‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 310 sur 628 · ROYAUME SARDE · texte numérisé non relu

ROYAUME SARDE

Les statisticiens et les géographes les plus distingués donnent les évaluations les plus disparates sur l’armée de l’empire Russe, MüMer l'estime à 899,538 hommes; Fredau, dans son tableau de l’Europe, en 1819, la réduit à 680,000 ; MM. Hassel et Wichmann l’évaluent,

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vu combien celte condition est importante dans la rédaction d’un tableau quelconque de slatistique générale.

Ce serait uré erreur grave de croire que tons les hommes indiqués par le ça-

re du pied de paix fussent constamment sous les armes. Leur entetien serait trop coûteux pour la plupart des états, Depuis plusieurs années, tous les gouvernemens ont adopté le système de ne garder sous les drapeaux que les hommes dont l’instruction n’est pas terminée; ainsi, par exemple, dans le royaume de Wurtemberg, la force des compagnies et des escadrons varie selon les saisons et les exercices, et d’après les exigences plus ou moins pressantes de larme. Le nombre d'hommes sous les drapeaux en hiver n'est que d'environ 3000 ; en septembre, époque des grandes manœuvres, il va jusqu’à 8000, landis que pendant les autres mois il n’est que de 5000. L’effectif de l’armée prussienne n’est que de 83,400 hommes , quoique le cadre de la seule troupe de ligne sur le pied de paix s’élève à 190,452 hommes; celui de l’armée de la Bavière était, il y a quelques amnées, de 17,386 ; l'effectif de l’armée francaise en 1826 était de 227,687 hommes , tandis que son pied de paix s'élevait à 270,057.

es différences seraient encore plus grandes si l’on voulait offrir le cadre des armées à différentes époques. Le cadre de l’armée du royaume de Bavière, par exemple, en 1818, était de 79,168; en 1819 il a été réduit à 43,260; plus tard il a été porté à 44,981, et enfin à 53,808.

Nous ajouterons le tableau suivant pour faire voir jusquà quel point on s’expose à donner des évalualions erronées , quoique basées sur des documens ofliciels, lorsqu'on néglige de choisir pour tous les états des élémens comparables.

Pin De Paix, PIED DE Guenne. |

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pour l’année 1812, à 639,415, nombre identique à celui qui a été adopté dans un tableau statistique publié dans les Ephémérides géographiques de Weimar , et qui cependant devait se rapporter à l’année 1818, et à celui du tableau du baron de Liechtenstern publié

à Vienne en 1819. Stein , dans la même année, la porte dans son Dictionnaire à 987,117, et M. Cannabich, dans sa Géographie publiée en 1821, dit qu’en 1820 elle montait à 989,117 hommes.

Des listes officielles la portaient à 639,415 hommes en 1810, à 632,156 en 1815, et des rapports semi - officiels la disaient réduite à 450,000 hommes en 1819 ; mais l’année suivante, un des meilleurs écrits périodiques de l’Allemagne, le Politisches Journal, publiait un tablean officiel qui la portait à 989,117, non compris l’armée polonaise estimée à 50,000.

Plusieurs journaux, en réunissant ces deux sommes, ont publié de prétendus états officiels de l’armée russe, qu’ils portaient dans ces dernières années à 1,039,117 hommes. Dès l’année 1822, nous avons émis nos doutes dans la S/alistique du Portugal comparé aux autres élats de l'Europe , sur l’exactitude de ce prétendu tableau officiel , et nous n’avons pas hésité à réduire l’armée russe à 800,000 hommes, même en y counprenant les 50,000 soldats qu’on accordail alors au royaume de Pologne. Plus tard, sur l’assurance positive que nous donnèrent quelques officiers supérieurs, que le cadre de l’armée de l'empire dépassaitde beaucoup un million de combattans, et voyant M. Hassel adopter définitivement la prétendue estimation officielle des journaux, et tous les géographes et les statisticiens les plus distingués suivre son exemple, nous avons craint de nous ètre trompé, et nous avons admis son évaluation dans la Balance. Mais les faits ositifs et les raisonnemens de M. Schnitzer, dans sa statistique de l'empire Russe, nous ont engagé à faire de nouvelles recherches; leur résultat nous a prouvé la justesse des calculs de ce statisticien, et nous n’hésitons pas à les admettre dans le tableau en réduisant le cadre de l’armée russe sur le pied de paix , à la fin de 1826, à 670,000 hommes; encore ferons-nous observer avec M. Schnitzler que ce nombre doit être regardé à cette époque plutôt comme nominal queffectif. Nous ajouterons qu'un journal militaire très estimé, puhlié en Allemagne, ne la portait à cette époque, même en y comprenant les colonies militaires , qu’à 747,000. Cette évaluation diffère peu de celle de M. Niellon-Guilbert, qui, pour 1828, estimait

l’armée russe à 764,000 combattans, nombre dont il faudrait retrancher les 60,000 soldats qu’il accordait au royaume de Pologne. Nous croyons inutile de faire observer que dans notre estimation nous nous sommes bien gardé d'admettre les centaines de mille hommes, que d’après des rapports très exagérés, on accordait aux cotonies militaires de l'empire Russe.

Le retard des renseignemens que nous avions demandés sur l’armée prussienne et les prétendues listes officielles publiées dans les journaux nous ont fait commettre une erreur dans le sens contraire relativement à l’armée prussienne, dont nous n’avons évalué le pied de paix qu’à 162,600 hommes. Les documens officiels que nous avons reçus de Berlin portent le cadre de l’armée permanente pour la fin de 1826 à 199,360, nombre presque identique à celui qu'a donné M. Fœlix dans une brochure très importante que ce savant avocat a publiée sur la Force armée de la Prusse, dans laquelle il porte le cadre de l’armée prussienne de toute arme à 199,452 hommes.

Des personnes peu au fait des anomalies que présente cette partie de la statistique, ont trouvé que nous portions trop haut le chiffre de l’armée suédoise en nous faisant observer que l’on ne doit regarder comme troupe de ligne que la værfavde ou les froupes en service actif qui comprennent 6,867 hommes et l’état - major...

qui ne compte que 161 individus ; que tout le reste de l’armée qui forme l’indelta ou les troupes colonisées doit être considéré comme des milices, et par conséquent exclu de la colonne des armées permanentes. Mais les détails Le nous a donnés sur l’organisation

e ces troupes nationales, qui constituent la force de la Suède, nous ont engagé à persister dans notre ancienne évaluation. Ce ne sont pas des milices, ce sont des troupes régulières d’une excellente tenue; la cavalerie surtout est remarquable par son parfait aplomb. Depuis Charles XI, créateur de l’armée et de la flotte colonisées, 6 régimens de cavalerie répartis en 2 inspections générales , et 26 régimens d'infanterie divisés en 9 brigades et 4 inspections générales, sont répartis sur toute la surface du royaume.

Ils portent le nom des provinces où ils sont cantonnés. Depuis les lieutenans-

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énéraux quisont chargés des inspections jusqu’au dernier soldat , tous vivent du produit de leurs bos{ælle ou des indemnités provinciales, et nul n’est soldé par état. Pendant onze mois de l’année ces troupes restent dans leurs foyers, occupées à cultiver leurs terres; seulement les régimens d'infanterie sont employés sucressivement à des travaux extraordipaires, an creusement des canaux ou à la construction des routes, et alors ils reçoivent une solde journalière. Tous les dimanches lesofficiers et les sous-officiers exercent les soldats qui sont immédiatement sous leurs ordres. Le mois de juin st consacré aux exercices généraux qui complètent l’éducation de cette armée montant à 29,818 hommes, dont 4944 de cavalerie, Nous rappellerons à nos lecteurs que dans les cadres des armées permanentes des états qui possèdent des colonies, on a compris toutes les troupes de ligne qui se.trouvent hors de l’Europe; à l'égard de la monarchie Anglaise on y a même compris les 22,540. hommes à la solde de la Compagnie anglaise des Indes-Orientales. L’espace nous manque pour exposer les motifs de notre procédé. La Confédération Suisse r’entretient aucune troupe réglée à l’exception de quelques villes comme Genève et autres qui ont une garnison pour la police permanente. Mais la plupart des cantons ont des écoles militaires pour leur milice, où chaque compagnie de toute arme passe alternativement un certain temps et fait le service de la place. Les contingens fédéraux peuvent être rassemblés en 24 heures à leur quartiers généraux respectifs, et en une couple de jours la Suisse peut mobiliser une armée de 72,000 hommes parfaitement exercés et équipés au complet. La plus grande partie des forces des nouveaux états transatlantiques consiste dans les milices. Le nombre des troupes de ligne, si ce n’est dans la république de Colombie , n’est nullement proportionné à leur population. L'armée des Etats-Unis ou de la Confédération Anglo-Américaine est composée de ce qu’exige rigoureunsement l’administration militaire, le service médical, l'état-major du corps des ingénieurs militaires auquel on a réuni les ingénieurs géographes, de 4 régimens d'artillerie et de 7 régimens d'infanterie en tout 6183 hommes, en y comprenant les officiers. C’est le noyau d’une armée

qui servirait, en cas de besoin à former une armée effective, en y incorporant.des miliciens ; ces derniers s’élevaient à 899,541 en 1821 et à 1,150,158 en 1826.

Afin de mettre le lecteur en état d'apprécier un peu mieux l’importance militaire de quelques états de l’Allemagne, notre tableau ne comprenant que le contingent qu’ils doivent fournir à l’armée fédérale, nous ajoulerons que l’armée du royaume de Baviere sur le pied de paix offre une force de 53,898 hommes ; celle du royaume de Hanovre, de 20,918 ; du 'oyaume de Saxe , de 12,700 ; du Grand- Duché de Bade, de 12,433 ; de la Hesse- Electorale, de 9879 hommes; du Grand- Duché de Hesse, de 8421.

La mesure de la force des armées navales des états suppose toujours la connaissance de deux élémens entièrement différens : la force matérielle etla force des équipages. Nous ne parlerons que de la première pour justifier la classification que nous avons adoptée dans la Balance et que nous reproduisons dans les tableaux statistiques de cet Abrégée.

Nous le devons aux renscignemens et aux observations qui nous ont été adressés par plusieurs savans marins, aux lumières desquels nous avons eu recours lors de la rédaction de ce travail.

La force matérielle d’une flotte ne dépend pas seulement, comme on le croit généralement, du genre des bâtimens qui la composent, ou en d’autres termes du nombre des batteries de ses navires, mais de l’ensemble des quatre élémens suivans : le genre ou la force des bâtimens ; le nombre des bouches à feu qu’ils portent ; le calibre de ces dernières ; l’âge des navires. Nous signalerons ensuite d’autres renseignemens , dont la connaissance e$t indispensable pour avoir des élémens comparables.

Nous avons vu à la page 25 les trois classes principales dans lesquelles on s’accorde à ranger tous les bâtimens de guerre des puissances maritimes du globe. Mais ces trois classes admettent chacune des navires dont la force diffère beaucoup d’un état à l’autre. Les Anglais, par exemple, ont des vaisseaux de ligne depuis 50 Jusqu'à 130 canons. Ceux de 50 forment mème chez eux une classe à part, qui aujourd’hui ne nous paraît avoir de correspondante dans aucune autre marine militaire, depuis que la Francea remplacé

par de grosses frégates les vaisseaux de cette espèce dont elle s’est servi dans les guerres de la seconde moitié du xvrrr° siècle. Depuis cette époque il s’est introduit dans presque toutes les marines de PEurope un nouveau genre de bâtimens de guerre ; nous voulons parler des vaisseaux rasés, Ce sont des vaisseaux de ligne, dont à raison de leur vétusté ou d’autres motifs, on a supprimé Ja batterie couverte supérieure, pour éviter qu’ils ne fatiguent autant à la mer qu’avec la totalité de leur artillerie primitive. Ces vaisseaux rasés ne diffèrent guère des frégates, que par leurs dimensions, par Pépaisseur de leurs coques et par la supériorité de leur calibre qui est de 36 à 24. Chez presque toutes les puissances maritimes on s’est accordé à augmenter la force des frégates. En France, il y en a qui portent jusqu’à 60 canons; aux Etats- Unis jusqu’à 68, tandis que sous la dénomination de frégate, les Espagnols comprennent tout bâtiment à trois mâts avec une batterie couverte, quel que soit d’ailleurs le nombre des bouches à feu dont il est armé. Une classification générale des navires de toutes les puissances maritimes d’après les trois classes: vaisseaux de ligne, frégates et oâtimens tnférieurs offrira donc les élémens les plus disparates si l’on veut se borner à elasser les navires d’après la simplé indication de leur nature.

L’indication du nombre des canons, même basée sur des documens officiels, n’est pas toujours suffisante pour connaître exactement cet élément essentiel de la force matérielle des flottes. Nous avons signalé cette circonstance dans notre Statistique du Portugal à l’occasion d’un tasieau officiel de la flotte portugaise en 1793, présenté au congrès ; on y porta le nombre total des canons à 1556, somme inférieure de 148 au nombre réel dont étaient armés les 34 bâtimens qui la composaient. On peut dire qu’en général les vaisseaux et les frégates portent un plus grand nombre de bouches à feu que celui qu’indique la elasse de batimens à laquelle ils appartiennent ; ainsi, par exemple. en France, un vaisseau de 120 est souvent armé de 130 à 136 canons, et les vaisseaux de 80, de 74, jusqu’anx frégates du dernier rang en ont également un nombre proportionnellement plus grand que celui qui est indiqué par

leur dénomination. Mais ces anomalies, qui diffèrent plus ou moins d’un état à l’autre, deviennent trop considérables dans les Etats-Unis pour que les statisticiens n’en tiennent pas compte. Les prétendus vaisseaux de 74, grandeur arrêtée par le congrès anglo-américain, peuvent presque tous recevoir 98 bouches à feu, et quelques-uns même davantage par une fraude patriotique des ingénieurs constructeurs. L’'Ohio , par exemple, qui, d’après les tableaux officiels ne devrait être armé que de 74 canons, est un des plus beaux vaisseaux que l’on ait construits, et est percé pour 102 bouches à feu. La Pensylivante , qui est un de ces prétendus vaisseaux de 74, passaiL il y a quelques années pour le plus grand vaisseau du monde : ilest percé pour 140 pièces de canons. La Java, le Potomac et d’autres frégates anglo-américaines sont armécs de 80 canons et plus, au lieu des 44 senlement qu’elles devraient avoir d’après les documens officiels. Les bâtimens de troisième elasse offrent des différences non moins grandes.

Le calibre des pièces dont sont armés les navires, selon les trois grandes classes entre lesquelles tous les marins s’accordent à partager les bâtimens de guerre, n’offre pas des anomalies moins considérables. Nous ferons observer d’abord que les vaisseaux anglais du premier et du second rang ne portent que du 34, tandis que les anglo-américains ont du 44. La plüs forte batterie d’un vaisseau français de 74 est formée de 28 canons de 30 ou 36 et de 14 caronades du méme calibre, dont 10 en fer et 4 en bronze. Nous rappellerons aussi que, selon le capitaine frant, le Mahmoud, vaisseau ottoman de 120 canons, a du 68 dans le troisième pont. Les vaisseaux rasés, qui d’après ce que nous venons de dire pourraient être assimilés aux frégates du premier rang, portent en France 58 canons de 38, calibre égal à celui des pièces dont on y arme les plus grands vaisseaux de ligne; les fregates du premier rang portent 60 canons, dont les plus forts sont du calibre de 30 ; celles du second en portent de 52 à 58, dont plusieurs du calibre de 24; et celles du troisième rang en portent de 44 à 46, dont plusieurs du calibre de 18. Les flottes des autres puissances nous offriraient des différences non moins saillantes. On voit donc combien serait vague

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