SECOURS OBTENUS POUR CET OUVRAGE
Si notre abrégé de géographie a reçu dès ses premières éditions, l'accueil le plus flatteur, nous n'attribuons ce succès à aucune qualité qui soit en nous, si ce n'est à un amour constant et dévoué pour la science que nous cultivons. Mais nous souhaitons avant tout que l'estime du public se porte sur les causes mêmes qui nous l'ont méritée. C'est pourquoi nous voudrions pouvoir reproduire ici dans son entier cette partie de notre introduction où nous nous sommes plu à nous étendre sur les secours et les encouragemens de tout genre que nous avions reçus. Mais, quoique animé de la même gratitude, nous nous voyonsforcé, bien à regret, d'en restreindre l'expression. Les faits nouveaux qui viennent grossir la partie positive de ce volume , disputent ce peu de pages à nos souvenirs et à nos sentimens. Il faut donç^ubslituer dés énnmérations sèches et rapides à nos longs et chaleureux élo-
ges, des remercîmens vagues et collectifs à ces nombreuses effusions de reconnaissance adressées individuellement à chacun de nos généreux auxiliaires. Nous cédons à cette nécessité , bien certain d'ailleurs que nos pensées premières ne périront plus maintenant, fier de déclarer qu'aucune considération ne nous en ferait désavouer une seule, et persuadé que les simples indications qui nous sont permises ici seront suffisantes pour rappeler assez clairement des noms déjà chers à la renommée.
Les secours qui se sont offerts à nous proviennent de l'esprit général de l'époque, des trésors rassemblés dans les collections publiques et particulières, des ouvrages imprimés généraux ou spéciaux, et surtout, des documens officiels ou autres qui nous ont été communiqués en particulier.
§ I. Progrès généraux de la géographie.
Nous sommes heureux d'avoir entrepris cet immense travail à une époque favorable. Jamais jusqu'à nos jours la géographie n'avait fait d'aussi rapides progrès. La première partie du xix* siècle a multiplié d'une manière prodigieuse les foyers scientifiques, et la géographie a tant de contact avec les autres sciences, qu'il en est rejailli sur elle d'immenses faisceaux de lumières nouvelles. Les gouvernemens et les associations, les princes et les simples particuliers, les missionnaires catholiques et protestans, tous ont concouru au développement des connaissances géographiques avec un empressement tel que l'énumération exacte des services rendus
devient à-peu-près impossible. L'Italie , la France, l'Angleterre et la Prusse ont vu naître de savans recueils périodiques, qui, sous des titres divers ont contribué à reculer les bornes de la science. Les sociétés de géographie et les sociétés asiatiques des capitales de l'Europe n'ont pas moins efficacement concouru à ce mouvement, tandis qu'une impulsion nouvelle partait des sociétés savantes de Batavia , de Calcutta et de plusieurs autres cités de l'Inde et de l'Océanie.
Presqu'à chaque page de ce livre, il est fait mention d'une entreprise , d'un établissement, d'un acte de munificence contribuant aux progrès des sciences géo-
A LA GEOGRAPHIE
graphiques. Vienne , Paris , St-Pétersbourg et Rome possèdent de grandes écoles de langues orientales. La France, le Piémont, la Prusse, la Hollande et la Toscane doivent, au goût éclairé de leurs sou verains,de superbes musées égyptiens établis à grands frais. Combien, depuis la mémorable expédition d'Egypte, de grandes entreprises exécutées! Le sol des Pharaons exploré de nouveau sous les auspices du roi de France et du grand-duc de Toscane ; d'immenses travaux géodésiques poursuivis dans presque tous les états de l'Europe et même dans l'Inde; de magnifiques cartes publiées par les divers bureaux topographiques des grandes cités européennes , ont donné une impulsion nouvelle à la science, tandis que de nombreux voyages de circumnavigation et des explorations dans l'intérieur des continens ont accumulé sans relâche de riches matériaux. Que de noms souvent cités dans cet ouvrage parmi les intrépides et célèbres voyageurs de la France, de la Russie et de l'Angleterre, si noblement
encouragés par des gouvernemens éclairés. Les états même que leur position semblait devoir rendre plus désintéressés dans ces voyages lointains, ontgénéreusement secondé ce grand mouvement scientifique, et l'intérieur du Brésil a vu dans ses magnifiques forêts les Mikau, les Pohlet les Natterer envoyés par l'empereur d'Autriche, et les Spix et les Martius par le roi de Bavière. Ce nobleexemple des souverains n'est pas resté stérile. Dès Fan 1767, la France avait vu un simple académicien , le marquis de Courlanvaux, faire construire et armer à ses frais la corvette l'Aurore, dans le seul but d'essayer en mer les premières horloges marines de Leroi. De nos jours le désir de rivaliser avec F Angleterre , dans la recherche du passage nord-ouest par le détroit de Bering, a inspiré au comte de Romanzof, la pensée non moins généreuse d'attirer sur la marine russe un nouveau titre de gloire, en ordonnant à ses frais la campagne du Rurik sous les ordres du capitaine Kotzebue.
§ II. Collections.
Les explorations et les découvertes , dont nous venons de parler, ont accumulé de grandes richesses dans toutes les collections publiques et particulières consacrées aux diverses branches des sciences historiques et naturelles. Dans le corps de l'ouvrage,nous avons mis un soin particulier à faire connaître ce que chaque foyer de civilisation, chaque capitale, chaque ville, même de médiocre étendue, renfermaient d'objets précieux pour les sciences, les lettres et les arts. C'est une des parties qui ont eu le plus de charmes pour nous. Malheureusement la multiplicité des recherches auxquelles nous avons dû nous livrer pour connaître l'état actuel de tous ces établissemens publics, ne nous laissait pas le loisir de nous informer des divers établissemens particuliers du même genre que possède chaque ville. Voilà pourquoi nous avons gardé le silence sur ces derniers dans la description de presque toutes les grandes villes , et même dans celle de plusieurs villes d'une médiocre étendue. Cependant les établissemens particuliers ne sont pas moins intéressans que les premiers. Ils le sont peut-être même davantage; car, tandis que les monumens publics sont l'ouvrage de tout un
peuple ou des monarques éclairés qui le gouvernent, les monumens particuliers font mieux ressortir le goût des individus. Dans cette nomenclature des collections particulières, on ne pourrait pas comprendre celles qui ont été formées par plusieurs souverains et par les membres de leurs familles. Leurs possesseurs disposent de moyens trop supérieurs à ceux d'un simple particulier pour qu'on puisse les ranger dans une même catégorie. Leur grande importance nous a engagé à indiquer dans le texte celles que nous connaissions. En effet, ce serait une omission impardonnable que de ne pas nommer dans la description de Paris la magnifique galerie de tableaux et la bibliothèque formée par le duc d'Orléans, aujourd'hui roi des Français. Comment pourrait-on, en faisant la revue des richesses littéraires que possède la capitale de l'Autriche, ne rien dire des riches collections possédées par les archiducs Charles et Jean, et ne faire aucune mention du jardin botanique et de la bibliothèque particulière de V empereur , et de sa collection de portraits gravés regardée par tous les connaisseurs comme la plus complète qui existe? comment enfin, eu
INTRODUCTION
décrivant Stutlgard , Copenhague et Florence , passer sous silence les bibliothèques particulières des rois de Wurtemberg et de Danemark, et celles du grand-duc de Toscane ? mais à l'égard des collections appartenant à de simples particuliers, que de difficultés à vaincre pour les connaître toutes ! Les mutations qui s'opèrent tous les jours , les ventes , les décès, l'impossibilité où l'on est de tout savoir, de tout connaître dans les grandes villes et dans les pays éloignés , ne laissent au géographe, le plus zélé et le plus soigneux, aucun espoir d'arriver à une exactitude rigoureuse. En attendant qu'il dresse la liste de ces collections , quelques-unes ont déjà changé de maître, ou sont devenues publiques , tandis que d'autres ont cessé d'exister, et que des ventes ont dispersé les pièces dont elles se composaient.
Nous avions tracé une esquisse de ce travail, en profitant, pour l'Italie, des savantes recherches de M. Charles Didier et de M. Orioli; pour la Belgique, des notes de M. Vandermaelen, et pour l'Orient, des documens communiqués par M. de Rienzi; mais les raisons que nous venons de donner et les réclamations qui nous ont été adressées de différens côtés , nous ayant démontré l'imperfection incurable d'un pareil tableau, nous n'en conserverons ici que quelques linéamens.
Nous citions pour la FRANCE, à Paris d'abord : les cabinets d'antiquités de MM. de B laças, comte Portalis, baron Roger, Durand; les collections de tableaux de MM. Artaud, maréchal Soult, comte de Sommariva; les collections d'histoire naturelle de MM. Delessert, Adrien de Jussieu, Bory-St- Vincent, duc de Rivoli, général Déjean, Gillet de Laumont, Cordier, etc. , etc. Les bibliothèques de MM. Walckenaer, marquis de Fortia d'Urban, Monmerqué, A. A. Renouard, etc., etc.
Dans les départemens nous remarquions à Lille la collection de médailles de M. Gentil Muiron; à Valenciennes celle de U.Lebarbier; à Fontaine-sur-Marne, Metz.Nevers, Tours, Poitiers, celles de MM. Phulpin, Marchand, Claudin, Jueffrain, Lafontenelle; à Lyon , Marseille et Arles, les cabinets d'antiquités de MM. Commarmont, Saint-Pons et Sautel, etc., etc.
L'ALLEMAGNE nous offrait à Francfort plusieurs bibliothèques et collections de tableaux; à Mayence, la collection d'antiquités romaines de M. Vith; à Munich , la galerie de tableaux etla bibliothèque du duc de Leuchtenberg; à Nuremberg , celui de M. Fembo, et la belle galerie de tableaux de M. Campe- à
Baireuth, la collection de pétrification de M. le comte de Munster; à Pyrmont, le cabinet de coquilles de M. Meneke; à Hambourg, la collection de minéraux de M. Slurm, et celle d'insectes de M. Wintem; à Gotha , la collection de pétrifications de M. Schlolheim; à Vienne , les bibliothèques des princes de Metternich , Lichtenstein et Esterhazy, du comte de Schônborn, la bibliothèque orientale du baron de Hammer; les galeries de tableaux des princes Esterhazy et Lichtenstein, et du comte Czerning; les médaillers du baron de Bretfeld et du conseiller aulique de JVelzel, les herbiers du baronJacquin, de MM. EndlicherelZahlbruckner, etc. , etc. A Prague, les bibliothèques du prince Auguste de Lobkowicz, du prince Kinsky, des comtes de Clam-Martinitz et de Klebesberg; à Neuhof, près de Prague, la bibliothèque du comte de Choteck; à Raudnitz en Bohème , la bibliothèque du prince Ferdinand de Lobkowicz; à Reicuenau (idem) la bibliothèque et la galerie de tableaux du comte de Kolowrat , ministre d'état et des conférences ; à Kr.umau (idem), la bibliothèque du prince de Schwarzenberg; à Nikolsburg, en Moravie, la bibliothèque du prince de Dietrichstein; à Berlin , la galerie de M. Solly, le cabinet minéralogique de M.Bergmannjdt Y herbier de M. Kunth, renfermant toutes les richesses rapportées d'Amérique par MM. Humboldt et Bompland; à Coblent'Z , les collections variées de M. le comte Renesse-Breitbach; à Trêves et à Saarbrucken , les collections d'antiquités romaines de MM. Quëdnov et Bœcking; à Neuwied, le cabinet d'histoire naturelle du prince Maximilien-Alexandre-, à Cologne, les collections d'histoire naturelle de MM. Heis, Sehlmeyer, Klœcker et Meinerzhagen-, à Aix-la-Chapelle, les belles collections de tableaux de MM. Bellendorf et Lorsenne, et de la famille Schweling, etc.
Nous recommandions en ITALIE : à Venise la bibliothèque et le cabinet d'antiquités de M. Giustiniani ; la collection minéralogique du professeur Innocente ; à Triest e la bibliothèque du chevalier de Rosselli et le médailler de M. Fonlana; à Brescia, le médailler etla collection de pierres dures du comte Mazzucchelli; à Vérone, la bibliothèque du comte Giuliari; à Padoue, la collection minéralogique de M. Dario, la bibliothèque elles collections de beaux arts du comte Alexandre Papasara ; à Milan , les bibliothèques de MM. Reina, Trivwlzio, etc., etc.;-, et la collection minéralogique de MM. Cristofori, la collection d'armes et d'armures de M. Uboldo, la galerie de tableaux du chevalier Oggioni; à Gênes, les galeries de tableaux des palais Pasqua et Brignole, et la collection de gravures de M. le marquis Di-Negro; à Parme, la collection minéralogique de M. le comte Linati; à Florence, les médailles du prince Poniatowski , les galeries Mozzi et Corsini, les manuscrits de M. le marquis de Tempi, la collection ornithologique de M. Charles Bonaparte, etc.
A Rome, parmi une multitude d'autres, les ga-
A LA GEOGRAPHIE
1er tes Borghese, Doria, Fesch, Sciarra-Colonna, Barberini, les bibliothèques Corsini, Chigi, etc., «etc.; $ Bologne, les galeries de MM. Zambeccari, Marescalchi, etc. , et Y herbier de M. Berlolini; à Sasso-Ferrato, les tableaux du couvent de Santa-Chiara, signalés par M. Didier;^ Naples, la bibliothèque du prince Tarsia, les collections de M. San-Angelo, et les médailliers de MM. Catalani, Jorio et Poli ; à Vasto, le musée du baron Genua renfermant neuf mille médailles; à Palerme, le jardin botanique deYOlivuzza; à Catane, les musées Gioeni et Biscari. En BELGIQUE, nous signalerons : à Bruxelles, Y établissement géographique de M. Vandermaelen et le cabinet d'entomologie de M. Robyns; à Anvers, les cabinets de tableaux de MM. Van-Lancken et Steenecruys; à Enghien, le jardin du duc d'Aremberg; à Gand , la bibliothèque de M. Van-Hulthem, et les tableaux de M. Schamp; à Locvais, Y établissement pomologique, et le ca-
binet de chimie de M. Van Mons, etc., etc.
Dans les autres pays de l'Europe nous remarquions à Londres, outre les collections indiquées dans la topographie de cette ville, les collections de coquilles de MM. Sowerby, frères, les riches bibliothèques de M. Heber, du duc de Devonshire, etc. , et le musée mexicain de M. Beulloch; à Stockholm, les livres rares de M. Brinckmann, et la belle bibliothèque de M. le comte de Suchtelen, et le cabinet minéralogique de Berzelius; à St-Pétersbourg , le cabinet national russe de M. Paul de Svignine} etc., etc.
Dans ies INDES enfin , nous nommions à CAL- CUTTA, les bibliothèques orientales de M. TVilson, de M. Leicester, du brahman Rammahen Roë; à Bombay, celle de MM. Elphinstone et West; à Colombo, la collection japonaise de M. Lyard; et à Singhapour, la bibliothèque et la collection de M. Mil ton.
§ III. Ouvrages imprimés.
Si les connaissances historiques , en général , disait Malte-Brun dans son inimitable précis, et celles du géographe en particulier sont tirées de tant de sources différentes et plus ou moins authentiques , n'est- il pas indispensable d'indiquer celles que l'on a consultées? N'est-il pas de la bonne foi de mettre les savans à même de juger si l'on s'est appuyé sur des autorités suffisantes? N'estil pas de la, justice littéraire de faire connaître à nos lecteurs les noms , souvent ignorés , de ceux qui nous ont servi de maîtres et de guides? » Depuis longtemps nous avions senti toute la justesse de celte pensée de notre célèbre ami, et dès le début même de notre carrière, dans notre Prospelto politico-geografico dello slalo attuale del Globo , nous avons toujours indiqué les sources auxquelles nous avons puisé les faits admis dans cet ouvrage. De même nous allons d'abord signaler au lecteur les ouvrages imprimés dont nous nous sommes environné pour rédiger ce traité de géographie. Ils appartiennent à trois classes différentes : ce sont des ouvrages généraux , des ouvrages spéciaux et des ouvrages périodiques.
A l'égard des premiers, nous ferons observer que VErdkunde im Verhaeltniss zur Natur uud zur Geschichte des Menschen du célèbre M. Riiter, le Vollstaendiges Handbuch der neuesten Erdbeschreîbung rédigé par une société de savans géographes , et le Pré-
cis de la géographie de Malte-Brun , sont les seuls ouvrages de ce genre que nous ayons cru pouvoir consulter avec profit. Nous avons trouvé dans presque tous les autres tant d'erreurs grossières, tant d'impardonnables inexactitudes , que le seul moyen d'y échapper a été pour nous de n'en tenir compte en aucune manière, quel que fût le litre pompeux sous lequel ils se présentaient au public. Ce sont justement ces compilations qui, plus que toute autre cause , ont contribué à perpétuer les erreurs et à faire rétrograder la science , dont les bornes avaient été portées en avant par quelques géographes zélés et consciencieux et par quelques voyageurs aussi savans qu'intrépides. Les erreurs que nous avons signalées dans plusieurs endroits de cet ouvrage , et d'autres, bien plus nombreuses, que nous pourrions révéler au public, si nous le croyions nécessaire , sanctionnent ce jugement , quelque sévère qu'il puisse paraître. Nous indiquerons, tout-à-Pheure, les principaux ouvrages spéciaux où nous avons puisé, en même temps que nous parlerons des documens inédits qui nous ont été confiés et des personnages distingués qui ont bien voulu nous prêter assistance dans cette tâche difficile. Quant aux ouvrages périodiques , si nous voulions citer tous ceux auxquels nous avons eu recours , il faudrait placer ici une liste de toutes les revues estimées et de tous les bons journaux de la France , de l'Angleterre, de l'Allemagne et de l'Italie.
LU
INTRODUCTION
Nous indiquerons , tout-à-l'heure , les nombreux emprunts spéciaux que nous avons faits à VAlmanach du Commerce de M. Bottin; ici nous devons signaler aussi deux autres productions de ce genre d'un grand mérite , que nous avons consultées avec fruit, le Campanion to the
Almanac, et Y American Almanac :
le premier publié à Londres , sous la surveillance des plus haute personnages , réunis en société pour la propagation des connaissances utiles; le second imprimé à Boston et rédigé par deux savans très distingués.
§ IV. Documens inédits.
En indiquant les renseignemens officiels ou autres qui nous ont été communiqués pour servir à la rédaction de cet abrégé, et en nommant les personnes qui ont bien voulu nous aider dans cette tâche difficile, nous résumons , pour ainsi dire encore
une fois, mais sous une nouvelle forme, le plan de cet ouvrage; car, dans cette exposition, nous suivrons rigoureusement l'ordre des différentes contrées de chacune des cinq parties du monde.
PRINCIPES GENERAUX
Dans l'exposition de tous les faits divers que contiennent ces chapitres , nous n'avons pas eu la prétention ridicule de tout savoir et de tout faire par nous-même. Nous avons compulsé les meilleurs ouvrages généraux qui pouvaient faciliter notre travail , et nous avons eu recours à l'obligeance et à l'amitié des savans distingués qui , déjà , nous avaient aidé dans d'autres travaux , surtout dans la rédaction des principes généraux de la géographie élémentaire de Malte-Brun. Notre guide principal, pour tout ce qui concerne le judaïsme et le christianisme, a été l'ouvrage de M. Schoell; mais nous en avons rempli les lacunes , et nous y avons rectifié quelques inexactitudes, en nous aidant des renseignemens que nous devons à feu l'abbé Grégoire , ancien évè-
que de Ëlois ; un orientaliste distingué , M. Reinaud, s'est chargé de la rédaction de l'article islamisme et de ses branches. M. Klaproth a bien voulu refaire notre article sur le Bouddhisme, afin de mettre cette partie au niveau des connaissances actuelles. M. Eugène Burwow/'aeu la complaisance de revoir tout ce que nous avons dit sur la religion de Brahma. La reconnaissance nous impose le devoir de nommer aussi MM. Abel Rémusat et Saint-Martin , comme nous ayant aidé de leurs conseils dans la partie relative aux croyances de l'Orient, qui entraient dans la sphère de leurs études spéciales. Tout le reste du chapitre a été puisé aux meilleures sources et aux plus récentes publications.
EUROPE
Plus resserrée que toutes les autres parties du monde, mais entièrement connue , divisée en un petit nombre d'élats , et déjà comprise presque toute dans le domaine de la statistique , l'Europe n'offre au géographe que peu de difficultés, à l'exception de celles qui accompagnent les détails topographiques. Il ne nous reste qu'à indiquer les sources principales auxquelles nous avons puisé , pour rédiger la description des différens états.
France. Sans tomber dans l'erreur trop commune qui consiste à ne voir que la France en Europe , et que l'Europe dans le monde nous avons
donné la description de cette monarchie avec tous les détails qu'exigeait notre but spécial et la place éminente que la France occupe parmi les puissances appelées à fixer les destinées de l'humanité; dans ce travail difficile deux ouvrages ont été nos guides principaux , savoir : 1° l'excellente statistique de la France , qu'un savant laborieux reproduit tous les ans avec d'importantes améliorations, sous le titre modeste tiAlmanach du Commerce. Que d'autres dérobent sans scr upule à M. Bottin le fruit de ses longues veilles sans jamais le citer-, c'est un devoir et un plaisir pour nous de signaler ici les nombreux emprunts que nous avons fails à son livre. Cet obligeant écrivain a eu la complaisance de revoir toutes les épreuves relatives à la France, et nous a fourni,
A LA GEOGRAPHIE
lui
lui-même , l'article sur l'industrie de ce royaume ; 2° Y itinéraire descriptif de la France, par feu M. Vaysse de Villiers, inspecteur des postes, en retraite, autre travail recommandable et appuyé sur des autorités certaines.
La description de Paris a été pour nous le sujet •le longues et pénibles recherches. La grande importance de celte capitale nous en faisait une nécessité. La statistique du département de la Seine, par M. Villot, nous a fourni une foule de faits curieux sur lesquels nous avons basé nos comparaisons. M. Benoiston de Châleauneuf nous a fourni quelques notes sur les finances de la France.
Nos liaisons avec plusieurs hommes privés ou employés de l'état qui ont parcouru la France dans plusieurs directions, nous ont été très utiles» non-seulement parce que nous leur devons une foule de notions topographiques, mais aussi parce qu'ils ont fait disparaître plusieurs erreurs de nos descriptions, en revoyant nos épreuves, erreurs que nous avions trouvées dans des ouvrages spéciaux publiés récemment et proclamés comme les meilleurs. Nous nous bornerons à nommer : M. Sueur Merlin, employé à l'administration géné-' raie des douanes; M. Blanc-Lalésie, autre employé dans l'administration des finances, à Lonsle-Saunier, à qui nous devons aussi l'important article sur les canaux de l'Archipel britannique. ÎSous nommerons encore nos deux amis : le docteur Villermé, qui, par ses recherches sur le mouvement de la population, les fécondations, la mortalité, a ajouté une nouvelle branche à la statistique; cl M. Guerry, avocat, avec lequel nous avons publié le tableau de l'instruction comparée aux crimes. ISous citerons, en outre, M. Thomas, économiste et statisticien éclairé, qui nous a fourni des renseignemens précieux sur toutes les colonies françaises et sur l'ile de Madagascar ; M. Val. Parisot, auteur de la Biographie mythologique. ÎSous avons emprunté à nos propres tableaux statistiques tous les faits qui nous ont servi de base pour comparer les ressources de la France et de ses villes principales avec les ressources des autres étals et des villes les plus considérables du monde.
Confédération suisse. La Statistique de Picot, X Abrégé de géographie de la Suisse de Yerold Mejrer, le Manuel des voyageurs en Suisse, par Ebel, et surtout l'excellente Description de la Suisse, yarLutz, ainsi que la Statistique de celte contrée, par M. Franscini, sont les ouvrages principaux que nous avons consultés pour la description de celte partie de l'Europe.
Confédération germanique. Les savans ouvrages de Hoffman , Cramer, Hassel, Crome , Slein, Cannabich , Reichard, Zedlilz ont été nos guides pour la description des états secondaires et du troisième ordre , ainsi que pour tout ce qui concerne les généralités dece grand corps politique; quanta ce qui concerne son organisation actuelle, nous avons cru ne pouvoir mieux faire que de nous en rapporter aux actes du congrès de Vienne. La reconnaissance nous ordonne de signaler ici deux de nos meilleurs amis, qui ont bien voulu, non seulement nous aider de leurs con-
seils dans la rédaction de celle partie de notre ouvrage, mais même en revoir les épreuves; nous voulons parler de M. Meerheimb et de M. le docteur Donndorf : le premier savant diplomate , conseiller de légation du roi de Wurtemberg à Paris, ancien officier attaché à l'état-major de l'armée prussienne ; le second connu en Allemagne par des articles publiés dans les principaux écrits périodiques. Nous devons quelques précieux renseignemens sur les villes Anséatiques à M. de Lindenberg, consul général d'Autriche à Lisbonne, et à M. Pedro Gabe de Massarellos, consul portugais à Hambourg.
L'empire d'Autricue a été traité par nous avec tous les détails qu'exigeait son importance. Pour ce travail difficile nous avons puisé dans une foule d'ouvrages; nous citerons au moins ceux de Liechlenstern, Hietzinger, Demian, Hassel, Pezzl, Ponfikl, Schwartner, Csaplovics, Marienburg et Thielen. Nous devons la connaissance de plusieurs faits importans à deux Hongrois très instruits, MM. Tessedik et Fekete, précepteurs des fils de M. le comte d'Apony. M. Fekete a eu même l'obligeance de revoir toutes les épreuves de la description de cette monarchie D'autres faits isolés nous ont été communiqués par plusieurs de nos compatriotes qui ont beaucoup voyagé , et par quelques administrateurs habiles. Parmi ces derniers , nous nous bornerons à citer M. Torriceni , statisticien distingué, ancien préfet, aujourd'hui délégat à Milan, M. le baron Mulazzani, savant économiste, conseiller du gouvernement à Venise; M. An igoni, littérateur distingué, employé par le même gouvernement comme secrétaire. Nous avons aussi puisé quelques faits dans l'ouvrage que M. Quadri, autre secrétaire du gouvernement de Venise , a publié sur les Provinces vénitiennes.
Monarchie Prussienne. Les importantes publications d'un savant administrateur, M. le conseiller Hoffmann, et les ouvrages de MM. Stein, Demian et Zedlilz ont été nos sources principales pour la description de cette contrée. Nous avons déjà nommé MM. de Meerheimb et Donndorf, qui ont bien voulu nous aider de leurs conseils.
Monarchie Hollandaise et Royaume de Belgique, réunis auparavant sous le nom de Monarchie Néerlandaise. Pendant l'impression de la première édition de notre ouvrage , la révolution de Bruxelles, en séparant la Belgique de la Hollande , a mis fin à la monarchie Néerlandaise .Les provinces méridionales et les provinces septentrionales de cette monarchie forment aujourd'hui les deux royaumes des Pays-Bas et de Belgique. Les limites assignées parles grandes puissances à ces deux états, n'ont point encore été acceptées par les deux parties; en attendant on peut regarder presque tout le pays des anciennes provinces méridionales, comme foimant le nouveau Royaume de Belgique. Nous avons donné le titre de Monarchie Hollandaise aux pays qui forment le royaume actuel des Pays-Bas, à cause de l'étendue et de l'importance de ses possessions hors de l'Europe ; en effet , ce titre embrasse toutes les provinces septentrionales, quelques
INTRODUCTION
fractions des provinces méridionales et toutes îcs possessions de la ci-devant Monarchie Néerlandaise.
Nous nous sommes servi de la description de cette contrée, rédigée par M. Cannabich dans le Follstœndiges Handbuch der neuesten Erdbeschreibung,el nous avons consulté la Géographie historique, physique et statistique du royaume des Pays-Bas, publiée à Bruxelles , par M. Cloet. Nos liaisons d'estime et d'amitié avec M. Quête let, qui est en même temps astronome et statisticien, nous ont valu l'avantage de l'aire revoir notre manuscrit par ce savant , lors de son court séjour à Paris en 1830. Quant à ce qui regarde la partie statistique , nous l'avons tirée de l'Essai historique, géographique et statistique sur le royaume des Pays- Bas, que nous avons publié à Paris , en 1830 , avec notre ami M. de la Roquette. Nous ajouterons que M. de Fabricius, chargé d'affaires du duché de Nassau, a eu la bonté de nous fournir plusieurs nolesimportantes et de résoudre quelques difficultés.
L'Italie , si intéressante par ses souvenirs historiques , par ses antiquités , par les magnifiques monumens qui décorent ses villes nombreuses, par sa population, qui est un vingt-et-unième de celle de l'Europe, et par ses productions aussi précieuses que variées ; l'Italie, malgré le nombre prodigieux de livres écrits sous tous les titres pour la faire connaître , n'en est pas moins une des parties du monde civilisé dont la géographie et la statistique offrent le plus de lacunes. On connaît, à la vérité , jusque dans les moindres détails, tout ce qui concerne les antiquités, les monumens, les musées, les mœurs et les usages des parties situées sur la route tracée aux touristes par les itinéraires-, on connaît assez bien la géographie proprement dite de ces mêmes lieux; mais à part un petit nombre d'exceptions, on peut dire que la géographie descriptive de tout le reste et la statistique de presque toute cette contrée est encore à faire : aussi n'aurons-nous aucun ouvrage général à citer. Quant aux ouvrages spéciaux , nous ne citerons que Yllinerario délie Due-Sicilie de M. Quattromani, les Statistiques de la Sardaigne de MM. Mimaul et de la Marmora, les Almanachs des différens états et les éditions de notre Compendio di geographia , faites en plusieurs villes , avec des additions qui ont amélioré la description des pays où elles ont été publiées. Nous ne passerons pas non plus sous silence V Itinéraire de l'empire Français et de l'Italie, par feu M. Vaysse de Villiers, ouvrage que nous regardons comme un modèle dans ce genre. Mais si les livres nous ont manqué, nous avons été plus heureux pour les documens verbaux ou écrits ; nous pouvons nommer parmi les personnes qui ont bien voulu nous aider dans ce travail, M. le cardinal Zurla, que ses commentaires sur la mappemonde de Fra-Mauro et sur les voyages de Marco-Polo et des frères Zeni, ont placé justement parmi les savans dont les travaux ont le plus éclairé la géographie du moyen ftge. Ce prélat a bien voulu nous envoyer des observations importantes sur la partie de notre Compendio di geographia, qui traite de l'Etat
du Pape. M. le commandant Berlinghieri, ministre de Toscane à Paris , a bien voulu revoir notre description de son pays natal , tâche à laquelle s'est encore associé son secrétaire de légation, M. le chevalier Peruzzi, possesseur d'une précieuse collection de documens statistiques sur cette partie de l'Italie. C'est à M. Frullani, employé au ministère de l'intérieur à Florence , que nous devons le tableau exact des divisions administratives de ce grand-duché. M. le marquis Cesare Jlfieri di Sostegno a bien voulu nous fournir un tableau précieux de la population des états du roi de Sardaigne , comparée à différentes époques. Enfin , M. Louis Cibrario a été assez obligeant pour corriger la partie de notre Compendio di geographia, relative à la Sardaigne , et y faire d'importantes additions. D'un autre côté nous devons aussi nommer parmi les personnes qui nous ont fourni des renseignemens sur l'Italie : M. le chevalier Gussoni, botaniste distingué; feu Joseph Umili, auteur d'une des meilleures géographies élémentaires, publiées en Italie ; feu le comte Carli, fils du célèbre économiste; M. Libri, professeur de mathématiques; M. Molini, conservateur delà bibliothèque particulière du grand-duc de Toscane ; M. le docteur Salemi, aujourd'hui employé comme chirurgien-major à l'hôpital de Palerme; M. le comte Pierre Revedin ; M. Navarro, avocat à Naples-, M. le chevalier Caraffa; M. de Rienzi, professeur de langue et de littérature italiennes à Paris; enfin, M. Cassella, de Naples, auteur d'un bon Atlas élémentaire.
Durant l'impression de notre première édition trois ouvrages remarquables ont été publiés : Les voyages historiques et littéraires en Italie, par M. Valéry; les Etudes statistiques sur Rome et la partie occidentale des états romains, par le comte de Tournon, et X Atlante del granducato di Toscana, par M. Zuccagni Orlandini. Le premier ouvrage se fait remarquer par l'impartialité et l'érudition avec lesquelles M. Valéry juge l'Italie sous le double rapport des arts et de l'état social. Le second a rempli une grande lacune de la géographie et de la statistique. Le dernier est sans contredit la meilleure description que l'on ait publiée de cette intéressante partie de la péninsule. Ces trois ouvrages ont été mis à profit pour l'édition actuelle. Les renseignemens que M. Mussi, de Parme , nous a donnés sur cette ville et sur les autres lieux les plus remarquables du duché y ont également trouvé place. Un jeune savant de Genève, M. Charles Didier, a exploré et pendant plusieurs années la Sicile et les contrées les plus ignorées et les plus montagneuses de la péninsule. Sans toutefois négliger les monumens d'art et d'antiquités, il s'est particulièrement appliqué à l'étude des hommes et de la civilisation italienne. Ce point de vue tout nouveau l'isole de ses devanciers. Nous avons profité des faits importans recueillis par ce courageux voyageur dans ses longues et périlleuses excursions , ainsi que des documens importans que M. Litla Biumi a su encadrer avec un talent vraiment remarquable dans sa grande carte d'Italie. Nous avons puisé encore
A LA GEOGRAPHIE
de précieux renseignemens dans les voyages au lac de Como, Maggiore, etc., et dans le voyage en Savoie qu'un des écrivains les plus spirituels de l'Italie, M. David Bertolotti, a publié il y a quelques années; l'excellente carte de la Savoie qu'un Français, M. Chaix, a publiée à Londres, nous a offert un véritable modèle de ce qu'on peut faire en géographie physique et en topographie sur une si petite échelle. M. Chevallay , employé à la légation Sarde, à Paris, nous a fourni des notes sur les états du roi de Sardaigne , et il a eu l'obligeance de revoir les épreuves de notre description.
Péninsule hispanique. Notre guide principal pour la description de l'Espagne a été le Dictionnaire géographique publié par Don Sébastien Mifiano. Malgré les critiques de quelques savans espagnols, cet ouvrage n'en est pas moins le plus important que l'on possède sur cette monarchie. Tout le monde connaît la géographie d'Antillon, le grand ouvrage de M. de Laborde et celui de Bourgoing. M. Galibertetîeu M. <\e Haute fort ont bien voulu nous aider de leurs lumières dans la description de ce vaste royaume. Pour le Portugal nous n'avons consulté que notre Essai statistique sur le royaume de Portugal et d'Algarve, ouvrage bien souvent exploité sans que l'on ait eu toujours la délicatesse de le citer. Ces compilateurs prétendent donner de nouveaux documens statistiques sur ce royaume, tandis qu'ils ne font que modifier nos chiffres , afin de mieux déguiser leur plagiat.
Monarchie Danoise et monarchie Norwégiéno- Siédoise. Les meilleurs ouvrages publiés en Fi ance, en Angleterre et en Allemagne sur ces contrées ont été consultés pour en donner la description. Pour nous prémunir contre les erreurs inévitables dans des livres faits par des étrangers, nous avons eu recours au savoir et à l'obligeance de quelques nationaux, que leur position sociale, leurs rapports et leurs connaissances mettaient a même de nous diriger dans cette tâche difficile. Nous nommerons pour la monarchie Danoise : M. le licutenaut-colonel d'Abrahamson auquel nous avons communiqué la plupart des documens que nous avions rassemblés pour la description des pays qui forment cette monarchie, et qui a bien voulu y faire d'importantes additions -, M. le chevalier W. de Sleenstrup , officier du génie, qui a bien voulu revoir les épreuves et y ajouter quelques renseignemens précieux. Pour la Monarchie Norwéciéno-Suédoise : M. le comte de Lowenhielm ambassadeur du roi de Suède , à Paris , qui a eu la bonté de rectifier nos jugeinens sur plusieurs points imporlans de la géographie et de la statistique de cette monarchie; M. le comte de Lantingshausen , M.A.deLôwenskiold lieutenant dans l'armée de ligne , M. Georges Blumm et M. Wahlberg.
Monarchie Anglaise. Le cadre de ce livre ne nous permet même pas de nommer tous les principaux ouvrages, où nous avons puisé les faits curieux et neufs relatifs à l'industrie, au commerce, à l'agriculture, aux monumenset à une foule d'autres objets que nous avons intercalés dans la description du Koyaumc-Uni. Nous en
avons tiré plusieurs de notre tableau The world compared with the brilish empire. Nous devons à M. César Moreau d'importantes communications sur la statistique de cette partie de l'Europe. Une excellente description manuscrite de l'ile de Malte , rédigée par M. le bailli Miari a été la principale source où nous avons puisé pour décrire ce point important de l'empire Britannique, Enfin nous devons à notre ami, le comte Pierre Revedin, des idées précieuses sur les principaux établissemens agricoles de la Grande-Bretagne, et à M. Levilloux des renseignemens curieux sur les monumens et les établissemens publics de la ville de Londres et d'autres lieux de l'Angleterre.
Empire Russe. Les xie xue et xive volume du Vollstaendiges Handbuch der neuesten Ërdbeschreibung rédigé par Hessel et YEssai d'une statistique générale de l'empire Russe) par M. Schnitzler, sont les sources principales où nous avons puisé. Mais le tableau que nous avons publié sous le titre de YEmpire Russe comparé aux principaux états du monde , nous a fourni les seuls élémens statistiques dont nous pussions faire usage dans ce livre. Outre ces sources qui sont du domaine public , nous en avons dû quelques autres à nos liaisons d'estime et d'amitié avec des savans étrangers et nationaux qui connaissent parfaitement cet empire. Nous nommerons M. Klaproth, qui a bien voulu revoir notre tableau russe; M. Schnitzler, auteur de la statistique dont nous venons de parler; M. Tolstoy, officier d'état-major en retraite qui, non-seulement nous a beaucoup aidé dans la description de cette partie de l'Europe , mais encore nous a donné des notes sur plusieurs parties de la France, de l'Italie et de l'Allemagne ; M. le conseiller Frédéric Adelung, qui nous a fourni de précieux documens; M. Edme Héreau, ancien professeur de langue française au gymnase de IViatka; ce littérateur estimable ainsi que M. de Tolstoy ont bien voulu revoiries épreuves de cette partie de notre ouvrage. Notre ami, M. Léonard Chodzko nous a aidé dans la description de tous les pays qu'embrassait l'ancien royaume de Pologne , et qui forment actuellement la république de Kracovie , le grand duché de Posen dans la monarchie Prussienne, le royaume de Gallicie dans l'empire d'Autriche, et le royaume de Pologne dans l'empire Russe. La nouvelle édition du tableau de la Pologne par Malte-Brun, que M. Chodzko a publié, a été notre guide principal dans la description de ces pays, dont il a eu en outre l'obligeance de revoir toutes les épreuves. Nous ajouterons enfin que nous avons profité aussi de quelques notes que nous devons à l'amitié de M. le chevalier Altesti, élevé à une place éminente sous le règne mémorable de Catherine II.
Péninsule orientale. Nous ne nommerons pas tous les ouvrages principaux publiés sur les pays que nous avons proposé de réunir sous le nom de Péninsule-Orientale ; la transcription seule de leurs titres remplirait plusieurs pages. Dans la topographie de la partie européenne de I'empire ottoman, et dans celle du nouvel état de la Grèce, des principautés de Servie , du Vala-
INTRODUCTION
cbie et de Moldavie et de la république des îles Ioniennes qu'embrasse cette division de l'Europe orientale, nous avons eu soin d'indiquer souvent l'auteur auquel nous empruntions le fait qui nous paraissait digne d'être signalé ; mais ici nous ne pouvons nous dispenser d'indiquer aux lecteurs quelques savans et amis qui ont bien voulu coopérer à notre travail, chacun dans la sphère de ses études spéciales. M. Reinaud nous a fourni la plus grande partie de la description de Constantinople et tout l'article gouvernement de l'empire Olloman, où d'une main habile il a tracé le tableau rapide des réformes remarquables que subit cet état sous le règne de Mahmoud. M. Jouannin, premier secrétaire-interprète du roi pour les langues orientales, nous a fait quelques communications importantes, et ainsi que M. Reinaud a bien voulu revoir toutes les épreuves. M. Pouqueville a bien voulu nous fournir des renseignemens sur l'Albanie et revoir les épreuves relatives à la description de cette contrée. M. le comte deSorgo, qui a fait de profondes études sur les populations slaves de l'empire Ottoman, nous a communiqué plusieurs renseignemens précieux. M. Descarnaux, ancien officier en retraite, dont le Mémoire sur le Monténégro a servi de base à l'excellente description de cette contrée, publiée par M. le colonel Vialîa , nous a été d'un grand secours pour la rédaction de ce qui concerne l'Àsie-Mineure et la Grèce. Mais on ne peut mentionner cette dernière contrée sans parler d'un élève du célèbre d'Anville , du savant auteur
de X Atlas d Anarcharsis , que la mort a enlevé trop tôt à la science et à ses amis, et dont le gouvernement français publie les savantes recherches sur la topographie de la plaine d'Argos. Pour rendre moins imparfaite la description de cette partie de l'Europe, nous avons profité de nos liaisons d'amitié avec ses deux fils , MM. Guillaume et Alexandre Barbie du Bocage. M. Guillaume nous a donné la description de Salonique, celle de Choumla et d'autres documens importans; M. Alexandre nous a fourni des notes intéressantes pour l'indication des principales antiquités de la Grèce:Nous avons aussi beaucoup d'obligation à M. Schinas et à M. Dubois : ce dernier a eu même la bonté de revoir toutes les épreuves de cette partie de notre ouvrage , ainsi que celles qui traitent de l'Asie-Ottomane. Notre ami, M. de la Roquette, qui s'est beaucoup occupé des principautés de Valachie et de Moldavie , a bien voulu nous fournir des notes qui nous ont servi à rectifier la description de ces états. Nous ne devons pas oublier de nommer les importans ouvrages surla monarchie Ottomane .publiés par M. de Hammer : ces ouvrages , avec le tableau de Mouradgea d'Ohsson, sont toujours regardés comme les meilleurs guides que les géographes puissent consulter. Plusieurs notes intéressantes , que nous devons à l'amitié de quelques Grecs très instruits , entre autres M. le comte Streffi de Corfoti , ont complété les renseignemens que nous possédions déjà sur la république des Iles Ioniennes.
ASIE
L'Asie est, de toutes les parties du monde, la plus remarquable, soit par son étendue, soit par le nombre absolu de ses habitans, soit par l'importance de ses souvenirs historiques ; elle méritait donc d'être traitée avec beaucoup plus de détails qu'on ne le fait ordinairement dans les géographies générales. Quelque resserré que lût le cadre de notre ouvrage , nous n'avons pu nous empêcher d'offrir les traits principaux des superbes régions qui se développent au sud de l'Hymâlaya, de celles que de vénérables traditions ont rendues si célèbres le long de l'Euphrate, du Tigre, du Jourdain et des rivages de la Méditerranée, ainsi que de ces régions bien plus vastes qui s'étendent au sud-est et à l'est du grand plateau de l'Asie-Centrale. Nous avons senti toute l'absurdité qu'il y aurait à décrire, en une couple de pages, ces immenses plateaux parcourus depuis trois mille ans par les guerriers nomades qui tant de fois ont changé la lace politique du globe ; ces régions magnifiques qui, depuis l'aurore de l'histoire jusqu'à nos jours, ont été le but des ex-
péditions de tous les grands conquérans»
et d'où nous sont venues en partie nos religions, nos sciences et notre civilisation. Nous nous sommes dit qu'il serait ridicule de ne consacrer que quelques phrases ou une aride nomenclature à la description d'un empire qui a été pour la moitié orientale de l'ancien continent, ce que l'Egypte, l'Inde, la Mésopotamie et la Phénicie ont été pour la partie occidentale; d'un empire qui forme, pour ainsi dire, un monde entier à lui seul, et dont la population, d'après les calculs les plus modérés, dépasse le quart de celle de tout le globe. Nous avons fait tous nos efforts pour bien choisir les traits les plus propres à peindre dignement ces belles contrées , et le cadre resserré de cet ouvrage rendait cette tâche encore plus difficile. L'exposition des sources principales où nous avons puisé, et la désignation des savans estimables qui ont bien voulu nous aider dans ce travail pénible, feront connaître au lecteur les difficultés sans nombre que nous avions à vaincre. Afin d'éviter les répétitions, et pour remplir un
A LA GEOGRAPHIE
devoir imposé par la reconnaissance, nous devons déclarer qu'un célèbre orientaliste, qui a répandu tant de jour sur la Chine et le Japon , qui a su débrouiller le chaos de la classification des peuples asiatiques, et qui a rempli plusieurs lacunes qu'offrait encore de nos jours la géographie de PAsie-Mincure, M. Klaprolh , nonseulement nous a fourni des matériaux précieux pour la description des contrées de cette partie du monde comprises dans la sphère de ses recherches spéciales, mais en outre a bien voulu se charger de la correction des épreuves relatives à toute l'Asie. Grâces à ce trait de généreuse amitié, notre ouvrage sera exempt de plusieurs erreurs qui déparent les meilleures et les plus récentes descriptions de cette partie du globe.
Asie-Ottomane. La géographie de ces vastes contrées offre encore bien des lacunes et des doutes, malgré le grand nombre de voyageurs qui les ont parcourues dans plusieurs directions. En citant : Rauwolf, d'Arvieux, Tournefort, Sestini, Mariti, Olivier, Corancey, Macdonald- Kinair, Clarke , Châleaubriant , Beaufort , Leake, Burckhardt, Ali-Bey ou Badia, Seetzen9 Ricliardson , Partons, Buckingham, For b en, Irby, Mangle, Rousseau, Connor, Fonlanier et Schulz, nous indiquons les sources principales où nous avons puisé les faits curieux et importans que nous avons encadrés dans l'article topographie. Saint-Martin, qui a répandu beaucoup de lumière sur la géographie, la littérature et l'histoire de l'Arménie , et qui préparait un travail important sur l'histoire de Palmyre, lorsqu'une mort prématurée est venue l'enlever à la science , avait revu complètement les parties de notre ouvrage , pour la rédaction duquel nous avons aussi profité des savans Mémoires publiés sur plusieurs contrées de l'empire Ottoman, parMM. Sylvestre de Sacy et de Hammer. Nous avons beaucoup d'obligations à M. Jouannin pour la description de l'Asie-Ottomane et du royaume de Perse, qu'il a parcourus en plusieurs directions. M. Reinaud a été assez obligeant pour corriger toutes les épreuves de l'Asie-Ottomane , de l'Arabie et de la Perse, régions sur lesquelles il nous a fourni plusieurs notes importantes, M. Failoni de Vérone , que de longs séjours en Egypte et dans la Syrie ont mis à même de bien connaître ces pays , nous a fourni quelques détails curieux sur ces contrées, et notamment sur la Palestine.
L'Arabie est encore si imparfaitement connue, et la géographie des parties de cette contrée, jusqu'à présent explorées par des Européens, offre encore tant de doutes, que nous avons dû être nécessairement très bref dans la description que nous en avons faite. Les voyages de Otter, Niebuhr, Seetzen, Ali-Bey ou Badia, Burckhardt, Mengin, Sadlier, Fazakerly, Henniker, RUppell, Irby ci Mans; les. Banks et Legh,
Demazures et Champmartin, De Laborde fils et Linant, ont été les sources principales où nous avons puisé.
La Perse, depuis le commencement du xix# siècle , attire l'attention des savans et des hommes d'état de l'Europe, par ses antiquités, par l'importance de sa position et par les grandes réformes politiques et administratives qu'elle a subies de nos jours. Les anciennes relations de Pietro délia V aile , Tavernier, Chardin, Otter et autres citées dans le tableau que nous avons publié, vers la fin de 1826, avec M. Brué , sous le litre $ Essai statistique sur le royaume de Perse ; les relations plus récentes de Morier, Ouseley, Fraser, Ker-Porter et Alexander ; les voyages d'Elphinslone, dePoltinger et de Christie pour la partie qui forme le royaume actuel de Kaboul et du Korassan-Oriental, et la confédération des Beloutchi, nous ont fourni nos élémens principaux.
Turrestan-Indépendant. Nous avons été guidé dans cette description par les voyages de Nazarov dans le Khokan, de Muraviev à Kbiva , de Moorkroft àsKhoulm, Balkh, etc. , de Meyendorfa Boukhara , et par l'intéressant tableau de de la Boukharie de notre ami M. de la Renaudière.
Inde. La description que nous avons donnée de l'Inde proprement dite renferme la substance d'une infinité d'ouvrages de tous les genres et de toutes les époques, depuis Marco Polo, jusqu'au savant évêque Heber et à M. Hamilton. Quoique ce dernier ait résumé avec un savoir et un talent remarquables, dans son East-India Gazelteer, tous les renseignemens anciens et modernes sur cette région, il ne dispense nullement de consulter les sources antérieures et surtout les journaux de l'Asie et les mémoires des sociétés savantes de Calcutta et de Batavia. C'est avec tous ces secours que nous avons pu atteindre le but que nous nous étions proposé. M. de la Renaudière nous a aidé dans la description de l'Inde-Septentrionale.
L'Inde transgangétique a été pour nous le sujet de pénibles recberches. La direction des grandes chaînes de montagnes, le cours des principaux fleuves, les divisions politiques, la position des villes principales, la classification deshabitans, tout nous offrait, ou des difficultés à surmonter, ou de grandes lacunes à remplir. Nous avons comparé les relations anciennes de Pinto, dePJiodes, de Mariniel d'autres missionnaires, de Baron, de Gervaise, de Laloubère, etc. , etc. , avec les relations modernes de Symes, de Barrow, de Hiram-Cox, de Canning, de Crawfurd, de Finlayson, de Trant, de VVhile, etc. ; les cartes anciennes de Delisle et de d'Anville, avec les cartes modernes dy Arrowsmilh et de Wyld; mais nous avouons que le résultat de ces comparaisons a été trop souvent vague et incertain. C'est avec autant de surprise que de regret que nous avons cherché inutilement dans la dernière édition de YEast-India-Gazetteer que M. Hamilton a publiée en 1828 , la solution de nos doutes et les matériaux nécessaires pour décrire cette région d'une manière satisfaisante. Les savantes conjectures de M. Klaproth, les conseils de MM. de fernon et
LVÎII
INTRODUCTION
delà Renaudière, la communication du voyage de M. Cartel à Siam et à Kambodje , encore manuscrit , et les renseignemens importans fournis par M. de la Roquette sur l'empire d'An-nam, nous ont puissamment aidé à sortir de ce labyrinthe. Nous devons ajouter aussi un mémoire sur le Laos, qui nous a été donné à Lisbonne par M. Pereira d'Almeida, ouvrage d'un missionnaire portugais qui , en 1811, a visité cette contrée si peu connue. Les détails dans lesquels nous sommes entré sur cette dernière contrée nous ont été suggérés par les erreurs mêmes qu'ont commises nos devanciers. A la vérité, ce n'est que récemment que l'on a obtenu des notions un peu précises sur les principales divisions du Laos -, mais les géographes devaient savoir depuis long-temps que le Louachan ou royaume de Leng était différent de celui des Lanjans. Comme ce dernier pays est la première partie du Laos qui ait été connue sous ce nom , on a cru qu'elle le comprenait tout entier; mais on a appris depuis, par Duhalde , l'existence du royaume de Leng dans le Laos; il est donc étrange que l'on ait fait de Leng et de Langione, capitale du pays des Lanjans, une seule et même ville. Plus récemment encore , nous avons appris, par M. Francis Hamillon et par d'autres voyageurs anglais , que le Kosampri et le Zimé ou Yangoma, faisaient partie du Laos. Nous connaissons donc assez les grands traits géographiques de cette contrée pour ne devoir pas la négliger.
La géographie de I'Empire Chinois , composé de la Chine proprement dite et de plusieurs autres légions qui en dépendent de diverses manières, offre encore beaucoup d'obscurité. Les travaux des missionnaires continuent d'être la source principale à laquelle les géographes doivent puiser. Les voyageurs Hollandais, Anglais , Français, etc. , forcés de suivre la même route , ne pouvaient voir que les mêmes objets , et manquaient d'ailleurs de la liberté nécessaire pour faire des observations approfondies. Aussi ont-ils ajouté très peu aux renseignemens que nous devons aux missionnaires. H nous semble même que les travaux de quelques sinologues modernes ont produit des résultats beaucoup plus précieux pour la géographie. Parmi ces savans nous nous bornerons à citer MM. Abel Remusa t et Klaproth. Le monde savant déplore la perte de ces savans sinologues : la mort en frappant le premier au milieu de sa carrière littéraire , l'a empêché de compléter ses précieuses recherches sur les langues et les peuples tartares, et ce noble monument d'une immense érudition, modèle à-la-fois de science et de style, restera malheureusement
incomplet. Dans l'empire Chinois même des changemens considérables ont lieu plus souvent qu'on ne pense, ce qui rend inexacte l'épithète de stationnaire par excellence que lui accordent les géographes ; nous avons consulté une foule d'ouvrages, mais surtout ceux de Duhalde et de Grosier} les Lettres édifiantes, les Mémoires sur les Chinois, et un article remarquable de M.£j riès sur la Chine proprement dite. Nous avons aussi puisé plusieurs faits dans les relations ofllicielles des ambassades de Macartney, d'Amherst, de Tetsingh et de Van-Braam, et dans les relations des savans qui les ont accompagnés, entre autres , dans celles d'Abel, de De Guignes, et de l'illustre Barrow, ainsi que dans le voyage à Péking de M. Timkovski, enrichi d'excellens commentaires par M. Klaproth. M. Timkovski a aussi traversé la Mongolie , sur laquelle nous avons également consulté les relations de Lange, de Bell et de quelques missionnaires jésuites que l'empereur Kang-hi avait chargés de dresser la carte de cette vaste contrée.
L'Empire du Japon est si remarquable à tant d'égards et si peu connu , que nous avons dû apporter une application particulière à l'examen du petit nombre de sources auxquelles nous pouvions puiser. Ce n'est pas que l'on n'ait beaucoup écrit sur cette partie de l'Asie; mais la plupart des relations sont si superficielles et si vagues qu'excepté celles de Caron, de Kaempfer et de Thunberg elles offrent peu de ressources. Cependant, on trouve des renseignemens précieux dans les Lettres des missionnaires auxquels on doit les premières notions sur cet empire , ainsi que dans les relations modernes sur plusieurs de ses parties publiées par Laxmann, Titsingh, Golovnin^XSivert-Levsen. Néanmoins, il faut reconnaître que Kaempfer est le seul qui ait considéré cet empire sous tous les points de vue généraux, et son Histoire naturelle, civile et ecclésiastique du Japon renferme à elle seule plus de notions essentielles et précises que toutes les autres relations. Mais, sans l'obligeante assistance de M. Klaproth, nous n'aurions jamais pu sortir aisément de ce labyrinthe.
Asie Russe. En parlant de la partie européenne de l'empire Russe , nous avons déjà cité les sources principales auxquelles nous avons eu recours pour en décrire la partie asiatique. Nous ajouterons seulement que YAsia-polyglolta et le Tableau du Caucase de M. Klaproth, le voyage de M. Gamba, ceux de MM. Cochrane, Ledebour, Erman, Wrangel, Kolzebue, Dobell, Humboldt , etc. nous ont fourni beaucoup de renseignemens importans.
AFRIQUE
Quoique depuis trois siècles nos vaisseaux fassent le tour de l'Afrique, que plusieurs savans orientalistes aient cherché, par l'élude des auteurs arabes à dissiper les ténèbres qui enveloppent la géographie de cette contrée, et qu'un grand nombre
de voyageurs, à travers mille dangers, aient tenté de pénétrer ou aient en effet pénétré dans l'intérieur de cette mystérieuse partie du monde, nous sommes encore bien éloignés de la connaître tout entière, même imparfaitement. Les décou-
A LA GEOGRAPHIE
MX
verles modernes ont substitué des pays fertiles et habités à de prétendus déserts, ou bien ont fait disparaître de la carte une foule d'états, de villes, de montagnes et de rivières, qui n'étaient que des richesses géographiques illusoires. Ces rectifications importantes, ces faits nouveaux, sont le résultat d'explorations faites de nos jours par des voyageurs intrépides et éclairés, et le fruit des recherches de plusieurs géographes qui ont su les coordonner. Nous citerons quant aux premiers les voyages de Uomemann, Mungo Park, Bowdich, Moîlien, Burckhardt, Burchel, Lyon, Caillaud, Sait, Bûppell, Laing, Clapperton et Denham, Caillîé, etc., etc ; quant aux seconds, les mémoires de dAnville, Rennell, Jomard, \VAvesac, Walckenaer, Ri/ter, Malte- Brun, La Renaudière; et les cartes de Berghaus, ReichardetSlieler, Faden, Segato, Brué, Lapie, Du four, etc., etc.
Nous avons partage cette partie du monde en cinq régions géographiques.
Nous allons justifier cette division et exposer en même temps les sources principales auxquelles nous avons puisé pour donner la description du pays. Mais avant tout, pour éviter d'inutiles répétitions, nous devons déclarer que M. Eyriès a bien voulu revoir, non-seulement toutes les épreuves de cette partie du monde, niais aussi celles de l'Amérique et de l'Océanie.
Région du Nil. Les terrains élevés qui selon Brown et autres voyageurs, séparent à l'ouest la Nubie et l'Egypte du Ssahhrà, et les vastes déserts sablonneux que les itinéraires s'accordent à signaler au géographe entre le Darfour et le Borgou, nous ont indiqué la ligne que nous pouvions choisir pour limite occidentale de eette région. Nous lui avons donné le nom du grand fleuve qui la parcourt du sud au nord dans toute son étendue. Les limites que nous lui avons tracées embrassent une des régions physiques du globe les plus distinctement indiquées parla nature. Nous y avons ajouté, comme un appendice, la côte longue et étroite qui borde la mer Rouge à l'occident, et que Malte-Brun a nommée Trogloditique, faisant par là revivre une ancienne dénomination aussi exacte que sonore. Cette côte, à la vérité , n'appartient pas physiquement au bassin du Nil, dont elle est séparée par des montagnes et par des icrrains élevés; mais nous avons cru ne pas devoir laisser isolée cette longue lisière de pays, et nous jvousconsidéré que les peuplades quierrent lelong le la côte occidentale de la mer Rouge ont des liaisons ethnographiques avec les peuples quiappartiennentau bassin du Ml. Quant aux dénominations des grandes divisions de cette région , nous
n'avons qu'une seule remarque à faire : c'est que nous avons cru pouvoir sans inconvénient nommer Pays de Bahr-el-Abiad , sa partie sudouest, parce qu'elle est traversée par ce grand fleuve qui y prend même sa source, et parce que, selon les géographes, elle n'appartient ni à l'Abyssinie, nia la Nubie.
Voici les sources principales auxquelles nous avons puisé : pour l'Abyssinie , Alvarez, Fernandes, Telles, Bruce, Sait, Pearce, etc., etc.; pour la Nubie et le pays de Bahr-el-Abiad, Burckhardt, Caillaud, English , Waddinglon, Ruppell, Gau, etc., etc. Les ouvrages de Prosper Alpin, Sicard, Granger, Mordau, Volney, Pacocke , Belzoni, Hamilton, Legh, Ri faut, Minuloli, sont ceux auxquels nous avons fait le plus d'emprunts pour ce qui concerne l'Egypte. MM. Passalacqua de Trieste et Failoni de Vérone , qui ont fait un long séjour dans cette contrée, nous ont donné plusieurs renseignemens utiles. Mais nous ne quitterons pas cette terre classique sans rappeler au lecteur le voyage scientifique entrepris par MM. Champollion jeune et H. Rose l Uni qui, l'un et l'autre occompagnés d'habiles dessinateurs, et sous les auspices protecteurs du roi de France et du prince éclairé qui régit la Toscane, ont exploré avec tant de succès tous les monumens des bords du Nil depuis son embouchure jusqu'à sa seconde cataracte. La mort a déjà frappé au milieu de ses importans travaux le jeune archéologue qui avait jeté une si vive lumière sur les monumens de l'ancienne Egypte. Du reste, le monde savant apprendra avec satisfaction que les nombreux matériaux , fruits de ce voyage et de ces profondes études, ne seront point perdus pour la science; une commission de savans et d'hommes d'état présidée par l'illustre Sylvestre de Sacy a proposé des mesures qui assureront la conservation et la publication des recherches de M. Champollion, notamment de la grammaire égyptienne heureusement terminée et dont l'impression se poursuit avec activité.
Rkcion du Maghreb. Tous les géographes s'accordent à décrire séparément la Barbarie , le Belad-el-Djeryd et le Ssahhrà, dont l'ensemble forme la région que nous nommons Maghreb, en empruntant cette dénomination aux Arabes ; c'est la même pour laquelle nous avions proposé, dans notre Atlas ethnographique , le nom de Ssahhrà- Allas, tiré des deux traits principaux de sa géographie physique, le grandsystèmede l'atlas et les arides solitudes du Ssahhrà. Dans l'état actuel de nos connaissances sur cette région, le géographe n'a presque aucun moyen de tracer la ligne de séparation entre chacune de ces trois contrées; les divisions politiques que nous connaissons et celles que l'ethnographie nous indique , exigent au contraire qu'on les réunisse. En effet, toutes les puissances barbaresques embrassent, dans leur domination de droit ou de fait, des parties plus ou moins grandes du Belad-el- Djéryd et du Ssahhrà, et les peuples qui appartiennent à la grande famille atlantique, sont répandus sur ces deux contrées, ainsi que sur le sol regardé comme formant la Barbarie. Ces motifs
INTRODUCTION
nous ont paru assez forts pour nous engager à introduire sous le nom consacré par les géographes arabes, une division que nous avions déjà proposée dans notre Atlas et qui , comme celle du Nil , est une des mieux tracée sur le globe par la main puissante de la nature.
On se tromperait beaucoup si, en voyant le grand nombre d'ouvrages sur cette région, on en croyait la géographie bien connue. Peu de contrées sur le globe offrent de plus grandes incertitudes et de plus grandes lacunes, malgré la multitude de notions publiées sur ses différentes parties. Parmi le grand nombre d'ouvrages que nous avons compulsés . nous nous bornerons à citer les suivans : outre les relations générales de Léon V Africain, de Shaw, d'Ali-Bey (Badia), de Panantij nous avons consulté, pour l'étatde Tripoli, Hornemann, Lyon, Della-Pella, Pacho, Denham et une notice publiée, il y a quelques années , par M. Gràberg, ancien consul-général de Suède près de cette régence ; pour l'état de Tunis, Blaquières, Maggil, etc. ; pour l'état d'Alger, Laugier de Tassy, Shaler, Renaudot et le savant résumé de M. de la Renaudière; pour l'empire de Maroc, Pidou de St-Olon, Windus, Hôst, Lemprière, Jackson, Caillié et Washington; pour le nouvel état de Sidy-Hescham, lollie, Saugnier, R.obert Adams, Cochelet et Riley,pour le Ssahhrà , les cinq naufragés que nous venons de citer, et de plus, Léon l'Africain, Brisson, Hornemann, Robert Adams, Laing, Denham, Caillié et MM. Ritter, Walckenaer et Jomard. Mais nous avons surtout pris pour guide dans la description de celte région , notre ami M. d'Avezac dont les travaux sur l'Afrique* Occidentale offrent l'autorité la plus imposante. C'est à lui que nous devons spécialement d'être sorti du labyrinthe que présentait la classification des peuples et des tribus du Ssahhrà. M. Reinaud, si souvent mentionné dans cet abrégé, nous a fourni des renseignemcns précieux sur l'ancienne Cartilage. Nous avons aussi profité des netes que M. Guillaume Barbié du Bocage, employé comme géographe au ministère des affaires étrangères, a tirées de son grand travail historique , statistique et géographique sur les états barbaresques et particulièrement sur Alger et Maroc.
Après l'indication de toutes ces sources, nous espérons que nos lecteurs n'attribueront pas à ignorance de notre part l'omission de la florissante ville de Tafilelt , dont l'existence est aujourd'hui révoquée en doute ; otr ne blâmera pas non plus , nous l'espérons , l'importance que nous donnons à des contrées, à des villes et à des peuples que plusieurs géographes daignent à peine nommer, et la mention restreinte à laquelle nous nous bornons au contraire à l'égard de certains autres, auxquels les géographes, accordent de brillantes descriptions. Ainsi, nous n'avons pas mentionné , parmi les villes les plus remarquables de l'état de Maroc, la célèbre Sedjelmesse, parce que nous ne savons pas si son terrritoire, dont Ebn-al-Ouardi. Bakoui, Léon et Ben-Ayas ont tant célébré la fertilité et la richesse, appartient encore à cet empire. D'ailleurs
cette grande ville , qui s'élevait sur les bords du Ziz et qui a été le premier siège de la dynastie des Almoravides , n'existait déjà plus du temps de Léon; elle avait été abandonnée par ses habitans à la suite de nombreuses révolutions.
Nigritie ou Région des Nègres. Un usage banal désigne depuis long-temps sous les noms de Soudan, de Sénégambie, de côtes de Guinée et de Congo, toutes ces vastes contrées que nous proposons d'appeler Nigritie, nom qui traduit fidèlement celui de Belad-al- Soudan, ou pays des nègres que lui donnent les Arabes et les nègres musulmans eux-mêmes; il nous paraît préférable à des dénominations et à des divisions inexactes et inconnues aux indigènes. Ceux-ci n'ont guère, dans leurs langages propres, de noms généraux pour désigner les grandes divisions terrestres , parce qu'ils ont trop peu de rapport entre eux-, mais les Maures , dont les caravanes parcouren l en tous sens l'Afrique boréale , ont senti le besoin de dénominations générales pour indiquer ces grandes régions. Leur système géographique sur cette partie du monde a été exposé dans un mémoire bien connu de M. d'Avezac, qui sert d'introduction à ses Considérations critiques sur la géographie de l'Afrique-Jntérieure-Occidentale.
Nous n'avons ni l'espace ni le temps nécessaires pour montrer l'inexactitude des dénominations adoptées dans toutes les géographies ; nous ferons seulement observer que la Sénégambie, d'après celte dénomination , ne devrait comprendre que les pays arrosés par le Sénégal , la Gambie et leurs affluens, tandis qu'elle embrasse de vastes contrées traversées par d'autres fleuves ; qu'il est absurde d'appeler côtes des pays qui s'étendent à 3 ou 400 milles dans l'intérieur d'un continent ; et que la dénomination de Soudan convient en général, à tous les pays nègres, au lieu d'être exclusivement applicable à ceux que les géographes comprennent sous ce nom. D'ailleurs la subdivision de la Guinée en différentes côtes n'est à proprement parler en usage que chez les marins , qui en outre diffèrent dans la détermination des limites qu'ils assignent à chacune d'elles. A tout cela il faut ajouter que l'état encore imparfait de la géographie de l'Afrique ne permet pas de tracer une ligne de démarcation entre le Soudan , tel qu'il est restreint par les Européens, et la Guinée; enfin, que toutes les lumières réunies jusqu'à présent sur le cours du Djioliba ou Kouarra, par les voyageurs les plus judicieux et surtout par les frères Lander, tendent à porter le bassin de ce fleuve ou le Soudan-Occidental jusqu'aux côtes de Bénin et de Calabar, dont la plus grande partie paraît former le delta de ce grand fleuve. Tous ces motifs nous ont engagé à modifier les grandes divisions de l'Afrique, de manière à ranger parmi ses subdivisions géographiques les divisions banales , inexactes et inutiles adoptées par le commun des géographes et connues depuis long-temps sous les noms de Soudan, de Sénégambie, de Guinée et de Congo.
Mais si nous avons été sobre d'innovations pour ce qui regarde l'introduction de nouveaux noms et de nouvelles divisions principales , nous ne l'a-
A LA GEOGRAPHIE
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vons aucunement été pour ce qui concerne les subdivisions et le choix des états, sans aucun égard pour les indications ou descriptions de pays que nous trouvons dans les meilleurs traités de géographie , et à plus forte raison dans ce déluge d'abrégés, de manuels, de résumés et autres ouvrages prétendus élémentaires; nous avons choisi parmi le millier d'états que renferme cette vaste région, ceux qui nous paraissaient mériter une description ou du moins une mention autant que le cadre de cet ouvrage nous le permettait. Nous n'avons pas craint de nous exposer à la critique, en traitant avec quelques détails les puissances prépondérantes de la Sénégambie, de la Guinée et du Soudan proprement dit, auxquelles les auteurs d'abrégés et de tableaux n'accordent que quelques lignes lorsqu'ils ne les passent pas entièrement sous silence. Nous n'avons pas craint non plus de nous mettre en opposition avec plusieurs géographes recommandables en donnant la description abrégée de certaines villes de ces vastes contrées pour lesquelles ils se bornent à une simple mention et dont quelquefois même on cherclieenvain les noms dans leurs ouvrages. Nous laisserons ces géographes décrire encore minutieusement en 1827, 1828 et r829 les royaumes de Darfour, de Galam , d'Amanahea, de Commeuda , etc. , etc., et ne consacrer que quelques lignes à la description de l'empire des Fellatah , le plus puissant état de la Nigritie-, décrire encore d'après les récits vagues des indigènes, l'empire de Bornou, que la mémorable exploration de Denham etClapperton nous a fait connaître -, se borner à la simple indication des conlins du Fouta-Toro, qui est une des puissances prépondérantes de la Sénégambie, et accorder en même temps une mention pareille aux royaumes de Geduina et de Jafnou , depuis long-temps effacés du sol de cette région ; omettre enfin tout-à-fait le royaume de Cap-Monte, qui est l'état principal de la Guinée-Occidentale. A l'égard de tous les autres états, nous avons cru qu'une simple nomenclature aurait été aussi complètement inutile que fatiganle pour la classe de lecteurs auxquels ce livre est consacré. Les noms géographiques dans un ouvrage élémentaire n'offrent d'intérêt qu'autant qu'ils rappellent à notre esprit des pays importais, soit par leur étendue, leur population ou leurs souvenirs historiques, soit par leurs productions , l'industrie et le caractère de leurs habitans. Or, cette région présente des centaines d'étals qui sont encore à-peu-près nuls sous tous les rapports. Nous avons pensé que le meilleur parti à prendre était de négliger entièrement dans un traité , toutes ces dénominations barbares que néanmoins les géographes ne doivent point omettre sur leurs cartes, vu qu'ils peuvent servir de documens aux voyageurs à venir. D'ailleurs plusieurs de ces noms de pays , ainsi que la position qu'on leur assigne, sont dus aux rapports vagues d'indigènes peu instruits; ce sont des dénominations diverses d'une même contrée , que l'ignorance et l'inattention a eu le talent de transformer en trois ou quatre royaumes différens.
Voici les principaux auteurs que nous avons consultés pour décrire cette vaste partie de l'Afri-
que. Pour la Nigritie-Centrale ou Soudan dea géographes ; Léon l'Africain, Windus, Browne, Hornemann, Ly on, Seetzen, Burckhardt, Mungo-Park, Bowdich, Denham et Clapperton,ÇailUé,\csïvèvcsLander, etc , etc. ; pour la Nigritie-Occidentale ou Sénégambie, LabaL, Adanson, Golberry, Durand, Winterbottom, Mungo-Park, Mol lien, Beau fort, Roger, etc.; pour la Guinée, Barbot, Bosman, d'Elbée, Smith, Desmarchais, Robert Norris, Iserl, Dalzel, La Barthe, Roemer, Meredilh, Adams, R.obertson, John M'Léod, Bowdich, Laing, Dupuis, Hutton, Clapperton, les frères Lander, etc. , etc. ; pour le Congo , Cavazzi, Zucchelli, Proyarl, De Grand-Pré, Tucker. d'Etourville, Feo de-Torres, Bowdich, etc.
Le résumé que nous avons donné de la distribution ethnographique des états nègres de la Sénégambie , est emprunté aux savans travaux de M. d'Avezac.
Région de l'Afrique Australe. Nous avons cru pouvoir réunir sous cette dénomination générale les deux contrées connues depuis si long-temps sous le nom de Hottentotie et de Colonie du Cap-de-Bonne-Espérance, la lisière le long de la côte occidentale que les géographes modernes s'accordent à nommer Cimbebasie , et Je vaste pays habité par des peuples que l'ethnographie regarde comme appartenant à une même souche , et dont nous avons formé la famille Cafre. Quoique celte division n'ait pas absolument toutes les conditions nécessaires pour être une région physique, elle offre cependantl'avantage d'être assez bien déterminée sous le rapport politique et ethnographique , malgré le petit territoire que les Portugais réclament le long du Mafumo, de l'Inhàmbane, du Sabiaetdu Sofala , malgré les incertitudes qui enveloppent encore l'extension de la souche Cafre du côté du nord, et malgré la partie , non explorée encore , qui s'étend au nordouest du territoire occupé par les Cafres Morolongs. Ces considérations nous ont engagé à en faire une des divisions principales de l'Afrique; et nous espérons que les géographes l'approuveront. Nous croyons inutile de justifier les dénominations que nous avons proposées de Cafrérie maritime, pour les pays occupés par les tribus cafres de la côte de Natal , et de Cafrérie intérieure, pour les pays où vivent les autres peuples appartenant à cette souche.
Pour décrire ces différens pays, nous avons consulté les ouvrages de Patlerson, Le Vaillant, Barrow, Percival, Lichtenslein, Campbell, Latrobe, Burchell et Georges Thompson.
Région de l'Afrique Intérieure et de la Côtr Orientale. Quand on compare l'abondance des matériaux à la pénurie des résultats certains sur la géographie des pays compris dans cette division, on se sent presque découragé. Un géographe éclairé et consciencieux hésite presque à chaque pas dans ce labyrinthe de notions contradictoires. Peu de parties de la terre exigent d'aussi pénibles recherches delà part du géographe et procurent au lecteur aussi peu de satisfaction. Rien n'est plus aisé que de dire beaucoup, et rien n'est si difficile que de dire vrai. 11 nous sem-