ROYAUME DE KANDAHAR
Kandahar Kandahar; Meïmoud, chef-lieu de la tribu Dourani nommée Popal-
sei, à laquelle appartient la dynastie qui a régné jusqu'à ces jours
Ourghessan, chef-lieu de la tribu des Bahriksei. F aurah i . Farrah (Furrab). Les Ghildji dans le pays d'Oke, et les Nourseis
tribu de Douranis dans le district de leur nom , sont les nomades les
plus nombreux de cette province.
Sivi Sivi(Sevi). Les Kakers, tribu Afghane très nombreuse.
1STAN ou SEDJ1STAN.
Soult. de Djelalàbàd. . Djelalàbàd (Douchak) ; Koulinoul, Rodbar. Kuanat d'Illoum-dar . . Illoum-dar.
topographie. Resserré par l'espace, nous nous bornerons à la description de quelques-unes seulement des villes les plus considérables des trois états que comprend actuellement cette partie de l'Asie, en commençant par le royaume de Kaboul.
Dans le royaume de Kaboul nous décrirons d'abord :
Kaboul, ville de médiocre étendue, bâtie sur les bords du Kaboul, au milieu d'une plaine délicieuse, bien cultivée et très peuplée, dont la beauté et la fertilité ont été célébrées par plusieurs auteurs de la Perse et de l'Inde. Kaboul est en-
vironnée d'un mur en briques. Le Hallaliissar, bâti sur le sommet d'une colline, est une espèee de citadelle , où le roi a son palais. Ce dernier est vaste et magnifique ; il offre trois tours, dont les flèches sont dorées, et une vaste salle soutenue par des colonnes. Une autre citadelle sert de prison d'état surtout pour les princes du sang. Dans le centre de la ville proprement dite, qui est entourée de murailles et de tours, il y a une grande place et quatre vastes bazars à deux étages et voûtés. La plupart des maisons sont en bois ; les autres sont en pierres et en terre. Avant les troubles qui agitent
ASIE
le royaume, on accordait 80,000 habitans à cette ville, où se trouvaient une colonie d'Arméniens et une autre de Juifs.
M. Burnes trouva ces derniers réduits à 3 familles, et les Arméniens à 21 individus. Ce savant voyageur n'accorde plus que 60,000 âmes à Kaboul, dont le commerce, naguère si florissant , est bien déchu.
Kaboul est regardée comme le plus grand marché aux chevaux de tout l'Afghanistan. Sur le sommet d'une des collines qui environnent cette ville on admire le tombeau de l'empereur Baber , d'où l'on jouit d'une vue magnifique.
Ghaznah ou Ghizineh, ville très déchue de ce qu'elle était lorsque les sultans Ghaznevides y siégeaient. Tous les beaux monumens élevés par le grand prince Mahmoud, ses bains magnifiques, ses superbes mosquées, ses riches palais, ses beaux et nombreux bazars ont disparu depuis longtemps. Dévastes décombres dans les environs, deux minarets de 100 pieds de haut, le tombeau de Mahmoud bâti en marbre et surmonté d'une coupole , ceux de Beloli-le-Sage et de Hahim sunai, et la digue de Mahmoud, sont tout ce qui rappelle la splendeur de cette ville , qui a été pendant deux siècles la capitale de l'empire des Ghaznevides et une des plus grandes et belles cités de l'Asie. Le grand nombre de saints personnages qui y sont enterrés l'ont fait nommer par les Mahométans la seconde Me'dine ; plusieurs musulmans y vont encore en pèlerinage.
On doit ajouter que , malgré sa basse latitude, Ghizneh est une des villes les plus froides de l'Asie, àcause de la grande élévation du sol sur lequel elle est bâtie.
Les relations les plus récentes ne lui accordent que 1500 maisons.
Nous nommerons encore Bamiam , ville de médiocre étendue , remarquable dans le voisinage de l'ancienne Bamiam, entièrement abandonnée et consistant en un nombre prodigieux d'excavations faites dans le roc. Aboul-Fazel en compte 12,000, y compris celles de ses environs. On y voit encore deux énormes statues de 50 coudées
de haut représentant un homme et une femme, et une autre de 15 coudées, qui parait représenter leur fils -, ces statues adhèrent à la montagne et sont posées dans des niches. Ces imposantes ruines, que M. Hamilton appelle la Thèbes de l'Orient, mériteraient bien que des voyageurs intelligens en fissent le but d'un voyage archéologique.
Dans le r oy a urne de Kandahar, nous ne décrirons que Kandahar, ville fortifiée, au milieu d'une plaine fertile et bien cultivée qui s'étend entre FOurghendàb et le Tarnak. Bâtie d'après un plan régulier par Nadir-chàh, dans le voisinage de l'ancienne , avec des rues bien alignées quoique étroites, Kandahar est une des plus belles villes de l'Asie. Ses maisons sont en briques et en général à plusieurs étages ; celles des chefs Douranis, qui , presque tous, y ont une habitation, passent même pour être élégantes. Au milieu de la ville se trouve une vaste rotonde voûtée nommée Tchasou, garnie intérieurement de boutiques et à laquelle aboutissent les quatre rues principales. Le ci-devant palais royal, la mosquée qui est voisine et le tombeau d'Ahmed- chah surmonté d'une belle coupole sont avec le Tchasou ses édifices les plus remarquables. Kandahar a été la capitale du royaume pendant tout le règne d'Ahmed-chàh ; elle en est encore la première place pour le commerce et pour les fabriques , et celle où l'on frappe la monnaie. En 1809 on portait sa population à environ 100,000 âmes.
Dans le Si s tan, dont la plus grande partie ne consiste qu'en déserts arides , on doit distinguer les possessions de deux princes , qui, avant les derniers troubles , n'étaient que vassaux et quelquefois tributaires du roi de Kaboul. Les deux petites villes de DjelalâbÂd et Illoumdar , qui en sont les capitales respectives , n'offrent rien de remarquable ; le sultan d'Illoumdar est beloutchi d'origine. Le Sistan forma jadis le patrimoine féodal de Rostam, l'Hercule persan , qui , à en croire les écrivains nationaux , vécut plusieurs siècles , et servit pendant longtemps de boulevard à l'Iran contre les entreprises des peuples du Touran.