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t>rats. C'est ainsi que, malgré le cadre resserré de notre livre, nous nous Hattoos d'avoir pu donner une idée exacte et assez détaillée des principales montagnes du globe, qui, avec les plateaux, les fleuves, les mers et le» iacs, coosti tuent les traits principaux de la géographie physique* Le lecteur sait déjà pourquoi nous n'avons imposé qu'avec une extrême réserve des noms nouveaux aux. nouveaux groupes que l'état actuel de la science ■ou* obligeait de former et d'après quels principes nous les avons composés.
Nous devons aussi nous livrer à quelques autres remarques pour éviter le reproche de prétendues omissions graves qui pourrait nous être adressé par des juges non compétens, habitués à mesurer le mérite d'un ouvrage d'après /eurs connaissances, souvent étrangères au sujet dont il s'agit, et, j /ejuger,pour ainsi dire, sousl'inspiration decertaines descriptionsinexactes Inès (Un* des géographies qu'on regarde à tort comme classiques, ou insérées dans des journaux , quelquefois même dans des ouvrages spéciaux. Nous avons cru pouvoir passer entièrement sous silence quelques prétendues Iwiuteurs prodigieuses, telles que la montagne de Hiekervhill dans les Florides, le Kumbctarinc Util du Nilghcrry dans l'Inde, et les montagnes très élevées de la Terre des Etats à l'extrémité de l'Amérique-lVIéridionaie, parce que nous savons, d'après les renscignomens que nous a donnés l'habile ingénieur major Poussin, mentionné à la page 01 , que la plus grande élévation des Florides n'est que de 240 pieds anglais, chose qui rend tout-à-fait inconcevable l'épilhète de montagne prodigieuse y que lui donne le révérend évéque do Mobile; parce que nous Usons dans le East Jndia Gazetteer de M» Hamilloti, à l'article iWtmbatoor. que la prodigieuse hauteur du Cumbctarine Util n'est que de 5,54 8 pied» anglais au-dessus de l'Océan; et parce qu'un capitaine anglais, qui en 1829 a visité l'île des Etats, n'estime qu'à 2,000 pieds la hauteur prodigieuse de ses roebers. Si l'on voulait ranger parmi les montagnes toutes Jes inégalités du sol qui, dans les clifférens pays, surtout dans ceux qui consistent on vastes plaines, reçoivent le titre pompeux de mont , on verrai reproduire sur les cartes une foule de hauteurs très peu considérables et quelquefois même entièrement imaginaires, dues ou à l'ignorance des voyageurs dans les langues des pays qu'ils parcouront, ou à la manière inexacte avec laquelle s'expriment les indigènes. Ainsi , par exemple , le mol monte , synonyme en espagnol de forêt, a fait tracer sur les cartes de I" Amérique un grand nombre de montagnes qui n'ont jamais existé. Les Canadiens, dit M. M' Gregor, nomment montagnes des collines qui ne dé- % passent jamais 34o pieds, et dont l'élévation moyenne ost de 85 à 100 pieds; les habitans de la vaste forêt do Rtalowicza, située dans les gouvrmeroeas de Bialyslock et de Grodno, disent quV/j vont à ia montagne , «uwand ils vont à la Bialowicza, quoique cette forêt soit entièrement plate, a l'exception de quelques élévations peu sensibles.
PLATEAUX. « L'étude de ces masses saillantes de noire globe, dit M. La mou r ou \, en parlant des plateaux, est indispensable au géographe chargé de tracer les limites des empires, au géologue qui veut pénétrer le* mystères des anciennes révolutions du globe, au minéralogiste qui cherche à connaître la composition des montagnes par les débris que les «-aux entraînent ; enfin, à l'ingénieur qui doit diriger de grands travaux ii vdrzuliqœs. »
Malgré Jeurgrande importance, ces portions si considérables dit globe.
INTRODUCTION
sont entièrement négligées dans les traités de géographie, ou bien n'y sont traitées que d'une manière non-seulement superficielle mais encore erronée. Nous pourrions citer tel prétendu plateau, qui uon-seulement n'est pas plus élevé que les plaines ordinaires de la partie du monde à laquelle il appartient, mais qui offre même une de ses régions les plus basses. Ayant senti toute l'importance de ce trait principal oe la géographie physique , nous avons tâché de grouper daus chaque partie du monde tous les terreinsqui nous paraissaient pouvoir être regardés comme de véritables plateaux, et nous osons nous flatter d'offrir dans cet Abrégé un travail, sinon complet , du moins un essai dans ce genre aussi neuf qu'étendu, surtout lorsqu'on le compare à tout ce que nos devanciers ont publié sur ce sujet. Quoique destiné à paraître, ainsi que plusieurs autres articles insérés dans cet ouvrage, dans notre Tableau pftysique, moral et politique des cinq parties du monde, nous avons cru devoir le livrer au public malgré son imperfection, afin de remplir au plus tôt ce vide qu'à notre grand étonnement nous trouvons encore dans les géographies les plus estimées. Nous espérons pouvoir l'étendre et le perfectionner à l'aide des renseiguemens qu'on nous a promis et des progrès rapides que fait de nos jours la géographie.
TOLCAJ7S. « Les détails, dit M. Arago, que la plupart des voyageurs nous ont transmis sur les volcans sont incomplets et très vagues. Aux yeux de l'un, toute portion de terrein d'où il s'élève un peu de fumée, ou sur laquelle on aperçoit quelques étincelles , est un volcan ; l'autre n'accorde ce nom qu'aux montagnes qui lancent incessamment des torrens de laves , de matières incandescentes et de cendres. Le premier inscrira dans son catalogue les flammes légères de Pietra-Mala , de Barigazzo , de Velleïa , de la Perse, de la Caramanie; le second rangera Santorin lui-même dans la classe des solfatares. Il faut joindre à cette première difficulté la difficulté plus grande encore d'établir quelle distance doit séparer deux cratères pour qu'ils soient l'indice de deux volcans distincts. A Ténériffe, l'éruption de 1706 se fit par une bouche éloignée de deux lieues du Pic ; celle qui détruisit Garachico était du côté opposé, dans un point distant du même Pic d'une lieue et demie: il y avait donc trois lieues et demie entre les deux bouches, sans que personne ait songé à les considérer comme appartenant à deux volcans distincts. Mais maintenant regarderons-nous 1 île de Palma, où il y eut une éruption de laves en 1699, comme renfermant un volcan séparé de Ténériffe ? La destruction du tiers de l'île de Lancerote, en 1 73o, devra-t-elle être considérée comme l'effet d'une éruption latérale du volcan du Pickou comme l'indice d'un volcan particulier? Quel est le laps de temps que l'on doit admettre pour regarder un volcan comme éteint? Celui de Ténériffe s'était reposé 9a ans, lorsque le 9 juin il commença subitement l'éruption de 1798. Le sommeil du Vésw>e avait été encore bien plus long, lorsque son cratère se rouvrit en l'an 79 après Jésus- Christ, et ensevelit les villes d'Herculanum, dePompeïa et de Stables. Après avoir brûlé pendant un millier d'années, ce volcan parut s'être totalement éteint, et à tel point qu'en 161 1 la montagne était habitée jusque près de son sommet , et qu'il existait un taillis et de petits lacs dans l'intérieur du cratère. Cependant depuis lors son cratère se rouvrit de nouveau , et le Vésuve est actuellement regardé corn me un des volcans les plus actifs.» Ces remarques judicieuses doivent être étendues aussi aux volcans sou marins de l'Archipel proprement dit, à ceux des îles Lipari, des Açores,des Alcutes,
A LA GÉOGRAPHIK.
de l' Islande et de la mer des Iodes. Pour ne parler que d'un seul volcan
de cette espèce très peu connu, nous citerons l'éruption cpii tut lieu, en 1757, à trois lieues de Pondichery; elle ;i été vue et mentionnée par Prior. Depuis lors on n'en a pas observe d'autre dans ces parages.
La multiplicité des langues que parlent les indigènes des nouveaux états élevés sur les débris des colonies rinjgnolfB d'Amérique doit aussi être regardée comme l«i source inépuisable d'une foule de méprises qui tendent à multiplier le nombre des volcans de cette partie du momie Bien souvent une même montagne y porte, chez différentes tribus limitrophes ou peu éloignées, plusieurs noms différens. Le voyageur est donc exposé à croire à l'existence de deux ou trois montagnes ignivomes au lieu d'une seule réellement existante. Tous les volcans mentionnés dans cet Abrégé sont extraits du Tableau des terreins ignivomes qui forme partie de l'ouvrage médit mentionne à la page xlviii; c'est le résultat de la lecture d'un grand nombre d'ouvrages , et surtout des précieux renscignemens publies sur ce sujet par MM. de Ilumboldt, de Buch et IlofT.
▼AI.T.TT.s | DÉSERTS , etc. Nous n'avons aucune remarque à faire sur les articles vallées et plaines, déserts et \teps, et climats. Nous avons déjà dit tout ce qui était nécessaire dans les principes généraux et dans les chapitres respectifs de la géographie générale des cinq parties du iiMiide. Il ne nous reste rien à dire non plus sur l'article enfonccmtns, après ce que nous avons exposé à la page 6i4; mais nous réservons pour un autre ouvrage l'indication de quelques dépressions du sol , sinon aussi étendues et aussi profondes, du inoins très remarquables, que nous avons reconnues, et qui ont échappé encore à l'attention des géographes et des géologues, mais dont la démonstration exige des calculs cl des recherches que nous n'avons pas le loisir d'entreprendre pour le moment.
MXJtfZBAUX , VÉGÉTAUX , ANIMAUX. Ne possédant que des connaissances générales et superficielles sur les trois branches principales de l'histoire naturelle, nous n'avons pas imité nos prédécesseurs , qui se sont trop. fiés à leurs forces pour traiter eux-mêmes ces sujets aussi vastes qu'importons et difficiles. Nous avons conlie la rédaction des articles végétaux des cinq parties du monde et des articles animaux des parties correspondantes à deux illustres naturalistes , auxquels d'importans travaux en botanique et en zoologie ont acquis une juste célébrité : ce sont nos amis MM. Giulkmin el Le$son. L'équité et la reconnaissance exigent une déclaration de notre part: c'est qu'une partie des mammifères avait été précédemment rédigée par un autre naturaliste non moins distingue, notre ami Des moulins y qu'une mort précoce a enlevé aux sciences naturelles dont il promettait de reculer les bornes. Comme nous n'avons envisagé les minéraux que sous le seul rapport qui doit iutéresser le géographe, c'està-dire sons celui des produits retirés de l'intérieur de la terre, qui sont les plus utiles i l'homme, et qui figurent par conséquent parmi les principales reaources d'un pays, nous n'avons eu, étant là sur notre terrein, qu'à fouiller dan^ nos cartons, d'où nous avons pu tirer bien des faits important, dont plusieurs sont encore généralement inconnus ou ne sont parvenus à la connaissance que d'un très petit nombre de personnes. D'après le mode de rédaction que nous avons adopté pour les tableaux minéralogijues des cinq parties du monde, le lecteur peut d'un coup-d'œil, et sans Caire aucune recherche préliminaire, trouver les pays où abondent les nii-
Xl.II
INTRODUCTION
tiéraux les plus utiles. On sent bien que dans ce travail, .Y h- fois spécial * et d'ensemble, nous avons évité les erreurs grossières qu'offrent les ouvrages de géographie publiés sous tous les formats, et quelques-ans même par des naturalistes distingués. Ce n'est pas sans surprise qu'en parlant des mines de l'Italie nous voyons mentionner les mines de fer de la Sicile et de la Sardaigne, sans faire nullement mention de celles bien autrement importantes de l'île d'Elbe, du Bergamasc, du Brescian , etc., etc. , regardées justement comme les plus riches de cette contrée. Dans le texte nous avons donné tous ies éclaircissemens nécessaires pour faire apprécier et comprendre cette nouvelle manière de traiter un sujet que les géographies ordinaires, tantôt négligent , tantôt traitent avec des détails étrangers à la science du géographe et du statisticien.
Mais quelques observa tionsnous paraissent indispensablespour justifier la place que nous avons assignée dans les tableaux mincralogiques des* cinq jMrties du monde, à certaines contrées, sur la richesse minérale desquelles les géographes et quelques naturalistes continuent à propager les idées les plus erronées. D'ailleurs il est bon que le lecteur sache, que ces tableaux ont été rédigés d'après des documens officiels ou semi-officiels pour tous les pays qui entrent dans le domaine de la statistique, et sur des conjec - Cures extrêmement probables, résultat définitif de longues recherches entreprises pour rédiger notre tableau statistique des principales mines drt globe. C'est donc d'après les quantités connues de métaux, de charbon de terre ou de sel fournies par ces mines pendant les années 1814-1828, que nous avons assigné la place convenable à chaque pays respectif. Dans l'article sel on a compris non- seulement le sel gemme, mais aussi celui qu'on retire par l'évaporation ou par l'ébullilion des eaux de la mer et des sources salées.
L'exploitation des mines dans les différent états offre des anomalies etdes changemens non moins remarquables que ceux que nous avons signalés dans leur population et dans leurs revenus. L'Espagne, qui jusqu'à ces dernières années ne retirait de ses mines qu'une médiocre quantité de plomb, que M. le comte de Laborde estime à 12,000 quintaux, se place aujourd'hui immédiatement après l'Angleterre. Elle doit cet heureux chan gement à la création de la Compagnie Ibérique, composée d'Anglais et d'Espagnols. Dès l'année 1826, le produit de l'exploitation ouverte par cette association dans les montagnes de l'Alpujarras dans la- Grenade, s'éleva à près de 5oo,ooo quintaux, somme qui dépasse de beaucoup la quantité de ce métal qu'on retire de toutes les mines de l'Europe, celles de l'Angleterre seules exceptées. Ces dernières, qui selon les plus célèbres statisticiens ne rapportaient que 3oo,ooo quintaux, en ont produit 9*3,000 en 1828; sur cette somme énorme, les deux seuls petits comtés de Denbigh et de Flint dans le Galles-Septentrional , en ont douné 140,000 , ce qui dépasse de beaucoup tout le plomb que la France, la monarchie Prussienne, l'empire d'Autriche, les royaumes de Saxe, de Hanovre et Sarde réunis retirent annuellement de leur sol respectif. Une révolution à-peu-près semblable a eu lieu de nos jours dans la confédération Anglo- Américaine à l'égard de l'exploitation du fer, de la houille et du plomb. Nous ne parlerons que de cette dernière ; en 1826, elle ne s'élevait encore qu*ki5,6oo quintaux; elle était de 68,000 en 1827; de 128,000 en 1828; elle montait déjà à 220,000 en 1829. Les progrès de l'exploitation du fer en Angle-
A LA GÉOGRAPHIE
Util
terre sont vraiment étonnai». En 1796, le Royaume-Uni ne rethrait de tontes ses mines que i?5,ooo tonneaux; ce produit s'est élevé a a5o,ooo on 1806, à 400,000 en 1820, à 5 8 0,000 en i8a5, et à la somme énorme de 700.000 en 1 827. Le seul comté de Staflord en a donné dans cette dernière année 226,000 tonneaux, et le Galles-Méridional 373,000. Ces faits positifs, comparés à d'antres faits non moins authentiques que nous avons sous les yeux, nous démontrent que le Royaume-Uni retire plus de fer de ses entrante* à lui seul que les empires Russe et Autrichien, la France, la monarchie Prussienne et le royaume de Suède réunis, quoique ces cinq états soient justement regardés comme les pays du monde où l'on exploite le pian de ce métal. Nous dirons plus, le seul Galles-Méridional produit plus de fer que tout l'immense empire Russe ou que toute la France, et son exploitation égale celle de la monarchie Prussienne, du royaume de Suède et de l'empire d'Autriche réunis. Depuis long-temps l'Angleterre est justement regardée comme le plus grand marché de l'Europe pour l'étain; depuis quelques années elle l'est devenue aussi pour le enivre. En effet y le produit de ses mines prit une telle extension depuis le commencement de ce siècle, que le seul comté de Cornotiailles fournit aujourd'hui plus de cuivre que n'en fournissent ensemble les empires Russe et Autrichien * les monarchies Norvégiéno-Suédoise et Prussienne, la France et le royaume de Hanovre. Tout le monde sait que l'Angleterre a été le premier pays où l'on sut employer utilement le charbon de terre comme combustible; mats ce qui n'est pas généralement connu , c'est que l'exploitation de ce produit minéral a pris une telle extension de nos jours, que le produit des mines de houille de la Grande-Bretagne dépasse de beaucoup celui de tontes les mines connues, malgré les rapides progrès qu'a faits cette utile exploitation en Belgique, en France, dans la monarchie Prussienne, dans l'empire d'Autriche et dans les Etats-Unis de rAmérique-dii-Nord.
Les mines et les lavages d'or et les mines d'argent offrent des changemens non moins remarquables. Si, en dépit des géographes et des statisticiens qui reproduisent en i8ao, i8a6 et i83a des évaluations relatives aux années 1780 et 1788, la Hongrie a vu diminuer presque de moitié la quantité d'or et d'argent qu'elle produisait à cette époque, la Transylvanie offre au contraire une grande augmentation dans le produit de ses mines et de ses lavapes d'or, et la Bohême, dans ces dernières années, a vu doubler le produit de ses mines d'argent par l'exploitation de celles de Prsibram et de Miess. L'Oural, qui jusqu'en 181 4 ne devait sa célébrité qu'aux immenses quantités de fer et de cuivre qu'il livrait tons les ans au commerce, doit maintenant être rangé parmi les contrées métallifères les plus riches du globe; non-seulement il fournit maintenant de beaux diamans, un millier de marcs d'argent retiré de son plomb et de son cuivre, mais par ses mines et par ses lavages d'or, il assigne à la Russie une des premières places parmi les contrées d'où l'on retire ce précieux métal. Dans le texte, nous avons cité des faits positifs à l'appui de cette opinion. Quant à la monarchie Prussienne, au Royaume-Uni, à la France et autres état* , que quelques lecteurs pourraient s'étonner de nous voir ranger parmi ceux qui produisent de l'argent, nous ferons observer, que la quantité de ce métal retiré du plomb dans ces pays est trop considérable pour être négligée ; et que c'est cette circonstance qui nous a engagé à leur accorder une place si distinguée dans le tableau minéralogique de l'Europe.