‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 298 sur 628 · PLACES FORTES 6 PORTS MILITAIRES · texte numérisé non relu

PLACES FORTES 6 PORTS MILITAIRES

L'empire Russe a peu de places fortes relativement à son étendue. Dans la Russie que nous regardons comme Européenne , il faut surtout mentionner les suivantes : Siweaborg, Helsingfers et Frederiksham, en Finlande; Kronetadt, dans le gouvernement de Pétersbourg; Riga et Revel dans ceux de ce nom ; Dunabourg, dans le gouvernement de Witebsk et la grande £/2e ce pont sur la Duna en Courlande; Bobroutisk, dans le gouvernement de Minsk; Brzesc, dans celui de Grodno ; Kaminiec dans la Podolie; Taganrog, dans le gonvernement de lekaterinoslav; Zsmail', Bender, Chotim, et Akerman, dans la Bessarabie., Zamosc el Modlin sont les places les plus fortes du nouveau royaume de Pologne, où d’immenses travaux poursuivis avec la plus grande vigueur et avec une dépense énorme feront sous peu de Varsovie une place du premier ordre.

Les principaux ports militaires sont :

Kronstadt où stationne la flotte de la Baltique, Revel, Siveaborg et Rolchensabm ; ce dernier est la station de la flot:

tille de la Baltique. Arkhaugel, sur la mer Blanche ; Sevastopol avec la rade d’Akhtiar , centre des forces navales de la Russie sur la Mer-Noire, et Nirolaïev sur le Boug où stationne la flottille de cette mer ; #trakhan,. sur le Velga, station de la flottille de la mer Caspienne.

Les principaux chantiers de construction se trouvent maintenant établis à S£-Pelersbourg età Okhta tout près de cette capitale; à Kronstad, à Arkhangelsut la Mer-Blanche, et à Nifrolaïer.

ENDUSTRIS, On setrompe grossièrement lorsqu'on pense, avec beaucoup de géographes, que la Russie manque de fabriques et de manufactures. Même longtemps avant le règne de Pierre-le-Grand, cette contrée possédait des fabriques de cuir, de toiles à voiles, de cordages , de coutil, de feutre, de chandelles, de savon, dont les produits étaient exportés. Pierre 1°", Elisabeth, Catherine H et Alexandre

sont les souverains dont les règnes ont été les plus mémorables sous le rapport des progrès de l’industrie. Mais c’est surtout depuis les dernières années de celui d’Alexandre et depuis l’avènement au trône de Nicolas que toutes les branches de l’industrie ont pris un grand essor ; nonseulement leur nombre s’est beaucoup accru , mais leurs produits se sont aussi perfectionnés, En 1812 on ne comptait encore dans tout l’empire que 2332 ateliers avec 119,093 ouvriers ; en 1828 les premiers s’élevaient à 56244, les seconds à 256,414. Les gouvernemens de Moscou, de Vladimir, de Nijni-Novgorod, de Tambov, de Kalouga, d’Olonets se distinguent entre tous les autres par leur activité industrielle. Mais ce n’est pas seulement dans la fabrication des cutrs, du savon, du caviar, de la colle de poisson, des chandelles, de l'huile, de la toile à voile, des cordages, des nattes d’écorce d'arbre, de l’eau-de-vie de grain, de la carrosserie et de la bivulerie qu'on remarque ces progrès ; a soierte , la verrerie, les draps , la papeterie, \a faïence, la porcelaine, plusieurs. articles de quincaillerie grosse et fine, d'armurerie , comptent aujourd’hui plusieurs manufactures dont les produits peuvent rivaliser avec ceux des meilleures fabriques de l’Europe. Lors de l'exposition des produits de l’industrie nationale à Moscou en 1830 , on a vu des draps provenant des fabriques du comte Komarovski, du prince Nicolas Troubetskoi, etc., qui n’offraient aucune différence avec les plus beaux draps des fabriques françaises ct anglaises. Les plus beaux cachemires de la fabrique de madame Merline, dans le gouvernement de Penza, se sont vendus jusqu’à 15,000 roubles la pièce ; les cristaux de M. Maitzov et la porcelaine de M. Bakhmetev ne le cèdent qu'aux cristaux et à la porcelaine des fabriques impériales, dont les produits, à quelques exceptions près , sont comparables à tout ce que l’Europe offre de plus beau en ce genre. Les f latures et les manufactures de coton ont fait des progrès extraordinaires dans quelques gouvernemens; celui de Vladimir les surpasse tous pour l’importance de ses produits en ce genre. La ville de Chouia ct Ivanovo, village appartenant au comte Cheremetiev, peuvent étreregardés comme le centre de cette fabrication, qui en 1828

n’employait pas moins de 15,612 métiers à tisser et 24,217 ouvriers, sans compter les fabricans et leurs familles. Ce développement de l’industrie est dû en grande partie au nouveau système adopté par cp Los manufacturiers de n’employer que des ouvriers libres et bien payés. Le gouvernement à son tour surveille l’administration des fabricans et sévit contre ceux qui ne paient pas exactement les ouvriers. On à remarqué que les établissemens où l’ouvrage se fait por des esclaves et où la main d’œuvre par conséquent ne coûle rt rien, n’atteignent jamais la prospérité et le degré de perfection de ceux qui n’emploient que des ouvriers libres.

Nous devons aussi signaler un autre fait qu’on ne rencontre encore qu’en Russie et dansun petit nombre d’autres pays :

c'est que le paysan fabrique lui-même presque tous les ubjets dont il a besoin. 11 y a des villages entiers qui sont occupés par des ouvriers de la campagne ; c’est ainsi que Robotnika est peuplé de for-

erons; Pavlovo, de serruriers; Nikols-

oi, de{ourneurs el de travailleurs en laque ; Goroditch, de charpentiers ; Semenova, de ferblantiers ; lagodnoge, d'ouvriers en maroquin ; Katunka, de lanneurs en peaux de veau. Les meilleurs cuirs-maroquins se fabriqnent à laroslav, Ouglitch, Kolomna, Arsamas, Viatka, Kazan, Toula , Nijni-Novgorod, Vladimir, Pskov, Vologda et Minsk ; les plus beaux maroquins à Astrakhan, à Torjok dans le gouvernement de Tver, à Kazanet dans la Tauride ; ces deux articles sont supérieurs à ceux que fabriquent tous lesautres pays de l’Europe, Vladimir, Moscou , Kostroma et Kalouga se distinguent par leurs fabriques de linge de table; Arkhangel, Riazan, Novgorod, St-Pétersbourg et Moscou, par la foile à voile; Orel et Arkhangel ont d’importantes manufactures de cordes, câbles et autres cordages. Sarepta fabrique une grande quantité de bas, de bonnets et de draps ; Akhtyrka, une étoffe nationale pour les femmes. On doit aussi mentionner les {apis persans de Kamenskoï, de Smolensk, de Koursk, de Mikhailovka gros village du gouvernement de Voronéje , ceux de haute lice du village d’Issa et de la fabrique impériale de Pétersbourg ; les fabriques de coton des gouvernemens de Vladimir ,

2 métiers compter Ce dèven grande ppté par employer payés. Le ille l’adit contre ment les établisr des esr conséteignent le perfece des ou-

in autre en Rus-

ne

Moscou, Pétersbourg , Kostroma et Astrakhan ji manufactures de soie-

ries de Moscou, de Koupayna (an prince Yousoupov), de Freneoe, à M. Lazarev, etc. ; l'immense fabrique de drap du comte Potemkin à Glouchkov, qui seule suffit à l’habillement de l’armée, russe ; celles de Moscou , de Sviblov près de cette ville, de Sarepta, etc., etc., le papier de Moscou, Pétersbourg, laroslay, Kalouga et dela Livonie ; les produits des verreries d’Ozerski près de. Pétersbourg , ensuite ceux des gouvernemens de Volhynie, Livonie et Vladimir; la porcelaine de Gatchina, Alexandrovsk.et Verbitsk ; les- manufactures d'armes de Toula, de Votka et Sisterbek ; les fon derier de. canons. à Pétrozavodsk,, Pétersbourg, Liperk et Kherson; l’orfévrerie et la byouterie de Pétersbourg , Moscou et Oustiong-Veliki ; et les fabriques en cuivre des gouvernemens de Perm et de Moscou,

Les principaux articlesde Pindustrie du royaume dePologne ne. sont pas nombreux, malgré les progrès que ce pays a faits sous ce rapport depuis quelques années ; les draps, les toiles, les cuire et les fourrures y tiennent le premier rang,

Nous avons déjà indiqué les. lieux. de l'empire, qui, plus que les autres se distinguent par leur industrie ; nous ajouterons encore que Moscou, St-Pétersbourg, Riga, Toula, Vladimir, Vologda , Astrakhan , Arkhangel , Voronéje, Iambourg, Schliüsselbourg, Serpoukhov , Chouïa , sont les villes que l’on doit regarder comme les plus industrieuses. Dans le nouveau royaume de Pologne, on doit citer surtout Varsovie, Lublin, Kalisz, Tomaszow.

commæncs. Les importans travaux exécutés, surtout depuisle commencement du siècle actuel, pour faciliter le transport des marchandises dans toutes les parties de l'empire, etles progrès extraordinaires faits par les fabriques et les manufactures nationales , ont puissamment contribué à donner une grande étendue aux relations commerciales, non-seulement des provinces entre elles, mais aussi aux relations de l'empire avec les nations étrangères. Nous bornant au commerce extérieur qui est le seul dont nous parlons dans cet ouvrage, nous ferons observer que des calculs officiels ont démontré qu’il a plus que doublé depuis trente ans. Les

priacipans articles d'EXPORTATION de ’empire consistent en suif, lin , chanyre et farine, fer , cuivre, graine de lin, bois de construction, soies de porc, cire, cuirs, toiles à voiles , potasse , goudron , poix, huile à brûler, cordages, fils, pelleteries, cuirs, maroquins. Les principales 1MPOR- TATIONS, sont : vins, Coton, soié, draps fins, soieries, cotonnades, articles de teinture, étain, thé, sucre, café et autres denréescoloniales, fruits, eau-de-vie, plomb, mereure , tabac, bois de menuiserie, résine , machines, outils et instrumens.

Voyez Particle corespondant de. la Russie Asiatique.

La Russie compte trois compagnies marchandes : la Compagnie d'Amérique, créée en 1797, dont la direction est

Pétersbourg, et dont dépendent les établissemens de l’Amérique Russe : elle a des comptoirs à Moscou, Kazan, Tomsk, Irkoutsk, lakoutsk, Okhotsk et Kamtchatka; la Compagnie pour la navigation à vapeur, fondée en 1823; son but est de faciliter la navigation par des bateaux à vapeur établis sur le Volga, la Kama et la mer Caspienne ; la Compagnie Russe du sud-ouest , fondée en 1824, pour étendre la navigation sur les grands fleuves de l’intérieur , la Mer- Noire et la Baltique.

Les principales villes marchandes dans l’intérieur et sur les frontières terrestres, sont. : Moscou, qu'on peut regarder comme le centre de tout le commerce russe par terre, et Nijni-Novgorod, où depuis 1817 se tient la plus riche foire de l’empire et peut-être de l’Europe ; viennent ensuite Kalouga , Orenbourg , Koursk, Kherson, Toula , Oustioug- Veliki, Orel, Iaroslav , Mokhiler , Brzesc-Lilovski, Wilna, lourbourg , Samara, Toropets, Rostur, Kiev, Ne- Jin, Dubno, Berdyczev et Radzivilor.

Les principaux ports de mer marchands sont: sur la Baltique, St-Pétersbourg avec Kronstadt, Riga , Abo, Helsingfors, Reval , Pernau , Libau , Uledborg , Wasa, etc. , etc. ; dans la mer Blanche , Arkhangel; dans la mer Caspienne, Astrakhan, Bakou et Kyzliar ; dans l'a Mer-Noire, Odessa, Taganrog, Theodosia ou Kaffa, Kertch. Les villes les plus commerçantes du royaume de Pologne sont Varsovie et Lublin.

DIVISIONS ADMINISTRATIVES. L'empire Russe offre de grandes differences dans

l’organisation de ses divisions administratives. En combinant ce que nous trouvons dans MM. Hassel, Ziablovski, Storch et autres auteurs , avec les renseignemens

ue nous devons à l’obligeance de MM. de

olstoy et Klaproth , nous trouvons que l'empire Russe est partagé actuellement en 49 GOUVERNEMENS € 12 PROVINCES ‘Oblast). À ces divisions il faut ajouter le territoire des Cosaques du Don , espèce de république militaire; le grandduché de Finlande, qui a une administration entièrement particulière; leroyaune de Pologne qui avant 1931, n'avait de commun avec l'empire que le souverain qui le gouverne. Viennent ensuite PLUSIEURS PAYS VASSAUX DE NOM ou de rarr, dans la Région du Caucase, dans la Sibérie, etc., etc., savoir : les “hanats de Tarkou, de Koura , d'Avar, d'Aksai, d'Endery et des Kasi-Koumuk ; la Grande et la Petile-Kabardakh, la Mingrelie, la Petite-Abasie, le Pays des

Kaïtak, le Thabaseran, etc., les Kirghiz de la Petite ct de la Moyenne- Horde, et, depuis 1819 , une partie de ceux de la Grande ; enfin , PLUSIEURS AUTRES PAYS ENTIÈREMENT. INDÉPENpans , tels que la republique de Koubitchi; les Mitsdjeghi , à l'exception de la partie des Ingonches , qui sont vassaux ; les Osètes à l’exception du petit nombre qui est soumis ; les Tcher-kevses occidentaux, les Abases de la Grande-Abasie, les Nogat, à la gauche du Kouban et les Tehouktchi à l’extrémité nord-est de l’Asie, ainsi que les Kodiouches et autres peuples de l’Amérique Russe.

Les provinces (Oblats) ne sont à proprement parler que de petits gouvernemens, puisqu'elles sont indépendantes des gouvernemens proprement dits, dont elles ne diffèrent que par lcur étendue ou leur population. Leurs gouverneurs jouissent en outre d’une autorité plus étendue que celle dont sont investis les gouverneurs civils des divisions qui ont le titre de gouvernemens. Ces derniers sont divisés en arrondissemens où cercles, dont le nombre est relatif à leur étendue. Plusieurs divisions administratives sont soumises à un gouverneur militaire, et forment en quelque sorte des vice-royautés. C’est ainsi que les gouvernemens de Pskov, de Livonie, d’Esthonie et de Courlande relèvent du gouverneur général qui ré-

side à Riga; que les gouvernemens de Toboisk et de Tomsk , avec la province d’Omuk, forment le gouvernement général de la Sibérie Occidentale, dont le chef-lieu est Tobolsk ; tandis que ceux d’Zenisseisk et d’'Irkoustk, avec la province de Zakoutsk et les territoires riverains d’Ofofek et de Kamtchaltka, forment le gouvernement général de la Sibérie Orientale, dont le chef réside à Irkoutsk: Cependant quelques-uns de ces gouverneurs généraux n’étendent leur juridiction que sur nn seul gouvernement; ceux de Péfersbourg, de Moscou, de la Finlande appartiennent à cette caté rie, Comme leslimites de cesgrandesdivisions sont très variables et n’ont offert jusqu’à présent rien de permanent , elles ne doivent ni ne peuvent figurer ici.

Le gouvernement russe ne reconnaît pas la distinction faite par les géographes entre la Russie d'Europe et celles d’Asie et d'Amérique. Les deux premières se trouvent fondues dans plusieurs gouvernemens. Perm et Orenbourg , par exenple étant traversés par la chaine de l’Oural, ont une partie de leur territoire en Europe et une autre en Asie, Nous avons cependant tâché de combiner autant qu’il était possible les divisions administratives avec les grandes divisions géographir ques. Ayant fixé les confins de l'Europe à la crète de l’Oural et à celle du Caucase, nous avons admis, dans le tableau ci-après , la totalité des deux gouvernemens de Perm et d’Orenbourg , quoiqu'une grande partie de leur territoire, étant à l’est de l’Oural, appartienne réellement à l’Asie, et nous avons rejeté dans le tableau de la Russie Asiatique tout le gouvernement général du Caucase, bien que sa partie septentrionale soit située

ans les confins que nous avons assignés à l’Europe. C'était le seul parti que nous pussions prendre pour ne pas diviser ce que le gouvernement russe a voulu réunir, et pour conserver jusqu’à un certain point les grandes divisions naturelles qui doivent être toujours la base de tout traité de géographie. D’ailleurs la partie la plus importante de la Région Caucasienne étant placée au sud du faite du Caucase, nous avons préféré laisser pour la description de la Russie d'Asie la totalité de cette région , plutôt que de la donner avec celle de l’Europe, à laquelle n’appartient que sa partie la moins considérable.

Page 1