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CHAPITRE IL

Tout le traité est divisé en deux parties distinctes, et à l'exemple d'un célèbre géographe nous les nommons Partie des principes généraux et Partie descriptive. Dans la première, qui est de beaucoup la moins étendue, nous exposons en treize chapitres, toutes les notions lesphis indispensables que la géographie emprunte à l'astronomie, aux mathématiques, à la géologie, à la physique, à l'histoire naturelle, à l'anthropologie, à la linguistique, à la statistique et à l'économie

politique. Un de ces chapitres, et le plus long, est entièrement consacré aux définitions, qui, en géographie, comme dans les autres sciences, doivent toujours précéder l'exposition des théorèmes. La partie descriptive est partagée en cinq grandes sections, correspondant aux cinq parties du monde. Chaque section se subdivise en géographie générale et en géographie particulière.

La géographie générale comprend , dans deux chapitres distincts pour cha-

INTRODUCTION

que partie du monde : i° la géographie physique; 2° la géographie politique.

Voici les articles qui composent la géographie physique : position astronomique, dimensions , confins, mers, et golfes, détroits, caps, presqu'îles, fleuves, lacs, îles, montagnes , plateaux, volcans, vallées et plaines, déserts , steps et landes, climats, minéraux, végétaux, animaux. Les articles qui forment la géographie politique sont intitulés : superficie, population, ethnographie , religion , gouvernement , industrie, commerce, état social, divisions politiques et géographiques.

La géographie particulière comprend autant d'articles qu'il y a de grands états ou de grandes régions géographiques à décrire. La description particulière des principaux états de l'Europe se compose des articles suivans : position astronomique, dimensions, confins, pays, montagnes, îles, lacs, fleuves, canaux, grandes roules, et quelquefois chemins de fer, ethnographie , religion, gouvernement, division administrative, judiciaire, etc., places fortes et ports militaires, industrie, commerce, topographie, possessions.

Un tableau statistique précédé d'observa-

tions nombreuses complète la description de chaque partie du monde , en exposant dans ses colonnes le titre de chaque état, sa superficie, sa population absolue et relative, son revenu, sa dette, et ses forces militaires. Nous avons placé la description physique et politique de chaque partie du monde à la tète des descriptions particulières des états ou des grandes régions qui lui appartiennent, parce que c'est le seul moyen de présenter dans leur ensemble les grands traits de la surface de la' terre, et de conserver aux nations et aux grandes régions physiques toute leur physionomie. Nous croyons que rien de vraiment important pour un traité élémentaire n'aura été omis dans ces descriptions, et que le lecteur qui voudra se rendre familières les diverses notions qui y sont exposées , n'aura aucune difficulté a caser dans sa mémoire toutes les découvertes qu'on pourrait faire à l'avenir , et tous les changemens qui résulteront de la marche rapide de la civilisation.

Nous allons maintenant parcourir tous les titres des subdivisions , tant des principes généraux que de la géographie générale, physique et politique, et de la géographie particulière, qui peuvent nous suggérer quelques observations utiles.

§ I. Principes généraux de géographie.

La multiplicité des objets qu'embrasse la géographie oblige ceux qui entreprennent d'écrire sur cette science à invoquer souvent les secours de plusieurs sciences auxiliaires. Nous avons pensé que des notions claires et précises sur les points les plus importans étaient tout ce qu'il convenait d'emprunter au dehors pour ne pas faire de la géographie une mosaïque informe composée d'une dizaine d'abrégés incomplets de sciences différentes. Nous avons donc demandé à l'astronomie les notions nécessaires pour déterminer la position du globe dans l'immensité de l'univers, et pour assigner ses rapports avec les autres corps célestes. C'est encore à l'astronomie, secondée de la géométrie, que nous avons eu recours pour caractériser la figure de la terre, pour supputer ses dimensions et pour expliquer la méthode d'après laquelle on représente sur des cartes les traits divers de sa surface. Les sciences physiques et naturelles ont été aussi mises à contribution pour tout

ce qui concerne les climats physiques, pour la distinction des différentes parties qui forme la surface du globe visible et accessible à l'homme, et pour la distribution méthodique de ses innombrables produits. Nous avons demandé à la siatistique les faits et les principes à l'aide desquels on peut essayer d'évaluer approximativement le nombre d'hommes actuellement vivans. Enfin, nous nous sommes hasardé, sur le terrain de l'anthropologie, de l'histoire et de l'ethnographie, pour tracer les trois classifications du genre humain, d'après les langues, les religions et le degré de civilisation.

Afin de mettre plus d'ordre dans l'exposé des principes qui nous ont guidé pour la rédaction de cette partie ifê notre ouvrage, nous allons parcourir rapidement elsuccessivement les chapitres dont il se compose.

partie astronomique. Dans ce chapitre, nous avons cru devoir réunir tout ce que les géographes donnent séparément, en traitant de la sphère armillaire

A LA GEOGRAPHIE

et du globe artificiel. Les personnes qui ont eu occasion d'étudier ces sujets selon les anciennes méthodes, sentiront facilement l'utilité d'une pareille innovation.

climats physiques. Cet objet, traité d'une manière extrêmement incomplète ou entièrement négligé dans les géographies ordinaires, nonobstant le rôle important que les climats jouent dans la distribution des végétaux et des animaux sur le globe, nous a paru exiger quelques détails , malgré le cadre borné de notre ouvrage.

définitions , « Dans toutes les sciences, dit M. Walckenaer, on a tait disparaître, par des déterminations précises, l'incertitude et les contradictions du langage vulgaire; soit timidité, soit paresse, les géographes font seuls exception à cette règle; mais aujourd'hui que l'ensemble des mers et des terres est connu, et qu'on peut déterminer la signification précise de chaque dénomination géographique, il convient de réformer de ridicules usages qu'on a trop long-temps soufferts. »

Faut-il que nous ayons besoin de faire remarquer combien il est contraire à la nature et au bon sens de désigner sur nos cartes, par le nom de golfe , les mers de Guinée, d'Arabie et du Bengale, qui ont jusqu'à 30 degrés d'ouverture, tandis qu'on appelle mers le petit golfe à double ouverture de Marmara, la lagune de Zuiderzée et le marais d'Azof. C'est encore par un abus bien extraordinaire de ce mot que les grandes mers Méditerranées tfHudson et de Baffin, d'Oman et de Bengale ont été désignées sous le nom de Baies. Nous avons cru nécessaire de nous étendre beaucoup plus qu'on ne le fait ordinairement sur les principaux termes qui composent la nomenclature géographique. En géographie, comme dans toutes les autres sciences, il faut commencer par les définitions avant de pouvoir décrire; aussi leur avons-nous consacré tout un chapitre, en empruntant un grand nombre d'entre elles aussi claires que précises et d'autres entièrement nouvelles, à deux ouvrages remarquables souvent exploités depuis quelque temps par bien des littérateurs, pour faire du nouveau à peu de frais, mais que rarement ils ont la délicatesse de citer. Nous voulons parler de la Cosmologie de M. le baron de Walckenaer et de la Géographie comparée de M. Ritter. Dans le même chapitre-nous avons donné plusieurs

définitions qu'on chercherait en vain dans tous les traités de géographie, telles que colonies, caravanes, missions, etc., et nous en avons reproduit, non sans les développer, quelques-unes que nous avions déjà données dans notre Compendio di geografia, et qui ont été admises depuis dans d'autres ouvrages, quoique les auteurs de ces ouvrages aient oublié sans doute d'en indiquer l'origine. Nous regrettons beaucoup que notre cadre ne nous permette pas de justifier certaines dénominations nouvelles qui manquaient à !a géographie et que nous avons proposées pour désigner convenablement, par un seul mot , quelques-uns des grands traits que présente la surface de la terre.

DIVISIONS GÉNÉRALES DU GLOBE, SU- PERFICIE, population. Ces bases principales de la géographie politique exigeaient des détails qu'en vain l'on chercherait partout ailleurs. L'étonnante disparité d'opinions, relativement à l'étendue des parties même les plus connues du globe, et la prodigieuse discordance qu'on rencontre parmi les savans, les géographes et les statisticiens , lorsqu'il s'agit de déterminer les surfaces ainsi que le nombre des habitans, soit des contrées, soit des villes , réclamaient quelques éclaircissemens sur les principes par lesquels nous nous laisserons guider.

histoire naturelle. Nos liaisons avec un jeune naturaliste que des travaux classiques sur la zoologie et la botanique ont déjà placé au premier rang parmi ceux qui cultiventces sciences, nous ont prouvé l'avantage d'offrir, dans le ixe chapitre, un résumé de la distribution géographique des trois règnes de la nature, suivi d'un tableau statistique du règne animai et du règne végétal à l'époque actuelle.

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