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CHAPITRE I

Du système de l'univers.

Si, pondant une belle nuit, nous dirigeons nos regards vers l'immensité de l'espace que présente la voûte apparente du firmament, nous y voyons les étoiles, dont le nombre, au premier coupd'œil. parait très grand, et qui cependant se réduit à environ deux mille lorsqu'on veut les compter. Mais si nous armons nos yeux d'un télescope , ce nombre augmentera en raison de la force ampliative de l'instrument, de manière que nous parviendrons à en apercevoir plusieurs millions, sans qu'on puisse dire jusqu'à quel dogré ce nombre s'accroitrait , si nous pouvions inventer des instrumens encore meilleurs. Tous ces astres ne sont que des corps lumineux , qui , comme notre soleil , brillent d'une lumière qui leur appartient ; l'analogie insinue que ce sont autant de soleils , autour desquels, comme autour du nôtre, se meuvent d'innombrables mondes ou planètes. De cette hypothèse si probable de l'astronomie, naît la plus liaute idée que l'homme puisse concevoir de la toute-puissance du créateur et de la suprême sagesse de l'auteur d'une œuvre si bien ordonnée, si magnifique et si étendue.

Le seuYsyslème que les astronomes soient parvenus à connaître avec certitude est celui dont notre soleil est le centre , et qu'ils appellent système solaire. Placé près du centre de gravité des corps qui forment son. système, cet astre lumineux compte il planètes, 18 satellites et un nombre indéterminé de comètes qui tournent autour de lui par l'effet de la gravitation , en recevant de cet astre la lumière et la chaleur.

La ligne de la révolution que parcourent tous ces • «orps opaques, c'est-à-dire obscurs par eux-mêmes, soit autour du soleil, soit autour des planètes

principales, s'appelle orbite. Les planètes et leurs satellitesont une figure sphérique , et tournent sur leur axe pendant qu'ils effectuent leur révolution autour du soleil ou autour de leur planète principale.

La Terre, que nous habitons , est une de ces planètes. Elle est animée comme les autres de deux mouvemens. Nous devons à celui de rotation, qu'elle exécute en 23 heures 56 minutes et 4 secondes, le mouvement apparentdu soleil, qui produit l'alternative du jour et de la nuit; nous devons à celui de projection autour du soleil, ou à son mouvement annuel, qu'elle opère en 3C5 jours 5 heures 48 minutes et 45 secondes , le mouvement apparentannuel dusoleil , quiproduitl'altcrnative des saisons.

Le soleil surpasse de beaucoup en masse et en volume la totalité du volume et de la masse des corps qui tournént autour de lui.

Les planètes peuvent être divisées en deux classes : les apparentes et les lélescopiques. Les premières sont visibles à l'œil nu , et ont été connues dès la plus haute antiquité; les secondes ne peuvent être vues qu'avec le secours des télescopes, et n'ont été découvertes que depais peu. Ces dernières sont : Uranus, découvert par Herschcll en 1781; Cérès, par Piazzi en 1801; Pallas , par Olbers en 1802; Junon, par Harding en 1804 ; et resta, par Olbers en 1807.

Voici les noms des il planètes , énoncées d'après l'ordre de leur distance du soleil : Mercure, Vénus, la Terre , Mars, Vesla, Junon , Cérès , Pallas , Jupiter, Saturne et Uranus.

Toutes ces planètes , ainsi que nous l'avons déjà indiqué, sont autant de corps opaques , qui ne sont

PRINCIPES GENERAUX. CH. U

visibles que parce qu'ils réfléchissent la lumière du soleil ; toutes se meuvent autour de cet astre , d'occident en orient , dans des orbites presque circulaires et très peu inclinées sur le plan de son équafceur. 11 n'y a que les 4 planètes découvertes récemment : Cérès, Pallas, Junon et Vesta qui s'écartent de la ligne de l'écliptique de plus de 9°, c'est-à-dire qui dépassent les bornes du zodiaque. ( On désigne les degrés par ° placé à la droite et un peu au-dessus du chiffre qui en exprime le nombre; les minutes par', et les secondes par". Cette remarque doit s'étendre à tous les passages de cet abrégé où il sera question de degrés et de leurs subdivisions. )

Les orbites des planètes n'étant pas exactement circulaires, mais elliptiques , il en résulte qu'une planète n'est pas toujours à la même distance du soleil. On appelle distance moyenne celle qui tient le milieu entre la plus grande et la plus petite distance.

ïl faut aussi remarquer que les planètes primaires, qui sont les plus rapprochées du soleil , telles que Mercure , Vénus , la Terre et Mars , effectuent leur mouvement de rotation dans l'intervalle d'àpeu-près24 heures, tandis que Jupiter ai Saturne, et peut-être aussi Uranus, qui sont plus éloignées, n'emploient qu'environ' 10 heures pour achever leurs révolutions diurnes.

Dix-huit globes plus petits que les planètes primaires circulent autour de 4 de ces dernières, et roulent aussi sur eux-mêmes, mais très lentement. Les astronomes modernes les ont appelés satellites ou planètes secondaires.

Les anciens ne connaissaient qu'un seul satellite : c'était la Lune, qu'ils regardaient à tort comme une planète principale. Les modernes ont découvert les 17 autres. Jupiter en a 4 qui circulent autour de lui; Saturne en a 7, et Uranus 6. Tous parcourent leur orbite dans un plan très peu incliné sur celui de la planète dont ils suivent les lois , et circulent autour d'elle dans le sens de son mouvement de rotation. Les astronomes ont aussi découvert que tous les satellites sont doués d'un mouvement de rotation sur leur axe , mais très lent en comparaison de celui dont est animée leur planète principale. Ce mouvement est précisément égal à la durée de leur révolution autour de cette dernière, en sorte qu'ils lui présentent constamment la même face et ont des jours égaux au temps de leur révolution entière. Saturne, outre ses sept lunes, est entouré d'un anneau immense, qu'on avait cru d'abord unique. Herschell a prouvé qu'il était double, et maintenant on soupçonne que cet anneau se compose d'une série de lames annulaires dont on ignore le nombre-, elles sont placées à de fort petites distances les unes des autres, et sont peut-être douées de rnouvemens indépendans. Quoi qu'il en soit de la composition de cet anneau , il est démontré qu'il tourne sur le même axe que la planète, mais un peu plus lentement : par sa position inclinée il lui donne une figure allongée , et souvent il la fait paraître comme au milieu de deux anses.

La troisième classe des corps opaques , qui appartiennent au système solaire, sont les comètes. Ces corps, qui out été dans tous les temps le sujet

de la terreur du vulgaire, qui les considérait comme des présages de guerre, de peste ou d'autres grandes calamités , sont les moins connus des corps célestes de notre système. 11 parait qu'ils se meuvent tous autour du soleil dans une courbe particulière , dont cet astre occupe le foyer, et que cette courbe est une ellipse très excentrique, qui coupe l'écliptique ou l'orbite de la terre dans toutes les directions. Elles doivent leur nom aux queues et aux chevelures qui le plus souvent les accompagnent, et qui sont quelquefois d'une longueur prodigieuse. Les astronomes modernes sont parvenus à déterminer le temps qu'emploient quelques comètes à faire leur révolution autour du soleil. La fameuse comète dont Halley fut le premier à prédire le retour n'achève sa révolution qu'en 76 ans environ ; elle a reparu en octobre 1835. Celle qu'on appelle d'Enke , parce que cet astronome a découvert de nos jours sa périodicité, achève sa révolution en 3 ans et un tiers environ.

Les constellations ou astérismes sont des figures tout-à-fait arbitraires, qu'on suppose dessinées sur la surface concave du ciel et auxquelles on affecte les étoiles qui s'y trouvent comprises , afin de les reconnaître plus facilement ; ce sont des animaux, des instrumens, des hommes auxquels les premiers astronomes consacrèrent certains espaces célestes , mais en général sans leur donner le moindre rapport avec les figures réelles que forment les astres. Aux 48 constellations des anciens , Bayer et Hévélius en ajoutèrent chacun 12 ; Halley, 8; Lacaille, 16; et d'autres astronomes plus récens , 12 ; en sorte que la sphère apparente du firmament est maintenant composée de 108 constellations; mais c'est dans les anciennes que se trouvent les étoiles les plus remarquables. On appelle constellations zodiacales les 12 suivantes, qui forment le-zodiaque etdontvoiciles noms i le Béliei\\e Taureau, les Gémeaux , Y Écrevisse , le Lion, la Vierge , la Balance , le Scorpion, le Sagittaire, le Capricorne , le Verseau et les Poissons. Ces constellations se composent de 1144 étoiles; celle du Taureau en a le plus grand nombre ; celle du Bélier le plus petit ; celleci en compte 42, l'autre 207.

Quelle longue série d'observations n'a-t-il pas fallu faire ; que de conquêtes n'a-t-il pas fallu réaliser avant de parvenir à la connaissance des sublimes vérités qui constituent l'astronomie ! l'enfance des sciences qui lui servent de base, l'illusion des sens, le défaut d'instrumens, ne permirent pas aux anciens de s'élever par l'expérience jusqu'à la connaissance du véritable système du monde. Aristarquc de Samos, Pythagorc et quelques autres philosophes grecs soutinrent, il est vrai, que le soleil était fixe , et que la terre, ainsi que les autres planètes , tournaient autour de cet astre ; mais cette vérité de spéculation isolée , et si contraire aux sens, n'étant pas soutenue par des démonstrations rigoureuses et évidentes, tomba dans l'oubli.

Au commencement du n* siècle de l'ère chrétienne, Ptolémée rassembla tout ce qu'on connaissait de son temps en astronomie , et en fit un corps de doctrine. Afin d'expliquer les phénomènes que présentait le firmament, il supposa, d'après

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