‹ Abrege de geographieChapitre 272 sur 454 · PAYS A L'OUEST DE L'IRAOUADDY · texte numérisé non relu

PAYS A L'OUEST DE L'IRAOUADDY

Royaume d'Assam Djorhàt (Jorhaut); Rangpour, la plus grande et la plus peuplée

de tout le royaume-, Ghergong, jadis capitale et maintenant un amas de ruines ; Soudyaj Gokati (Gwahatee) ; Kandar. Le radja de Dorong y possède un vaste territoire.

Pays de Djintiah (Gentiah). Dj i n tiahpou r. C'est le pays des Kossyah ou Kassyah, qui offrent encore à leurs dieux des sacrifices humains.

Pays de Katchar Kospour. Ce pays paraît être le plus peuplé de toute cette section,

(Haïroumbo; Cachar). quoiqu'il le soit très peu, comparé aux provinces de l'Inde, mcmf

médiocrement peuplées. Ses habitans l'ont encore des sacrifices humains à la déesse Kali.

Pays d*s Garraus Karribàry (Curribary), dans la partie soumise aux Anglais. Les

(Garrows). territoires indépendans sont régis par plusieurs chefs, parmi les-

quels Agand, en 1813, était le plus puissant. Les crânes humains peuvent être regardés comme la monnaie principale chez ces féroces sauvages, quiontl'usage affreux de mangerla tète de leurs ennemis.

Pays des Kouki . îl n'y a que des villages. C'est la partie du Tipperah qui ne dépend pas

(Kookies-, hunclas). des Anglais.

t*AYs di:s Moïtay Ma n n ipo u r , ville entièrement détruite parles Birmans pendant la

(Ka-thee ; Cussay). dernière guerre ; elle est encore presque déserte.

Royaume d'Arakan Arakan-, Kyaout-Phyou (Kyout-Phyoo) ; Sandouay (Sandoway) ,

X archipel d' Arakan , dont les iles principales sont hamri (Ramree), remarquable par sa population , ses fortifications et ses volcans vaseux ; et Tchedabd (Chcduba) , par ses volcans vaseux et sa population.

PAYS A L'EST DU SALOUEiN.

Province de Martaban . . . A m he r s t- 1 o wn ; Yeli ; Moulmein.

Province de Ye. Ye.

Province de Tavay Ta va y (Tavoy).

Province de Tenasserim. Merglii (Mergui) ; Tenasserim; X archipel de Merghi habité par les Tcholomé et les Pasé; ses îles principales sont : Rings, cédé^ jadis par le roi de Siam aux Français , qui n'en prirent jamais possession-, Dcmel, qui est la plus* grande, mais sans habitans-, et St-Malhieu, remarquable par son beau port.

Ile du Prince de Galles. . G e o r g e t o w n. La petite province de Wellesley sur le continent op- (Poulo-Pinang). posé en dépend.

Proyince de Malacca. M a la ce a.

Ile de Singapour Singapour (Singapoor).

Les villes les plus remarquables de cette partie de l'Asie dont la côte est si importante par ses beaux et nombreux ports, sont:

Arakan , grande ville située sur l'Arakan , jadis populeuse et florissante , mais réduite à la plus grande misère pendant la domination des Birmans, qui la conquirent en 1783. Ses maisons ne sont que des cabanes de bambous bâties sur des piliers le long du fleuve, d'après l'usage des peuples riverains de l'Inde-Transgangétique et de la Malaisie. Dans le centre se trouve un emplacement carré environné d'une muraille, et dans son enceinte s'élèvent plusieurs temples, avec un grand nombre de statues de Gautama , depuis un pouce jusqu'à 20 pieds de hauteur. C'est dans un de ces temples que se trouvait la fameuse figure colossale de Gaulama représenté assis eten demirelief sur une table de bronze ; c'est l'objet de la vénération d'un grand nombre de pèlerins , qui s'y rendaient de toutes les contrées où domine la religion de Bouddhah.Cette figure, ainsi que le fam eux canon de trente pieds de long composé de très grosses barres de fer battu , ont été transportés à Amarapoura par les Birmans. L'air d'Arakan est très malsain, et sa population , que les géographes s'accordaient à porter au-delà de 100,000 ames, parait ne pas s'élever aujourd'hui au tiers de ce nombre. Selon le capitaine Laws elle n'offrait plus en 1828 que quelques huttes.

Amkerst-town , petite ville du royaume de Mar-

taban, bâtie en 1826 sur le cap qui domine ki vaste et magnifique rade de Martaban. C'est une place importante sous le double rapport militaire et commercial. Son port est excellent; sa proximité de la frontière birmane , ses franchises commerciales et la protection indistincte qu'on y a proclamée y attirent tous les jours un grand nombre de Pegouans et d'autres habitans de l'empire Birman , qui viennent chercher dans Amhersttown un meilleur gouvernement et tous les avantages qui en résultent. La population de cette ville, qui, en janvier 1827 , s'élevait déjà à I600 âmes, doit dépasser actuellement 16,000. Moulmeïn , à la gauche du Salouen, vis-à-vis de Martaban , petite ville , fondée depuis peu de temps par les Anglais, et devenue déjà une place de commerce très importante.

Merghi, ville assez bien bâtie, sur les bords du Tenasserim, non loin de son embouchure ; elle est petite , mais très importante par sa position , par la bonté de son port et parla salubrité de son climat. En 1825, elle comptait environ 8000 habitans, y compris ceux qui étaient répandus dans les villages voisins.

George-town , dans Pile du prince de Galles, jolie ville, bien bâtie et assez bien fortifiée, avec un port, une citadelle, un arsenal et quelques édifices remarquables. C'est le siège d'une cour supérieure de justice. Cette ville prend chaque jour un nouvel accroissement dû au commerce

ASIE

qui y est très florissant. Sa population s'élevait en 1828 à 60,500 âmes. Depuis quelques années on y publie un journal, et elle possède une bibliothèque.

Malacca, à l'extrémité de la péninsule et sur le détroit auquel elle donne son nom, ville jadis très commerçante et forte, mais actuellement très déchue sous tous les rapports. Elle commence cependant à se relever un peu depuis qu'elle est passée sous la domination anglaise. Une partie de la ville est assez bien bâtie ; son port est bon et sa population parait s'élever à environ 33,000 habitans. Cette ville possède une imprimerie et un collège anglo-chinois , où l'on compte 25 étudians chinois.

Singapour , fondée en 1819 par sir Thomas Raffles sur l'îlot de ce nom ; c'est une ville bien bâtie et déjà très florissante. Plusieurs grandes maisons de commerce y ont été établies par des Européens et, beaucoup d'autres par des Chinois, des Arabes, des Indiens, des Arméniens et autres nations de l'Orient. On a déjà construit plusieurs gros vaisseaux sur ses chantiers, et son port, déclaré franc et ouvert à toutes les nations indistinctement, est devenu le rendez-vous des vaisseaux de tous les peuples maritimes de l'Asie

et dol'Océanie, qui regardent Singapour commole marché le plus avantageux des produits de leur sol respectif. Cette ville possède un jardin botanique et un collège Malais , fondé par Raffles. Le Singapoor chronicle} qu'on y publie depuis plusieurs années, contient des articles très importans pour la géographie de l'Asie- Orientale et de l'Océanie. La brillante peinture queFénélon a tracée de l'ancienne Tyr , se trouve, en quelque sorte , réalisée de nos jours par l'étonnante prospérité de cette ville qui, dans le court espace de cinq ans , a vu s'élever sa population de 150 misérables pêcheurs à 15,000 habitans aussi riches qu'industrieux, et a vu porter la valeur de son mouvement commercial à la somme énorme de 110,000,000 de francs. Mais quoique sa population ait continué à croître assez rapidement, s'étant élevée à 19,200 âmes en 1832, son mouvement commercial n'a pas marché de pair avec elle; il a même rétrogradé, comme on peut le voir par le tableau officiel des importations et des exportations des années 1831, 1832 et 1833, qui ne montent qu'à la moite de la somme que l'auteur du Voyage Pittoresque autour du Monde lui attribue.

Empire d'j4n-nam ou de Viêt-nam.

confins. On connaît encore très imparfaitement les limites occidentales de cet empire, fondé au commencement du siècle actuel par le brave et habile Ngaïen-choung ou Gia-long, dernier rejeton des rois de Cochinchine. Il nous semble cependant que dans son état actuel on pourrait tracer ses limites de la manière suivante : au nord, l'empire de la Chine proprement dit; à Y est, la mer de la Chine; au sud, cette même mer; à Y ouest, le royaume de Siam.

fleuves. Le May-kaoung ou Menamkong, qui vient du Yun-nan et du Laos dépendant de Siam ; il traverse le Laos tributaire et le royaume de Kambodje, en passant par leurs capitales; le Sang-koï, qui vient aussi du Yun-nan, traverse le Tonquin en passant par sa capitale Ketcho; il reçoit dans ce royaume le Lising-Kiang, qui est son principal affluent à la droite. Le cours de ces deux fleuves

dépasse de beaucoup celui de tous les autres de l'empire. Viennent ensuite le Tchelaï-iio, qui prend sa source dans le Yunnan et traverse le Tonquin. Tous les fleuves de la Cochinchine ont un cours très borné ; I'Hué n'est remarquable que parce qu'il baigne la capitale de l'empire. Dans le Kambodje ( Camboge ) on peut nommer, outre le Menam-Kong déjà mentionné, le Saung ou Doin aï, qui passe par la grande ville de Saïgong et par Kandhia.

DIVISIONS ADMINISTRATIVES et TOPO- GRAPHIE. Comme on ne connaît pas exactement toutes les divisions et les subdivisions actuelles de l'empire, nous offrirons dans le tableau suivant ses grandes divisions géographiques, en y intercalant les villes principales respectives , autant que la géographie encore si imparfaite de ces régions et le cadre resserré de cet ouvrage peuvent le permettre.

Pays.

Royaume de Cochinchine (Drang-trong ou royaume du Dedans-, royaume d'Annam Méridional).

ItOYAUME DE TOXQUIN

(Drang-ngay ou royaume du Dehors ; royaume' d'An- Main Septentrional).

Chefs-Lieux, Villes et Lieux les plus remarquables Hué (Huefo); Nhalrang; Camaigne et Hone-Coha rangés parmi les plus beaux ports du monde ; Phuyen; Quinon; Faifo; Ton- /Wï(Hansan). L 'archipel de Paracels, composé d'îlots fréquentes par les pécheurs. .

Ketcho (Bak-kinh; Dong-king ou Catchao); Hean; Hamnnls ; Hunnan; Domea; Chinlen. Nous ajouterons que le La et ho, mentionné par M. de la Bissachere et dont la situation a tant e.nbarrassé les géographes , n'est , selon ce que nous a dit M. Langlois , supérieur des missions étrangères, qui a séjourné dans ce pays, qu'un huren ou subdivision de la province de Than-lioa , à la venté aussi grande à clic seule que toutes les autres ensemble. Ce

INDE TRÀNSGANGETIQUE.

Fays. Chefs-Lieux, Villes et Lieux les plus bemarquables.

pays est habité par un peuple qui parle une langue particulière. Lr groupe des pirates, iadis et peut-être encore aujourd'hui habile par des pirates.

Tsiampa (Binh-Tuam) Une grande partie est occupée par des peuplades indépendantes et

belliqueuses. Dans la partie soumise il n'y a que des villages. Padaran et Phanary en sont les principaux.

Royaume de Kambodje .... Saïgong (Saygan); Kambodje (Lâweik); Panomping, seconde ra- (Camboge, Cambodia). pitale du royaume de Kambodje; depuis 1824 cet état a été réuni

a l'empire après la mort de son roi ; Kankao ou Alhien, petit élnt fondé par un négociant chinois, autrefois indépendant et aujourd'hui entièrement soumis. Le groupe de Poulo-Condor; en 1701 les Anglais y avaient fondé une colonie qui fut détruite par les Makassars. L'archipel de Kambodje, formé par plusieurs groupes d'îles qui s'étendent le long de la côte du royaume de ce nom, et dont la partie principale est nommée Archipel d'Hasling sur les cartes anglaises. Phoukok (Phukok, Kolidoud , Kolitrol) est l'ile la plus grande ; elle est en outre remarquable par ses hautes marées, par sa riche végétation, par sa pèche de trépang et d'autres mollusques et par sa population. C'est dans cette île que se réfugia Ngaï-en-choung ou Gya-iong ; ce prince y séjourna pendant les troubles qui agitèrent la Cochinchine , et qui finirent par le placersur le trône d'An-nam. C'est par erreur qu'à l'exemple d'autres auteurs nous l'avons fait retirer à Poulo-Way, île déserte.

Laos An-namite Cette partie de l'empire d'An-nam paraît être composée de trois parties distinctes : le royaume du Petit- La os, à l'ouest du Tonquin , dont il est tributaire, selon Marini; sa capitale est Han-niech, selon M. de la Bissachère ; \<troy aume de Tiem, mentionné par Choisi et Van Vustliort, situe dans les montagnes à l'ouest de la Cochincbine-Septentrionale ; la partie méridionale du royaume des Lanjans, où I on trouve Sandapoura.

Royaume de Bao (Boatan) . . Cette contrée mentionnée par le père Tissanier, Dampieret autres, était tributaire du Tonquin , selon Marini , et avait pour capitale Bao. Nous ne mentionnons ce pays , ainsi que plusieurs autres , que pour engager les géographes à les rétablir sur les caries, d'où ils ont été effacés sans qu'aucune récente exploration ait infirmé leur existence.

Territoires im>lt>enoaxs. . . Dans les limites de l'empire et spécialement dans les hautes vallées des montagnes qui séparent la Chine du Tonquin et le bassin du Menamkong, du Tonquin et de la Cochiilchine , vivent plusieurs tribus plus ou moins féroces , plus ou moins belliqueuses , parmi lesquelles se distinguent les Moi ou Moui et les Mouang, par leur nombre et par le vaste territoire qu'ils occupent. Quelques-unes de leurs tribus font de fréquentes incursions sur le territoire cochinclrjnois. Viennent ensuite les Loyes qui habitent les hautes vallées du Binh-Tuam ou Tsiampa. Ces peuplades sont régies par différens chefs tout-à-fait indépendans.

Hué, ville grande et -très forte , située sur l'Hué, dans l'An-nam Méridional. Ses ouvrages extérieurs et intérieurs , construits par des ingénieurs français, sont immenses et d'une grande solidité. M. Finlayson loue surtout les greniers, les magasins, les casernes et les arsenaux de terre et de mer, dont la plupart s'élèvent sur les bords d'un canal navigable qui traverse la ville. Dans l'arsenal se trouve un musée d'artillerie, où l'on voit des modèles de tous les canons en usage chez les nations européennes. Six temples environnés d'une enceinte sont consacrés aux héros qui se sont distingués sous Gia-long ; ils forment pour ainsi dire le panthéon an-namique. Selon M.White on a employé à ces travaux , depuis 20

ans, près de 100,000 hommes. Le fossé qui environne la place a 3 lieues de circuit et 100 pieds de large; les murs ont 60 pieds de haut. Ces immenses fortifications , font de Hué la première place d'armes de l'Asie. La citadelle est de forme carrée. Le palais de l'Empereur est aussi vaste que massif. Hué possède une immense fonderie de canons, qui, après la suppression de celle de Kambodje, est la seule de l'empire.

Elle est aussi la station ordinaire d'une forte section de fa flotte des galères. Tous les ans on construit sur ses chantiers des bâtimens de guerre, les uns d'après la coupe des vaisseaux européens, les autres d'après des modèles qui sont un mélange des formes des bâtimens de l'Europe es

ASIE

de l'Asie. Quoique M. Hamillon n'estime la population de eette ville qu'à 30,000 âmes, nous croyons qu'on pourrait sans exagération, la porter jusqu'à IQO.,000 y compris sa nombreuse garnison.

Les autres villes les plus remarquables sont : Ketcho, située sur le Sankoï dans PAn-nam Septentrional. Richard la dit égale à Paris en étendue, et cependant M. de la Bissachère ne lui accorde que 40,00'0 habitans ! Ces deux faits peuvent se concilier dès que l'on sait que des cabanes, des jardins, de larges rues et de vastes terrains couverts de décombres , en occupent la plus grande partie. Les palais du roi et des mandarins sont seuls construits en briques séchées au soleil. La résidence des derniers rois est très vaste, mais elle tombe en ruines ; une partie sert actuellement de demeure au vice-roi du Tonquin. Dans les environs de Ketcho on voyait du temps de Baron et l'on voit selon M. Chaigneau, la triple enceinte de V ancienne ville et les ruines du palais des anciens rois; ce dernier avait 6 à 7 milles de circonférence. Ses cours pavées de marbre . ses portes , les restes de ses appartemens annoncent que c'était un des plus magnifiques édifices de l'Asie. Nous rappellerons aussi avec M. de la Bissachère, qu'un grand chemin construit par Gia-Iong mène de cette ville à celle d'Hué, et que Ketcho en 1800 possédait la seule imprimerie de l'empire.

Saïgong (Saigon nommée Louknoui (Luknooi) par les" naturels), bâtie sur la péninsule formée par la réunion des deux branches du Donnai -, cette capitale du royaume de Kambodje se compose de deux villes distinctes : la ville nouvelle, dite Bingeh, et la ville ancienne, nommée Saïgong. Tout près de la première s'élève une immense citadelle construite sous la direction des ingénieurs français. Elle n'était pas encore achevée en 1821 ; pour la force et l'étendue , elle rivalise avec les immenses fortifications de Hué. Au milieu de la ville s'élève un vaste palais, bâti pour le roi , qui cependant n'y avait jamais résidé jusqu'à l'époque où M. White était à Saïgong. Selon ce voyageur Varsenal maritime ne le cède guère aux établissemensde ce genre qui sont en Europe. En 1819 il y avait 190 galères d'une construction excellente, longues de 40 à 100 pieds et portant les unes 1G canons , les autres seulement de4 à G ; ces pièces sont en cuivre et de la plus belle fonte. A !a même époque il y avait aussi deux frégates ic construction européenne. Les maisons de cette ville sont . pour la plupart , construites en bois et revêtues d'un chaume de feuilles de palmier et de pailles de riz ; quelques-unes sont bâties en briques et en tuiles ; elles n'ont qu'un étage et n'ont

Archipels d'^indam

Ces deux archipels forment une longue chaîne d'iles qui s'étendent du nord au sud dans le golfe du Bengale entre le cap Negrais dans l'empire Birman et l'extrémité nord-ouest de l'Ile de Sumatra. Leurs

pas de croisées à vitres, mais des volets qu'il faut ouvrir pour éclairer l'appartement. Les maisons delà classe pauvre sont sales et misérables. On y remarquait une église chrétienne , desservie par deux missionnaires italiens. Un canal navigable , construit il y a quelques années, joint celte ville au Kambodje. Saïgong est aussi la première place de commerce de l'empire, Quoique M. White lui accorde 180,000 habitans, nous n'hésitons pas à réduire ce nombre à 100,000. Dans les environs hn médiats de cette ville on voit le monument que la reconnaissance de Gia-long a élevé à celui qu'ii appelait le maître illustre, c'est-à-dire à son vertueux et habile ministre l'évêque d'Adran; c'est une plate-forme surmontée d'une belle maison , dont la conservation est confiée à un détachement de la garde impériale.

Kambodje (Camboge; Eauwek ; Làweik.

Loech), bâtie sur une île formée par un bras du IWenam-kong ouMay-kaoung et traversée par plusieurs canaux. Selon Van Vusthoi f , qui la visita en 1637, toutes les maisons étaient contigues et situées le long d'une digue. Le palais du roi . d'une architecture très simple, et bâti en bois, éclatait d'or et d'argent dans l'intérieur. Cette ville renfermait un temple très beau, dont le toit était soutenu pac des piliers de bois vernissé . avec des ornemens en relief et dorés ; le pavé en était précieux ; on y voyait trois grandes statues couvertes d'or; Kambodje est très déchue depuis que la résidence royale a été transférée , selon M. Hamilton, à Panompin. 11 parait que le beau palais royal et ses magnifiques pagodes tombent en ruines. On ne saurait rien dire sur le nombre de ses habitans , qui sûrement doit avoir bien diminué.

iNous nommerons encore dans le royaume de Co chine hine, à cause de leur importance sous plusieurs rapports: Nhatrang ,dans la province de ce nom, importante par ses fortifications, son beau port , son commerce et les chantiers de la marine militaire. Qcinon , autre chef-lieu de province .importante par sa population, son beau port et ses fortifications. Faïfo (Huean). renommé par son port ; ses environs sont remarquables par plusieurs grottes et par la culture de la cannelle. Touron (Hansan) , ville naguère très déchue, mais qui s'est relevée; elle est importante par son commerce et sa baie magnifique. En 1787 elle fut cédée à la France avec un territoire stérile et étroit de 40 milles de long sur 8 à 10 de large, et les îles adjacentes de Hai-JVen au nord, et de Faïfo au sud. Les Français n'en prirent jamais possession ; l'ambassade qu'ils envoyèrent en 1817 pour réclamer ce territoire fut mal reçue, et aucune démarche ultérieure ne fut faite depuis lors

an et de ISikobar.

habitans sont très peu nombreux, et sont absolument indépendans, malgré les assertions des géographes qui font dépendre l'archipel d'Andaman des Anglais et celui de Nikobar des Danois.

EMPIRE CHINOIS

Archipel d'Andaman. D'après les meilleures cartes et sutout d'après celle de Ylnde-Transgangétique de M. Berghaus, qui offre tout ce que l'on sait de plus positif sur cette partie de l'Asie, cet archipel est composé de quatre îles principales , de huit moindres tt d'un grand nombre d'îlots ou rochers. Les trois plus grandes (forment la prétendue île Grande- Andaman des géographes, représentée comme telle par plusieurs cartes publiées en 1832 et 1833 ; l'autre qui ost la plus méridionale , est connue sous le nom de Petite- Andaman. Dans la plus septentrionale des grandes îles, on trouve le beau port Cornwa/is, où les Anglais, en 1793 , avaient construit un fort qu'ils ont abandonné depuis à cause du mauvais air. Dans une autre est situé le por t de Chatham, où les Anglais avaient fondé une colonie en 1791, qu'ils ont ensuite abandonnée pour aller s'établir au port Cornwalis. La Pelile- Andaman est plus élevée que la grande et bien boisée, mais privée de bons ports. Nous nommerons encore l'île Barren, déserte, mais remarquable par son volcan. Les habitans de cet Archipel sont des nègres très laids , aussi féroces qu'abrutis.

Archipel de Nikobar (les Frederiksôerne , ou

îles de Frédérik des Danois), composé de dix île» principales et d'un grand nombre d'autres beaucoup plus petites disposées en trois groupes. Leurs habitans, doux et paisibles, ressemblent aux Malais par les formes et par la couleur de leur corps. Dans leur habillement, une petite bande de drap pend derrière eux, ce qui peut-être fit croire au Suédois Koeping, marin ignorant, que ces insulaires avaient une queue, conte absurde, qui, cependant, a été cru par Linné, Buffon el iVlonboddo. Les îles principales sont: Grand-Nikobar , qui est la plus grande de tout l'Archipel ; Petit-Nikobar ou Sambelong; Katchoul (Katchal) ; Kamorta, où les Autrichiens, en 1778, ont fondé une colonie, qu'ils ont abandonnée depuis; Nancowry (Noncovery), où les Danois avaient un établissement, abandonné depuis plusieurs années à cause du mauvais air ; Terressa; Chowry; Batty-Malve ; Tillantchong; Karnikobar, la plus septentrionale , où était l'établissement danois qui a été le dernier abandonné. On doit ajouter que le gouvernement danois dt; Tranquebar a envoyé, en 1832, un petit détachement de Cipayes, pour prendre possession de l'ile de Kamorla et s'établir dans le port de Nancowry.

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude

orientale. Entre 69° et 141°. Latitude.

Entre 18° et 51°. Dans ces calculs on a compris l'Ile d'Haï-nan et la partie septentrionale de celle de Tarrakaï ou Tchoka.

confins . Au nord, le Turkestan, l'Asie Russe et la mer d'Okhotsk; à Vest , les parties du Grand-Océan nommées mer de d'Okhotsk, mer du Japon, mer Orientale et mer de la Chine ; au sud , cette mer , l'empire d'An-nam, le royaume de Siam, l'empire Birman, l'empire Anglo-Indien et le royaume de Népal; à Y ouest , la Confédération des Seïkhs et le Turkestan.

flsïtves. La position des vastes chaînes de montagnes qui parcourent cet empire donne à ses nombreux fleuves cinq pentes différentes qui les mènent à autant de mers diverses.

L'OCE AN-GLACIAL-ARCTIQUE reçoit :

L'Ob ou Oby , dont le puissant affluent Jrlyche naît dans la province de Tarbagataï, dans le gouvernement du Thian-chan-pe-lou, au pied du grand-Altaï , traverse le lac Dzaisang et entre ensuite dans la province d'Omsk dans l'Asie-Russe.

Le Iéniesseï, qui est formé par l'union des deux branches nommées Oulou-Kem et Beï-Kem , dans

le pays des Ouriangkaï; après leur jonction il prend la dénomination de Ienisseï en franchissant les monts de Sayansk, sur les confins méridionaux de l'Asie-Russe. Ce grand fleuve reçoit à la droite X Angara supérieure \ laSelinga, qui naît dans les monts Tangnou-oola , dans le pays desKhalkha, et entre dans le lac Baïkal , peut élre regardée comme la partie supérieure du cours de ce grand affluent.

La MER d'OKHOTSK reçoit :

L'Amour (Sakhalian-oula, ou He-loung-kiang) , qui est formé par la réunion du Kheroulun avec I'Onon. Le Kheroulun, nommé, après avoir passé parle lac Kulunnoor, Ergoune ou Argoun par les Mongols et les Russes, est regardé commo la branche principale; il prend sa source dans les monts Barka-dabahn, traverse le pays des Khalkha et le lac Kulun et sépare ensuite , sous le nom d'ARGouN, la Daourie chinoise de la Daourie russe. L'Onon , nommé Chilka après avoir reçu Y Ingoda à sa gauche; il passe par Nertchinsk ; I'Onon est renommé parmi les historiens parce que c'est sur ses rives que naquit Tchingis- Khan. L'Argoun ou Amour traverse ensuite le pays des Mandchoux , en passant par Sakhalienouia-khoton, et se jette dans un golfe de la mef d'Okhotsk, vis-à-vis l'île de Tarrakaï. Ses principaux affluens sur le territoire chinois, sont: le Sounga ri, grossi par le Non et le Khourka, et 1' Ousouri , à la droite-, le Dzinghiri est son plus grand affluent à la gauche.

La MER DU JAPON reçoit :

Le Toumen , qui parcourt la partie septen-

trionale du royaume de Corée -, son cours est très borné en comparaison de celui des fleuves que nous venons de nommer.

La MER ORIENTALE ou TOUNG-HAI et ses branches reçoivent :

Le Ya-loxj, qui naît dans les monts Chanyanalin et parcourt la partie septentrionale du royaume de Corée, dont il est le plus grand fleuve. Il entre dans la mer Jaune.

Le Liao-ho, qui nait dans les monts Khingkan, traverse, sous le nom de Charamouren , une partie delà Mongolie , et , sous celui deLiAO-uo,le Ching-king; il se jette dansle golfe de Liao-toung, le Phou-haides Chinois.

LePE-no, qui prend sa source dans les monts Khingkan, traverse une partie delà Mongolie et la province de Tchy-li , et entre dans le Phou-hai, après avoir passé non loin de Péking et par les villes de Toung-tcheou et Thian-tsing. Ses principaux alïluens sont : le Tchao-ho, le Sang-kart' ho et le Hou tho-ho; ce dernier est traversé par le canal Impérial qui l'ait communiquer Péking avec le Kiang.

Le Houang-ho ou le Fleuve-Jaune , ainsi nommé à cause de la couleur dorée que le limon donne à ses eaux. Ses sources sont dans les monts Koulkoun, dansle paysdes Mongols duKhoukhounoor. II y fait de grands détours , passe à Lan-tcheou dans le Kan-sou, fait un détour immense dans la Mongolie , traverse le Chan-si , l'Ho-nan , touche le Chan-toung et dans le Kiang-sou entre dans la mer Jaune. Les déhordemens de ce fleuve ont occasioné, dès la plus haute antiquité, de grands travaux hydrauliques, qui ont été continués ou repris sous le règne des derniers empereurs. M. Abel Remusat l'ail observer que l'on a des raisons de croire que l'embouchure du Houang-ho n'était pas jadis où nous la voyons aujourd'hui ; mais que ce fleuve allait porter ses eaux dansle golfe du Liao-toung au Phou-haï en traversant le Chan-toung. Ses principaux affluens à la droite sont :1e Ouei-ho , qui traverse le Kan-sou et le Chen-si ; il passe près de Singan ; etle Hoeiho , qui passe par l'Ho-nan, le Ngan-hocï et Kiang-sou, et traverse le lac Houng-lse. LeFuenho , qui parcourt le Chan-si, est le principal affluent à la gauche.

Le Grand-Kiang (Fleuve par excellence) , dit aussi Feeuve-Bleu par nos géographes , nommé à son embouchure Yang-tsu-kiano (fleuve du Uls de l'Océan) par les Chinois ; c'est le plus grand leuve de l'empire. Il est formé par la réunion de Irois branches nommées Kin-cha-kiang , Yaloumang et le Min-kiang; cette dernière est regardée à tort comme la principale. Mais, sur les traces de M. Klaproth, nous considérerons fomme telle le Kin-cha-kiang {rivière à sable d'or), nommée Mouroùi-oussou , dans le nordest du Tibet; Bouraï-tchou , dans la province de K'ham dans la même contrée ; Kin-cha-liang , dans le Yun-nan etle Szu-tchhouan , et Ta-kiang (Grand-Kiang ou grand-fleuve), après sa jonction avec le Tchouan-kiang au Min-kiang, dansle Szu-tchhouan, près de Siu-tcheou. Le Kiang traverse ensuite cette grande province, celle de Houpe, touche celle de Kiang- si , et après avoir coupé

celle de Ngan-hoeï et de Kiang-sou , il entre dans la mer Orientale. Ses principaux affluens , outre le Ya-loung-kiang (en tibétain Yarloung), qui parcourt la province de K'ham dans le Tibet, et une partie du Szu-tchhouan en Chine, etle Min-kiang , qui vient du K'ham et traverse le Szu-tchhouan, sont à la droite : YHeng, qui naît dans les montagnes du Kouei-tcheou , traverse cette province et celle de Hou-nan, est grossi par le Lo, entre dansle lac Thoung-thing et le décharge ensuite dans le Kiang; le Kan , qui prend sa source dans le mont Meï-ling, traverse le Kiang-sj , entre dans le lac Phou-yange' se rend ensuite dans le Kiang. Les principaux affluens à la gauche sont : le Kia-ling 3 qui vient des montagnes du Kan-sou et traverse le Szu-tchhouan; le Han, qui traverse le Chen-si etle Hou-pe.

Te Min-kiang ou Ou-loung-kiang ; c'est le plus grand fleuve du Fou-kian ; il a son embouchure dans le canal de Formose.

La MER DE LA CHINE et ses branches reçoivent :

Le Si-kiang , appelé Tigre à son embouchure, formé par la réunion de plusieurs branches. C'est le plus grand fleuve delà Chine-Méridionale; il parcourt le Kouang-si et le Kouang-toung; le Hong-kiang ou Teien- kiang et le Pe-kiar.g sont ses principaux affluens. Le Si-kiang passe par Fo-chanet entre dans le golfe de Canton.

Le Ho-li-kiang , qui naît dans le Yun-nan, parcourt cette province et entre dans la Tonquin pour se rendre dans le golfe de ce nom.

Le May-raoung , le Tiialouen (Salouen) et l'ïraouaduy ou Y arou-Zzangro , naissent dans les montagnes du Tibet, arrosent ce pays etle Yunnan , et entrent, le premier dans le Laos, et les deux derniers dans l'empire Birman. Voyez les fleuves de l'Inde-Transgangétique, à la page 758.

Plusieurs fleuves de l'empire Chinois ne se rendent pas à la mer. Nous nous bornerons à citer les suivans comme les principaux de ce genre :

LTli ; il naît dans les monts Célestes ou Thianchan, traverse la Dzoungarie , passe par Ili ou Gouldja et se jette dans le lac Balkachi.

Le Tciioui sort du lac Temourtou (ferrugineux) dit aussi Touzkoul (salé) , situé dans les monts Moussour, traverse ce lac, ainsi que le pays des Kalmuks Torgots, et quitte cette contrée pour entrer dans le Turkestan , où il se jette dans le lac Kaban-koulak. Voyez à la page7lC.

Le Yarkand-daria , dit aussi Tarim et Ergheou-gol. C'est le plus grand de tous les fleuves de cette espèce que possède l'Asie. Il parait prendre sa source dans leMouz-tagh, traverse de l'ouest à l'est tout le Thian-chan-nan-lou , en passant par Yarkand, et aboutit au lac Lob. Selon la carte de M. Klaproth, ses principaux affluens sont: à la droite, la rivière de Khotan; à la gauche, la rivière de Khachkar, la rivière d'Aksou, le Moussour et le Kaidou.

religion. La très grande masse des ha-

EMPIRE CHINOIS

bitans de la Chine professe les dogmes du Bouddhisme ou la religion de Foe , qui *:st aussi la religion des Coréens, deshabitansde l'archipel de Lieou-khieou, des Lolos du Yun-nan , et qui paraît aussi être professée par les Mienting dans cette dernière province, et par les Miaotse dans plusieurs autres. Il compte également parmi ses croyans presque tous les habitans du Tibet et du pays du Deb-radja appelé vulgairement Boutan, et les nombreuses hordes des Mongols, des Kalmuks, ainsi que les Mandchoux. La religion de

CONFUCIUS, OU la DOCTRINE DES LET- TRÉS , est la religion de l'empire ; elle est professée par les classes les plus élevées et les plus instruites de la population de la Chine et de la Corée. Chaque magistrat y pratique ce culte dans la sphère de ses fonctions, et l'empereur lui-même en est le patriarche. Généralement tous les lettrés s'y attachent sans renoncer toutefois à des usages empruntés aux autres cultes. Les dogmes des Tao-sse ou docteurs de la raison comptent aussi dans cette vaste contrée un grand nombre de croyans. L'Islamisme est professé par les Kirghiz- Raïsak et les Bourout, ainsi que par les nombreux Boukhares et les Turks qui forment la masse principale de la population du Thian-chan-nan-lou (Tetite Boukharie) et qui sont répandus dans plusieurs provinces de la Chine, principalement dans celles deChen-si et de Kan-sou.

Nous rangerons sous le litre d'iDOLA—

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