‹ Abrege de geographieChapitre 14 sur 454 · I.HV · texte numérisé non relu

I.HV

Nous avons profité dos avantages inappréciables que nous offrait notre séjour dans la capitaie de la France, pour remplir les lacunes laissées dans la géographie de ce pays par les savans estimables que nous venons de nommer et pour corriger les erreurs échappées à quelques-uns d'entre eux, en nous mettant en rapport direct avec plusieurs personnes instruites des pays mêmes que nous voulions décrire , et même avec les chefs de ces nouvelles républiques. C'est ainsi que, par un heureux concours de circonstances, nous avons eu l'honneur de connaître personnellement plusieurs de ces personnages marquans, et de recevoir de précieux renseignemens de M. Pedraza, ancien premier président des Etats-Unis du Mexique ; de M. Sanlander , vice-président de la république de Colombie ; de M. Herran , général de brigade au service de cette république ; de M. le général Mosqueira , ancien préfet du département du Cauca; de M. d'Egaàa, ancien ministre de l'intérieur du Chili ; de M. de la Barra, chargé d'affaires de cet état ; de M. Barberena, ancien député de Guatemala , et ministre à Londres des Etats-Unis de l'Amérique-Centrale ; de M. Masquez, ministre plénipotentiaire à Rome pour les Etats-Unis du Mexique. D'autres circonstances favorables nous ont mis en rapport avec MM. û'Âcosta, capitaine du génie au service de ia Colombie; de la Torre, bibliothécaire à Arequipa; Gordoa, ancien député de l'état de San- Luiz ; de la Garza, docteur en médecine natif de Tamaulipas -, Ribeiro, Vlncendon la Tour. Des notes importantes nous ont été fournies sur le nouvel état de l'Uruguay et sur les Etats-Unis du Rio de la Plata , par M. Varaigne, l'ami intime de M. Ribadavia , si connu par la sagesse qu'il a déployée lorsqu'il était à la tète de la république Argentine.

C'est surtout aux lumières des personnages que nous venons de citer que nous sommes redevable de l'avantage inappréciable pour la géographie, de présenter dans cet Abrégé les véritables divisions actuelles de ces nouveaux états, divisions que nous avons jusqu'à présent trouvées plus ou moins inexactes dans tous les ouvrages même les plus récens que nous avons consultés, comme aussi l'avantage non moins important de donner une description exempte des erreurs qui déparent les meilleurs ouvrages de géographie. C'est encore les notes de ces messieurs qui nous ont mis en état d'éviter les méprises que nous avons signalées dans plusieurs parties de cet ouvrage, et de remplir bien des lacunes qu'offrait encore la géographie.

L'Empire do Brésil méritait à tous égards d'être traité avec quelques détails. Nous avons consulté pour le décrire les ouvrages de MM. Sout/iey, Koster, Mawe, EscJiwege , du prince de Wied-Neuwied, de MM. Schaeffer, Freireis, tVeech, Grant, accompagné de notes de M. Navarre d'Andrada et celui qui les vaut tous ensemble, la Relation historique des voyageurs bavarois Spix elMartius; celles de M. St-Hilaire et de M. Freycinet, et la Corografia brasilica du père Ayres de CazaU cette dernière , malgré ses grandes imperfections et ses erreurs. est en-

core l'ouvrage géographique le plus important que l'on ait publié sur le Brésil ; c'est une riclu* mine que bien des littérateurs exploitent sans la signaler ; cet ouvrage a été traduit presque littéralement par M. Henderson dans son ffistory of the Brazil, qui n'est que la reproduction delà chorographie du savant brésilien avec quelques remarques du voyageur anglais et quelques additions relatives au commerce et à d'autres objets.

Les Portugais ont été pendant long-temps à la tètfl des affaires du Brésil , et quelques diplomates qua nous avons eu occasion de connaître à Paris, noiu ont fourni une foule de documens sur la géographie et sur la statistique de cet empire. Nous en avons déjà publié un grand nombre dans notre Essai statistique sur le royaume de Portugal, ainsi que dans plusieurs articles insérés dans les Revues ; d'autres ont vu le jour dans la savante relation du voyage de M. le capitaine FreycineL La reconnaissance nous impose le devoir de nommer ici M. Joao Paulo dos Santos, professeur de mathématiques à l'académie militaire de Rio-de-Janeiro ; feu M. le vicomte de San- Lourenço, ancien ministre du trésor au Brésil ; M. Sylvestre Pinkeiro, ancien ministre des affaires étrangères au Brésil ; M. le baron de Pedra Brama, ancien chargé d'affaires du Brésil à Paris-, et MM. de Cunha et marquis de Rezende qui lui ont succédé. C'est à leurs lumières et aux secours qu'ils nous ont procurés que nous devons la connaissance de beaucoup de faits impoitans. Aussi notre tableau géographique de cet empire diffèrc-t-il beaucoup de tous ceux qu'on a publiés jusqu'à présent. M. Ferdinand Denis, qui a visité lui-même cette partie de l'Amérique-Méridionale et publié plusieurs ouvrages connus sur le Brésil et le Portugal, après nous avoir fourni divers renseignemens, a revu notre article avec soin.

La République d'Haïti par son importance politique et commerciale , par ses rapports intimes avec la France et l'intérêt qu'inspirent les rapides progrès faits dans la civilisation par ses habitans presque tous d'origine Africaine, nous a paru mériter quelques détails. Les sources principales auxquelles nous avons puisé pour en tracer le tableau sont: les ouvrages de Moreau deSt-Méry, de Dorvo Soulastre, de James Barskett, de Placide Justin, de Mackenzie , etc., etc., et surtout les renseignemens précieux que nous devons à feu l'abbé Grégoire, évêque de Blois, et les communications non moins importantes que M. Mollien a bien voulu nous faire. Environné de tous ces secours, nous avons pu offrir, pour la première fois, à nos lecteurs plusieurs détails topographiques très importans et les véritables divisions administratives de cet état, qu'on cherche en vain dans toutes les géographies, les dictionnaires et les tableaux statistiques les plus récens , où l'on ne trouve que les 33 arrondissemens militaires, au lieu des G départemens dans lesquels tout le territoire de la république est partagé de puis sa dernière constitution.

Amérique indigène indépendante. Les traités de géographie et les dictionnaires ne consacrent

I INTRODUCTION

jamais un chapitre ou un article spécial à cette vaste portion du Nouveau-Monde , quoique les peuples qu'elle nourrit occupent de t'ait ou parcourent en maîtres dans toutes les directions un espace que , d'après des calculs approximatifs, nous avons trouvé pouvoir être estimés à 6,000,000 de mille carrés , c'est-à-dire à plus de la moitié de Ja surface de tout le Nouveau-Continent. Nous verrons aux pages 1088 et 1123 que le nombre des membres de ces peuplades , n'étant pas le dixième de celui auquel des personnes étrangères à la géographie statistique le faisaient monter, il se trouve néanmoins assez considérable lorsqu'on le compare à la population totale du Nouveau-Monde. D'ailleurs, ce sont Justement ces nations peu nombreuses qui présentent la partie la plus intéressante de la population indigène de ce vaste continent , et les recherches philologiques et ethnographiques, devenues de nos jours si importantes et si communes, ajoutent un nouvel intérêt à tout ce qui la concerne. Ces motifs nousavaient engagé à lui consacrer u n chapitre spécial de notre Compendio di geographia universale. Nous espérions que notre exemple serait suivi par les géographes ; mais nous avons été trompé dans notre espoir; et les amateurs de la géographie, les philologues et tous ceux qui veulent connaître cette intéressante partie de l'Amérique sont encore obligés de chercher une à une les innombrables peuplades indépendantes, dans les descriptions des solitudes que les Européens et leurs descendans regardent comme des parties de leurs territoires respectifs. Le Vollstaendiges Handbuch der neuesten Erdbeschreibung même , malgré ses gros et nombreux volumes, se borne dans la vue générale des deux Amériques , à donner plusieurs centaines de noms barbare», renvoyant pour les détails aux chapitres consacrés à la description des divers états. Nous avons eu soin d'éviter les répétitions qui auraient grossi inutilement notre abrégé; toutefois nous n'avons pas craint d'appuyer sur certains détails que nous croyions nécessaires pour mettre le lecteur en état de connaître les principales nations de celte catégorie.

La Patagonie, qui dans les limites assignées par les cartes les meilleures et les plus récentes , offre une région physique des mieux tracée, est encore une terre entièrement indépendante par le fait, et sur laquelle plusieurs nations conteslent à tort aux Espagnols le droit de suzeraineté.

Ces considérations nous ont engagé à en placer ia description dans le chapitre de l'Amérique-lndépendante-Indig»;ne , à laquelle, selon nous, on devrait aussi ajouter toute la partie du Chili , qui s'étend au sud du Biobio. En effet, au-delà de ce fleuve, les Chiliens ne possèdent que Valdivia et quelquesélablissemens isolés; la plupart des villes qu'ils avaient fondées ont été détruites par les Araucans, qui ont chassé de leur territoire ces incommodes voisins ; et quoique nos géographes, même les plus consciencieux, continuent à représenter sur leurs caries et à décrire dans leurs livres Villarica et autres villes , l'existence de ces cités n'en est pas moins fictive ; elles doivent disparaître de la géographie actuelle , pour entrer dans le domaine de l'histoire de la géographie.

Amérique coloniale. Les bornes de ce livre ne nous permettent pas d'exposer tous les molifs qui nous ont guidé dans la description des parties du Nouveau-Monde que nous avons ainsi appelées, parce qu'elles embrassent les colonies dépendantes des puissances Européennes. Nous ne pouvons non plus indiquer toutes les sources auxquelles nous avons puisé. Nous nous bornerons à rappeler que nous avons déjà démontré l'exactitude de nos évaluations de la population et des richesses du Canada. Passant entièrement sous silence comme déjà connus de toulle monde , les ouvrages publiés sur cette partie de l'Amérique , nous ne mentionnerons que les trois suivans qui ont paru, il y a quelques années, à Londres : Brilish America, par M. John M'Gregor; The Canadas, par Andrew Picken, et The Columba River, par Ross Cox. Nous ajouterons que M. Marshall, établi à St- John dans l'Ile de Terre-Neuve, a bien voulu nous donner des éclaircissemens et des notes sur quelques parties de ces vastes contrées.

Nous justifions dans le cours de l'ouvrage l'étendue que nous avons donnée à la description de l'île de Cuba , à laquelle certains géographes accordent à peine quelques lignes dans lesquelles ils ne nous apprennent rien de curieux et d'important. Cependant des ouvrages remarquables publiés dans ces dernières années par MM. de Humboldt, Huber, et un savant article de la Revue Britannique, démontrent suffisamment que cette colonie doit être regardée comme la plus riche de toutes celles que les Européens ont fondées jusqu'à présent.

Un peu plus grande que l'Europe, mais composée d'un nombre presque infini d'Iles éparses sur plus de la moitié de la circonférence de la terre, offrant le plus petit des continens et la plus grande des îles du globe , ne présentant que des pays inconnus dans l'intérieur des grandes terres, et une foule de petits états dans celles d'une médiocre étendue, l'Océanie demandait un plan de description tout par-

ticulier. Suivre, autant que possible, les grandes divisions géographiques, sans négliger entièrement les divisions politiques ; conserver les synonymes généralement adoptés, sans laisser ignorer les noms imposés par les naturels aux terres qu'ils habitent et ceux que les premiers navigateurs leur ont donnés; rattacher aux archipels principaux les îles découvertes de nos jours, et imposer aux groupes

À LA GEOGRAPHIE

i,xvn

nouveaux des noms nouveaux , voilà les difficultés principales qu'il fallait vaincre. i] est aux hommes studieux qui suivent les progrès de la géographie de l'Occanie, à juger j usqu'à quel point nous avons réussi.

Ce que nous disons dans le chapitre vm, et à la page lies, nous dispense d'exposer les motifs qui nous ont engagé à employer indifféremment dans la description de cette partie du inonde les dénominations d'Océanie et de Monde- Maritime. Mais nos groupes insulaires se trouvant par fois différer entièrement des divisions généralement reçues ou proposées par quelques savans géographes , nous croyons indispensable de dire un mot à l'appui de celle que nous proposons, pour classer avec clarté , ej d'après une mélhode scientifique, les innombrables iles du Monde-Maritime.

L'ethnographie et la géographie politique , nous obligeaient à subdiviser en trois parties la grande ebaîne d'iles qui s'étend depuis l'extrémité occidentale de Sumatra jusqu'à Rie de Timor; nous en avons fait trois groupes , que nous avons nommés groupe de Sumatra, groupe de Java, et Archipel de Sumbaca-Timor. Nous avons pris le détroit d'Alias pour le point de séparation ♦Mitre le groupe de Java et l'Archipel de Sumbava-Timor , parce que Bali faisant incontestablement partie du groupe de Java , il n'en fallait pas séparer Pile de Lombock, qui dépend de Bali, sous le double rapport géographique et politique. D'ailleurs, c'est aussi ce point que M. Crawfurd a choisi pour partager en deux parties cette longue chaine d'iles. Fidèle aux principes que nous nous sommes imposés toutes les fois que nous devions établir quelque nouvelle division géographique , nous avons nommé Archipel Sumbava-Timor, le troisième groupe , en composant son nom de ceux des deux iles principales.

Dans le grand Archipel des Moluques, nous avons proposé de former un groupe des Moluques proprement dites , en rattachant ces petites iles à celle de Gilolo, et de le nommer groupe de Gilolo, pour donner à la partie un nom différent du tout, et pour suivre à l'égard de ce groupe, le principe qui doit guider le géographe dans la dénomination des groupes et des archipels. Gilolo, en effet, surpasse" de beaucoup toutes les autres iles voisines. C'est pour ne pas renverser les divisions administratives établies depuis long temps que nous avons cru devoir négliger les divisions géographiques à l'égard de quelques iles peu importantes , que les géographes Hollandais classent parmi les dépendances du petit groupe de Banda, sous les noms de Iles-du-Sud-Est et Iles-du-Sud-Ouest. Cette dernière chaine surtout offre de grandes interruptions. 11 nous semble qu'il serait beaucoup plus convenable de classer ces iles avec l'archipel de Sumbava-'I imor, dont elles sont évidemment une dépendance géographique , indiquée par la position des îles Wctter, Letli , Moa , Lackar et Sennalta.

Nous aurions préféré ranger Yarchipelde Nico-

bar. parmi les dépendances géographiques de la grande ifc de Sumatra-, mais en le laissant en Asie et en le rattachant aux iles de l'Inde-ïransgangétique , nous avons voulu accorder quelque chose à des habitudes malheureusement trop enracinées.

Nous avons réuni, sous le nom d'archipel Mounin-Folcanique, toutes ces îles éparses , dont plusieurs forment l'archipel de Magellan de quelques géographes, dénomination nouvelle peu heureuse , que nous avons cru ne devoir pas cou server. Nous avons composé la nôtre du nom de Mounin (Bonin), sous lequel M. Abel Remusa t et ensuite M. Klaproth , ont l'ait connaître les premiers les seules îles habitées de tout cet archipel , et nous y avons joint l'épithète de volcanique, pour rappeler le trait physique principal des iles qui forment le groupe de ce nom , dont plusieurs ont des volcans. Le groupe oriental et le groupe occidental ont reçu leurs noms de leur position, relativement aux autres iles de cet archipel.

Le grand nombre d'îles découvertes depuis l'archipel de Palaos (Pelew) jusqu'à ceux de \ iti (Fidgi) et de Hamoa (des Navigateurs), per mettent jusqu'à un certain point de les regarder comme ne formant qu'un seul archipel. Mais la science exige des subdivisions méthodiques pour aider la mémoire, pour faciliter l'intelligence des anciens voyages et des descriptions publiées par les navigateurs modernes, et en même temps pour éviter la confusion inévitable dans la description d'un si grand nombre d'iles, répandues sur un si vaste espace de l'Océan , et habitées par tant de peuplades diverses.

Nous avons pensé qu'il fallait en former plusieurs archipels, et nous avons nommé Archipel- Central tous ces groupes d'iles qui , sous différentes dénominations occupent le centre de la Polynésie, et dont la direction principale du Nord au Sud, est diamétralement opposée à celle de la grande chaine des Carolines, avec lesquelles on persiste à les ranger.

Nous avons fait disparaître de notre Océanie l'archipel de Roggewein, que quelques géographes s'obstinent encore à tracer sur les cartes de cette partie du Monde. Le voyage de M. Kotzebuc et les savantes discussions de M. Krusenstern , ont démontré la non-existence de cet archipel, du moins dans les parages où il devrait se trouver.

Nous avons étendu la dénomination de Sporades à toutes les iles de la Polynésie que, dans l'état actuel de la géographie, nous avons cru ne devoir rattacher à aucune des divisions principales. Malte-Brun a été le premier à proposer ce nom si sonore et si convenable pour les îles éparses de l'hémisphère austral. Dès l'année 1816, nous l'avons étendu dans notre Compendio di geografia à toutes les îles éparses que l'on connaissait alors dans l'hémisphère boréal. Il serait à désirer qu'en géographie comme dans les autres sciences, on fût plus porté à rejeter d'anciennes classifications , qui entravent réellement la marche de cette science, pour adopter en revanche toutes les innovations qui portent des marques évidentes d'utilité.

INTRODUCTION

Les autres archipels ne nous paraissent exiger aucune observation importante pour tout lecteur qui voudra suivre la description de notre Océanie sur des cartes où l'on trouve déjà marqués tous les résultats des plus récentes explorations dans cette partie du globe. Mais nous ne garantissons pas que les groupes que nous offrons aujourd'hui ne puissent être modifiés par les conquêtes géographiques que de nouvelles explorations peuvent amener. Un seul exemple suffira pour donner une idée des immenses varialions auxquelles cette partie de la géographie est sujette. L'archipel actuel de Paumotou ou des Iles-Basses correspond aux trois archipels distincts dans lesquels les géographes partagent celte partie de la Polynésie , savoir : L'archipel méridional , Y archipel dangereux de Bougainville, et Yarchipel de la mer mauvaise de Schoutten. Mais la découverte d'un grand nombre d'îles faite depuis une trentaine d'années par Wilson , Kotzebue, Bellinghausen , Duperrey, Beechey et autres navigateurs, a rempli les intervalles qui séparaient ces trois archipels, et obligé le géographe à les réunir dans un seul sous la dénomination A' archipel des Iles-Basses, nom qui est très approprié à la nature de ces îles , toutes presque à fleur d'eau, et entrant dans la classe des Allolons. Les découvertes nouvelles qui se succèdent si rapidement nous font même penser que les vides qui séparent aujourd'hui les Sporades pourraient bien se remplir dans quelques années. Bientôt peut-être, il faudra former un nouvel archipel des îles qui s'étendent au sud de Tahiti, et de l'archipel Paumotou, depuis l'île Rimatara jusqu'à celle de Ducie. Situées toutes sous le tropique austral ou à une très petite distance, elles forment une chaîne d'îles hautes, dirigée de l'est à l'ouest, que nous proposerions dp nommer archipel du Capricorne. Cet archipel embrasserait par conséquent le groupe de Toubouaï et les iles Pitcairn, Pâques et Sala, ainsi que le groupe de Gambier, compris dans les Sporades Australes. Nous entrevoyons encore la composition probable d'autres archipels-, mais cette énuméralion nous entraînerait trop loin.

L'histoire de Sumatra du célèbre orientaliste Marsden, celle de Java de Baffles, le mémorable ouvrage de M. Crawfurd sur les îles de l'archipel Indien, ou de la Malaisie, YEasl-India Gazeleer de M. Hamilton, qui offre un excellent résumé de tout ce qu'on a publié de plus authentique et de plus important sur la Malaisie; la statistique des Philippines de M. Thom.Comyn, et l'ouvrage remarquable que M. te comte de Ilogendorp, a publié en 1830 sous le titre modeste de Coup-d'œd sur Vile de Java, etc., sont les sources principales où nous avons puisé pour la

description de l'Océanie-Occidcnlale. Des documens importans que nous devons à l'obligeance de M. le baron Van der Cappellen avant dernier gouverneur -général de l'Océanie- Hollandaise, et de M. Schneiter, secrétaire-général à Batavia, nous ont mis à même d'améliorer la géographie politique de ces belles contrées. De même un aperçu statistique sur l'Océanie-Portugaise , rédigé par un des derniers gouverneurs de Timor , et quelques précieux renseignemens que nous devons à l'obligeance de M. le capitaine Freycinet sur l'île de Timor et sur celtes qui l'environnent, nous ont permis d'offrir d'une manière exacte l'état actuel de la géographie de cette partie du monde.

L'ouvrage de Brosse si remarquable pour l'époque à laquelle il a paru , eteeux de Fleurieu, de Burney et de Êrusenslern, mais surtout ce dernier nous ont été d'un grand secours pour tout ce qui regarde les généralités dUMonde-Maritime , et particulièrement de la Polynésie. Pour la description des autres parties nous avons consulté Collins, Wenlworlh, Cunningham, Oxley , Evans pour le Continent-Austral ou l'Australie proprement dite et pour la Diemenie (Van-Diemen) ; et les voyages maritimes de Furest, Dampier, Cook et Forster, Bougainville, Laper ouse, D'Enlrecasleaux, Wilsonr Delano, Krusenstern, Flinders, Pérou, Bellinghausen, Freycinet, Kotzebue et Charn/sso, Duperrey, Ring, d'Urville, Kolff, etc., pour le Continent-Austral , pour la Diemenie et pour les autres terres de l'Australie ou Océanif- Centrale -, les descriptions de Marsden et Edwardson, pour la Nouvelle-Zélande; d'Ellis et de ses savans collaborateurs pour la Polynésie, et spécialement pour les archipels de Sandwich et de Tahiti-, de Mariner pour ceux de Tonga et de Viti. Nos liaisons d'estime et d'amitié avec plusieurs officiers et savans qui ont fait partie des expéditions mémorables de MM. Freycinet , Duperrey et d'Urville et de celles de M. Bellinghausen nous ont valu la connaissance d'une foule de faits importans. Nous nommerons entre autres MM. Gaimard, Lesson et Garnot, parmi les Français ; et M. Simonoff, parmi les Russes. Nous devons à l'obligeante amitié de M. Jules de Bios» seville, officier de la marine royale, la correction de quelques inexactitudes qui nous étaien échappées dans la rédaction de cette partie de notre abrégé, dont il a revu les épreuves en y ajoutant plusieurs renseignemens, résultats de ses observations locales. Nous avons déjà signalé dans le texte les nombreux emprunts que nous avons faits à Y Histoire des colonies pénales de l'Angleterre dans l'Australie > publiée par U.Ernest de Blosseville.

On vient de voir l'indication fidèle des sources nombreuses auxquelles on a puisé pour la rédaction de cet abrégé de géographie. Nous n'avons pas^ la prétention

ridicule de croire que notre livre soit exempt d'erreurs; mais nous avons fait tous nos efforts pour arriver à ce degré d'exactitude que comporte un sujet aussi

A LA GEOGRAPHIE

vaste et aussi varié. Nous y avons consacré dix ans de recherches ; nous pouvons même dire que la plus grande partie de notre vie n'a été employée qu'à nous préparer à sa composition.

En rédigeant cette introduction , notre but était non-seulement de coordonner les observations répandues dans le corps de l'ouvrage pour signaler l'état actuel de la science, mais aussi de résoudre le problème récemment proposé par la Société royale de Londres (*), en déterminant les limites de la science du géographe, en signalant tout ce que nous connaissons de positif en géographie, en indiquant tout ce qui est douteux et tout ce qui reste encore à connaître.

Dans tout ce qui précède, nous avons cru devoir suivre l'exemple que nous donnaient les Hiunboldt, les Olivier, les Ritter, les Malte-Brun, etc. , en citant à chaque pas les sources auxquelles nous puisions. Oubliant que trente années d'études spéciales et de nombreux ouvrages géographiques et statistiques , favorablement accueillis par le public, nous donnaient peut-être le droit de compter sur nos propres forces, nous n'avons vu devant nous que l'immensité du sujet que nous embrassions et toutes les difficultés que nous opposaient ses innombrables détails. Nous avons imploré le secours des savans qui avaient bien voulu nous aider dans la composition d'autres ouvrages, et, comptant toujours sur cette aménité de caractère, sur cette exquise politesse qui, dans tous les temps et dans tous les pays , ont si justement recommandé le nom français, nous nous sommes adressé à un grand nombre de savans et de personnes distinguées de la nation dont nous empruntions la langue, et nous en avons obtenu la plus généreuse coopération. Nous nous plaisons à le reconnaître, c'est à l'assistance désintéressée de tant de Français et d'étrangers estimables que nous devons l'avantage d'avoir pu éviter une foule d'erreurs qui déparent les meilleurs ouvrages de nos prédécesseurs; c'est à leurs lumières que nous sommes redevable de tout ce que notre livre offre de moins im-

parfait. Nous prions tous nos généreux et savans collaborateurs de vouloir bien recevoir ici l'hommage sincère de notre vive reconnaissance.

Mais en suivant nous-méme des exemples généreux, n'avons-nous pas acquis le droit d'attendre qu'on se prescrira , à notre égard , la même ligne de conduite.

Dès qu'un ouvrage a été publié, l'usage en appartient au public, chacun le sait, mais la propriété en reste à l'auteur : c'est ce que quelques personnes paraissent ignorer. Si les emprunts avoués sont la récompense la plus flatteuse qu'il puisse retirer de ses veilles, il n'en est pas de même des emprunts clandestins. Ceux-ci tendent manifestement à le dépouiller de ses droits aux suffrages de la partie du public, fort nombreuse de nos jours, qui est avide de lumières , mais qui n'a point assez de loisir pour pouvoir tout connaître et tout confronter. Or, n'est- il pas fâcheux, pour un auteur consciencieux et original, qui a toujours soin d'indiquer les autorités d'après lesquelles il écrit, de se voir ravir ainsi le fruit de ses travaux. Absorbé par la quantité innombrable de recherches et de calculs qu'exigeait la rédaction de cet abrégé et de nos tableaux de statistique comparée, nous avons eu la douleur de reconnaître sou-, vent, dans des ouvrages de la nature la plus différente, les résultats de nos veilles, sans qu'on indiquât la source à laquelle on les avait empruntés. Nous avons même vu l'injustice et la malveillance de certains écrivains portées au point d'attribuer nos travaux à des auteurs imaginaires,1 pour nous frustrer de l'honneur qui nous était dû. Mais, et cela seul nous console, nous avons rencontré aussi des hommes consciencieux qui, préférant les progrès de la science et la vérité à une gloire usurpée, ont eu la délicatesse de signaler les emprunts qu'ils nous ont faits, et que nous regardons comme une honorable récompense de nos travaux. Nous nous bornerons à citer les savans et consciencieux rédacteurs du Compa?iion lotheAlmanac, et l'éditeur Au Dictionnaire classique et universel de géographie mo-

(*) An essay on the actual state of géography in its various departments , distinguishing the known from Ihe unknown, and showing wli.it bas bcen , and romains to be doue iu order to

render it an exact science ; together with an indication of the best processes to be adopted in order to supply the sevcral desiderata.

IAX

INTRODUCTION

derne, ouvrage que, malgré ses imperfections, nous n'hésitons pas à proclamer le meilleur en ce genre, parce que M. Hyacinthe Langlois, ayant indiqué à la fin de chaque article la source à laquelle il a puisé pour sa rédaction , ce dictionnaire .offre., aux personnes qui ne sont pas étrangères à l'histoire de la science, le moyen d'en apprécier la valeur et l'exactitude.

Indépendant de tous les partis, complètement étranger à la politique, toujours prêt à louer nos rivaux et même nos ennemis, nous avons peut-être acquis le droit de compter sur la justice, l'impartialité et l'indulgence des auteurs des Journaux et des Revues, qui nous ont donné si souvent des preuves de bienveillance. Nous attendons beaucoup de ces hommes courageux dont la mission est de conserver /es droits imprescriptibles et sacrés de la propriété littéraire. Né sur le sol de l'Italie, nous avons habité la France durant la meilleure partie de notre vie, et c'est dans sa langue qu'ont été publics nos ouvrages les plus importans. En la quittant, nous avons voulu lui laisser, par cet abrégé, un souvenir de notre reconnaissance pour la noble hospitalité qu'elle nous a donnée. Nous mettons ce travail, que tant de recherches et de sacrifices ont tendu à rendre digne du but élevé dans lequel nous le rédigions, sous la protection des lois, des magistrats civils et des magistrats littéraires.

Nous insistons d'autant plus sur ce sujet, que ce n'est pas ici notre propre cause que nous défendons : n'est-elle pas celle de l'Editeur consciencieux et éclairé qui nous a si généreusement offert son concours , et qui , ne reculant ni devant des sacrifices sans nombre, ni devant les lenteurs inséparables d'une semblable entreprise, a consacré, malgré les temps les plus difficiles, de grands capitaux à l'exécution de cette œuvre? N'est-elle pas aussi celle de nos nombreux collaborateurs, qui ont mis généreusement à notre disposition les précieux documens qu'ils avaient recueillis, soit dans leurs voyages, soit dans leurs études? Or, celui qui emprunte des fragmens à notre ouvrage sans îe citer, commet un double plagiat, parce qu'il frustre à-la-fois et l'auteur qui a fourni ses observations et celui qui les accoordonnées, en même temps qu'il prive le public des moyens de recourir aux

sources primitives. Cette dernière circonstance est tellement importante m géographie , que tout ce qui n'est pas appuyé de témoignages authentiques, n'a droit à aucune confiance. Que l'on ne trouve donc pas étrange qu'un homme, qui a si long-temps médité sur cette branche des connaissances humaines, insiste sur ce point essentiel. Nous défendons àla-fois la cause de nos collaborateurs, l'intérêt de la science, et la seule propriété que nous aient créée nos longues veilles; car, nous ne rougissons pas.de l'avouer, la réputation que nous ont value nos ouvrages est tout ce que nous possédons, après avoir consacré notre vie entière à l'étude, et avoir employé dix ans à élever aux dépens de notre santé, de notre fortune et de notre carrière civile, le monument que nous livrons au public.

C'est ainsi que nous nous exprimions en septembre 1832, dans l'introduction de notre Abrégé de Géographie , un mois avant sa publication.

De retour en Italie, aussitôt que l'état de notre santé nous permit de reprendre nos travaux, nous nous mîmes à l'œuvre. Sans être arrêté par les éloges, dont la presse périodique de toutes les nations et de toutes les couleurs avait honoré notre ouvrage, nous l'avons parcouru d'un bout à l'autre pour n'y voir que les défauts et les lacunes. N'ignorant pas que notre description de l'Europe avait été rédigée d'après trois cadres différens, c'est-à-dire d'abord pour en faire un ouvrage qui ne devait former qu'un volume de 600 à 700 pages, plus tard un volume de îooo, enfin un de 1500, nous savions que ses premières parties n'étaient nullement en harmonie avec celles du milieu, ni cellesci avec les premières et les dernières. Nous vîmes donc qu'il fallait ajouter, étendre, quelquefois même retrancher, pour offrir un tout homogène dans ses différentes parties. Aussi avons - nous entièrement refait la topographie de la Suisse, de V Italie , de la monarchie Prussienne , de la Confédération germanique, de la république des îles Ioniennes, une grande partie de celles de X empire d'Autriche, du royaume de Belgique,et duroyaume actuel àesPays- Bas. Nous avons senti toute la portée du reproche qu'un savant ami, M. de La Renaudière, nous a fait, dans l'éloquent et spirituel article qu'il a publié dans les

A LA GÏOGRAPHÎE.

Nouvelles Annales des Voyages, sur la première édition de cet Abrégé; et nous avons donné à la topographie de la France toute rétendue qu'exigeait le but élevé dans lequel nous avions rédigé cet ouvrage.

Outre les publications citées dans le texle et dans la préface de la première édition , nous nous plaisons à nommer ici les Archives de Bernouilli pour la Suisse,le Dictionnaire géographique de la Belgique et de la Hollande par Dewez , et l'ouvrage de Le Peintre, etc., pour les royaumes des Pays-Bas et de Belgique,les ouvrages de Rohrer, de Kees, de Blumenbach, de Federigo, de Brodmanu , etc., etc., pour l'empire d'Autriche. D'obligeantes communications que nous devons à feu le cardinal Zurla, au comte Leopold Cicognara et au chevalierParma, à MM. les comtes Alexandre Papafava et François Dandolo (fils du viceamiral autrichien de ce nom), au chevalier Louis Cibrario, à MM. Furlanetto et Menni, professeurs à l'université de Padoue, à M M . Sanquintino et Buttafuoco, et à quelques autres qui ont voulu garder l'anonyme, nous ont aidé à enrichir la topographie de l'Italie de faits impartiras, et à la purger de quelques erreurs qui nous étaient échappées. M. le comte Augustin de Capo a" I strias, frère du célèbre diplomate président de la Grèce, a été assez obligeant pour nous fournir plusieurs faits importans, dont quelques-uns ont été encadrés dans la description du nouveau royaume de la Grèce, et les autres trouveront place dans YEssai statistique de la Terre, que nous allons publier incessamment. C'est à M. Doria Prossalendi, de Corfou, que nous devons la plupart des perléctionnemens que nous avons fait subir à la topographie des lies Ioniennes.

Notre honorable et savant ami M. Léon Galibert, versé dans la statistique et l'économie politique, et qui depuis quelques années dirige avec un talent remarquable la publication de la Revue Britannique , a bien voulu faire d'importantes additions à l'article gouvernement de la France.

Entrant dans l'esprit qui nous avait fait étendre si considérablement la description de cette monarchie, il a ajouté plusieurs faits importans aux articles industrie, commerce, instruction publique, et même quelques indications historiques.

qui, quoique étrangères au cadre de cet ouvrage, ne peuvent manquer d'intéresser le public français, pour lequel cet ouvrage a été primitivement rédigé. L'équité et la reconnaissance exigent aussi que nous déclarions ici que ce savant estimable a bien voulu se charger de la révision du style et de la correction typographique de cette partie de l'ouvrage , que notre séjour actuel à Vienne ne nous permettait pas de faire nous-même. Nous le prions d'accepter ici nos remercimens les plus sincères.

Les nouveaux faits dont la géographie s'est enrichie par la publication de quelques ouvrages importans, nous ont engagé à refaire entièrement la topographie du Turkestan, du royaume de Lahore, des principautés du Sind en Asie, de Yempire de Maroc, de V Algérie, d'une partie de la Nigritie-Centrale et de la Côte-Orientale en Afrique , de V Amérique-Anglaise -du -Nord ; et nous avons cru devoir entièrement refaire la description des archipels des Carolines et de Vili. Outre les ouvrages nommés dans le texte et dans la préface, nous avons consulté surtout le mémorable voyage du capitaine Burnes, la statistique de l'empire de Maroc par M. Grâberg de Ilemsô, l'ouvrage de M. Genty de Bussy, le voyage des frères Lande?', celui du capitaine Owen, ceux des capitaines Ross et Back, Lûtke et d'Urville.

La description d'autres pays a été aussi considérablement modifiée. Pour ne parler que des contrées hors de l'Europe, nous citerons la topographie de Y Arabie, du royaume de Siam, des empires d'An-nam et de la Chine, etc., etc., en Asie; de la région du Nil, etc., etc., en Afrique; de la Confédération Anglo- Américaine et des trois nouvelles Républiques qui remplacent celle de Colombie, de la nouvelle Confédération Bolivia- Péruvienne , de la Patagonie , des républiques du Chili et de Y Uru guay en Amérique. Nous avons aussi encadré à leur place les nouvelles découvertes faites dans le grand Océan-Austral par le capitaine Biscoe; décrit le nouveau bassin de Murray ou Murumbidge dans l'Australie; signalé le nouveau détroit qui changea en une lie une partie considérable de la Papouasie (Nouvelle- Guinée), et présenté le tableau exact des divisions administratives actuelles de la

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