‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 189 sur 320 · REGION DE L'AFRIQUE- A USTRALE · texte numérisé non relu

REGION DE L'AFRIQUE- A USTRALE

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale, entre 9° et 33°. Latitude australe, entre 180 et 35°.

CONTINS. Au nord, le Congo dans la Nigritie et PAfrique-Orientale. A Vest, l' Océan-Indien. Au sud , l'Océan-Austral. A V ouest , l'Océan- Atlantique.

Fli£uvxs« Tous les fleuves de cette région peuvent «Stre partagés en quatre classes : fleuves qui se jettent dans /' Océan- Atlantique , fleuces qui se rendent dans V Océan- Austral , fleuves qui aboutisent à C Océan-Indien et fleuves qui paraissent se perdre dans les sables. Nous ne parlerons c/uc des fleuves appartenant aux trois premières classes , en nous bornant à faire observer que le Krcman , dans le pays des Betjouanas, est le principal fleuve de cette dernière division.

L'OCÉAN-ATLANTIQUE reçoit :

L'Or auge. C'est le plus grand fleuve de cette partie de l'Afrique; il est formé par la réunion de deux branches : la Septehtriohale, nommée Gahibf ou Fleuve Jauxe , qui naît dans le pays des Cafrcs-Barrolongs et traverse celui des Hottentots-Koranas ; la Méridiobale, dite Nouveau-Gariep ou Fleuve Noir , dont on ne connaît pas encore exactement la source; elle traverse le pays des Bosjesmans. Apres la jonction de ces deux branches ce fleuve poursuit sou cours vers l'ouest à travers le Pays des Hottentots, dans lequel il entre par une seule embouchure daus l'Océan. Son principal affluent est le Gamma ou QrandeRivicrc des Poissons.

L'Eléfhaitt (Olifants-River) , prend sa source dans le mont Winterboek , et traveise la partie occidentale de la colonie anglaise du Cap-de-Bonne- Espérance; il reçoit a la droite le Pctit-Doum et le Grand-Dourti qui traversent le district de Tulbagh, dans lequil l'Eléphant se jette dans l'Océan. L'OCÉAN AUSTRAL reçoit :

Lt Gai rits (Hio-Formoso, Rio Infante et improprement Goudsnver), formé par la

réunion des deui branches nommées Grawdr-Gamea (Grand-Fleuve du Lion) et Pte-rrri?- Gamea (Petit-Fleuve du Lion) , qui naissent toutes deux dans la haute chaîne du Nieuwcld. Après leur jonction le Gaurits court au sud à travers la colonie du Cap-de-Bonne- Espérance, qu'il partage presque en deux parties égales; il franchit la haute chaîne du Zwartberg et se jette dans l'Océan. Ses principaux atfluens sont le Buffél et le Tau à la droite , \ Eléphant à la gauche.

Le Camtoos, formé par la réunion de plusieurs branches qui descendent de la chainc Nieuweld. Parmi ses affluais le Karteka prend sa source dans la chaîne Schnccberg (Sneeuwberg) ou Monts-de-Neige.

Le Zohoaos (Niikokamma), formé par la réunion de plusieurs branches qui descendent des Monts-de-Neigc. Ce fleuve traverse les hauts plateaux du district de Graaf- Reynet. Il reçoit plusieurs affluons à droite et à gauche , parmi lesquels nous nommerons le Camdebo; c'est dans la baie d'Algoa qu'il entre dans l'Océan.

Le Grard-Poissor (Groote-f'is-River, dit aussi Kamtkjr et S. Johannifluss) , descend des Monts-de-Neige, baigne le territoire de la nouvelle colonie fondée en 1 820 , passe par Salem et autres lieux , et se jette dans l'Océan. Le Tarka , à la gauche , parait être son principal affluent.

Le Kiis-Kamma a un cours beaucoup moins considérable; nous le nommons parce qu'il fixe la limite orientale entre le territoire des colons anglais et celui qui est soumis à un des rois des Cafres indepeudaus.

L'OCÉAN-INDIEN reçoit :

Le Marcmo ou Laooa; il descend des hauteurs qui sillonnent le plateau des Cafres- Marouzis; le Loresço Marquez, et 1'A.rror; ce dernier parait être identique au Mavissa [Manica, dit aussi Espirùu-Santo). Ces trois grands fleuves aboutissent à la superbe baie de Lagoa ou de Lorenco-Marquez ; les deux derniers paraissent traverser dans la partie supérieure de leur cours le vaste pays occupé par les nombreux Cafrcs-Macquini.

L'Ixhambakz, le Sabia et IcSorALA, traversent les pa>sdu même nom compris dans le territoire appartenant aux Portugais; on ne connaît encore que la partie inférieure de leur cours.

DIVISION* • Dans l'état actuel de la géographie de cette partie de l' Afrique , il nous semble qu'un pourrait provisoirement la partager de la manière suivante; elle combine jusqu'à un certain point les divisions politiques avec les divisions ethnographiques. Voici ses principales divisions en commençant par la côte occidentale.

La CiMBÉBASiK ou côtr des Cixbebas. Elle s'étend depuis le cap Frio jusqu'à l'flc-aux- Oiseaux, près des limites du pays des Uottentols. C'est une des parties les plus arides et les plus désertes du globe; l'eau potable y est très rare, et 00 y voilà peine par-ci par-là quelque trace de verdure. On prétend que derrière ces solitudes errent les Cimheoas, peuple dont l'existence est bien loin d'être prouvée.

L'HoTTEHTOTtE ou pats dis HoTTEKTOT». Cette région s'étend depuis la Cimbébasie et le pays de Cafres Betjouanas jusqu'à la colonie du Cap-de-Boune-Eipérance. Le grand fleuve Orange la traverse de l'est à l'ouest. Les Hottentots sont partagés eu plusieurs peuplades subdivisées en un grand nombre de petites tribus. Nous citerons entre autres les Namaquas, où se trouve Bel la à la gauche de l'Orange, et les missions de Jérusalem et de Bethany; les Damaras, qui savent travailler le cuivre; les Coranas, remarquables pour leurs progrès dans la civilisation , qu'ils doivent aux missionnaires établis parmi eux. Sur leur territoire, on trouve la petite ville de Griqua (klaarwater), avec 1,900 habitaus, dont plus de 100 fréquentent les écoles; et Hardc astle , avec 880 habitans.

L'Avriquk- Australe-Anglaise ou colorie du CAF-DK-BonirR-EsrÉRARce. Celte importante colonie, ci-devant Hollandaise, occupée par les Anglais en 1795 et en i8ot>, leur fut cédée formellement en 18 1 5. Elle forme aujourd'hui le noyau des possessions anglaises dans celle partie du monde. Ses confins sont : an nord, rHottentolie-Indépendante; à IV//, la Cafreric proprement dite; au sud, l'Océan- Austral ; et à l 'ouest, l'Occan-Atlantique. D'après des notices récente* , cette colonie vient d'être partagée en deux gouverue-

mens : celui du Cap et celui d'UiTr.HHACKi» , subdivisés en neuf districts. Les lieux les plus remarquables sont: Le Cap (Cap-de-Rouoe-Espérance) , que les Hollandais nomment Kaapstad , et les Anglais Capeto*> n. C'est la résidence du gouverneur général et de toutes les autorités supérieures. La ville du Cap est située au pied des montagnes de la Table et du Lion, au fond de la baie de la Table sur l'Atlantique et à une petite distance de la baie False sur l'Océan- Austral. Malgré cette positiou avantageuse, on peut dire que Le Cap n'a pas de véritable port , parce que ces deux baies sont exposées aux vents et offreut toutes deux un mouillage peu sûr ; néanmoins cette ville est toujours uh des points les plus importons du globe sous le rapport militaire et commercial; car le Cap est la pins forte place de l'Afrique et la relâche ordinaire des vaisseaux qui vont en Asie ou qui en reviennent. Toutes les rues sont cou|)ées à angles droits , les maisons bâties en pierres ou en briques, et presque toutes ont le toit en terrasse. Ses édifices les plus remarquables sont : Y église principale qui sert au culte réformé et anglican; le palais du gouverneur, les casernes , et les magasins. Hors de l'enceinte de la ville se trouve le magnifique hôpital, qui peut coutenir 600 malades. Le Cap possède en outre une ménagerie assez bien fournie d'animaux rares ; un jardin botanique qui , dans ses belles allées ombragées , offre une promenade charmante; un collège très bien organisé, que l'on vient d'établir pour compléter l'instruction de la jeunesse; plusieurs écoles élémentaires ; une bibliothèque publique et deux journaux. Eu 1824 , sa population s'élevait à près de 19,000 habilans, dont plus d'un tiers esclaves. Dans ses environs , remarquables par de beaux chemins construits dernièrement , et par les char manies maisons de campagne , où se retirent les habilans les plus riches pendant les grandes chaleurs , on trouve : Constant i a, gros village, remarquable par la bouté de ses vins; et Simonsstadt sur la baie Fabe, petite ville, importante par ses beaux chantiers.

Les autres lieux les plus remarquables sont : Stellenbosch, cbef-lieu de district, et Gnadenthalberg, la plus importante mission des frères Moravcs en Afrique. Uitenhagen, chef lieu du nouveau gouvernement de ce nom, duquel dépendent les districts à l'est du Gaurits; G raaf- Reynet , chef-lieu du district de ce nom; Bathurst, qui parait être le lieu le plus remarquable des nouveaux établissement faits dans le district d'Albany; selon M. George Thompson, depuis 1826, ils se relèvent du dépérissement dont ils étaient menacés.

La Cafrerie proprement dite on la Cafrerie maritime, plus connue sous le nom de côte ne Natal. Cette contrée s'étend le long de l'Océan-Indien depuis le Keiskama et l'Hottentotie jusqu'à la baie de Lagoa, dans les établissemeus portugais. Les Cafres qui l'habitent sont divisés en plusieurs peuplades subdivisées en tribus, dont les suivante* sont les plus remarquables: les Koussas, qui vivent le long des frontières orientales de la colonie anglaise du Cap; Gaïka, dont parle M. Rarrow dans son voyage au Cap-dc- Bonne-Espérauce , était encore naguère, malgré ses vices, leur chef lo plus renommé; il vient de mourir, et on ignore encore le nom de son successeur; lui et Hinga sont les seuls chefs que , d'après les derniers traités , les Anglais regardent comme les rois légitimes des Cafres de cette partie. Les Tambouki, remarquables parleur industrie; ils savent travailler le fer et l'argent qu'ds mêlent ensemble pour faire des ornemens; ils paraissent être actuellement les plus puissans; c'est sur toutes leurs peuplades que |>arait régner le tameux Tchaka, qui réside à Zoula. Ce nouveau conquérant de l'Afrique- Australe, auquel M. George Thompson accorde une armée de i5,ooo hommes, a répandu la terreur sur tous les peuples euvironnans ; il parait que les Mantatis , dont les journaux ont tant parlé dernièrement, n'étaient autre chose que les tribus cafres de celte partie de l'Afrique que Tchaka mettait en fuite par la terreur de ses armes. C'est dans son territoire que se trouve la petite colonie que le lieutenant anglais Farewell a fondée en 1824 au Port- Natal et sous la protection de Tchaka. Les Mamboukki , qui passent pour être le* plus belliqueux; ils sont pasteurs et agriculteurs.

Les Établisse* eus portugais, l'our éviter les répétitions, et pour ne pas séparer re qui est contigu , nous renvoyons à la page 91 3 où l'on a indiqué les lieux les plus remarquables situés le long de la côte ht Sopala correspondante à cette subdivision de l'A frique Australe.

La Cafrerie Intérieure, ou le Pays des Cafres-Betjocaka* forme la plus grande

division de celle région. Elle est partagée entre plusieurs peuples indépendant et souvent en guerre entre eux. La Société des Missions protestantes de Paris, présidée par l'amiral comte Verrhuell, vient d'envoyer trois ministres chez les Betjouanas pour leur apporter le christianisme et la civilisation qui raccompagne. Les principaux peuples connus jusqu'à présent sont les suivans : les Briquas, qui demeurent le Ions; du Kruman et de ses affloens: Nouvelle- Litakou, ville à laquelle on accorde 6,000 habitans, est la résidence du roi, auquel paient tribut plusieurs hordes de Hottenlots errantes dans les solitudes au sud-ouest de Litakou; les missionnaires y ont une église et des écoles. Les Tammahas , au nord-est des Briquas; leur roi réside à Meribowhcy. Les ttarrolongs, au nord et à Test des Ta m marias, subdivisés en plusieurs peuplades, dont lis principales sont : les Ouanketze (Wanketze) , dont le roi réside à Melitat les Maroutzis (Marootzces) , qui se distinguent par leur industrie et dont Kourri te liane, peu éloignée à ce qu'il paraît d'un affluent du Mafumo, est la résidence du roi; M. Campbell lui accorde jusqu'à 16,000 habitans; les Macho* (Mashow), dont le chef-lieu est Macliow, et parait avoir avec ses envirous 10 à 1 2,000 âmes; ils sont agriculteurs. Les Uactjuiuis qui demeurent au nord des Maroutzis, et qui paraissent être les plus nombreux, les plus puissans e( les plus civilisés de tous les peuples Cafres; ils tirent une grande quantité de fer et de cuivre de leurs mines, qu'ils vendent après aux nations voisines. Les Morolongs au nord et à l'ouest des Maehow. Les C.okas , le long du Donkin, affluent du Fleuve Jaune ; qd dit que leur chef-lieu est plus grand que Litakou.

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