INDE T K AN SG A N G E T I QU S
habitans en est la capitale. Bahaoulpour (Baiiawulpoor] , peu éloignée de la rive gauche du Seth-dje; c'est une assez grande ville , florissante par son commerce ; ses négocians vont à Balkh, à Boukliara et jusqu'à Astrakhan; on estime sa population à 20,000 âmes. Ouch, prés de la rive gau- ( lie du Tchenab, ville assez grande et commerçante, située dans un territoire très fertile, avec environ 20,000 habitans; Dauaoul (Dura-
wul) château fort, très ancien, que M. Burnes dit être la seule forteresse de cet état. Nous ferons observer que toutes ces villes sont situées dans un rayon de 25,000 milles d'Ahmedpour , et qui; dans la partie du désert, qui comprend une <i grande portion de cet état, vivent les Daoudpoutras (Daoodpootras) peuplades guerrières et mahométanes, qui comptent près de G0,000 individus.
Royaume des Maldives.
Ce royaume se compose de l'archipel des Maldives, vaste assemblage de plusieurs milliers d'écueils formant 17 groupes ou atollons. Parmi ce grand nombre d'écueils, 40 à 50 se distinguent par leur étendue ; ils sont cultivés et ont une population permanente. Le souverain de ce petit état prend le titre pompeux de sultan et réside dans une jolie ville, qui occupe toute l'Ile de M a le, laquelle a trois milles anglais de tour et qu'on re-
garde comme la plus grande de cet archipel. Le palais du souverain est une espèce de forteresse d'une chétive apparence; mais la ville est ornée de deux belles mosquées ; l'art et la nature l'ont rendue très forte. Elle a un port d'où partent tous les ans plusieurs petits bàtimens qui vont à Atchin (Achin) dans l'Ile de Sumatra et à Balassore dans l'Orissa.
Dans l'introduction à la description de l'Inde nous avons signalé les dénominations impropres qu'on a données à cette l égion. On doit faire la même remarque sur la dénomination que depuis quelques années on s'accorde généralement à donner à celle-ci d'après un célèbre géographe. Les noms Indo-Chine et de peuples Indo-Chinois nous paraissent très impropres, puisque les habitans de ce pays n'ont rien de commun ni avec les Hindous ni avec les Chinois. Nous avons donc préféré adopter pour cette vaste contrée, l'ancienne dénomination iV Inde-Transgangétique , qui au moins ne contient aucune indication fausse , puisque toute cette partie de l'Asie est au-delà du Gange ; on pourrait aussi et même mieux l'appeler Inde-Ultérieure, *u égard à sa position relativement à nous.
position astronomique. Longitude orientale, entre 88° et 107°. Latitude, entre i° et 27".
confins. Dans l'introduction à la description de l'Inde , nous avons tracé la limite naturelle occidentale qu'il faudrait donner à cette contrée. Les géographes s'accordent cependant à lui assigner pour limites : au nord, l'empire Chinois,
savoir : le Boutàn , le Tibet et la Chine proprement dite. A Vest, la Chine le long d'un petit espace , ensuite la mer de la Chine. Au sud, cette même mer, le détroit de Singapour et le golfe du Bengale. A V ouest , le détroit ou canal de Malacca , le golfe du Bengale , le Bengale dans l'Inde et le Boutàn dans l'empire Chinois.
fleuves. La partie supérieure du cours des quatre grands fleuves de l'Inde- Transgangétique , à l'exception du Brahmâpoutra, est encore réellement incon nue, quoiqu'on la marque sur les cartes d'une manière positive , et malgré les longues recherches faites par les plus savans géographes afin de pouvoir le connaître. Tout en rendant justice au profond savoir de M. Hamilton , nous n'hésitons pas à nous ranger du côté de M. Klaproth, relativement aux sources de l'Iraouaddy, du Salouen et du Kambodje ou Menam-kong. Quant à celles du Brahmâpoutra , l'exploration faite en 1827 par les lieutenans Wilcox et Burllon ne laisse plus aucun doute , et a fourni une nouvelle preuve combien les plus grands géographes peuvent se tromper lorsqu'ils veulent remplacer les faits qui manquent par des conjectures.
ASIE
L'Inde-Transgangétique a deux pentes principales : une vers le golfe du Bengale, l'autre vers la mer de la Chine.
Le GOLFE du BENGALE reçoit :
Le Brahmâpoutra , qui prend dans son cours inférieur le nom de Megna , et se joint au Gange un peu avant l'embouchure de celui-ci. Voyez les fleuves de l'Inde à la page 722.
L'AnAKAN , qui traverse le pays des Birmans et le ci-devant royaume d'Arakan. Son embouchure est très large et le Koladyng est son principal affluent à la droite.
L'Iraouaddy, qui est un des plus grands fleuves de l'Asie. Il parait prendre sa source dans le Tibet sous le nom de Zzangbo-tchou, traverse sous celui de Pin-liang-kiang la pointe occidentale du Yun-nan. Il entre ensuite dans le pays des Birmans ei traverse tout leur empire du Nord au Sud. Dans le Pegou il se subdivise en plusieurs branches qui arrosent une immense étendue de pays , et facilitent beaucoup la navigation ; c'est sur ces branches que se trouvent Bassin, Dalla, Rângoun , Syriàn et autres villes. Enfin cegrand fleuve se jette dans la mer par plus de quatorze embouchures. Ses plus grands affiuens sont tous à la droite, savoir : la rivière de Paiaenduen, qui passe par la ville de ce nom ; sa source se trouve dans les monts neigeux de Langtan -, les Birmans la regardent comme la partie supérieure du véritable Iraouaddy-, le Ky a i ndo ue n (Kyenduen), qui nait dans les montagnes del'Assam et parait être le principal affluent de l'Iraouaddy. Le cours du falouka et du Taloudin, nouvellement découvert par les Anglais, infirme beaucoup le tracé du cours de ce fleuve que nous avons donné d'après le savant travail de M. Kiaproth , travail qui a été aussi adopté par M. Berghaus dans sa Carte de l'Inde Ultérieure , véritable chefd'œuvre d'érudition et de critique géographiques. Imitant l'exemple de ce célèbre géographe , nous attendrons pour adopter une nouvelle hypothèse que ce célèbre orientaliste ait émis son opinion sur cet important problème. Le savant M. Ritter parait se ranger avec MM. Wilcox et Burlton, qui font de l'Iraouaddy et du Zzangbo-tchou deux tourans différens.
Le Zittang, qui nait dans le pays des Birmans, le traverse en partie, et, après avoir arrosé le Pegou, se rend à la mer par une embouchure tellement large, qu'elle ressemble plutôt a un bras de mer qu'à un fleuve.
Le Thsân-louen ou Salouen, qui parait naitre dans les montagnes de la partie septentrionale du K'ham, province du Tibet, où il est connu sous le nomd'OÏR-Tcuou; il traverse le Yun-nan, sous la dénomination de Nou-kiang ou Lou-kiang. En sortant de cette province de la Chine , il prend le nom de Salouen , en séparant le Mrelap dans l'empire Birman, du Louachan et du Yunchan dans le royaume de Siam. Ce fleuve se jette enfin dans la mer après avoir coupé inégalement, entre les Birmans et les Anglais, le ci-devant royaume deMartaban, et après en avoir arrosé l.i capitale du même nom; la ville d'Amheist. bâtie récemment, est peu loin de son embou-
chure. La carte de Wyld et celle de Carry représentent diverses branches qui établissant plu sieurs communications entre le Salouen , le Zittang et l'Iraouaddy.
Le Tavay et le Tenasserim sont deux fleuves d'un cours borné ; le premier nait dans la province de Ye et passe par Tavay ; le second prend sa source dans celle de Tenasserim, et passe par la ville de ce nom et par celle de Merghi. La MER DE LA CHINE reçoit:
Le Menam ou le Fleuve de Siam, qui parait avoir sa source dans le Yun-nan. Ce fleuve traverse le Louachan, le Younchan ou Yangoma et le royaume de Siam proprement dit, en passant par Tchang-maï (Chima.y), Siam et Bangkok. Dans le Siam proprement dit, le Menam se partage en plusieurs branches qui coupent en un grand nombre d'iles cette fertile contrée. Dans le pays des Laos il y a la rivière Anan-myit, qui joint le Menam du Siam avec le Menam-kong du Kambodje ; des renseignemens sur le Laos, qu'on nous a donnésà Lisbonne, contiennent la confirmation de ce fait curieux de l'hydrographie de cette contrée; mais nous devons faire observer que, d'après ces mêmes renseignemens, ce n'est pas un puissant courant d'eau, comme leCassiquiari de l'Amérique qui joint le Rio-Negro à l'Orénoque, mais bien une petite rivière, qui n'est navigable que dans la saison des grandes eaux.
Le Menam-kong {Kambodje, Mekon ou Maykaoung) , qui nait dans les montagnes de la partie septentrionale du K'ham , province du Tibet , où il court sous le nom de Dza-tchou ou Satciiou; il traverse le Yun-nan sous celui de Lan- 1 hsang-kiang ; ce fleuve baigne ensuite le Laos, et , après avoir traversé le royaume de Kambodje , dépendant de l'empire d'An-nam, il entre dans la mer sous le nom de rivière de Kambodje.
Le Saung ou Donnai, dans le Bas-Kambodj'1 , son cours est très borné. Il passe par la grande ville de Saigon.
Le Sang-koï, qui est le plus grand fleuve du Tonquin. Il prend sa source dans le Yun-nan , où il est nommé Holi-kiang ; il reçoit à la droite le Li-sing-kiang. Le Sang-koï passe par Ketcho et se rend ensuite dans la mer.
Le Tche-saï-ho vient également du Yun-nan où il a sa source; après avoir traversé le Tonquin oriental , il entre dans la mer.
religion. Le Bouddhisme est professé par les Birmans, les Magh (Mugh) ou Arakaniens, les Pegouans, les Siamois, les Chan ou Laosiens, les Khomen ou Kambodjiens, les nombreux colons Chinois, et par les basses classes chez les Cochinchinois et les Tonquinois dans les empires Birman et d'An-nam , dans le royaume de Siam et dans une partie de l'Jnde-Transgangétique Anglaise; en outre par les Plan , les Singhpho et autres peuplades à demi-barbares, mais mêlé aux restes de leurs superstitions primitives. Le Br aihiamsme est professe par les peu-
INDE TRANSGANGETIQUE.
pies les plus civilisés du ci-devant royaume «l'Assam et des pays de Tipera, de Manipour ou Kassay, de Djinthia et de Katchar dans l'Inde-Transgangétique Anglaise. Une partie des hautes classes chez ies Tonquinois et chez les Coehinchinois professent les religions de Tao-sse et de Confucius. L'Islamisme est la religion de tous les Malais établis depuis plusieurs siècles le long des côtes de la péninsule de Malacca et de plusieurs îles dépendant géographiquement de l'Inde- Transgangétique , ainsi que dans le Tsiampa et quelques autres localités.
Un nombre considérable d'habitans dans le Tonquin, dans la Cochinchine, dans le Kambodje et quelques centaines dans le royaume de Siam et dans l'empire Birman professent la religion Chrétienne Catholique. Quelques milliers de Protestais se trouvent dans l'Inde-Transgangétique Anglaise. La plupart des peuplades barbares répandues dans les empires Birman et d'An-nam, dans le royaume de Siam , dans Plnde-Transgangélique Anglaise et dans l'intérieur de la péninsule de Malacca, vivent sans culte ou sont adonnées aux superstitions les plus absurdes.
gouvernement. Les grands états de l'Inde-Transgangétique sont pour ainsi dire la terre classique du pur despotisme. De même qu'en Chine, sous peine de mort, les noms de l'empereur des Birmans et du roi de Siam ne doivent jamais être prononcés pendant leur vie , par aucun de leurs sujets ; et ce nom redoutable n'est confié qu'à un petit nombre de courtisans en faveur. Dans ces deux états, ainsi que dans l'empire d'An-nam, tout homme au-dessus de 20 ans, les prêtres et les fonctionnaires publics exceptés, est obligé de consacrer au service de l'état , soit comme so!dat,soit comme laboureur,au moins chaque troisième année de son existence. Voilà pourquoi l'émigration parmi ces peuples est réputée crime de haute trahison , et comme l'équivalent d'un vol fait au prince de sa propriété. Malgré les vices de ces gouvernemens , il y règne dans les temps paisibles beaucoup d'ordre et de régularité. La justice civile et criminelle y est administrée avec plus de fermeté et moins de précipitation que chez plusieurs autres nations de l'Asie ; d'oii résulte beaucoup plus de sécurité pour la vie et les propriétés. Les formes de l'ad-
ministration chez les Birmans et les Siamois sont d'une lenteur interminable ; le contraire a lieu à la Cochinchine, où l'action du gouvernement est aussi vigoureuse que rapide. L'empereur d'An-nam se disait, il n'y a pas long-temps, vassal de la Chine, et le roi de Siam se reconnaît encore vassal de cet empire j mais cette dépendance n'existe que de nom. Le tribut qu'ils paient n'est que pour la forme , et toute intervention de la Chine dans les affaires du gouvernement est repoussée avec fermeté. Les peuplades barbares ou demisauvages répandues surlTnde-Transgangétique vivent sous leurs chefs respectifs; les unes sont plus ou moins opprimées, tandis que d'autres jouissent au contraire de la plus grande liberté.
industrie. Les nations policées de cette partie de l'Asie n'ont pas fait de grands progrès dans les arts utiles et de luxe. Ils excellent cependant dans la dorure, dans une espèce de fabrication vernissée avec du laque et ornée d'une riche mosaïque en nacre de perles, dans celles de leurs idoles depuis les plus petites dimensions jusqu'aux proportions les plus colossales , dans certains ouvrages d'or et d'argent, dans la poterie commune et dans la construction des vaisseaux et des pirogues. Les balons, dont les Siamois se servent pour la navigation sur les rivières etpourla guerre, sont faits d'un seul tronc d'arbre , quelquefois de 16 à 20 toises. Les anciens voyageurs sont unanimes sur leur beauté et leur magnificence ; les balons royaux, montés par le souverain et les grands, se distinguaient par leur forme qui variait selon la dignité du personnage, leurs sièges, leurs impériales en pyramide soutenue par des colonnes, et les sculptures des extrémités qui étaient dorées, de même que les rames. Le balon royal , manœuvré par 120 rameurs, était vraiment superbe. Il parait d'après les dernières relations, que l'art de construire ces bàlimens a dégénéré en simplicité rustique. Les Coehinchinois, au contraire, ont fait des grands progrès dans l'architecture navale et l'art nautique, ainsi que dans tout ce qui tient à l'art militaire ; ils Je doivent au vertueux évêque d'Adran , feu Pigneau , et à plusieurs ingénieurs français. En 1787 , le roi de la Cochinchine ayant été rétabli sur son trône par les soins de l'évêque d'Adran et des missionnaires français,
ASIIÎ.
plusieurs officiers et ingénieurs de cette nation furent appelés dans le pays , y formèrent des établissemens très importans et dirigèrent toutes les innovations faites par Ghia-long, quia été pour ainsi dire pour l'empire d'An-nam ce que Pierrele-Grand a été pour la Russie. Sans la révolution de 1789 l'influence française dans cette partie du monde serait devenue immense. Au reste, les peuples de ces vastes contrées ne savent pas travailltr le coton comme les Hindous, la porcelaine comme les Japonais , la soie comme les Chinois. Les soins qu'ils mettent à imiter ces derniers donnent aux Cochinchinois et surtout aux Tonquinois un grand avantage dans les arts utiles, sur les nations plusoccidentales. Ils fabriquent des cotons grossiers pour leur usage domestique, ainsi que les soies légères , qu'autrefois , dans l'enfance des manufactures européennes , on recherchait avec empressement sur nos marchés. Les grandes villes de l'Inde- Transgangétique sont le siège principal de l'industrie de ces peuples. Dans l'empire Birman l'agriculture est principalement le partage des Karyan (Karyen) , des Kyen et d'autres peuples qui n'habitent pas dans les villes et dont quelquesuns n'ont pas cessé d'être nomades.
commerce. Depuis quelques années les relations commerciales des peuples européens et surtout des Anglais avec les élats policés de cette contrée , l'empire d'An-nam excepté , sont devenues beaucoup plus fréquentes qu'elles ne l'étaient auparavant; depuis une quarantaine d'années les Chinois se sont emparés de tout le commerce du royaume de Siam, et depuis la mort de Ghia-long, de celui de l'empire d'An-nam , dont ils sont les marchands à l'étranger, les navigateurs et les matelots. Cent quarante jonques du port de 35,000 tonneaux parlent du royaume de Siam et vont annuellement à la Chine; 40 à 50 visitent annuellement le florissant établissement anglais de Singapour; ce dernier eslaussi fréquenté annuellement par d'autres jonques de la même nation qui partent de l'empire d'Annam, dont l'empereur régnant témoignait au commencement de son règne beaucoup de goût pour le commerce , et expédiait pour son propre compte un certain nombre jonques ; mais aujourd'hui il a fermé presque entièrement ses ports aux Européens et ne conserve des
relations commerciales avec l'Àrchipef- Indien, les Philippines et la Chine que par l'intermédiaire des caboteurs chinois. Outre le commerce qui se fait dans l'empire Birman par les vaisseaux européens, les bateaux birmans en font un très considérable , en se glissant pendant la belle saison , le long de la côte d'Arakan , par où ils arrivent à travers les bancs de sable jusqu'à Calcutta. Des affaires commerciales assez importantes ont lieu par terre entre les possessions Anglaises et les Birmans , entre ces derniers et la Chine, entre les Tonquinois et les Chinois. Mais les Birmans n'ont point de rapports commerciaux avec Siam ; une haine implacable et un état de guerre continuel existent entre ces deux états. Leurs frontières respectives offrent l'aspect d'un désert, et l'esclavage attend le malheureux habitant qui dépasse sa frontière ou qui a le malheur de tomber dans les embûches que ces deux peuples ennemis se tendent réciproquement.
Les principaux articles d'exportation sont : coton, soie, étain, bois de tek, bois d'aigle et de sandale , gomme laque, cachou, grains, sel, huile, sucre, ivoire , poivre , nids d'oiseaax , pierres précieuses surtout rubis et agates , fer (du royaume de Siam) , ouvrages vernissés, etc. , etc. Les principaux articles d'oiportation sont : étoffes de coton , soies ouvrées, draps, opium, velours, porcelaine , papier, thé, lin, chanvre, et un grand nombre d'articles des fabriques et des manufactures de l'Europe et de la Chine. Les principales places de commerce dans l'intérieur sont : Ava, Prome , Bhanmo, dans l'empire Birman , Ketcho , dans l'Empire d'An-nam , et Moulmeïn dans l'Inde Transgangétique Anglaise. Les principales places de commerce maritime sont : Singapour et Georgetown dans l'Inde-TrausgangéliqiLe Anglaise; Rangoun dans l'empire Birman; Bangkok et Tchantibon dans le royaume de Siam; Saigon g , Nhatrang , Hue-han ou Fdifo et Touron ou Hansan dans l'empire d'An-nam. division. En ne tenant pas compte des peuplades tout-à-fait sauvages ou demibarbares qui vivent indépendantes sur les territoires que nous avons regardés comme appartenant aux états policés de cette contrée, on peut partager l'Inde-ïransgangétique dans les six parties suivan-
INDE TRANSGANGET1QUE.
tes : Inde-Transgangétique Anglaise , de Malacca , empire d'An-nam,et empire Birman , royaume de Siam , îles appartenant géographiquement états indépendans de la péninsule à V Inde-Transgangétique.
Empire Birman.
confins. Après les grandes cessions par Tongo; tout son bassin appartient
laites aux Anglais par l'empereur actuel à l'empire. Le Salouen, qui vient du
en 1826 par le traité de Yandabou , et en Yun-nan et forme la frontière orientale
supposant que la frontière orientale de de l'empire.
l'empire soit le Salouen , les limites de divisions administratives et topo-
cet état sont: au nord, l'Assam dépen- graphie. Tout l'empire est divisé en
dant des Anglais , les cantons occupés provinces ou vice-royautés , dont le
par des tribus de montagnards peu con- nombre parait être aussi variable que
nus et PYun-nan dans l'empire Chinois, le pouvoir donné aux gouverneurs qui
A Y est, l'Yun-nan et le Salouen qui le les régissent. La division civile la plus
sépare du territoire soumis au roi de Siam commune est en myos ou arrondisse-
et de celui appartenant aux Anglais. Au mens. Ces derniers sont trop nombreux
sud, le golfe du Bengale. A V ouest , ce pour pouvoir être cités dans cet ouvrage,
même golfe, le royaume d'Arakan, le Nous classerons dans le tableau suivant
Kathy ou Kassai et autres pays regardés les principales villes de l'empire d'après
comme formant partie de l'Inde-Trans- les grandes divisions géographiques, en
gangétiquc Anglaise. rappelant que quelques-unes de ces der-
fleuves. L'Iraouaddy, qui vient du nières sont encore très imparfaitement
Yun-nan et traverse tout l'empire du connues, surtout le Mrelap-chan et le Laos
nord au sud ; nous en avons tracé le cours Birman, à la page 758. Le Zittâng , qui passe
Pays. Ciif.fs-Lieux , Villes et Lieux les t-lus remarquables.
Birma (Mrammaphalong). . C'est la patrie des Birmans. Ava ; Amarapourd (Ummeiapoura) ; Sa'tgaing (Zcekain ou Chagaïn); Kykokzeit; Yandabou, remarquable par le traité de paix de 1826; Bhanmo, principal entrepôt du commerce avec la Chine; Montdchbou, patrie d'Alompra , fondateur de la dynastie régnante, et jadis capitale de l'empire ; Pagham, presque déserte, mais remarquable par ses temples et pour avoir été la capitale de l'empire-, Miaiday; Yeynang-glieoun; Iialna-thaïn; Tongo (Taungoo); Prome (Paai-Mew , Pecaye ou Pea).
Pegou (Talong) Pegou (tiagou); Syrian; Rangoun; Meaoun, jadis très florissante
et aujourd'hui très déchue -, Bassin (Basseen - Persains); Negraïs, importante par son beau port.
Martaban Ma rtab a n, jadis capitale du royaume indépendant de ce nom et très
florissante; aujourd'hui presque déserte , malgré les avantages qu'offre sa vaste et magnifique rade.
Laos Birman Où il faut distinguer le Mrelap-chan (Kochampri), situé entre le
Birma et le Salouen ; c'est une partie du pays des Chan ou Laosciensnl est partagé entre plusieurs princes tributaires des Birmans. Ses villes principales paraissent être Seïnni (Theinni; ; Main-Pinein , Gndngrue; Mobidh; Mone. Le Laouachan (Lowashan-, Leng;,divisé en Médiat ou tributaire et en Immédiat ou soumis; le premier parait avoir pour capitale Kiaintoun; le second, Leng, sur le Menam-laï ou Menan-taï , affluent du May-kouang ; Leng était l'ancienne capitale du Laos en 1652. C'est aussi parmi ces contrées qu'il nous parait convenable de placer le royaume de Bhorkhamp ti , tributaire des Birmans et traversé par le haut Iraouaddy ; Maunghi en est la capitale.
Autres Pays tributaires. . Ce sont les territoires de plusieurs peuples plutôt tributaires que sujets des Birmans; la plupart sont régis par des chefs pris dans leur sein. Nous nommerons parmi ces peuples : les Karyans (Karayn) , qui sont les plus nombreux et qui s'adonnent à l'agriculture; les Zabaïns et les Kyens, qui sont presque aussi civilisés que les Birmans ; les Taoung-sou; les Yaou; les Palaon-, les Pyon; les Lenzen, les Lawà; les D'hanou; les Dlianao et les Za/aung.
Ava, nommée dans les documens de peu peuplée, située sur la gauche de l'Ira- Vempire RâtpU-poura (la ville des ouaddy; ses maisons clairsemées sur la Joyaux). C'est une ville grande » mais grande superficie qu'elle occupe ne sont
ASIE
à proprement parler que des cabanes couvertes de chaume. Quelques habitations des chefs sont construites en planches , mais il n'y a vraisemblablement pas une demi- douzaine de maisons en briques.
Ava renferme un grand nombre de temples, dont les longues flèches verticales, blanchies ou dorées, lui donnent de loin un air imposant, qui disparaît quand on s'en approche. Le plus considérable de ces temples est le Logarlfiarbou ; il se compose de deux édifices bâtis dans deux styles différens. L'autre bâtiment le plus remarquable est le palais du roi, quoique bâti tout en bois ; il a été achevé en 1824 ; c'est un vaste édifice dont on vante la salle d'audience pour son étendue et surtout pour la richesse de ses ornemens ; elle est partoutouverte etn'a de mur que derrière je trône ; un grand nombre de belles colonnes eh supportent le toit. On voit encore dans plusieurs endroits les ruines des anciens édifices de cette antique capitale de l'empire. M. Hamilton ne lui accordait que 30,000 habitansau commencement de 1827 ; nous croyons qu'on pourrait bien porter sa population actuelle à 50,000 âmes.
Dans ses enviions on trouve : Amarapourà , située sur la rive gauclie de l'Iraouaddy et sur les bords romantiques d'un lac. Bâtie en 1783 , elle a été la capitale de l'empire sous le dernier empereur et sous son successeur, jusqu'en 1824. Amarapourà est toute bâtie en bois , à l'exception de quelques temples; un rempart et une citadelle vaste et solide la défendent. 11 parait que le temple dit ttArakan, orné de sculptures et de 250 bautes colonnes de bois , chacune d'un seul tronc et dorée, est le plus bel édifice de cette ville; on y révère la figure colossale en bronze de Gautama , le dernier des personnages qui dans le système du Bouddhisme aient joue le rôle deBouddhah.Dans une longue galerie, construite exprès, se trouve une collection, très importante pour l'histoire, de 2C0 inscriptions anciennes et modernes apportées de diftérens lieux de l'empire-, une petite partie est gravée sur le marbre, la plupart sont taillées sur le grès. Amarapourà, à laquelle le capitaine Cox donnait en 1800 environ 175,000 habi tans, n'en contenait plus en 1827, selon M. Hamilton, que 30,000. En 1810, selon le capitaine Canning, 20,000 maisons furent détruites par un incendie; en 1839. la ville a été ruinée par un tremblement de terre.
Saïgaïng (Zeekain) sur la rive droite de l'Iraouaddy vis-à-vis d'Ava. Le nombre de sps temples tant anciens que modernes, est prodigieux ; mais plusieurs tombent en ruines depuis qu'elle a cessé d'être la capitale de l'empire. Presque toutes les < imes des collines de ses environs sont couronnées de temples , la plupart ornés de flèches et
de toits dorés. Saïgaïng, est avec la ville de Kikokzeit , le grand atelier où l'on sculpte presque toutes les statues de Gautama répandues dans l'empire; en 182G, elle était encore très peuplée; elle vient de partager le sort d'Amarapoura. ÎSous ferons observer que les trois villes que nous venons de décrire sont tellement voisines l'un*de l'autre qu'elles pourraient être regardées comme n'en formant qu'une seule. On porte leur population réunie, y compris celle de leurs banlieues respectives, à 354,000 habitans.
Les autres villes les plus remarquables de l'empire sont; Yeynang-Gueoun, dans le Birma, située à la gauche de l'Iraouaddy , ville florissante et bien peuplée ; c'est dans ses environs qu'on trouve Us sources de pétrole les plus abondantes que l'on connaisse ; elles forment une des principales branches des revenus de l'empire. Prome , sur la rive ganche de l'Iraouaddy , regardée en 1795 comme plus grande et plus peuplée que Rangoun, a beaucoup déchu depuis. Naguère on n'estimait sa population qu'à 3000 âmes ; mais des rapports plus récens disent que cette ville prospère , et lui accordent 10,000 habitans. On y construit beaucoup de vaisseaux. Tosco (Taungoo), sur le Miaï-Zittâng, capitale d'une province presque déserte qui a le titre de royaume ; c'est le fameux royaume de Tangou des voyageurs du xvie siècle, qui a causé à celte époque tant de révolutions mémorables dans l'ouest et le centre de l'Inde- Ultérieure. Comme ses habitans étaient les premiers Birmans que l'on ait connus distinctement sous cette dénomination, les géographes et les historiens ont supposé jusqu'à ce jour que le Tangou était la patrie primitive de ce peuple qui , par la force des armes, s'était répandu dans les pays voisins.
Pegou, située sur les bords du Pegou et sur l'emplacement de l'ancienne capitale du royaume de ce nom, entièrement détruite en 1757 par Alompra, à l'exception de ses temples. Elle a été rebâtie en 1790, mais elle était encore presque déserte lorsque les Anglais y entrèrent en 1824. On y admire le fameux temple de Choumadou ; c'est une pyramide composée de briques et de mortier, sans aucun creux ni ouverture, déforme octogone à sa base, et finissant en spirale. La hauteur est de 331 pieds anglais, et la circonférence de la base est de 1296 pieds. Le sommet est surmonté d'une espèce de parasol en fer doré et de 56 pieds de circonférence. Les prêtres qui le desservent prétendent qu'il a été bâti il y a 2300 ans par plusieurs monarques successifs. C'est sans contredit une des constructions les plus remarquables et les plus hautes de toute l'Asie, et supérieure, sous le rapport de l'architecture , au temple de Choudagou à Rangoun.
Rangoun, sur le Rangoun, une des branches de l'Iraouaddy. C'est la ville la plus commerçante et le premier port de l'empire. Elle a plusieurs chantiers , sur lesquels on construit les plus gros vaisseaux marchands et militaires. Rangoun est le grand entrepôt du bois de tek. Sa population , qu'on portait autrefois à 30,000 habitans, est estimée à 14,000, mais il est probable qu'elle s'élève actuellement à 20,000. A enyiron deux milles do
INDE TRANSGANGETIQIE.
distance, sur le sommet d'une colline, s'élève le l'ameux temple de Choudagon ; c'est une pyramide semblable au Choumadou de Pegou, qu'on pourrait comparera un porte-voix renversé; le parasol en 1er doré qui le surmonte est plus petit et moins baut que l'autre , mais la bauteur de la pyramide de celui-ci est de 338 pieds anglais. Le long de tout le cbeminqui mène à ce sanctuaire bouddbiste, on voit un grand nombre de petits temples bâtis par des particuliers ; abandonnés à eux-mêmes, plusieurs de ces édifices tombent en ruines, Cette magnifique pyramide nous pa-
raît être le plus haut monument de l'Asie. Dans le voisinage se trouve une cloche en bronze de sept coudées de hauteur, cinq de diamètre etdouze pouces d'épaisseur, qui sert à annoncer les offrandes faites au temple et les actes de dévotion mis en pratique. Cette cloche a été érigée vers l'an 1780 par le prince du pays quia cru par là se rendre la divinité favorable. C'est ce qu'on lit sur une inscription en langue pali qui est gravée autour de la cloche. Cette inscription est très importante par les notions qu'elle renferme sur l'histoire et les opinions religieuses des Birmans.
Royaume de Siam.
confins. Cet état , dont les géographes , d'après la carte du major Symes, s'accordent à diminuer tant l'étendue , en augmentant extraordinairement à ses dépens celle des empires Birmans et d'An-nam , nous parait devoir s'étendre au nord jusqu'à la Chine, à Youest jusqu'au Salouen, et à Yestel au sud beaucoup plus que ne le représentent les cartes les plus récentes, sans en excepter celle de M.
Wyld. En admettant d'après les nouvelles les plus récentes que la partie septentrionale du royaume des Langians dans le Laos, dont on faisait il y a quelques années un royaume indépendant, ait été subjuguée par les Siamois et qu'elle soit renfermée dans le royaume de Siam , les limites de ce dernier nous paraissent être : au nord, le Yun-nan dans l'empire Chinois ; h. Y est , l'empire d'An-nam; au sud, le golfe de Siam , la mer de la Chine et les royaumes indépendans de la péninsule de Malacca ; à Youest, la partie du golfe du Bengale nommée communément le canal ou le détroit de Malacca ; ensuite les nouvelles provinces anglaises de Tenasserim , de Tavay et de Ye , et l'empire Birman.
fleuves. Le Salouen, qui trace la frontière occidentale du royaume ; le Meïnam, qui vient du Yun-nan et qui parcourt tout
le royaume du nord au sud ; et le Menamkokg ou May-kaoung , qui vient du Laos et qui baigne une partie de la contrée des Chan ou desLaosiens, dépendant du royaume. Ce grand fleuve a trois branches principales, dont l'orientale dite Meîtàm forme le port de Bangkok; c'est la plus considérable et la plus profonde. Il y a un grand nombre d'autres rivières trop peu importantes et trop peu connues pour être mentionnées. Voyez à la page 758.
DIVISIONS ADMINISTRATIVES et TOPO- GRAPHIE. On ne connaît pas bien les divisions administratives de ce royaume, qui a pris un nouvel essor sous la dynastie chinoise fondée par Piatak, nommé communément le roi chinois. Cet homme habile après avoir délivré en 1768 le royaume du joug des Birmans , fit rentrer dans l'obéissance le Yangoma et les autres parties du Laos qui en dépendaient autrefois, ainsi que presque tous les petits rois de la péninsule de Malacca ; il reprit aussi au roi de Kambodje la belle province de Chantibon et toute la côte jusqu'au voisinage de Kankao ou Athien, aussi bien que tout l'archipel qui se développe devant elle. Le tableau ci- dessous offre les contrées différentes dont se compose actuellement ce royaume, et leurs villes principales.
Pays. Chefs-Lieux, Villes et Lieux les plus remarquables.
Royaume de Siam propre- Bangkok {Bancasay; Fort des Siamois) ; Paknam, importante par ses ruent dit (Pays des Thay). fortifications-, Si-yo-lhi-ya [Yulhia ou Siam des Européens ; Douaraouddy des Birmans); Porselouk; Koupcngbet; Tchainal; Louvo; Pra-bat; Bankanam; Pisilouk; Lakonsawan et Meta k, sur le Mei nam, importans par des mines de 1er; Bang-kong et Bampasii, par leurs grandes plantations de sucre dues depuis peu aux Chinois. Tchantibon ou Chantibon. Le groupe de Ko-sitchang , à l'entrée du golfe de Siam proprement dit ou de Bangkok; Sitchang en est l'ile principale ; malgré son beau port, on peut la regarder comme déserte.
Kambodje Siamois Toung-yaï, importante par son port et par les grandes plantations
^Camboge). de poivre de ses environs. Les îles Koh-koud, Koh-lchang et Koh-
kong qui forment l'extrémité septentrionale du grand archipel de Kambodje.
ASIE
Lnos Siamois. . . .
(Pays des Chah).
Péninsule de Malacca
Encore très peu connu-, il nom semble qu'il faudrait v distinguer Je royaume de Zitné ou 1 angoma , dont la capitale est 7Jmé ou Tchang-mai (Zemee; Saymmay); on y trouve aussi Logan, petite ville a laquelle le docteur Richardson n'accorde que 2400 âmes -, la partie septentrionale du royaume des Lanjans (Lanlsliang, Layn-Zayn) , dont la capitale est Langione ou JVinkjan.
partagée dans les petits royaumes suivans : royaume de Ligor , jadis indépendant , aujourd'hui entièrement soumis; Ligor.
Royaume de Bondelon, jadis indépendant, aujourd'hui entièrement soumis ; Bondelon; l'île Tantalam.
Royaume de Patani. C'est le plus grand, le plus peuplé et le plus fertile; Patani, siège d'un sultan tributaire; Sangora.
Royaume de Kalantan. Kalantan, siège d'un sultan tributaire.
Royaume de Tringanou. Tringano ou Tringanou, résidence d'un sultan tributaire.
Royaume de Kedah (Queda). Kedah; Alleslar, naguère résidence favorite du sultan allié des Anglais. Chassé de ses états par le roi deSiam en 1822, ce prince vit maintenant avec toute sa famille à Georgetown , d'une pension que lui accorde le gouvernement du Bengale. C'est à ce royaume qu'appartenait l'île de Poulo-Pinang et la petite province de Wellesley qui en dépend, ainsi que le groupe de Lankava dans l'archipel de Djankseylon-Pinang.
Ile de Djankseylon (Junkseylon; Salanga) , dans Yarchipel Djankseylon-Pinang. C'est une dépendance de l'établissement siamois de Pangâh (Pungah), situé sur la péninsule. Très peuplée et florissante avant l'invasion des Birmans en l8to. cette île était presque déserte en 1824. Les Anglais ont le projet de se la faire céder à cause de sa position et de ses riches mines d'étain.
Bangkok ( Bankok), située sur le Meïnam, non loin de son embouchure. C'est une grande ville, presque entièrement bâtie sous la dynastie actuelle, après le pillage de Siam ; elle est le siège d'un grand commerce et des principales branches de l'industrie du royaume. Tous ses édifices sont en bois, à l'exception de la résidence royale, des temples et d'un petit nombre d'autres bâtimens. Une très grande partie de Bangkok consiste en maisons bâties sur de grands radeaux amarrés le long des rives du Meïnam. Elles forment une seconde ville flottante, avec des rues et des bazars sur l'eau, fréquentés par un grand nombre de personnes qui s'y font ronduire en bateau. L'édifice le plus remarquable est le temple principal consacré à Bouddhah. C'est un bâtiment de forme pyramidale, terminé par une flèche légère et haute de 200 pieds anglais. L'intérieur offre une grande salle presque carrée, pavée en pierre et ayant dans le milieu un grand nombre de petites images de Bouddhah, entre lesquelles on voit des petits morceaux de miroir, de papier doré et des peintures chinoises. Dans un autre temple de Bouddhah il y une statue colossale de ce dieu, en bois doré. Bangkok possède un vaste port, un arsenal très bien fourni et plusieurs chantiers sur lesquels on construit un grand nombre de vaisseaux. Depuis quelques années cette ville est devenue la première place commerçante de l'Inde- Trangangétique continentale.
M. Crawfurd estime sa marine marchande au-dessus de 50,000 tonneaux, montés par des matelots siamois, sans compter les navires possédés et montés par des Chinois, dont le nombre est très considérable. Les faits publiés il y a quelques années par M. Gutzlaff, déposent en faveur de l'opinion de M. Crawfurd. 11 y a une grande diversité d'opinions sur la population de cette ville; nous croyons qu'on pourrait lui accorder 90,000 habitans, dont près des trois quarts sont Chinois.
Les autres villes les plus remarquables sont ; Si- ■yo-thi-ya nommée aussi Siam parles Européens, bâtie sur une île formée par le Meïnam, qui selon Laloubère n'a que 2200 toises de long, sur 800 w 1400 de large; à peine la sixième partie de celte surlace était-elle habitée ; le reste ne renfermait guère que des temples et ["arsenal. C'était au xviii8 siècle une des plus belles villes de l'Inde-Transgan gétique; ses rues étaient droites et arrosées par des canaux ; les principales étaient larges et pavées de briques ; un grand nombre de ponts, la plupart de claie, traversaient ces canaux; ceux du grand-canal étaient de briques et longs de 80 pas. Le peuple habitait des cabanes en bois. Les maisons dos grands, construites en briques, avaient très peu d'apparence : les plus belles avaient été bâties par des Européens. Le palais royal, d'une demi-lieue de tour, en briques, à un étage et sans mérite extérieur,renfermait dans la dernière de ses trois enceintes le palais proprement dit, c'est-àdire l'appartement du roi. Selon Gervaise, son plan avait la fQrme d'une croix; du centre s'élevait une haute pyramide à plusieurs étages, distinction réservée aux demeures royales. 11 était couvert de câlin , espèce d'étain blanc et brillant . orné ni dehors de belles sculptures et tout éclatant d'or.
INDE TRANSGANGETIQUE .
Le palais en général renfermait aussi le palais de la fille du roi, ceux de plusieurs anciens monarques et quelques temples remarquables par la richesse de leurs ornemens. Si-yo-thi-ya comptait plus de 200 temples ; les principaux, selon Kœmpler et les autres voyageurs , qui en cela ne sont pas d'accord avec Laloubère , se distinguaient par quelques beautés et par une extrême magnificence à l'intérieur et à l'extérieur ; c'est-à-dire par le grand nombre de leurs toits superposés, leurs frontispices dorés, les pyramides qui les entouraient et les nombreuses idoles , quelques-unes dorées et d'autres de grandeur colossale , qu'ils renfermaient. Dans le temple particulier du roi, situé dans l'enceinte du palais, la principale idole qui était debout et dorée avait 45 pieds de hauteur; elle était composée, selon Kœmpfer, comme les autres idoles , d'un mélange de plâtre , de résine et de poils. Près du palais était un autre temple en forme de croix et surmonté de cinq dômes couverts en câlin ; il s'élevait sur plusieurs bases qui soutenaient 44 pyramides de différentes dimensions , surchargées d'ornemens et dorées à leur sommet qui se terminait tantôt en pointe , tantôt en dôme. Au bas du grand escalier qui conduisait à ce temple on voyait de chaque côté 20 figures de personnages et d'animaux de dimensions colossales, mais d'une exécution mé. diocre. L'édifice était renfermé dans un cloître de 120 pas de long sur 100 de large. La galerie qui régnait en dedans offrait plus de 400 statues très bien dorées, toutes semblables et assez bien faites ; les plus grandes, qui étaient assises, avaient 6 pieds depuis le haut du genou jusqu'au bout du pied. L'extérieur du temple était environné de 16 pyramides de 40 pieds de haut , de 12 de largeur à la base et à sommet doré.
Dans les environs immédiats de Siam, on voyait du temps de Kaempfer les monumens suivans : un temple à l'usage desPegouans; il renfermait une statue de Bouddhah assise sur un autel ; elle aurait eu 120 pieds de long, si elle eût été droite; Kaempfer dit qu'elle ne le cède ni en grandeur ni en beauté à la représentation du même dieu qu'il vit depuis à Miako. Le beau temple de Berklam, remarquable surtout par les ciselures de sa porte, et un autre temple dont on vantait beaucoup les quatre toits et les beaux ornemens des portes ; enfin la pyramide Pouka-thon, érigée en mémoire d'une victoire remportée dans le lieu même sur un roi de Pegou. L'architecture en était lourde mais magnifique; elle s'élevait à la hauteur de 20 brasses ou 120 pieds -, sa partie inférieure consis-
tait en un massif carré de 115 pas de côté à la base et de 36 au sommet , et élevé de 60 pieds. On parvenait au sommet par un escalier découvert. Le piédestal de la partie supérieure était octogone et se terminait par une aiguille ; des saillies, des corniches, des colonnes à chapiteaux et des globes ornaient avec profusion ce bel édifice, qui probablement a été détruit par les Birmans, maitres du Pegou, lorsqu'en 1767 ils dévastèrent cette ville. Siam depuis long-temps, malgré les brillantes descriptions qu'on en trouve dans les géographies les plus récentes, n'offre plus qu'un vaste amas de ruines, parmi lesquelles habite un petit nombre de Siamois. Les relations diplomatiques de Louis XIV avec Tchaou-naraia , vers 1680 , et la mémorable révolution qui en est résultée nous ont engagé à entrer dans quelques détails sur une ville autrefois si importante. Nous avons eu aussi en vue de montrer les erreurs et les exagérations de certains géographes , qui continuent encore à la décrire d'après son ancien état, et celles d'autres géographes moins récens, tels que La Croix , édition de 1780 , et celle de Buache de 1772 qui ne lui donnent pas moins de 600,000 âmes.
A une trentaine de milles au nord de Siam on voyait sur les bords du Mcïnam la ville de Louvo, où Tchaou-naraïa résidait la plus grande partie de l'année dans un palais qu'il avait fait bâtir. Plus loin encore au nord de Louvo, est situé le Pra-Bat, c'est-à-dire le pied sacré, prétendue empreinte colossale du pied de Bouddhah dans un rocher ; c'est le plus fameux pèlerinage bouddhique du royaume de Siam.
Langione, sur le May-Kaoung , capitale du cidevant royaume des Lanjans. Selon Marini qui la décrivit vers 1650, on y remarquait le palais royal pour son étendue, sa structure et sa symétrie; l'appartement du roi , bâti en bois incorruptible , avec un superbe frontispice, était orné en dehors d'excellens bas-reliefs parfaitement dorés. Selon Van Vusthorf cette ville renfermait de beaux édifices religieux , tels que des temples à flèche dorée etune haute pyramide, dont le sommet était couvert de lames d'or.
Ciiantibon , sur le Chantibon , ville de moyenne étendue, mais très florissante par son commerce, entièrement exploité par les Chinois qui forment la plus grande partie de sa population. C'est aussi un des meilleurs ports et un des grands arsenaux du royaume. Une caravane y arrive tous les ans du Bas-Laos, chargée des riches produits de ce pays.
Malacca Indépendant.
La péninsule de Malacca qui, vers la fin du xviiic et au commencement du xixe siècle, était parvenue à secouer le joug du roi de Siam, est rentrée presque entièrement sous le joug de la domination étrangère. La partie qui conserve encore son indépendance, ne comprend aujourd'hui que les peuplades sauvages et en partie
nègres , qui errent dans les montagnes de l'intérieur, et l'extrémité méridionale de la péninsule au sud des limites des royaumes dépendant de Siam.
Les peuplades sauvages les plus connues sont : les Samang, dans les limites qu'on assigne au royaume de Kedah, et les Diagcng et les Benoua dans
7fiO
ASIE
les territoires de Malacca, de Roumbo regarder encore comme indépendans de et de Djohore. Les royaumes qu'on peut Stam, sont :
Royaumes. Chefs-Lieux, Villes et Lieux les plus remarquables.
Perak. . . . Ce royaume est le plus riche en étain. On y trouve Perak , qui est la capitale de nom ; Kalang, qui est le siège ordinaire du sultan.
Salengore , fondé par une colonie de Bugis de Célèbes. Sultan Ibrahim, son souverain actuel , parait être le plus puissant. Dès l'année 1818 il a lait un traité de commerce avec le gouverneur anglais de Poulô-Pinang ; et en 1822 il a aicfré le sultan de Perak à secouer le joug des Siamois. Ses sujets sont redoutés comme de terribles corsaires. Ko l o ng ou Kalang est sa capitale. Salengore, qui l'était autrefois , est maintenant presque déserte.
Djohore . . Ce royaume, jadis très puissant, est aujourd'hui aussi faible que dépeuplé. Son souve- (Johor). rain actuel est sous la protection des Anglais , qui lui ont acheté l'ile de Singapour et quelques îlots voisins. Djohore, misérable village de pécheurs, est selon M. Hamilton la capitale de ce royaume. Voyez le royaume de Lingan, dans le groupe de Sumatra dans l'Océanie.
PAnANG ... Ce royaume, est assez fertile et peuplé. Son souverain a le titre de trésorier du roi de Djohore , mais il est de fait entièrement indépendant. Pa ha ng } petite ville avec un port , en est la capitale ; Tringoram est remarquable par son port.
Roumbo . . . Ce petit royaume situé dans l'intérieur de la péninsule, était vassal de l'empire de Menang-kabou dans l'ile de Sumatra. Il parait qu'il est devenu entièrement indépendant depuis la dissolution de cet empire. Ses habitans se livrent presque tous à l'agriculture.
Inde- Transgang étique- An glaise,
confins. Cette partie de l'empire Anglo- par les Nagas , par les féroces Kou- Indien se compose de trois parties diffé- tchoung et par les Kouki, ainsi que patrentes •. les pays détachés il y a quelques les Mismi, les Singhpho, les Abor, les années de l'empire Birman ; les lies de Khamti et autres peuplades encore peu Poulo-Pinang et de Singapour achetées connues, qui vivent dans les hautes vallées des sultans de Kedah et de Djohore ; et le du ci-devant royaume d'Assam. Les pays territoire de Malacca cédé par les Néerlan- tributaires ou vassaux, tels que les dais en 1824. Les confins de la partie princi- pays de Katchar ou Ha'îroumbo, et de pale qui touche au Bengale sont : au nord, Hassaïow Mannipour, naguère vassaux l'empire Chinois ; à Y est, ce même empire de l'empire Birman ; le pays de Djintiah et celui des Birmans; au sud, le golfe du et une partie du Tiperah. Enfin les pays Bengale; à Y ouest, ce même golfe et entièrement dépendais, tels que les le Bengale dans la présidence de Calcutta, ci-devant royaumes d'Assam et d'Ara- Les provinces à l'est du Salouen sont bor- kafi, les provinces de Martaban , de nées par l'empire Birman, le royaume de ïe, de Tavay et de Tenasserim, cédées il Siam et le golfe du Bengale. Le territoire y a quelques années par les Birmans; l'ile de Malacca est renfermé entre les royau- de Poulo-Pinang ou du Prince de Galmes de Salengore, de Roumbo et de Djo- les, celle de Singapour et le territoire hore. de Malacca. Par une ordonnance du mois
fleuves. Les principaux fleuves de cette de juin 1830, du gouverneur-général de partie de l'Asie Anglaise sont: la partie l'Inde - Anglaise, les iles du Prince de supérieure du cours du Brahmapoutra, Galles et de Singapour ainsi que le terainsi que la partie supérieure du cours ritoire de Malacca , qui formaient de pede ses affluens le Brak et le Goumty. titsgouvernemens séparés, viennent d'être L'Arakan, qui vient de l'empire Birman, réunis à la présidence de Calcutta. Il n'y La partie inférieure du cours du Sa- a aucune ville qu'on puisse regarder comlouen. Le Tavay et le Tenasserim. me la capitale de ces pays qui relèvent tous (Voyez à la page 758.) immédiatement de la présidence de Cal-
DI VISIONS ADMINISTRATIVES et TOPO— CUtta.
graphie. Toute l'Inde-Transgangétique Le tableau suivant offre les villes prin-
Anglaise est provisoirement partagée dans cipales des pays que nous venons de nom-
les pays suivans, où il faut distinguer ; mer. Nous partagerons toutes ces posses~
les pays entièrement indépendans, sions en deux sections géographiques que
parmi lesquels il faut ranger les territoires nous nommerons Pays à l'ouest de VI-
occupés par les montagnards Garrows, raouaddy et Pays à l'est du Salouen.
INDE TBANSGANGETIQUE.
Pays. Cueks-Lieux, Villes et Lieux les plus remarquables.