‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 153 sur 320 · ARABIE · texte numérisé non relu

ARABIE

POSITION ASTH.OK'OMIQTJS. Longitude orientale , entre 3o° et 570. Latitude, entre 120 et 34°.

COBnrms. Au nord, la partie de l'isthme de Suez qui dépend du viceroi d'Egypte et l'Asie Ottomane. A Y est le golfe Persique et le golfe d'Oman. Au sud t ce dernier golfe et l'Océan-Indien. A Youcst , la mer Rouge.

riEUVXS. Peu de contrées sur le globe sont aussi privées d'eau que

CGI

l'Arabie. Elle n'a aucun ileuve considérable, à l'exception du Mkidam et du ( h v bu , qui descendent du plateau de l'Yémen pour se rendre dans la mer des Indes; ce sont les seuls (louves connus qui paraissent avoir un cours permanent; tous les autres couraus de cette vaste contrée ne sont à proprement parler que des torrens nommés ouadi ou vallons. Ils descendent drs montagnes et se dessèchent quelque temps après la saison des pluies, avant d'arriver à la mer. L'Eu pu rate ne saurait être regardé comme un fleuve appartenant à l'Arabie, parce que les tribus nomades qui errent sur ses bords peuvent être rattachées à cette contrée , ou comprises dans l'Asie Ottomane, selou qu'elles sont vassales de l'empire Ottoman, ou qu'elles parviennent à recouvrer leur indépendance. L'Aftan, ou la rivière de La h sa, qui joue un si graud rôle sur nos cartes, a été reconnue par M. le capitaine Sadlier en 1819 comme un torrent qui se dessèche en clé.

RELIGION*. L'Islamisme, qui a pris naissance dans cette contrée , est la religion professée par la grande majorité de ses habitans, quoique partagée eu plusieurs sectes. Les Zeïtes sont assez nombreux dans l'Yémen, les Abadites , dans l'Oman; les Schiites , sur la côte du golfe Persique, et les Mcssrkhilites dans l'Hedjaz. Les IVahhabites, secte nouvelle dont nous avons indiqué les doctrines à la page 70 , après s'être répandus sur presque toute la péninsule, sont aujourd'hui renfermés dans les pays où ils prirent naissance ; on en trouve cependant encore parmi quelques tribus nomades. La Religion de Moïse est professée par un uojnbre assez considérable de Juifs, dont les Rte habite s sont les plus remarquables par leur antiquité et par l'indépendance qu'ils ont su conserver.

GOUVERNEMENT. Tous les états de l'Arabie offrent les formes d'un gouvernement modéré, comme dans les imamats d'Yémen et de Mascate et dans le grand -chéri fat de la Mecque. Plusieurs des innombrables tribus nomades présentent même les formes d'un gouvernement tout-à-fait patriarcal, et quelques-unes sont de véritables républiques, tantôt démocratiques, tantôt aristocratiques. Nulle part le despotisme ne pèse sur les habitans de cette contrée. L'empire des Wahhabiles offrait naguère un singulier mélange de théocratie, de monarchie, d'aristocratie et de démocratie.

INDUSTRIE. Les fabriques et les manufactures de l'Arabie sont presque nulles. Ce n'est que depuis peu que les Banianes , c'est ainsi qu'on appelle les Indiens établis dans cette contrée, ont fondé quelques manufactures de coton.

COMMERCE. Quoique le commerce de l'Arabie ait beaucoup diminué en curaparaisoo de ce qu'il était avant la découverte du cap de Bonne- Espérance, il est encore assez considérable. Les caravanes qui se rendent à la Mecque, les ports de Yambo , Djiddahy de Kanifidia, de Moka, à'Àden , de Mascate , d'Ei-Kalif et de Cran sont les places les plus considérables. On peut dire que presque tous les objets d'habillement sont fournis par l'Inde, ceux de luxe par l'Europe, et les armes par la Perse et par l'Asie Ottomane. Lés principaux articles exportés sont : le calé , qui est le plus important de tous; viennent ensuite les perles, les dalles sèches, les peaux, les chevaux, les feuilles de sené, l'indigo, la gomme, en outre une grande quantité de benjoin , d'eucens et de myrrhe qui viennent de l'Afrique, quoique dans le commerce ces articles passent pour des produits «le la péninsule. Les principaux articles d'importation sont ,

ABKÉGÉ DE GÉOGRAPHIE.

outre les trois que nous venons de nommer, les étoffes, le sucre et autres productions de l'Inde, acier , fer , canons , plomb , etain, cochenille , toiles , perles fausses , armes blanches et à feu , et une foule d'objets provenant des fabriques et des manufactures de l'Europe.

DIVISION* et TOPOGRAPHIE . Depuis la chute de l'empire éphémère fondé par les Wahhabites, on peut regarder toute la péninsule comme partagée en un grand nombre de petits états indépendans les uns des autres. Les Arabes modernes ne connaissent pas les dénominations inexactes d*Arabie-Pétrée , $ Arabie-Heureuse et A' Arabie-Déserte . Leurs écrivains ne s'accordent pas non plus dans la division de leur pays, et les divisions données par le célèbre Niebuhr diffèrent de celles qu'ont proposées d'autres savans. Nous croyons qu'on pourrait partager de la sorte cette vaste contrée , en combinant les grandes divisions géographiques en usage chez les naturels avec ses divisions politiques actuelles, dont nous ne donnerons cependant que les principales. Nous ferons aussi observer que les Ottomans ont depuis quelques années recouvré la puissance qu'ils exerçaient en Arabie , depuis les vastes conquêtes du sultan Sélim. Voyez aux pages 5io, 5n-5i4 et l'Afrique Ottomane.

HEDJAZ. Cette division comprend l'Arabie-Pélrée du dos cartes, et toute la côte orientale de la mer Rouge jusqu'aux (routières de l' Yémen. Ses priucipaux élaUs sont :

Le Grand-Cherifat de la Mecque, qui comprend la partie que les Arabes nomment I^eled-kl-Haram ou le Pays Sache. Depuis l'expulsion des Wahhabites et du cbeïkb d'Abou Arich, cet état peut être regardé comme une dépendance politique du pacha d'Egypte, dont les troupes occupent toutes les places fortifiées et les ports. Ses villes principales sont :

La Mecque, située dans uu vallon stérile, au milieu des montagnes , et à deux journées de marche de Djiddah. C'est la capitale du graud-cherilat. Ses rues sont assez régulières, et ses maisons sont bâties en pierre La ville est ouverte, mais elle est défendue par trois citadelles. La Mecque a beaucoup perdu dans ces dernières années par le pillage auquel elle a été exposée pendant l'occupation des Wahhabites, et par la diminution du nombre de pèlerins qui annuellement la visitaient, et qui la rendaient le centre du commerce de l'Arabie avec l'Europe , l'Asie et l'Afrique. Depuis quelques années elle a coniineucé à réparer ses pertes. Sa population , qui de 100,000 avait été réduite à 18,000 âmes à l'époque ou Ali-l>ey la visita, s'élève |>eul -être aujourd'hui à 60,000. La Mecque est célèbre pour avoir donné le jour à Mahomet , et pour avoir été , suivant la remarque de M. Reiuaud, le principal berceau des traditions musulmanes. A en croire les mahométans, c'est à la Mecque qu'Adam et Eve, après leur péché et leur pénitence, obtinrent leur pardon de Dieu. C'est également à la Mecque qu'Ismael , fils d'Abraham , fuyaut avec sa mère Agar, la jalousie de Sara, vint s'établir, et donna naissance à l'illustre tribu des Koraischites à laquelle appartenait Mahomet Abraham, ajoutent les musulmans, y visita plusieurs fois sou fils chéri, et y éleva le temple, de la Caaba, qui depuis ce moment n'a pas cessé d'être l'objet de la vénération de fidèles. La Caaba, ainsi appelée à cause de sa forme presque carrée, est un édifice de 34 pieds de haut sur 27 de large , et couvert d'une immense étoffe de soie noire sur laquelle se trouve brodée en caractères d'or |* profession de foi musulmane , consistant dans ces mots : Il n'y a pas d'autre Dieu eue Dieu ; Mahomet est l'envoyé de Dieu. C'est Je grand-seigneur qui depuis la chute des califes de Bagdad et des sultans mamelouks d'Egypte, fait présent de cette étoffe au temple; il l'envoie par la caravane du Caire. Les portes de la Caaba ne s'ouvrent que trots fois par an, une pour les hommes, une pour les femmes et la troisième pour la nettoyer. A l'extérieur, vers un des angles, est encastrée la fameuse pierre noire; tout autour sont le puits de Zemzem où les pèlerins viennent se purifier, et diverses coupoles , chaires et autres lienx de station où les pèlerins s'acquittent de leurs cérémonies. Le tout est enfermé dans une %aMe galerie e.iriée appelée du nom général de almcs'ij'ul-aUtnram ou de mosquée sacrée,

et daus laquelle on eulre par la porte nommée Bab-aisalam ou porte du salut. La Mecque n'a d'autre iuduslrie que celle d'une quantité d'ouvriers qui font des chapelets. Le célèbre l>auroe de la Mecque ne vient pas dans le voisinage de cette ville, uiait dans l'intérieur de la péninsule. l'urokhardt qui visita celte ville il y a quelques années, y trouva les sciences dans un grand déc'in. Les collèges et autres établissement, jadis consacres à l'enseignement- public, avaient été convertis en hôtelleries pour les pèlerins; les babitaus, livrés au luxe et ù une grande corruption de mœurs, ne s'occupaieilt que de leurs plaisirs. Ils n'avaient d'ailleurs presque plus de rapport d'origiue avec les ancieus maîtres du pays, l.urek hardi assure qu'il restait à peine dans la ville quelques hommes de la tribu des Koraiscbites, et que tout le reste avait péri à la suite des guerres intestines et des disettes, ou s'était transporté ailleurs.

Dans les environs de la Mecque on doit citer d'abord les lieux qui sont à une légère distance de la ville, et qui ont été consacrés par la religiou. Tels sont le moht Arafat et la \ m. lée de M ira, ou les pèlerins sont obligés de faire des stations et de réciter des prières. Telle est encore la xostac.ki de Hiea, où se trouve une caverne dans laquelle le prophète, quelque temps avant sa prétendue mission , avait coutume de se retirer pour méditer sur les choses célestes, et où l'ange Gabriel lui apparut pour la première fois.

Plus loin , dans un rayon de 55 milles et sur les bords de la inor Rouge, se trouve Djiddah, que M. Rùppell regarde comme la ville la plus belle et la plus riche de toute la mer Rouge, et i laquelle il accorde 40,000 babitaus, nombre huit fois plus grand que celui que bas voyageurs précédent lui assignaient : c'est comme le port de la Mecque. Elle est fortifiée et a une nombreuse garnison de troupes égyptiennes, onmmandées par un pacha, qui maintenant relevé directement du vice-roi d'Égyptc. Dans l'intérieur des terres est la tille de Taïef, célèbre par sou territoire arrosé d'eaux courantes et planté de palmiers, de vignes et d'herbages; elle fournit des légumes et des fruits à la Mecque.

Médise, située dans un lieu creux, entre des moutagues arides, et arrosée par un 1 oiseau appelé Aioun-Zarkeh ou sources l>U-m s. Celle tille se nommait originairement Yatreb. Son nom de Medine est arabe et signifie ville; il est pour Medinet-Alnèbi ou ville du prophète, à cause du refuge qu'y chercha Mahomet lorsqu'il fut obligé d'abandonner la Mecque, sa patrie, et du séjour qu'il y lit jusqu'à sa mort. La principale de ses mosquées est celle qui fut originairement construite sur remplacement de la maison où le prophète était mort, et où l'ou remarque encore sou tombeau, ainsi que ceux des deux' premiers califes Abou-bckr et Omar. Les musulmaus vénèrent de plus la mosquée que Mahomet construisit à sa première arrivée à Medine, et qui, à ses diverses reconstructions près, peut passer pour le plus ancien temple musulman. Trente collèges ou écoles sont outerts daus Medine pour l'instruction. Les babitaus de cette ville, trop nombreux pour les denrées que produit son territoire, subsistent surtout des dons envoyés par les musulmans des autres j.;i\s , qui demandent des prières faites eu leur nom. Les pèlerins fout ainsi des presens, » t le grand seigneur entoie Ions les ans une somme considérable; en un mot tout l'Islamisme contribue à l'entretien des babitaus, et enrichit par ses aumônes 8,000 mendiant faincaus, qui vivent, dit M. Sadlicr, splendidement, traitent avecarrogance les voyageurs et leur vendent cher jusqu'à l'eau de leurs puits.

Dans le voisinage de Medine on doit citer le mort Ohod, où le prophète essuya une sanglante défaite de la part des Mecquois ses ennemis; le puits de Bedr, où Mahomet avait d'abord remporté sur ces mêmes Mecquois une brillante victoire , et qui aujourd'hui, suivant Burckhardt, forme un bourg de 5oo maisons; euiin Yambo , petite ville , située sur les bords de la mer et regardée comme le port de Medine. M. Rùppell lui attribue 5,ooo habitaus.

Plus au uord , le long de la mer Rouge, on trouve : YVouche , petite ville, dont le port , selon M. Rùppell, est le plus important de toute la côte, quoiqu'on le cherche en vain *ur les meilleures cartes. Akaba (Aila ou Elat/t des ancieus Orientaux., nommée aussi Akaba-el-hinsri ou Akaba d'Egj-pte pour la distinguer d'un autre Akaba qui est dans l'intérieur), misérable petite ville, près de laquelle était située la célèbre Asiokoaber; c'est de sou port que les vaisseaux de Salomon partaient pour aller à Ophir; c'est aussi |>ar celte ville que les Phéniciens faisaient le commerce avec l'Inde et l'Arabie. Le petit port d' Akaba est le rendez-vous d'une partie des pèlerins musulmans d'Egypte et de Uar-

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barie qui se rendent à la Mecque. Vers l'ouest et sur la péninsule formée par la Méditerranée, le golfe de Suez et celui d'Akaba, s'élèveut les deux célèbres monlagues Horih et Siwaï. C'est sur la première que Dieu apparut à Moïse et lui commanda d'aller dcii\rer les Juifs de la servitude d'Egypte; c'est sur le Sinaï que Dieu douua à Moïse les tables de la loi ; c'est aussi au pied de cette montagne qu'est situé le couvent de Sainte-Catlurute , semblable à une petite citadelle, et un des plus célèbres de l'Eglise grecque. Sa partie principale est la grande église bâtie, aiusi que tout le reste par l'empereur Justinieu ; réjwrèe plusieurs fois, elle conserve encore l'autel et la coupole primitifs; on distingue encore sur cette dernière le portrait de Justinicn, celui de sa femme Tbéodora et le tableau de la Transfiguration. Uu voyageur récent réduit à 60 ou 80 les milliers de péJerius qui autrefois visilaieut ce sanctuaire, et à une trentaine le nombre de moines qu'il renferme. Ou y monte et on eu descend par le moyen d'un j>auicr et d'un cabestan. Les moines possèdeu t deux petites pièces de canons et sont bien fournis d'armes pour se défendre contre les Arabes. Leur bibliothèque, relativement à ces contrées, est une des meilleures et des plus riches. On doit ajouter que dans ses environs se trouvent plusieurs emplaceracus que la tradition vulgaire a rendus célèbres, et qui sont visités par de pieux chrétieus, juifs et roahométans; tels que le lieu où fut érigé le serpent de bronze, les tombeaux de Moïse et d'Aaron , la grotte où vécut saint Athanase, la chaire de Moïse et l'empreinte du pied de la jument de Mahomet dans son ascension au ciel. Les montagues d'Horeb et de Sinaï offreut de plus un grand intérêt pour les physiciens ; M. Gray et l'infortuné Seelzen, quand ils visitèrent ces lieux, entendirent par intervalle, sous leurs pieds, un * murmure prolongé qui ressemblait aux battemens d'une pendule et qui soulevaieut le sable. Déjà du temps de Justiuien, l'historien Procope faisait remarquer que le point le plus élevé du Sinaï était inhabité, à cause du bruit terrible qu'où y entendait toutes les nuits. Toute la partie septentrionale de l'Arabie-Pétrée , qui faisait l'effroi des voyageurs , et sur laquelle on n'avait jusqu'à ces derniers temps que des notions vagues, vient d'être explorée, d'abord par Burckardt , Mangles , Irby et autres voyageurs , et tout récemment par MM. Delà borde et Linant. M. Delaborde publie en ce moment un ouvrage remarquable qui donne une idée complète des restes des mouumcns élevés dans le pays par les Egyptiens, les Grecs, les Romains et les Arabes.

Dans l'intérieur de l'iiedjaz on doit remarquer surtout certaines tribus de Juifs indé- ' pendaus , menlionués dans le x 11e siècle par Benjamin de Tudcla, sous le nom de Recliabites, et que M. Wolf vient de retrouver daus les environs de la Mecque. Selon ce dernier voyageur, les enfans de Rechab sont au nombre de 60,000, vivent sous des tentes comme leurs ancêtres et dédaignent la culture des champs. Ils sont circoncis, professent le judaïsme pur, et ne possèdent que la Pentateuque, les livres de Samuel, des Rois, d'Isaïe, de Jércmic et des prophètes du second ordre. Ils furent vaiucus , mais non domptés par Mahomet. Ces Juifs montrent quelquefois la plus grande hardiesse. A l'exemple des autres tribus de l'Arabie, ils lancent à la rencontre des caravanes un des leurs, qui vient exiger le tribut accoutumé; si elles refusent, il part comme un trait, et bientôt après, uue nuée de cavaliers vient fondre comme la foudre sur les voyageurs.

Plus au nord et vers le sud de la mer Morte on trouve : El-djy , \illagc principal du OuADi-MotsA , auquel des voyageurs modernes n'accordent que 1 ou 3oo maisons, mats 1res remarquable à cause des restes imposai»» encore très bieu conservés de l'ancienne Petra, situés dans ses environs, visités eu i 8 18 par MM. Irby et Mangles, et dernièrement par MM. Delaborde fds et Linant; la superbe avenue de tombeaux, de plus de a milles de long, taillés dans le roc; le grand temple auquel elle aboutit, le théâtre, les colonnes et les immenses débris de sculptures de tout genre, aiusi que la situation romauliquedeces imposantes ruines doivent les faire placer à côté de celles deRalbeck, de Djerrach et de Palmyre.

A quelques milles de Petra sont: Carac ou Karxk et Moxt-Real ou Chaubkr, qui jouèrent un grand rôle dans les guerres des Croisades. Karek est encore uue petite ville assez considérable pour ces pays ; Burckhardt lui accorde 55o familles.

L'YEMEN comprend tout'le sud-ouest de la péninsule. La partie le long de la mer Rouge se nomme Tehatna. Cette grande division se subdivise eu Yémen proprement dit et eu Uadramaut. Tous les deux comprennent uu grand nombre d'étals indépeudaus.

DESCRIPTION DE L'ASIE. «65 Daus l'Yémen non* signalerons les suivans:

Ll ni uni al Ut- S a nu a eu J'\ rrmn, qui est un de* états les plus puissaus de l'Ai aine, quoique depuis quelque temps sou importance polit ique soit bien diminuée, cl quoiqu'il soit .ictiu lleuicnl \as-al du gi and seigneur f auquel il paie un tribut annuel de 2,ooi> quintaux Je iafé. Ses villes principale* sont :

Sas* ou Sz \» a a , capitale île le la le t siège de l'imam , bâtie au milieu d'une plaine fertile, ceinte de murs de h; iques et de tours , avec de> maisons massives et hautes, quelques beaux édiiiees et dc> rues larges, mais sales et non pavées; celte ville sciait, selon M. Seetzeu, nue îles plus belles filés de l'Orient; elle est du moins une de-, plus anciennes, et elle joua jadis un grand rôle. Axant l'islamisu». . elle postait un e mpie qui rivalisait avec la Caaba, et l'année même où Mahomet naquit, lc> peuples de S.iua marchèrent contre la Mecque, voulant ensevelir la maison carrer sou. s se?» ruines. On De trouve aucune indication sur la population de Saua; il e>l probable cependant qu'elle ne dépasse pas 3o,nonâmes. Satia est défendue par un château, ou se trouvent les deux palais Dar-el- Dahdaù et Dur-Annr , une mosquée et l'iiolel (Us nionnaies. Les autres villes les plus remarquables seul : Dam mi , < lut lieu du district de Makharch el-Anes, assez grande ville et bien bâtie, à laquelle un accorde j.ooo ma. sons, et ou se trouve une école célèbre, fréquentée par les zeidites. Lui -ei -J ak ah , eliel-lieu du district de ce nom, petite ville, d'en» v irou » ,000 aines, remarquable pai'ce qu'elle est le cen ire du commerce de café de tout l'intérieur de l'Yémen. Mok.k.a , élu t lieu du disi ricl de ce nom , m. le torlilite, avec un port et une rade. Quoique sou commerce suit beaucoup d* chu un la regarde encore comme la première place maritime commerçante de l'Arabie; lord Y'.denlia lui airordc 5 ,000 âmes.

L'L t .1 t d'A ho u- \ 1 i e h , le Ion - de la mer Rou-e , entre le l rand-cherifat de la Mecque et rimainal de l'Yeiueb. Depuis la chute de l'empire des \\ .ilihabitei, cet état parait être rentre dans ses ancienne-» limites. A r;oi- • A u ic m , i!,nis le I ehama , petite ville , est la résidence du chérit. Ses environs abondent en fruits et possèdent des mines de sel gemme.

Le Pays de Ko ha il ou liiicliid-rl-l.ek.il. fotre le Nedje<l et l'imamat de T Yémen, habité par plusieurs tribu- sédentaires , très l>elliqm-a«ics. Elles forment une espèce de ronlédcraliou et fournirent de* soldais a plusieurs cl. ils de la péninsule. Ce sont le» Suisses de l'Arabie.

Le Pays d'Aden, à l'extrémité Mid ouest de la péninsule et au l'Yémen. Ses principales vill» s sont : Lahhaoj , petite \ ille, soi !e Meïdan , résii sultan. Aoe s , autrefois place lui te et la pl n> opulente v ille de l'Ai abie ; quoique en partie ruinée, elle est encore assez importante p.u son port et par >-on commerce.

L'Hadramaul s'étend a l'est de H emen prnpi cinent dit « t le long de la côte de l'Océan Indien jusqu'à l'Oinau. On ne connut point ses limites dans l'intérieur. Une partie de se* habitaus, de même ipie les Suisses . les I >r<iliin., les Anurguats, les Savoyards, les Galiciens et autres montagnards de l't uiop> , émigreut pou aller daus les villes maritimes de l'Arabie, eu l'apte et jusque dans l'Inde , exercer plusieurs métiers OU pour \ servir comme soldais, el reviennent an boni de quelques i-.nnc.-- dans leur pays natal pour y jouir du fruit de leurs épargnes. L'étal iiijp.ii l.nl de la géographie de celte partie de l'Arabie et notre cadre ne nous laissent citer que !«•> mIIcs suivantes :

AJaka r la , siège d'un petii sultan, avec un bon poi l , ou il se lait un commerce important. TtRiM, dans les montagnes, ville qu'on dit être grande et populeuse. C'est le siège d'un petit sultan; on y fabrique une espèce de < liâtes île soie mêlée d'or. Lhibai», dans les montagnes, et résidenre d'un autre petit .sultan; on la représente comme plus grande el plus peuplée que Teri m. Doam. uoii loin de la mer , et dans une vallée profonde, ville de médiocre étendue, résidence d'un eh> ik-indcpendant.

Le Pavs or Mahhau parait être un vaste plateau, traversé dans tous les sens par des tribus nomades. C'est une îles parties encore les moins connues de l'Asie.

L'OMAN comprend l'extrémité orientale de la péninsule. Sou intérieur est très peu connu. Parmi les nombreux états entre lesquels il est partagé nous citerons les su i va us :

L'I m a m a t de M a s k a t. (.'est un des plus puisons de l'Arabie. Assisté par les Anglais, il a pu résister aux Wahhabites el conserver son indépendance. Ses villes principales sont : Maskat ou Mam aie, entourée de jardins el de plantations de dattiers, avec un bou port et des fut lit. cations assez considérable.» pour résister a des troupes asiatiques. C'est la ta-

pitale de ('état , et l'entrepôt de toutes les marchandises , qui de l'Inde sont amenées dans le golfe Persique; elle est aussi le centre du grand commerce des perles qu'on pèche dans celte mer. Sa population qu'on évaluait ordinairement à 12,000 habilans est estimée par un médecin qui y a vécu assez long-temps jusqu'à 60,000 âmes. Bostar, dans l'intérieur, sur une colline ; c'est la résidence ordinaire de l'imam , qui habite uu beau palais. Sohar ou Omah , ville assez commerçante, avec un port et plusieurs chantiers.

L'imam de Mascate possède en outre , sous la suzeraineté du roi de Perse, une partie du Moghistau dans le Kerman , et les îles Kichni el Hormour. Ce prince possède eu Afrique l'ile Zauzibar et quelques places sur la côte opposée de celte partie du monde.

L'État Ue Belad-Ser, au nord-ouest de l'imamat de Mascate, dont autrefois il dépendait, et le long du golfe d'Oman et de la côte occidentale du golfe Persique. Ses babitaussout de redoutables corsaires, et la marine militaire du cbeïk était il y a quelques anuées assez considérable. Sker ou Ser, petite ville, à l'embouchure du torrent de même nom, avec uu assez bon port sur le golfe Persique, est le siège du cbeïk et la capitale de l'état.

LE LAHSA ou MESSE {tiahrain ou Hadjar) s'éteud au nord-ouest de l'Oman, le long du golfe Persique, jusque près de l'embouchure de l'Euphrate. Il est divisé eu plusieurs petits étals, dont presque toute la population côtière \it de pèche et encore phis de pira terie. Ses villes principales sont :

R*s-al-Kuym» , ville très florissante, lorsqu'elle était la résidence du cheik des terrihles corsaires Algisasem ou Djoasmis, et la station de leur flottille composée de 63 gros hatimens et de 810 barques, montés par 19,000 hommes. Tous ces lia limens , ainsi que les vastes chantiers sur lesquels uu les avait construits lurent détruits par les Anglais eu 1 809. Son port est le meilleur de toute la côte. El-Katif , sur une baie, ville fortifiée et protégée par une citadelle ; le capitaine «adlicr ne lui accorde que 6,000 habitaus ; c'est la place la plus commerçante de celte partie de l'Arabie. Four, chef-lieu du pays de Labsa ou Lahissa. C'est un fort avec un village ouvert, qu'entourent des champs et des plautatious de dattiers; M.Sadlier porte sa population à 1 5, 000 habilans. Ga a iw nu Koulït, petite ville, à laquelle cependant les relations modernes accordent m,ooo habilans, industrieux el adonnés à la pèche et au commerce. Ou dit que cette petite ville possède 800 barques occupées à la pèche et au cabotage.

Le groupe de Baurair ou de Barra forme un petit état régi par uu chefk, qui parait continuer encore à être vassal des Anglais. Les troupes de ces derniers avaient occupé ces îles, pour empêcher leurs habitaus de continuer à prendre part aux pirateries de* Arabes établis sur la côte voisine. C'est dans les parages de ces îles et d'autres plus à Curieut que l'un fait une des plus riches pêches de perles du globe. Barra», qui est la plus graudedu groupe, a pour capitale Menaïna, petite ville fortifiée, avec un bon port et environ 5,ooo habilans.

LE BARRI A ou BARR-ABAU (ou les Déserts de l'Intérieur). Ce vaste espace de l'Arabie-Iutérieure offre deux divisions principales : le Nedjed, occupé par les YYahhabiles, i'l les vastes déserts qui s'étendent cuire l'Euphrate, les froulicres ottomanes de la Syrie el les conûns sepleulriouaux du Nedjed ; les déserts sont parcourus dans tous les sens par un grand nombre de tribus. Nous proposons de conserver le nom de Nedjed pour désigner la première division, et de nommer Désert tout l'espace immense que parcourent les Arabes-Bédouins dans les confius que nous \enons d'indiquer.

Le Nedjed occupe presque le milieu delà péninsule, el est le berceau du vsahh a bisine, qui, par les conquêtes rapides de ses sectaires, menaça la religion musulmane d'une subversion générale, et de nos jours attira l'altentiou du monde politique. Les Wtthhabiles étaient parvenus à soumettre non-seulemeul toutes les tribus nomades de l'intérieur, mais à s'emparer de l'Hedjaz , de Lahsa , d'une partie de l'imamat de l'Yémen, el avaient porlé la terreur de leurs armes victorieuses jusqu'aux portes de Damas et de Bagdad. Après les défaites qu'ils ont essuyées en 1818 et la mort de leur chef Abdallah , fait prisounier par Ibrahim* Bâcha, et ensuite décapité à Conslautinople , ces sectaire* restèrent soumis pendant quelque temps à l'empire Olloroan. Maintenant ils viennent de prendre de uouveau les armes contre les troupes du vice-roi d'Egypte stationnées dans plusieurs lui is du Nedjed. Les villes principales de celle contrée wml :

DhSCUIITlOBi DE L'ASIE.

fi 1.7

Dcjarriu ou Diaun , située à l'entrée d'une profonde et étroite vallée , resserrée par îles montagnes arides. C'était la capitale de l'empire des Wahhabites. Elle comptait 98 mosquées, 3o collège* et a,5oo maisoiuclair-seaiée*, bâties moitié eu briques et moitié eu pierres; on portait sa population au-delà de i5,ooo imes. Les forts, les murs et les tours de cette ville, ainsi que ses établissement publics ont été détruits par Ibrabim-Pacha , après uu siège de 7 mois. Eu 18 19 Derréyéb était déserte, quoique les géographe» continuent à nous la représenter comme étant dans son premier élut; rien n'indique qu'elle se soit relevée depuis lors. Movxroou*u , dont les murs ont été rasés par les Turkt en 18 18 , pouvait contenir 1,000 familles, selon M. Sadliei . Asuih ou Aietur , ville commerçante, située presque à égale dislance de la mer Rouge et du golfe Pvrsique; elle a éprouvé le sort de Mounfouhah.

Les principales tribus du Désert sont : les Anaselt, qui paraissent être les plus nombreux ; ils errent daus les vastes solitudes qui s'étendent entre Alep, Damas, Bagdad et le Nedjcd. Les tribus Wuuld Aly , Szamai , Doukby et Mebeunb reçoivent uue rétribution du |>acba de Dama» pour laisser passer la caravane de la Mecque sans t'iuquiéler, et uue autre des gouverneurs des provinces ottomauvs limitrophes pour ne pa« eu molester les paisibles habitaus. Les Anaseh sont régis par plusieurs cheïks,dout quelques* uns sont très puissant. Quelques-unes de leurs branche* se soûl établies dans le Nedjed et entre autres à &luu1>ar , où les Juifs exercèrent long-temps une grande puissauie.

Les Cltararat sont très misérables, mais nombreux; ils sont gouvernes par 3o à 40 cheiks. Les Bcni-Szaiihcr , qui avee d'autres Arabes sont conuus sous le nom collectif de Àhil-cLOtemouli ils errent peudaut l'été dans les désert» qui s'étendent au sud de Dama» ; ils sont soumis à deux cheiks principaux et à 30 ou 3o petit» chef», et reçoivent uue rétribution du pacha de Damas. Les Maonaly, qui errent daus la partie septeutrionale du désert et s'approchent souvent des envirous d'Anah sur l'Ëuphrate; ils sont gouvernés par uu cheïk suprême , et reçoivent une rétribution des habitaus des villes frontières.

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