‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 191 sur 320 · Partie Continentale · texte numérisé non relu

Partie Continentale

Nous proposons pour cette section les deux grandes divisions suivantes, que nous nommerons d'après leur position Partie Intérieure et Partir Maritime.

La PARTIE INTÉRIEURE. Parmi les nombreux pays qu'elle embrasse , nous nous bornerons à nientiouuer les suivans, en commençant par quelques-uns de ceux qui formaient autrefois I'empike du Mohohotapa. Ce vaste état a éprouve le sort de l'empire d' Abyssinic Les Maravi, les Cazembes, les Mcropua et les Bororos sont les principaux peuples qui se sont partagé ses dépouilles. Les Maravi, que nous avons vus appartenir à la famille Monomotapa, en possèdent la plus importante partie ; Changatnera, le plus puissant de leurs chefs, s'est emparé depuis plusieurs années de presque tout le Botonga et de tout l'Abulua , et ayant pris le litre de quiteve, il est regardé par les siens comme le successeur des empereurs du Monomotapa ; on nous a assuré à Lisbonne que vers le commencement du siècle il siégeait à Z imbaoé, l'ancienne capitale de l'empire. Les Cazembes et \csMeropua viennent après pour la puissance, mais ils sont moins connus; les JUovizaj, si remarquables par leur activité commerciale , sont tributaires des Cazembes. Les Bororos, qui occupent le pays e ntrr les établissement portugais de Sena et de Tete, sont assez avancés dans la civilisation H paraissent posséder de vastes territoires. Les Mongas, qui demeurent dans les environs de Sena, n'ont jamais été soumis aux quiteve ou empereurs du Monomotapa. Nous ne savons à qui appartient aujourd'hui le Pays de Matuca, où se trouve le canton ou la province de Manica , si renommée dans le xvi* siècle par la grande quantité d'or qu'on eu

retirait. Les reuseipnemens que nous avons pu nous procurer pendant uotre séjour à Lisbonne sont si contradictoires, qu'ils nous laissent dans l'incertitude; cependant il nous parait probable que ce pays remarquable fait partie du royaume fondé par Changamera. Avant de quitter cette région nous rappellerons que sur la montagne de Foura, près de Massapa, on remarque encore des pierres taillées, qui jadis étaient posées les unes sut les autres avec beaucoup d'art , quoique saos mortier. Cette particularité est d'autant plus extraordinaire et remarquable, que daus cette partie de l'Afrique même les habitations des souverains ne sont construites qu'en bois et recouvertes de chaume.

On ne connaît le Royaume na Giactao (Zendero), silué au sud de l'Abyssinie et traversé par le Zebi, que d'après l'ancienne relation du jésuite Anton Fernandez qui Ta visité en i6i3. S'il existe encore, c'est un des états où le gouvernement offre toutes les horreurs du despotisme le plus atroce, réunies aux pratiques superstitieuses les plus absurdes et les plus inhumaines. Lorsque ce despote veut acquérir quelque objet précieux apporté par des marchands étrangers, il leur donne en échange le nombre d'esclaves qu'ils désirent , en faisant enlever, dans les maisons désignées par ses gens, les fils et les filles des paisibles habitans. Après l'inauguration , le nouveau roi fait mettre à mort tous les favoris de son prédécesseur. C'est aven le sang de ses malheureux sujets qu'on égorge tout exprès, que l'on teint les seuils et les poteaux de la demeure royale, ainsi que le pilier principal qui soutient son trône; ce dernier ressemble à un ballon établi en forme de cage au haut de sa résidence.

Houaaoua ou Arrar , petit royaume mahométan, dont la ville A' Ho urrour est la capitale. Cest le noyau du fameux royaume nommé Adei. par les Portugais. Dès le commencement du xv ir siècle il étendait sa domination sur le royaume d'Adaïel, dont le chef-lieu était Zeylat et sur toute la côte depuis cette ville jusqu'au cap Cardafui. Dans le xvii* siècle sa capitale était Auça-Guriel> nommée aussi Abxia. Nous rappellerons que cet état joua un grand rôle à cette époque sous le rapport commercial et militaire; il s'est surtout signalé par sa haine fanatique contre les chrétiens et particulièrement contre les Abyssins, dont il dévasta horriblement le territoire par ses fréquentes invasions.

Nous avons déjà nommé dans l'ethnographie les autres peuples les plus remarquables qui vivent dans cette région si peu connue.

La PARTIE MARITIME pourrait être subdivisée de la manière suivante : AFRIQUE-ORIENTALE PORTUGAISE. En y comprenant la côte de Sofala, que nous avons vue appartenir géographiquement à la Région de l'Afrique- Australe, cette vaste contrée s'étend depuis la baie de Lagoa jusqu'au cap Delgado ; on la connaît communément sons les noms de Côte de Sofala et Côte de Mozambique. Cette partie de la monarchie Portugaise est divisée en sept gouvernemens ou capitaineries subalternes. Ce sont de vastes territoires, très faiblement peuplés et situés le long de la côte. Le gouvernement de Sena s'étend beaucoup vers l'ouest dans le ci-devant empire de Monomotapa, où les Portugais possèdent quelques forts et des loges. Mozambique, située sur l'Ilot de ce nom , petite ville, assez bien bâtie, avec un port et une citadelle , est la résidence du gouverneur général de cette partie de l'Afrique et le siège d'un évéché. Son insalubrité a engagé les habitans a bâtir au fond de la baie l'agréable et vaste bourg de Mes util, aujourd'hui plus peuplé que Mozambique; on y remarque surtout le palais du gouverneur. Il parait que la population permanente de Mozambique, y compris celle de Mesuril, s'élève à 1 0,000 habitans. Ou doit ajouter que cette ville parait être la place la plus commerçante de toute la Côte Orientale, et est encore un des principaux marchés pour l'abominable commerce des esclaves. Les autres lieux les plus importans de cette partie de l'Afrique Portugaise sont : le préside de Lore*zc~M arquez , misérable établissement qui appartient géographiquement à la Région de l'Afrique- Australe, mais que nous nommons ici seulement à cause de sa position méridionale et de son voisinage de la superbe baie de Lagoa , sur laquelle les Anglais ont eu dernièrement le projet de fonder une colonie. Sofala, près de l'embouchure du Sofala; c'est un assemblage de huttes défendues par un petit fort, que certains géographes décorent du titre de ville riche, industrieuse et commerçante. Sofala était autrefois la capitale d'un royaume renommé par la quantité d'or* qu'on en tirait Tette, sur la rive droite du Zambeze, petite ville, avec un petit fort, chef lieu du gouvernement des Rivières de Senna, auquel appartiennent le bourg de Ses»*

ABRÉGÉ DE GKOGRAI'HIK.

avec un petit fuit, et le» postes de Zumbo et de Mahica. Qcilimarb, petite ville et port, à 1'eiubouchure principale du Zaïubezc, importante par son commerce. On doit ajouter que plusieurs cbefs dans le ci-devant empire du Mooomotapa sont tributaires ou du moins vassaux des Portugais, et (pie les plus puissam parmi ceux qui se partagent U côte de Mozambique sout les cbefs de Sbbeima, de Saib-Coul et de Quibtabcoxb ; on nous assure que ce dernier, qui est le plus puissant, peut armer jusqu'à 5,ooo hommes.

COTE DE ZANGUEttAR. C'est la partie la moins eouuue; elle s'étend depuis le cap Delgado jusqu'à la Pointe-Nasse, où, selon M. ferué, commence la rôle d'Ajau. Nous rappellerons que le cap Delgado , extrémité méridionale de cette côte, est un des poiuti les | lus remarquables de la géographie ancieune, puisqu'il parait correspondre au Preuum Promo/itorium, auquel M. de Larcuaudière et autres sa vans géographes s'accordent à porter les limites des connaissances géographiques des anciens au sud de I cquateur. Ou ne connaît presque toutes les divisions politiques de cette côte que d'après de très anciennes relations; elle parait être partagée eutre plusieurs chefs indépendaus, dont la plupari sont Arabes. Voici les états qu'on regarde comme les plus importa us :

Le Ho y a urne de Qui loa, régi par un roi nègre sous la tutelle d'un visir maure qui est le lérilable souverain, et qui parait être pour le moins un vassal du gouverneur de Zanzibar, île qui appartient à l'Afrique-Arabe. Quiloa, petite ville, située ;ur un îlot à l'embouchure du Coavo et d'une autre rivière moins considérable, en est la capitale ; sou commerce est bien déchu depuis quelques années.

Le Royaume de Mo mbaza, qui parait maintenant être réduit à l'île de ce nom. Il est régi par un prince arabe. Les Anglais, après avoir occupé l'île Mombaza pendant deux au* pour protéger leurs sujets indiens contre les vexations exercées sur eux par le vieux cheikh qui la gouvernait , Tout évacuée en 18*7. Mombaza , sur l'île de ce nom, avec un château 1res dégrade bâti par les Portugais , en est la capitale. On doit ajouter qu'eu 181 a uu tiers de l'île de Pemba dépendait de ce royaume.

Le Royaume de Me lin de, situé à l'embouchure du grand fleuve Quilinuiucy ; parait être actuellement partagé eutre plusieurs petits chefs. Mblibbe, que tous les géographe» continuent à décrire dans l'état florissant où elle était au temps de la domination portugaise sur ces côtes , n'offre plus aujourd'hui qu'une triste solitude.

Le Royaume de Magadoxo (Makadjou). Cet état parait s'étendre depuis l'Etal de Brava jusqu'à la côte d'Ajan. Magadoxo, ville qui (tarait être assez grande et bien bâtie, est la résidence du roi ; elle fait uu commerce considérable avec les pa)s environnait*.

CÔTE D'AJAN. Elle comprend la partie de la Côie Orientale qui s'étend depuis celle de Zauguebar jusqu'au cap d'Or fui. Ou pourrait la comparer à la Cimbebasie, tant elle parait aride et déserte. Vo)ez à la page 907.

CÔTE DES SOMALLl.^, qu'il vaudrait mieux nommer PAYS DES SOMALLiS (Somolis), parce que sous ce nom on comprendrait toute cette partie de l'Afrique qui parait être habitée presque eutièremeut par des tribus de Somaulis répandues depuis le Magadoxo et la côte d Ajan , jusqu'à celle qui avec l'Arabie et l'Abyssinie forme le golfe d'Aden. Les Somaulis sont adonnés au commerce et à la navigation ; plusieurs se sont établis pré» de Moka dans l'Arabie, et à Areua dans le Danakil, pour suivre plus facilement leurs entreprises commerciales. D'après M. de Kienzi, qui vieut de traverser uue partie de leur pays , ce peuple pasteur est aussi remarquable par la beauté de ses traits, par sou adresse à vivre en paix avec ses farouches voisins, même avec les Galla, et par sa coutume bizarre de se teiudre les cheveux eu jaune avec de la chaux et de les floconner pour imiter la toison de ses brebis, dont la queue est charnue et d'une grosseur énorme. Bbrbbba (Barbora), petite ville, avec un port, est la principale place maritime de cette partie de l'Afrique. D'après lord Valeutia il s'y tient une foire qui commence en décembre et ne finit qu'en avril. Des raravaues considérables se rendent dans cette ville ; elles y apportent de la gomme arabique, de la m\rrhe et de l'encens qui viennent des environs du cap Gardafui. Le souveraiu d'Hanim , qui réside a ao journées de marche à l'ouest de Bcrbera, y euvoie de l'or et de l'ivoire. D'autres princes de l'intérieur du pays y fout amener du beurre fondu, un grand nombre d esclaves, de chameaux, de chevaux, de mulets et dàues. Ce sont les Somaulis eux-mêmes qui transportent ces objets en Arabie et sur la côte d'Abyssinie, car ils ne souffrent point que les vaisseaux arabes entrent dans leurs ports. Vient

ensuite 7-iyla, située sur un îlot; elle a un port assez fréquenté , et sou commerce , quoique moins étendu que celui de Iterbera , est encore assez important. Elle reste presque déserte pendant la saison des grandes chaleurs , à cause des moucherons, qui , selon M. de Rienzi , repos à ses habitait*.

Part te Insula ire .

Nous proposons de partager cette section eu deux parties très inégales : V archipel de Madagascar , ainsi nommé à cause de la grande ile qui en occupe le centre, et les des éparses le long de la Cote-Orientale, et nommées à la page 814. Ici nous ne décrirons que l'île de Madagascar et le groupe des Comores , en réservant la description des autres pour le chapitre suivant.

Dans l'A R CHIPE L DE MADAGASCAR nous décriions les îles suivantes : ILE DE MADAGASCAR. Jusqu'au commencement du xrx- siècle cette grande île émit partagée entre un grand nombre de peuplades indépendantes; depuis quelques années elle est inégalement partagée entre le royaume de Madagascar, qui eu possède la plus grande partie, et plusieurs chefs qui dominent sur le reste.

Le Royaume de Madagascar est une création politique de nos jours. Le jeune Radama , chef des Ovas, est parvenu dans le cours de quelques années à soumettre la meilleure et la plus grande partie de l'île. Les chefs de Bombe toc, des Seclaves, des Antatares (Anlavarts) , des Betimsaras (Bestimexsarat), des Betanimènes, le long des rotes et ceux de l'intérieur de Madagascar sont devenus ses vassaux. Digne émule de Mohammed-Aly en Egypte , de TamchamcLa a Sandwich et de Finow Ier à Tongatahou , ce jeune conquérant a commencé l'entreprise aussi glorieuse que difficile de la civilisation de ses nombreux sujets; il a fondé des écoles pour l'instruction de la jeunesse; il a embelli de plusieurs édifices sa capitale , et a envoyé à l'île Maurice, à Londres et à Paris quelquesuns de ses sujets pour apprendre nos arts et nos sciences. Peu d'années lui ont suffi i>our créer une armée avec laquelle il projetait de soumettre l'île entière. Ses généraux et autres chefs supérieurs sont montés sur des chevaux venus du dehors ; il s'est formé une artillerie. Ses troupes sont en grande partie armées de fusils, exercées à l'euro péeu ne et soumises à la plus sévère discipline. On en porte le nombre à 3o,ooo hommes; quoique exagéré, Ce nombre est cependant peu éloigné de la vérité; et on pourrait, sans craindre aucune exagération , porter à 5o,ooo hommes la totalité de ses forces en y comprenant les soldats armés de lances et de sagaies. Le gouverneur anglais de I Ile de France s'était engagé a lui payer annuellement 40,000 piastres ou 100,000 francs, pour qu'il abolit la traite des esclaves. Ce jeune conquérant était sur le point de voir couronner du plus brillant succès ses vastes projets , lorsque une nouvelle Clvtemnestre, la reine Ranavala-Manjoka, le fit périr empoisonne le 27 juillet 1898. Cette méchante femme lui a succédé au détriment des plus proches parens de Radama , qu'elle a fait mettre à mort , pour se livrer plus facilement à son infâme complice , jeune Africain d'une rare beauté. Déjà les Malgache» de Bambetoc (Rambatouka?) et les Arabes fixés parmi eux , ont pris les armes contre elle. Leur exemple sera probablement imité par d'autres peuples eunemis naturels des Ovas, et le grand royaume fondé par la bravoure et la politique de Radama est menacé d'une dissolution complète. Cette considération nous engagea décrire les lieux les plus considérables de l'île, en indiquant les territoires des principaux peuples dont se composait le royaume de Madagascar à l'époque de la mort de ce prince.

Le Pays des Ovas forme le noyau du royaume; il comprend tout l'intérieur de l'île entre le 16° et le 19" parallèles environ. C'est un plateau élevé et très bien peuplé; ses habitans sont les plus industrieux des peuples Madécasses ; ils don eut à Radama d'être actuellement la nation la plus puissante de toute l'île et le peuple dominant du royaume de Madagascar. C'est au milieu de cette hante plaine que s'élève T/kWAHAtivi (Tananearrivou , ou Emirnc), capitale du royaume et résidence ordinaire de Radama à l'époque «la sa mort. C'est un assemblage de petites bourgades ; les cases qui les composent sont disséminées sous les arbres et forment mille paysages variés et délicieux. Les proportions gigantesques de la végétation, dit M. de Fontmichel, offrent un singulier contraste avec l'exiguïté chétive des habitations humaines, qui ne se recommandent à l'attention des voyageurs que par l'attrait de la nouveauté. Radama , qui avait le gorit des constructions

durables, et qui , proportionnellement à ses moyens d'exécution en tout genre, a déployé en cela autant de génie à Madagascar que Pierre 1er en Russie; Radama fil élever à Tananarive uu temple à Jankar ; les murailles et les voûtes sont l'ouvrage d'un maçon qu'il avait fait venir précédemment de Pile de France. L'intérieur de cet édifice est presque vide; une espèce d'autel apparaît dans le fond : ou y brûle des parfums en l'honneur du bon génie. Sur l'une des murailles on a représenté dans une peinture à fresque , informe et grossière, mais originale, Jaukar, le bon génie, luttant contre Agatbic, le mauvais génie. Le palais de Tranouvala et celui de Bessakane plus spacieux que le premier, ainsi que le magnifique mausolée de Radama, sont les autres édifices les plus remarquables; ils ont été construits d'après les règles de l'architecture européenne, par le même artiste français qui a construit le temple de Jankar; les appartenons de ces palais sont décorés avec luxe et avec élégance. On doit citer aussi le collège établi par les missionnaires auglais Jones et Grifiiths, d'où sont sortis plusieurs maîtres, que Radama a répa ti dans les principales villes de ses états, pour y répandre l'instruction ; on y enseigne l'arithmétique, la géographie , le malgache, l'anglais, etc. Il y a d'autres écoles inférieures et des écoles particulières pour Us jeunes filles , où on leur enseigne la couture ainsi qu'à lire et écrire. Les missionnaires viennent d'y établir une presse pour imprimer une traduction de la Bible en langue madecasse ; quatre naturels sont déjà assez versés dans les connaissances typographiques pour faire la composition ; deux autres font marcher la presse. On prétend que Tananarive contient 5o,ooo habitans, y compris ceux des bourgades censées en faire partie.

Les autres territoires les plus importans le long des côtes , en faisant le tour depuis Je cap Saint-André , sur la côte occidentale, jusqu'au Pays d'Anossy dans la partie méridionale de Pile, nous paraissent être lessuivans : le Pays des Seclaves, dont une grande partie a été régie pendant long* temps par une reine puissante, qui résidait à Boisas-roc, ville commerçante , avec uu port assez fréquenté par les peuples des côtes de Mozambique et de Zanguebar ; le chef qui lui a succédé a déjà secoué le joug des Ovas; dans ce même pays, mais plus au nord , se trouve: Moozavgayb , ville bien policée, à laquelle on accorde 3o,ooo âmes ; elle est la plus commerçante de toute la côte occidentale, et son port est fréquenté par les mêmes nations qui visitent Bombetoc; les Arabes formeut une partie très considérable de sa population. Il parait que c'est aussi sur le territoire de ce peuple que se trouve le beau port Louqttez , où , d'après de récentes notices, uu territoire de 100 milles carrés a été cédé dernièrement aux Anglais pour y former un établissement. Le Pays des Anlavares, qui s'étend le long de la côte orientale et au sud du port Louquez , jusqu'aux

in* du pays des Betimsaras ; sa partie septentrionale seulement appartient au royaume de Madagascar; on y trouve la baie Wokmar, où les Français et autres uations font la traite du riz et surtout des viandes salées; la partie méridionale conserve encore sou indépendance; on y voit la superbe baie Ahtokoil. avec le port Caoïsxui., où les Fronçai* ont eu un établissement ; TumitGUK (Teinting) , résidence de Tsiphana , ancien chef très Agé, et grand-père du jeune Mandi-Tsara, qui a été élevé en France, et qui règne sur le territoire de Pointe-à-Larrée. Vis-à-vis est l'établissement français de Pile de Sainte- Marie, avec le fort Saint-Louis, Ces deux princes madécasses peuvent être regardes comme vassaux , ou du moins comme alliés de la France. Tintingue a été pris et occupé par les troupes françaises en 1 8ao. Le Pays des Betimsaras (Bestimcssaras) qui s'étend depuis le territoire de Pointe-à-Larrée jusqu'à celui de Tamatave. Foulpoihte peut en cire regardé comme le chef-lieu; c'est une petite ville très commerçante. Le Pays des Bét an i m è 11 e s ; c'est le plus peuplé et le plus fertile de tous les territoires maritimes de Pile ; il embrasse toute la côte depuis les limites des Betimsaras jusque vers le port Manourou , à l'embouchure du Tantamanc. Tamatave , était naguère la résidence du chef ou roi Jean René, mulâtre français, originaire de l'Ile-de-France, et vassal du royaume de Madagascar; il régnait aussi comme tuteur de son neveu le jeune lieront , sur le territoire d'Yvondrou . situé au sud de celui de Tamatave; Berora, qui a été élevé à Paris dans le pensionnat de M. Morin, est l'héritier de ces deux petits royaumes. Tamatave parait être aujourd'hui 1» place la plus commerçante de toute Pile; elle était aussi son plus grand marché d'esclaves avant que Radama en eût sévèrement dérendu la traite. Dans la partie de la ville nommée la Batterie, qui lui sert en même temps de défense, se trouvent plusieurs bâtiment isoles;

le plus grand servait d'habitation à Ratafe , beau-frere de. Kadama , et gouverneur du fort de TamaUve, et était aussi la résidence ordinaire de ce prince lorsqu'il séjournait dans cette ville* Les appartenons, .sans être vastes et dignes d'un souverain, sont propres, commodes, et la salle de réception est décorée avec luxe. Nous ajouterons avec M. de FoQjU michel , que Tamatave , qui a été pris par les troupes françaises en x 839 , est le point le plus important de l'île par la sûreté de sa rade , par la modicité de la dépeuse qu'il exigerait pour être mis sur un pied respectable de défense, et par l'heureuse disposition du terrein sur lequel on peut asseoir avec facilité des fortifications formidable*. LePaysdesAntaeimes, au sud de celui des Bétauimènes. On y trouve Mabasmabi et Malatahk, ports rommer- «jaiis, où se sont établis dernièrement des traitans français pour les achats de ris. Amoavovraktr passait, il y a quelques annm, pour être le plus grand village de toute l'île.

Parmi les pays qui paraissent être entièrement indépendant du royaume de Madagascar, nous nommerons les suit ans : le Pays d'Anosty, partagé entre plusieurs petits chefs, et où se trouvent le fort os Sainte-Lucie et les ruines du port Daufhiv , où les Français fondèrent leurs premiers établissemens dans cette île , et où ils fout encore le commerce. Rabé-Fagnian , chef de l'Anossy proprement dit, Raava, fille du vieux Ramalifois, mort dernièrement, et Bédouk, chef des montagnards, paraissent être les principaux princes de cette partie de Madagascar; ils ont résisté & toute la puissance de Rail a ma et sont amis des Français. Toute la côte sud-ouest , qui s'étend depuis le cap Sainte- Marie jusqu'au cap Saint-André , est peu connue sous le rapport de ses divisions politiques ; on représente ses habitans comme inhospitaliers , cruels et peu portés au commerce , du moins avec les Européens.

GROUPE DES ILES COMORES. Ce petit groupe, situé à l'entrée septentrionale du canal de Mozambique, comprend les îles Comore, Anjouan (Johanna), Mayotta et 3/ehilta. Autrefois très peuplées et florissantes, ces Iles sont depuis quelque temps ruinées et presque désertes à cause des dévastations commises annuellement par les Sec laves , les Antavares , les Betimsaras et les Bétanimènes, peuples maritimes de l'île de Madagascar ; ces pirates cruels en ont enlevé un grand nombre d' habitons pour les vendre comme esclaves. Le groupe des Comores parait aujourd'hui être partagé entre quatre chefs principaux. Anjouan, quoique très déchue, semble être encore l'île la plus peuplée et la plus importante; son chef, qui prend le titre de sultan réside , à Macbaoou , petite ville fortifiée, avec une baie et environ 3,ooo habitans; ce prince dominait autrefois sur tout cegronpe. Comort, dite aussi Grande-Comore , est la plus grande; elle a un pic très élevé. Mehilla est la plus petite.

POSSESSIONS des PUISSANCES ÉTRANGÈRES,

Les possessions des puissances étrangères en Afrique ne forment pas une région géographique, mais plusieurs divisions politiques très inégales entre elles et très morcelées. Plusieurs des établissemens qui appartiennent aux Européens , surtout ceux de la côte de Guinée , ont beaucoup perdu de leur importance, depuis que la traite des nègres est défendue. Il est même question en Angleterre de les abandonner presque tous. Nous réunirons sous les dénominations à' Afrique-Ottomane , A Afrique -Portugaise, Afrique- Anglaise t d' Afrique- Française , etc., tout ce que l'empire Ottoman, le Portugal, l'Angleterre, la France, etc., possèdent dans celte partie du monde.

Afrique- OUomane.

Voyez à la page 858 le tableau de tous les pays soumis au vice-roi d'Egypte et aux pages indiquées la description des autres contrées qui en dépendent dans la Région du Nil; leur ensemble forme ce que nous appelons r Afrique -Ottomane.

Afrique-Portugaise.

La monarchie Portugaise est la seconde puissance étrangère par lelendue et lenombredes habitans de ses possessions dans cette partie du monde. Elles forment les cinq gouvernemens suivans, indépendans les uns <Jes autres el très inégaux pour la surface et pour la population.

Le Gouvernement dr Madère. Il ne comprend que le groupe de Madère, silué daus rOcéan-AlIanuque. H comprend l'île de Madère qui est de beaucoup la plus grande, et reuoiumèe par sou viu; la petite île de Porto-Santo, et d'autres ilôts encore moins importa us et presque tous déserts. Funcbal, dans l'île de Madère, ville très agréablement située sur la côte méridionale, au pied de hautes montagues et défendue par plusieurs forts. C'est la résidence du gouverneur et d'uu évèque; ou lui accorde 20,000 habitans, dont plusieurs font un commerce étendu. Malheureusement Fuocbal 11 a pas de port, et sa rade n'est pas tenable en hiver.

Le Gouvernement du Caf-Vent. Il se compose de deux parties distinctes : Yarchipel du Cap- Vert, silué dan> l'Océan- Atlantique, et la Partie Continentale.

La Partie Con tin en taie ne comprend que les petites places ou postes de Caclieu, bissao (Bissago), Zinghicor (Zinghichor) , Farim et Geba le long de la Casamanta, du Geba et du Rio-Grande dans la NigriUe-Occidenlale (Séuégambie). Cacbeu, sur le San-Domiugo, petite ville, avec un fort, un port et 5oo habitans, est la résidence du gouverneur de tous ces postes et le lieu le plus important.

L'a r chipe t du Cap-fert se compose de 10 îles principales, savoir : San- Thi a g o , qui est la plus graude ; Villa de Praya , avec 1 ,aoo babitans et uue rade , est la résidence du gouverneur général de l'archipel et des possessions dans la Sénègambie; l 'évèque réside à RiaaaA Grande, misérable endroit qui ne compte que aoo habitans. San- Antào , est l'île la plus peuplée de tout l'archipel ; elle est aussi remarquable par son pic élevé; Villa de Nossa-Senhora-do-Rosabio, avec environ 6,000 habitans, eu est le chef-lieu. Fogo, remarquable par son volcan ; c'est la troisième ile pour la population. San-Nicolào est très dépeuplée ; Ribera-Brava , avec un port et 3,6oo habitans , eu est le chef-lieu. Les autres îles principales sont : Boa- V ista et Maio, importantes par ^eurs salines; et San-Vicente (Saint- Vincent), remarquable par son beau port; Salon Sel, avec de riches salines, et San ta-L uzi a, sont désertes ; Brava (Saint-Jean), n'a rien de remarquable.

Le Gou ver n'Est Eirr de San-Tbomb et do Principe. Cette province ne comprend que les deux îles de ce nom, situées dans le golfe de Guinée et dans le groupe des îles Fcrnando-Po-et-Auuobon. San-T homè% qui parait être la plus grande de tout le groupe, est aussi remarquable par son pic élevé. Saw-Tbomé (Panoasan), ville d'environ 3,ooo habitans, est la résidence du gouverneur. Vite do Principe (du Prince) est beaucoup plus petite; San-Antào, avec environ 1,000 habitans el un port, en est le chef-lieu; c'était il y a quelque temps le rendez-vous ordinaire des vaisseaux négriers.

Le Gouvernement d'Angola comprend une grande partie du Congo dans la Nigritie. Nous l'avons décrit aux pages 907 et 908.

Le Gouvernement dk Mosambique comprend une partie considérable de la Région de l'Afrique-Orientale. Nous l'avons décrit aux pages 91 3 et 9 1 4.

Nous ajouterons que le gouvernement portugais n'a pas encore renoncé aux droits qu'il prétend avoir sur les territoires de Cabinda et Malemba dans le Congo , et que les Portugais possèdent encore une loge à H'Iùdah dans le royaume de Dahomey.

Afrique- Anglaise.

Toutes les possessions des Anglais dans cette partie du monde peuvent être partagées dans les trois divisions suivantes, qu'on nous assure correspondre à leurs divisions administratives actuelles.

Établissemens dans la Nigritie et sur les îles db l'Ocba»- Atlantique. Cette

division comprend les Colonies de la Sénègambie, où l'on trouve Bathurtt ,

sur l'île Sainte-Marie, à l'embouchure de la Gambie, petite ville, où se fait le plu» grand commerce de la Gambie; les |KMtes ou comptoirs de ringtain, Jonkakonda et Pisania en dépendent. *

Les É t a b 1 i ss emen s de Sier ra-Leone (Nigritie ou Guinée-Occi dentale). On y trouve la colonie de Sierra- Leone, fondée en 1787 dans le bot philanthropique de supprimer la traite des nègres et de propager la civilisation ru Afrique par le moyen d'Africains libres. Les derniers rapports ont démontré combien l'on était dans l'erreur relativement à la prétendue prospérité de cette colonie, que son climat délétère a fait jus* (émeut nommer un charnier infect. Depuis sa fondation jusqu'en 1 8a6 elle a dévoré presque la moitié des personnes qui s'y sont établies. L'épreuve qu'on y a faite de l'instruction et du travail des nègres libres est restée bien loin de ce qu'on en espérait. Il est maintenant démoutré que cet établissement , qui a coûté à l'Angleterre m es de 400 millions de francs, est aussi inutile comme station navale que comme entrent de commerce; on a le projet de l'abandonner pour le transférer dans l'île de Fernando-Po. Il tant cependant avouer que depuis trois ans et surtout depuis les améliorations introduites dans l'administration par le célèbre voyageur colonel Deuham, qui en a été gouverneur et y est mort comme ses prédécesseurs, de grandes améliorations ont eu lieu, et cette colonie parait marcher vers un état florissant, qui pourrait avoir des conséquences immenses pour la civilisation de l'intérieur de l'Afrique et des pays côtiers qui l'environnent. Il faudrait cependant renoncer tout-à-fait à y envoyer des soldats et des colons blancs; le climat est m éminemment délétère pour la race blanche, en même temps qu'il parait être favorable aux. nègres, qu'on séjour de quelques mois dans cet établissement équivaut , pour de* Knropéeiis , à uue sentence de mort. Freetown, sur la rive méridionale de la Sierra - Leone , petite ville, bien bâtie, avec un port et 4,400 habitans. Elle possède cinq écoles, un théâtre , de belles casernes, et est la résidence du gouverneur général , dont l'autorité s'étend sur tous les établissemeus de la Séuégambic et de la Guinée-Occidentale; depuis 18 17 on y publie un journal politique. Regentstonn est l'autre ville la plus importante. Viennent ensuite Gloucestcr, Wellington % Kingstoam et autres gros villages , qui gagnent tous les jours en population et en embellissement.

Les Établis se mens de la Côte - d'Or et de la Co t e - de s - E s cl a v e t (Nigritie ou Guinée-Orientale). Tous ces établissemens, à l'exception d'uu seul, sont situés dans la partie maritime de l'empire d'Achanti, et ne consistent presque tous qu'en de petits forts insignilians situés près des villes, dont presque tous prenuent leur nom. Nous les mentionnons dans l'ordre de leur position de l'ouest à l'est et en indiquant les différens royaumes 011 ils sont placés. Ces forts sont -. le fort A'Apollonia et celui d'AmanaJtea , dans le royaume d' Araanahea ; le fort prés de Dixcove et le comptoir à Suconda , dans le royaume d'Ahanta; le fort abandonné de Commenda ; le Cap-Corse (Cape-Coast); Animaboe, qui est le meilleur fort que les Anglais possèdent sur cette cote ; Cormantin ; le fort de Tantumquerrj et le fort de WinebaU ou Simpah, dans la république de Fantie; le fort James, dans le royaume d'Accra ou Iucran, et le fort W illiam, à Whydah ou Juda dans le royaume de Dahomey. Le Cap-Cor se avec la ville de ce nom est la résidence du gouverneur général, dont la juridiction s'étend sur tous les établis<emens de la Guinée; on lui accorde 8,000 habitans. Cap-Corse fait aussi un commerce important ; on y a fondé des écoles pour les nègres, ainsi qu'à Animaboe; on porte à 4,000 âmes la population de celte dernière ville.

Les Établissement dans les lies de l'Atlantique. Ces colonies sont encore très peu considérables , parce qu'elles ne comptent que quelques années d'existence. Une des plus importantes est celle de Fernando-Po, fondée en 1828 , dans l'île de ce nom, au fond du golfe de Guinée. I/e fort Clarence, que les Anglais viennent d'y construire sur un territoire acheté aux indigène* de cette île, compte déjà près d'un millier d'habitans et plusieurs habitations destinées à recevoir les agens de la société africaine de Sierra-Leone, établissement qu'on aie projet d'abandonner. La salubrité et la fertilité de cette ile, ses superbes forêts, sa position importante sous le double rapport militaire et commercial , vont faire de Fernando-Po le centre des forces britanniques daas les parafes de la Nigritie, et l'entrepôt du commerce anglais avec l'intérieur de l'Afrique. La marine anglaise v a déjà établi le centre de ses croisière» pour empêcher la traite des nègres.

ABRÉGÉ DK GÉOGRAPHIE.

"L'He Ascension, naguère déserte, et depuis peu occupée par un poste de soldats anglais avec leurs familles et quelques nègres; ce rocher aride et volcanique sert de relâche aux vaisseaux anglais qui croiseut dans l'Atlantique. Vite Sainte-Hélène, autre petit rocher perdu dans l'immensité de l'Océan, mais de nos jours devenu si célèbre par îe séjour et la mort de Napoléon* il appartient i la Compagnie Anglaise des Indes-Orientales , et est un des points les plus itnportans de l'empire Britannique par les avantages qu'offre sa position pour établir des croisières, et par ses fort i lirai tous qui l'ont fait appeler le Gibraltar de* mers des Indes. Nous nommerons i cause de leur célébrité : James-Walley , petite bourgade, bien bâtie, avec un hôpital militaire et un jardin botanique ; c'est la résidence du gouverneur; et Longwood t sur un petit plateau, non loin du lieu où, sous quelques pierres que voilent de grands saules, reposent les restes de Napo- Jéon. « La maison de Bonaparte , dit un voyageur récent , est aujourd'hui dégradée et tombe en ruines; les chambres basses sont métamorphosées en écuries, et la chambre où il rendit le dernier soupir sert de grenier à paille; uu hideux palefrenier chinois commande en maître dans cette fameuse demeure.» Vile Tris tan- d'Acunha, la plus grande du groupe de ce nom, et remarquable par son pic élevé. Depuis iî ans quelques Anglais s'y Sont établis; sa position, son climat salubre, et son port la rendent un point importaut pour le» navigateurs qui vont dans l'Australie (la Nouvelle-Hollande).

Établissemens dasts l'Aemqoe-Austhale. Voyez Y Afrique- Australe Anglaise décrite à la page 909 et suivante.

Établisse mes s sua lbs îles daits i.'OctAK-IifDixw. Ces colonies cédées en 1814 par la France à l'Angleterre comprennent l'importante île Maurice et un grand nombre d'îlots compris géographiquement dans l'archipel de Madagascar. L'île Maurice ou de France est de beaucoup la plus grande; on y trouve Port-Louis, dit aussi Port-Nord- Ouest. Cette petite ville, bien bâtie, avec un port, est la résidence du gouverneur général de tous ces établissemens anglais dans l'Océan- Indien. On y publie deux journaux , et on nous assure qu'elle compte a 0,000 habitans avec sa banlieue. A quelques milles de distance se trouve le célèbre jardin de tÉtat, où fleurissent les richesses botaniques de tout l'Orient. Parmi les dépendances les plus importantes de Maurice nous nommerons : y*'(e Rodrigue z, qui ne compte que ia3 habitans, mais qui a un bon port; Die go- Garcia, îlot peuplé par 275 habitans; A galega , autre îlot, avec 199 âmes; le groupe des il es Seychelles composé de 3o îlots, dont ceux de Mahé et de P ras lin sont les plus grands; le groupe des îles A mirantes, composé de 1 1 îlots inhabités, et fréquentés seulement dans la saison de la pèche des tortues par un petit nombre des habitans des Seychelles. Depuis quelques années les Anglais paraissent posséder le |>eau port Louquez dans le Pays des Seclaves dans Vile Madagascar.

Afrique-Française .

Les possessions françaises dans cette partie à> monde peuvent être partagées de la sorte :

Établissemens dahs la Sénégambib. Il sont divisés en deux arrondissemens : celui de Sain t- Louis , qui comprend Vile de Saint-Louis et celles de Babagué , Sa/al et Gkim* bar (Ghéber) formées par le Sénégal ; les divers établissemens sur ce fleuve , tels que Kamou, Makana ou Saint-Charles , Bakel, Dagaita et Fa/ ; les escales ou lieux de marchés le long du Sénégal où se traite la gomme, telles que V escale du Coq près de Podor, V escale des Darmankours au-dessous de Saint-Louis et celle des Trarzas au-dessus de Dagana; enlin la partie de la cote qui s'étend depuis le cap Blanc jusqu'à la baie d'Iof. L'arrondissement de dorée , qui comprend avec l ile de Gorée toute la côte depuis la baie d'Iof jusqu'à la Gambie, et notamment le comptoir à'Albreda. Nous devons faire observer que le territoire le long de la côte depuis le cap Blanc jusqu'à la Gambie n'est pas une possession de fait, mais seulement de nom, puisqu'il appartient à des peuples entièrement indépendans. Une grande partie de l'arrondissement de Saint-Louis appartenait au royaume de Oua/o ou Hoval, ruiné et presque entièrement dépeuplé par la guerre civile et par les Maures' ses voisins; il reconnaît depuis quelque temps la suzeraineté de la France. Voye» à la page 900.

Les lieux les plus remarquables de cette partie de l 'Afrique- Française sont : Saint- Louis, dans l'île de ce uoui, petite ville assez bien bâtie et qui s'est considérablement augmentée depuis quelques années; c'est la résidence du gouverneur général de tons ces établissemeus, el l'entrepôt du commerce qu'on fait sur le Sénégal, et surtout de celui de la gomme. Ou y compte près de 6,000 habitaus. Daus ses envirous, à Mcltard-Tol , flurissait un beau jardin de naturalisation fondé en 18a a; le défaut de ressources l'a presque fait abandonner. G orée, sur l'îlot de ce nom, avec un port el deux forts; sa population s'élève à environ 3,ooo âmes. C'est un lieu de relâche très important pour les vaisseaux français qui vont dans l'Inde. Bakel, sur le Sénégal , n'a que 400 habitaus t mais on y entretient un poste de 100 soldats. Dagana, village de nègres dans le royaume de Oualotavec environ 1,300 babitans. Le village de Makana, ancien emplacement du fort Saint-Joseph ; c'est un établissement assez important ; en 1 8a 5 on y a construit un comptoir auquel ou a donné le nom de Saint-Charles, po rtendick , dans le pays des Maures Aulad-Ahmed-Dabtuan , n'a d'habitans qu'au moment de la veute de la gomme aux bitimeu* européens. C'est surtout depuis la décadence de la colonie anglaise de Sierra-Leone et le nouvel établissement que les Anglais ont formé à Fernando- Po , que l'on peut prévoir l'importance qu'aura pour la Frauce la possession de Saint-Louis et de Goree , surtout si les stations du Haut-Sénégal peuvent se maintenir. De la au l>assiu du Djoliba ou peut communiquer en peu de jour». De faibles obstacles séparent les deux cours d'eau, et une fois arrivés à Sego on pourra aisément descendre à Djcnny et à Ton>bouctou , ou remonter à fiouré, le pays de l'or, ainsi que l'a démontré l'importante exploration de M. Caillié.

Établissuibxs oahs i'OcÉ41i-Isdieh. Après la perte de l'Ile-de-France et du groupe des Seychelles , la Frauce ne possède plus dans ces parages que Vile-Bourbon et la colonie de Vtû Sainte- Marie près de Madagascar, ainsi que les loges à Tamatave, à Foulepointe et près de l'emplacement de l'ancien Fort-Dauphin dans cette grande ile , dont nous avons parlé aux pages 916 et 917. L' lie- Bourbon est remarquable par sou étendue et sa population qui en i8a6 s'élevait à 85,198 âmes, par son voleau et la hauteur de ses montagnes, par la salubrité de son climat el par la qualité de ses productions, telles que sucre , café , cannelle , girofle , muscades , cacao , etc. Saint-Denis , jolie ville très commerçante, est la résidence du gouverneur général de tous ces ctablissi meus et le siège d'une cour royale; elle possède uu collège, un assez beau jardin botanique et compte environ 9,000 babitans. Elle n'a pas de port, mais seulement une rade peu sûre el exposée à de terribles ouragans, qui font souvent éprouver de grandes pertes aux habitaus de cette colonie. En 18 19 on a commencé la foudalioo d'un port , susceptible de recevoir des bâtimens d'un faible tonnage. Le travail était déjà assez avancé, lorsqu'en i8a8 un violent ouragan déplaça le môle déjà fondé , et le ramenant presque parallèlement à la côte , de perpendiculaire qu'il y était , acheva d'un seul coup ce qu'on avait projeté de faire , mais réduisit considérablement les dimensions qu'on s'était proposées dans son établissement. Nous avons déjà signalé aux pages 9 1 6 et 9 1 7 les relations commerciales et politiques que la France entrelient avec les nations de Madagascar , relations qui pourraient deveuir pour elle de la plus grande importance par la grande population de cette ile, par sa fertilité et par la richesse de ses productions.

Etablisskmcxs oahs lk ci-dkvaht état d'Algbb. Nous avons déjà décrit aux pages 88 1 et 884 cette importante acquisition que la France vient de faire, eu détruisant le plus grand repaire des pirates qui infestaient la Méditerranée.

Afrique- Espagnole.

L'Espagne ne possède dans cette partie du monde que X archipel des Canaries dans l'Atlantique et quelques forteresses dans Y empire de Marne , à l'entrée de la Méditerranée. Ces dernières forment ce que les Espagnols nomment les Presidios et servent de lieu de déportation pour les criminels.

Dans les Paaswios on trouve : Ceuta, place forte , située sur uue presqu'île à l'extrémité orientale du détroit de Gibraltar, avec un mauvais port et environ 8,000 babitans. C'est la résidence d'un évèque et du gouverneur, dont depeudeut les mires presidios de

Penon-de-Veltz, Alhucemas et Melilla; ce dernier a un port, et quoique plus considérable que les deux autres, ne compte qu'environ un millier d'habitans.

L'Abchipel des Canaries se compose de ao îles et îlots; les sept suivantes sont les plus considérables et les seules qui soient habitées.

Teneriffa. C'est la plus grande île de tout l'archipel et celle qui compte le plus d'hohilans; elle offre , dans son pic fameux , une des plus hautes montagnes de l'Afrique; peudant plusieurs siècles on l'a regardée comme la plus liaule du monde. La ville de Santa» Crut (Sainte-Croix) , est commerçante et la résidence du gouverneur général de tout l'archipel ; elle a un assez bon port et trois forts ; on lui accorde 8,000 habitans. Laguna , ville mal bâtie et très déchue , remarquable par la bonté de son climat qu'elle doit à sa situation élevée; c'est le siège du tribunal de l'ile; on lui accorde 8,000 habitans. Orotara , daus une position charmante; c'est la ville la plus considérable de l'île après Santa-Cruz; on porte sa population à 1 1 ,000 âmes, y compris celle de Puerto de la Pat , qui est sou port. Cana n'a, presque égale en étendue à Ténériffe; elle donne le nom à tout l'archipel , et est renommée par sa fertilité. Palmas , avec environ 9,000 habitans, est le chef- lieu de l'île , et le siège du l'évéque des Canaries et du tribunal supérieur ou de Vaudiencia de cet archipel.

Les autres îles les plus importantes sont : P aima, dont Santa-Crut est le chef-lieu ; Lance rota, remarquable par son extrême aridité et par son volcan ; Tegnisc en est le ehef-lieu. Forteve ntura, aussi aride que la précédente ; Santa-Maria de Betcncuria en est la capitale. Gomera et Fer, beaucoup plus petites que les précédentes ; la seconde est un des points les plus importans de la terre, ayant été depuis Ptolomée jusqu'à Riccioli l'endroit du globe par lequel tous les géographes faisaient passer leur premier méridien.

Des analogies frappantes, signalées il y a quelques années par un philologue célèbre, entre les idiomes que parlent les peuples indigènes de l'Atlas et ceux que parlaient jadis les Guanches , les anciens habitans de cet archipel, ont réveillé de nos jours Patient ion des savans sur cet ancien peuple , détruit par le glaive impitoyable des premiers conquérans espagnols. Dépouillé de tout ce qui appartient aux brillantes fictions mythologiques et i l'exagération de ses enthousiastes admirateurs, qui les premiers nous l'ont décrit dans de nombreux récits, ce peuple éteint inspire encore trop d'intérêt pour que le géographe n'ait pas à s'arrêter un moment afin de rappeler quelques-uns de ses usages en parlant des îles où , pendant tant de siècles , il vécut ignoré du reste du monde. La taille élancée et la grande force musculaire des Guanches , si vantées par les anciens auteurs , nous autorisent à regarder ce peuple comme les Patagons de la Géographie classique; la parfaite conservation et l'a noblement de ses momies , nous offrent , i l'extrémité du monde connu des anciens, cet usage si remarquable d'embaumer les morts, propre, presque exclusivement, aux Egyptiens , tandis que les cordelettes et les petits disques , qui parfois leur sont attachés , nous présentent quelque chose qui ressemble aux fameux quippus des Péruviens , des Mexicains et des Chinois. D'un autre côté , ses institutions politiques nous retracent le système féodal de l'Europe au moyen âge, que nous avons vu établi, depuis un temps immémorial , sur les hautes plaines de l' Asie-Moyenne, et que nous retrouverons cher presque toutes )c« nations policées du Monde-Maritime. L'habitude singulière des Guanches de donnera une femme plusieurs maris , nous rappelle la polyandrie, que naguère encore on croyait n'être en usage qu'au Tibet , mais que des voyageurs dignes de foi ont retrouvée depuis dans d'autres régions, au nord de l'Inde, à Ceylau , dans le Decan, sur les bords de l'Orénoque , en quelques autres localités de l'Amérique et jusqu'au centre de la Polynésie. Enfin la grande muraille , que les anciens habitans de Lancerola, réputés les plus policés de tous les Guanches , ont élevée pour séparer les possessions des deux petits états rivaux entre lesquels cette île était partagée , rappelle les murailles semblables construites par les Romains au nord de l'Angleterre et eu Ecosse , par les Persans dans la Région du Cauca** , par les Egyptiens depuis Pelusium jusqu'à Héliopolis, par les Péruviens dans l'Amériquedu-Sud , et la plus étounaute de toutes les constructions de ce gcure, la grande muraille élevée par les Chinois pour mettre à l'abri des incursions des barbares leur vasta empire.

Afrique-Hol landaise.

Depuis la perte de l'importante colouie du Cap-de-Bonnc-Espérance , les possessions Hollandaises dans cette partie du monde ne consistent qu'en quelques petits forts insignifians sur la côte d'Or dans la Guinée et proprement dans l'empire d'Achanti. Nous nous bornerons à les citer en indiquant leurs noms suivant l'ordre de leur position, en allant de l'ouest à l'est et en désignant les royaumes où ils se trouvent situés.

Dans le royaume d'Ahanta, le fort Antonius, presd'Axim et le fort Hollandia, jadis nommé* Friedrichsburg, près de Pockeso ; le fort près $ Akltoun* et un autre près de Tac corarr; le fort Orange, près de ^uconda: selon M. Hutton, ce fort serait abandonné; le fort Sebastien, près de Chaniah ou Assema Dans la république de Eantie. le fort fredeuburg , pré* du Pctit-Commcuda ; Elmina ou Saint-George de la Mina ; le Ion AasJau , près de Mûri; le fort Lerdssaamlterde ou Apam et le fort pré* de Seniah. Dans le royaume d'Accra, le fort Crève-cœur, à Accra. Ki.miha, jolie ville, avec plusieurs maisons bâties eu pierres et quelques rues pavées. C'est la résidence du gouverneur général de tous ces élablissemens; elle est défendue par une bonue citadelle et un fort, et est le siège d'uu commerce assez florissant qu'y attire la franchise de son port; ou porte à environ r 0,000 anus s» population.

Afrique- Danoise .

Les Danois ne possèdent dans cette partie du monde que quelques petits forts environnés de territoires peu étendus, mais remarquables par la liberté dont jouissent leurs habitans et par les progrès qu'ils ont faits dans les arts les plus utiles de la civilisation européenne. Ces petits élablissemens, encore très peu connus, sont situés sur lès Côtes d'Orct des Esclaves^ dans la Guinée et proprement dans l'empire d'Achanti. Nous nous bornerons à les indiquer selon l'ordre de leur position en allant de l!ouest à l'est.

Dans le royaume d'Incran, on trouve : le fort de Cbristiavsburg. C'est rétablissement principal et la résidence du gouverneur général ; il est situé près d'Accra. Viennent ensuite les comptoirs de Tema; Mm/w , etc. Dans le pays d'Adampi on trouve: le fort Friedensburg à Ningo; Adda, sur le Rio-Volta , petite ville de 3, 000 habitans, et le fort Katninstein sur le même fleuve. Dans le pays de Crépi (Kerrapay), le fort Bintensfein près de Quitta.

Afrique - Anglo- Américaine .

La Société Américaine de colonisation , indépendamment de tout secours du gouvernement fédéral, a fondé en 1821 dans la Gttiuée, sur les bords du Mesurado (Montserado) et à l'est du Cap-Mesurado , un petit établissement auquel on a impose le nom de Liberia, parce qu'il ne doit être habité que par des hommes libres. Cette petite colonie, après avoir couru le risque d'être détruite par les attaques des Deys , des Queahs, des Gurrahs et autres peuples voisins confédérés contre elle, se trouve, d'après les plus récens rapports, dans un état assez prospère. Monrovia , ainsi nommée en l'honneur de Monroc, alors président des États-Unis, petite ville fortifiée avec environ 700 habitans et un port, en est le chef-lieu ; elle possède déjà des écoles, une bibliothèque publique et un journal. Calt/tvell, avec 600 habitans et une société d'agriculture , est l'autre endroit le plus remarquable de cette colonie, qu'on peut regarder comme formant une petite république composée d'Africains délivrés de l'esclavage en Amérique, et transportés en Afrique dans le but philanthropique de répandre dans Pintérieor de ce continent les sentimens d'humanité, l'industrie, les

arts cl les sciences de l'Europe. Le noble but que l'on s'est proposé dans la fondation de cette colonie est déjà atteint en partie. Les naturels, dit M. G. de Felice, ont déjà adopté l'habillement des colons, ils montrent un vif désir d'imiter leurs manières et de prendre les habitudes de la vie civilisée; quelques en fans des indigènes fréquentent les écoles; quelques tribus se sont placées de leur propre mouvement sous la protection du gouvernement colonial; d'autres peuples , placés à une distance trop grande de Liberia pour réclamer son appui, demandent comme une faveur que les colons viennent se fixer sur leur territoire; et on cite plus d'un chef africain , qui a ouvert des négociations à ce sujet avec l'agent principal de cet établissement. Parmi ses chefs les plus distingués on doit citer le brave, le vertueux Ashmun, qui vient de mourir en Amérique, et le célèbre Prince, qui resta pendant quarante ans esclave à Nalchez ; c'est le frère d'Abdule- Kadre, qui en 182 5 était almamy du Fouta-Ghialo. Voyez à la page 901.

Afrique- Arabe .

Nous comprenons sous cette dénomination tous les pays de cette partie du monde qui dépendent de l'imam de Mascate. D'après les rapports les plus récens, ce prince possède soit raediateraent, soit immédiatement, les îles suivantes situées le long de la Côte Orientale d'Afrique : Quiloa, dans le royaume de ce nom , qu'à la page 914 nous avons vu être tributaire de l'imam; Monfia et Zanzibar (Zindgibar ; Souayeli) ; cette dernière est la plus peuplée et la plus importante à cause des relations commerciales qu'elle entretient avec les îles de France , de Bourbon et de Madagascar ; Pemba, remarquable par sa fertilité , mais dont l'imam de Mascate ne possède qu'un tiers; Socotora, la plus grande de toutes, mais aride, pierreuse et presque entièrement dépourvue d'eau et de végétation ; cependant le meilleur aloès croît dans ses vallées abritées; on y recueille aussi une grande quantité de dattes excellentes. Sa position et ses deux rades l'ont fait servir de station aux négocians de l'antiquité; on croit même qu'Alexandre-Ie-Grand y avait envoyé une colonie. Il paraît qu'une partie des habitans de l'intérieur est attachée aux dogmes de l'église jacobite et qu'une tribu sauvage vit encore indépendante dans les bois. Les Anglais avaient commencé il y a quelques années des négociations avec l'imam de Mascate pour se faire céder cette ile, qui est gouvernée par un cheikh , dépendant de ce souverain arabe. Voyez aux pages 665 et 666.

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