‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 212 sur 320 · REPUBLIQUE DU CHILI · texte numérisé non relu

REPUBLIQUE DU CHILI

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude occidentale , entre 7 2? et 77*, en y comprenant l'archipel de Chiloé. Latitude australe, entre a5° et 44°.

CONTINS. Au nord, la république de Bolivia. A Yest, les États-Unis du Rio de la Plata et la Patagonie. Au sud , la Patagonie et l'archipel de Chonos, qui en l'ait partie. A Youest, le Grand-Océan.

FUBuVj&S* La position des Andes , qui laissent peu d'espace entre elles et la côte, rend extrêmement borné le cours de tous les nombreux fleuves qui arrosent le territoire de cette république. Tous ses courans se rendent dans le Grand-Océan. Le tableau suivant offre le cours des principaux en allant du nord au sud.

Le Salado, que nous ne mentionnons que parce qu'il forme le connu entre cet étal et la république de Boiivia.

Le Cori vro, le Huasco ut le Coquimbo, qui baignent les villes de leur nom.

Le LtMAfcf, le Qoiixota dit aussi àoobcacca et le Mayto, qui arrosent la partie centrale du Chili; le Mayfo est remarquable |*r *a grande rapidité et [wirce qu'il reçoit le Mapocho, qui passe par Santiago; le Quillota, parce qu'on traverse son bassin pour aller de Meudoza à Santiago.

Le Maolr et le Biobio qu'on peut regarder comme les principaux fleuves de cet état, étant navigables peudaut environ la moitié de leur cours. Nous rappellerons que le M au le a été pendant quelque temps la limite méridionale dit grand empire des Jncas , et qu'à son embouchure s'élève au immense rocher, dont la forme extraordinaire Ta fait nommer Yéglise. Le Biobio sépare le Chili proprement dit de l'Araticanie, qui est encore indépendante.

Le Chillah , qui arrose la partie du Chili comprise entre le Manie et le Biobio. Il prend sa source au pied de l'immense volcan de son nom , et passe prés de la ville de Chillau.

Le Caclei», le Toltxh et le Valdivia traversent l'Araucanie ; le premier est remarquable par sa grande profondeur ; le dernier arrose la fraction de ce pays qui forme la province de Yaldivia; le Calla-Cai.la mêle ses eaux avec le Valdivia.

DIVISIOBT et TOPOGRAPHIE. La république du Chili correspond à l'ancienne capitainerie générale de ce nom. Après plusieurs changement dans ses divisions administratives produits par l'ambition de quelques chefs et par les chances de la guerre de l'indépendance, cet état, depuis 1826, est partagé en huit provinces subdivisées en districts. Le territoire de la république n'est pas continu, mais il est interrompu par la partie de l'Araucanie, qui est occupée par les Araucans; tout ce qui reste au sud de cette contrée ne consiste qu'en quelques établissemeus isolés et dans l'archipel de Chiloé. Nous ferons observer que le gouvernement du Chili réclame le droit sur les deux îles désertes de Juan-Fernantkz et de Mas-Afuertt; deux Anglo- Américains et six Taïtiens s'étaient établis dernièrement dans la première. Voici le tableau des divisions administratives de cette république.

Noms d».s Provinces. Chefs-Lieux, Villes et Lieux le* n.u» remarquables.

Saittia<;o Saktiaoo; V alpmrauo; Santa-Crus; Logrono (San-JoȎ de Logrono) ;

Tiltil; Chacaouco; Triana (Saota-Crux de Triana, Baocagua). ÀcoNCAGiA Snn-Felipe (Sau-Fclipe-el-Real. Vill«-Vieja de Aconcagua); Quil-

Iota,- San- Martin de la Conclu; Casa- Blâma ; Santa- Rosa de las

Andes; Ligua; Pet orra.

CoQUtMSO Coquirabo (La Séreux) ; Copiapo; San- Francisco de fa Selva; ffuascn

(Onasco, Santa-Rosa); Cuscus.

CoLCBAr.UA Curico (San-Joae de Corico); San- Fernando; Talca (Sao-Agostinc

de Talca).

Malle Cauquenes; Chillan (San-Bartolomeo de Chillan); QuUue.

CoMctrrios Concepcioa (La Mocha, la Nouvelle-Conception; ; Tuhahuano;

Angeles; ffualqui; Aruco.

V*r.nrviA Val divin; Osorno.

CmwiÉ (l'archipel de). San-Carlos; Castro.

Santiago, située sur la rive gauche du Mapoclio ou Topocalma, dans une vaste plaine bornée à l'est par les Cordillères et à l'ouest par des collines, et dans un climat délicieux, avantage qu'elle doit à l'élévation du sol. Cette ville est divisée en places carrées , s'élevant en tout au nombre de i5o, y compris les faubourgs. Les carrés sont marqués par les rues, mais plusieurs ne sont pas encore achevés, n'ayant pas le nombre de maisons nécessaires pour les compléter. Au centre se trouve une vaste place carrée, bordée des principaux édifices et ornée d'une belle fontaine. Santiago possède plusieurs bâtimens remarquables, parmi lesquels nous nom-

nus

mérous : la monnaie , qu'on regarde comme le plus beau; elle rivalise d'élégance avec tout autre édifice de ce genre de l'Amérique- du -Sud , et est Y égal d'un grand nombre des plus remarquables que l'on puisse trouver en Europe ; sa construction a coûté près d'un million de piastres ; le palais du gouvernement , où demeurait autrefois le capi laine-général ; il est très grand , mais pas encore achevé ; il en est de même de la cathédrale, un des plus grands temples de l'Amérique-du-Sud. On doit aussi faire mention du beau pont qui traverse le Mapocho , et du tarnajar, ou brise-eau. Ce dernier est formé de deux murs de briques, dont l'intérieur est rempli de terre; il a deux milles de long; on a formé sur le haut une promenade a laquelle on arrive par des marches. On doit remarquer que cette ville est très sujette aux tremblemens de terre; ceux de i8aa et surtout de 1829, lui ont été très funestes. Santiago est le siège d'un évéché et possède plusieurs établissemens littéraires, dont les principaux sont : X institut f qu'où peut regarder comme V université de cet état; le collège de Saint-Jacques et le lycée y fondés sur les mêmes bases que les meilleurs établissemens européens de ce genre ; les deux collèges pour les demoiselles , et la bibliothèque nationale. En 18:16 , on y publiait dix journaux. Autrefois résidence du capitaine-général, et aujourd'hui capitale de la république, séjour ordinaire du président du tribunal suprême et de toutes les autorités supérienres de l'état, cette ville a pris un grand accroissement depuis quelques années. On ne saurait évaluer au juste sa population ; nous croyons qu'on pourrait , sans craindre d'erreur , la porter au-delà de 55,ooo âmes.

Voici les autres villes les plus remarquables.

Dans la PROVINCE DE SANTIAGO : Valfaraiso, jolie ville, qu'on peut regarder comme nouvellement bâtie, puisque sa population qui, avant la révolution ne s'élevait qu'à 5,ooo âmes, était montée vers la fin de 1826 a 30,000. Dans le court espace Je quelques années elle est devenue une des principales places marchandes de la mer du Sud. Plus de 3,ooo étrangers s'y sont établis; de grands chantiers se sont élevés aux frais dn gouvernement et des particuliers; ces derniers en 1836 possédaient environ 5o vaisseaux marchands , qui presque tous y avaient été construits, bans le local de l'hôpital de San-Juan-de-Dios .établissement qu'on a transféré dans les faubourgs, on a fondé une école lancasterlenne ; on a établi dans d'autres bâti mens d'autres établissemens littéraires; c'est en celte ville qu'en 1 8 1 x ou a formé la première imprimerie du Chili , et dés l'année 1 8 1 a ou y publia le premier journal, Y Auront de Chili 4 en 1836 il y avait 13 journaux. Son beau port, d'une entrée facile, est à l'abri de tous les vents à l'exception de celai du nord, qui souffle violemment en hiver; il est défendu par trois forts et par une batterie à fleur d'eau; la citadelle , qu'on a commencé à construire sur une hauteur et sur an plan très vaste, n'est pas encore achevée et ne le sera probablement de loog-ten«ps, à cause des sommes considérables qu'il faudrait consacrer à cet objet. Pendant les derniers troubles qui ont agité cette république, Valparaiso a été le siège du gouvernement central. Une assez belle route joiut celte ville à Santiago.

Dans la PROVINCE DACONCAGUA : Sah-Felim, petite ville, i laquelle on accorde 8,000 habitans; Lihoua et Pbtorca , très petites, mais importantes par leurs mîmes d'or; Quillota , par les mines de cuivre qu'on exploite dans son district, et qu'on regarde aujourd'hui comme les plus riches du Chili.

Dans la PROVINCE DE COQDIMFO : Coocimo , petite ville, importante par son port, son commerce et par sa population qu'on nous assure monter encore à 13,000 Âmes, malgré les pertes qu'elle a éprouvées par les tremblemens de terre de 1830 et de 1833. Huasco, 1res petite, mais importante par son port et parla mine d'argent qu'on trouve dans son district. Sak-Fraxcisco de la Sblva et Cofiapo, par les riches mûtes de cuivre exploitées dans leurs districts.

Dans la PROVINCE DE COLCHAOUA : Ctraico, très petite, mai» imi>ortante pur sa riche mine d'ori Talca, la plus peuplée de la province.

Dans la PROVINCE DE CONCEPCION : La Cow cspcioh . ville régulièrement bâ:ie près de l'embouchure du Biobio, mais en grande partie ruinée par les Araucans. Les guerriers de cette nation belliqueuse, profitant des troubles dont le Chili élail agité , y ont pénétré en i8a3 et en ont dévasté plusieurs quartiers. La Concepcion commence à se relever de ce désastre; on évalue déjà sa population à environ r 0,000 âmes. Cette ville est le siège d'un évéque, d'un collège et de quelques aulres élabtisseroens littéraires. Dans ses environs on Irouve Talcahuano, importante par sa belle baie; et Penco, où l'on exploite du charbon de terre.

Dans la PROVINCE DE VAI.DIVIA : Valbivia, petite ville, importante par se» {brtLûca lions et par son port superbe, regardé comme un des plus beaux de l'Amérique; 00 porte à 5,ooo Ames sa population.

Dans la PROVINCE DE CUILOE, composée de l'archipel de ce nom ; il n'y a que de 1res petites villes et des villages; la presque totalité de la population vit dans la grande île de Cliiloé. Voyez à la page 943 pour la position de ces iles.

Page 1