assez graude ville, bâtie sur une montagne et défendue par une citadelle; on lui accorde environ 30,000 habitans; du côté opposé, Orfa (Edesse), bâtie , selon M. Buckingham, sur les ruines è'Ur, ville chaldéenne que !c patriarche Abraham quitta pour aller habiterHaran ; ce savant voyageur, qui l'a visitée dernièrement, la trouva bicu bAtie, industrieuse et commerçante, et porte jusqu'à 5o,ooo le nombre de ses habitans; elle est le siège d'un patriarche jacobite. Kdesse joua un grand rôle pendant les croisades. Nissibih, ville de
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médiocre étendue, mais remarquable par le voisinage des ruines de l'ancienne N i si b is, dont on voit encore une partie des murailles et plusieurs autres antiquités; c'était la place la plus importante de la Mésopotamie; elle joue un grand rôle dans l'histoire des pierres des Romains avec les peuples asiatiques. Harar ou Chaires, si lélèhre par la défaite de Crassus , mais aujourd'hui en grande partie minée, est une ville très ancienne. C'est là que les Sabéens avaient leur oratoire principal, et que de tout temps les adorateurs des astres se sont réunis de préférence.
Moussbl ou Mossoui. , située dans une plaine sur le Tigre, qu'on y passe sur un pont moitié de bateaux et moitié en pierre. Cette ville, dont l'intérieur est mal bâti, et les rues étroites et mal pavées, a plusieurs mosquées, parmi lesquelles on en remarque une dont une des tours est inclinée comme celle de Pise. Les manufactures de coton qui l'ont rendue si célèbre et ont donné. le nom à la mousseline, ont beaucoup décliné; cependant elles sont encore importantes surtout pour les toiles de coton , dont elles fournissent toutes les provinces voisines. Mossoul est le centre d'un commerce assez étendu , de plusieurs manufactures et fabriques florissantes et \g siège ordinaire du patriarche chaldéen catholique d'Elkoch. Il parait que sa population dépasse 60,000 âmes.
Dans ses environs ou trouve : Nochia , village sur la rive gauche du Tigre, vis-à-vis Mossoul , remarquable comme étant bati , selou l'opinion commune , sur l'emplacement de Nfffiva, dont il ne reste plus que des vesliges informes. On sait que ISiuivc, peudanl long -temps capitale de l'empire d'Assyrie, était alors la plus grande ville de l'Asie. Détruite par les Mcdes et les Chaldéens, il se forma plus tard une nouvelle ville de ses ruines. Il est maintenant impossible de faire la pari de l'ancienne et de la nouvelle cité. Il est seulement certain qu'on trouve de temps en temps au milieu des décombres, des statues , des bas-reliefs et des inscriptions. Elroch, montagne sur laquelle s'élève le monastère de Saint- Mathieu, siège apostolique du patriarche chaldéen catholique qui réside à Mossoul et dont dépendeut 3oo villages. Rikoch possède un mausolée qu'on dit être celui du prophète Nafium. C'est beaucoup plus loin et vers l'ouest de Mossoul que dans les montagnes dcSiudjar, vivent ces féroces Yezidis la terreur de tous les pays environ nans qui sont tour-à-tour pillés ou mis à contribution par «es brigands indomptables.
Nous citerons encore dans celte contrée, niais hors du rayon de Mossoul : Rakka , sur la rive gauche de l'Kuphratc , ville assez considérable , chef-lieu du pacbalik de ce nom ; on y voit les ruines du palais du fameux calife Haroun-al-Kmhid . Aîca, petite ville, sur la rive droite de l'Euphrate, résidence d'un émir arabe, et rendez-vous ordinaire des caravaues qui vont à Damas.
Dans l'IRAK-ARABY on trouve :
Bacdad, sur les bords du Tigre, mais principalement sur la rive gauche de ce fleuve. Ornée de très beaux bazars et de quelques maisons assez bien bâties, Bagdad a l'aspect d'uue ville persane plutôt que turque. Ses rues sont très étroites et malpropres. Une forte et haute muraille, eutourée de fossés larges et profonds et une citadelle bien fournie d'artillerie la défendent. Cette cité si vantée et jadis si magnifique lorsqu'elle était la résidence des califes, paraît ne renfermer qu'environ 100,000 habitans. Elle est cependant toujours une des plus industrieuses et des plus commerçantes de l'Asie Ottomane, et le centre du commerce de cetto région avec la Perse, le Turiestan, l'Arabie et l'Inde, l'arsenal, le palais du pacha y la douane , le tombeau de Zobeide épotise d'Har<mn-al-Rachîi| et celui du cheikh Abdoul-Kadir-Ghilani sont , avec ses beaux bazars r, les édifices les plus remarquables. Un pont de bateaux de 620 pieds de loi»^ réunit le faubourg situé à l'ouest du Tigre à la ville proprement dite.
Les environs de Bagdad sont jonchés de débris de villes grecques, romaines, persanes et arabes, confondues ensemble dans le même néaut. On y voit encore les traces d'anciens cauaux , on y rencontre des idoles , des ustensiles , des pierres gravées et même un y voit les ruines d'anciens édifices. Ces vieux débris rappellent des souveuirs si imposait* , que nous ne pouvons nous dispenser de sortir un moment des limites de notre cadre, pour les signaler à l'attention du lecteur. C'est encore noire savant ami M. Reinaud qui nous servira de guide dans leur description.
La contrée qui avoisine Bagdad, arrosée par le Tigre et l'Euphrate, est représentée dans nos livres saints comme le berceau du genre humain. lii s'élevèrent les célèbres villes de JiiiYLoxc , de Skxxdcie , de Ctésifhoît , de Bagdad , qui furent successivement les capitales des empires de Babylone, d'Assyrie , de Syrie, des Parthes , des Arabes. Situées en quelque sorte au centre de l' Ancien-Continent , elles devinrent , soit par mer au moyen du Tigre et de l'Euphrate, soit par terre à l'aide des caravanes, l'entrepôt des marchandises de la Perse , de ITude et de la Chine , ainsi que de l'Asie Occideutale, de l'Afrique et de l'Europe. C'est là ce qui explique l'importance que présentent successivement Ninive | Babylone , Sélcucie , Ctésiplion et Bagdad ; et cette importance durerait eucore si le commerce du monde n'avait pas pris d'autres voies. Malheureusement la nature du sol ne permettait pas de construire les édifices eu pierres ou en marbre. On n'avait à sa disposition que l'argile qui, séchée au soleil ou cuile au feu , servait à faire des briques, el le bitume ainsi que la chaux, qui se convertissaient eu mortier. Ces masses de briques, d'après le témoignage unanime des écrivains Je l'antiquité, étaient susceptibles de produire l'effet le plus imposant; unis elles ne comportaient pas les détails délicats de lu sculpture, et sans doute ou n'y vit jamais briller ces bas-reliefs et ces sujets figurés qui font encore le principal intérêt des mooumens grecs, romains, égyptiens et persans. D'ailleurs par la facilité du transport et du travail , quand une ville tombait , ses matériaux servaient à celle qui la remplaçait, et quelquefois uue immense cité laissait a peine quelque trace de son existence.
Commençons par les ruines de la grande Babylone. Babyi-oice qui par ses superbes quais , ses portes de bronze , ses jardins suspendus , son temple de Bclus , sa formidable el vaste enceinte ci ses uombreux palais, était regardée par Hérodote, qui cependant avait vu l'Egypte, comme la première ville de l'univers, n'offre plus que d'informes débris; ses reines même n'ont commencé à être bicu étudiées que dans ces dernières années. Elle était située sur les deux rives de l'Euphrate et avait 480 stades de circonférence. Sur la rive orientale on distingue parmi des monceaux de décombres une colliue appelée par les Arabes du pays alcasr ou le palais, et qui parait répondre au palais hàti par Nabuchodonosor et où Alexandre-le-Grand rendit le dernier soupir. A côlé l'ou remarque des pans d'un mur qui semblent avoir servi de fondement aux jardins suspeodus, cl où subsiste encore un arbre enté sur un vieux tronc. Ces divers débris offrent de longs corridors et des chambres qui servent de retraite aux lions et autres bêtes féroces. Pour la colline, elle forme uu carré dont le côté est d'environ 2,000 pieds, et elle diminue chaque jour par les briques qu'on ne cesse pas d'eu retirer. Les briques sont de la plus belle espèce. Cuites au feu et parfaitement moulées, elles offrent uue inscription sur lu face qui est au-dessous. Quoique le ciment n'ait pus une ligue d'épaisseur, les couches eu «ont si bien liées qu'on a une peine extrême à en détacher quelque chose. A côté des monceaux de briques se trouvent mêlés des fragineus de vases d'albâtre, île pois de lerre, de tables de marbre et de tuiles vernies.
Le débris le plus imposant qui se soit couservé sur la rive occidentale , est une espèce de colliue située à plusieurs milles du tleuve , el que les habilaus appellent Birs-Nembrod ', du nom de ISerobrod dont il est parlé daus la Bible. Ce débris, selon M. ker-Porler qui le premier l'a examiné avec attention, a 2,000 pieds de tour, et 200 pieds de haut; audessus est uue tour Irouquée qui est haute de 35 pieds. On distingue encore trois des huit terrasses qui probablement en couronnaient judis le sommet. Tout porte à croire que c'est ici la tour de Babel , le pmnicr édifice imposant dont les hommes aient conservé le souvenir, et qui sous le nom de U m/de de Bclus , occupait encore une plat e immense au temps d'Alexandre. Les parties qui seul eucore debout n'ont pour ha bilans que les bête* sauvages. Ainsi a élé accomplie la parole du prophète Isaïe : - Celte grande Babylone, celle reine
entre les royaumes du monde, qui faisait l'orgueil des Chaldeens , sera détruite et ne sera plus rebâtie dans la suite des siècles. Les Arabes n'y dresseront pas même leurs tentes, et les pasteurs n'y viendront point faire reposer leurs troupeaux. Les bétes s'y retireront Les hibous hurleront à l'envi l'un de l'autre dans ses maisons superbes et les dragons habiteront dam ses palais de délices. »
Les inscriptions imprimées sur les briques se composent de caractères cunéiformes, c'està-dire en forme de clous ou de coins ; mais ces caractères ne paraissent pas être les mêmes que ceux qu'on rencontre à Persépolis , à Van , à Kirmanchah, quoique le trait en forme de clou se rencontre dans toutes les inscriptions desmonumens qui furent élevés par les Assyriens, les Chaldeens, les Mèdes et les Perses. Il parait que c'était récriture primitive de ces peuples; seulement, comme elle était d'uu usage peu commode , l'on en avait imaginé une autre pour les besoins courans de la vie» et celle-là ne servait que pour les monumens publics. Les principaux cabinets d'Europe, par exemple celui du roi à Parts, renferment des briques et autres débris babyloniens. Ces briques portent ordinairement les inscriptions, et quelquefois des figures d'animaux réels ou fantastique
Rabylone, étant la capitale de la Clialdée, perdit sa plus grande importance, lorsque la Chaldée devint une des provinces de l'empire Perse. Alexandre annonça l'intention d'eu faire la capitale de ses immenses conquêtes et de la rendre plus brillante qu'elle ne J'avait jamais été. Mais il mourut , et Séleucus , un de ses lieulenans , étant devenu maître de la Mésopotamie , fonda , dans le voisinage, sur le bord occidental du Tigre , la ville de Sélegcie qui s'éleva aux dépens de Babyloue. Plus tard les rois Parthes bâtirent en face de Séleucie, sur la rive orientale du Tigre , la ville de Ctésiphou qui porta uu nouveau coup à Babylone. Cependant , lorsque Trajan parcourut en vainqueur l'Orient , Rabylone était encore debout, et ce prince put contempler la chambre où Alexandre était mort. Mais bientôt la ville se dépeupla entièrement , et les bétes féroces y accourant de toutes parts, elle devint comme un vaste parc , où les monarques persans allaient de temps en temps prendre le plaisir de la chasse.
Quant aux villes de Séleucie et de Ctésiphon, elles se maintinrent jusqu'au vu* siècle , au commencement de l'Islamisme. A cause de leur voisinage , les Arabes les appelaient du nom commun de Madaïic ou les deux villes par excellence ; les Arabes , sous le calife Omar, étant sortis de leur désert , l'une cl l'autre tombèrent en leur pouvoir , et par la fondation de Bagdad et d'autres villes dans le voisinage , elles se réduisirent à rien. Il reste encore à Ctésiphon un des côlés du palais des Cosroès ; c'est une espèce de mur en briques , percé de fenêtres et de niches , et ayant au milieu un grand portique haut de 85 pieds, large de 76 et profond de 148. C'est pour cela que les Arabes apjH'llent cet édifice du nom de Takhti-Kospou ou voûte de Cosroès. Cest probablement le même que leurs anciens auteurs nomment Eîvan-Kesra ou portique des Cosroès, et qui , à les en croire , se fendit la nuit où Mahomet vint au monde. Aux environs le voyageur français Michaux découvrit en 1783 une espèce de caillou de plus d'un pied de haut et on forme d'œuf, qui se conserve maintenant au cabinet du roi ; cette pierre, couverte de figures et de caractères à têtes de clou , parait se rapporter aux anciens dogmes religieux des peuples du pays. Millin en a publié les dessins. Hager et Munter en ont examiné les sujets. Espérons que quelque savant en donnera une explication satisfaisante.
A côté des grands noms de Babylone , de Séleucie et de Ctésiphon , le géographe n'a plus à citer , si l'on excepte Bagdad que nous avons déjà décrite , que les noms vulgaires de Hille ou Het.la , sur la rive droite de l'Euphrate, petite ville d'environ 7,000 âmes, remarquable par son industrie, mais surtout par le voisinage des ruines de Babylone. M k.ch hed-Hoss*th , ou lieu du martyre de Hosseiu , ville ainsi appelée parce qu'elle a été bâtie à l'endroit où l'imam Hossein, fils du calife Àli et petit-fils de Mahomet, fut tué; cet endroit s'appelait originairement Kerbela. La ville actuelle est arrosée par un bras de l'Euphrate, et entourée de jardins et de campagnes assez bien cultivées. La masquer de Hossein est visitée annuellement par un grand nombre de pèlerins; les trésors immenses que la piété des musulmans y avait assemblés, furent enlevés par les Wahhabites en 1801. On estime à près de 10,000 âmes sa population permanente.
Quelques milles plus loin et au sud de Hella on doit citer : Mechhed-Ali , petite ville , remarquable par la superbe mosquée où se trouve le tombeau du calife Ali, visité an-
nuellemenl par plusieurs milliers de pèlerins venant principalement de la Perse. Les trésors qu'on y conservait ont été transportés , il y a quelques années , dans la mosquée d'ImanvMoussa à Bagdad , pour les soustraire au pillage des Wah habites. Dans ses environs on voit une espèce de rotonde, qui d'après les naturels serait le tombeau du prophète E zéc hiei ; et près de l'Euphrate se trouvent les ruines de Koufa, une des villes les plus remarquables dans les annales des Arabes et renommée pour sa savante école. Koufa a donné son nom i l'écriture koufique qui est récriture monumentale des Arabes , et qui est employée pour les monnaies et les monumens des premiers siècles de
Bassora, grande ville fortifiée et encore très commerçante, quoique peu peuplée et très déchue en comparaison de ce qu'elle était au temps des califes. Elle est située sur la rive droite du Chat-el-Arab , qui y est navigable pour des vaisseaux de 5oo tonneaux. Des jardins et des plantations coupés de canaux d'irrigation que la marée montante nettoie , occupent une grande partie de l'intérieur de la ville. Ses rues sont irrégulières , très sales et ses maisons sont en terre ou en briques. Les bazars , remarquables par leur étendue et les riches produits qu'on y étale , ne le sont nullement par leur architecture. Il paraît que le plus beau bâtiment de Bassora est celui de la factorerie anglaise. L'air de cette ville est malsain à cause des vases que la marée couvre et découvre alternativement. Ses habitans, dont le nombre paraît s'élever au-dessus de 6o,ooo, sont sujets à des fièvres dangereuses.
La SYRIE , que tant de souvenirs historiques ont rendue si célèbre , offre une foule de lieux qui sous plus d'un rapport intéressent vivement le géographe, l'historien , l'archéologue et le théologien. Nous en grouperons les plus remarquables autour de ses cinq villes principales, en commençant par Alep, regardée comme la capitale de la Syrie.
Alep (Berœa; Haleb-el-Chafiba des Orientaux), bâtie dans le style asiatique sur plusieurs hauteurs baignées par le Koïk , et ceinte d'une muraille environnée de fossés. Cette ville, qui dans tout l'empire Ottoman n'était inférieure qu'à Constantinople et au Caire pour l'étendue, la population et la richesse, qui leur était même supérieure sous le rapport de la salubrité, de l'élégance et de la solidité de ses bâtimens particuliers, ainsi que de la propreté de ses rues , n'offrait encore naguère qu'un amas de ruines. Le deux tremblemens de terre qui eurent lieu en 1822 en ont détruit plus de la moitié , et ont ruiné ou considérablement endommagé ses plus beaux édifices. Avant cette terrible catastrophe son commerce la mettait au premier rang parmi les villes asiatiques et l'avait fait appeler la moderne Palmyrc; la grande caravane de Bagdad et de Bassora lui apportait les productions de la Perse et de l'Inde , tandis qu'elle recevait par Latakia et Alexandrette celles de l'Europe et de l'Amérique, et que de fréquentes communications avec Diarbekir et Damas la rendaient le grand marché de l'Arménie , de la Mésopotamie , de la Syrie et de l'Arabie. Sa population , beaucoup exagérée par Tavernîer et d'Arvieux , nous paraît s'être élevée à près de 200,000 âmes avant 1822 , mais en comprenant dans ce nombre celle de ses environs immédiats. \I aqueduc , dont la construction remonte a l'origine même de la ville , restauré d'abord par la mère de Constantin et plus tard en 1218, était le plus ancien monument d'Alep; venait ensuite l'ancienne cathédrale convertie en mosquée principale. Cette ville ,est le chef-lieu de l'eyalet de son nom , et la résidence d'un molla de pre-
luière classe, d'un patriarche grec, d'un évêque arménien, et de deux autres, un maronite et l'autre jacobite. Toutes les principales nations de l'Europe y tiennent des consuls.
Voici les lieux et les villes les plus remarquables qu'on trouve dans un rayon de 74 milles: Djiboul, petit endroit dans la vallée fie Sel» ainsi nommée d'un vaste marais salé où l'on en recueille tous les ans une quantité considérable. Skbsicih, autre petit endroit que nous citons à cause de ses nombreuses citernes taillées daus le roc et de plusieurs excavations babilées Aujourd'hui par des paysans. Enc.tr, petite ville, environnée d'oliviers, i laquelle Burckbardt accorde 1,000 maisons. Reisa, beaucoup plus petite, mais remarquable par les ruines de l'ancienne Reiha ou Roui a et celles de Bénin, situées à quelques milles de distance. Famieh, sur l'Oroule, petite ville, qui. remplace la célèbre Apamila, où les rois de Syrie avaient établi leur haras principal et où ils entretenaient 5oo éfvphans ; ses riches pâturage* y attirent encore beaucoup de Bédouins, et l'abondante pêche qu'on fait dans le tac d'fcl-Taka, qui communique avec l'Oroute et qui , selon Burckbardt , produit au gouverneur près de 3,ooo livres sterling , lui donnent encore une certaine importance. Hajeah, sur l'Orontc, grande ville, florissante par sou industrie et par le commerce alimenté par les riches produits de ses belles campagnes, regardées connue le greuier de la Syrie, t. 'est le «jour de plusieurs grauds seigneurs turks qui y vivent retirés des affaires ou disgraciés. On y voit une marin ne hydraulique, dout la plus grande roue n'a pas moins de 70 pieds de diamètre. Sans adopter l'estimation exagérer d'Ali-Bcy qui lui donne 100,000 âmes, ni relie trop faibl<> de Burckbardt qui les réduit à Jo.ooo, nous croyous qu'on pourrait lui accorder de 4 5 à 5o,ooo habitaus.
Daus uue autre direction ou trouve : Awtameh, la vaste, la magniGqtie Aittioche {Antiochia Magna) , où les rois Séleucides faisaient leur résidence ordinaire , où plusieurs empereurs romains fixèrent leur séjour, si riche, si florissante lorsque saint Pierre eu était le premier évèque avant de transférer son siège à Rome, u'est plus qu'une vilic presque déserte. Les différeus sièges qu'elle a soutenus contre les Sarrasins, les Perses et autres nations, les fréquens Iremblemens de terre qu'elle a éprouvés, et surtout les ravages qu'y fit pendant les croisades le sultan Bibars, lorsqu'il l'enleva aux chrétiens, ont ruiué les beaux édifices qui la rendaient la rivale de Rome; uue partie de ses vastes et solides murailles et ses aqueducs ont seuls survécu à tant de désastres. Ses 6 à 700,000 habitaus nous paraissent pouvoir être réduits à environ 1 0.000 , malgré l'estimation exagérée d'Ali- Bey qui loi en accorde 18,1 5o. Anlioche conserve encore ses célèbres sources thermales ; elle fait quelque commerce et est Je siège titulaire de plusieurs patriarches qui résident en d'autres villes; celui des Grecs vit à Damas, celui des Grecs-Unis dans un couvent du mont Liban, le patriarche catholique à Rome et celui des Nestoriens à Mardiu. Kxpse , village remarquable par le voisinage des ruines de l'aucicnne Se le u ci a Pieria; on admire encore les débris de ses fortifications et ses excavations extraordinaires. Bai lot, si importante dans l'antiquité sous le nom de Porte ne la Syrie, est bien déchue depuis quelques années; c'était le séjour d'été d'un grand nombre d'Européens établis dans le Levant. Alexandrktte (Iscattderoun des Turks), petite ville, bâtie au milieu de marais pestilentiels; son port est le débouché principal des marchandises qu'Alep expédie dans l'Occident; sa célèbre poste aux pigeons, à l'imitation de laquelle un en a établi récemment daus les Pays lias et entre Paris et Londres, u'est plus en activité depuis longtemps. Elus, ville d'environ 12,000 habitaus, florissante par ses nombreuses manufactures et sou commerce; Aï»TAB,dans le pacha lik deMeiach dans l' Asie-Mineure, également florissante et mieux bâtie, à laquelle ou accorde 20,000 habitaus; Dis , jK'tite, mais importante parce qu'elle est le passage ordinaire de l'Euphrate, et par le voisinage de Membig, dout les murs encore debout attestent l'aucieune grandeur de Mabog on Hierapolis , ville consacrée au culte d'Astarte; celle déesse, qu'on représentait sous une image montrueuse, moitié femme et moitié poisson, y avait un temple magnifique, desservi par 3oo prêtres et rempli de riches offrandes; sou pillage rapporta des sommes énorme* à Marcus Liciuius Grassus.
Ta 1 poli { Tripolis ; Tarabolos des Orientaux), ville de médiocre étendue,
mais scion MM. Irby et Mangles la mieux bâtie de la Syrie, environné*' de jardins et de campagnes bien cultivés, non loin de IVmbouchurc du Nahr-el-Kndich. Une citadelle, qui dernièrement a été réparée, la défend. Son port, son industrie et son commerce assez actif ajoulent à l'importance que lui donnent une population d'environ 16,000 Ames et la résidence du pacha qui gouverne l'eyalet de ce nom; depuis 1828 ce dernier relève de celui djAcre. Tripoli est aussi le siège d'un évéché grec.
Dans un rayon de a8 milles on trouve: Rvraouir, petite ville, sur le territoire des Maronites , importante par sa rade et son commerce. KAXoniif, très petite ville, remarquable par sa position romantique et parce qu'elle est regardée comme la capitale des Maronites, montagnards régis par leurs propres lois et seulement tributaires des Turks; leur patriarche réside dans un vaste couvent, dout Y église* été l>àtie par Théodose- ledraud. Non loin , sur la pente du Liban , on voit quelque* 1 e 1res remarquables par leui antiquité, que les naturels font remonter jusqu'au temps de Salomou. Baai.bek, très petite ville, ruinée par les guerres et par les révolutions de la nature; ou peut la regarder comme le chef-lieu des Moutoualis , montagnards féroces, tributaires, mais Don sujets de la Porte; elle occupe une partie de l'emplacement de l'ancienne Heliopoms, dout ou voit encore au milieu d'une foule de débris le château et le temple du Soleil; ce dernier cl mieux conservé que le premier; on y admire ses colonnes colossales, son portique , les belles sculptures de sou immense portail, mais surtout la murai/le qui environnait toutes ces constructions, à cause de la grandeur prodigieuse des blocs dout elle est composée. Rorckhardt qui en mesura plusieurs trouva que le plus grand avait 61 yards de loug, 4 d'épaisseur et autant de largeur; le docteur Ricliardsou les regarde comme les masses les plus pesantes que la main de l'homme ou les machines aient encore mues.
X \ui. h , petite ville, dout la population croissait rapidement du temps de Rurrkhardi, époque où cite dépendait de Recliir, émir des Diuzes; non loin est situé Bezommar , le plus beau et le plus riche couvent du Kcsrouan, bâti sur une haute montagne ; l'urckhardl y trouva le tiens patriarche Youssouf , quatre évéques, plusieurs moines et un collège où étaient élevés plusieurs jeunes gens de différentes villes du Levant. IUïroct (Bentus), une des anciennes villes de la Phénicie, où Juslînicn fonda une école de droit, et qui conservait encore une grande importance au temps des croisades. Le capitaine Mangles lui accorde encore 10,000 hahitans, quoique son port ait été détruit par Facardin. Masstad ou Massiate, très petite ville, qu'on peut regarder comme le ehefdieu des célèbres Assassins (les Ansariéh ou Ismaéliens des Orientaux ), montagnards, dont la guerre a beaucoup diminué le nombre; ils ne sont que tributaires des Turks.
Le long de la côle ou trouve : Tohtosa {Orthosia des anciens, Tartous des Orientaux), misérable petite ville, importante par ses antiquités et surtout par le voisinage des excavations extraordinaires qui ont appartenu à l'ancienne république d'Aradns; c'est sur Pi lot désert de Rua H, vis-à-vis Tortosa, que s'élevait la ville d'Aradus, dout les maisons avaient 5 à 6 étages et où le commerce et la liberté avaient rassemblé nue immense population. Hors du rayon et toujours le long de la côte, nous mentionnerons encore deux petites villes: Gibile {Ryhlosou (iabala), par Ses antiquités, ses tombeaux taillés dans le roc ef par sa mosquée de sultan Ibrahim, renversée par le dernier tremblement de terre; Latakca {Laodicea), par son arc de triomphe encore presque entier, et surtout par sou port, qui dans ces derniers temps est devenu un des débouchés d'Alep.
Acre (Aro et plus tard Ptolrmats ; Ahka des Orientaux), ville fortiiiée et de médiocre étendue, située sur une baie. Après avoir joue un grand rôle dans l'histoire des croisades, elle était tellement déchue vers le milieu du xvm* siècle , qu'elle était presque déserte. Le cheikh Dahcr, émir arabe qui s'en empara par surprise, y ramena le commerce vl la navigation. Ce chef habile, qui dominait sur toute l'aucienne Galilée, eut pour successeur le fameux tyran Djczzar-Pacha , qui l'embellit et la fortifia , surtout depuis la résistance qu'il y opposa au général Honaparle. Parmi
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ses monumens dont aucun n'est ancien, mais qui tous sont construits avec les débris d'édiOces antiques, on remarque le palais du pacha ; la mosquée , bâtie par Djezzar, enrichie de superbes colonnes de marbre recueillies dans toutes les villes voisines, surmontée d'une superbe coupole et ornée de belles arabesques; deux bazars avec de grandes voûtes ; des bains publics, réputés des plus beaux de l'empire Ottoman, et la superbe fontaine en marbre blanc près du palais du pacha. Acre est le chef-lieu de l'eyalet de ce nom et l'entrepôt du commerce de coton de la Syrie ; les principales nations commerçantes de l'Europe y entretiennent des consuls. Sa population paraît s'élever ù près de 20,000 âmes.
Dans les environs immédiats de cette ville s'élève le mont Carmel , fameux dans les u anale* de la religion par le séjour qu'y ont fait les prophètes Elie et Elisée, et par celai des nombreux religieux chrétiens qui dans le moyen âge vivaient dans les grottes dont ^ il est percé ; l'ancienne église qui s'élevait sur son sommet a été démolie , à cause de l'insurrection grecque , en 1811; mais , d'après In réclamation de Charles X , elle a été rebâtie avec, les matériaux de l'ancienne et avec les secours envoyés par ce prince et par les fidèles de la chrétienté. Plus loin et dans un rayon de 54 milles on trouve le long de la côte : Tvr (Thor des Sy riens, Tsourdci Juifs, Sourdes Orientaux), la reine des mers dans l'antiquité, le berceau du commerce, la capitale de la riche et florissante Phéoicie, ne comptait dans la seconde moitié du xviu' siècle qu'une dizaine de chétives cabanes, asile de quelques misérables pécheurs. Agrandie dans ces dernières années aux dépens de Seyde, M. Buckingham la trouva, en 18 c6, changée en une petite ville, bien bâtie, comptant déjà 800 maisons en pierre , une mosquée, trois églises, des bains publics et trois bazars; il estime sa population pour le moins i 8,000 âmes ; M. Connor qui la visita en 1820 réduit ce nombre à environ i,5oo! L'immense digue construite par Alexandre pendant le mémorable siège de la seconde Tyr qui était au milieu de la mer , et changée par les attérissemens en un isthme, nous parait être la seule antiquité que cette ville célèbre peut encore offrir i l'atteution du voyageur. Seyde (Sidon), la mère de toutes les tilles Phéniciennes , est eocore une ville assez considérable, bien qu'elle ait beaucoup déchu depuis quelques années; le beau palais, bâti dans le goût italien par l'émir Facardin (Fakhrcddin), tombe en ruine, son port est comblé et ses monumens ont disparu; mais dans ses envirous subsistent encore les tombeaux creusés dans le roc, que Hasselquist appelle des anciens rois de Syrie; la plupart sont ouverts et servent d'asile aux bergers. Nous rappellerons que c'est près du mont Mar-Elias-/4tza, tout près de Seyde, que demeure la célèbre lady Esther Stanhope, qui depuis quelques années exerce une grande influence sur les pachas de la Syrie et surtout sur plusieurs tribus arabes. Kaïsarieh (Césarée de Palestine) , fondée par Hérodc-lc~Graud en l'honneur d'Auguste, et devenue en quel* (jues années une des plus belles et des plus magnifiques villes de l'Orient, si célèbre dans les premiers temps du christianisme et si importante pendant les croisades, n'a pas un seul habitant ; mais la conservation de ses remparts, de son port et de ses monumens, dit M. le comte de Forbin, inspire une surprise indéfinissable; on y trouve des rues, des places, et en rétablissant les portes de ses hautes et terribles murailles, il serait facile de l'habiter et de la défendre. Nous rappellerons que c'est dans cette ville que s'élevait le magnifique temple que son fondateur avait dédié à Auguste , et orné de la statue colossale de ce prince , imitai iou de celle de Jupiter Olympien, et que l'on admirait dans son môle superbe , un des plus grands ouvrages hydrauliques de l'autiquilé; la plupart des pierres employées à sa construction avaient jusqu'à 5o pied* de long, 1 8 de large et 9 d'épaisseur, et l'endroit où se firent plusieurs jetées avait jusqu'à 20 brasses de profondeur. Jaffa (Joppé), petite ville de 4 à A.ooo habitans , remarquable par son port où débarquent les pèlerins qui vont à Jérusalem; quoique mauvais, c'est un des plus remarquables, étant le plus voisin de Jérusalem , et un des plus anciens du monde; la tradition populaire y fait construire l'arche de Noé , et la Bible nous informe que le prophète Jonas s'y embarqua pour aller à Tar» chich, et que c'est par ce port que Salomon recevait les matériaux employés i la construction du temple.
D'un autre côté, dans l'intérieur, on trouve: Sa rtn ou Sarrau, petite ville, bien bâtie et tuez florissante, à laquelle Burckhardt accorde 600 maisons. C'est une des quatre til/es que les Juifs regardent comme sacrées , et d'où ils envoient des missionnaires quêter pour leur coreligionnaire* pauvres; ils y ont une espèce d'université et une typographie; tout près se trouvent : la prétendue maison de Jacob ; ce sont de magnifiques tombeaux taillés dans le roc , que les Turks regardent comme l'ancienne demeure de ce patriarche ; et la citadelle qui parait être une des plus anciennes constructions de la Palestine) ses murailles sont d'une force et d'une épaisseur extraordinaires; il en est souvent question dans l'histoire des guerres des Croisades. Diir-rl-Kamar , petite ville , regardée comme la capitale du pays des Druzes, montagnards qui n'ont jamais été entièrement soumis aux Turks, dont ils ne sont que tributaires; elle parait s'être beaucoup agrandie depuis que Volney l'a visitée, puisque Burckhardt lui accorde 1,200 familles et le capitaine I.eight 5,ooo habitans. Tout près se trouve Bettedin, où l'émir Bechir habite un b*nn palais construit dans le goût italien ; ce prince par son adresse et par sa politique jouit d'un grand ascendant sur tous les montagnards du Lilxan. Beaucoup plus loin se trouve le couvent de Mar-Uanna-Chouair , duquel dépendent cinq consens de religieuses; il est célèbre dans tout l'Orieut par sa typographie arabe , où furent imprimés plusieurs ouvrages.
Du côté opposé, mais toujours dans le rayon , est située la fameuse plauti d'Esc ntr.oir, qui était la partie la plus fertile de la Terre de C.hanaan, et couverte des plus riches pâturages. C'est là que Barac défit Sisara, que Josias, roi de Juda , combattit contre Necao roi d'Egypte et tomba percé de flèches; en général dans tontes les guerres qui ont eu lieu dans celle contrée depuis Nabuchodonosor roi d'Assyrie, jusqu'à l'expédition des Français en Egypte, la plaine d'Esdrelon a servi de campement aux armées; Juifs, Gentils, Sarrasins, Croisés, Egyptiens, Persans, Druzes, Turks, Aralies, Français, tous y ont déployé leurs tentes et y ont fait flotter leurs étendards. Nazareth ou Nassara, petite ville, à laquelle des voyageurs modernes accordent 3, 000 habitaus; le couvent latin est un vaste bâtiment , et l'église de /" Annonciation est la plus belle de la Palestine après celles du Saiut-Sépulcre à Jérusalem et de Bethléem; une autre église au-dessous de la première renferme plusieurs grottes changées en chapelles, où la croyance populaire place la cuisine , la chambre à coucher et autres parties de la demeure de la Sainte- Vierge ; non loin on montre l'emplacement où , d'après d'autres traditions , l'auge Gabriel lui apparut, ainsi qu'une partie de l'atelier de saint Joseph, et l'école où Nôtre-Seigneur venait avec les eu fans de son âge humilier sa divine sagesse. Dans ses euvirous ou trouve Cana. joli petit village d'environ 3oo habitans, remarquable par le miracle qu'y opéra Jésus- Christ; le mont Thabor, par la brillante victoire qu'une |K)ignée de Français remporta sur les Arabes, et plus encore par la tradition qui place sur son sommet la scèue de la transfiguration de Noire-Seigneur Jésus-Christ ; on y voit une grotte où l'on a construit trois autels en mémoire des trois tabernacles que saiut Pierre proposa d'y élever ; des pères latins tous les ans y célèbrent la messe le jour de la Transfiguration. C'est encore dans les environs de Nazareth qu'on rencontre plusieurs lieux où Jésus-Christ opéra des miracles ; le champ des épis, l'endroit de la multiplication du pain et des poissons, le mont tics béatitudes sont les plus remarquables; tous les ans les moines y vont en procession chanter l'évangile, le jour de leur commémoration.
Tabar cru ( Tiberias) , petite ville d'environ 4 ,000 âmes , une des nuatre regardées comme saintes par le Talmud, remarquable par la beauté de sa situation sur le bord occidental du lac de son nom, dit aussi de Galilée et de Gencsareth, par la résidence qu'y firent pendant 35o ans les principaux docteurs juifs après la ruine de Jérusalem, par l'école qu'ils y fondèrent , devenue si célèbre pendant le moyen âge et remplacée depuis long-temps par un collège qui subsiste encore ; enfin par le voisinage des bains d'J? mm au s , si fréquentés aux. temps des Romains; on en voit encore les restes ; ils n'ont rien perdu de leur efficacité et attirent encore bien des étrangers à Tabarieh. Vn peu plus loin, vers le nord-est, était Caphamaum, ville entièrement ruinée, mais dont l'emplacement ne saurait être passe sous silence, ayant été la demeure la plus ordinaire de Jésus-Chru>t (tendant les trois dernières années de sa vie mortelle, et le lieu où il guérit la belle-mère de saint Pierre, la paralytique, le fils du Centenier, celui où il ressuscita la fille de Jaïre,etc.
Misas, misérable village d'environ 200 habitans, qui remplace la ville de IUthsam de la Riblc, la ScYTHoroias des Grecs et des Romains; c'était la plus grande de la Decapolis; ou y a reconnu un tbeâtre , plusieurs tombeaux dans les environs, et sur la colline les traces de sou acropolis.
Sebasta , pauvre petit village, qui remplace Sanakie, la capitale des rois d'Israël , dé* truite entièrement par Salmana>ar , et la inagniGqueSEBASTa, rebâtie par Hérode-le-Grand en l'honneur d'Auguste, où l'on admirait une place de trois stades et demi détour au milieu de laquelle s'élevait le grand temple d'Auguste, aussi remarquable |»ar ses dimeo« sions que par la beauté de son architecture; il ne reste plus rien de ses vastes murailles, mais une colouuade eucore debout, uu grand nombre de colonnes renversées et plusieurs autres débris attestent la magnificence de cette ville, où les prophètes Elie et Elisée menacèrent en vain les rois d'Israël de la colère de Dieu et opérèrent leurs miracles eu la présence de tout le peuple. Naplocsk (le Sichem de l'Aitrien-Testament , le Sycltar du Nouveau , la Neapolis des anciens Grecs et Romains , le Nabolos des Arabes et autres Orientaux), à différente* reprises capitale de l'aucien royaume de Samarie , et enrore la métropole de la secte des Samaritains, rappelle des fouveuirs historiques de 3, 000 ans. Elle &A dans une vallée fertile et agréable, formée par le mont Kbalm nord, et le mont Garizim au sud; c'est encore une ville considérable par son industrie, son commerce et par sa population qu'on porte à 10,000 âmes. Une tradition populaire y place les grottes sépulcrales de Joseph, de Jacob cl de Josue, ainsi que le fameux puit creusé par ce dernier ; tous ces monumens existent encore. C'est sur le mont Garizim qu'était bâti le temple fréquenté par les aucieus Samaritains et rival de celui de Jérusalem ; et c'est sur celte mente montagne que les Samaritains adorent encore Jehovah.
Jérusalem ( Jcruschalaïm des Hébreux ; Hyerosnlima des anciens Grecs et Romains; Èlkods des Arabes; Kotulsi-Cherif des Turks, c'est-à-dire la Sainte par excellence ) est peut-être la plus célèbre ville du monde, puisquelle est le berceau du judaïsme et du christianisme, le second sanctuaire de la religion maliométane et quelle fut le but de ces guerres religieuses , qui, sous le nom de Croisades ont exercé une si grande influence sur les destinées de l'Europe. Celte ville occupe aujourd'hui le bas du mont Sion , le mont d'Acra , celui de Moria et le Calvaire. Elle est entourée de murs très élevés en pierre de taille, et flanqués de tours, et le torrent El Kcdron coule tout près. Les maisons des habitans n'offrent rien de remarquable, mais quelques-uns de ses édifices publics sont trop importans pour être passés sous silence. Nous uommerons d'abord la mtnquéc d'Omar, appelée El Haram ou la Sacrée, assemblage de plusieurs mosquées et chapelles qui s'élèvent au milieu d'une vaste enceinte fermée et dont les deux principales sont : celle que l'on nomme El-Ahsa ou la recuire, par opposition aux mosquées de la Mecque et de Medine, qui pour les Arabes sont plus rapprochées; elle est divisée en sept nefs soutenues par des piliers et des colonnes; la nef centrale, surmontée d'une coupole , a 160 pieds de long sur 3 a de large; l'autre, nommée El-Sakhra ou ta ruche , est de forme octogone de 160 pieds de diamètre, s'élève sur une ulate-formc d'environ 4G0 pieds de long sur 339 de large , pavée de marbre blanc et exhaussée de 16 pieds ; elle est terminée par un dôme de 47 pieds de diamètre , de 93 de haut , et soutenu par 4 piliers et 1a colonnes magnifiques; la porte principale est ornée d'un superbe portique supporté par 8 colonnes d'ordre corinthien; son intérieur est décoré avec un goût exquis et la plus grande richesse, et est constamment éclairé par plusieurs milliers de lampes. Au milieu se trouve une roche en forme de segment de sphère d'environ 33 pieds dans sa plus grande dimension ; c'est la sakhra-halah (la roche sacrée) qui est l'objet de cet édilice, sur laquelle on dit que le
patriarche Jacob reposa sa tête; la tradition populaire prétend même y reconnaître l'empreinte du pied de Mahomet qui , disent les musulmans , monta de là au ciel , et fait garder la pierre par 70,000 anges qui se relèvent tous les jours. Vient ensuite la mosquée qu'on dit être bâtie au-dessus du tombeau de David. Parmi les édifices consacrés au christianisme, nous nommerons surtout X église du Saint-Sépulcre , que l'impératrice Hélène fit construire sur remplacement qu'on lui désigna comme le lieu où fut élevée la croix de Jésus-Christ, et celui où son enveloppe visible fut déposée; un incendie en 1811 a réduit en un monceau de ruines ce temple magnifique, où se trouvaient aussi les tombeaux, très simples de Godeïroi de Bouillon et de Baudouin, les héros de cette immortelle épopée, l'une des gloires littéraires de l'Italie; les flammes ont épargné le tombeau de Jésus-Christ , et le couvent catholique qui est auprès, ainsi que les chapelles des huit nations ou branches du christianisme; ce temple a été rebâti en 18 12 aux frais des moines grecs soupçonnés d'avoir été les auteurs de ce désastre. Nous rappellerons que le couvent catholique du Saint-Sauveur est la résidence d'un évèque in partibus et le chef- lieu de 17 hospices répandus dans la Palestine, la Syrie, l'Egypte et l'île de Chypre; ils forment ce que l'on nomme la Mission de Terre- Sainte ; son église possède des ornemens sacrés d'une richesse extraordinaire, des candélabres et autres objets précieux envoyés en don par les rois de France, d'Espagne, de Portugal, de Naples, etc.; on nous assure que leur valeur monte au-dessus de huit millions de francs. Un nombre encore assez considérable de pèlerins viennent tous les ans visiter ces lieux saints et forment la plus grande ressource des religieux grecs, arméniens et catholiques qui vivent dans des couvens séparés. Celui des Arméniens est si vaste, qu'on dit qu'il a de 800 à 1,000 cellules pour loger autant de pèlerins. Le plus grand article de l'industrie de cette ville consiste en fabriques de reliques, rosaires et autres objets ornés de nacre de perle. Il paraît que la population de Jérusalem s'élève à 3o,ooo âmes.
Les environs immédiats de Jérusalem offrent plusieurs localités trop remarquables pour être passées sous silence. Nous nommerons : le Mont Omvet, ainsi nommé des oliviers dont il était couvert et qui le couvrent encore en partie; c'est du haut de cette colline que le Rédempteur prédit à Jérusalem sa destruction; c'est de là aussi qu'il monta au ciel en présence de ses disciples. 1,0 tradition vulgaire y reconnaît eucore l'empreinte laissée par le pied gauche du Seigneur; c'est sur cet emplacement remarquable que l'impératrice Hélène avait fait bâtir une église et un couvent, dont ou vuit les ruines ; un grand nombre de pèlerins, dit M. Richardsun , y accourent encore pour en prendre l'empreinte avec de la cire ou du plâtre et l'emporter chez eux. Au pied de cette colline était Gethscmani, où il y avait un jardin dans lequel Jésus-Christ se retirait quelquefois, où il fit sa prière la nuit de la Passion et où il fut livré par Judas à ses ennemis. Un peu plus loin, vers l'est, est situé Bethany, petit village, où la tradition commune veut encore recouuaitre la maison de Lazare, son tombeau, la maison de Simon le lépreux, celles de Marie-Madeleine et de Marthe, et le figuier qui fut maudit par Jésus-Christ. La Vallée dr Josafhat, située entre le mont Olivet et une des collines sur lesquelles est bâtie Jérusalem, sert encore de cimetière aux Juifs actuels comme à leurs ancêtres. Une tradition vulgaire veut que cette vallée reçoive tout le genre humain au moment du jugement dernier.
Dans un rayon de ',5 milles on trouve: Retleusc, petite ville ou pour mieux dire gros village; c'est le lieu où le Sauveur vint au monde; ou y voit une belle église li.iiic par l'impératrice Hélène , ornée avec les dons de toute 1'Lurope, et où se trouve la fameuse chapelle de la Nativité, vaste grotte creusée dans le roc et pavée en marbre.
fi >8 ABRÉGÉ DR GÉOGRAPHIE.
D'après la tradition populaire ses trois autels, constamment éclairés par de superbes lampes d'argent, indiqueut , l'un , le lieu où naquit le Sauveur; le deuxième, la place de la crèche, et le troisième, l'endroit où Marie offrit le nouveau-ué à l'adoration des Mages. Les habitons, qui peuvent s'élever à 7 ou 800 , dessiuent sur les coquilles de nacre apportées de In mer Rouge les diverses scènes de la Passion , ou bien façonnent ces coquillages en l'orme de croix et les vendent aux pèlerins; c'est avec les chapelets et autres objets semblables l'article le plu» important de leur commerce. Peu loin de Bctlebm , vers le sud , on voit encore les fameux étangs de Salomon; ce sont trois réservoirs remarquables par leur étendue et-par la solidité de leur construction qu'où attribue à ce monarque ; ils fournissent l'eau à l'aqueduc de Jérusalem. Sauta Saba, monastère remarqua Me par sa situation romantique sur une hauteur, non loin du torrent Kedron ; on voit dans ses environs un grand nombre de grottes qu'on dit avoir été habitées par plus de 10,000 moines à l'époque à laquelle saint Saba introduisit la vie monastique en Palestine. A quelques milles, vers l'est, et uon loiu de la mer Morte était Massa ni. {3/assada), la plus forte place de la Judée, remarquable par les immenses travaux qu'Hérode-le-Graod y avait faft exécuter pour augmenter ses fortilications naturelles; ce monarque y avait fait aussi construire uu palais de la plus grande magnificence et d'une solidité extraordinaire. Nous 1 appellerons à propos de la mer Morte, que les observations faites récemment par des voyageurs intelligeus ont mis hors de doute ce que les auteurs aueiens et rooderues rapportaient de la gravité spécifique de ses eaux qui est telle, que des personnes qui ue savent l»as nager flottent sur sa surface, que ses rivages sont affreusement stériles et entièrement dépourvus de végétation, et que ses eaux paraissent ne nourrir aucun poisson. Ribar ou Rayb , misérable village d'emiron 5o cabanes, remarquable par le voisinage de I ancienne Jéricho, si souvent nommée dans l'Ancien et !e Nouveau-Testament à l'occasion des faits importans qui s'y passèrent ; Hérode-leGrand y mourut dans un beau palais qu'il y avait fait bâtir. La vallée de Jéricho, si vantée par les anciens pour l'abondance de ses eanx et sa prodigieuse fertilité, est aujourd'hui d'une aridité affreuse; les dattes exquists si recherchées des Grecs et des Romains , les roses rouges d'un parfum si suave , le baume si précieux qu'elle produisait en si grande quautité dans une étendue de 70 stades de long sur ao de large . ont absolument disparu.
Naplouse, Sebasta et Jatfa, comprises également dam le rayon d'Acre, ont déjà été décrites aux pages 656 et 654. D'un autre côté on trouve : Ramla {Rama ou Arimathia), jolie petite ville, à laquelle Ali-Bey accorde a, 000 familles, nombre réduit dernièrement a », 000 habitam par M. Berggren; le couvent des Latins est regardé comme Y hôtel de tous les voyageurs chrétiens qui passent par cette ville en allant à Jérusalem ou en en revenant. Ascalor , si importante au temps des Croisades, est aujourd'hui entièrement déserte malgré ses débris imposans; ses remparts avec leurs portes sont encore debout «dit M. le comte de Forbin ; des mes vous conduisent à des places ; on y voit de toutes parts des débris de palais, de grandes églises et ceux d'un vaste temple de Vénus orué de 40 colonnes de granit rose de la plus haute proportiou. Razze ou Gazza, petite ville, encore assez florissante , à laquelle on accorde de a à 5, 000 babitans. El-Kbalil ou Kaml {Cariath-Arbe et plus tard Hebron); cette ville qui a été pendaut quelques années la capitale du royaume de David et qui figure parmi les plus anciennes du monde, est devenue , selon M. Herggren , qui l'a visitée dernièrement , un repaire affreux de nurllaitenrs, composé de 4 à 5,ooo Turks et de quelques Juifs originaires de la Russie; la magnifique église bâtie par l'impératrice Hélèue sur l'emplacement que la tradition populaire désignait comme rendrait ou fut enseveli Abraham, a été changée en une mosquée, desservie avec une grande magnificence; son entrée n'est permise qu'aux seuls musulmans; on y voit les prétendus tombeaux de ce patriarche et de plusieurs membres de sa famille recouverts avec des étoffes de soie verte richement brodées en or et renouvelées de temps en temps par le grand-seigneur. Hebron |>osscde de petites verreries, où l'on fabrique ces anneaux , dont les Bédouins ornent leurs bras et leurs jambes.
JJana* (Vamasaty ; Dcmcchk ou Dimichh -al- Citant des Orientaux), une des plus anciennes villes du monde , puisqu'elle est mentionnée dans l'histoire d'Abraham. Plus fortunée «pie ses contemporaines, Ninive, Ba-
bylonc, Mcmphis et autres vastes cités', Pâmas, sans a\oir jamais atteint ni la célébrité ni l'étendue de res anciennes capitales , non-seulement leur a survécu , mais elle est encore restée une des villes les plus belles et les plus florissantes de l'Orient. Elle est bâtie au milieu d'une vallée arrosée par le Barrady et ses branches ; elle est fameuse par l'abondance de ses vergers et des fruits exquis qu'ils produisent, ce qui l'a fait regarder par les Arabes comme un de leurs quatre paradis terrestres. Damas avec ses vastes faubourgs occupe une grande étendue et offre une population qui s'élève probablement an-dessus de 1 40,000 âmes. Ses rues sont bien pavées et garnies de trottoirs de chaque côté; ses maisons, bAties en terre et en briques, simples a l'extérieur, mais d'une grande magnificence au dedans, ont presque toutes des jets d'eau ou des fontaines dans l'intérieur. Malgré sa haute antiquité, elle n'offre aucun monument ancien remarquable. Parmi ses édifices publics dignes de fixer l'attention, on doit citer surtout la mosquée principale , qui est l'ancienne cathédrale dédiée h Saint Jean ; c'est un des plus beaux temples que les premiers chrétiens aient élevés; on admire surtout ses grandes dimensions, son beau dôme et ses minarets. Les grandes réparations faites par le calife Valid ont fait croire qu'elle a été bAtie par les Arabes. Viennent ensuite le bazar destiné à recevoir les caravanes; c'est une vaste rotonde à colonnes , surmontée d'une élégante coupole; le milieu est orné et rafraîchi par une belle fontaine; le serai ou palais du pacha; le Khan d' Asad-pacha et celui de Solimanjxicha. Damas se distingue surtout par le luxe et la beauté de ses cafés, dont plusieurs, bâtis sur pilotis dans la rivière, sont une curiosité du Levant ; un art ingénieux en exhaussant le lit du Barrady à quelques toises en amont, a fait les frais d'une petite cascade, dont le bruit et la fraîcheur procurent pendant la chaleur du jour des sensations délicieuses aux consommateurs qui se reposent sur des sièges garnis de riches coussins. Damas est le rendez- vous général de 3o à 5o,ooo pèlerins qui s'y rassemblent de tous les points de l'Europe et de l'Asie Ottomane, et même de la Perse et du Turkestan pour aller en caravane à la Mecque. Le séjour plus ou moins long qu'y font plusieurs milliers d'entre eux , a donné un grand essor à son commerce et l'a rendue une des villes les plus commerçantes de l'Asie. Outre cette grande caravane qui part à la fin du mois de Ramadan , il y a trois autres caravanes qui vont trois fois par an à Bagdad; celle d'Alep part deux ou trois fois par mois. Si sa célèbre fabrique de sabres a justement perd u sa renommée depuis que Tamerlan a transporté en Boukharie ses îabricans, cette ville se distingue encore par un grand nombre d'autres fabriques, parmi lesquelles on doit citer surtout celles d'ouvrages en nacre, véritables chefs-d'œuvre en ce genre. Burckhardt regarde Damas comme la ville de l'Orient où l'on fait le plus grand commerce de livres manuscrits. Damas est le chef-lieu de l'eyalet de ce nom , la résidence d'un molla de première classe et du patriarche grec d'Antioche, dont relèvent 49 archevêques et évéques de cette communion.
En traçant un rayon île 63 milles autour de Damas un n'embrasse que des villes absolument désertes, d'autres peu remarquables, ou bien celles que nous avons déjà décrites. (Test ainsi que d'un roté on trouve :Skyde, Tyr, Safed, Tabaiueh et Mitra comprises dans le rayon d'Acre et décrites aux pages 654 et 655 ; vient ensuite Rostra, petite ville, capitale du Hauran, remarquable par les antiquités, qui rappellent son importance et sa splendeur, lorsque embellie et fortifiée par Trajanet Alexandre Sévère, elle était la métropole de ta
province de l'Arabie romaine. Djerrach (Gerasa), ville entièrement déserte, mais une des plus remarquables par ses restes imposans découverts par Sectzen , visités |iar MM. Irby et Mangles en 1818, et dernièrement encore par MM. Desroazures et Charapmartin. Les mouumens de cette ville maguilique appartiennent à la plus belle époque de l'architecture romaine. Bâtie sur les deux côtés d'une vallée, traversée par une rivière, elle parait avoir été composée de deux grandes rues qui se croisaient au centre, à angles droits, et que décorait un double rang de colonues, les uues d'ordre ionique et les autres d'ordre corinthien. Plus de 200 colonne» sont encore debout , mais le uonibre de celles qui sont renversées est bien plus considérable. Le pavé est encore eu très bon état , avec des trottoirs pour les promeneurs. On découvre aussi sur le pavé des marques des roues des anciens chars. Les temples , les théâtres , les bai us , les tombeaux et les restes d'anciennes m urai 11 es inspirent l'admiration. Rabat Ammax (Philadelphie), autre ville entièrement abandonnée depuis plusieurs siècles; on y voit les ruines d'un palais considérable, un amphithéâtre magnifique, vaste et bien conservé, un temple avec un grand nombre de colonnes encore debout, et sur le sommet de la colline un autre temple en rotonde, dont les colonnes sont d'une grandeur extraordinaire.
Dans une autre directioo on trouve : Deir-el-Kamar, Raïrout, Balbece, Caitwobis et Tripoli déjà décrites dans le rayon de cette dernière ville aux pages 653 et 655 ; et vers le nord-nord-est Hews (Emesa) , assez grande ville, sur l'Oronte , importante par les produits de son agriculture, assez florissante par ceux de ses nombreuses manufactures et par sa population, qui parait dépasser 30,000 âmes. Malgré sa haute antiquité et les nombreux édifices qui l'embellissaient lorsqu'elle était la capitale du petit royaume de son nom , Hems n'offre aucun monument assez important pour être mentionné dans cet Abrégé; mais hors du rayon , vers l'est , au milieu du désert , et au centre d'une oasis extrêmement fertile et abondante en eaux excellentes, s'élève Palm vue, bâtie par Salomon sous le nom de Tadmor, dénomination par laquelle la désignent encore ses habitans actuels. Située entre l'Euphrate et la Méditerranée, Palmyre devint dès la plus haute antiquité l'entrepôt principal où se rendaient par terre les marchandises de l'Orient et de l'Occident. Ce riche commerce ne tarda pas à en faire une des villes les plus opulentes de l'Asie; mais c'est sous les règnes brillans d'Odéuat et de la célèbre Zénobie que cette ville magnifique, qui osa se croire la rivale de Rome, parvint à sa plus grande prospérité. Prise et saccagée par Aurélicn, restaurée et fortifiée par Justinicu, prise et reprise dans les différentes guerres qui ont désolé cette région , Palmyre n'est plus qu'un misérable village habité par quelques centaines de familles arabes; mais ses vastes et imposantes ruines sont là pour attester son ancienne splendeur. Ou y admire surtout le magnifique temple du Soleil converti en mosquée ; il est euvironné de colonnes colossales et d'une vaste enceinte carrée formant une immense double colonnade intérieure; les quatre énormes colonnes de granit situées en obélisque au ceulre de l'avenue; les débris de cette même avenue, qui offrent uue colonnade d'un mille de longueur; les restes d'un arc de triomphe; ceux des sépulcres, espèce de tours carrées en marbre à plusieurs étages, sans ornement dans la partie extérieure, mais couvertes de scupl turcs et embellies de colonnes dans l'intérieur. Ces magnifiques ruines, inférieures seulement à celles de Balbcck et deThèbes sons le rapport des dimensions des matériaux employés dans leur construction , doivent être rangées parmi les plus imposantes que l'antiquité nous ait léguées.