‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 211 sur 320 · REPUBLIQUE DE BOLIVIA · texte numérisé non relu

REPUBLIQUE DE BOLIVIA

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude occidentale, entre 6o° et 73°. Latitude australe y entre nw et a 4°.

CONFINS. Au nord y la république du Pérou et l'empire du Brésil. A Yest , l'empire du Brésil et la confédération du Rio de la Plata. Au sud, le dictatorat du Paraguay, la confédération du Rio de la Plata et la république du Chili. A Vourst, le Grand-Océan et la république du Pérou.

FXEUVIS. Le territoire de cette république offre le grand divortia aquarum , ou la ligne de partage des eaux de l'Amérique- du-Sud et les plus hautes contrées connues de tout le Nouveau-Monde. En effet, c'est ici que Ton trouve les sources du Béni, la branche principale de l'immense Amazone et celles du Piîcomayo, un des principaux afHuens du Paraguay , qui est lui-même une des branches du puissant La-Plata. Depuis la publication des mesures barométriques prises dernièrement par un savant naturaliste anglais, M. Pentland, c'est la haute vallée du Desaguadcro , prolongement du bassin du lac Titicaca , si remarquable sous tant de rapports , qu'on doit appeler le Tibet de V Hémisphère-Occidental. En énéral on peut dire qu un tiers de la population de cette république vit ans des contrées dont le niveau est plus élevé que presque toutes les plus hautes montagnes de l'Europe; il se trouve au dessus de la ligne, qui , dans l'Amérique-du-Nord , marque la limite où cesse toute végétation à parité de latitude. Comme nous venons de le dire, la pente générale du sol porte la presque totalité des eaux qui arrosent la Bolivia à se verser dans l'Océan- Atlantique, par les deux grands fleuves, l'Amazone et le Rio de la Plata. D'autres fleuves, infiniment moins considérables, alimentent le vaste bassin intérieur du lac Titicaca; le Dcsaguadero , comme son nom l'indique, en est le seul débouché; après avoir traversé la grande vallée longitudinale du même nom , il se perd par évaporation au milieu du sol muriatifère qui forme la partie basse de la province de Carangas. L'étroite lisière maritime que la république possède sur le Grand-Océan n'offre que quelques petites rivières, perdues pour ainsi dire au milieu des sables arides du désert d'Atacama. En rappelant ce que nous avons dit à la page 9^5, sur le cours de l'Amazone et du Rio de la Plata, il ne nous reste plus, d'après notre plan, qu'à indiquer les principaux affluons de ces deux grands fleuves qui arrosent le territoire de Bolivia.

L'Amazom, dont la branche principale nommée Behi ou Paro prend sa source daat les montagnes neigeuses au nord de la ville de La-Paz, par le torrent de Choqueapo; le Jîeni traverse la province de La-Paz, où il coupe la cordillère Orientale au pied do la montagne d'Illimani; ses principaux afHtiens sur le territoire de la république sont les rivières de Mapiri, de Coroïco et de Tipuani. Vient ensuite la Madeira, qoiestle plus graod des afHtiens de l'Amazone; il est fomé par la jonction de la Marmo re avec la Guap o re ; la Marmore, dont la branche principale, connue sous les noms de Rio- Grande et plus bas de G uap ahi ou Guapaix, baigne les départemens de Cochabamba et de Santa-Cruz , et traverse les vastes solitudes que parcourent les Moxos; cette grande rivière reçoit à la droite le Pampiti , dont le cours est encore peu connu ; le Para pi li, après avoir arrosé le département de Chuquisaca et avoir traversé la lagune de Ubai , prend la dénomination de Sara ; c'est sous ce nom qu'il passe par le pars des Moxos.

Le Rio de la. Plata reçoit à la droite de sa branche principale, nommée Para**, le Paraguay , auquel le Pilcomayo et le Ri o - G rande ou ferme jo apportent le tribut de leurs eaux; ce dernier traverse le district de Tarija; l'autre prend sa source dans le versant oriental des Andes dans la province de Potost et, après l'avoir traversée de l'ouest à l'est, il entre dans les solitudes du Grand-Chaco, vaste pays regardé comme faisant partie du territoire de la Confédération du Rio de la Plata ; le Pilcomayo est grossi à la gauche par deux grandes rivières, la Pas paya , au bassin de laquelle appartient la ville de Potosi, et le Cac hamayo , dout un des affluens a sa source près de La Plata ou Chuquisaca.

Division* et topographie. Le territoire de cette république, détaché en 1778 de la vice-royauté du Pérou pour former partie de la nouvelle vice-royauté du Rio de la Plata, suivit le sort de cette dernière, en s'insurgeant plusieurs fois contre les Espagnols. Délivré du joug de ces derniers à la suite de la victoire gagnée par le général colombien Sucre, à Ayacucho le 10 décembre 1824 , le congrès, rassemblé à Chuquisaca, déclara l'indépendance de la république le 6 août i8a5. Quelques jours après, il décréta que la république prendrait le titre de Bolivia, en l'honneur de Bolivar, qui avait tant contribué à son indépendance, et que l'on fonderait une ville qui porterait le nom de Sucre , en l'honneur du vainqueur d'Ayacucho; c'est cette ville qui doit être par la suite la capitale de la république ; en attendant sa fondation , Charcas ou Chuquisaca a été déc/aréc la capitale de l'état. Toute la république est partagée en S départemens , subdivisés en provinces et districts. Le tableau suivant offre les divisions actuelles de la république. Nous le devons à l'obligeance de M. Pentland , qui , en outre , a bien voulu nous aider de ses conseils et remplir en partie les lacunes qu'offre encore la description de cette région si peu connue , quoique une des plus intéressantes de tout le globe. On a placé la province de Tarija à la fin du tableau , parce qu'elle n'a pas encore été réunie à aucun des six départemens. Cette province , détachée en 1 809 du Haut- Pérou pour la réunir à celle de Salta , s'en est détachée pour se joindre à la république Bolivienne; cette séparation a donné lieu à de fortes réclamations de la part du gouvernement de Buenos-Ayres. Les vastes pays des Moxos et des Chiquilos , qui forment les deux provinces de ce nom dans le département de Santa-Cruz, sont composés de missions fondées par les Jésuites avant leur expulsion en 1750; quelques hordes nomades sont sauvages et conservent leur indépendance ; un grand nombre , convertis au christianisme, vivent dans les vingt-trois missions.

DESCRIPHON DE L'AMÉRIQUE.

Nom drs DsrAHTBMKits. Cnars-Liiox, Vuxa» «t Lratxx im rvv» *iUk*QVk*i.t%.

Cmuquuaca Cu cours aca (La Plata , Chareas) ; La put a ; Gnti; Y am para et „•

Tupitm.

La - Paz Li«P»i <1'A jicucbo (Naettra Senora de la Pat); Tuthua-

nacu (TiagtianAco) ; Vite de Tilieaca; Sont* (Zarata); Ca-

la /narra ; Sicatica.

Oncno Oruro; Carorollo; Paria ; Carangas.

Potosi Potnsi; Porto; lotagajrta ; Chajanta ; Ataeama; Puerto~de-

l.amar (autrefois Cobija ou Celija). Cocu AB a MB A Cochabamba; tiizque ; Taparari; Arque.

Sabtta-Cbcc de la Sikba. Sinti-Croi de la Sierra (San-Lorenso de la Frontera).

Le* Pays des Afojco* et des Chiquito*.

Paovfxca dk Ta nu a. . . . Ta ri j a.

Chuqtjisaca ou Chaucas, dite aussi La Plata, située près des sources d'un des affluens du Cachimayo, à la hauteur de a,844 mètres au-dessus du niveau de la mer , dans une plaine qui forme le divortia aquarum du Rio-Grande et du Paraguay , et environnée de campagnes riantes et assez bien cultivées. Elle est assez bien bâtie et une des villes les plus anciennes de l'Amérique, ayant été fondée en if>38 sur l'emplacement de l'ancienne ville péruvienne de Chuquisaca, nom qu'elle changea ensuite avec celui de La- Plata , à cause d'une riche mine d'argent que les Espagnols découvrirent dans son voisinage. Parmi ses édifices, nous ne nommerons que la cathédrale , le bâtiment du collège , plusieurs courras et le palais du gouvernement. Chuquisaca est le siège d'un archevêché, et, outre le collège, elle possède une université, qui, à cause de la tranquillité dont on jouissait dans cette ville, était même fréquentée par la jeunesse de toute la vice-royauté. On nous assure que sa bibliothèque est une des plus riches de l'Amérique-du-Sud. On porte à 12,000 âmes sa population.

Voici les autres villes et lieux les plus remarquables rangés dans l'ordre suivi dans le tableau des divisions administratives :

Daos le DÉPARTEMENT DE LA-PAZ •- La-Paz d'Ayacucho, assez grande ville éplscopale, à laquelle M. Pcntland accorde 40,000 Ames; elle est située dausune vallée profonde creusée par le torrent de Choqueapo ; elle possède un collège et est la plus llorissanle de la république. Le niveau du sol sur lequel elle s'élève étant à 3,717 mètres au-dessus de la mer dépasse en élévation les plus hautes cimes des Pv rentes. C'est à quetques milles a l'es! -sud-est de celte ville que s'élève le Ne va do- d'I II im a ni , qui est la plus haute montagne mesurée de tout le Nouveau-Monde après le pic de Sorala. Tlabuaxacu, village situé près du lac de Titicaca; il est célèbre dans le pays par les ruines dont il est environne; ce sont les restes des gigantesques monumens élevés par uu peuple antérieur à la domination des Iucas. Voici de quelle manière en parle Garcîlasso en citant Pedro de Cicça de Léon qui les avait visités. « Le plus admirable chef-d'œuvre de tout ce pays est un coteau, ou si vous voulez un tertre fait de main d'homme, qui est si haut qu'il n'est pas possible de le croire. Les Indiens, qui semblent avoir voulu imiter la nature dans la structure de ce mout, y avaient mis pour foudemens de grandes masses de pierres , fort bien cimeutées, pour empêcher que ces prodigieuses terrasses entassées les unes sur les autres ne s'éboulassent; maison ignore dans quel dessein ils avaient fait ce merveilleux bâtiment. D'un autre côté, assez loin de là. on voyait deux gèans taillés en pierre. Ils avaient des habits qui leur traiuaient jusqu'à terre, el un bonnet à la tète, îe tout usé par le temps . et qui sentait son antiquité. Ou remarque encore là une muraille fort longue, et dont les pierres étaient si grandes qu'on ne pouvait compreudre comment des hommes avaient eu assez de force pour les y trausporler. car il est certain que dan» celle étendue de terre il n'y avait que bien loin de là ni carrières ni rochers, d'où l'on put avoir tiré toute cette masse énorme de pierres. L'on y voyait aussi en d'autres endroits quantité de bâtiment extraordinaires entre lesquels élaient remarquables de grandes portes dressée*

ARHKGÉ DR GÉOGRAPHIE.

eu dire» lieux el dont la plupart étaient dans leur entier, qui n'avaient aux quatre coins qu'une seule pierre dans leur structure; et ce qu'il y avait de plus merveilleux, c'est qu'elles étaient presque toutes pesées sur des pierres d'une grandeur incroyable; car il y en avait de 3o pieds de long, i5 de large el 6 de front. Toutes ces pierres avec les porte» étaient d'une seule pièce, niais il n'est pas possible d'imaginer a \ ce quels outil* elles pouvaient avoir été taillées. D'ailleurs, il fallait nécessairement qu'elles lussent incomparablement plus grandes, avant que d'être mises en œuvre. Ce sont ces balimens qui servirent de modèle aux Iucas pour construire l'étonnante forteresse de Cuzco que nous avons décrite a la page 1098. » Garcilassu ajoute ensuite d'après les mémoires que lui avait fournis Diego d'Alrobaca, ancien vicaire et prédicateur, autre témoiu oculaire de ces mouumens des environs de Tiabuanacu: « On y voit des édifices fort grandi et entre autres une cour de iS brasses en carré et de deux étages de hauteur. A l'un des côtés de celle place il y a une salle de 45 pieds de long sur 22 de large, couverte de chaume, omnic sont les appartenons de la m.ïison du soleil à Cuzco. La place, dout je viens de parler, les murailles, la salle, le plaucher, le toit et le.* portes, sont tous d'une seule pièce qu'on a pris el ladlé dans le rocher. Les murailles de la cour ont trois auucs d'épaisseur , et bien que le toit de la salle soit de pierre , il semble néanmoins être de chaume. Ce que les Indiens ont fait exprès, afin de le faire mieux ressembler à leurs logeraeus, qu'ils ont coutume de couvrir de paille. Le marécage ou lac joint un des bords de la muraille, et ceux du pays croient que ces bàtimens sont dédiés au créateur de l'univers. Il y a la tout coutre quantité d'autres pierres mises en œuvre, qui représentent diverses ligures d'hommes et de femmes, faites si au naturel , qu'on les croirait en vie. Les unes lieoueui des vases eu main , comme si elles voulaient boire, les autres sont assises, les autres debout, et d'autres semblent vouloir passer un ruisseau qui coule à travers ce bâu'ment. Outre cela on voit des statues qui représentent des femmes et des enfans qu'elles ont à leur sein on à leur côté, ou qui les tiennent par le pan de la robe, sans comprendre plusieurs autres de toute façon. •

« Les monumens gigantesques de Tiaguauaco, nous dit M. Peut! and qui vient de les visiter , ont souffert de très grandes dégradations depuis le temps de l'inca Garcilasso. On y reconnaissait encore (en 1827) les pierres énormes dont il parle, dont qnelques-uucs pèsent 80 tonneaux, les grandes portes qui étaient toutes dans un seul bloc de tràchyle et les énormes massifs sur lesquels elles étaient posées ; les gi audes cours, dout parle Garcilasso, existent aussi , et sont des quadrilatères placés sur des tertres ou pyramides artificielles eu terre (avec des passages souterrains à l'intérieur). Ces quadrilatères, qui ont 60 toises de côté, sont formés de blocs énormes de tràchyle el de grès rouge , et paraissent avoir été recouverts par un architrave, une frise et autres ornemens. Les sculptures qui restent en très petit nombre sont fort grossières et en bas-reliefs peu saillans, représentant l'inca, sa femme , le soleil sous plusieurs formes , et la téle d'uu oiseau de proie , qui n'est pas le condor et dont je n'ai pas pu déterminer l'espèce. Un fait très remarquable touchant ces restes célèbres , si l'on peut se rapporter à la relation de Garcilasso, c'est que le lac de Titicaca ou de sa partie méridionale, dite d'Unamarca, dont les eanx se trouvaient loucher les murailles de ces mouumens il y a 3oo ans, en sont aujourd'hui assez éloignées, et à 100 pieds au-dessus du niveau actuel des eaux du lac. •

Daus ce département nous nommerons encore Sobata, village remarquable par le voisinage du K evado d t Sorata, qui est la plus haute montagne connue tout le Nouveau-Monde ; sa hauteur, mesurée dernièrement par M. Pentland, n'est dépassée dans tout le reste du globe que par quelques pointes de l'Himalaya. Voici quelques faits à l'appui de ce que nous venons de dire ; nous les puisons aux tableaux des points culminans des cir.q parties du monde donnés dans cet ouvrage; le lecteur pourra les étendre s'il le juge convenable. La hauteur du Nevado de Sorata est de 3,t)48 toises ; celle du Ae* %ado d'Illimani, de 3,?53; du Onmborazo , de 3,35o ; du Tchkamonlari , sur les limites du Bon tan, de 4,4oo? du Dfunvalagiri , sur les limites du Népal , de 4.3oo ; du Djawahir. aussi dans l'Himalaya, de 4,026; du Mont Muria, dans la Cambambe, le plus haut point mesuré de l'Afrique, de a, 600 ; du Mont-Blanc, la plus haute montagne de l'Europe, de a, 460; du Mattna-Roa , dans l'Ile d'Hawahii , point culminant connu de toute l'Océan ir , de 2,483. Nous ajouterons aussi l'îlot de Titicaca, parce qu'il donne le nom au lac que nons

DESCRIPTION I)K L'AM l.RIQl T.

avons décrit à la page 9^9 , et parce que ce fut dans cette petite Ile que Manco-Capac pré • tendit avoir reçu sa vocation divine pour être le législateur du Pérou. Les Péruviens regardèrent Titicaca comme un lieu sacré, et les Incas y bâtirent , en l'honneur du Soleil , un temple qu'on dit avoir été tout recouvert de lames d'or. Ils accouraient chaque année de tous les points de l'empire pour y apporter de riches offrandes en or , en argent et en pierreries; on y célébrait le même service qu'à celui de Ciuco. Le père Blas-Valera rapporte que, lors de l'arrivée des Espagnols, les babitans jetèrent toutes ces immenses richesses dans le lac ; on nous assure qu'on voit encore les ruines de ce temple célèbre.

Dans le DÉPARTEMENT D'ORURO : Oavao, petite ville, non loin du Desaguadero, importante par les mines d'argent de son district; on lui accorde de \ à 5.ooo babitans. Cette contrée est ce qu'on pourrait appeler le Tibet de t Hémisphère- Occidental.

Dans le DEPARTEMENT DE POTOSI : Potosi, grande ville, très déchue, située au pied du Cerro de Poiosi , renommé par la prodigieuse masse d'argent , que deputi x545 jusqu'à nos jours on a tirée de ses entrailles. Ses rues sont étroites et irrégultères , et les maisons d'une mesquine apparence. Elle possède uu collège et un hôtel de monnaie , où l'on a frappé une énorme quantité de piastres. Potosi est une des villes Us plus hautes du monde ; sa grande place étant à 4,o58 mètres au-dessus du niveau de la mer et sa partie la plus haute à 4,» 66, il en résulte que cette ville est à la même hauteur du pie de Jung-Frau, une des plus hautes cimes des Alpes. Les mines, auxquelles Potosi doit sa célébrité, se trouvent daus le Cerro de Potosi, qui est percé dans toutes les directions. La Descubridora , nommée par la suite Centerio , la mine del Estano, la Rica et la M en • dieta sont les quatre mines principales. En outre, selon le Guia de foresteros del virernato de Buenos- Ayres , publié en i8o3 , il y en avait une multitude d'autres plus petites, où l'on avait tait jusqu'à cette époque plus de cinq mille ouvertures, dont un petit nombre seulement fut exploité; dans cette même année, il y avait en tout 97 places où l'on travaillait. D'après la mesure de M. Penllaod le sommet de cette fameuse montagne métallifère serait élevé de 4*888 mètres, et le plus haut point où les mines sont exploitée.') serait à 4,85o mètres; par conséquent les mineurs travaillent à une hauteur supérieure à celle du Moni-lilanc ! Les exagérations extraordinaires qu'on trouve dans tous les ouvrages de géographie et dans les livres de voyages sur la masse d'argent tirée de celte montagne , nous engagent à offrir ici le résultat des savantes recherches de M. de Humboldt sur ce sujet ; elles serviront à rectifier les jugement erronés répétés aussi par quelques naturalistes. La montagne de Potosi, dit M. de Humboldt, a fourni à elle seule, et en ne comptant que l'argent dont on a payé les droits royaux, depuis sa découverte en i545 jusqu'à nos jours, une masse d'argent qui équivaut à 5.75o millions de livres tournois. Dans ce calcul il a rejeté les exagérations de Sandoval, qui estimait le produit des onie années de i5*5 à 1 556 , sur lesquelles ou n'a pas de document officiels, à la somme énorme de 6r3 millions de piastres ou 73,000,000 de marcs, ce qui fait année commune 55,726,000 pias.'res, équivalant à 6,556,ooo marcs. « Ce résultat, ajoute M. de Humboldt, très extraordinaire saus doute , u'offre cependant rien que l'on puisse considérer comme impossible. Un pourrait dire surpris de voir qu'une seule montagne du Pérou ait pu donner deux à trois fois plus d'argent que toutes les mines réunies du Mexique; mais les idées de richesse ne sont que des idées relatives. Il .«erait possible que l'on découvrit un jour, dans le centre de l'Afrique, des montagnes qui, sous le rapport de leur abondance eu métaux précieux , seraieut aux Cordillères ce que celles-ci sont aux montagnes de l'Europe. La mine de Valcnciana fournit annuellement six à sept fois plus d'argent que la Saxe entière, et le seul filon de Guan&xuato, travaillé dans toute sa longueur, serait en état d'offrir par an plus de deux millions de marcs d'argent. Nous avons observé plus haut que l'on a extrait du filon de la Veta-Negra de Sombrerete, sur une étendue de trente mètres , eu cinq mois , plus de 700,000 marcs. Eu se rappelaut les masses d'arcent natif, rouge et sulfuré, découvertes de nos jours à Huantajaya . au Pérou, ainsi qu'a lîatopilas et à Real del Monte , au Mexique , on conçoit quelle prodigieuse quantité d'argent peut fournir un gîte de minerai dans les Cordillères des Andes , lorsque l'abondance des produits se trouve réunie à la richesse intrinsèque. Ce n'est donc pas l'énorme quantité d'argent que l'on suppose avoir été retirée pendant les premières onze années, qui me fait révoquer en doute le témoignage de Sandoval , c'est la contradiction qui se trouve

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ABRKGÉ DP: GEOGRAPHIE.

entrera témoignage et d'autres faits historiques. » M. de Humboldt, après plusieurs ra> sonnemens, réduit le produit de ces onze année» à i5 millions de marcs. Comme il avait précédemment estimé le produit de 1 556 à 178g à 788 millions de piastres où à 93,736,394 marcs, il en résulte que ces deux sommes réunies donnent on total de 107,736,294 marcs d'argent. M. Peutland nous fait observer que, d'après des recherches (ondées sur de» decumens officiels, les mines du Haut-Pérou, dont l'argent fut monnayé ou qui a payé les droits régaliens a Potosi , ont produit en argent 1,6 14,1 45,538 piastre* fortes. Depuis la dernière moitié du xviii* siècle, dit M. de Humboldt, la montagnes généralement fourui 3 à 400,000 marcs, et ce produit est sans doute trop considérât)!»encore, pour qu'où puisse avancer avec Robertson, le célèbre auteur de l'Histoire de l'Amérique, que les miuesde Potosi ne val eut plus la peine d'être exploitées. A la paçe io63 nous avous vu le rang qu'elles occupent encore parmi les plus riches exploitations argentifères du monde. Il est difficile, dit un géographe célèbre, de mettre les auteurs d'accord sur >a population de Potosi ; les uus ne lui donnent que 3o,ooo habitant M. Helm, le savant minéralogiste allemand, qui y a séjourné plusieurs années, assure qu'elle contient 100,000 âmes. Nous ajouterons que vers le commencement du xvne siècle, à l'époque de sa grande splendeur, on estimait à 160,000 âmes sa population, et qu'un recensera eut fait dans l'année 1896 a réduit , selon M. Penlland , à 9,000 le nombre de ses hahi tans!

Lira* , chef-lieu de la province du même nom. Porc© . petite ville autrefois importante par ses mines d'argent. Cobua, village situé au milieu du désert d'Atacaina. Ce lieu a pris quelque importance depuis qu'il a été dernièrement érigé en port Jmnc , sons le nom de Puerto Lamar, pour l'introduction des marchandises dans le Haut-Pérou , afin d'éviter les droits onéreux de tiatisit et autres charges, auxquelles elles sont sujettes ra passant par Arica et autres ports intermédiaires qui appartiennent à la république du Bas- Pérou. Malheureusement tous tes encouragemens , prodigués à ce port uniaue de la Boiivia , n'out pu suppléer au besoin d'eau douce dout il manque presque totalement . ce qui bornera sou accroissement et sa population, à moins que le gouvernement ue veuille ouvrir à ses frais plusieurs puits artésiens; leur parfaite réussite en d'autres localités , condamnées par la nature à une complète stérilité et changées par la suite en terreins fertiles, remédiera sans doute, en partie sinon eu totalité, à ce grave inconvénient.

Dans le DÉPARTEMENT DE COGHABAMBA : Cochabsmds, assex grande ville, envirounée de campagnes fertiles et assez bien cultivées; ou porte à 3o,ooo le nombre de ses habitans. Mizoca, petite ville , dans un pays fertile quoique malsain.

Dans le DÉPARTEMENT DE SANTA-CRUZ : Sahta-Cbdc de ia Sibbba. petite ville épiscopale, mal bâtie, au milieu d'une plaine immense; on estime a 9,000 anses sa population.

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