REGION DE L'AFRIQUE-ORIENTALE
POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale , entre aa° ? et ^9". Latitude , entre 120 boréale et 200 australe.
CONFINS. Au nord , la Région du Nil et le golfe d'Aden. A Yest , rOcéan-Indien. Au sud, l'Occan-Indien pendant un petit espace, ensuite la Région de l'Afrique-Australe. A Y ouest t la Nigritie.
FLEUVES. Les doutes que nous avons signalés sur la direction des fleuves de la Nigritie sont encore plus grands lorsqu'on veut tracer le cours des grands fleuves qui arrosent cette vaste partie de l'Afrique. On peut dire qu'on ne connaît entièrement le cours d'aucun de ses fleuves principaux. Tout ce que la géographie offre de raoius vague et de plus important sur ce sujet, nous parait pouvoir être réduit à ce que nous offrons dans le tableau suivant :
L'OCÉAN INDIEN reçoit :
Le Zambbzk, dit aussi Couama et Quimhakk; c'est un des plus grands fleuves de l'Afrique; on ne connaît que la partie inférieure de son cours; toute la partie supérieure est encore livrée aux conjectures des géographes. H parait cependant que sa source est beaucoup plus éloignée qu'où ne le croyait. Nous penchons à croire que le Rot/roi!RA et le Munuci ra qui traversent le vaste territoire des Cazembrs, pourraient bien être les deux branches principale* du Zambeze; nous invoquerons à notre appui la belle carte de l' Afrique de noire savant ami M. Rrué, et quelques renscignemeus qu'on nous a donnés à Lisbonne. En admettant cette hypothèse, ce grand fleuve, après avoir arrosé les contrées soumises aux Cazembes, traverserait le rovaume de Changamera, le Mnraranga ef U partie centrale des établissement» portugais, qui forment la capitainerie générale de Mozambique. Ses principaux affluens seraient la Manzora (Arvanha), à la droite; XAroanga (Roanga) , le lieizigo , et la Mangaza dite Chiré dans la partie inférieure de son cours, n la gauche; cette dernière parait recevoir à la gauche le Suabo-C.runtle. Le Zambeze se jette dans le canal de Mozambique par quatre embouchures principales dites Luabokl. Liabû, Couama et Quimmank; cette dernière paraît être actuellement la plus considérable; c'est aussi celle qui est la plus fréquentée par les
navigateurs qui remontent ce grand fleuve. Parmi les lieux situés sur le Zambeze nous nommerons Zumbo, Chicova, Tete, Sena et Quilimané.
Le Loffih (Luffee), le Mctch-er-Fihf. et le Outawdo (Whotuodo) t sont trots grands fleuves , dont ou ne connaît que les embouchures et qui se jettent dans l'Océan- Indien, au septième parallèle austral , dans le voisinage de Pile Zanzibar. On leur suppose un cours très long , surtout au Loffih. Il parait que ce dernier est identique au grand courant qui, scion M. Douville, sort du lac Kouffoua. Le Loffih parait aussi arroser le pays des Domgcs, qu'on dit avoir des relations de commerce avec les Momltas ou Morabaza. Le Casati ou Casait, qu'on suppose traverser une partie du territoire des Cassanc/s, pourrait être provisoirement regardé comme un affluent du Loffih.
Le Quilimahct. On ne connaît encore qu'une petite partie de son cours dans les environs de Melinde. Malte-Brun, Brué et autres savans geo^raphes pensent qu'il peut être identique au Zebi (Zebee), qui descend du haut plateau du royaume de Narra, décrit à la page 84f» , et traverse celui de Gingiro ou Zendero ; on suppose que ce fleuve après avoir arrosé le vaste pays que parcourent les hordes errantes des féroces Galla, vient aboutir à l'Océan sous le nom de Quilimancy près de Melinde.
DIVISION1. La grande région, dont nous allons parler plutôt que la décrire, est un nouvel exemple de l'état très imparfait où se trouve la géographie de cette partie du monde. Faute de documens satisfaisans , à l'aide desquels on puisse déterminer des divisions distinctes physiques ou politiques , nous partagerons provisoirement tous les pays qu'elle embrasse en deux sections , que nous nommerons Partie Continentale et Partie Insulaire. Obligé d'exclure de cet Abrégé tout ce qui est très vague ou purement hypothétique, nous n'avons rien à dire sur la plus grande partie intérieure de cette région , à l'exception du peu que nous dirons d'après les auteurs portugais sur le prétendu empire du Mononwtapa. Nous subdiviserons toute la partie maritime , qui s'étend depuis la baie de Sofala , sur le canal de Mozambique, jusqu'à Zeylah sur le golfe d'Aden, en différentes côtes , en suivant en cela l'usage de tous les géographes nos devanciers et en retenant dans nos descriptions les noms sous lesquels depuis long-temps tous ces pays sont connus.