‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 185 sur 320 · TABLEAU MINERA LOGIQUE DE L'AFRIQUE · texte numérisé non relu

TABLEAU MINERA LOGIQUE DE L'AFRIQUE

Pierres précieuses (à l'exception dn diamant , qu'on n'a pas encore trooTé nulle part en Afrique). Nigrùie, Angola, Bilté, Cassange, Mucuingi, Pays des Molouas. Afrique Ottomane, Egypte, dans la chaîne Arabique. Madagascar.

Oa. Nigrùie, Bouré, Ramalia dans le Mandingue, Wasaw, Dankara , Haoussa, Waogara, £ajnbouk , Akim , etc., etc. Région de r Afrique-Orientale , Abu ta. Région du Nil, Qaniimyl, les contrées le long du Bahr-el-Abuid , Abyasinic, etc.

Argiht. Région de F Afrique-Orientale , Cbicora. Nigrùie, le plateau de Timbo, Bagliermcli,

Cuivre. Nigrùie , Pays des Molouas, Borgoou Dar-Saley, Dar-Four, etc. Afrique-Orientale, Pays des Cazembes, des Moviias, des M;iquinis, Butua, Zumbo, Iahainbane. Afrique» Australe y Pays des Hottentots. Région du Nil, Fertit, Kordofan, etc. Région du Maghreb , empire de Maroc , etc.

Plomb. Région du Maghreb , Alger, etc.

Fer. Nigrùie, Bainbouk, plateau de Timbo, Kailie, Dentilia , Angola, Loaugo, BeDguela, Pays des Molouas , Sala , Ouassoulo , Beré, Mandara , Calanna , etc. Région de V Afrique» Australe , Pays des Maquinis. Région de F Afrique- Orientale , Pays des Cazembes. Madagascar, Pays des O ras. Région du Maghreb, Alger, etc. Région du Nil, Abyssinie.

Sel. Région du Maghreb, empire de Maroc, Tagaxa , Aroan , Bilma, etc. Région du Nil, plateau de Baylur, Kordofan, Sennaar, etc., etc. Nigritie , Quisama, Angola, Bengnela, Saley ou Vadaï, Dar-Four, etc. Archipel du Cap-Fert, Iles M«io , BonaTi»ta, Sal. Archipel des Canaries, Ile Canaria. Madagascar.

▼iGÉTAUX. Les notions que nous possédons sur la géographie des plantes de l'Afrique sont bornées en ce sens qu'on ne connaît de celte partie du monde que les rivages des mers qui en baignent presque tout le vaste contour. L'intérieur est pour ainsi dire entièrement inconnu, car aucun voyageur n'a parlé en vrai botaniste des plantes qui y croissent naturellement. Mais les renseignemens fournis par M. Desfontaines sur la flore Atlantique, par les ouvrages de Forskahl et de M. Delile sur celle d'Egypte, par M. Viviani sur les plantes de la Cyrénaïque, quelques matériaux dus au zèle et à l'intrépidité des célèbres voyageurs Sait, Caillaud, Oudney Denham et Clapperton, suffisent pour nous former une idée précise de la végétation de l'Afrique-Ccntrale. De plus, quelques autres contrées ont été spécialement étudiées, soit parce qu'elles sont les sièges d'opulentes colonies, soit que le hasard y ait conduit des botanistes' éclairés. Ainsi le Cap-de-Bonne-Espérance a été visité par une foule de naturalistes qui en ont fait suffisamment connaître les singulières productions végétales; le Sénégal l'a été par Adanson , et récemment par MM. Leprieur et Perrottet, le Cougo par Ch. Smith, Sierra-Leone par Smeathmann, la Côle-d'Or par Afzelius, la Guinée par Thonning, les royaumes d'Oware et de Bénin par Palisot -Beau vois, les îles de Madagascar, de France et de Bourbon par Commerson, du Pelit-Thouars, Bory-Sainl-Vincent, Bojer, etc.

Les côtes de Barbarie offrent les plus grands rapports quant à leurs végétaux avec celles de la Péninsule espagnole. Séparées par le faible espace du détroit de Gibraltar, elles semblent être continues el reproduire les mêmes êtres. AÙ»»», I on observe une singu*

Itère analogie entre la Flore d'Alger et celle de l'Andalousie et de Valence en Espagne. Les oliviers , les orangers , le chametrops humilis, le ricin arborescent , le dattiers croissent également bien. Une chaleur un peu plus forte dans cette partie de l'Afrique favorise le développement de quelques formes inconnues à l'Europe australe , mais ces formes ne sout que spécifiquement différentes, ou bien rarement elles diffèrent assez pour constituer des geurcs distincts de ceux qui croissent en Europe. Les plantes de la Cyréuaïque ont aussi de grau des ressemblances avec ces dernières ; elles forment le passage des espèces atlantiques aux espèces égyptiennes, et déjà on y rencontre quelques-uns de ces genres qui semblent propres a la zone torride. Le zizyphus lotus est si abondant en cette contrée que les peuples anciens se nourrissaient exclusivement de son fruit et avaient reçu, pour cette raison , le nom de Lotophages.

L'Egypte présente un grand nombre de plantes particulières et tellement caractéristiques, que leur simple aspect, maigre et rabougri , suffit pour en faire reconnaître la patrie. C'est dans la Haute-Egypte que croissent eu abondance ces nombreuses espèces de cassia dont les feuilles de quelques-unes (C. obovata et acutifolia) forment, sous le nom de séné, une branche de commerce si considérable. Indépendamment du dattier et du chamœrops , ou y reucontre aussi une espèce remarquable de palmier, que M. Delile a figuré sous le nom de palmier Doùm {cucifera thebaica). Plusieurs plantes aquatiques tapissent le Mil de leurs larges feuilles et élèvent gracieusement leurs fleurs au-dessus des eaux ; telles sont les nympheta lotus et cœrulca, que l'on reconnaît dans les emblèmes hiéroglyphiques des anciens monumens; mais le nelumbium speciosum, figuré également dans les monumens égyptiens, a disparu des eaux de ce fleuve. Le fruit désigné par Tbéophraste et d'anciens auteurs, sous le nom de persea, est fourni par une plante que MM. deSacy et Delile pensent être le balanites /Egyptiacat petit arbre épineux qui couvre les parties sablonneuses, non-seulemeut de l'Egypte, mais encore d'une grande partie de l'Afrique Centrale, et qui se retrouve abondamment au Sénégal. Si Ton passe en revue les plantes rapportées de l'Abyssinie par M. Sait, on trouve que sa végétation n'a pas encore le caractère de celle qui domine entre les tropiques. Elle offre cependant quelques rapports avec celles de la cote de Mozambique et du Cap de-Bonne-Espérance. C'est dans ce pays que Bruce a trouvé une espèce de protea , et M. Sait un pelargonium , genres que l'on sait être particuliers au Cap-de-Bonue-Espérance et à la Nouvelle-Hollande. Le café croit naturellement sur la eôle africaine de la mer Rouge près du Bab-el-Mandeb aussi bien qu'en Arabie. Les plantes de la Haute-Egypte et des contrées plus avancées dans ['ultérieur des terres, ressemblent au contraire beaucoup à celles de la côte ouest d'Afrique.

Aucun pays n'offre dans ses végétaux une physionomie aussi singulière que le Cap-de- Bonne-Espérance. C'est là que vivent en nombreuses sociétés \eserica, les pro'.ea, les pelargonium , les mesembryauthenutm , les ixia, \esstapelia, etc., etc. Ces genres sont constitués par une multitude d'espèces toutes rassemblées vers !a pointe australe d'Afrique, à l'exception d'une ou deux qui s'avancent jusque sur les côtes septentrionales et ressemblent à des déserteurs éloignes de leurs régi meus. M. de Candolle a signalé l'analogie des productions végétales du Cap avec celles de la Terre deDiémeu qui occupe une position géographique à-peu-piès semblable, c'est-à-dire qui est également située à l'extrémité sud d'un grand coutinent. Les plantes de l'Afrique équiuoxiale se ressemblent beaucoup entre elles sur une grande étendue des côtes occidentales. Ainsi , il y a une grande uniformité de végétation depuis la rivière du Sénégal , par le 1 6e degré de latitude nord , jusqu'au Congo, par le 6e degré de latitude sud. Parmi les arbres ou y remarque Yadansonia digitata ou baobab, ce colosse du règne végétal qui existe également en Nubie, le bombax pentandrum, Vêlais guineensis , etc. Ces végétaux remarquables sont répandus sur une étendue très considérable de la côte. Le sterculia acuminata, arbre dont les graines connues des indigènes sous le nom de cola , ont, dit-on, la propriété de rendre potable les eaux les plus infectes, existe sur les côtes de Guinée et de Sierra-Leone ; enfin Yanona senegalensis et le c/irysobolanus icaco sont encore des arbres utiles qui se trouvent sur les bords des rivières depuis le Sénégal jusqu'au Congo. Grâces aux laborieuses investigations de MM. Perrottet et Leprieur nous possédons des renseignemens fort importans sur les végétaux de la Sénégambie publiés dans la flore de cette contrée. On est étonné d'y rencontrer non-seulement les espèces qui croissent dans les régions de l'Afrique analogues par

le climat à la Sénégarabie, comme la Haute-Egypte, l'Arabie, etc.; mais encore des plantes que Ton croyait particulières à la Malaisie (Archipel-Iudien) , à Madagascar et à l'Ainérique-Méridionale. Cependant il est essentiel de remarquer que ces rapports de végétation n'ont lieu qu'entre les contrées caractérisées par uue chaleur excessive accoml>agnce d'humidité, comme les bords de la Gambie et de la Casamaucc. Quant au* localités sablonneuses et arides du Sénégal proprement dit, elles fournissent des productions végétales semblables à celle de l'Egypte et de l'Arabie. Les plantes alimentaires cultivées par les naturels de la côte ouest d'Afrique sont : le mais (zea mais) , la cassave (JatropUa manihot L.) ; deux sortes de légumes dont l'un est le cylisus cajan L. , l'autre une espèce de haricot (UoLchos) et Varachu hrpogra. Les meilleurs arbres à fruits de la contrée sont: le bananier [musa sapientum),' le papayer (carica papaya), les limoniers et orangers , le tamarinier, Vêlais giùnecnsis qui fournit l'huile de Palme, et le raphia vintfera qui donne ainsi que Vêlais et une espèce de corypha , le fameux vin de palmier. Quelques auteurs pensent que la plupart de ces plantes sont d'origine étrangère à l'Afrique. Ainsi, M. Robert Brown assigne une origne américaine au maïs, à la cassave, à l'ananas, au papayer et au tabac, tandis qu'il pense que le bauauier, le limouier et l'oranger , le tamarinier et la canne à sucre ont été importés d'Asie. L'intérieur de l'Afrique équiooxiaie n'est pas connu des botanistes. La petite quautilé de plantes publiées daus la Flore d'Oware et de Béuin ne peut donner une idée exacte de la végétation de ces vastes contrées. Cependant , si on les compare avec celles du Congo , du Séuégal et de la Haute- Egypte , on trouve entre elles des relations frappantes et qui prouvent clairement, ce nous semble, cette loi universelle : que les mêmes causes rlimalériques donnent naissance aux mêmes productions végétales , sans qu'il soit nécessaire d'en supposer la transmigration d'un pays dans un autre.

Il nous reste à dire un mot sur la flore des iles principales que Ton considère comme dépendantes de l'Afrique. Les Canaries présentent une transition très remarquable des plantes européennes ou plutôt méditerranéennes aux plantes équinoxiales. Les formes européennes y dominent encore, mais les espèces ont déjà la vigueur qui caractérise les végétaux de la xone torride, ou en d'autres termes, on y trouve des espèces arborescentes de genres qui ont chez nous leurs espèces herbacées. Le catalogue des plantes de l'île de Sainte-Hélène, dressé par M. Roxburgb en i8i3 , présente un grand nombre de plantes dont les uues sont américaines et les autres africaines , ce qui résulte de la position géographique de cette ile ; mais elle offre ceci de remarquable , qu'elle nourrit encore un plus grand nombre de plantes d'Europe , malgré son immense distance de cette partie du monde.

Dans les îles de Madagascar , de France et de Bourbon , intermédiaires entre le Continent de l'Afrique et l'archipel Indien , croissent des végétaux indigènes de ces deux vastes régions. Madagascar offre dans sa partie occidentale les plantes de la côte d'Afrique, et celles des Indes dans la partie qui regarde l'orient. Celle ile, ainsi que celles de Bourbon et de France, renferment un grand nombre de plantes qui leur semblent particulières, peut-être par la raison que les localités semblables de l'Inde ne sout pas bien connues. C'est à Madagascar que le nepenthes distillatoria, entre autres végétaux singuliers, a été observé pour la première fois. Des espèces très voisiues ont été rencontrées daus les Indes Orientales. Le nombre des orchidées est si grand daus les trois grandes iles de l'Afrique australe, que M. Du Petit Thouars a publié uu ouvrage spécial sur cette seule famille. Il en est de même des fougères qui aboudeut dans ces iles et que le colonel BorySaint Vincent a fait connaître dans le Species de Willdenow , ou qui sont inédites dans son vaste et magnifique herbier.

ANIMAUX. Réunie physiquement à l'Asie par l'isthme de Suez , l'Afrique à quelques animaux près qui sont communs à ces deux continens, offre une physionomie zoologique tout aussi distincte que si elle en était séparée par une distance égale a un diamètre du globe. Ces animaux , afrîcano-asiatiques plutôt qu'asiatico-africains, ne s'étendent guère que dans la presqu'île Arabique, si semblable géologiquement à l'Afrique boréale , tandis que tous les autres points ont une création spéciale. Toutefois c'est ainsi qu'on doit généraliser la dispersion des êtres sur ce vaste continent.

Dans toute l'Afrique-Centrale et Boréale errent le /ion, la panthère, l'autruche, les chacals, le» gazelles et des antilopes, dont pas une ne se retrouve au sud de l'autre tropique , où sont accumulées tant d'espèces. Partout ces antilopes sont la pâture des lions et de "toutes les autres espèces de ce genre , ainsi que des chacals, des hyènes et des pythons. Le chameau à une bosse, dont les caravanes peuplent aujourd'hui le Sahara et donne au désert sa physionomie nomade , ne fut introduit à l'ouest du Nil qu'après le ut" siècle. Mais au-delà du Sahara, dès que commence l'influence humide des grands fleuves de la Sénégambie et du Soudan , apparaît une création dont les êtres ne franchirent jamais les limites du désert. Là vivent , en étendant leurs voyages jusqu'au Cap-de-Bonne-Espérance, les éléphans africains à grandes défenses et aux dents molaires marquées de losanges, ces rhinocéros à deux cornes, bien connus dans les spectacles de Rome, l'immense girafe, Vhippopotame informe. Entre les deux tropiques se trouvent ces espèces variées de cynocéphales, dont pas une seule n'habita jamais l'Egypte , et dont trois y avaient des autels; culte qui par conséquent ne put commencer que dans le pays de ces singes. Les uns à visages peints n'habitent que les Guinées, les autres la pointe australe du Continent, d'autres enfin depuis le Sennaar jusqu'en Cafrerie. Dans les bassins du Nil supérieur et de ses aflluens vivent deux espèces de ce fennec décrit et figuré par Bruce et qu'on avait cru être très récemment un galago. Ses immenses oreilles surpassant les deux tiers de la longueur de son corps de chien l'éloignent beaucoup de la forme d'un quadrumane. Figuré sur les monumena de la Basse-Egypte avec les cynocéphales , le scarabé sacré et les antilopes du même pays , le fennec y constate l'origine éthyopique du peuple qui éleva ces monumens. Dans cette dernière zone qui longe la côte de Zangucbar le buffle du Cap parcourt les mêmes forets que l'éléphant; enfin , au-delà du tropique austral vivent ces nombreuses espèces à" antilopes , réparties chacune dans un site qu'elles ne quittent jamais, depuis les roseaux des rivages jusqu'aux pointes aiguës des rochers. Ces antilopes se pressent sur cette extrémité de l'Afrique comme pour la dédommager de n'avoir pas une seule espèce de cerf. Là vivent aussi dans les mêmes cantons ces zèbres connus des Romains et ces quacchas si semblables aux zèbres , que Ton prit d'abord ces deux animaux pour les deux sexes de la même espèce. Ce phacochère à corps de cochon, a dent machelière d'éléphant et dont la face hérissée de quatre protubérances l'a fait nommer aussi sanglier à masque. Ce sanglier e'thiopique à long grouin, dont les figures se voient sur la mosaïque de Palestrine, et qui a deux paires de côtes de plus que notre sanglier et à qui l'on vient de rendre son ancien nom de koyropotame. Enfin parmi les reptiles de ce continent citons les crocodiles, le succhos et le khamses honorés des Égyptiens et différens peut-être des crocodiles du Niger et du Sénégal. Ces monitor , ces tupinambis, ces caméléons, dont d'autres espèces ne se retrouvent plus qu'en Espagne et aux Moluques. Madagascar a comme l'Afrique sa création à elle. Aucun de ses mammifères non importés ne lui est peut-être commun avec ce Continent : tels sont ces makis à quatre mains; cet are-are rongeur pourvu de mains et qui n'en habite que la côte occidentale; ces tenrecs insectivores eu remplacement des pangolins de l'Asie et de l'Afrique , et des fourmiliers de l'Amérique dont Madagascar n'a pas un seul.

Les espèces d'oiseaux propres à l'Afrique ont une grande analogie, sur les confins des diverses régions qui entourent cette vaste contrée, avec ceux de l'Europe et de l'Asie. Puis la variété du sol apporte des influences secondaires et nouvelles sur chacune des grandes zones qui en partagent la surface. Ainsi , la Région du Nil et les rivages qui bordent la Méditerranée ont des espèces analogues à celles de l'Arabie, de la Perse et de l'Espagne. Les sables déserts de l'Afrique-Centrale sont la patrie d'espèces accommodées aux solitudes, tandis que l'extrémité méridiouale affecte un type entièrement neuf et caractéristique dans les oiseaux qu'elle nourrit. Madagascar enfin , qui , avec les iles Maurice et de Bourbon, dépend du système de terre africain , a uue création toute spécifique, bien que par ses caractères elle soit entièrement africaine. Quant aux iles de l'Océan-Atlaotique, telles que Sainte-Hélène, l'Ascension , les iles du Cap- Vert, elles sont habitées par quelques espèces qui proviennent des côtes voisines.

L'oiseau le plus voisin des quadrupèdes par ses formes, Yautruche, qu'Aristote a dit avec tant de raison partim avis, pariim quadrupes, ne quitte point la zone équatoriale et les déserts de toute l'Afrique. Elle est remplacée en Amérique par le nandu, et

dans la Polynésie par les casoars. C'est le chameau emplumé du désert, c'est avec la gazelle, l'objet des mille contes des Arabes et des nègres. Le messager ou le secrétaire, singulier oiseau de proie qui vit de reptiles , qu'il sait combattre avec adresse et dévorer sans danger, habile le territoire du cap de Bonne-Espérance. Peu de régions du globe sont aussi peuplées d'oiseaux de rapine de toutes sortes que l'Afrique. Les animaux qui y pullulent fournissent par leurs débris à tous les rapaces une proie abondante et facile. Aussi les grands vautours qui s'alimentent de charognes, ces griffons, ce hideux clûncou, cet oricouk pendeloques charnues, guettent sans cesse la chute de quelque animal et se précipitent sur son cadavre qu'ils dépècent en quelques instans, et des espèces plus petites, les perenoptères , viennent s'adjoindre aux convives de ces banquets. Quelques aigles sont réparties dans tous les pays de l'Afrique et sur le bord des eaux douces ou des mers, et là pèchent les pygargues , ou aigles qui vivent de poissons. Tels sont surtout et au premier rang le bLgre et le vocifer. Les autres rapaces diurnes sont des circaètes, des éperviers , des vautours, et notamment le gymnogène de Madagascar , le milan parasite, les couhiehs de l'Egypte, le naucler de Riocourt, des buses, des buzards et des faucons. Quant aux oiseaux de proie que la lumière du jour blesse , chaque petite tribu est à-peu-près représentée sur ce Continent. Enfin comme les insectes y pullulent, les pies-grièches qu'on a à juste raison nommé les faucons entomophages , s'y trouvent en essaims aussi iioiiibl SM que varies. Do mémo que l'Amérique et l'Asie, la zone chaude de la Région du Cap a des couroucous , singuliers oiseaux à plumage d'un rare éclat. Mais là seulement se trouvent ces musophages et ces touracos à vestilures non moins splendides. La nombreuse famille des coucous est très riche en espèces dans cette partie du monde. Elle nourrit les chalcites ou coucous cuivrés, les indicateurs célèbres par ce qu'eu a raconté Levaillant , des coucals dont le pouce est armé d'un ongle acéré ; mais ce n'est qu'à Madagascar qu'on rencontre les vouroudrious et les couas ou les t ait sous. Les pogonias , les barbus , les barbions sont africains. De nombreux calaos et entre autres celui d'Abyssinie, qui vit de charognes, y remplacent les toucans d'Amérique ; et quant aux oiseaux de ce dernier genre on trouve leur représentant à Madagascar dans Y eu rie ère. Les perroquets pullulent dans les contrées boisées de l'Afrique chaude. C'est du Sénégal que provient la perruche à collier; c'est du Congo, de la Guinée que nous arrive le jaco gris, si habile à imiter l'homme , et c'est dans les champs de Teffs que s'abattent par bandes criardes les innombrables perruches-moineaux. I-es pics , les alcyons , les engoulevents , les hirondelles y comptent des espèces variées , les soui-mangas y remplacent les colibris du Nouveau- Monde, et les huppes , les épimaques de l'Asie. Les corbeaux, les choucas, les rolùers, les roUes y ont des individus très remarquables. Il en est de même des guêpiers, des échenilleurs, des bagadais, des manikups, des drongos, des moucherolles , des merles , des troquets, des sylvies, des martins, des pique-boeufs, des alouettes, etc., etc. Mais nous citerons principalement de tous ces genres une espèce de corbeau à bec très puissant, le corbivau , et les merles à plumage bronzé et comme passé au feu.

Cependant dans cette série d'espèces si étonnantes par le nombre des individus , aucune famille n'en fournit davantage, sans contredit , que celle des moineaux. A partir des tisserins , qui lient cette tribu aux Iroupiales de l'Amérique , et qui sont les plus habiles ouvriers qui existent pour tisser les fils qu'ils emploient dans la construction de leurs nids, on compte les moineaux, quels que soient les petits genres dans lesquels on a essayé de les grouper, par millions d'individus et par centaines d'espèces. C'est ainsi que les veuves aux longues queues, les oryx à la livrée de feu; les senégalis de toutes les couleurs, bleus, rouges, piquetés, noirs, etc. , semblent des papillons destinés à émailler, par leur vive coloration , les chardons en maturité dont ils mangent les graines. Ces oiseaux se trouvent donc accommodés à un sol qui produit en grande quantité les semences alimentaires, telles que les millets, les couscous, les panics, etc. Ainsi donc les veuves, les vrais moineaux, \esjacarinis, les bengalis, les gros-becs, les phytotomes, les bouvreuils y comptent de nombreuses espèces. Mais le genre coliou est exclusif au Cap , et on y retrouve aussi une jolie mésange.

Des colombes animent les diverses contrées de l'Afrique, entre autres le pigeon vert ou waalia de Bruce , si répandu en Abyssinic ; mais les gallinacées de grande taille y sont rares. L'Afrique ue nourrit guère en effet que quelques gros oiseaux de basse-cour originaires de l'Inde, et la seule race qui lui soit propre et qui soit naturalisée en Amérique

Aujourd'hui est celle des pintades ou poulet de Nttmidie , dont ou connaît quatre espèces à chair d'une rare délicatesse ; toutefois, les sables stériles de cette partie du monde , analogues par leur stérilité aux steps des plateaux de l'Asie, sout Ja patrie adoptive des perdrix, des francolins , des gangas et de quelques espèces de turnix, oiseaux essentiel'» lement pulvèrulateurs. C'est eucore dans ces océans mouvans nommés déserts que se plaisent des échassiers coureurs , tels que les outardes , ces grues aux longues jambes, ces marabout aux plumes délicates et légères, ces antliropotdes ou grues des lia lé ares qui singeiit les gestes de l'homme. Quant aux rivages des mers ou aux bords des fleuves , ils pulluleut de ces oiseaux riverains qui semblent répandus sous toutes les zones échauffées, tels que pluviers, chevaliers, barges, etc. Cependant des vanneaux à lambeaux charnus, des burrhins, des ibis jadis révérés dans le culte égyptien, et surtout Vombrette à plumage tubac d'Espagne , des spatules , des cigognes, des a fio s tomes , des tantales , des œdienèmet , des giaroles , y comptent des espèces qui lui sout exclusivement propres , et ce n'est que sur les rivages de la mer Rouge que vivent les dromes au plumage mi-partie noir et blanc.

L'Afrique nourrit aussi des oiseaux palmipèdes qui lui sont propres , tels sont les anhinga ; et des espèces qui sont répandues suivant les latitudes dans d'autres parties du moude, telles que grèbes , sternes , cormorans , pélicans , rhyncops , pétrels, albatrosscs , canards et oies. Les grands palmipèdes marins et antarctiques se réfugient principalement sur l'extrémité australe de ce continent. Jadis vivait aux îles Maurice et de Bourbon un grand oiseau, depuis loug-temps éteint , et qu'on nommait le dronte; ses débris seuls attestent une existence qui fait lacune dans la grande chaine des êtres.

Les reptiles ne sont point aussi multipliés en Afrique qu'en Asie et en Amérique. Cependant c'est dans le Nil , c'est dans le Sénégal et le Niger que se tiennent ces puissaus crocodiles jadis vénérés par les Egyptiens. Des serpens venimeux , entre autres le céraste cornu , sont répandus dans le territoire du Cap , des lézards variés , des geckos , des batraciens en petit nombre sont classés dans nos catalogues comme propres à ce continent, et d'immenses tortues franches , ressources précieuses des navigateurs , fréquentent lesattérages et les ilôts volcaniques de lOcéan- Atlantique.

Les poissons africains sont eucore très mal connus. Ceux des eaux douces de l'Egypte, étudiés par le savant Geoffroy-Saint-Hilaire, sont parfaitement décrits. C'est là que se rencontrent ce gigantesque et singulier bichir, ces coffret , ces pimélodet nombreux et variés. Les poissons de la mer Rouge , étudiés par Rùppell et figurés dans son grand ouvrage , ressemblent par leurs formes à la plupart des poissons saxatiles des mers chaudes d'Asie, et la plupart se rencontrent même dans les archipels de la Soude, excepté quelques petits genres particuliers. Les cotes occidentales d'Afrique, baignées par l'Océan- Atlantique, nourrissent les poissons des zones chaudes, tandis que les pays bordés par la Méditerranée partagent ceux des côtes d'Espagne et de France. Enfin les mers australes qu'arrêtent les rivages - du cap de Bonne-Espérance produisent les espèces confinées dans toutes les latitudes antarctiques placées au sud des trois grands caps. Les poissons de la côte orientale, entre les tropiques , sont ceux de l'Océan lndien.

11 eu est de même des mollusques , à part les terrestres dont les espèces varient suivant les régions ; les coquillages marins de la zone équatoriale sont analogues, sur la côte orientale, à ceux de l'Océau-Iudieu. Toutefois, de belles espèces nouvelles se rencontrent chaque jour à Madagascar , et celles des côtes du Sénégal décrites par Adanson , bien que peu nombreuses , ont été mieux étudiées depuis. Dans les eaux douces du Nil vivent ces belles huîtres découvertes par M. Cailliaud et nommée éthéries. Les mollusques des rivages de la Méditerranée , ont de l'analogie avec ceux de l'Italie ou de la Sardaigne , et c'est encore par essaims que navigue sur cette mer l'ancien murex à pourpre des Romains , qui n'est pas autre que la janthine, si riche en couleur pourprée et violette. Sur les rochers du cap sont en grand nombre des patelles , des oscab rions , et sur les rivages de la mer Rouge si bien étudiés par M. Savigny , des milliers de doris , d'apljrsies, etc.

Les insectes d'Afrique, bien qu'ils aient été l'objet de plusieurs ouvrages , et entre autres de celui de Beauvois, sont si variés, si nombreux eu espèces qu'il serait impossible de nommer même les plus intéressantes sans dresser uu long catalogue. Ils varient en genres suivant les lieux, les limites géographiques, et par conséquent sont entièrement soumis à l'influence du climat.

Parmi tes zoophytes, de brillantes actinies, des polypes de toutes formes, des madré* pores en ceignent les côtes. Sur les rivages de l'Afrique dans la Méditerranée se pèche le vrai corail, si recherché pour les bijoux de fantaisie dans tout l'Orient. La mer Rouge est héritée de ces coraux si inléressaus pour le naturaliste , mais si redoutables pour le navigateur.

GEOGRAPHIE POLITIQUE

SUPERFICIE. La surface de l'Afrique peut être évaluée en nombres ronds à 8,500,000 milles carrés.

POPULATION1. Il paraît probable que la population absolue de l'Afrique s'élève à 60,000,000 d'âmes. Divisant ce nombre par 8,5oo,ooo et négligeant les fractions, on aura 7, quotient , qui représente la popula tion relative de l'Afrique. Maintenant si on voulait comparer cette grande division du globe avec les autres parties du monde , on trouverait que l'Afrique occupe le troisième rang sous le triple rapport de la surface , de la population absolue et de la population relative, comme nos lecteurs peuvent s'en convaincre en jetant un coup-d'œil sur le tableau que nous avons donné à la page 47-

ETHNOOEAPHI£. L'Afrique est habitée par un grand nombre de nations, dont les langues ont été le sujet de plusieurs importantes recherches dans ces dernières années. Sans entrer dans des détails qui seraient déplacés dans cet ouvrage , nous nous bornerons à mentionner dans chacune des grandes régions entre lesquelles nous avons partagé cette partie du monde, les peuples principaux, en les classant d'après les différentes langues qu'ils parlent. L Atlas ethnographique duGlobe est notre guide. Nous devons à l'obligeance de M. Douville la communication de quelques faits nouveaux, qui nous ont servi à remplir une partie des lacunes que l'imperfection de l'ethnographie nous avait obligé à laisser subsister dans cet ouvrage.

TABLEAU

de la classification des peuples de L\rafQUE d'après us lakgces.

La REGION DU NIL offre les familles ou souches suivantes :

Famille Egyptiehhe : les Coptes, qui sont les descendans des anciens Egyptiens. Depuis l'introduction de l'UIamiMne en Egypte leur langue a été peu- à -peu remplacée par l'arabe josqu'à ce qu'elle se soit entièrement éteinte vers le milieu du evii* siècle. Les Coptes sont maintenant très peu nombreux et, sous le rapport linguistique, ils doivent être re gardés comme des Arabes et comme une branche de la famille Sémitique.

Famille IHubibîijie : les Nouba et les Kenouz (Kenous) dans la Nubie. Plusieurs milliers de Kenouz vivent dans les principales villes de l'Egypte , où ils sont conuus sous les noms impropres de Barbary, Berbers ou Barabra. Ce sont les traits de ce peuple que, selon M. Cbampoliion et autres savans, on rencontre dans les monomens qui représentent les anciens Egyptiens.

Famille Taoglodytiqle : les Bichariens, les Badendoa , les Hammadeh , les Amarer, etc.; les Adarebt , dont les Barioum paraissent être la tribu la moins civilisée , mais en même temps la plus puissante; les Ababdés, confondus à tort avec les Arabes bédouins. Tous ces peuples occopent la partie de la Nubie située à l'est du Nil.

Famille Schiiio-Daneali : les Se ht ho (Shiho) proprement dits, ils habitent près du passage d'Assouali , et les Hazorta , près de celui de Tarauta dans l'Abyssinie ; les Danakil , peuple nomade qui erre le long de la cote depuis le Bab-cl-Mandeb jusqu'à Arkiko; on regarde, les Dumhoeta comme sa bribu la plus puissante ; les Adaïel, ils occupent le pays situé entre le Bab-cl-Mandeb et les environs de Zeylu.

Les Cueloles (Schilouks) , connus aussi sous les noms de Nouba ou Fongi, le loug du haut Bahr-cl-Ahiad, et dans le royaume de Scnnaar, dont ils étaient la nation dominauto avant la récente invasion des Ottomans.

Les TcuERET-Acoiv, dans le centre de l'Abyssinie ; ils sont braves, et bons cavaliers.

Les Fotjriehs, qui forment la masse principale de la population do Dar-Four. La REGION DE L'ATLAS n'offre qu'une seule famille, à laquelle appartiennent tous ceux de ses habitant qu'on peut regarder comme indigènes ; c'est la

Famille Atlantique : les Amazig, dits improprement Berber ou Bertbber, et nommés aussi Schita (Sbulub), Qobaji (Gucbalys), etc.; ils occupent les hautes ra liées de l'Atlas et une partie des plaines dans l'empire de Maroc, le ci-devant état d'Alger et dans celui de Tunis ; ils sont partagés en beaucoup de tribus , dont plusieurs sont entièrement indépendantes. Les Touaryk (Tuaricks), nation nombreuse et guerrière répandue sur toute la partie moyenne du Sahara; les Tibbos, qui occupent presque toute la partie orientale du Sahara ; les habitant de Sjouah et VAudjclah { les Chellouhs (Shellulis) , dans la partie méridionale de l'empire de Maroc, où ils vivent presque tous régis par des chefs indépendans.

La RÉGION DES NÈGRES ou la NIGR1TIE présente les familles ou souches suivantes.

Les VoLors ou Iolofs , qui ont la réputation d être les plus beaux et les plus noirs de tous les Nègres; ils possèdent les royaumes de Bourb-lolof, de Cayor et de Baol, et ils forment la masse principale de la population de ceux de Bondou , du Bas-Yani et deSalom.

Famille Mahdihco : les Mandingo, nation puissante, assez policée et assez industrieuse, entre les mains de laquelle se trouve presque tout le commerce de l'or et de l'ivoire , et qui faisait naguère presque tout celui des esclaves. Outre le vaste territoire entre la Gambie et le Geba et le pays côtier arrosé par le Kissi (Kissee) , les Mandingo possèdent dans la Sénégambie les royaumes de Bambouk, de Kasson, de Raarta , de Barra, de Kollar, de Badibou, du Haut-Yani, du Oulli ou Woulli, lo Dentilia et le Kahou ; dans la partie occidentale de h» Nigritie-Cenlrale (le Soudan-Occideutal de nos cartes), les Mandingo sont la nation la plus nombreuse du ci-devant empire de Bambara , dont ils étaient le peuple dominant avant son partage; ils possèdent aussi le Kankan, le Samb.itikilia, le Time et autres pays. Les Sousou, nation assez civilisée, qui occupe la côte de la Nigritic-Occidentalc (Sénégambie) comprise entre le Rio Nune» et le Kissi, ainsi que d'autres partie» de cette contrée.

Les Foulahs ou Fellatah, dits aussi Foulans , Fellans, Poules, etc., nation très nombreuse et très puissante, répandue dans presque tons' les états de la Nigritie-Occidcntale (Sénégambie), où elle possède le Fouta-Toro , le royaume de Bondou , le Foota-Djalo (Fouta- Djalon) , le Fouladou et le Brouko; dans la Nigritie-Cenlrale Qe Soudan de nos cartes), elle occupe le Ouasselon, le Sangara et autres contrées, ainsi que le vaste empire des Fellans ou Fellatah sur lequel règne Bello.

Les Djalox eés, qui forment une partie considérable de la population du Fouta-Djalo (Fouta-Diallon), du Kouronia , du Balcya , du Firia , du Sangara , du Soulimana , du Bouré.

Les Kisiours, dans le royaume de Tombouctou , dans la Nigritie-Cenlrale (Soudan).

Les Kalanhas , dans le royaume de Kalanna, dans la Nigritie-Centrale.

Famille Haou&sa : les Haoussas , qui composent la masse principale de la population de» provinces de Cachenah, Gouber , Kano , Doury et autres du Haoussa, vaste contrée qui forme le noyau de l'empire de Fellans ou Fellatah.

Les Yarribavi, qui sont la nation dominante dans le vaste royaume de Yarriba.

Les Mahdaras, dans le royaume de Mandara , dans la Nigritie-Centrale (Soudan).

Les Baghermebs et le« Mobbas, qui sont les nations dominantes des deux royaumes de Baghcrmeh et de Mobba dans la Nigritie-Centrale (Soudan).

Famille Bobwotjahr : les Bornouans , qui forment la masse principale de la population du Bornou proprement dit, et de quelques autres districts aujourd'hui séparés de V empire de Bornou.

Les Timmawies, établis depuis l'embouchure du Grnnd-Scarcie jusqu'au cap Shilling; c'est

sur leur territoire que se trouve la colonie anglaise de Sierra-Leonc. Les Boui.lam , au sud-est des précédens, le long de la côte jusqu'aux frontières du

royaume de Cap-Monte , et répandus très avant dans l'intérieur et sur les Ues voisines. Famille Achantie : les Achantis (Ashantees), nation dominante dans l'empire d'Achanb,

et les peuples établis dans la plupart des royaumes qui en sont tributaires ou vassaux. Famille Dagodmba : les Dagoumbas dans le royaume de Dagoumba (Dagvrumba), vassal

de l'empire d'Achantie.

Les Axeras ou ItrxRAits, dans le royaume de ce nom; ils sont tributaires des Achanties. Les Kerrafies (Kerrapces) , nation assez nombreuse, partagée entre plusieurs petits états

presque tous tributaires des Achanties.

Famille Arorab : les Dahomey* , dans le royaume de Dahomey proprement dit, dont iU

sont la nation dominante; les Judahs, dans le royaume de Judah, tributaire de celui de

Dahomey; les Ardrahs, dans le royaume d'Ardrah, tributaire de celui de Yarriba;

les Bénins, dans la plus grande partie du yaste royaume de Bénin, dont ils sont la

nation dominante.

Famille Katli: les Kajfu (Kaylees) et les Gungoumes, dans le* royaumes de Kayli et de Gungonme dans l'intérieur de la rote de Gabon.

Famille Cosgo : les habitans du Congo proprement dit, du Sogno (Sonho), du Caeongo, du Loango , du Mayumba , de VOando, etc., qui parlent différens dialectes de la laoguc coogo; les habitans du Ho, du Canccbella et du Sala, dont la langue est un mélange de l'abounda et de la coogo ; M. Douille nous représente le Sala comme un des plus pubsans états de cette partie de l'Afrique ; nous ajouterons qu'il correspond à l'Anzico et au Micoco des anciens voyageurs et de nos cartes. Les Motouas , dont le vaste royaume nous parait être b puissance indigène prépondérante de toute l'Afrique au sud de l'éq lutteur ; les liabitans du Moucangama , du Muchingi, du Humé, du Cattange , du Cutato, du Ginga , du Hdo»ho, du Baâando, du Bihé et ceux du royaume d' Angola soumis aux Portugais ; tous ces peuples parlent des dialectes de la langue abounda. M. Douville regarde les Molouas comme la souebe de cette grande branebe de la famille Congo; il les range avec les Bihé au premier rang parmi les Nègres par leur intelligence et leur industrie.

Famille Bemgcela : les babitans du Benguela , soumis aux Portugais ; ceux du Quisama , du Libolo , du Quigné, du Nano , du flambé , du Monganguela et autres pays ; ces peu» pies, selon M. Douville, parlent des dialectes ou des langues qui appartiennent à cette famille.

La RÉGION DE L'AFRIQUE-AUSTRALE offre les familles ou souebes suivante* : Famille Cafre : les Kousjas, les Tambouki et les Mamboukki , dans la Cafrerie Maritime; les Betjouanat subdivisés en Briquas, Tammahas, Barrolongs , les Macquinit , les Morolongs et les Gokas , dans la Cafrerie Intérieure. Famille Hottemtote : les Coranas , les Gonaaquat , les Namaaquat , les Da mm a rat et autres peuples, qui sont les Hottentots proprement dits; ils demeurent dans la colonie du Cap-de-Boune-Ksprrance et dans la Hottentotie- Indépendante. Les Saabt dits communément Bojrjemanns ; c'est le peuple le plus sauvage et le plus abruti de l'Afrique Australe ; il erre sur les frontières septentrionales de la colonie du Cap. La RÉGION DE L'AFRIQUE-ORIENTALE offre les familles ou souches suivantes , dont plusieurs cependant appartiennent aussi, par la position du vaste territoire qu'elles occupent , à la Région du Nil , comme les Galla , cl a la Région des Nègres , comme le» Nintanat et les Gin gins. Famille Mokomotafa : les Montras , qui demeurent aux environs de Sena, dans l'Afrique Orientale Portugaise; les Bonn, entre Sena et Tete; les Movizat; les M a ravi , qui sont actuellement la nation la plus puissante du ci-devant empire du Mooomolapa. Les Macouas , peuple nègre très puissant, qui vit à l'ouest de Mozambique, le long de la cote de ce nom et dans l'intérieur; il paraît s'étendre an nord jusqu'aux environs de Melinde , et au sud jusqu'à l'embouchure du Zambéze. Les Monjotu , une des nations nègres lea plus laides; ils vivent dans l'intérieur à côté des Macouas méridionaux. Les Sowatel ou SowauJi, nation nègre très puissante, répandue le long de la cote depuis Magadocbo (Magadoxo) jusque vis-à-vis Momhaxa.

Famille Galla : les Galla , nation nombreuse, puissante et célèbre par ses incursions et ses conquêtes ; c'est aujourd'hui le peuple dominant dans une grande partie du cidevaot empire d'Abyssinie; les Galla paraissent occuper aussi tout le pays qui s'étend depuis les limites méridionales de l'Abyssinie jusqu'aux frontières occidentales des états situés le long de la cote entre Melinde et Magadocho. Les Mouzimbos ou 'Limbes , appelés aussi Maroucm, nation nomade qui parait errer sur les vastes espaces arroses par le cours supposé du Zebi (Zebee); elle a acquis une funeste célébrité par ses terribles incursions faites vers la fin du xvi* siècle et poussées jusqu'à Melinde et à Quiloa. Les Somaclis, le long de la cote d'Aden et répandus dans l'intérieur du grand triangle qui forme cette partie de l'Afrique , et dont le cap Gardafui peut être regardé comme le sommet.

Les Ginuiroe qui habitent le royaume de Gingiro, que d'anciennes relations placent au sud des montagnes de l'Abyssinie et sur les rives du Zebi.

Les NitfEAiTAÏ qui occupent le pays de Bomba , visité dernièrement par M. Douville. Cette identité de nom , combinée avec la position que lui assigne ce voyageur, nous paraissent être des motifs assez forts pour nous engager à regarder ce pays comme identique an Mani-emougi , «ur lequel les plus célèbres géographes n'ont proposé jusqu'à présent que des doutes ou des conjectures. C'est le Molienemugi de Battel et le pays des Niemiemay de Dapper.

Outre ces peuples qu'on peut regarder comme indigènes de cette partie du monde, l'Afrique en possède plusieurs autres qui , à différentes époques , s'y sont établis, et dont quelquesuns sont devenus même très nombreux et puissaus. Cest ainsi que les peuples de l'Abyssinie qui parlent les langues gheez ou tigré dans le royaume de Tigré, et amkara, dans les royaume* d'Ambara, d'Ankober, d'Angote, dans la province de Lasta et autres,

ADRl'.GÉ DE GÉOGRAPHIE.

appartiennent incontestablement à la touche Sémitique et paraissent s'y être fixés hien avant les temps historiques. Les Arabes à nne époque très ancienne, et plus tard, pendant les grandes conquêtes des premiers successeurs de Mahomet, envahirent la Région du Nil et celle du Maghreb (Sahara-Atlas) et de là se répandirent dans la Nigritie (Soudan), où on les trouve en grand nombre; dans la snitc des temps, ils sont parvenus à introduire exclusivement leur langue dans plusieurs contrées, telles qnc l'Egypte, une grande partie de la Nubie, surtout le long du Nil dans les pays de Chendy, de Damer, de Schcygya, etc., dans toutes les villes des États Barbaresques, dans une grande partie des campagnes qui les environnent et dans la partie occidentale du Sahara ; cette nation s'est aussi établie dans quelques états de la Nigritie-Occidentale (Sénégamhie) et dans plusieurs états de la Nigritie-Centrale (Soudan), tels que le Dar-Four, le Mobha, le Baghermeh, l'empire de Bornon et même de l'empire des Fellans; on rencontre encore des Arabes sur presque toute la Côte-Orientale, dans les lies qui en sont voisines, dans le groupe des Comores et snr la cote occidentale de la grande lie de Madagascar. Plus tard les OsmanJis, qui appartiennent à la souche asiatique Turque, se sont établis comme nation dominante dans la partie inférieure de la Région du Nil et dans les régences d'Alger, de Tunis et de Tripoli dans la Région du Maghreb.

Les Madecasscs ou Malgaches , qui forment la grande masse de la population de l'île de Madagascar; ils appartiennent incontestablement à la grande souche Malaie que nous verrons répandue d'un bout à l'autre de l'Océanie ; mais leur arrivée dans cette île est antérieure aux temps historiques. Nous indiquerons ailleurs les principaux peuples entre lesquels cette nombreuse nation est partagée.

L'Europe, depuis les Grecs et les Romains, et ensuite à l'époque des grandes découvertes géographiques et depuis lors jusqu'à nos jours, a fourni beaucoup de ses habitans à l'Afrique : les Portugais, les Espagnols et les Français qui appartiennent à la souche Gréco-Latine; et les Anglais , les Hollandais, les Danois et les Anglo- Américains qui sont compris dans la Famille Germanique, sont les *euls peuples européens ou d'origine européenne qui possèdent des établissemens en Afrique.

&EI»IGION. Le Fétichisme est la religion du plus grand nombre des habitans de l'Afrique , puisque c'est la religion que professent encore presque tous les Nègres , quelques peuplades de la famille Atlantique et presque tous les indigènes de Madagascar. Ces nations abruties, qui voient dans les objets les plus communs qui les environnent des sujets de leur adoration , paraissent généralement admettre un bon et un mauvais principe ; ils ont des jours heureux et malheureux; leurs prêtres sont des jongleurs adroits qui prétendent préserver les hommes et les animaux de l'influence des mauvais esprits. Quelques-uns de ces peuples ont un fétiche national et suprême : les Ouidah ou Widah , par exemple, adorent le serpent; un ordre de prêtres et des jeunes filles sont destinés à servir ce monstre dans une espèce de temple , où il est somptueusement nourri. Les féroces Bissagos adorent le coq ; les Bénin, qui regardent leur propre ombre comme un fétiche, ont pour idole principale, outre leur roi , un lézard. Le fétiche principal des Achanties est le fleuve Tando, celui des habitans du Dankas, \e fleuve Cobi, tandis que le Rio-Volta ou Adirrar (Adieri) l'est des habitans d'Odenlie. Dans l'Akkra, la hiène ; à Dixcove et Anamabou , X alligator; à Ussue, le chahal , et par tout l'Achantie, le vautour, sont adorés comme des divinités. Viguana est le grand fétiche des Bonny et le requin celui des Calabars, tandis que celui des Dahomey est tantôt un léopard et tantôt une panthère , auxquels on immole tous les ans des victimes humaines. Les nègres, qui habitent près des cataractes de la Bousempra sur la côte d'Or , révèrent ces cascades comme leur idole suprême, et les Agovrs, qui demeurent près des sources du Nil en Abyssinie, sacrifient depuis un temps immémorial au génie de ce fleuve. Les récits du Maure Sydy Hamed nous représentent les habitans de Wassenah adorant la lune, ainsi que plusieurs peuplades de la Nubie et d'autres contrées de la Région du Nil et de l' Afrique-Intérieure; ceux des envirous

Sîl

du cap Mesurado en Guinée adorent le soleil. Des arbres, des pierres, la lune et quelques astres sont les objets du culte des féroces et puissans Galla. Quelquefois les Nègres se font des idoles à face humaine , et le capitaine Tuckey et le docteur Smith furent surpris de voir ces idoles avoir, sur les bords du Zaïre dans l'intérieur de l'Afrique, des figures européennes et ressembler aux Egyptiens, ou plutôt aux antiques Ggures des Etrusques. Les Betjouanas ont une espèce de pontife qui est la personne la plus importante après le roi. A Dagouroba il y a un oracle très renommé, ce qui rend cette ville de la Guinée-Intérieure l'entrepôt d'un grand commerce. Les Jagas de Battel qui, d'après ce que nous avons dit ailleurs, étaient purement des nations appartenantes à la famille congo, commandées par des chefs portant le titre de Jagas , avaient un grand- prêtre qu'ils nommaient Chitome ; ils le révéraient comme les Kalmuks et les Tibétains adorent le Dalaï-lama; ce pontife demeurait dans un pays réputé saint, et près d'un temple, où l'on entretenait toujours un feu sacré avec le plus grand soin. La religion du royaume de Magadocho paraît être un mélange de mahométisme et de paganisme. V idolâtrie , mêlée avec quelques notions sur des bons et des mauvais anges empruntées aux Arabes, paraît former les différentes croyances religieuses des peuples de Madagascar. A Noki , dans le Loango , on voit un mélange monstrueux de christianisme et de fétichisme. Nous ajouterons ici quelques faits curieux que nous devons à l'obligeance de M. Douville. Selon ce voyageur les Cassange, les Molouas, les Muchingi, les Moucangama et autres peuples de la Nigritie- Australe réunissent, comme tant d'autres nations de la Nigritie-Centrale, aux superstitions de l'idolâtrie l'horrible pratique des sacrifices humains , et ce qui est encore plus extraordinaire, quoique très hospitaliers et d'un caractère doux, ces peuples sont anthro/jophages. Cette bizarrerie atroce est chez eux la conséquence d'une croyance religieuse. Nous avons vu à la page 694 qu'une superstition à-peu-près semblable engage les Bhindcrwas à tuer et à dévorer leurs parens malades ou les vieillards infirmes; nous verrons plus loin que chez les Battas, une des nations les plus policées de l'Océanie, ï anthropophagie est recommandée par leur code criminel. A quels horribles travers d'esprit n'est pas exposé l'homme lorsqu'il est abandonné à lui-même ! Chez les peuples du Congo que nous venons de nommer, les sacrifices humains, dit M. Douville, n'ont lieu qu'à l'occasion de l'avènement au pouvoir d'un souverain ou de quelque grande maladie épidémique. La victime est toujours choisie hors du pays et autant que possible à une grande distance du lieu du sacrifice ; elle doit être un jeune homme ou une jeune fille, et doit ignorer le sort qui l'attend jusqu'au moment d'être immolée. La peine de mort attend irrévocablement celui qui le lui révélerait. Dans l'intervalle on en prend le plus grand soin et on tâche même de l'engraisser par tous les moyens possibles. Le moment fatal arrivé, on la tue subitement au milieu de la plus grande solennité et en présence du roi, des nobles et de tout le peuple convoqué dans ce but. Son corps est ordinairement coupé en quatre parties et grillé immédiatement pour être distribué aux assistons selon leur rang , et mangé sur-le-champ.

La Religion Mahomètake est après l'idolâtrie celle qui compte le plus grand nombre de disciples. Elle est dominante dans tous les grands états de la Région du Maghreb ; dans la meilleure portion de la Région du Nil , c'est-

à-dire l'Egypte, la plus grande partie de la Nubie et dans la Troglody tique, quoique dans cette dernière contrée les Ababdès soient des inahomélans peu rigides, et que les Danakil n'aient ni prêtres ni mosquées. L'Islamisme est aussi la religion que professent les habitans de plusieurs états de la Côte-Orientale; et une grande partie de la population de l'empire de Bornou, du Dar-Four, du Mobba, du Baghermeh, de l'empire des Fellans ou Fellatah , des royaumes de Ten-Boktouc ( Tombouctou ) , du Bas- Bambara, du Pays des Dirimans et autres contrées de la Nigritie-Centrale (Soudan). Les Foulahs du Fouta-Toro et du Fouta-Djalo, presque tous les Mandingo et les Sousous sont non-seulement mahométans, mais le sont même avec beaucoup de fanatisme. Les Mandingo ont propagé l'islamisme jusqu'à Sierra-Leone d'un côté, et de l'autre jusqu'à Dahomey. 11 faut cependant faire remarquer que les Mandingo du Dentilia sont encore idolâtres , ainsi que la grande masse des habitans des pays où ils ne sont que la nation dominante; et que les Foulahs du Ouasselo (Ouassellon) et du Sangarari sont encore païens. La plupart des habitans au royaume de Cayor daus la Sénégambie professent l'islamisme, tandis que la famille royale est encore idolâtre ; a'un autre côté la masse de la population du royaume de Dagoumba (Degwumba) adore les fétiches , mais le roi et les principaux personnages de sa cour suivent les préceptes du Coran ; enfin, un petit temple en pierres, qui peut-être existe non loin du lac Djébou (Dibbie) dans la Nigritie-Centralc (Soudan), remplace pour une partie des roaliométaus de l'Afrique le fameux pèlerinage de la Mecque.

Le Christianisme compte un assez grand nombre de croyans, mais ils sont partagés entre différentes églises. Appartiennent à X Eglise Grecque ou Orientale tous les Coptes ou Monophysites de l'Abyssinie, où ils forment la grande masse de la population et presque tous les 80,000 individus Coptes qui, selon M. Scholz, vivent actuellement dans l'Egypte. Mais nous rappellerons que le christianisme des Abyssins est mêlé à beaucoup de pratiques et de superstitions, restes du paganisme. Le serpent est chez eux en grande vénération, et selon Pearce, celui qui tue un de ces reptiles sacrés est puni de mort. Vient ensuite ÏEglise Catholique , à laquelle 'sont attachés les habitans de l'Afrique-Espagnole, un nombre assez considérable de ceux qui vivent dans l'A fri que-Portugaise et Française, et quelques Coptes en Egypte. Appartiennent aux Églises Luthérienne et Calviniste, une partie de ceux qui demeurent dans les colonies Anglaises , Danoises , Hollandaises et Anglo- Américaines de l'Afrique.

Les Judaïsme est professé par un grand nombre d'Israélites répandus dans les Etats Barbaresques , l'Afrique -Ottomane et l'Abyssinie.

Le Magisme compte quelques Guèbres établis à Mosambique, où ils font les plus importantes affaires commerciales.

gouvernement. Toutes les formes de gouvernement avec leurs nuances différentes se trouvent en Afrique. Le petit état arabe de Damer, dans la Nubie, offre une théocratie monarchique ; le Fouta-Toro et le Fouta-Djalo (Fouta-Dialon) , dans la Nigritic-Occidentale (Sénégambie), des théocraties oligarchiques ; et le nouveau royaume de Sous, dans la région du Maghreb , une oligarchie féodale. Nous ajouterons que l'islamisme adopté par les populations noires les pousse à renverser leurs monarchies absolues et guerrières, pour leur substituer des gouvernement

tltéocratiques avec des formes oligarchiques. L'empire de Burnou présente la singularité d'un scheikh guerrier, qui est le véritable souverain, et d'un sultan, qui jouît des honneurs attachés au trône, mais dont l'autorité est nulle; c'est à-peu-près ce que nous avons vu au Japon. Le gouvernement de Maroc, de Bénin, du Yarriba, du Bourb-Iolof, de Bondou, du Dar-Four, de L'empire des Fellans et d'un grand nombre d'autres pays est despotique. Le royaume de Dahomey gémit même sous un despotisme comme on en trouve peu d'exemples sur le globe; tous les premier-nés mâles appartiennent au roi, qui les fait élever publiquement; ce monarque a même le monopole de toutes les femmes de son royaume, et chaque nègre qui veut se marier doit lui payer a 0,000 cauris pour recevoir une épouse. Le roi de Moropua est peut-être le plus absolu de tous les monarques de la terre) puisqu'il prescrit à ses sujets même le temps pendant lequel ils doivent s'amuser. Plusieurs souverains de la Guinée et celui de Gingiro dans l'Afrique-Orientale exercent sur leurs sujets le pouvoir le plus absolu; pour satisfaire leur cupidité, ils envoient leurs satellites voler des hommes dans les habitations qu'il leur plaît de choisir, et livrent eusuite ces infortunés aux marchands en échange des objets qu'ils veulent acheter. Les peuples de l'Abyssinic , les Ovas (Hovas) , les An tança y es , les Seclaves et autres de race malaisienne , à Madagascar , gémissent sous le double joug du despotisme et du régime féodal. Dans cette île , comme dans la Polynésie, le droit de tuer certains animaux et de manger certaines viandes est réservé aux classes supérieures. Nous rappellerons même que les Guanches des Canaries étaient jadis opprimés par le gouvernement féodal le plus tyrannique; leurs achimcncejrs ou nobles étaient les seuls qui eussent le droit de posséder des terres.

Le sultan du Mobba ou Saley, dans la Nigritie-Centrale (Soudan), et celui d'Anjouan, dans l'archipel de Madagascar, ne jouissent que d'une autorité très bornée. Dans le Bambouk et en beaucoup d'endroits le long des côtes de la Guinée, les principaux chefs des villages forment, à côté d'un monarque électif , des aristocraties turbulentes et désastreuses. Le puissant royaume d'Achanti offre une monarchie mélangée d 'aristocratie , dont le pouvoir suprême réside entre les mains d'un roi , de quatre chefs et de l'assemblée des capitaines. Le gouvernement de Sennaar avant les derniers évènemens était absolu , quoiqu'un conseil des grands de l'état eût le droit de déposer le roi et même de le condamner à mort. Le gouvernement des Mandingo du plateau de la Sénégambie est républicain , tandis que dans leurs colonies il est aristocratique , et dans leurs pays conquis il est monarchùfue limité par un conseil de vieillards. Les Sousous forment une sorte de confédération républicaine , remarquable par le pourrait , association secrète, semblable au tribunal vehmique du moyen Age, et destiné à maintenir l'ordre et la justice ; cette singulière institution ressemble beaucoup au belli-paaro des Sokkos. Les florissantes villes de Cavally et de Lahou , sur la côte de l'Ivoire , celle de Bonny sur la côte des Esclaves et le Pays des Camerones , sont des républiques oligarchiques. La grande famille des peuples cafres est régie en général par un gouvernement monarchique modéré; chaque tribu a ordinairement son chef héréditaire. Plusieurs tribus des Chillah (Shillahs), qui vivent dans l'empire de Maroc et dans l'état d'Alger , sont régies par des roitelets dont l'autorité est très bornée. Le gouvernement des différentes tribus qui errent dans la Troglo-

ABRÉGÉ t)R GÉOGRAPHIE.

dytique est patriarcal , comme celui des Arabes Bédouins et de la plupart des tribus maures du Désert. Le Borgou forme une espèce de confédération de pet i ts rois , dont celui de Boussa est le chef principal ; cela ne les empêche pas de se faire quelquefois In guerre entre eux. Les nations noires de l'île de Madagascar , tels que les Antavarts, les Bestimesseras , les An taxi mes, les Ambanivoules, etc. , forment en quelque sorte des républiques , où l'autorité suprême réside, dans les cabares ou assemblées publiques; les conquêtes de Radama ont modifié cette forme de gouvernement dans les territoires qu'il a réunis à son royaume, et qui sont maintenant gouvernés par sa veuve. Les Etats Barbaresques présentent sous différentes formes toutes les nuances du despotisme et de Y anarchie militaire. Les Quaquas , qui demeurent à l'est du cap Lahon dans la Guinée , sont divisés en castes comme les Hindous et les anciens Egyptiens. Tandis que les Arabes d'Egypte sont très attachés à la distinction des rangs transmise par leurs ancêtres, les Turks et les Mamelouks, que le vice- roi d'Egypte a détruits depuis quelques années, n'estiment que les qualités personnelles; la même opposition se retrouve parmi les Maures et autres peuples qui n'admettent aucune distinction fondée sur la naissance, et parmi les Abyssins, les Malais de Madagascar et autres nations, chez qui la naissance donne les plus grands privilèges à certaines classes. Nous verrons dans la description de l'Egypte le gouvernement que Mohamed-Ali vient de donner à ce pays classique.

Les observations sur le gouvernement des peuples de la Nigritie-Méridionale que nous devons à l'obligeance de M. Douville sont trop neuves* et trop piquantes pour ne pas trouver' place dans cet article. Tous les principaux peuples de cette vaste contrée ont un gouvernement monarchique plus ou moins remarquable par ses formes. Le souverain gouverne d'après des lois fixes, mais il est lui-même sous le joug de ces lois, parce que les grands de l'état peuvent convoquer le peuple en assemblée générale , pour le déposer s'il y manque. Chez les Dcmbos , comme chez plusieurs autres peuples de cette partie de l'Afrique , la noblesse est la récompense de certaines actions déterminées. La couronne est héréditaire , mais avec restriction : si l'héritier a commis quelque action avérée, qui le rende indigne de gouverner, les deux premiers nobles, qui ont le titre de censeurs et dont le pouvoir est très grand , peuvent convoquer le peuple en assemblée générale; celle-ci juge l'affaire à la majorité des voix, et si le crime est prouvé , elle prononce la déchéance et choisit à la majorité un autre successeur. Le choix tombe ordinairement sur l'individu dont le mérite est le plus éclatant. Dans cet état ainsi que dans plusieurs autres , le peuple paie un tribut si modique , qu'il ne suffit pas k la subsistance de la famille et de la cour du souverain. Plusieurs de ses femmes sont obligées de se mêler au reste du peuple pour cultiver quelque coin de terre. D'ailleurs, celles des nobles travaillent pour subvenir à l'entretien de leurs maris, qui, dit ce voyageur, n'ont acquis avec le titre de noblesse , ni le droit de vexer le peuple , ni la possession des terres qui appartiennent au souverain; celui-ci les distribue à chacun selon l'étendue qu'il peut en cultiver. Dans le gouvernement de presque tous ces pays le droit d'élection appartient au peuple; chez presque tous, la souveraineté est intronisée dans la personne de celui qui eu est reconnu le plus digne.

INDUSTRIE* Quoique les nations les plus policées de l'Afrique soient

DESCRIPTION DK LÀFRIQIF..

bien loin d'égaler celles de l'Asie sous le rapport de l'industrie, elles ne sont pas en général aussi abruties qu'on le croit communément. Les Ovas de Madagascar paraissent être le peuple le plus industrieux non-seulement de cette grande île, mais aussi de toute I Afrique, l'Egypte et 1rs états Barbaresques seuls exceptés; ils travaillent les métaux presque aussi bien que les Européens, et contrefont avec la plus grande facilité la plupart des objets de fabrique étrangère qu'on leur montre; ils font des étoffes très belles et d'une longue durée, et ees toiles de câlin qui sont si estimées. Les habitans des principales villes de l'Egypte et des états Barharesques, des royaumes d'Ardrah , de Dagotimba, des empires d'Achanti, de Bornon et autres états exercent plusieurs métiers et excellent dans la fabrication de plusieurs étoffes et dans la préparation des peaux; le district de Tafilet et plusieurs villes de l'empire de Maroc, ainsi que le Kachenah dans l'empire des Felans (Foulans) , sont renommés par la beauté de leurs maroquins et par la préparation des peaux. Depuis quelques années surtout, les filatures de coton de Damictte, Mansourah, Mahallet-el-Kebir, Fouah, Benelasul, Mitcamer, etc., dans la Basse- Egypte ont acquis une grande importance. A l'île de Zerbi , dans l'état de Tunis, on fait des étoffes de laine, de lin et des chftles, qui sont recherchés dans tout le nord de l'Afrique. Les Nègres sont en général mauvais chasseurs, excellens pécheurs , assez bons forgerons et habiles orfèvres ; ils savent donner à l'acier une bonne trempe et réduire le fil d'or à une extrême (inesse. Les Foulahs ou Foulans et les Sousous fondent le fer et l'argent , travaillent très habilement le bois et la peau, et tissent des étoffes. Chez les Bamboukains, les Eyos (Eyéos), les Kaylis (Kaylees) , les Bomouans, les Baghermch et plusieurs autres peuples, l'art du tisserand est porté à un certain degré de perfection. Les habitans de Loggoun dans l'empire de Bornou fabriquent les toiles de coton les plus belles et du tissu le plus serré de tout ce vaste état. L'orfèvrerie de tout l'Achanti , du Dagoumba , de Chendy , de Djinic,deTombouctou et d'autres contrées et villes de l'intérieur de l'Afrique jouissent d'une grande célébrité sur tout ce continent; leur travail est d'un fini admirable et ressemble aux ouvrages de filigrane. Les Betjouanas sont assez bons forgerons, armuriers, potiers et sculpteurs; les Maquinis, qui appartiennent à la même souche, sont encore plus avancés; ils travaillent le fer, le cuivre et l'ivoire. On dit que les habitans de Haoussa fabriquent eux-mêmes leurs fusils. Les Mayomba dans le royaume de Loango, les Molouas, les Bororos, les Maravi et autres nations de l'Afrique-Transquatoriale, exploitent des mines de cuivre qu'ils savent travailler. Les Molouas, les Bihé, les Holo-ho et autres peuples de la Nigritie-Méridionale, excellent surtout dans la fabrication des pagnes, des nattes et des corbeilles qui sont exportées dans tout l'intérieur de cette partie de l'Afrique. Quelques tribus des Maures du Sahara sont d'assez bons tisserands , armuriers et orfèvres. Les habitans d'Ouidah dans la Guinée, et les Molouas dans le Congo, savent même tailler les pierres fines pour en faire des pendans d'oreilles, des bracelets, etc. On dit qu'à Bornou il y a des graveurs en pierres fines et en cachets.

COMME iv OS. Malgré les obstacles que le manque de fleuves navigables, les montagnes et les déserts opposent au commerce en Afrique, cette partie du monde n'en offre pas moins dès la plus haute antiquité un mou vement commercial intérieur très vaste, et qui forme un des traits les plie*

caractéristiques de ce continent. Tombouctou , Djinie et les autres villes centrales de la Nigritie sont le but des caravanes qui partent tous les ans des extrémités de l'Afrique pour échanger les produits des contrées extérieures et ceux de l'Europe et de l'Asie, contre les produits de l'Afrique- Intérieure. Mourzouk dans le Fezzau et Cobbé dans le Dar-Four, sont comme les deux ports septentrional et oriental de la Nigritie. Il faut y ajouter depuis quelques années Audjelah , dont les habitans sont devenus les courtiers d'une grande partie du commerce de la Nigritie-Cen traie (Soudan) avec l'Egypte et l'état de Tripoli. Depuis que les Marocains ont perdu leur influence politique sur Tombouctou , les Arabes du nouvel état de Sous se sont emparés de tout le commerce que cette ville faisait avec l'empire de Maroc, et sont devenus, comme les Fezzaniens au nord et les Fouriens à l'est , les agens immédiats des rapports commerciaux de la Nigritie-Centrale avec l'Afrique-Septentrionale. Les Foulahs et les Sou sous, et surtout les Mandiugos , font le commerce du côté de la Sénégambie , les Dagoumba et les Achantis du côté de la Guinée. Dans la région du Nil , le Caire est le grand entrepôt du commerce qui se fait entre l'Asie et l'Afrique ; cette grande ville , par le moyen des habitans des oasis d' Audjelah et du Fezzan, du Dar-Four, et des marchands de Chendi et de Damer, étend ses relations commerciales avec les villes de Tunis, Alger, Fei, Maroc, les grandes villes de la Nigritie-Centrale, de la Nubie et de l'Abyssinie. La ville de Chendi elle-même était devenue depuis quelque temps le grand entrepôt de l'Afrique-Orientale, entre la Nigritie-Centrale, l'Abyssinie, la Nubie, l'Egypte et l'Arabie, de même que Coummassie l'est devenu de nos jours entre la Nigritie-Centrale et la côte de la Guinée ; mais le commerce de la première est beaucoup déchu dans ces dernières années à cause des guerres qui ont désolé récemment presque toute la Région du Nil.

Généralement parlant, on peut dire que le commerce est, jusqu'à un certain point , l'occupation principale de plusieurs peuples de l'Afrique. Sans parler des Juifs , répandus dans une grande partie de ce continent , et des Mandingos , des Fezzaniens , des Fouriens et autres déjà mentionnés, il nous semble qu'on doit regarder comme tels les suivans : les Serakhalés (Serracolets) dans la Nigritie-Occidentale (Sénégambie) , où depuis long temps ils sont renommés par leur adresse et leur intelligence; les Somaulis , qui possèdent plusieurs vaisseaux et échangent les produits de l'Abyssinie-Méridionalc et de l'extrémité orientale de l'Afrique avec ceux de l'Arabie. Les Ghibberti, qui ne sont pas une nation particulière comme on le croit communément , mais bien des Arabes établis dans la Troglodytique au milieu des Dankalis, et qui sont les courtiers de presque tout le commerce de l'Abyssinie avec l'Asie ; les Movizas , qui sont tributaires des Cazambes, et font presque toutes les affaires commerciales de l'intérieur du Monomotapa. Il est aussi curieux de voir les Laoubés , établis parmi les Iolofs, avoir des mœurs et des usages qui ressemblent à ceux des Bohémiens , et les Krous (Kroos) de la côte des Graines , ainsi que d'autres nègres côtiers, qui demeurent entre le cap Sainte- Anne et le cap Pal m as, quitter pendant quelque temps le pays pour exercer le commerce ou bien pour s'engager comme matelots sur les vaisseaux européens, comme aussi de voir un grand nombre de Foulahs et de Kénonz (Kensij faire dans l'intérieur de l'Afrique et en Egypte ce que font en Europe les Savoyards,

les Auvergnats, les Tyroliens, les Gallegos, les habitans du Frioul, du pays de Foulda et autres montagnards actifs et laborieux.

Les villes les plus importantes de l'Afrique sous le rapport du commerce sont : Fez, Maroc , Mogador et Tanger, dans l'empire de Maroc; Alger, maintenant dans l'Afrique-Française; Tunis et Tripoli, dans les états de ce nom ; Mourzouk et Gadarnés, dans l'état de Tripoli ; le Caire , Alexandrie, Chendjr, Damer, Sennaar, Souakin, Cosseir et Massouah , dans F Afrique-Ottomane; Adowa, dans l'Abyssinie; Angornou et Bornou , dans l'empire de Bornou ; Kano , Sackatou et . Kachenah , dans l'empire des Felans ; Koulfa , dans le Nyfle ; Coummassie , Grand-Bassan , Cap-Lahou, Yandy, etc., dans l'empire d'Achanti; Tombouctou , Djinie, Sego , Sansanding, Kankan , etc., dans la Nigritie-Centrale-Occidentale ; Bonny , Calabar, etc., dans la Guinée; Cassange, Yan\*o, Bihé, Badundo , Missel, Holo-ho , etc. , dans l'intérieur , et Cabinda , Ambriz , etc. , etc. , sur la côte de la Nigritie-Méridionale (Congo) ; Saint-Louis (Sénégal) , et Saint- Denis (île Bourbon) , dans F Afrique-Française ; Free- Totvn, Cap-Corse, Le Cap et Port-Louis file de France), dans l'Afrique- Anglaise ; Orotava et Santa-Cruz, dans l'Afrique-Espagnole; funchal, Prajra, Saint-Paul de Loanda, Bengucla, Mozambique, etc., dans l'Afrique-Portiigaise; Elmina, dans l'Afrique-Hollandaise; Christian sbourg , dans l'Afrique-Danoise; Bernera, dans le Pays des Somaulis; Tamatave , Foulepointe , etc., dans File Madagascar.

Les marchandises les plus recherchées dans l'intérieur de l'Afrique sont : les pistolets, les fusils, les sabres; les verroteries de Venise, dont on importe encore des quantités incroyables; les étoffes grossières en laine, les soieries, la poterie, le cuivre jaune , les cotonnades imprimées, les mousselines rayées, le papier à écrire, le corail , les rasoirs, le sel, les parfums et les épices. Les principales importations dans les autres pays de cette partie du monde, outre presque tous les articles sus-mentionnés , sont: étoffes de FInde , châles , eau-de-vie , rhum , quincaillerie et en général un grand nombre d'articles des fabriques européennes. Les principaux articles d'EXPOM-ATioif sont : poudre d'or, ivoire, riz, froment, gomme, poivre, plumes d'autruche, peaux non préparées, cuirs, maroquins, coton, indigo, dattes, séné, cire, aloé , cuivre, natron, sel, vin de Madère, des Canaries et du Cap , urzelle et plusieurs articles coloniaux des îles possédées par les Européens. Nous regrettons d'avoir encore à ajouter à ces articles celui des esclaves , qui avant l'abolition de la traite était la branche principale du commerce de l'Afrique, et qui, malgré toutes les défenses et les croisières, continue encore et se fait sur les côtes occidentale et orientale avec la plus grande activité; selon M. Grâberg, ce commerce infâme s'est même ouvert un nouveau débouché sur la Méditerranée par le port de Tripoli. Quant au commerce des esclaves qui a lieu par terre , non-seulement il continue toujours , mais il paraît même qu'il est devenu plus considérable depuis que celui qui se faisait par mer souffre des entraves. Plusieurs princes mahométans , tels que le scheikh de Bornou, les sultans de Baghermeh et de Dar-Four, ainsi que plusieurs autres ne se font aucun scrupule d'attaquer les villages des nègres idolâtres pour en faire des esclaves et les vendre; cette chasse aux hommes est ce qu'ils appellent une ghazic , du mot arabe qui signifie guerre contre les infidèles; mais ce qui est encore plus horrible, c'est de voiries chrétiens,

AKKÉGÉ DE GÉOGRAPHIE.

<l Abyssinie courir, eux aussi, sur les malheureux Changalla pour avoir

des esclaves.

L'Afrique qui vit s'élever sur ses côtes la superbe Carthage, la première puissance maritime de l'Ancien-Monde ; l'Afrique , qui vit ses ports remplis de flottes nombreuses , qui lui assuraient la souveraineté des mers , et dout plusieurs expéditions devaient découvrir de nouvelles contrées et ouvrir de nouveaux débouchés à son commerce; l'Afrique n'offre maintenant aucun peuple qui mérite le nom de puissance maritime. Les Africains les plus civilisés ignorent à- peu-près la construction des vaisseaux , et les despotes barbaresques et le pacha d'Egypte doivent à des ingénieurs européens presque tous les bâtimens de guerre qu'ils possèdent. Les Bissagos, les Boony et quelque autre peuplade de la Nigritie-Maritime, les féroces corsaires de l'extrémité septentrionale de Madagascar , sont, avec les Somaulis , les seuls Africains qui connaissent un peu la navigation ; encore, à l'exception de ces derniers, qui sont de paisibles marchands , ce n'est que pour exercer la piraterie que ces peuples construisent quelques grands canots. Ceux des Bonny sont les plus forts ; Us peuvent porter 140 hommes et ont souvent un canou de gros calibre monté sur l'avant Les corsaires qui vivent dans les îles du lac Tchad ou de la mer de Bornou dans la Nigritie-Cen traie (Soudan), ne sont pour ainsi dire navigateurs que pour être les pirates de l'Afrique- Intérieure.

Parmi les différentes monnaies qui ont cours en Afrique , le sel, le ùbbar et les cauris méritent de fixer notre attention ; la première parce qu'elle nous rappelle l'enfance des sociétés et du commerce ; les deux autres par les grandes différences qu'elles offrent sous le rapport de la valeur qu'on leur accorde dans cette partie du monde , comparée avec celle qu'elles ont dans les autres. Le tibbàr ou la poudre d'or, dont la plus grande partie se recueille dans la Pfigritie-Centrale (Soudan), a cours sans exception dans presque toute l'Afrique, où dans les endroits les plus abondans en or, par exemple à Sansanding, la valeur de ce métal est à celle de l'argent comme i i/a à i, tandis qu'au Japon elle est comme îa à i et en Europe comme i5 à i. Le manque de mines de sel dans plusieurs pays de l'intérieur de l'Afrique, et la difficulté du transport de cet article si nécessaire à l'homme, en élève tellement le prix, que le sel y sert de monnaie dans un grand nombre de contrées. Dans le pays des Mandingo, par exemple, un morceau de sel, long de a pieds et î/a, larj$e de i pied a pouces et épais de a pouces vaut, selon Mango-Park, i jusqu'à a livres sterling ou de 25 à 5o francs; dans le Dar-Kulla, selon Browne, la livres de sel équivalent à un esclave de quatorze ans; selon M. Sait, au marché d'Antalovr dans le Tigré, a à 3 livres de sel ont la valeur d'un trentième de dollar; plus loin cette valeur augmente à proportion de la distance , jusqu'à ce que le sel y est changé , selon Alvarez , contre un poids égal d'or. Dans l'intérieur de la Nigritie-Méridionale (Congo), selon M. Dou ville, un morceau de sel coupé en forme quadrangulaire et long de 8 à 9 pouces pesant environ 3 onces vaut de a à 3 francs. Les cauris , dont la valeur est tout-à-fait arbitraire et qui remplacent le billon sur les bords du Gange, dans le Haut-Tibet et dans le royaume de Kaboul, sont la monnaie la plus commune dans la Nigritie-Centrale (Soudan et Guinée) et sur le plateau de la Sénégambic ; mais elles paraissent n'avoir plus de cours dans la Nigritie-Méi idionalc, où M. Dou ville ne les a jamais

rencontrées dans les transactions commerciales. Ces jolies petites coquilles qu'on pèche dans les parages des îles Maldives, ont dans l'intérieur de l'Afrique une valeur presque dix fois plus grande qu'elles n'en ont au Bengale; dans cette dernière contrée 2,400 cauris équivalent à 1 shilling ou a5 sous de France, tandis qu'à Kachenah et à Sego il n'en faut que 2S0 pour représenter la même valeur. On doit ajouter que la principale monnaie courante de l'Abyssinie consiste en pièces <l< coton de la valeur d'un dollar : quand il s'agit de sommes moins considérables, on coupe ces pièces dans la proportion convenable.

ÉTAT SOCIAX des AFRICAINS. Nous empruntons à notre Tableau Physique y Moral et Politique des cinq parties du Monde les fragmens suivans; ils offrent quelques-uns des traits principaux de la civilisation de l'Afrique. Réunis aux faits que nous avons exposés en parlant de l'industrie, du commerce, du gouvernement, de la religion et à ceux que nous avons intercalés dans les articles de la topographie, ils forment un ensemble qui nous parait assez complet pour donner au lecteur le moyen de comparer sous cet important point de vue les peuples de l'Afrique avec ceux des autres parties du monde.

L'Afrique présente plusieurs grands foyers de civilisation indigène et quelques autres qu'elle doit à l'Europe et à l'Asie. Le premier et le plus aucien , comme aussi le plus important, se trouve dans la Régiou du Nil. Là, avant les temps historiques, on voit les Egyptiens et les habita us de Mêroe cultiver les sciences et les arts, dont il nous reste de si imposaus monumens répandus le long du Nil et de l'Astaboras et dans les oasis voisines; l'ancienne civilisation des plateaux d'Axum et de Goudar parait être une émanation de celle de Méroë, taudis que l'état social de la Basse-Nubie et do la Moyenne, ainsi que celui des oasis qui entourent l'Egypte paraissent être dûs à des colonies égyptiennes. Les autres foyers de civilisation indigène , qu'on trouve dans la Nigritie, ne méritent pas moins que le premier de fixer l'attention des philosophes. Le caractère particulier qu'offre l'état social parmi les Poulain et les Sousous sur le plateau de la Sénégambie ; les progrès faits par 1» Ardrahs et leurs voisins avant l'invasion des Dahomeys, progrès qui les avaient élevés jusqu'à l'inveution d'une sorte d'écriture qu'où pourrait comparer aux quippos des Péruviens ; la civilisation imparfaite qu'on observe chez les habilans du Dahomey, du Bénin, du Dagoumba et autres peuples de la Guinée; celle desMofotuis, des Bihê, des Cassange dans le Congo, des Movizas dans le Mouomotapa, des Betjuanas , des Mnquinis et autres dans l'Afrique Australe , donnent lieu de croire que ces peuples , qui paraissent avoir été exempts de toute influence étrangère, ont suivi une direction particulière dans le développement de leurs facultés intellectuelles, et n'ont avancé que très lentement vers la civilisation. Chez les Achantis, les plus puissans et les plus policés de tous les peuples de la Guinée, on a remarqué des traditions, plusieurs usages et quelques lois, que le voyageur Ikmdich crut pouvoir attribuer à d'anciennes liaisons avec les Carthagiuois et les Egyptiens. Mais, selon nous, cette observation pourrait être appliquée à plusieurs autres peuples nègres de l'Afrique-Intérieure. Les habitans de Tombouctou , de Hornou , de Kachenah, de Uaoussa et d'autres contrées de l'Afrique-Intérieure paraissent devoir aux Arabes, sinon tout, du moins en grande partie, l'état imparfait de civilisation dans lequel on nous les représente. Quant aux peuples anciens et modernes de la grande famille Berbère ou Atlantique , successivement en contact avec les Phéniciens, les Carthaginois, les Grecs et les Romains, et ensuite avec les Arabes, il est tout naturel de croire, que c'est à ces peuples qu'ils doivent les faibles progrès qu'ils ont faits dans la civilisation.

A ces deux espèces do civilisation indigène nous devons en ajouter deux autres qui sont étrangères à l' Afrique , où depuis les temps historiques et à quatre époques successives elles ont été importées par deux nations européenne*, et deux nations asiatiques. Les Carthaginois et plus tard les Arabes appartiennent à la famille Sémitique; les Grecs et ensuite les Romains sont compris dans la famille Greco-Latine. Mais les Carthaginois, les Grecs et les Romains n'étendirent pas leur influence au-delà de la Région du Maghreb (Sahara -

SiO ABRÉGÉ DE GÉOGRAPHIE.

Allas) et de celle du Nil. Ce ne fut même qu'à partir du iv" siècle de notre ère, que le christianisme, faisant toujours de nouveaux progrès, s'établit sur les versa us de l'Atlas, en Nubie , et dan» l'Abyssinie où il domiuc encore en partie. Trois siècles après, les Arabes, animés de l'esprit de prosélytisme et de couquète, le corau d'une main et le glaive de l'autre, ]>arcoururent toute la Région du Maghreb et toute la Côte-Orientale jusque au-delà de Sufala, en introduisant partout l'islamisme et l'imparfaite civilisation qui raccompagne. Plus tard et successivement le zèle et la persévérance des missionnaires mahométans portèrent la religion de Mahomet bien au-delà du Djoliba et de la Gambie et parvinrent même en plusieurs endroits à touclier l'Atlantique sans avoir encore pu franchir les hautes montagnes qui vers l'intérieur s'étendent au sud de la Région du Nil. On peut dire sa us exagération que, jusqu'à ces derniers temps, c'est la langue arabe qui en Afrique a été presque le seul véhicule des connaissances et de la civilisation. Tous les Arabes du Désert apprennent à lire et à écrire ; ils ont même uue sorte d'enseignement mutuel pour instruire leurs enfans. Les écoles arabes du Caire, deMerawe, Damer et du Dar-Four, dans la Région du Nil , celles du Bornon , du Borgou, du Baghermeh et autres pays de la Nigritie-Centrale (Soudan) ; celles de Maroc, de Fez, d'Alger , de Tunis, etc. , dans la Barbarie, sont les foyers principaux des connaissances répandues dans l'Afrique par cette nation , tandis que les écoles des Mandingo , des Fottlahs , dos Iolofs et des Sousous mahométans dans la Nigritie-Occideutale et Centrale (Sénégambie et Soudan), sont d'autres foyers de l'instruction importée sur ce Continent par ses partisans les plus zélés. On doit avouer que de même qu'en Asie les apôtres du bouddhisme, se répandaut à-la-fois en Tartarie, au Tibet et ailleurs, contribuèrent à adoucir les mœurs des peuples les plus intraitables, de même en Afrique c'est aux missionnaires musulmans que l'humanité est redevable de l'abolition de l'anthropophagie et des sacrifices humains chez plusieurs nations africaines. Ces véritables bienfaits, réunis aux imparfaites connaissances dans les arts les plus indispensables à la vie, qu'ils répandirent parmi ces peuples , coutraslent douloureusement avec la conduite de certains princes mahométans et avec celle des peuples étrangers à la race nègre. Condamnée par les uns et par les autres à l'esclavage dès la plus haute antiquité , celte race malheureuse a été la victime de la double traite intérieure et maritime. Les résultats de ce commerce abominable furent la multiplication des guerres intestines et la démoralisation complète d'une race d'hommes susceptibles autant que les autres d'un grand perfectionnement social. 11 est juste ce|>endanl de signaler les nobles efforts faits dans ces derniers temps par quelques plulauthropes européens pour expier en quelque sorte tant de crimes.

Des l'auuée 1787 le vertueux Isert fonda la première colonie de nègres libres dans le pays d'Aquapim, sous les auspices du gouvernement danois, et introduisit pour la première fois parmi les nègres la charrue européenne. Flint, sou successeur, en fonda une seconde plus près d'Akkrah , et l'on vit sa vertueuse sœur enseigner aux négresses à filer le coton , et une multitude d'autres travaux de femmes. Toute l'Europe a retenti des noms illustres des Granville, des Sharp , des Wadslrôm , des Afzelius, des Wiuterbottom , des Beaver, des Watt, qui eurent le mérite de fonder en 1787 la colonie des nègres libres à Sierra-I.eone , et de l'éloquence des Wilberforce , des Clarkson et des Buxton , qui défendirent avec tant de chaleur la cause de la liberté des nègres. Apres avoir surmonte mille obstacles, ces philanthropes eurent la consolation de voir leurs efforts généreux couronnés d'un assez grand succès, malgré les obstacles opposés par un des climats les plus délétères que l'on connaisse , et ceux qu'apporta la continuation de la traite des nègres. Free-Town s'éleva sur les bords de la Sierra-Leone, et ses écoles et ses ateliers , peuplés par des centaines d écoîiers et d'apprentis nègres , devinrent un foyer d'iuslructiou pour les Africains des pays limitrophes. Gloucester-Towo , Regent-Town , Thornton et autre» petites villes s'clevèreut successivement dans ce canton naguère inhospitalier, et devinrent avec Free-Town , au milieu des nègres abrutis , le siège d'un commerce assez florissant et d'une civilisation européenne. L'influence de ces établissement se fil sentir bien loin , et de nouvelles colonies libres s'élevèrent en différons endroits ; les écoles de Kingstown près du cap Mesurado , d'Auamaboè, de Cap-Corse (Cape-Coast), d'Akkrah , de Dixcove, ele, furent ouvertes aux nègres libres depuis Sierra -Leone jusqu'aux frontières du Dahomey. Nous signalerous dans la description de l'Egypte tout ce que celle contrée classique doit de «os jours à l'Europe. Nous verrons dans la description de la Nigrilie les nobles efforts

faits par la société philanthropique formée dernièrement au-delà de l'Atlantique; la florissante colonie de Liberia lui doit son existence et l'Afrique un nouveau foyer de civilisation. Plus bas, dans le pays des Hottentots, les intéressantes colonies de Giiquatown et d'Hardcastle devinrent aussi un autre foyer d'instruction pour les nombreuses peuplades qui habitent le plateau de l'extrémité de l'Afrique-Australe. Les Français ne restèrent pas indifférons à ces mouvemens philanthropiques de leurs rivaux, et les écoles de G orée et de Saint-Louis , fondées depuis 1 8 1 5 dans la Séuépambie , offrent déjà aux enfans des nègres limitrophes et des contrées de l'intérieur les premiers principes des sciences et des arts. Ils ne se sont pas bornés là ; M. Drovetli, ancien consul de France en Egypte , voulant mettre pour ainsi dire la Iwrbarie et la civilisation en présence, a acheté quelques Ethiopiens, et les a envoyés à ses frais à Paris, pour qu'ils y fussent élevés dans les sciences d'Europe et ramenés plus tard dans leur patrie. Quelles ne doivent pas être les conséquences de tant d'efforts dirigés vers un but si noble !

Sans répéter ici la longue série des peuples abrutis qui conservent encore l'horrible pratique de l'anthropophagie et les superstitions atroces que nous avons mentionnées ailleurs, qu'il nous soit permis de rappeler quelques usages barbares, dont nous aurons malheureusement à signaler les analogues chez quelques nations de l'Amérique et de l'Océanie. L'exposition des enfans est permise aux guerriers galla. Les Madecasses noient impitoyablement tous les enfans qui naissent avec quelques vices de conformation , et toutes les femmes des Ma melouks, naguère dominateurs de l'Egypte, qui pouvaient se priver de l'avantage de devenir mères , le faisaient sans même y attacher l'idée du crime. Dans plusieurs royaumes de la Nigritie, à l'avènement de chaque roi, les veuves de son prédécesseur se tuent les unes les autres jusqu'à ce que le nouveau monarque mette un terme au massacre ; dans ces mêmes états, ou mêle le sang humain à l'argile pour construire des temples en l'honneur des monarques. Parmi le plus grand nombre des nations des côtes de la Guinée, il est d'usage que les plus riches particuliers fassent, au moins une fois dans leur vie , des sacrifices humains expiatoires aux mânes de leurs pères. Dans ces occasions , qui sont toujours des époques de réjouissances publiques pour ces peuples féroces, on ceint quelquefois, par un raffinement de barbarie, le front des malheureuses victimes de tiges épineuses, qu'on enfonce bien avant dans les chairs, et, dans cet état, on les promène jaillissantes de sang par toute la ville, au milieu des cris et des insultes d'une populace effrénée jusqu'au lieu où elles doivent être immolées. Le roi de Lagos envoie de temps à autre uu homme masqué et bien armé, qui passe pour le diable, parcourir toutes les rues de la ville et tuer tous ceux qu'une chance fatale amène sur son passage ; dans la même ville , après l'équinoxe du printemps, on empale vivante une jeune fille pour se rendre propice la déesse qui préside à la saison pluvieuse. Des atrocités analogues se pratiquent dans plusieurs autres villes de la Nigritie. Des milliers de nègres périssent tous les ans sur le tombeau de leurs rois qui ordinairement s'y font suivre par plusieurs de leurs femmes immolées sur la tombe. Le chef électif des Fantee doit, dans certaines circonstances, se faire amputer le bras gauche pour témoiguer son dévoûmenl au peuple, quj lui accorde ensuite une autorité illimitée. La veuve hollentote qui veut se remarier est obligée de se faire couper une phalange d'un doigt ; et chez ce môme peuple un magicien ou jongleur sanctifie l'union des nouveaux époux en les aspergeant de son urine.

On peut dire que presque tous les Africains sont polygames; du moins les nègres le sont tous; et cet usage, si contraire à la nature, n'est nulle part poussé si loiu que chez cette race. La polygamie la plus effrénée règne au Congo , où l'influence de la religiou catholique n'a pu l'éteindre; seulement elle est parvenue à y faire défendre les unions incestueuses ; et quoique la religion la défende en Abyssinie, les lois, selon Pearce, ïj autorisent ; les empereurs mêmes y sont polygames. Chez les habitans du Dar-Four , l'union entre les deux sexes est illimitée, et taudis que les Koussas, les Betjouauas et presque tous les peuples de l'Afrique-Australe sont polygames et ont les mœurs les plus relâchées , les Hottentots sont monogames , et ont en horreur l'inceste et l'adultère. Les femmes, chez uu grand nombre de nattons africaines, comme partout où la civilisation n'a pas rendu à la compagne de l'homme la considération qui lui est due, sont chargées de tous les travaux. Chez les Sousous, elles exploitent les mines de fer; chez les Cafres, ce soot elles qui sont chargées de la construction de la cabane et des autres occupations les

A11RÉGK DE OKOGKAPHIK.

plus pénible» ; il en est de mène chez les peuples du Congo et de presque tous les pays de la Nigntie. Néanmoins leur sort en Afrique est incomparablemeut meilleur qu'il n'est en plusieurs parties de l'Asie et parmi le plus grand nombre des peuples sauvages de l'Amérique. Il y a même plusieurs contrées où les femmes sont entièrement égales aux hommes. Chez divers peuples nègres elles sont admises à l'ordre de la prêtrise , ce qui a lieu avec beaucoup de cérémonies et après de longues épreuves. Dans plusieurs pays du Cougo, c'est la mère qui anoblit et non pas le père ; là , les princesses ont le pouvoir de prendre pour mari qui elles veuleut et de le répudier à volonté pour appeler un autre à l' honneur de leur couche. Dans presque tous les états de Madagascar, la succession au trône a lieu par ordre de primogéniture sans distinction de sexe, ce qui fait qu'on y voit souvent régner des femmes , comme on en a vu des exemples de nos jours dans l'Ile de Madagascar , a Bombetoc, à Teiutingue et chez les Ovas, dont le trône est occupé par la veuve du célèbre Radama.

DIVISION. L'état encore si imparfait de la géographie de cette partie du monde ne permet pas de la partager en grandes régions géographiques bien distinctes, et le grand nombre de ses divisions politiques et les grandes incertitudes dont ces dernières sont affectées, ûtentla possibilité au géographe compilateur de prendre celles-ci pour base de ses descriptions. Ces motifs nous ont engagé à partager provisoirement toute l'Afrique, en cinq grandes régions que nous' proposons de nommer : Région du Nil, Région du Maghreb ou du Sahara- Atlas, Région des Nègres ou Nigritie, Région de V Afrique- Australe , et Région de l'Afrique- Orientale ou du Zambeze. Nous avons ajouté une sixième division pour y réunir toutes les possessions des puissances étrangères éparses sur ce vaste continent et sur les îles qui en dépendent géographiquement ; cette partie offre l'ensemble des pays appartenant à chacune de ces puissances sous les titres de Afrique- Ottomane, Afrique- Arabe , Afrique- Française , Afrique- Anglaise , Afrique- Espagnole , Afrique-Portugaise, Afrique-Danoise, Afrique-Hollandaise et Afrique- Anglo-Américaine,

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