‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 187 sur 320 · MOYENNE ET H AUTE-ÉG Y PTE · texte numérisé non relu

MOYENNE ET H AUTE-ÉG Y PTE

Djyxeh Djyxeb; Bedrrckejn; M/t-Rakjtuh{UtuvHts, Pyramides); SaA-

kara; Dakckour; Abousjr.

Atpyh A t fy h.

Beny-soueyp. Bcny-soucyf; Bouch; Fechn; Abou-D/iniJeh; Bchncsek; Samat-

lout; Aknds.

Fatodm Mcd ) ucl-cl-Ka yonn.; Begyg-

M i if W >■ Minyeb.-ebn-k.hasim i Mcyiaouy-cl-arich ; Beni-hassan ;

Ch cykh- Abadeh ; EUtdl; Darout-el- Caeryf; Achmouneyn. Mofir*LOtrr. M o n f a 1 o a t ; EUCousyth; Sanabou.

Stoitt S y o u t ; Abeutig; Sadfeh; Tahtah.

DJUWIH. D j à r d i e b ; Menckjet^l-uMè; Hou; Akkmjm; Qaoa, MaJfounèh

(Abjdus), Denderak (Teatyris).

X» W£H Kénch; Cous; Kejt; t.rmi'n: ; harnak, Louasor, Gournan, JfeJrnet-

Abou, etc. (Thèbes); Qocejrr.

Esai Es né; Edftm; Assouan (Sjrene) ; Koum~Ombou; El-Kah; El-Sag

la

Contbéb Oriehtalb. . Outre Soueztt Qoeeyr; dépendant de» préfecture» dn Caire et de

Kéué, les vaste» solitude» parcourue» par le» nomade» Arabe» et

troglodytiqnes. Bérénice , ancien port ,• le mont Zabarak. Cobtbea Oucidbbtalb. Les oasis dite» de Khargeh {La Gn tnde ou de Tkèbes), de Dakkel ,

de Farafreh , La Petite, et de Syouak ; Us tact de Natmn. Nu an Derr, Ebsambd, Dongolak, Korti, Meraoueh, Damer, Ckendy ,

Sennaar, Souakim, Ouadt-Half* et autre» Tillbs et lieu» situés dans

les contrée» décrites aux pages 849» 85o, 85 1, 8ia et 851.

KoRDoraiv Obétd, voyex à la paac 848.

AsTsarntr. Matzoua on Massouak décrite à la page 8^7.

Arabie La Mecque,- Djiddak , etc., dans le grand-chérifat delà Mecque;

Akaba , etc. , dans l'Arabie- Pet réc; Derréytk , etc. , dan» le Ncd-

jcd. Voycx aux page* 66a, 663 et 667.

Voici les villes et les lieux les plus remarquables de l'EGYPTE proprement dite :

Le Caire (El-Kahira), très grande ville, située dans une plaine sablonneuse à 400 toises de la rive droite du Nil, au pied du mont Moqattam. Ses rues sont étroites , tortueuses et non pavées ; quelques-unes sont si étroites que souvent les balcons de deux maisons opposées se touchent ; lusieurs sont rouvertes par te haut , ce qui les garantit des rayons du soeil ; cela a lieu surtout dans les rues où se tiennent les marchés; plusieurs ont des embrancheinens en zigzag aboutissant à des impasses innombrables. Chacune de ces ramifications a une entrée , que les habitans ferment quand il leur plaît La description de cette ville par M. Jomard nous apprend que le Caire est divisé en 53 quartiers appelés harah, dont 16 sont les principaux. Plusieurs se distinguent les uns des autres par la population qui leur est spéciale, comme celui des Juifs , le quartier Copte, le quartier des Grecs et celui des Francs ou Européens. Quatre places se distinguent par leur étendue : celles de Qarameydan , de Roumcyleh , de Birket-el-jil et d' El-Ezbekyeh ; les deux dernières sont inondées pendant les hautes eaux; la quatrième est la plus grande de la ville; on peut la comparer pour l'étendue à deux fois celle de Louis XV à Paris. Elle offre un magnifique spectacle lorsqu'un grand nombre de barques illuminées la parcourent dans tous les sens au mois de septembre, quand la crue du Nil est au maximum.

Les maisons en terre et en briques , comme toutes celles de l'Egypte en général, sont mal construites; la plupart ont deux et jusqu'à trois étages. N étant éclairées que par des fenêtres sur des cours intérieures , elles présentent du cote de la rue l'aspect de prisons. Les palais des beys et des kachefs et les maisons des premiers cheykhs ou chefs de la religion , de l*a8<1 » de Yotuity, du cadi et des autres fonctionnaires, se distinguent, au premier abord, des maisons des simples particuliers par une construction

moins vicieuse , un aspect plus orné , une plus grande élcndue. Le rez-dechaussée est en pierre de taille, et chaque assise est ordinairement peinte en rouge ou en vert. Au-dessus , et à chaque étage , on voit des balcons très saillans, en grillage ou en boiseries travaillées au tour, plus ou moins ariistement. Presque toutes ont une grande salle ouverte au rez-de-chaussée, nommée mandar ou belvédère , où le maître donne ses audiences, et d'où il voit tout ce qui entre dans la cour ; une autre grande pièce au rezde-chaussée, en forme de T, pavée en marbre, ornée au centre de jets d'eau et garnie de divans ou larges sophas; des salles de bains, des jardins situés au-delà du principal corps de logis, et de vastes écuries bien entretenues. Les magasins sont simples au dehors comme au dedans, et n'attirent nullement par l'artifice des étalages; les femmes n'y ont pas d'emploi et en sont exclues. Les cafés, au nombre d'environ 1,200, sont des ■salles simplement garnies de nattes, avec des banquettes qui régnent tout autour , où l'on ne prend guère que la liqueur dont ils tirent leur nom , et «ela, selon M. Rifaut, moyennant a paras la portion, ce qui équivaut actuellement à 2 centimes.

Une multitude de mosquées, plus élégantes les unes que les autres, couvertes d'arabesques du meilleur goût et ornées de minarets admirables de richesse et de grdee , donnent à celte capitale un aspect imposant et varié. Quatre se distinguent parmi toutes les autres par leur éteudue et leur architecture : celle de Touloun , vaste édifice du ixe siècle , qu'on regarde comme le plus beau monument arabe qui reste en Egypte, qnoiqu'à moitié ruiné ; on y admire surtout la délicatesse des sculptures et ses beaux portiques en arcades. Viennent ensuite la masquée tf El-Hakym , également remarquable par son antiquité, son étendue et ses ornemens; celle de El-Azhar (Loub-el-Ozab) , avec une coupole magnifique; ses dépendances offrent une grande quantité d'appartemens destinés à loger les pèlerins qui vont à la Mecque; mais, ce qui la rend surtout célèbre, c'est le collège qui y est annexé et qui est le premier du pays. C'est là qu'enseignent les plus célèbres docteurs de l'islamisme ; une bibliothèque établie dans le collège facilite les études des élèves; cette mosquée est aussi la plus fréquentée. Enfin la mosquée de Sidtan-Hasan , la plus remarquable par la grandeur et l'élévation de sa coupole, par la hauteur de ses deux minarets , par la variété des marbres qu'on y a prodigués et par ses ornemens en arabesques travaillés en pierre dure, en bois et en bronze.

Parmi les 3i bains principaux, on remarque par leur grandeur ou leur richesse ceux Hammam- Yezbak, d'El-Soultan , tYEl-Moyed, à* El- Tanbalch , de Margouch, de Sounqor , d' ' El-SouAkarieh , etc. On doit aussi mentionner les citernes , vastes bâtimens destiués à procurer de l'eau gratuitement à tout le peuple; les plus remarquables sont ornées de colonnes de marbre et de grilles en bronze, artistement travaillées. Ordinairement l'étage supérieur est occupé par une école gratuite , où l'on apprend seulement à lire, écrire et compter, entretenue par la même fondation que la citerne. Quelques-unes des portes de la ville; Yaqueduc , qui conduit l'eau du Nil à la citadelle; quelques-uns des marchés; les Jardins , surtout celui dit Ghcyt-Qasim Bcy , où se réunissaient les membres de l'institut d'Egypte; et les vastes cimetières dans l'intérieur et au-dchors de la ville* méritent d'attirer l'attention du voyageur. Les tombeaux, particulièrement ceux nommés Tourab-el-Seydeh , El-Qarafchet Tourab- Qayd-bcy sont rc~

DESCRIPTION DP. L'AFRIQUE.

marquables par leur étendue et par la profusion des colonnes, des marbres, des sculptures et des ornemens. A l'égard des jardins , il faut remarquer qu'ils diffèrent entièrement de ceux de nos villes; on y cherche en vain des allées, des promenades et du gazon ; ce ne sont que des bosquets touffus, des massifs d'orangers et de citronniers et des berceaux de vignes.

La citadelle est située à une des pointes du Moqattam qui la domine et qni rend impossible sa défense, inconvénient auquel le vice-roi a remédié en faisant construire un fort sur une hauteur voisine. C'est la résidence ordinaire du vice-roi , qui y a un logement magnifique. C'est aussi dans celte partie du Caire qu'on voit encore les ruines du palais royal de Sala/i- Edtlin ( le fameux sultan Salndin ) dont le salon de Joseph , orné de piliers de granit rouge, est le plus important débris. Selon M. Champollion jeune un incendie a dévoré, il y a 4 ans, les toits de ce grand et beau monument, et on est à démolir ce qui reste. Non loin on trouve le fameux puits de Joseph, que le grand Saladin a fait creuser près de sa résidence, et dont on admire la profondeur et l'étendue.

Cette ville doit beaucoup d'embellissemens et plusieurs établissemens an vice-roi Mohammed-Aly. Nous citerons entre autres les constructions nouvelles exécutées dans le château du Caire, tant pour le palais du viceroi que pour les établissemens militaires.

Nous avons signalé ailleurs la grande importance commerciale de cette ville, dont la population nous paraît devoir approcher actuellement de 33o,ooo âmes; au temps de l'expédition de l'Egypte elle s'élevait, d'après les calculs de M. Jomard, à 260,000 âmes. Le général Minuloli ne l'évalue qu'à 3oo,ooo, nombre que M. Rifaut porte jusqu'à 45o,ooo.

Dans les environs immédiats et à quelques milles de distance de la moderne capitale de l'Egypte on trouve plusieurs lieux remarquables; uous citerons les sultans : Iîoula^ et le Vieux-Caire, sur la rive droite du Nil ; on les regarde comme les deux ports du Caire. A Boulaq ou remarque \* douane, le bazar, les bains, V imprimerie arabe , persane et turque , une école ou collège , des fabriques de soieries et d'indiennes qui occupent plus de 800 ouvriers, et de 1res beaux jardins; on estime sa population actuelle au-delà de 18,000 habitaus. Au Vieux-Caire, qui parait correspondre à l'ancienne Haby lone et qui est le Fostat ou Masr el Atik des Arabes, on voit les greniers dits vulgairement de Joseph ; ce sont sept cours carrées, dont les murs en briques ont i5 pieds de hauteur; ils renferment des tas de blé d'une hauteur prodigieuse; on croit voir, dit M. Rifaud . des moutagoes recouvertes avec des nattes. L'île de Roudab , où se trouvent de beaux jardins; on y voit aussi le fameux Nilomitre, situé à son extrémité méridionale. Choubra, peut village remarquable par la maison de plaisance que le vice-roi y a fait bâtir dernièrement; ou y voit un kiosque de a 80 mètres de circonférence, dont le milieu est orné d'une superbe fontaine en marbre de Carrare, et de beaux jardins, au centre desquels est bâti un vaste harem. Mohammed-Aly y passe une partie de l'été. Une partie renferme un jardin d'expérience, où l'on essaie d'acclimater des végétaux étrangers. Abou-Zabel, lieu important par le grand hôpital où l'on soigne i,aoo malades, mais qui peut en recevoir jusqu'à 1,800 , et par une école de médecine et de chirurgie , fréquentée par trois cents élevés ; uu des Egyptiens formés à Paris vient d'y èlre nommé professeur pour la langue française et la traduction de nos ouvrages de médecine.

LViyzéh ou Gtzéh, sur la rive gauche du Nil , chef- lieu d'une préfecture, petite ville, industrieuse, que quelques voyageurs regardent comme la plus agréable de toute l'Egypte, et que les pyramides qui portent sou nom el une brillante victoire de Bonaparte ont rendue célèbre. Ces immenses mausolées qui sont les plus grands monumeiis de ce genre que les hommes aient jamais élevés et dout l'origine remonte beaucoup audelà des temps historique* , ont été depuis la mémorable expédition d'Egypte le sujet d«

ARRÉGK DE GÉOGRAPHIE.

savantes recherches de la part de M. Jomaid et d'autres archéologues; elles ne laissent plus aucun doute «ur leur destination. L'intérieur de celles de ChéopstX de Chepltnnes, qui sont les plus grandes, offre de vastes chambres, dont les murailles sont formées de blocs immenses, et ont un sarcophage au milieu de la pièce principale. Dans la pyramide de Cheph rênes , qu'Hérodote prétendait n'avoir aucune chambre dans son intérieur, Belzoni, qui y pénétra le premier de nos jours, retrouva dans la grande salle, qui en occupe le centre, l'inscription faite par les Arabes qui Pavaient visitée dans le xno\en âge, et un immense sarcophage avec des osseœcus qui furent reconnus avoir appartenu i un bœuf. La pyramide de Chéops est la plus grande de toutes ; sa hauteur , qui d'après les calculs erronés de Gemelli aurait été de 5ao pieds et de 480 selon l'estimation de Savary , n'est d'après les mesures exactes prises par la Commission d'Egypte que de 428 pieds 3 pouces a lignes. Un sphinx colossal, le plus grand peut-être qu'on ait encore sculpté , puisqu'il aurait selon Pline 1 43 pieds de long, s'élève au pied de la pyramide de Ghephrènes; il a été pendant plusieurs siècles presque tout recouvert de sable, jusqu'à ce que l'entreprenant M. Caviglia le mit entièrement à découvert dans la partie aulèrieure; avant cette longue et difficile opération, il n'en paraissait que le cou et la téte, qui ont ensemble 27 pieds de hauteur. Sur le second doigt de la patte gauche de devant M. Caviglia découvrit une inscription en vers grecs, à laquelle la signature d'Arrien ajoute un nouvel intérêt. D'autres importantes inscriptions ont été découvertes, ainsi qu'un petit temple bâti à côté du sphinx et qui comme lui avait été jusqu'alors enseveli sous les sahles. La troisième pyramide qu'où attribue à Myccrinus, est beaucoup moins grande que les précédentes , mais elle les surpassait de beaucoup eu beauté, ayant été toute revêtue en beau marbre de la Thébaïde arraché par les Arabes afin d'orner d'autres édifices. Non loin se trouve une quatrième pyramide de si petite dimension que sa hauteur est dépassée par beaucoup d'obélisques. Toutes ces pyramides sont construites avec d'immenses blocs de pierres de taille; la masse de la plus grande est évaluée à 6,000,000 de tonneaux. Dans les environs on voit aussi plusieurs tumuii ensevelis sous les sables et visités intérieurement pour la première fois par M. Caviglia; leur intérieur offre de belles sculptures et des peintures remarquables par la vivacité de leurs couleurs; M. Sait regardait à tort ces tombeaux comme plus anciens que les pyramides. Saqqaeah ou Sakiaia , village situé à la gauche du Nil , remarquable par son champ des momies, l'ancienne nécropolis de Memphis, et par ses pyramides qui sont en briques ou en pierre et les plus hautes après celles de Gyzéh ; M. Msara a découvert d'immenses galeries sous la plus grande, et le général Minuioli a pénétré eu 1821 dans une autre, dans l'intérieur de laquelle il trouva deux chambres, une couverte de hiéroglyphes en relief et l'autre de hiéroglyphes seulement tracés en noir.

Rkoréchéik, Mit-Rahzbeh et Memp, villages entre lesquels se trouvent les débris de l'antique MtMrtiis, la seconde résidence des Pharaons; les découvertes faites par les savans Français, pendant l'occupation de l'Egypte par leurs armées, ont résolu tous les doutes qui restaient encore sur l'emplacement de cette métropole célèbre. On doit à M. Jomard une description complète de ses ruines. M m mis était bâtie sur la rive gauche du Nil et avait selon Diodorc de Sicile i5o stades de circonférence. Le palais des Pharaons s'étendait en longueur d'une extrémité de la ville à l'autre; c'était vraisemblable» ment 1111 amas de diffèrens logcmcns, accompagnés de chapelles, de cours, de bosquets, de jardins, etc. Cette ville renfermait plusieurs temples magnifiques : un des plus beaux était celui de V utcain ; on vantait beaucoup la grandeur et la beauté de ses portiques, et le colosse de 75 pieds de long et couché sur le dos qu'on y voyait du temps d'Hérodote. Vis-à-vis du portique méridional s'élevait un Mtimcnt dans lequel le bœuf Apis était nourri. Un autre temple remarquable était celui de Sérapis; on y almrdait par une avenue de sphinx d'une grandeur prodigieuse; les sables s'amoncelèrent successivement à l'enlour du ces simulacres, au point que du temps de Slrabon. les uns étaient ensevelis jusqu'à la moitié du corps, les autres jusqu'à la tète, et qu'aujourd'hui ils ont disparu. Memphis communiquait par des canaux avec le fameux lac Maris et avec le lac , ou pour parler plus exactement, avec la lagune Maréotis. Cet avantage contribua à la rendre le centre des richesses, du commerce et des beaux-arts. L'ancienne capitale, la magnifique Thèbes fut oubliée et la gloire de Memphis subsista jusqu'au temps où ses plus beaux édifices furent détruits par le féroce Cauibvse, quoique cependant elle continuât à figurer par sa popttb-

DESCRIFllON DE L'AFRIQUE.

tion et son étendue comme la seconde ville de l'Egypte. La fondation d'Alexandrie la fit beaucoup décheoir jusqu'à la conquête des Arabes. Prise d'assaut par ces féroces conquérans en 640, elle fut détruite de fond en comble. Nous ajouterons qu'il parait très probable que c'était dans cette capitale et non pas à Tanis que résidaient les Pharaons du temps de Moïse. Le village de Mahsabab, est à la droite du Nil , près de Torrah (Troja); les vastes flancs de la monlague voisine offrent les carrières d'où Ton a tiré le beau ralcaiie employé à bâtir Memphis et les pyramides. Ces carrières ont été exploilées sous les Pharaons, les Perses , les Lagides, les Romains et dans les temps modernes à cause de leur voisinage des capitales successives de l'Egypte, Memphis, Fosthat et Le Caire. Memv, autre village sur la gauche du Nil, important par ses ruines qui ont appartenu à l'ancienne Memphis. M. Caviglia y a exhumé la statue colossale An grand Sésos tris , de 34 pieds et demi de haut. Dahchous {Àeanthus) et Abousir, petits villages, sur la même rive du Nil, remarquables par leurs pyramides. Près d'Abousir se trouvent les fameuses catacombes d'oiseaux mentionnées par Nicbubr, Davisoo , l'expédition française, Clarke et les autres voyageurs ; ce sont de vastes corridors remplis du haut en bas de petites jarres où sont déposées les momies de ces animaux.

Nous allons maintenant indiquer les autres villes et lieux les plus remarquables en descendant le Nil , depuis l'extrême frontière de l'Egypte jusqu'aux embouchures de ce fleuve dans la Méditerranée. Nous avons écrit entre parenthèses et en italique les noms anciens des lieux correspondans aux modernes.

Dans le SAID on la HAUTE ÉGYPTE 00 trouve:

Assocah , à la droite du Nil , petite ville remarquable par son commerce , par sa position pittoresque et par les antiquités qu'on trouve dans son voisinage. Tout près, au sud, on voit encore les murailles ei autres ruines de la ville bâtie par les Arabes sur remplacement de l'antique Syrke, ville encore populeuse cl florissaute pendant le moyeu Age, et si renommée dans l'autiquité par le fameux puits au fond duquel , au jour du solstice d'été, l'image du soleil se peignait tout entière, phénomène qu'on a voulu révoquer en doute comme impossible , mais que les gens versés dans l'astronomie ne fout aucune difficulté d'admettre. «Syèuc, dit un géographe célèbre, qui sous tant de maîtres divers fut le poste avancé de l'Égypte, présente plus qu'aucun autre point du globe ce mélange confus de monumens qui, jusque dans les destinées des natious les plus puissantes, rappelle la fragilité humaine. Ici les Pharaons et les Ptoléroécs ont élevé ces temples 1 1 ces palais à moitié cachés sous le sable mobile ; ici les Romains et les Arabes ont l>âti ces forts , ces murailles; et au-dessus des débris de toutes ces constructions, des inscriptions françaises attestent que les guerriers et les savans de l'Europe moderne sont venus placer ici leurs tentes et leurs observatoires. Mais la puissance étemelle de la nature présente un spectacle encore plus grand. Voilà ces terrasses de granit de couleur rose grisâtre , coupées a pic et à travers lesquelles le Nil roule en écumant ses flots impétueux; voilà ces carrières d'où l'on a tiré les obélisques et les statues colossales des (empira égyptiens; un obélisque ébauché en partie, attenant à son rocher natal , atteste encore les efforts de l'art et de la patience. Sur la surface lisse de ces roches , des sculptures hiéroglyphiques représentent les divinités égyptiennes, les sacrifices et les offrandes de cette nation qui, plus qu'aucune autre, a su s'identifier avec son pays, et qui, dans le sens le plus littéral , a gravé sur le globe les souvenirs de sa gloire. »

Dans les environs de ce lieu remarquable, dont M. Joniard a donné une description très détaillée, on trouve, à la gauche, les catacombes ou les hypogées de Syène; vis-à-vis et au sud, une suite d'îles riantes et fertiles auxquelles leur verdure et leur situation délicieuse ont mérité le nom de Jardins du Tropique. Celle que l'on nomme F.l-Sag, vis-à-vis Assouan , est la fameuse Êléphantine des anciens ; on y voit les restes du nitomètre décrit par Slrabon , mais on vient de démolir entièrement les deux temples de l'époque d'Aroénophis UV, pour bâtir une caserne et des magasius à Syène! Plus nu sud , on trouve l'île d'El-Heif, lieu décrit par Michel-Ange Lancret ; c'est la Pltiltr si célèbre par se» temples, qui y attiraient jadis un si grand nombre de pèlerins, et où était cet obélisque, dont l'inscription joue un si grand rôle dans l'interprétation des hiéro-

glypbess Nous n'oublierons pas la cataracte, dont on a tant exagéré et dont on exagère encore l'élévation, mais qui, mesurée de nos jours, s'est trouvée n'avoir que 5 à 6 pieds de chute perpendiculaire.

Koum-Ombou ( Ombos), à la droite du Nil, misérable endroit remarquable par son grand temple et par un autre beaucoup plus petit , décrits par MM. Chabrol et Jomard. Le grand , d'une très belle architecture, a été commencé par Epiphane et continué par ses successeurs. On y a trouvé, ainsi qu'en d'autres endroits, quelques peintures qui , n'ayant pas été achevées, prouvent , selon la remarque de M. Jomard, que les Egyptiens employaient pour le dessiu les mêmes procédés géométriques que les modernes, c'est-à-dire, en divisant les tableaux par carreaux. Dans les environs, et en descendant le Nil, on trouve à la droite les vastes carrières de Dj e bel-Sel se tek (SiLsilis), décrites par M. Rozière,donl on a tiré ces blocs immenses qui ont servi aux constructions colossales de Thèbes et pour les temples d'Edfou et d'Esné. Ces carrières sont très riches en inscriptions de la xvtue dynastie , et offrent plusieurs chapelles creusées dans le roc par Aménophis- Memnon, Horus, Rhamsès-leGrand ou Sésostris, Rhamsèsson fils, Rhamsès-Meîamoun et Ménéphtah IIe ; elles ont aussi des inscriptions hiératiques. Leur monument le plus important est un grand speos commencé par le roi Horus et remarquable surtout , dit M. Champollion, par la variété des époques des bas-reliefs qui le décorent, et qui fout de cette immense galerie un véritable mtise'e historique. M. Richardsou vit , sur la rive droite du fleuve , un sphinx qui n'avait pas été achevé, des pierres à peine dégrossies, et en d'autres endroits des blocs presque détachés et les éclats qui sont encore tout près, comme si l'ouvrier avait quitté le travail la veille ; mais près de viogt siècles se sont déjà écoulés 1 Envou ( Apollinopolis-Magna ) , à la gauche du Nil , petite ville d'environ 2,000 habitans, dont la principale industrie consiste à fabriquer des vases de terre, auxquels ils donnent les formes qu'on voit encore représentées sur les plus anciennes sculptures des hypogées. On y voit un des plus grands temples de l'Égypte, assez bien conservé cl d'une belle architecture, mais dont les bas-reliefs sont de mauvais style et de l'époque des Ptolémées. De misérables cabaues en briques sont bâties sur le toit , dans le péristyle et devant le propylon de ce magnifique édifice. Edfou renferme un autre temple beaucoup plus petit qui ressemble à ceux de Phyis, Deuderah et autres.

Eshé ( Latopotis), à la gauche du Nil , chef-lieu de préfecture , ville assez commerçante; c'est le rendez- vous des caravanes du Dar-Four et du Seunaar; on y tient un grand marché pour les chameaux, renommé dans toute l'Égypte, et on y fabrique des tissus de coton , beaucoup de poterie et une espèce de châles appelée milayeh. Parmi les ruines de Latopolis on admire le beau portique d'un graud temple, d'assez belle architecture, niais dont les bas-reliefs sont détestables ; leur superficie, avec celle des hiéroglyphes, ont été estimées à 5,ooo mètres carrés ou 45,000 pieds. Ce beau monument a été changé en magasin de coton. Il est surtout important par ses sculptures mythologiques , et par le Zodiaque de son plafond , dont l'interprétation a fait attribuer à ce temple nue immense antiquité. M. Champollion, fondé sur plusieurs faits, pense que c'est an contraire le plus moderne de tous ceux qui existent encore en Égypte. Le temple de Contra- LatOy sur la rive droite, vient d'être démoli pour renforcer le quai d'Esné, que le Nil menace et finira par emporter. On estime la population d'Esné à environ 4,000 âmes. Dans ses environs vers le sud-est est situé El-Kab, misérable village près duquel ou voit les hypogées si inléressans de l'ancienne Elethjia , découverts par la Commission d'Egypte et décrits par M. Costaz, les ruines d'un temple périptéral , ainsi que les murailles de la tille, que le docteur Richardson trouve être trop bien conservées pour pouvoir faire remonter leur construction aux anciens Égy ptiens. Les hypogées , quoique inoins grands et moins décorés que ceux de Thèbes , sont de la plus haute importance pour les archéologues, à cause des nombreux bas-reliefs peints, et assez bien couservés qu'on voit sur leurs murailles ; ils retracent , dans uue série de tableaux d une belle exécution et d'un* grande précision, les scènes principales de la vie domestique des anciens Égyptiens , tels que les travaux de l'agriculture et de la moisson , les vendanges, les danses champêtres , les funérailles, etc. Ermert (flermontit), à la gauche du Nil, village important par ses débris d'anciens édifices et surtout par les restes imposans d'un grand temple, et du voisinage des magnifiques ruines de Thèbes.

Locqsor (Luxor), Karwar et Mbo-Amoud à la droite, Midyhkt-Abou , Gourbak et antres misérables villages à la gauche, sont situés sur l'emplacement de l'ancienne Tbèbbs (appelée Diospolis-Magna par les Grecs), dont MM. Jollois et Devilliers ont donné une description détaillée dans le grand ouvrage sur l'Egypte. Déjà du temps do Strabon elle n'offrait que les débris de sa grandeur, répandus le long du Nil sur un espace de 80 stades. L'époque de sa plus grande splendeur connue a été sous les Pharaons de la xvme, xixe et xxe dynastie, que M. Champollion place entre itfaa et i3oo a vaut Jésus- Christ. Cest pendant ces règnes brillans qu'eurent lieu, selou ce savant, l'expulsion des rois pasteurs, la restauration de la monarchie égyptienne, les vastes conquêtes de Sésostris en Afrique et en Asie , la construction de ses plus magnifiques édifices et des temples de la Nubie, la sortie des Juifs sous la conduite de Moïse , et rétablissement des colonies dans la Grèce par Danaiïs. C'est aussi à cette époque que Thèbes parait avoir eu plus de 3o milles de circonférence et que ses temples et ses palais offraient des richesses immenses en or, en argent, en ivoire et en pierres précieuses. Enlevés plus tard par Oambyse, ces trésors servirent à embellir les palais de Persepolis , de Suze et autres dont nous avons pari»'' dans la description de la Perse. Diodore de Sicile cite encore , comme témoin oculaire t un temple qui avait i3 stades de tour et dont les murailles avaient ?4 pieds d'épaisseur et 45 coudées d'élévation. Dévastée plus tard par Ptolémée Philométor, et détruite l'an 98 avant Jésus-Christ, par Cornélius Gallus, premier préfet de l'Égyple , celte antiqne cité ne se releva plus et n'offrit depuis lors qu'un amas de ruiues, qu'on peut regarder comme les plus magnifiques et les plus anciennes qui existent sur tout le globe. Voici un tableau rapide des principaux débris épargnés par la barbarie des conquérans et l'action inévitable du temps.

Parmi ces restes imposans, nous citerons à la gaucbedu Nil : l'immense h yppodrome t qui, comme le Circus-Maximus de l'ancienne Rome, est changé en champ livre à l'agriculture. Les ruines de Medynet-Abou , étonnante réunion d'édifices appartenant à des Pharaons, à des Ptolémées, et à des empereurs romains, et au milieu desquels s'élève l'énorme et gigantesque palais de Rhamsès-Mêiamoun. On y admire un grand nombre de compositions religieuses et historiques qui sout gravées sur le pourtour de la cour; elles représentent diverses fêles et des scènes, telles qu'offrandes, sacrifices, combats, courses en chars, initiations, et elles retracent les conquêtes de l'un des plus illustres d'entre les Pharaons. Les ruines de l'immense monument connu des Grecs sous le nom de Mcmnonium, mais que M. Champollion dit être XAménophion des Égyptiens. Ces ruines s'étendent sur un espace d'environ 1,800 pieds de longueur; on y voit des débris de plus de 18 colosses, dont les moindres avaient 30 pieds de haut; on y admire encore, du côté du fleuve, deux colosses qui , quoique assis , n'ont pas moins de 61 pieds de haut; celui situé vers le nord jouit d'une grande célébrité, sous le nom de colosse de Memnon. C'est le portrait du troisième Aménophis de la xviii' dynastie, qui régnait vers l'an 1680 avant Jésus-Christ, et la célèbre statue du Memnon , dont les anciens racontaient que la bouche faisait entendre des sons harmonieux aussitôt qu'elle était frappée par les premiers rayons du soleil levant. Plusieurs inscriptions en vers et en prose faites par des anciens voyageurs grecs et romains, venus pour entendre ces sons, sont encore visibles sur le tronc , les jambes , les cuisses et le corps de ce colosse ; le docteur Richardson y a reconnu celles de Julie Bomilla, Cécile Treboulla, Pulitha Ralbina et autres qui accompagnaient l'empereur Adrien et sa femme Sabine. Ni les savans de l'expédition d'Egypte, ui aucun voyageur moderne ne furent assez heureux pour entendre ce son, que plusieurs auciens assurent avoir entendu. La téte colossale dite du Jeune Memnon, d'une extraordinaire beauté et du poids de 12 tonneaux, se retrouve maintenant au musée de Londres , auquel Belzoni en a fait présent. Le tombeau d'Osjrmandias , dont le véritable nom égyptien est Biiamesseum , du nom de son fondateur Rhamsès- le- Grand. C'est le plus ruiné des grands mon 11 mens de Thèbes. Parmi les parties les moins dégradées , on remarque une sa/le hjposijrle, dout environ 3o colonnes subsistent encore intactes, et les énormes débris de la statue colossale de Rhamès4e-Grand , qui, quoique assis n'avait pas moins de 5 3 pieds de haut , non compris la base , second bloc de 33 pieds de long sur 6 de hauteur. Le petit temple d'Hathdr, remarquable par son élégance et par ses ornemens. La grande Syringc, avec ses longs corridors et ses grandes salles souterraines. Les ruines de Gournab

AHRrX.K DE GÉOGRAPHIE.

ou Qournah , qui présentent les restes imposons du Ménéphtltéum , ou du palais du Pharaon Ménéphtah 1er.

Le long de la rive droite du Nil , on trouve : à Luxor. les restes d'un palais immense, baii par Amenophis-Memnon (Amenothph III) de la xvm* dynastie, et par le grand Sesostris aussi de la xviii". Il est précédé de deux obélisques de 71 et de 75 pieds de haut, chacun d'un seul bloc de granit rose , d'un travail exquis, accompagnés du quatre colosses de même matière , dont deux de 4 4 pieds de haut , et deux d'environ 3o , mais enfouis jusqu'à la poitrine; vient ensuite un immense pylône haut de 5o pieds et un péristyle d'environ 200 colonnes, la plupart encore debout; les plus grandes ont 10 pieds de diamètre. Ces immenses édifices appartiennent, selon M. Cbampollion, à Rhanuès-lc-Crand , i Méoéphtab 1er, Horus , Aménophis-Mcmnon et autres rois. A KaFr-Karnak , on voit Vallée des Sphinx, longue de r,o»6 toises; elle s'étend entre Luxor et Karnak; on y a compté jusqu'à r»oo sphinx de dimensions colossales. Mais c'est à Karuak qu'apparaît toute la magnificence pharaonique. Dons les débris de ce palais merveilleux, le voyageur est étonné par le grandiose d'édifices qu'on regarde comme supérieurs à tout ce qui est sorti de la main de l'homme. Il y admire surtout {'avenue des colonnes monolithes de 70 pieds de haut . mai:» toutes renversées; la salle hypostyle de 3 18 pieds de long sur i5q de large; son toit est soutenu par i34 colonnes encore debout, dont les plus grandes ont 70 pieds de hauteur, 1 1 de diamètre; la circonférence de leurs chapiteaux étant de 64 pieds, cent hommes peuvent se tenir à leur aise sur chacun deux; la cour, où se trouvent deux obélisques hauts de 69 pieds, mais dont un seul est debout; et enfiu une autre salle entièrement détruite, où s'élève encore le plus grand des obélisques existons , haut de 91 pieds. Il y contemple les portraits de la plupart des vieux Pharaons , dont les grandes actions sont représentées dans des tableaux de dimension colossale : ici il voit Ménéphtah Tr combattant les peuples ennemis de l'Égypte et rentrant en triomphateur dans sa patrie; plus loin, les campagnes de Rhamses-le-Craod; ailleurs Sésonebis traînant aux pieds de la Trinité thébaine, Ammon, Moulh et Khons, les chefs de plus de trente nations vaincues , parmi lesquelles M. Cbampollion vient de retrouver en toutes lettres, loudahamalek , le royaume des Juifs ou de Juda ; découverte de la plus haute importance sous le triple rapport archéologique , historique et religieux.

A l'ouest de Medynet-Aboti , on trouve : les tombeaux des rois de la xviiic, xrx- et xx" dynastie. Ils sont taillés dans la roche de calcaire et à des niveaux différens dans l'aride vallée, que les habitans actuels de l'Egypte nomment Biban-el-Moiouh , sur la rive gauehedu Nil. L'imagination s'égare lorsque, au milieu de ces palais souterreins, on réfléchit à la hardiesse d'une, telle entreprise, à la constance qu'elle a du demander et aux difficultés qu'il a fallu vaincre pour l'exécuter. Après avoir passé sous une porte assez simple , on entre dans de grandes galeries on corridors, couverts de sculptures parfaitement soignées , conservant en grande partie l'éclat des plus vives couleurs, et conduisant successivement à dessalles soutenues par des piliers encore plus riches de décorations , jusqu'à ce qu'on arrive enfin à la salle principale, celle que les Égyptiens nommaient la salle dorée, plus vaste que toutes les autres et au milieu de laquelle reposait la momie du roi , dans un énorme sarcophage de granit. Le plus grand et le plus magnifique de tous ces tombeaux encore existans est, selon M. Cbampollion, celui du successeur de Rharaerri , Rbamsès-Meîamoun; il est orné de sculptures du plus haut intérêt. Une de ses petites salles latérales contient, entre autres choses, la représentation des travaux de la cuisine; une autre, celle des meubles les plus riches et les plus somptueux; une troisième est un arsenal complet où se voient des armes de toute espèce, et les insignes militaires des légions égyptiennes : ici on a sculpté les barques et les ranges royales avec toutes leurs décorations. Plusieurs de ces tombes royales portent sur leurs parois le témoignage écrit qu'elles étaient, il y a bien des siècles, abandonnées et seulement visitées par beaucoup de curieux, lesquels, comme ceux de nos jours encore, croyaient s'illustrer à jamais en griffonnant leurs noms sur les peintures et les bas-reliefs qu'ils ont ainsi défigurés. Ces inscriptions sont remarquables sous le rapport paléographique, puisqu'elles appartiennent à presque tous les siècles depuis les temps des Pharaons, des Perses , des Grecs, des Romains et des Arabes, jusqu'à ceux des voyageurs du moyen âge et de nos jours.

On ne doit pas oublier la nécropole de Thibes , ou les tombeaux des grands et les cime-

itères de cette ancienne capital. Ils occupait une immense étendue rar ta rive gauche du Nil, et on y trouve tous les genres de tombeaux en usage chez les anciens Égyptiens. M. Jomard a donné la description de ces monumeus souterreins sous le nom à'hypogees de Thèbes. 11 y en a de si considérables en longueur que, selon M. Passalacqua, les galeries qui les composent pourraient contenir, dans certain* hypogées, deux à trois mille hommes avec assez d Vsj>ace pour y circuler. Leurs entrées sont ordinairement dans les flancs des montagnes, et leur niveau le plus sooveut horizontal. C'est dans cette nécropole qu'on a trouvé les plus belles momies et les plus anciens papyrus qui enrichissent les musées de l'Europe , et que M. Passalacqua a découvert dernièrement le tombeau encore intact d'un prétro d'Ammoo, que nous avons décrit à la page «58. Le village de Gouruah, dont nous avoua parlé plus haut , consiste dans une partie de cette nécropolis , puisque depuis long-temps la plupart des Arabes qui l'habitent n'ont d'autre demeure que ces mêmes tombeaux. Très indisciplinés et adonnés au vol , vivant sans aucune pratique religieuse, ces troglodytes d'un nouveau genre, dont le nombre s'élevait, vers la fin du xviii* siècle, à environ 4,000 âmes, sont maintenant réduits, selon M. Rifaud, à ^00 individus. Le commerce d'antiquités, surtout depuis 1817, est l'unique métier de cette peuplade aussi féroce qu'abrutie.

Qous {ApoUinopolis-Parva) , petite ville assez, commerçante, sur la vive droite du Nil; on y voit les débris d'un grand temple. Karr ou Qorr (Coptos), non loin de la rive droite du Nil , une des villes les plus florissantes de l'Egypte lorsque , du temps de Strabon, elle était le grand entrepôt du commerce de cette contrée avec l'Inde et l'Arabie par le port de Bérénice ; sa prospérité dura jusqu'au règne de Dioclélien , qui la prit et la ruina de fond en comble pour la puuir de s'être révoltée contre les Romains ; on voit encore les restes du grand bassin qui lui servait de port , et autres antiquités. Qritk ou Kéwéh ( Cœnepolis ou Aeapolis), près de la rive droite du Nil , chef-lieu de préfecture . ville assez florissante, entrepôt des caravanes qui par Qosseïr vont à la Mecque , et renommée dans toute l'Egypte par sa fahriqne de bardaquts; ce sont des vases en terre cuite, qui ont la propriété de rafraîchir l'eau ; ils ont encore les mêmes formes qu'on voit représentées sur les monumeus. On estime à 5,ooo Ames sa population.

Devdeear ( Tentyris) , non loin de la rive gauche du Nil, et presque vis-à-vis de Kcnéh. Ce n'est maintenant qu'un village , important par ses antiquités et surtout par son grand temple, regarnie comme on chef-d'œuvre d'architecture égyptienne; on admire surtout le grand propylon et le portique ; la façade méridionale est ornée de figures colossale* et est remarquable par la quadruple ceinture hiéroglyphique qui l'entoure. C'est an plafond d'une des salles supérieures qu'était placé le fameux piauisphère, que M. Saulnicr a fait transporter en France en i8ai et qui, acheté par le roi , devrait former maintenant un des plus intéressatis morceaux du magnifique musée du Louvre, (testée même plani sphère qui a fait naître tant d'hypothèses pour expliquer la prodigieuse antiquité qu'on attribuait i ce monument, mai» qui a disparu devant les faits positifs dus aux savantes recherches faites dernièrement par MM. Champollion jeune, Richardson et autres archéologues. Maovouxeb (la tille enterrée) , sur un canal à la gauche du Nil , misérable endroit qui remplace l'ancienne Aaroos ou Abyocs, que Strabon dit avoir été la seconde ville après Tbèbes, quoique dès son temps réduite à n'être qu'un simple village; M. Jomard en a donné la première description détaillée. On admire encore dans ses environs de vastes hypogées et un grand nombre de ruines , entre autres d'un palais magnifique, en grande partie enseveli dans les sables; son intérieur, très bien conservé, est couvert de hiéroglyphes très bien sculptés et de peintures dont on admire l'étonnante vivacité des couleurs, quoiqu'elles datent de plus de a 2 siècles. On a cru que cet édifice était le Memnonium où , selon Strabon, résidait le grand Osymandias ou [stnende, qu'on suppose avoir régné 3276 ans avant Jésus-Christ ; mais , selon M. Champollion, il appartient réellement au règne de Ménéphtah Ier. M. Henniker vante aussi la grandeur extraordinaire des blocs employés dans sa construction. Cest parmi ces intéressantes ruines que M. Bank es, en 1818, trouva un bas-relief consistant en plusieurs lignes de cartouches qu'on sait aujourd'hui, d'après l'interprétation qu'eu a donnée M. Champollion dans su deuxième lettre sur le musée de Turin , être une table chronologique des anciens Pharaons désignés par leurs noms royaux ; c'est uu des morceaux historiques les plus précieux que l'on ail

encore découvert. M. Drovetti, aidé du père Ledi.slao , fil h Madfouuéh une riche collection d'antiquités égyptiennes, dont la plupart «ont à présent dans le muiée de Turin.

Djiedjkb, »ur la gauche du Nil, ville assez considérable par sa population, son commerce et son industrie. Elle était autrefois la capitale de la Haute-Egypte et est encore aujourd'hui chef-lieu d'une préfecture; on lui accorde 7,000 habitans. Dans ses environs on voit à Menchyet-el- Ncdé\ts ruioei de Pto/emaïf , sur la rive gauche du Nil, foudée par un des premiers Ptolémées et que Strabon disait être la plus grande ville de la Thébaïde; selon cet ancien géographe, elle ne le cédait pas même à Memphis pour l'étendue.

Akbmtm {Chemmis ou Panopolis), à la droite du Nil, petite ville, remarquable par sa grande fabrique de toile de coton, par les ruines d'un temple et par les catacombes de ses environs; on porte à 10,000 âmes sa population. Q>ou (Antatopotis) , sur la rive droite dn Nil, village important par plusieurs antiquités, entre autres par les grandes colonnes de son portique , reste d'un grand temple aujourd'hui renversé et par les immenses hypogées de son voisinage, qui sont couverts d'inscriptions et de hiéroglyphes; plusieurs n'ont pas encore été ouverts; M. Sait y trouva deux momies d'une rare conservation. Stodt ou Assvodt (Lycopolis), à la gauche du Nil, chef lieu d'une préfecture, ville assez bien bâtie, dont le vaste bazar est construit avec les matériaux d'anciens édifices. On la regarde actuellement comme la capitale de la Haute-Egypte. M. Jomard estime à 1 2,000 le nombre de ses habitans, que M. Richardson porte à ao.ooo. Syout est le lieu où s'assemblent les caratanes de la Nubie et du Soudan. Ses environs offrent dans la chaîne Libyque ou occidentale de vastes catacombes couvertes de hiéroglyphes; plusieurs ont servi long-tem|>s de demeures aux chrétiens dans les premiers siècles du christianisme.

Dans l'OUESTANIEH ou MOYENNE-ÉGYPTE on trouve:

Mokvaloot, sur la rive gauche du Nil, chef-lieu d'une préfecture; quoique déchue de ce qu'elle était au temps de Norden, elle est encore assez importante par son industrie. AcnssouifiYir , non loin de la rive gauche du Nil, gros village auquel M. Richardson assigne 10,000 habitans, nombre réduit par d'autres à 7, à 6 et jusqu'à 4,000. Parmi les restes de l'antique HximoroLis Ma oh a, on distinguait encore naguère un magnifique portique avec une double colonnade remarquable par la grandeur des colonnes, regardées comme les plus grandes de toute l'Egypte , celles de Thcbes seules exceptées. Ce beau reste vient d'être détruit. Dans les environs se trouvent la vaste nécropolis d'Hermopolis Magna. CacYXH Abaoé (Antinoe ou Antinopolis) , à la droite du Nil, vis-à-vis Achmonueyn, village remarquable par les magnifiques ruines de temples, de théâtres, de thermes d'arcs de triomphe, etc.,qui ont appartenu à Ajttistopolis, bâtie par Adrien en lliouueur de son favori Antinous sur les ruines de l'ancienne ville de Bxsa, renommée dans toute l'Egypte par son oracle. La magnificence de ses édifices la fit appeler la Home Egyptienne, et lui valurent l'honneur d'être pendant quelque temps la métropole de la Haute- Fgyple. La stupide ignorance d'un chef a détruit dernièrement la plus grand»- partie de ces restes impo«ans pour former une fabrique de nitreau soleil. Tout près on trouve de vastes catacombes. Rmu-Hassah (Spcos Artemidos), à la droite du Nil, village presque abandonné, mais remarquable par les hypogées de son voisinage. « Dans ces catacombes antiques, dit Bf. Jotnard , où les prêtres égyptiens ont tracé une quantité innombrable d'hiéroglvpbes, dont le secret a péri avec les collèges deThèbes, de Memphis et d'Héliopolis, nous trouvons des colonues semblables à celles des plus anciens temples grecs , des temples de Thésée et de Minerve , des temples de Posidouia, de Coré et d'Agrigente : ce sont des colonnes cannelées, à seize cannelures creuses, hautes de sept diamètres et un cinquième, diminuées d'un dixième au somme! ; enfin pareilles aux colonnes de Tordre dorique grec, au chapiteau près, qui a la forme d'un abaque ou tailloir. Ainsi voilà encore un ordre grec emprunté à l'architecture des bords du Nil , comme l'a été ensuite l'ordre corinthien, puisé dans les colonnes dactyli formes de l'Egypte.» Le célèbre archéologue qui est parvenu à lire les hiéroglyphes, M. Champollion, vient de continuer la découverte de M. Jomard, en reconnaissant dans ces colonnes taillées vingt siècles avant Jésus-Christ , le type du vieux ordre dorique. Outre les peintures relatives à la vie civile, aux arts, aux exercices gymnastiques, aux punitions militaires, etc., déjà re- ' marquées par ces prédécesseurs , ce voyageur y a trouvé aussi de véritables gouaches d'une

grande beauté, et surtout une série de peintures du plus .haut intérêt, relatives aux mé-

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