‹ Abrégé de géographie (volume 2)Chapitre 6 sur 320 · XI.lV · texte numérisé non relu

XI.lV

INTRODUCTION

En effet, en i8*Ô> la quantité de ce précieux métal retirée des mines de plomb, de cuivre, etc., s'éleva à 20,171 marcs dans la monarchie Prus~ sienne, à près de 12,000 dans le Royaume-Uni et à 4>97i en France. Nous regrettons que le cadre restreint de cet ouvrage ne nous permette pas de citer quelques autres faits aussi importans que peu connus; le lecteur les trouvera dans le Tableau statistique des principales mines du globe mentionné à la page xlviii.

ETHNOGRAPHIE , RELIGIONS, etc. Nous avons déjà signalé dans les principes généraux tonte l'importance que doivent avoir pour le géographe les articles ethnographie, religion et gouvernement. Non -seulement nous les avons donnes dans la description générale des cinq parties du monde, mais nous avons cru devoir quelques nouveaux détails à celle des états et des régions géographiques de l'Europe. Les recherches auxquelles nous avons dû nous livrer pour rédiger Y Atlas et/tnographique du Globe , et les tableaux statistiques des religions et des langues qui doivent paraître dans la seconde partie de cet ouvrage, nous auraient fourni les moyens d'offrir les chiffres approximatifs auxquels nous croyons pouvoir nous arrêter pour la population de chaque état distribuée d'après les croyances religieuses et d'après les langues; mais n'ayant pas assex d'espace ni de loisir pour justifier nos évaluations, nous nous sommes borné à la simple exposition des rapports approximatifs qu'ont entre elles ces fractions de la population de chaque partie du monde ou de chaque état. D'ailleurs, nous ne voulions pas nous exposer au désagrément de voir reproduire se-* parement sous la forme de tableaux, et sans nous citer, le résultat de recherches si longues et si pénibles. Nous ferons à cet égard une honorable exception pour notre ami, M. Jarry de Mancy, auteur de l'excellent Atlas historique des Littératures anciennes et modernes. Nous ne croyons pouvoir mieux faire que de renvoyer nos lecteurs à cet intéressant ouvrage pour l'histoire générale des langues et des littératures de toutes les nations à toutes les époques mémorables. Ils y trouveront une foule de détails précieux que ne pouvaient admettre ni le cadre de cet Abrégé de géographie ni le plan de notre Atlas ethnographique du Globe.

Nous ne signalerons ici aucune des erreurs grossières que l'on rencontre si souvent dans les géographies et même dans des ouvrages classiques sur d'autres sciences, concernant l'ethnographie, les religions et les gouvernemens. Le lecteur peut les découvrir facilement en comparant nos classifications avec celles des autres auteurs. Il est vraiment inconcevable qu'après les savantes publications de MM. Klaproth, A bel Rémusat , Jaubert, de Hantmer et autres célèbres orientalistes, on puisse encore confondre des peuples turks avec les Mongols, des nations de race persane avec des nations de race turque, faire des Somaulis une tribu d'Arabes mahométans , et dire que la langue japonaise est un dialecte de la mongole!

Nous croyons devoir faire une remarque sur les épilhètes de nation nombreuse 9 assez nombreuse et très nombreuse, employées souvent dans cet ouvrage. Ces épithètes ne doivent pas être prises dans un sens absolu, mais dans un sens relatif à la masse de la population totale distribuée sur la partie du monde à laquelle se rapportent les nations qu'on veut qualifier ainsi. Une nation du Nouveau-Monde qui compte de 1 5 a 20,000 individus est une nation très nombreuse, surtout lorsqu'il s'agit

A LA GÉOGRAPHIE

des peuples nomades de l'Amérique du Nord. Malgré les exagérations absurdes de plusieurs voyageurs, des géographes et de quelques prétendus statisticiens , nous connaissons peu de nations nomades de l'Amérique qui comptent un plus grand nombre d'individus. Nous référant toujours à ce que nous avons dit aux pages 5s, 55 et 58, nous avons employé l'expression souche, qui, dans cet Abrégé, doit toujours être regardée comme synonyme de celle de famille linguistique, car ne voulant rien décider sur \a question délicate et difficile de la variété des races humaines, nous n'avons basé nos observations que sur les langues.

industrie , coKHEBClt « On acru pendant long-temps , et beaucoup de personnes croient encore, que l'industrie agricole, celle qui consiste à recueillir des mains de la nature, était la seule productive, la seule digne de considération. De là une foule de réglemens ou de privilèges stipules en sa faveur, tontes les fois que des gouvernemens bien intentionnés, mais peu éclairés, ont été saisis de la ferveur du bien public Cependant l'industrie agricole n'est point la seule branche productive de l'activité humaine. Le laboureur qui confie à la terre une certaine quantité de froment, et qui , par son travail, en récolte une quantité sextuple, a donné de l'utilité au sol, instrument devenu productif entre ses mains; le vigneron, qni retire un vin exquis des sables ou des graviers de la Champagne, est un producteur également recommandable : mais aucun des deux ne mérite exclusivement la palme industrielle. »

« Le manufacturier concourt d'une manière aussi efficace à la richesse publique. 1\ ne crée pas plus que l'agriculteur, car personne ici-bas ne jouit de la faculté de créer; mais il exploite les matières qui sont fournies par la nature, et l'on peut dire de lui qu'il les modifie de la manière la plus puissante, la plus avantageuse à la prospérité publique. Algarotti, cité par M.Say, en donne un exemple frappant. Une livre de fer brut, coûte environ cinq sous à la fabrique; on en fait de l'acier, et avec cet acier, le petit ressort qui meut le balancier d'une montre. Chacun de ces ressorts ne pèse qu'un -dixième de grain, et quand il est parfait il peut se vendre jusqu'à 18 francs. Avec une livre de fer, on peut fabriquer, en accordant quelque chose pour le déchet , So,ooo de ces ressorts, et porter par conséquent une matière qui vaut 5 sous, à une valeur de i ,44°>ooo francs.»

« L'industrie commerciale , en transportant des marchandises d'un lieu dans un autre, leur donne une valeur qu'ils n'avaient pas d'abord. Une pièce de vin d'Espagne a plus de prix à Paris qu'à Malaga; un quintal de bots de Campécbe se paie plus cher à Londres qu'à Vera-Cruz. Le commerçant, en changeant ces produits de place, leur a donné une utilité nouvelle, et par conséquent un surcroît de valeur, qui est le bénéfice, le profit de son industrie. Par un préjugé contraire à celui qui favorisait spécialement l'agriculture, on a long- temps contesté au commerce les avantages que l'évidence a mit désormais au grand jour. »

Ces observations lumineuses, que nous avons extraites de l'excellent Précis élémentaire d économie politique, où un jeune professeur, M. Adolphe Blanqui, a résumé avec un talent remarquable les principes de cette science, établis par les célèbres économistes A. Smith et MM. Say et Ritardo , signalent au lecteur la nécessité où est le géographe de s'étendre , soit dans la géographie générale de chaque partie du monde, soit dans la description particulière de chaque état , lorsque son cadre le lui permet ,

INTRODUCTION

sur tout ce qui concerne Vi/f dus trie et le commerce, qui avec l'agriculture sont les trois sources prîuci pales de la production, et par conséquent de la richesse et des ressources des états. A la page 53 , nous avons vu que tous les peuples civilisés et barbares exercent avec plus ou moins de perfection l'agriculture et un nombre d'arts plus ou moins considérable selon leur état plus ou moins avancé dans la civilisation. Malgré toutes les déclarations de quelques voyageurs et les erreurs débitées par les géographes sur le compte de la prétendue ignorance de certaines populations de l'Europe en agriculture, dans les arts et les manufactures, nous n'hésitons pas à assurer qu'il n'y a pas un seul pays compris dans la grande famille européenne qui ne possède maintenant des méthodes agricole» et des manufactures plus ou moins perfectionnées. M. de La Roquette a démontré toute la fausseté de ce que l'on a publié à cet égard sur l'Espagne ; M. le comte de Tournon, sur l'ancien département de Rome; M. Schniuler, sur l'empire Russe, et notamment sur les gouvernemens qui forment la Grande-Russie; les tableaux des exportations de l'empire Autrichien ont mis au grand jour les progrès étonnans que l'industrie a faits en Autriche et en Bohème depuis le règne mémorable de Joseph II; et personne n'a encore donné un démenti aux faits nombreux que nous avons publies pour répondre aux calomnies débitées sur les Portugais. Il est donc ridicule ou pour le moins inutile de répéter dans la description de chaque pays, qu'il nourrit beaucoup de bœufs, de chevaux, de brebis, etc.; qu'il produit beaucoup de blé, à 'avoine , à' orge , etc; beaucoup de fruits , de vin, de bière, etc; quV/ y a des fabriques de toile, des verreries, des tanneries, des forges , des manufactures d'armes, et une foule d'autres choses semblables, qui remplissent bien des pages dans les traités de géographie, et qui n apprennent rien, parce que ce sont des lieux communs. Resserré par l'espace, et voulant éviter autant que possible d'inutiles répétitions, nous avons pensé que nous pourrions faire connaître les principales productions d'un pays et les brauches les plus remarquables de sou industrie, en rédigeant dans la géographie générale de chaque partie du monde les articles minéraux, végétaux et animaux, de manière à signaler dans chacune quelles sont les contrées où tel minéral abonde le plus, et celles où tel végétal , te) animal, sont le plus communs. Dans l'article industrie, nous nous sommes bornés à signaler les branches qui, dans chaque pays, occupent réellement le plus de bras et fournissent le plus à l'exportation. L'indication des principaux objets d'importation et d exportation , qui forme une des parties pnnei-

1>ales de nos articles commerce, montre d'un coup-d'œil au lecteur, soit es branches les plus florissantes de l'industrie d'une contrée ou d'un état, soit les principaux produits de l'agriculture, soit enfin ceux que le travail de l'homme tire des entrailles de la terre ou du règne animal. Car, à l'exception du commerce d'entrepôt et de transit exercé par certaines places , il est évident qu'un pays n'exporte que ce qu'il ne peut consommer et par conséquent que les objets qui y sont le plus abondans; et vice-versd, il n'importe que les objets dont il manque absolument, ou du moins dont il ne possède pas la quantité nécessaire à sa consommation. Ainsi donc pour tout lecteur qui voudra lire notre ouvrage avec méthode et en suivant l'ordre dans lequel les sujets sont traités, il n'y aura rien d'omis, quoiqu'on n'y trouve aucun de ces lieux communs relatifs aux produits du sol, à l'industrie et au commerce.

ÉTAJT sociAl. Nous ne dirons ici que peu de chose «les esquisses que nous avons données sur Yétat social des Africains , des Américains , et des Océaniens. Ces articles , fruit de longues recherches et de bienveillantes communications , trouvaient naturellement leur place dans une géographie, où tout ce qui tient à l'homme était traité avec beaucoup plus de détail qu'où ne le fait généralement dans les ouvrages de ce genre, que des esprits à vue courte voudraient faire consister en un simple inventaire des noms de fleuves, de montagne , de villes et de pays. D'ailleurs, il importait de grouper en un seul faisceau les traits caractéristiques de la civilisation primitive des principaux peuples qui habitent ces parties du globe, ainsi que les phases diverses qu'elle a subies à différentes époques. Ce travaîi nous a paru d'autant plus utile, que les traces qui restent de Vetst primitif de la plupart de ces peuples sont, a quelques exceptions prés, si-ui^itives , qu'encore quelques années, et il ne sera plus possible d*en saisir l'ensemble, d'en apercevoir les contours. Les monumens éternels de la Région du Nil , et quelques débris imposans des constructions de l'Amérique et de rOcéaaûc, resteront seuls pour attester l'antique civilisation de ces pays; mais dans dix ans d'ici peut-être où trouvera- t-on un seul vestige dr la civilisation des races indigènes qui ont peuplé jadis une si graodi partie de l'Araérique-du-Nord, englobées ou perdues aujourd'hui dans les vastes rameaux de la population anglo-américaine? Dans I'Océanie, dans l'Amérique-du-Sud, tout cède également devant la marche rapide delà civilisation importée d'Europe. Mais ces esquisses auront en outre le précieux avantage, grâces au soin que nous avons mis 4 leur rédaction et aux luAières4onl nous nous sommes entouré , de redresser une foule d'erreurs répandues par des voyageurs de mauvaise foi ou amis du merveilleux, et accréditées ensuite par des géographes peu soigneux ou peu instruits. Au reste, ces es«|uisses , destinées à faire partie du Tableau physique , moral et politique des cinq parties du monde (*), ont déjà reçu d'honorables sanc-

(*) Dams le cours de cet Abrégé nous avons fait de nombreux emprunts à ce Tableau , qm dott être le complément de V Atlas et/uu>graFhujue du Globe, publié à la fin de 1836. ><>ns n'arocti pu encore Livrer a l'impression cette seconde partie de notre grand ouvrage, parce qoe dosi derions auparavant poser les bases de notre nouveau système de géographie » et établir divers tableaux de statistique comparée. Aujourd'hui que la première partie de ces traraux pretim insires est achevée, et que U seconde est déjà très avancée, noua nous empressons de prévenir le public, qu'aussitôt rentré dans nos foyers, nous espérons nous trouver en position de pouvoir reprendre sa rédaction. Les matériaux, sont presque tous réunis ; mais leur ordonnance et les points de vue entièrement nouveaux , sous lesquels nous nous prupovous de les présenter, demandent encore de longs calculs et de pénibles reeLcT< he%. Toutes ces difficultés ne nous rebutent pas, lorsque nous pensons aux savans célèbres et aux personnages distingués qui ont bien voulu nous aider dans cette tâche difficile, asti qu'a la faveur accordée à la partie déjà publiée par la presse périodique de tous les pats et par les corps savans les plus distingués , parmi lesquels nous nous bornerons à citer lr» académies royales Asiatique et Géographique de Londres et celle des Sciences de Naplfc», cçn: doos ont fait l'honneur de nous admettre parmi leurs membres. Dédiée à l'empereur Alexandre, la première partie de l'Atlas n'a paru que quelques jours après U mort de son nu^cmane protecteur. Les enconragemens qui nous ont été donnés par le gouvernement francaai . par le feu roi de Saxe et par le grand-duc de Toscane, et les médailles que nous ont décernées leurs majestés l'empereur d'Autriche, les rois des Pays-Bas et de Sardaigue ont ranime forces, et nous donneront le cocrage nécessaire pour terminer ce long et laborieux tnrad. Bien loin de vouloir rien retrancher du cadre du Tableau Physique , Moral et politique des amq parties du monde , que nous avons tracé à U fin du discours préliminairo du premier relusse, nous lut avons fait subir au contraire d'utiles augmentations en y ajoutait quelques tableaux de géographie et de statistique générales du plus haut intérêt, mais

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tions : les directeurs éclairés d'un recueil qui jouit à juste titre d'une haute réputation, la Revue Britannique , se sont empressés de les publier dans leurs livraisons; et l'accueil flatteur que le public a fait à ces articles est pour nous un sûr garant de leur exactitude et de leur mérite.

On nous reprochera peut-être de n'avoir pas exécuté le même travail pour l'Europe et pour l'Asie. Nous le déclarons ici avec franchise; nous ne nous sommes pas cru compétent pour embrasser une semblable tâche, qui est plutôt du domaine de l'histoire, de l'archéologie et des hautes sciences morales et philologiques. Nous n avons pas* osé aborder les questions délicates et encore indécises relatives à ces théogonies aussi bizarres que diverses qui ont tour-à-tour dominé l'Asie, et qu'on peut regarder jusqu'à un certain point comme les sources les plus fécondes et les plus anciennes de sa civilisation primitive; à ces invasions multipliées qui, à différentes époques, et avant les temps historiques, ont tant de fois changé la face de cette partie du monde. Comment aurions-nous été assez téméraire pour entreprendre de débrouiller le chaos que présente la population primitive de la vieille Europe, de suivre dans tontes leurs phases les longues perturbations qu'elle a subies avant les époques brillantes de la Grèce et de Rome, de pénétrer ensuite dans la nuit du moyen âge, et d'arriver enfin jusqu'à notre époque, en traversant les longs orages qui ont accompagné la renaissance des lettres et des arts. Non, nous n'avions fait ni les études préparatoires, ni les recherches immenses qu'exige la détermination de l'état social primitif et actuel des Asiatiques et des Européens. Espérons cependant que quelques-uns des doctes rédacteurs du Recueil où ont été insérées nos esquisses sur l'état de la civilisation de l'Amérique , de l'Afrique et de l'Océanie, ou quelques-uns des savans célèbres oui ont bien voulu nous aider de leurs lumières, soit dans la rédaction de cet Abrégé, soit dans celle de l'Atlas ethnographique, ou bien même quelques-uns de

d'une composition très difficile. Voici les titres de quelqnes-nns : Tableau mttéotnlngiyue du Globe, • Tableau orographique de la Terre , offrant les points culminant de tous les systèmes montueux connus et ceux de leurs chaînes principales, ainsi que les plateaux les plus remarquables , avec l'indication d'un grand nombre de rillea situées à une grande élévation audessus du niveau de la mer ; Tableau des principales cascades du Globe , arec la désignation de leur baoteur et de leur largeur ; Tableau des bains et des eaux minérales, avec l'indication du degré de leur température et de la qualité de leurs eaux ; Tableau des terreins ignivomrs du Globe ; Tableau statistique des principale s mines du Globe ; Tableau statistique des produits du règne végétal et des animaux domestiques de tous les états de F Europe et de quelques-uns des autres parues du momie ; Tableau des monumens anciens et modernes les plus remarquables , offrant la comparaison des pyramides , des tours , des flèches et des eonpoles les plus hautes, les dimensions des principaux temples et celles des plus grandes statues; Tableau des importations et des exportations des principaux états et des principales villes du monde ; Tableau statistique des religions; Tableau statistique des langues; Tableau de Vètat social des Africains, des Américains et des Océaniens, etc.; Tableau statistique du Globe vers la moitié du xv* siècle, dans les années 1789 , 181 3 , 1826 et dans Tannée de la pubKcation de t ouvrage; Tableau statistique des prisonniers, des criminels , des pauvres, des xancides , des en/ans illégitimes , des écoliers, etc. , etc. , de presque tous les états de l'Europe et de quelques-uns des antres parties du monde. Non» n osons prendre aucun engagement pour la publication de cet ouvrage , parce qnc la multiplicité des recherches qu'exige sa composition , la situation de nos affaires privées et lea temps difficiles on nons rivons , ne nous permettent pas de déterminer l'époque précise où nous le ferons paraître. Nous nous

Klaisons à croire cependant que ce retard ne nons dépossédera pas de la faveur arec laquelle ; public avait accueilli la première partie de cet ouvrage , alors que ce retard sera justifie par un soin plus rigonreux nue nous apporterons à sa rédaction , et par les importante» additions dont elle sera enrichie et que nons n'avions paa promises.

ces crudits profonds et sagaecs dont l'Angleterre et l'Allemagne sont si riches, hommes toujours empressés à approfondir un sujet lorsqu'il y a de la gloire à acquérir, voudront bien compléter ces tableaux en y ajoutant ceux de l'Europe et de l'Asie : travail du plus haut intérêt, cl qui ofTre à celui qui s'en sera dignement acquitte de bien belles palmes à cueillir.

état. A la page 107, nous avons vu qu'il est impossible de tracer des divisions naturelles de l'Europe qui correspondent exactement à ses divisions politiques. Nous avons signalé d'autres difficultés relatives au même sujet dans diverses parties de cet ouvrage. Ici nous devons nous arrêter sur uo point, qui est le plus important de toute la géographie politique; car il ne s'agit de rien moins que de la base d'après laquelle nous devons décrire les principaux pays du globe. A la page a8, nous avons vu ce que c'est qu'un état ; définition qu'on cherche en vain dans les traités de géographie, malgré son importance, et malgré la confusion et les erreurs graves qui résultent de son absence. Pénétré de cette vérité, dès l'année 1816 nous nous sommes empressé de la mettre à la téte des définitions de la géographie politique , en traduisant de l'allemand celle que nous avait donnée M. le conseiller Passjr, géographe et statisticien très distingué. Mais quelques observations sont indispensables pour démoutrer sa justesse et les inconvéniens du silence que gardent à ce sujet des géographes connus pour marcher à la téte de la science.

Tous les pays qui forment les monarchies Anglaise et Prussienne, les empires d'Autriche et de Russie, n'ont qu'un seul pouvoir suprême qui réside dans leurs capitales respectives; toute contrée qui forme partie de ces états, quels que soient d'ailleurs son étendue, son importance et le titre dont elle est décorée, n'en est pas moins une partie intégrante qui reconnaît le pouvoir suprême résidant à Londres, à Berlin , à Vienne, à Saint- :, et ne peut et ne doit jamais figurer parmi les états. Ce principe, qui devrait être inaltérable pour tous les géographes qui ut à soumettre cette science comme les autres a des principes fixes, pas toujours observé. Il en résulte la plus grande confusion dans la «graphie. Non-seulement toute division politique devient vague hors de l'Europe, mais on trouve une foule de contradictions et d'erreurs dans cette même partie du monde, que les demi- sa vans prétendent connaître si bien , mais dont la description offre encore aux véritables sa vans tant de lacunes et tant d'incertitudes. Ne voyons-nous pas des traités de géographie très estimés, publiés dans ces dernières années, dans lesquels les divisions politiques forment la base principale des descriptions des différens pays compris dans chaque partie du moode, accorder une place principale à la Corée, au Tibet, à la Mongolie, à X Arabie, et tout cela avec le titre de principaux états de l'Asie! N'avons -nous pas trouvé dans ces mêmes ouvrages un tableau statistique où , parmi les principaux états de l'Europe, figurent V Islande et la Laponie! Mais la Corée est un royaume tributaire de la Chine et du Japon ; le Tibet et la Mongolie » géographiques, qui depuis long-temps peuvent être regarn prises dans l'empire Chinois; l'Arabie n'est pas un état, mais uw région géographique subdivisée en un grand uombre d'états de ne et gouvernés différemment ; l'I

différente étendue et gouvernés différemment; l'Islande appartient géopraphiquement a l'Amérique, et forme sous le rapport politique une partie intégrante du royaume de Danemark; la Laponie n'a jamais été un état,

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et n'est qu'une grande région géographique, partagée aujourd'hui entre la monarchie Norvégiéno-Suédoise et l'empire Russe. En admettant de semblables divisions politiques , l'auteur aurait pu compter avec autant de raison, parmi les étals actuels de l'Europe, les républiques de Venise et de Gènes , les péninsules Hispanique et Italienne , et les nombreux états ecclésiastiques allemands qui ont cessé d'exister ao commencement du xixF siècle.

En adoptant la définition dclVtaf telle que nous l'avons donnée, cette confusion disparaîtrait, mais il resterait toujours quelques doutes, consé-

3uence des anomalies qu'offrent le gouvernement et les relations politiques e certains petits états vis-à-vis d'autres beaucoup plus considérables, ou bien des grands privilèges que d'anciens traités ou des chartes ont accordés à certains territoires. Quelques exemples mettront le lecteur en état de se former une idée précise de ces anomalies politico -géographiques sur lesquelles les géographes gardent le silence, en se contentant seulement de renvoyer à l'article administration , sans appeler pour cela l'attention du lecteur sur un sujet éminemment important pour la géographie politique et surtout pour un traité élémentaire de celte science.

Tous les géographes s'accordent mainteuant à classer parmi les états la république des Iles Ioniennes , parce que son existence politique a été reconnue par le congres devienne. Mais l'indépendance de cette république, que quelques géographes nomment Etats-Unis des Iles Ioniennes, est plutôt nominale que réelle; car le protectorat qu'y exerce le roi d'Angleterre par l'intermédiaire du lord haut- commissaire , est une véritable souveraineté. Tous ceux qui voudront se donner la peine d'examiner les attributions accordées à ce fonctionnaire, et tous les privilèges dont jouissent les deux intéressantes peuplades qui habitent le Saterland , dans le royaume de Hanovre, et l'île d'ffelgoland, annexe du Royaume-Uni, n'hésiteront pas à accorder à ces deux petits pays l'honneur de figurer parmi les états do l'Europe a côté de la République Septin.mlaire ; on pourrait même dire avec plus de droit, car leur administration est presque entièrement indépendante des deux royaumes dont ils sont censés faire partie.

Nous avons vu dernièrement un savant sortir de la routine, en accordant une place dans le tableau général des états de l'Europe à la Principauté de Monaco, que mal -à-propos tous les géographes et les auteurs d'alînanachs politiques et statistiques s'accordent à classer parmi- les souverainetés médiatisées. Mais pourquoi , ayant fait cette utile innovation à l'égard d'un aussi petit état, ne l'a-t-il pas étendue à la république d'Andorre? L'existence de ce pays indépendant entre la France et l'Espagne avait déjà été signalée à l'attention des géographes dès l'année i8a3 par la Revue Encyclopédique. Pendant la dernière guerre de la péninsule Hispanique nous avons vu la poursuite des soldats de la foi par l'armée des Cortès être considérée comme une violation du territoire de cette république, que la France considérait comme un état neutre. La petite redevance que les Andorrans payaient aux autorités françaises résidantes dans le ci-devant comté de Foix, en France, et à l'évéque d'Urgel, dans la Catalogne , ne saurait être citée contre son indépendance, puisque tous les géographes s'étaient accordés à classer parmi les états indépendans la république de Raguse, malgré la redevance de trois mille ducats que tous les trois ans elle payait à la Porte Ottomane. Au reste, nos lecteurs trouveront ce sujet traité de la manière la plus satisfaisante

A LA GÉOGAAl'Hlh.

dans le savant travail que M. de La Roquette a fait sur cette république, travail qu'il se propose de publier, et dont il a bien voulu uous donner communication.

Des transactions récentes ont assuré l'indépendance politique du nouvel Etat de la Grèce , et des trois principautés de Servie , de Valachie et de Moldavie, naguère encore regardées comme parties de l'empire Ottoman- mais plusieurs autres contrées de cet empire, même en Europe, pourraient être considérées, sinon de droit, au moins de fait, comme des pays înUcpeudans : tels sont le Monténégro, le vaste territoire des Mirdites, qui compte pin* d'habitans que certains états de l'Europe; les territoires des Jbdiotes, des Sphakiotcs , etc. Plusieurs motifs nous ont empêché de faire cette innovation ; mais nous avons cru indispensable de signaler au lecteur l'indépendance de ces territoires, tout en les décrivant comme parties intégrantes de l'empire Ottoman , de peur qu'il ne les confondit avec les pays qui étant complètement soumis, ne peuvent être rangés dans la même catégorie. Et puisque nous en sommes sur ce sujet, nous mentionnerons aussi en Espagne la vallée de Roncal , dans la Navarre, qui a un gouvernement presque démocratique, et la ville et territoire de Catar de Caceres, dans l'Estremadure, qui jouissait de tant de privilèges qu'on pouvait presque la regarder comme une république démocratique; enfin , dans le grand-duché de Mecklembourg-Schvrerin, la ville de Rostock qui, par les privilèges dont elle jouit, peut être regardée, dit M. Stein, plutôt comme une espèce de république vassale que comme une ville soumise au grand -duc.

lions nous sommes souvent demandé pour quelle raison les géographes et les auteurs de statistique, dans leurs traités élémentaires et leurs tableaux statistiques, s'accordent a décrire avec les plus grands détails jusqu'aux plus petits états iodé pend ans de la Confédération Germanique, tandis qu'ils ne décrivent qu'en masse et comme ne formant qu'un seul état les 22 cantons de la Confédération Helvétique. Cependant ces derniers pays sont tout aussi indépendans les uns à l'égard des autres que le grand-duché de Bade Test A Tégard du royaume de Wurtemberg , ou que ce dernier état l'est à 1 égard de celui de Bavière. Nous avons senti l'inconséquence d'une semblable méthode , et dans le chapitre de la Confédération Suisse nous avons indiqué tous les états différens que comprennent ses 22 cantons.

Nous n'avons pas été peu surpris de voir quelques savans estimables noni reprocher comme autant de fautes et le silence que nous avons gardé, dans la Balance politique du globe, relativement au duché de Saxe-Gotha et A la principauté de Reuss-Lobenstein , et la place nue nous avons accordée à la seigneurie de Kniphausen parmi les états de la Confédération Germanique, en nous citant, à l'appui de ces observations, des Géographies et des Tableaux statistiques publiés, en France et ailleurs en 1826 et 18x7, dans lesquels les deux premiers états figurent encore parmi les membres de cette confédération , tandis qu'on y cherche en vain le troisième. >'otre justification a été bien facile. Nous n'avons eu que la peine d'où yjir devant nos aristarques les cahiers des Ephémérides géographiques de Weimar, où l'on voit que dès l'année 18x4 la principauté de Reuss- Lobeostem , et dès l'année i8x5, Je duché de Saxe-Gotha, ont été réunis à d'antre» états par la mort de leurs princes respectifs, décédés dans ces mêmes années sans héritiers mâles. Un autre article de ce même journal

tu INTRODUCTION

donne l'historique des longs débats entre le comte de Bentink, seigneur de Kniphausen, et le duc de Holstein-Oldenbotirg, qui prétendait être son suzerain , débats qui ont fini par l'admission à la Confédération Germanique de la maison de Bentink comme seigneur de Kniphausen. Nous n'avons parlé de ce qui nous est arrivé avec des savans très distingués , mais qui n'étaient pas assez au courant des changemens que subit la géographie politique , que pour démontrer combien se trompent quelques esprits supérieurs qui paraissent dédaigner l'étude de la géographie comme celle d'une science tout-à-fait vulgaire, et qui ne mérite pas une étude sérieuse.

Mais les contradictions et les lacunes dont est semée la géographie politique de l'Europe ne sont rien en comparaison des innombrables et inconciliables incohérences que nous offrirait la géographie politique des autres parties du monde, si nous voulions examiner quels motifs déterminent les géographes dans le choix des paya qu'ils nons présentent comme des états f c'est-à dire comme des contrées tout-à-fait indépendantes. Ainsi , par exemple , presque tous décrivent encore comme des pachaliks ou des sandjnks, ou comme des provinces turques, les territoires de Bayazid, Mouch, Van, Djulamerk, Amadia, Souleimanieh , Kara-Tcholan et Zahou, dans le Kurdistan, tandis que depuis quelques années un savant orientaliste et voyageur très distingué, M. Jaubert, qui les a traversés, nous a dit positivement, qu'à l'exception de Van, le grand -seigneur n'est guère que de nom le souverain de cette vaste contrée. Ne voyons -nous pas tous les géographes donner encore Balkh, Koulm , Khoundez, Cachemire et autres vastes contrées au seliah de Caboul, et ôter au roi de Siam le droit de suzeraineté sur les petits royaumes de la péninsule de Malacca , en les représentant comme tout-à-fait indépendans?Mais, d'après un excellent article publié en i8a5 par le Sinca/wure Chronicle , journal que, pour ces régions éloignées , ou peut citer comme autorité, tous ces prétendus états ne sont réellement que des principautés vassales de la cour de Siam ; le Cachemire, en 1819, est passé sous la domination de Randjit-Singh , le plus puissant chef de la confédération des Sikhs; et le pays de Khoulm avec Balkh et celui de Koundez , non-seulement sont de fait indépendant , mais paraissent mémo jouer maintenant un rôle important dans cette partie de la Haute-Asie. Myr-Kalitch-Aly-khan a su , non-seulement soustraire à la dépendance immédiate du schah de Caboul le territoire de Khoulm, mais encore y réunir celui de Balkh. Les dernières notices nous représentent le souverain de Koundez comme un guerrier très entreprenant. En 1 820 et 1821, il paraît avoir soumis à sa domination une grande partie des khanats que le voyage à Boukhara de M. de Meyendorf nous représente comme des états indépendans.

Notre Abrégé, ainsi que toute géographie élémentaire, étant destiné à présenter les points culminans de cette science et par conséquent ce que la géographie politique offre de plus positif, nous nous sommes borné à ne classer parmi les états du Turkestan-Indépendant, de la Perse, de l'Arabie \t des autres grandes régions géographiques de l'Asie que ceux qui nous paraissaient offrir olus de stabilité, et sur l'état politique desquels nous avions trouvé le moins de contradictions dans les rapports les plus récens des voyageurs et des journaux de l'Orient. A la page 56 1, nous avons cité l'opinion d'un savant célèbre à l'appui de notre manière d'envisager les états Barharesques, qtt'on regarde a tort comme des parties intégrantes de l'empire

A LA CÉOG1APB1E.

Mil

ouoman. Pius bîis nous verrons, en pariant de la Nigritie, quels sont les principes qui nous ont guidé dans le choix des étals de cette vaste partie de l'Afrique. Les renseignemens précieux sur l'Océanie-Hollandaise que nous devons à de hauts personnages, nous ont mis à même de rayer de la liste des étals l'empire de Menangkahou et autres contrées, que les géo graphes regardent encore comme tels, mais que la connaissance de leur* rapports politiques avec les Hollandais, nous a obligé à ne considérer que comme de simples principautés vassales de la monarchie Hollandaise. C'est le résultat des victoires remportées dernièrement par les troupes de cette puissance sur différens peuples, et particulièrement sur les Padrt Cette secte de mahométans fanatiques, dirigée par des chefs aussi adroit* que belliqueux, voulant convertir à ses dogmes le peuple de l'empire de Menangkabou , commença par en déposer les chefs, et finit par y établir son oligarchie théocratique. Depuis i8a5, les anciens souverains, rétabli* par les Hollandais sur le trône de leurs ancêtres, reconnaissent la suzeraineté du roi de Hollande et les Padri, retirés dans un district sur les frontières de cet empire, pratiquent tranquillement les rites de leur religion, et observent les stipulations convenues.

Mais devra-t-on classer parmi les Etats ces territoires plus ou moins eten dus occupes par les Criks et les Tcherokis , qui ont fait de nos jours de si grands progrès dans la civilisation , par les M<»jui, les Casas- Grandes et les Araucan$i qu'on nous représente comme si supérieurs sous ce rapport aux autres peuple* de l'Amérique où ils conservent encore leur liberté entière? Que dirons- nous des vastes espaces que parcourent les belliqueux et terribles Sioux , les Apaclits , les Arrajxihocs , les Marepizanos , les Manitivanos, et une foule d'autres peuple-, indépendans répandus d'un bout à l'autre du Sou veau -Continent, et qui ne reconnaissent d'autre autorité que celle de leurs chefs? A notre avis, il n'y a pas de géographe qui puisse leur refuser la qualification d'Etat; mais nous avons suivi à leur égard la méthode adoptée pour les états semblables de l'Asie, de l'Afrique et de l'Océanie, en leur accordant les seuls détails que notre cadre comportait.

Les nouveaux États qui se sont élevés, au-delà de l'Atlantique, sur le* debris des colonies Espagnoles, Portugaises et Françaises, n'ont pas encore pri* cette assiette calme qui succède ordinairement aux agitations politiques- Ni la forme de leur gouvernement, ni les divisions administratives de ces différens États ne sont encore bien consolidées. Nous avons vu le Mexique passer delà monarchie à la république, et finir par être une fédération. Le Chili , au contraire, après avoir été une confédération, est main tenant une republique. La république de Colombie, après avoir beaucoup souffert par les discordes intestines , parait s'être définitivement partagée en trois républiques, pour ne former qu'une fédération. On sent bien qu'il est impossible, en arrivant à ces états livrés à la guerre civile et à l'anarchie qui en résulte, d'atteindre à une parfaite exactitude dans leur description , et surtout dans l'indication de leurs confins et de leurs divisions administratives, malgré nos nombreuses relations et malgré les lecours multipliés que nous avons reçus d'un grand nombre de personnes io*trailei et d'hommes distingué* appartenant à ces régions éloignées

u* crûs m inutile de faire observer qu'on ne doit pas chercher dan* cet Ahrégéiii X Empire du Grand-Mogol, ni ceux à'Abyssinie et du MonomoUzpa* ni la Confédération des MaJiarattes, ni les Possessions Hollandaises

fit iiYmoDccnoar

en Asie , etc., etc. L'Empire du Grand -Mogol et cet» «TAnyssinie et du Monomotapa n'existent plus depuis long -temps; la Confédération deo Maharattes a été dissoute dans ces deniières années par les Anglais; et, d'après le traité récemment conclu entre l'Angleterre et les Pays-Bas, cette dernière puissance n'a plus de po? sessions territoriales en Asie.

titres des ÉTATS* Il serait à-peu-près inutile, ou du moins de peu d'intérêt, de discuter sur tous les titres employés pour désigner les difîérens Etals décrits dans cet Abrégé. C'est seulement la géographie extraeuropéenne qui offre de£ difficultés véritables: celle de l'Europe n'en présente presque pas, Nous nous exprimons de la sorte, parce que le géographe

3ui raisonne ne sait pas s'il doit, d'après les traités et les actes officiels, onner le titre A* Etats-Unis des Iles Ioniennes à la république des îles de ee nom , ou bien si , d'après la forme de leur gouvernement , il ne doit pas leur conserver cette dernière qualification, qui leur convient beaucoup mieux. En effet, ces îles forment une république \ et non une confédération eomme l'indique le titre A* Etats-Unis des îles Ioniennes. C'est pourquoi nous avons préféré ce titre dans la Balance Politique du Globe et dans notre Abrégé. Mais il est nécessaire de dire un mot sur le litre de monarchie, employé si souvent dans cet ouvrage. Nous l'avons constamment donné à tout état formé par la réunion de plusieurs royaumes, ou dont les possessions s'étendent dans différentes parties du monde; nous avons conservé celui de royaume à tout état qui a un roi pour chef. Faute d'adopter cette distinction, tout est confusion dans la géographie politique, ou bien ir faut employer à chaque instant de longues périphrases pour l'éviter. Comment distinguer autrement la totalité des pays soumis au roi de Prusse de ceux qui forment le royaume de Prusse proprement dit? En appehmtMonarchie-Prnssienne les premiers, et Royaume de Prusse les seconds,, toute confusion disparaît sans avoir besoin d'explication. C'est ainsi que nous avons nommé Monarchie- Anglaise , Monarchie- E spagnole , etc., les contrées soumises aux rois d'Angleterre et d'Espagne, et que nous avons réservé la qualification particulière de Royaume-Uni et de Royaume d*Es~ pagne aux parties de ces Monarchies qui ne comprennent que les seuls royaumes que nous venons de nommer. Nous n'avons donné le titre dV/wpire qu'aux états qui l'ont réellement. Cette qualification est cependant très vague lorsqu'on sort des confins de l'Europe. Devons-nous conserver le titre d*Empire aux pays gouvernés par les sultans indépendaus â'Aehem, de Bornéor de Mindanao et de Souhu, ou à ceux qui sont gouvernés par les sultans de Soura-Carta , de Dj'ocjocarta, de Menangkabou , de Tcrnate, de Tidor, de Batchian, et antres vassaux des Hollandais dans l'Océanie? Devons-nous conserver encore aux contrées gouvernées par les princes qui résident à Sego, à Coumassi, à Kouka, les litres A* empires de Bambara, d'Achanti et de Bornou? En cela, le meilleur parti que nous eussions à prendre nous parut être celui de maintenir les qualifications que f usage et les rapports les plus récens leur donnaient. Nous croyons cependant que la géographie devrait conserver quelques -nns de ces titres, ne fût-ce que pour rappeler d'importans souvenirs historiques.

Dans le but de réunir toujours en un groupe tous les pays qui dépendent d un même état, ce qui est de la plus haute importance pour la géographie politique, nous avons formé, à la suite des grands états de l'Asie, de l'Afrique, de l'Océanie et de l'Amérique, d'autres divisions qui leur servent

A LA GÉOGRAPHIE. l?

J" appendice , afin de reunir sous les noms $ Asie- Française, Anglaise, etc. , tiOcéanie - Anglaise, Hollandaise, etc., ele , d' A nu ' tique - Française , Anglaise y etc., etc., tous les pays que les Français, les Anglais et autres nations possèdent en Asie, en Afrique, en Amérique , et que le* Hollandais rt les Anglais occupent dans l'Océanie.

SIincULTÎS relatives aux COMTINS. La détermination des limite!» Je» états de l'Europe n'offre aucune difficulté; celle des éUtl de l'Amérique Re présente que les obstacles qu'opposent la guerre civile et les désordre* qui désolent ces nouvelles républiques. Mais il en est bien autrement lorsqu'il est question de déterminer les confins des états des autres parties du monde. C'est une des plus grandes difficultés qu'on ait à vaincre dans la rédaction d'une géographie générale. Comment se flatter de fixer des limites entre des états que séparent des déserts arides ou des steps parcourus par des bordes nomades? Comment suivre tous 1rs changemens produits par l'esprit belliqueux et entreprenant de certains chefs, par les dissensions et l'anarchie qui désolent et dissolvent certains états, comment suivre les altérations nou inoins importantes ((n'apportent dans 1rs contrées les plus éloignées la politique des puissances européennes, et bien souvent la marche tranquille, mais toujours progressive de la civilisation? Les peuples nomades peinent quitter si facilement les pays où ils errent, que la prétendue domination de leurs chefs à leur égard est on ne peut plus incertaine et variable. N'avons -nous pas vu dr DOS jours «m grand nombre de tribus turkomanes se soustraire au vasselage du khan de Bonkhara pour passer sous celui de l'entreprenant llahim, klian de Khi va, qui parvint en outre à étendre sa dominatiou sur les Araliuis, l«-s karakalpaks rt sur la pins grande partie des nomades qui parcourent les solitudes de l'isthme des Turkoraans, entre la mer Caspienne et la mer d'Aral ? Le cour t espace de quelques années n'a-t-il pas suffi au khan de Khokan pour soumettre 1e Turkesfan et le Taschkent ; à l'infatigable vice -roi d'Egypte, pour mettre fin à la vaste monarchie que les \ ahabites avaient fondée de nos jours, et pour porter ses frontières de l'Egypte jusqu'à celles de l'Ahvssime? >'esl-ce pas aussi <lr nos jours que l'entreprenant et astucieux chel des .Sikhs, Raudjit-.Siiigh, parvint a fonder un puissant état sur les bords de 1 Indus avec*des lambeaux du royaume de Caboul, en même temps 1lle le politique Radama décuplait le petit héritage que lui avait laissr son père, par la conquête de la plus grande partie de la vaste île de Madagascar, et que les habiles Finow et Tamehameha l" aggrégeaient, celui-ci tout I archipel de Hawaii .Sandwich) à son royaume, et celui-là presque toutes les iles qui composent les archipels de Tonga et de \ iti (Fidji .

divisions administratives ■ pour tout géographe qui est à la hauteur de la science, les divisions administratives des Etats de l'Europe t ■ offrent, à un très petit nombre d'exceptions près, aucune difficulté. Les descriptions les plus récentes données par les géographes nationaux, les •doiuuchs des cours et des républiques respectives, suffisent pour éviter toute erreur, toute méprise. Ce n'est que par une grande ignorance ou par une négligence impardonnable que des ouvrages qu'on uous présente comme classiques et publies même dans ces dernières années, font figurer encore le gouvernement de Fiùorg parmi les grandes divisions a dminis trahves de l'Kmpire Russe, tandis que depuis 1817 ce gouvernement a cesse d'exister, ayant été réuni à la grande principauté de Finlande, qui a

lvi INTRODUCTION

une administration particulière et jouit de grands privilèges. Dans ces mêmes ouvrages nous lisons avec surprise, que l'Empire d'Autriche est partagé en i3 Etats , que la Datmatie est divisée en 5 cercles, et que ceux de Carlstadt et de Fiume relèvent du gouvernement de Laybach , dans le royaume d'Illyrie. Mais depuis i8i5 toute la Monarchie Autrichienne est partagée en i5 gouvememens d'une étendue très inégale; depuis 1812, le cercle de Macarsca, en Dalmatie, a été réuni à celui de Spalatro; ceux de Carlstadt et de Fiume, séparés du royaume d'Illyrie, forment depuis lors partie de celui de Hongrie, le premier, comme dépendance de la Croatie, et la plus grande partie du second, comme un sous-gouvernement Hongrois, décoré du titre de Litorale Ungarico. C'est encore dans ces ouvrages qu'on décrit la régence de Clèves , qui n'existe plus depuis 1821, époque de sa réunion à celle de Dusseldorf; qu'on partage la Monarchie -Prussienne en dix provinces au lieu de huit, d'après son organisation définitive; qu'on offre en 1827 les 18 divisions administratives des Etats de l'Eglise, fixées par le motto proprio de Sa Sainteté en 181 6, et réduites à 14 par un décret de l'année 1824 ; que des cartes de l'Espagne et du Portugal, publiées à Paris en 18a 1, et qu'on regarde comme les meilleures, donnent encore Olivenca et son territoire au Portugal, qui les avait cédés à l'Espagne par le traité de Badajoz en 1801 ! Nous sortirions de notre cadre , et Ton nous soupçonnerait peut-être d'avoir un autre but que celui de nous mettre nous-méme à l'abri de la critique en faisant ces remarques, si nous voulions les pousser plus loin comme nous le pourrions bien facilement.

Dans nos ouvrages sur la Monarchie Portugaise, nous avons signalé une foule de méprises relatives aux divisions administratives de cet état : elles n'en sont pas moins reproduites par les auteurs et les géographes, qui ne se donnent pas la peine d'étudier suffisamment les pays qu'ils entreprennent de décrire. Le célèbre baron de Humboldt vient de signaler la confusion qu'a fait naître parmi les géographes modernes l'ignorance où ils étaient de la division judiciaire de l'île de Cuba. Mais ce qu'il y a de plus curieux , c'est de voir des auteurs regardés comme classiques pour la géographie, ignorer encore les divisions administratives des monarchies Norvégiéno-Suédoise et Danoise. A la page 374, nous avons* déjà signalé les singulières méprises relatives à cette dernière. Ici nous ferons observer que, même après la publication de l'excellente carte de Hagelstam, qui aurait pu leur faire éviter ces erreurs, les géographes continuent encore à donner pour le royaume de Suède les divisions administratives, tandis qu'ils donnent pour "celui de Norvège, ou les divisions ecclésiastiques, ou les divisions judiciaires , qui sont cependant si différentes des divisions administratives.

Il en est bien autrement lorsqu'il s'agit d'indiquer les divisions administratives des états de l'Asie, de l'Afrique, de l'Océanie ainsi que celles d'une partie des nouvelles républiques de l'Amérique , et des possessions des Européens dans ces régions éloignées. Ici le manque d'ouvrages originaux, les contradictions et les méprises des voyageurs, les changemens produits par les guerres, les révolutions, et mille autres causes, que l'éloignement et la rareté des communications font ignorer des géographes pendant un temps plus ou moins long, rendent l'exactitude presque impossible. Notre Essai statistique et historique sur le Royaume de Perte, ouvrage que nous

A LA GEOGRAPHIE

nu

jvods eu le plaisir de Tûir jugé 1res favorablement par les personnes les pins capables d'apprécier les difficultés que nous avions à vaincre dans sa rédaction , Mgiiale les incertitude* qu'offrent au géographe les divisions administratives de ce royaume. Si des orientalistes justement célèbres sont sujets à se tromper dans la détermination des divisions administratives des contrées qui forment le sujet de leurs études de prédilection , comment oserions-nous nous flatter d'être infaillible? Certes nous n'en avons pas la prétention , mais seulement d'avoir fait tout ce qui dépendait de nous pour connaître la vérité et pour éviter les erreurs.

11 y a cependant des inexactitudes qu'on ne saurait pardonner au géographe; ce sont celles qu'il commet a l'égard des pays sur lesquels des voyages récens ou des savans célèbres ont jeté déjà un grand jour en levant les doutes conservés jusqu'à la publication de leurs ouvrages. C'est ainsi qu'il n'est plus permis maintenant d'ignorer les divisions administratives générales des vastes contrées dont l'ensemble forme l'empire Chinois; qu'on ne peut plus, sans passer au moins pour négligent, diviser en sept étals la confédération de Guatemala après le savant article sur celte partie de l'Amérique publié par M. de Humboldt, dans l'Hertha, et la publication de l'ouvrage de Thomson ; compter parmi les territoires organisés de la confédération A nglo- Américaine le Missouri-Occidental ', le Nord- Ouest cl YOregaa. Mais il y a bien des parties sur lesquelles les incertitudes , le vague cl même quelques erreurs seraient excusables. Dans le cours de cet ouvrage le lecteur en trouvera un grand nombre que nous avons signalées à son attention, et que, pour éviter les répétitions, nous ne mentionnerons pas ici.

PAYS. Depuis les évènemens majeurs qui ont si complètement changé de nos jours Ja face de la Terre, celui qui en veut étudier l'état actuel dans une géographie n'atteindra jamais son but s'il ignore les anciennes combinaisons politiques différentes auxquelles appartenait chaque pays. Cette considération nous a fait ajouter dans la description des divers états l'article des divers pays dont ils sont composés. La lecture des chapitres consacrés à la monarchie Française , à l'empire d'Autriche et à la monarchie Prussienne, pages 109, 214 et a5o, en dira plus à ce sujet que toutes les explications que nous pourrions donner.

TOPOGRAPHIE. Nous voici enfin arrivé à l'article que nous appelons topographie , où nous offrons la description développée de la capitale de chaque état avec la description abrégée des autres villes et lieux les plus remarquables. Nous y avons suivi le même ordre que dans le tableau des divisions administratives, mais d'après un plan tout-à-fait différent de celui qu'on a depuis loug-lemps adopté dans les traités et les dictionnaires de géographie. Cette circonstance et la multiplicité d'objets variés dont se compose la description des villes, nous engagent à faire quelques observations, ne fût-ce que pour éviter les reproches que des juges non compétens |KMirraicnl nous adresser.

Dans une géographie générale , quelque volumineuse qu'on veuille la supi>o*er, et plus encore dans un abrégé de cette science, il est impossible et il serait absurde, nous ne dirons pas de décrire, mais même d'indiquer toutes les villes, bourgs et villages de chaque état. U faut donc nécessairement faire un choix, et c'est justement ce choix qui constitue une «les plus grandes difficultés qu'on ait à surmonter dans la rédaction d'une

tviu INTRODUCTION

géographie. Plusieurs circonstances concourent à rendre une ville on un lieu remarquable : tantôt c'est la place qu'il occupe dan» le» divisions administratives, judiciaires, ecclésiastiques , financières, etc., de l'état; tantôt c'est le nombre de ses habitans, son étendue, la magnificence ou la beauté de quelques édifices, la bonté de son port ou l'importance de ses fortifications; tantôt son industrie, son commerce, le voisinage d'un canal navigable, d'un chemin en fer, ou celui d'une école célèbre, d'un établissement agricole ou industriel considérable , ou bien celui d'une mine, de bains et d'eaux minérales renommées; tantôt ce sont d'importans souvenirs historiques, ou de vénérables traditions qui y attirent tous les ans un grand nombre de pèlerins , concours qui change ordinairement un simple hameau en une brillante foire; tantôt enfin ce sont de grands monuinens, quelquesdébris d'anciens édifices, on bien le voisinage d'un volcan, d'une cascaderemarquable, d'une haute montagne ou de toute autre curiosité naturelle» Un misérable fort au-delà du 70" parallèle, un port assez fréquenté à la latitude de 70» 36', trois ou quatre cabanes dans les immenses solitudes de l'Asie Boréale, dans celles de l'Amérique du Nord et de l'Amérique du Sud , une petite oasis, véritable port dans les vastes mers de sable de l'Afrique intérieure, de l'Asie moyenne et du sud-ouest de cette partie du monde , sont des localités qui , malgré leur petitesse absolue, acquièrent une grande importance relative aux yeux du géographe, qui doit nécessairement en faire mention.

Mais il ne suffit pas d'avoir fait un choix judicieux des lieux les plus remarquables sous tous ces rapports , il faut s'être tracé un plan de description raisonné, qui soit en harmonie avec le plan général de l'ouvrage , et au niveau de l'état actuel de la science, si différent de ce qu'il était à la (in du dernier siècle. Nous croyons avoir atteint ce double but, en décrivant d'abord toutes les capitales avec des détails proportionnés tant à leur importance qu'à celle des états auxquels elles appartiennent; ensuite, sur une moindre échelle, un petit nombre de villes, regardées incontestablement comme les principales de l'état; nous bornant, pour toutes les autres, ou à quelques désignations seulement pour les villes qui sont les plus considérables, ou à la simple mention de leurs noms dans le tableau des divisions administratives. Les lieux passés entièrement sous silence sont censés être beaucoup moins intéressant, sous tous les rapports, que ceux qui sont classés dans les quatre catégories que nous venons d'indiquer. Puis, afin d'aider la mémoire du lecteur à retenir une foule de localités remarquables, nous en avons rattaché la description à celle des principales villes. C'est ainsi qu'en décrivant Paris , Lyon, Strasbourg, telle, etc., en France; Vienne, Milan, Venise, etc. , dans l'empire d'Autriche; Berlin % Cologne, A ix-la-Chajtelle , etc. , dans la Monarchie-Prussienne , nous avont» mentionné une foule de villes ou même de lieux d'une médiocre population , qui se recommandent cependant soit par leurs établissemens industriels, commerciaux ou littéraires, soit par leurs souvenirs historiques, leurs bâti mens remarquables et une foule d'autres choses semblables, qu'il serait oiseux d'énumérer et que le lecteur peut voir dans leur description. Tous ces lieux se trouvent situés dans la périphérie d'un cercle que nous avons tracé autour des villes principales décrites avec détails, en prenant tin rayon d'autant plus étendu que la ville principale était plus grande ; ce rayon varie de m à 6o. milles et au-delà. De cette manière nous avons

A LA GÉOGRAPHIE. u»

de détails topographiqucs que, malgré leur il on cherche en vain dans les géographies les plus volumineuses et les plus

Dans leurs descriptions , nous avons supprimé presque toutes ees généralités vagues qui ne peignent rien, qui ne laissent rien de positif dans la pensée, pour indiquer de préférence ces faits caractéristiques, ces détails plus ou moins nombreux, plus ou moins spéciaux, qui constituent éminemment la physionomie locale, et sont pour ainsi dire le cachet d'un pays on d'une Tille. Nous avons tâché, dans toutes ces descriptions, de mettre le lecteur à même de juger l'état plus ou moins avancé de la civilisation d'an pavs, par l'indication, non- seulement de toutes les universités, quelque petites que fussent les villes où elles ont été établies, par celle des reoies spéciales de médecine, de jurisprudence, d'arts, etc., mais aussi par l'indication d'autres écoles moins considérables; par la désignation des

rmies ou sociétés savantes, en signalant en même temps publiques les plus riches, les jardins botaniques, les mutoires et les collections les plus remarquables en objets scientifiques ou de pure curiosité, et quelquefois en indiquant le nombre d écrits périodiques qu'on y publie. Nous regrettons que le temps et l'espace ne nous permettent pas d'exposer toutes les idées que ces objets différent réveillent dans notre esprit; elles signaleraient au lecteur une foule d'omissions graves échappées aux géographes les plus soigneux, omissions cependant qui nous paraissent devoir être attribuées en grande partie à l'imperfection du plan que la routine leur avait tracé , et dont ils n'ont pas osé s'écarter.

Excluant toute étymologie, comme étrangère à une géographie élémentaire, et certaines indications historiques qui, dans des traités semblables, sont d'une utilité très contestée, nous avons pensé que l'indication d'une école supérieure, d'une académie ou société savante, d'une bibliothèque, d'un jardin botanique, d'une grande forge, d'un grand établissement agricole ou autres choses semblables, était bien autrement importantes pour nos lecteurs que de connaître l'étymologie du nom de Milan, ou de savoir que telle ville a vu naître le peintre Vanloo, l'abbé Poule, le savant Abauzîf et une foule d'autres personnages d'égale célébrité. Au lieu d'occuper un espace précieux par ta désignation des lieux où furent données des batailles ou signés des traités de paix, qui n'apportèrent que de faibies changemens dans l'état politique du monde, nous avons cru l'employer plus utilement en désignant une foule de localités remarquables par des phénomènes naturels ou par des restes imposans de la plus haute antiquité, ou par les traces d'un ordre social entièrement différent de l'ordre actuel, et même antérieur aux temps historiques. C'est ainsi que dans les environs de Quito nous avons décrit ces colosses si remarquables par leur hauteur et si célèbres dans l'histoire de l'astronomie comme dans celle de* phénomènes de la nature ; que dans les environs de Bagdad nous avons* rappelé les merveilles de Babylone, la splendeur de Séleucie et de Ctésiphon ; que dans ceux de Damas nous avons décrit les magnifiques ruine* », de Philadelphie et de Palrayre , et que dans la vallée de Noto T , nons avons donné la description de la vallée d'Ipsica, qui offre d'une viUe de Troglodytes,

INTKOOt CI ION

Les épithètes de grande, très grande, fortifiée, forte, très forte, industrieuse, commerçante , très industrieuse et très commerçante et autres qualifications semblables, n'ont pas été données par nous au hasard , comme elles paraissent l'avoir été dans bien des ouvrages, où l'on trouve Sena, dans la capitainerie de Mozambique , désignée comme une ville populeuse, lorsqu'elle compte à peine i,5oo habitans; où Guilford, qui n'a pas 4,000 âmes , est nommée une grande ville, et cela en Angleterre , presque aux portes de Londres! Dans ces mêmes ouvrages, Brescia, J'adoue, Brodj , etc. , dans l'empire d'Autriche , Breslau , etc. , dans la monarchie Prussienne ; Brème, Francfort, Giessen, etc., dans la confédération Germaoique; Girone, etc., en Espagne, et une foule d'autres villes dont les fortifications n'existent plus, et d'autres qui n'ont jamais été fortifiées, sont indiquées comme des villes fortes. Mais c'est surtout hors d'Europe que cette désignation offre les méprises les plus ridicules. Nos longues études sur tout ce qui lient à la géographie, et les nombreux docuroens que nous avons obtenus de la part d'un grand nombre de personnes, nous ont mis en état d'éviter de semblables erreurs, et nous espérons que notre livre, considéré sous ce point de vue, peut être consnlté avec une entière confiance, car des militaires qui ont fait bien des campagnes dans les cinq parties du monde, out revu nos manuscrits et ont redresse nosjugemens lorsqu'ils étaieut inexacts. C'est ici que nous nous plaisons à nommer M. le général C/tdtler, si renommé par sa campagne du Tyrol en 1809; 06 tacticien qui connaissait presque toutes les forteresses de l'Europe, nous a fait éviter bien des erreurs lors de la seconde édition du Cttmpendio di Geographia. Nous citerons encore M. le général Santandcr, ancien vice-président de la Colombie, M. Pe~ draza, ancien premier président de la Confédération du Mexique, M. le major Poussin , aide-de-camp de M. le général Bernard, et nous en passons sous silence bien d'autres qu'il serait trop long de nommer.

Les tWcfiès et les archr\'échês, étant les principales divisions ecclésiastiques, doivent être nécessairement indiqués dans une géographie. Ce sujet, qui paraît n'offrir aucune difficulté, a été pour nous l'occasion de longues et fastidieuses recherches, à cause ées changemens que ces divisions ont subis de nos jours, non-seulement dans l'église catholique, mais aussi dans les églises luthérienne, anglicane et grecque. Pour la première, nous avons suivi YAlmanacco délia corte di Roma de l'année 18H0; la lecture de plu* sieurs ouvrages spéciaux et de plusieurs voyages, et les renseignemens que nous devons à quelques-uns de nos collaborateurs, nous ont fourni les moyens d'éviter les erreurs trop souvent répétées par les géographes dans la désignation des diocèses des autres églises.

L'élat des beaux-arts chez un peuple étant un indice certain et frappant du degré de sa civilisation , nous nous sommes attaché à donner quelques détails sur les principaux monumens en architecture, en sculpture et en peinture des temps anciens et modernes, nous étendant particulièrement sur ceux des peuples dont la civilisation diffère davantage de la nôtre; et cela d'autant plus, que nous les avons crus propres à caractériser la leur sous des rapports essentiels. Nous avons fait tous nos efforts pour être exact. Malheureusement peu de voyageurs donnent des descriptions satisfaisantes. Il arrive même quelquefois qu'après avoir consulté tous ceux qui parlent d'un même objet, on pourrait rarement en acquérir la connaissance claire et complète. Parmi le grand nombre d'exemples que

A LA. r.HOGRAPMIF.

nous pourrions citer, nous nous bornerons à celui de la fameuse tour dite de porcelaine, â Nanking. Quoique ce soit un des mon u mens d'architecture qui ont été le plus cités sa description nous a offert bien des difficultés. Le père Lec ointe, qui s'en est bien acquitté selon le père Bourgeois, dît que cette tour forme un octogone dont chaque côté a îS pieds detendue, tandis que le père Bourgeois de son côté lui en attribue i3o. Peut-être a-t-il voulu par cette mesure indiquer l'étendue de chacun des côtés de Va galerie qui entoure le rez-de-chaussée de la cour, taudis que son confrère n'a voulu indiquer qu'un des côtés de la tour même. Le fameux pont qui joint Hispaban au faubourg de Djoulfa a été décrit par Chardin, Sauson, Jean Thévenot et Daulier-Dcslandes : chacun en donne des mesures différentes, malgré l'extrême facilité de ces sortes de mesures. Les contradictions que nous avons trouvées dans les voyageurs les ni us célèbres et presque contemporains, sur un même sujet , et l'impossibilité de nous livrer aux recherches nécessaires pour découvrir lesquels avaient raison , nous ont engagé à supprimer presque toujours les dimensions des édifices mentionnes d.ins cet Abrégé. Nous nous réservons de les donner dans un autre ouvrage, où le tableau des monumens anciens et modernes les plus remarquables du globe sera précédé d'observations critiques qui inspireront quelque confiance au lecteur pour les mesures auxquelles nous nous serons arrêtés. An reste, ces contradictions qu'on remarque si souvent dans les voyageurs n'ont rii n d'extraordinaire, lorsqu'on se donne la peine d'analyser les circonstances particulières de chacun. Un voyageur ne peut, ou ue sait pas tout voir. Une multitude de caiiM-s influent sur la manière dont les hommes voient et sentent. Le résultat naturel doit donc être des témoignages variés a l'infini sur les mêmes objets. Non-seulement un homme ne voit pas et ne sent pas comme un autre, mais encore, à différentes époques de sa vie, il diffère autant de lui- même que des au/res.

Comme des savans estimables, qui connaissent déjà quelques parties de cet Abrégé, ont paru trouver que nous nous sommes trop étendu sur les monumens anciens et modernes, nous citerons, à l'appui de cette innovation que nous croyons non- seulement utile, mais nécessaire à la science, un passage remarquable que nous empruntons au Cours d'archéologie du moyen âge, professé à l'Athénée de Paris par M. Jules Desnoyers. « S'il est vrai de dire que les arts, soumis à la bonne et à la mauvaise fortune des lettres, sont, plus qu'elles encore, V expression de la société, quelle époque doit, à ce titre, inspirer aux nations modernes un intérêt plus réel que le moyen âge? Jamais en effet harmonie ne se rencontra plus parfaite entre les produits divers de l'activité sociale : mœurs publiques et privées, institutions religieuses ou politiques, monumens des lettres, des arts et de l'industrie, tout fut empreint d'un cachet commun aux différentes phases de cette période de transition nécessaire eutre l'antique civilisation et la civilisation moderne dont elle fut le berceau.

« Nous trouverons donc dans l'exameu des antiquités monumentales do moyen âge, non sans doute des modèles de perfection, mais des témoins d'une époque et d'un état social déterminé. Nous y trouverons la connaissance de l'un des élémens les plus essentiels, et une des vives lumières de l'histoire. Cc*t sous ce double point de vue, non moins que sous celui d on tableau purement technologique des arts, que nous essaierons de les

un

INTRODUCTION

envisager. A chaque pas nous reconnaîtrons la présence des trois grands pouvoirs du temps, Y église, la féodalité, les communes.

« La description de ces majestueuses cathédrales, œuvres de plusieurs siècles, de ces riches abbayes où des rois imploraient un tombeau, nous retracerons l'immense puissance du clergé. Dans tes vieux et obscurs don- . jons, dans les castels, dans les manoirs à élégantes tourelles, à grandes salles destinées aux joutes, aux festins, nous reconnaîtrons les vicissitudes de la vie féodale et chevaleresque. La force naissante des communes se révélera à la vue des cités et des bourgs fortifiés , des hospices, des maisons de ville construites dans le goût des églises. Combien de détails relatifs aux costumes, aux croyances, aux mœurs, à la vie publique et privée de nos ancêtres, nous seront foumispar les innombrables bas-reliefs, par les statues des églises et des tombeaux , par les vitraux peints, par les miniatures des manuscrits , par les sceaux , par les monnaies. La connaissance exacte de tous ces mon u mens ne peut-elle pas aussi répandre un grand jour sur la lecture des chroniques, des chartes , des légendes , des histoires contemporaines? »

Voilà pourquoi nous sommes entré dans certains détails en décrivant rÉgypte, les États Barbaresques, l'Asie Mineure, la Syrie, la Perse, la Grèce, l'Italie, l'Inde, le Mexique, le Guatemala, le Pérou, Boli via, Java et autres contrées, où d'imposantes ruines, des débris de sculptures, des tombeaux recouverts de peintures, sont les témoins muets qui en nous révélant un ordre de choses et un état social depuis long-temps détruits, nous signalent une civilisation si différente de la nôtre et de celle de nos ancêtres. Comment pouvions-nous espérer de donner une idée exacte de la Terre en oubliant d'indiquer au lecteur l 'emplacement de ces cités populeuses qui, dans la suite des âges, furent tantôt l'une après l'autre, et tantôt plusieurs à-la-fois, les capitales politiques et commerciales du monde? Signaler l'emplacement de Thèbes et de Memphis, de Babylonc et de Ni* nive, de Sardes, de Tyr et de Jérusalem, c'est rappeler au lecteur la puissance de Sésostris, de Nabucodonosor et de Sémiramis, les richesses de Crésus, la splendeur de Tyr et la gloire de Salomon. Décrire les ruines de Suse, de Persé/wlis, d*Ecbatnne , de Carthage, de Syracuse, de Rhodes et A* Athènes, c'est indiquer les cités magnifiques, qui, plus tard, remplacèrent les premières dans la prépondérance politique, commerciale et littéraire. Alexandrie , Seleucic , Palibothra , Rome , Constantinople , Ctésiphon , Bagdad, Karakhorin malgré sa petitesse, Samarcande, Cambalon ou Pékin, Ispahan et Chiraz, rappellent dans l'Ancien-Continent la puissance d'Alexandre et de ses successeurs, la monarchie universelle des Césars, la prépondérance politique des Parthes, l'empire des Califes, les empires immenses de Gengiskan et de Tamertan , et la splendeur des Sophis. Fidèle au plan que nous nous étions tracé pour décrire la Terre, nous avons pensé que rien de ce qui était vraiment important ne devait être passé sous silence , et que tout en déroulant aux yeux de nos lecteurs le tableau imposant de l'état actuel du globe, nous devions leur rappeler de temps en temps les nations qui furent jadis ce que sont de nos jours l'Angleterre, la France, la Russie, l'Autriche et la Prusse, et les cités populeuses que remplacent de nos jours Londres , Paris , Saint-Pétersbourg, Vienne et Berlin, destinées peut-être à être remplacées elles-mêmes par d'autres.

Un des plus grands obstacles qu'on ait à surmonter dans la composition

A LA OÉOORAPHIK

Lxtu

d'an traité élémentaire de géographie, c'est le défaut dedocumens contemporains. La géographie est presque nécessairement un composé de choses qui sont et de choses qui ont cessé d'être. Il est presque impossible de décrire un pays, même sous les rapports essentiels, en ne présentant que des choses qui existent simultanément. Pour une ville considérable, il est même presqne impossible d'éviter le mélange de notions qui appartiennent à des temps différens. Comment s'y prendre pour être seulement instruit de tous les changemens qu'éprouvent, dans l'espace de quelques années, les capitales de l'Europe? Que faire pour connaître ceux qui out lieu dans les métropoles de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique et de l'Oceanie? Les descriptions spéciales ne sont pas toujours assez fréquemment renouvelées pour qu'elles puissent indiquer les changemens qui surviennent. Paris, Londres, Vienne, Berlin, Munich, Manchester, Liverpool , Edimbourg , Glasgow , Saint-Pétersbourg , ne sont , pour ainsi dire , pas reconnaissables, tant, dans le court espace de quinze ans, elles ont vu s'élever dans leur enceinte de nouveaux quartiers et de magnifiques édifice*. 11 faudrait donc pour composer une géographie qui offrit le tableau du globe à telle époque , des documens certains de la même date et très récens; ce qui n'a jamais été et ne saurait être. Mais ce que nous veuons de dire pour prouver l'impossibilité d'être entièrement exact, quelque soin qu'on y mette, n'excuse pas les négligences impardonnables qu'on rencontre à chaque page dans des livres qui prétendent nous présenter l'état actuel des pays. C'est dans des géographie» récemment publiées, qu'à noire grand élonnement , nous trouvons encore la description du clocher fie la cathédrale de Cambrai renversé par un ouragau depuis bien des années ; que, dans la description de Bàle, on parle encore de la fameuse danse des inoriM détruite en i8o5; que dans celle de Londres on parle de C'arltan- Hoase et de ses magnifiques collections, tandis que depuis quelques années cette maison royale a été démolie, et que son emplacement offre la belle place New- Carton Square, formée par trois nouveaux bâtimens d'une élégante architecture. C'est dans des traités très vantés et publiés depuis peu que nous apprenons l'existence d'universités, ou qui n'ont jamais existé, ou qui ont été supprimées depuis long-temps, tandis que leurs auteurs ne mentionnent seulement pas d'autres établissent *us de ce genre qui figurent justement à côté des universités les plus anciennes et les plus célèbres; nous nommerons les prétendues universités d A 'gram , de Alausembourg , de Kassau , de Madrid, etc.; nous signalerons l'université de Larêdshut transférée depuis quelques années de cette ville à Munich , et l'impardonnable omission de celle de Padoue, aujourd'hui une des plus florissantes et où professa le célèbre Galilée. L'espace nous manque pour signaler d'autres inexactitudes dans les qualifications aussi hasardées qu'ambitieuses données aux villes, soit d'après quelques découvertes que leurs hamtans prétendent avoir eu lieu dans leur enceinte , soit d'après quelques produits du sol, ou de l'industrie, qu'à tort on leur attribue, qualifications qui n'en sont pas moins reconnues comme des vérités incontestables, puisque quelques- unes ont même reçu l'honneur de devenir proverbiales. Aidé par nos savans collaborateurs, nous avons eu soin d'éviter ces bévues, et lorsque nous avons été abandonné à nos propres forces , nous avons aiiaé ne rien dire, que de nous exposer à induire en erreur par de

INTRODUCTION

uni

observations STATISTIQUES. Les essais malheureux publiés par des hommes qui n'avaient pas cru devoir par d'épineuses et longues études spéciales se préparer à la rédaction d'une géographie statistique, ou de ces ouvrages dans lesquels on résume les travaux partiels exécutés sur diflerens pays et à différentes époques et d'après des méthodes, qui donnent tantôt des résultats à peine approximatifs, tantôt d'une exactitude presque rigoureuse, attirèrent notre attention, réveillée d'ailleurs depuis longtemps par les trop légitimes plaintes qu'ont fait entendre tant de fois des personnes qui, ne pouvant suivre la géographie et la statistique dans leurs détails, accusaient d'imperfection ces deux sciences, au lieu de s'en prendre aux hommes inhabiles qui avaient osé s'en ériger les maîtres* Dans le chapitre vine et dans ceux qui précèdent les tableaux statistiques des cinq parties du monde, nous sommes descendu dans une fouie de détails sur tout ce qui concerne les parties de la statistique, qu'à la page iv nous avons vues entrer dans le domaine du géographe. Si l'on trouvait nos observations trop diffuses pour un traité élémentaire de géographie, nous ferons observer qu'il fallait enfin mettre sous les yeux du public, les pièces d'après lesquelles tout lecteur tant soit peu instruit pourrait juger par lui-même de l'état de ces deux sciences et de la justesse des reproches que des juges non compétens leur adressent tous les jours. Nous avons donc résumé daus ces six chapitres les résultats obtenus durant près de vingt-cinq ans de recherches longues et pénibles, pour déterminer la superficie, la population, les forces et les ressources des principaux états du globe, et le nombre approximatif des hommes actuellement vivans sur la Terre. Nous osons nous flatter d'avoir répandu le premier quelque lumière sur ces sujets importans, et d'avoir contribué à faire disparaître bien des erreurs regardées naguère comme des vérités démontrées. Et puisque le sujet nous a ramené à parler des populations et des Gnances, nous ne pouvons nous empêcher d'ajouter encore quelques observations, car on ne saurait jamais en dire assez sur un sujet si important, si compliqué, et sur lequel on trouve les plus graves erreurs dans les ouvrages spéciaux même les plus réceus.

N'est-il pas étonnant de voir le Northern -Traveller, qui est un guide excellent pour les voyageurs qui veulent parcourir la Nouvelle -Angleterre et le Canada, n'accorder en 1828 au lias-Canada que 200,000 habitans? N'a-t-on pas raison des'etonner encore plus en voyant l'annuaire The British Empire pour 1829, publié à Londres, ue donner encore aux deux Canada que25o,ooo aines, et cela quelques années après la publication de plusieurs ouvrages importans sur ces provinces, dans lesquels ou porte presque au triple leur population, après les doc 11 mens authentiques présentés au parlement, qui démontrent que des l'année 1826, ces deux provinces comptaient 581,171 habitans, et après que les journaux anglais avaient annoncé que plusieurs milliers d'émigrés quittaient annuellement le Royaume-Uni

Sour aller s'y établir? A. la page 1 157, nous avons signalé au lecteur l'état orissant et toute l'importance de ces contrées, que certains géographes regardent cucore comme de vastes solitudes, n'offrant tout au plus que du bois de construction et de riches fourrures. Complètement étrangers aux élonnans progrès de la civilisation dans cette portion prétendue déserte du Nouveau -Monde, ils ue se doutent seulement pas qu'elle offre une augmentation de population supérieure même à celle des Etats-Unis. On sait, en effet, par des doc unions officiels, qu'en 1790 le nombre d'ha-

A LA OROGRAPHIE

Liuns de la Confédération Anglo-Américaine s'élevait à 3,921,328, tandis qu'à la même époque ils ne montaient qu'à environ 210,000 dans l'Amérique-du -Nord Anglaise. Nous savons maintenant, par le dernier recensement, que les Etats-Unis en i83o avaient 12,856,171 habitans, d*un autre côté , les recensemeus antérieurs , 1a grande i migrai ion qui a eu lieu pendant ces dernières années, et des inductions très probables faites sur le mouvement de la population , ont démontré que cette partie de l' Amérique-Anglaise doit avoir eu dans la même année au moins 1,200,000 âmes. Le rapprochement de ces faits démontre sans réplique que, tandis que la population a un peu plus que quadruplé dans la confédération Anglo-Américaine, elle a presque sextuplé dans l'Amérique- du -Nord Anglaise.

Tous les statisticiens allemands les plus célèbres portent très bas les revenus de l'Etat du Pape, et M. le baron de Malchus, que nous n'hésitons pas à regarder comme le premier des statisticiens de l'Allemagne, ne les portait en i83o qu'à 6,5oo,ooo florins du Rhin, équivalant à 1 3,975,000 francs. Déjà, dans la Balance politique du globe, d'après plusieurs faits positifs qu'on nous avait communiqués, nous les avions portés à 3o,ooo,ooo de francs. Le budget détaillé qu'un de nos correspondant nous a envoyé, et que nous avons publié dans une des Revues de Paris avec les budgets du grand-dnché de Toscane et du duché dcLucques, les portait à 43,400,000 francs pour l'année 1817. Désirant approfondir ce point important de la statistique, nous avons profité de la bienveillance dont nous honore M. le baron Degerando, si justement célèbre par ses savans ouvrages et ses travaux philanthropiques, pour nous mettre en rapport avec les hommes vertueux qui, comme lui, ont laissé de si honorables souvenirs durant leur administration dans les départemens Romains. Les communications obligeantes que nous devons à M. le baron Janet, intendant -général des finances dans les deux départemens du Tibre et du Trasimène , nous ont prouvé que cette seule partie des Etats du Pape avait en 181 3 un revenu bruts de 24 millions de francs. Les faits importaos que M. le comte de Tournon, ancien préfet de Rome, vient de publier dans sa statistique du département qu'il a administré, concordent avec l'estimation précédente. Nous savons, par les budgets du ci-devant royaume d'Italie , combien rapportaient les départemens situés de l'autre coté des Apennins. C'est d'après tous ces faits que nous avons porté, en 1826, à 45 millions le revenu brut de la totalité des pays soumis au Pape. Cette évaluation, dont on ne saurait contester l'exactitude, est cependant plus que triple de l'estimation à laquelle M. Malchus a cru devoir s'arrêter dans son mémorable ouvrage sur l'administration des finances, estimation qui diffère très peu de celles que tous les statisticiens s'accordent à tort à donner à cet état.

Mais nous devons signaler à l'attention du lecteur deux innovations que nous avons cru devoir introduire dans la géographie, après les avoir déjà essayées dans notre CompenaUo , quoique sur une moindre échelle : nous voulons parler de la différence des caractères employés dans l'impression de cet ouvrage, et des synonymes que nous avons ajoutés, entre parenthèse, à côte des noms des fleuves, des villes, des pays, etc., qui diffèrent le plus de ceux que nous avons adoptés dans le texte, comme les plus généralement employés.

SYjffOnnrMJJE. L'addition des synonymes pour la France, l'Italie, l'Angleterre , et autres contrées de l'Europe-Occi dentale , n'offre presque pas.

INTRODUCTION

de difficultés. Mais il en est bien autrement pour presque tous les pays de l'autre moitié de l'Europe, pour quelques provinces de la monarchie Prussienne, et pour plusieurs contrées de l'empire d'Autriche. Dans les Pays Hongrois de ce dernier état, presque lous les lieux, ont deux noms, et quelques-uns jusqu'à cinq, savoir : en hongrois, en allemand, en valaque, en slavon et en latin hongrois. On sent bien que dans un Abrégé on ne pouvait les mettre tous; nous avons cependant indiqué ceux qui nous paraissaient les plus importans, et qu'on nous assurait être le plus en usage. On peut dire la même chose de l'empire Ottoman et du nouvel Etat de la Grèce. Dans celui-ci, il y a presque toujours trois dénominations pour chaque lieu : te nom classique ancien, le nom actuel en grec moderne et le nom turk. Pour l'Archipel, nous avons eu un guide excellent; c'est le Tableau des lies de la mer Blanche (Archipel) que M. Jouannin a publié dernièrement.

Que dirons-nous des régions hors de l'Europe? Là tout est désordre, et sans une abondante synonymie il est vraiment impossible d'étudier la géographie sur les cartes; car les noms indiqués dans le texte ne se rencontrent que très rarement sur les cartes, et vice versâ y surtout si le texte est rédige soigneusement. Nous prions le lecteur de méditer ce que nous avons dit aux pages xiv — xvm, en parlant de l'orthographe. Plusieurs des remarques que nous y avons faites pourraient s'appliquer à la synonymie dont il s'agit. Nous ajouterons que parmi les synonymes que nous offrons il y en a quelques-uns que nous savons être des erreurs dues aux premiers traducteurs des ouvrages originaux, d'autres provenant de la négligence des copistes , quelques-uns même de celle des typographes. Nous avons cependant dû les conserver, parce que tout erronés qu'ils étaient, ce sont justement ceux qu'on trouve marqués sur les meilleures cartes françaises, allemandes et anglaises. Les supprimer tout-à-fait aurait été un grave inconvénient pour beaucoup de lecteurs, sans être d'une bien grande utilité pour la science. ,

ARRANGEMENT TYPOGRAPHIQUE . L'expérience nous ayant appris que, plus l'on parle aux yeux, plus on pénètre aisément jusqu'à l'esprit du lecteur, nous avons pensé que nous lui faciliterions l'intelligence des sujets différens traites dans cet Abrégé , en les écrivant avec différens caractères , dont la grandeur serait toujours proportionnée à l'importance relative de ces mêmes sujets. C'est ainsi que dans le tableau des langues et des religions, leurs divisions principales et leurs subdivisions ont été clairement exprimées par un mécanisme typographique très facile à saisir. A la page xxix, nous avons déjà indiqué le moyen employé pour représenter typographiquement le bassin d'un fleuve. On a fait usage de plusieurs caractères différens et d'une certaine graduation d'espaces, pour faire sentir au lecteur l'ensemble des divisions administratives d'un état , ses divisions principales , leurs subdivisions , et alin qu'il pût distinguer d'un coup-d'œil leurs chefs-lieux respectifs. C'est ainsi que, dans les articles montagnes , on a adopté pour les systèmes montagneux des caractères différens de ceux qu'on a employés pour les chaînes principales, les chaînes secondaires et les poiuts culminans des unes et des autres. Dans la description des villes, ou a toujours écrit en italique les objets les plus remarquables; et dans celle des lieux qu'embrasse leur rayon, on a employé des caractères plus petits, afin de signaler au lecteur leur dépendance de

A LA GEOGRAPHIE

la ville a laquelle on voulait les rattacher. De cette manière, nous osons assurer que tout lecteur pourra sans la moindre peine se former une idée précise de chaque contrée du globe et de toutes ses divisions, chose bien difficile à obtenir, même après l'élude de plusieurs gros volumes, où Ton a obligé ce moyen si naturel pour exprimer d'une manière sensible les innombrables détails qu'embrasse la science du géographe.

AVMUAIRZ GÉOGRAPHIQUE. Les découvertes des voyageurs, les phénomènes naturels, et les transactions politiques des états , voila les trois causes principales qui ne permettent pas au géographe, quelque soin qu'il mette dans la composition de son livre, d'y présenter toujours, ne fut-ce que ponr un petit nombre d'années, l'état actuel de la Terre. Pour peu que dore la rédaction, ou même l'impression de son ouvrage, son traité n'offrira plus dans toutes ses parties l'ordre des choses qu'il a entrepris de décrire. Publier des additions à chaque changement qui aurait lieu, ce serait chose trop fastidieuse pour le lecteur et pour l'auteur; d'ailleurs c'est la tâche d'un journal , car c'est à la presse périodique qu'il appartient d'annoncer les changemens remarquables que la surface de la Terre subit sous tous les rapports. Faire une nouvelle édition est une chose impossible, lorsqu'il s'agit d'un ouvrage aussi considérable que le nôtre. Nous avons pensé que Ton pouvait remédier à cet inconvénient et tenir toujours au courant notre Abrégé, en publiant tous les ans quelques feuilles qui, sous le même format, avec les mêmes caractères , et sous le titre

d'ASTHUAlR» CÉOGRAPHIQOK , OU COMPLEMENT DE l'aBRKGK DE GÉOGRAPHIE,

présenteraient au lecteur tous les changemens qui auraient eu lieu pendant Tannée précédente, pour chacune des trois causes que nous venons d'indiquer.

On sent toute la nécessité de cette publication, lorsqu'on pense que les 3o mois consacrés à l'impression de notre Abrégé ont suffi pour rendre nécessaires des modifications dans le texte, soit relativement au gouvernement de plusieurs états des confédérations Germanique et Suisse cl du royaume actuel de Pologne, soit dans le nombre des états, tels que le royaume des Pays-Bas, qui n'existe plus et a été remplacé par les deux royaumes indépendans, celui de la Belgique, et celui de la Hollande; la république de Colombie, qui s'est partagée définitivement en trois états confédérés, nommés la Nouvelle - Grenade, l'Equateur et Venezuela; soit dans la description des villes, à cause des désastres que plusieurs ont soufferts, telles qu'Anvers, Bruxelles, Liège, Gand , Bristol, etc. Si nos nombreuses relations nous ont mis à même de présenter les résultats des dernières explorations en Afrique, en Amérique et dans l'Océanie, avant qu'ils aient été publiés, une fois que notre livre aura paru nous n'aurons que la ressource de l'Annuaire pour y classer les f.iits nouveaux, fruit des explorations qu'on prépare et des voyages qu'on fait actuellement.

Nous nous proposons même de publier dans cet Annuaire le tableau statistique des cinq parties du monde, en y ajoutant le nom des souverains qui régissent les difTérens états, et ceux des premiers présidens des confédérations ou des républiques. Ce que nous avons vu faire par un seul homme lorsqu'il dirigeait les destinées de la France, par Bolivar dans l'Amérique du Sud, par Radama à Madagascar, par Tamehameha dans l'archipel de Hawaii; ce que nous voyons faire par Mahmoud et Mehemet-Ali dans l'empire Ottoman, par Feth-Ali-Chah en Perse, et par Randjit-Singh dans

uvur

INTRODUCTION

le nord-ouest de l'Inde, démontre combien il est important de connaître le souverain ou le président qui est à la téte des états. Après tout ce que nous avons dit relativement aux élémens statistiques offerts par nos tableaux, on sent bien que nous ne nous donnerons pas la peine inutile de présenter tous les ans l'état actuel respectif de chaque pays , chose impossible lorsqu'on ne veut offrir que des étémens comparables; mais nous mettrons cependant, pour chaque état, ces mêmes élémens en harmonie avec les changemens qu'auraient subis ses frontières. Notre Annuaire indiquera aussi, non-seulement tous les changemens qu'auraient apportés, dans la description de chaque pays, l'ouverture d'un nouveau canal ou d'un chemin en fer, la création ou la suppression d'un établissement littéraire important, l'érection ou la démolition d'un édifice remarquable, ou les ravages produits par les épidémies, les tremble mens de terre, les éruptions de volcans, les débordemens de fleuves, les irruptions de la mer, et autres* causes semblables dans les villes; mais nous y insérerons aussi les corrections des erreurs qui peuvent tious être échappées, et qui nous seraient signalées par nos nombreux collaborateurs ou par toutes les personnes qui aiment les progrès de la géographie. Notre éditeur, dont nous ne pouvons trop louer le zèle pour la science, et la complaisance qu'il a mise à nous fournir tous les livres, quelque coûteux qu'ils fussent, que nous lui indiquions comme indispensables à la composition de cet Abrégé, a déjà pris ses mesures pour nous procurer en Italie les journaux scientifiques, sources principales à consulter par tout auteur jaloux de suivre les progrès de la science qu'il cultive de prédilection. Notre Annuaire paraîtra (*) tous les ans vers la fin du mois de juin, pour pouvoir profiter des précieux documens contenus dans les autres annuaires et publications périodiques de ce genre.

PROGRÈS 1MR ZJL GÉOGRAPHIE, Nous sommes heureux d'avoir entrepris cet immense travail à une époque aussi favorable. Jamais jusqu'à nos jours la géographie n'avait fait d'aussi rapides progrès. La première partie du dix-neuvième siècle a multiplié d'une manière prodigieuse les foyers scientifiques, et la géographie a tant de points de contact avec les autres sciences, qu'il en a rejailli sur elle d'immenses faisceaux de lumières nouvelles. Les gouvernemens et les associations, les princes et les simples particuliers, les missionnaires catholiques et lesprotestans, tous ont concouru au développement des connaissances géographiques avec un empressement tel que renumération exacte des services rendus devieut à-peuprès impossible. L'Italie, la France, l'Angleterre et la Prusse ont vu naître de sa vans recueils périodiques sous les divers titres d'Anna/es, d'Edinburgh-Revietv , de Qtiarterly- Rcvicw , de Correspondance Géographique y de Journal Asiatique , d'Hertha, etc.; et ces publications recommandées surtout par les noms des Grhbcrg de Hemsô, des Malte-Brun , des Eyrièx ,

(*) Noos prions les sarans et les personnages distingués qni nous ont aidé de leurs lumières et qui ont contribué à la rédaction de notre Abrégé de Géographie, de rouloir bien adresser tous les ans, dans le courant de mars au plus tard, et J'ranc de fort , à notre éditeur, M. Jules Rcnouard, rue de Tournon, n° G, à Paris, les renseignemens et les observations dont ils voudraient bien nous honorer. C'est au moyen de cette publication annuelle que nous nous proposons, non-M'ulement de remplir les lacunes qui existent dans notre ouvrage, mais encore de rectifier les erreurs qui auraient pu s'y glisser, et que Tua aura l'obligeance de nous signaler.

A LA GÉOT.RAPHIF.

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