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craie, , tantôt aristocratiques. Nulle e despotisme ne pèse sur les habitans de cette contrée. L'empire des Wahhabites offrait naguère un singulier mélange de théocratie, de monarchie, d’aristocratie et de démocratie,
sousrris, Les fabriques et les manufactures de l’Arabie sont presque nulles.
Ce n’est que depuis peu que les Banianes (c'est ainsi qu'on appelle les Indiens établis dans cette contrée), ont fondé quelques manufactures de coton,
commence. Quoique ie commerce de l'Arabie ait beaucoup diminué en comparaison de ce qu’il était avant la découverte du Cap de Bonne-Espérance, ilcst encore assez considérable, Les caravanes qui se rendent à la Mecque, les portsde Yamnbo, deDjiddah, de Kamfidia, de Moka, d’4den, de Mascate, d'El-Katif et de Gran sont les places les plus considérables.
On peut dire que presque tous les objets d’habillement sont fournis par l’Inde, ceux de luxe par l’Europe, et les armes par la Perse et par l'Asie Ottomane. Les principaux ARTICLES EXPORTÉS sont : le café, qui est le plus important de tous; viennent ensuite les perles, les dattes sèrhes, les peaux , les chevaux , les feuillr: de sené, l’indigo, la gomme, en outre &r:2 grande quantité de benjoin, d’encens et de myrrhe qui viennent de lAfrique , quoique dans le commerce ces articles press pour des produits de la péninsule.
es principaux ARTICLES D'IMPORTATION sont, outre les trois que nous venons de nommer , les étoffes, le sucre et autres productions de l’Inde , acier, fer, canons,
lomb , étain, cochenille , toiles , perles ausses , armes blanches et à feu , et une foule d'objets provenant des fabriques et des manufactures de l’Europe, DIVISION et TOPOGRAPHIE, Depuis la chute de l’empire éphémère fondé par les Wahhabites, on peut regarder toute la péninsule comme partagée en un grand nombre de petits états indépendans les uns des autres. Les Arabes modernes ne connaissent pas les dénominations inexactes d’Arabhie-Pétrée , d’Arabie- Heureuse et d’Arabie-Déserte. leurs
écrivains ne s’accordent pas non plus dans la division de leur pays, et les divisions données par Niebuhr diffèrent de celles qu'ont proposées d’autres savans. Nous croyons qu'on pourrait partager celte vaste contrée, en com— inant les grandes divisions géographiques en usage chez les naturels, avec ses divisions politiques actuelles, dont nous ne donnerons cependant que les principales. Nous ferons aussi observer que les Ottomans ont depuis quelques années recouvré la puissance qu’ils exerçaient en Arabie, depuis les vastes conquêtes du sultan Selim. Voyez aux pages 6568 à 671 et l’A#frique Oltomane. Depuis les grands succès obtenus par les troupes de Mehemet-Ali, on peut regarder la pus grande partie de cette région comme une dépendance politique de la monarchie fondée par cet homme extraordinaire ; car il n’y a que l’imamat de Mascate, parmi les états les plus étendus, qu’on puisse regarder comme absolument indépendant.
HEDJAZ. Cette division comprend l’Arabie-Pétrée de nos cartes et toute la côte orientale de la mer Rouge jusqu'aux frontières de l’Yemen. Ses principaux états sont :
Le Grand-Cherifat de la Mecque, qui comprend la partie que les Arabes nomment BE- LED-EL-HARAM ou le Pays Sacré. Depuis l’expulsion des Wahhabites et du cheïkh d’Abou-Arich, cet état peut être regardé comme une dépendance politique du pacha d'Egypte, dont les troupes occupent toutes les places furtifiées et les ports. Ses villes principales sont :
La Mecque, située dans un vallon stérile, au milieu des montagnes, et à deux journées de marche de Djiddah. C’est la capitale du grandcherifat. Ses rues sont assez régulières, et ses maisons sont bâties en pierre. La ville est ouverte, mais elle est défendue par trois citadelles. La Mecque a beaucoup perdu dans ces deraières an nées par le pillage auquel elle a été exposée pendant l'occupation des Wahhabites, et par la diminution du nombre de pélerins qui annuellement la visitaient, et qui la rendaient le centre du commerce de l'Arabie avec l’Europe, l'Asie et l'Afrique. Depuis quelques années elle a commencé à réparer ses pertes. Sa population, qui de 100,000 avait été réduite à 18,000 âmes à l’époque où Ali-Bey la visita, s'élevait en 1814, lorsque Burck= hardt y était, à près de 34,000 ; mais elle monte au-delà de 80,000 à l’époque du pélerinage ou du hadji. Pendant ce temps-là, dit M. de Larenaudière, la Mecque offre l'aspect d'unu grande et belle « foire, avec prières du jour, prières du soir, illumination de la grande mosquée , illumination des tentes des pachas et des seigneurs, courses à l’Arafat, jeux et divertissemens, feux
d'artifices et nombreuses saives d'artillerie. Alors siles gens pieux font leurs affaires avec le ciel, d'autres gens, et ce n'est pas le plus petit nombre, font leurs affaires avec /a terre. Les Hin- . dous , les Malais musulmans les Cachemiriens, les hommes de Boukhara et Ûe Samarcande, de la Tartaric, de la Perse, des côtes de Melinde, de Mombaze et de tous les points de l'Arabie, se mettent en rapport avec les hommes de l'Occident, avec les peuples de l'Afrique septentrionale etintérieure, avec les Egyptiens, avec les Turks, Iles Albanais , toute l’Asie-Mineure et même avec les Grecs et des Arméniens qui se mêlent partout. 11 faut reconnaitre qu'aujourd'hui les spécula- ‘tions lucratives du commerce sont le principal mobile du voyage du Hedjaz, » La Mecque est célèbre pour avoir donné le jour à Mahomet, et pour avoir été, suivant la remarque de M, Reinaud, le principal berceau des traditions musulmanes., À en croire les mahométans, c’est à la Mecque qu'Adam et Eve, après leur péché et leur pénitence, obtinrent leug pardon de Dieu. C'est également à la Mecque qu'ismaël , fils d'Abraham, fuyant avec sa mère Agar, la jalousie de Sara, vint s'établir, et donna naissance à l'illustre tribu des Koraïschites à laquelle appartenait Mahomet. Abraham, ajoutent les musulmans, y visita plusieurs fois son fils chéri, et y éleva le temple de la Kaaba, qui depuis ce moment n’a pas cessé d’être l’objet de la vénération des fidèles, La Kaaba, ainsi appelée à cause de sa forme presque carrée , est un édifice de 34 pieds de haut sur 27 de large, et couvert d'une immense étoffe de soie noire sur laquelle se trouve brodée en caractères d'or la profession de foi musulmane, consistant dans ces mots : Z/ n°7 a pas d’autre Dieu que Dieu;Mahomet est l’envoyé de Dieu.
C'est le grand-seigneur qui, depuis la chute des califes de Bagdad et des sultans mamelouks d’Eypte, fait présent de cette étoffe au temple ; il l'envoie par la caravane du Caire. Les portes de la Kaaba ne s'ouvrent que trois fois par an, une pour les hommes, une pour les femmes et la troisième pour la nettoyer. À l'extérieur, vers un des angles, est encastrée la fameuse pierre noire; tout autour sont le puits de Zemzem où les pélerins viennent se purifier , et diverses coupoles, chaires et autres lieux de station où les pélerins s’acquittent de leurs cérémonies. Le tout estenfermé dans une vaste galerie carrée appelée du nom général de almesdjid-alharam ou de mosquée sacrée, et dans laquelle on entre par la porte nommée Bab-alsa-am ou porte du salut.
La Mecque n’a d'autre industrie que celle d’une quantité d'ouvriers qui font des chapelets. Le célèbre baume de la Mecque ne vient pas dans le voisinage de cette ville, mais dans l’intérieur de la péninsule. Selon Burckhardt les sciences y sont dansun grand déclin. Les collèges et autresétablissemens, jadis consacrés à l’enseignement public, avaient été convertis en hôtelleries pour les pélerins; les habitans, livrés au luxe et à une grande corruption de mœurs, ne s’occupaient que de leurs plaisirs. Ils n’avaient d’ailleurs presque plus de rapport d’origine avec les anciens maitres du pays. Burckhardt assure qu'il restait à peine dans
la ville quelqu® hommes de la tribu des horaischites, et que tout le reste avait péri à la suite des guerres intestines et des disettes, ou s'étailiransporté ailleurs,
Dans les environs de la Mecque on doit citer d'abord les lieux qui sont à une légère distance de la ville, et qui ont été consacrés par la religion. Tels sont le moNT ARAFAT et LA VALLÉE D& Mina, où les pélerins sont obligés de faire des stations et de réciter des prières. Telle est encore la mon- TAGNE DE Hina, où se trouve une caverne dans laquelle le prophète, quelque temps avant sa prétendue mission , avait coutume de se retirer pour méditer sur les choses célestes, et où l'ange Gabriel lui apparut pour la première fois.
Plus loin , dans un rayon de 65 milles et sur les bords de la mer Rouge, se trouve Dyipvau, que M. Rüppell regarde comme la ville la plus belle et la plus riche de toute la mer Rouge, et à laquelle il accorde 40,000 habitans, nombre huit fois plus grand que celui que des voyageurs précédens lui assignaient; Burckhardt ne l'estime que de12 à 15,000 en temps ordinaire et peut-être au double pendant les mois d'été, qui correspondentaux moussons.On considère Djiddah non-sculement comme le por! de la Mecque,mais comme le grand entrepôt maritime du commerce de l'Egypte, de l'Inde et de l'Arabie. Djiddah est fortifiée et a une nombreuse garnison de troupes égyptiennes, commandées par un pacha , qui maintenant relève directement du vice-roi d'Egypte. Dans l'intérieur des terres est la ville de Taiër, célèbre par son territoire arrosé d'eaux courantes et planté de palmiers, de vignes et d’herbages ; elle fournit des légumes et des fruits à la Mecque.
Menine, située dans un lieu creux, entre des montagnes arides, et arrosée par un ruisseau appelé sioun-Zarkeh ou sources bleues. Grâce à son château assis sur une éminence rocailleuse,
à ses casemates à l'épreuve de la bombe, à ses :
murs épais, hauts de 90 pieds, flanqués de 40 tours, cette ville passe pour la principale forteresse de l'Hedjaz et pour une place imprenable, Cette ville se nommait originairement YaArres. Son nom de Medine est arabe et signifie ville; il est pour Medinet-Alnébi ou ville du prophète, à cause du refuge qu'y chercha Mahomet lorsqu'il fut obligé d'abandonner la Mecque , sa patrie, et du séjour qu’il y fit jusqu’à sa mort. La principale de ses mosquées est celle qui fut originairement construite sur l'emplacement de la maison où le prophète était mort, et où l’on remarque encore son (ombeau, ainsi que ceux des deux premiers califes Abou-bekr et Omar. Les musulmans vénèrent dé plus la mosquée que Mahomet coustruisit à sa première arrivée à Medine , et qui, à ses diverses reconstructions près, peut passer pour le plus ancien temple musulman.Yrente collèges ou écoles sont ouverts dans Medine pour l'instruction. Les habitans de cette ville, trop nombreux pour les denrées que produit son territoire, subsistent surtout des dons envoyés par les musulmans des autres pays, qui demandent des prières faites en leur nom. Les pélerins font aussi des présens, et le grand-seigneur envoie tous les ans une somme considérable ; en
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un mot tout l'islamisme coutrilue à l'entretien des habitans , et enrichit par ses aumônes 8000 mendians fainéans, qui vivent, dit M. Sadlier, splendidement , traitent avec arrogance Îles voyageurs et leur vendent cher jusqu'à l'eau de leurs puits, Nous ajouterons que bon nombre de ces maisons, construites en pierre et de formes élégantes tombent en ruines ; que la guerre et la progression décroissante du pélerinage ont porté un coup mortel à la prospérité de cette vieille cité, qui n'a plus pour se défendre de la misère que le tombeau du prophète.
Dans le voisinage de Medine on doit citer le Mont Ouov, où le prophète essuya une sanglante défaite de la part des Mecquois ses ennemis ; le puits DE Beon, où Mahomet avait d'abord remporté sur ces mêmes Mecquois une brillante victoire, et qui aujourd'hui, suivant Burckhardt, forme un bourg de 5600 maisons. EL-SsArRA , gros village dans la vallée de ce nom , célèbre dans tout l'Hedjaz par sa fertilité; c'est le grand marché de toutes les tribus voisines et l’entrepôl principal du fameux baume de la Mecque dans sa pureté naturelle. Enfin Yauso, petite ville, située sur les bords de la mer et regardée comme le port de Medine. M. Rüppell lui attribue 5000 habitans.
Plus au nord, le long de la mer Rouge, on trouve : Woucux, petite ville, dont le port, selon M. Rüppell, est le plus important de toute la côte, quoiqu'on le cherche en vain sur les meilleures cartes. Axaea (4ila ou Elalh des anciens Orienlaux, nommée aussi 4kaba-el-Masriou Akaba d’Egrpte pour la distinguer d’une autre Akaba qui est dans l'intérieur), misérable petite ville, près de laquelle était située la célèbre As1oNGABER ; C'est de son port que les vaisseaux de Salomon partaient pour aller à Ophir; c'est aussi par cette ville que les Phéniciens faisaient le commerce avec l'Inde et l'Arabie. Le petit port d’Akaba est le rendez-vous d'une partie des pélerins musulmans d'Egypte et de Barbarie qui se rendent à la Mecque. Vers l’ouest et sur la péninsule formée par la Méditerranée, le golfe de Suez et celui d’Akaba, s'élèvent les deux célèbres monlagnes Honen et Sinaï. C’est sur la première que Dieu apparut à Moïse et lui commanda d’aller délivrer les Juifs de la servitude d'Egypte ; et c'est sur le Sinaï que Dieu donna à Moïse les tables de la loi ; c'est aussi au pied de cette montagne qu'est situé le couvent de Ste-Calherine, semblable à une petite citadelle, et un des plus célèbres de l'Eglise grecque. La partie principale est la grande église bâtie, ainsi que tout le reste, par l’empereur Justinien; réparée plusieurs fois, elle conserve encore l'autel et la coupole primitifs; on distingue encore sur cette dernière le portrait de Justinien, celui de sa femme Théodora et le tableau de la Transfiguration. Un voyageur réduit à 60 ou 80 les milliers de pélerins qui autrefois visitaient ce sanctuaire et à une trentaine le nombre de moines qu’il renferme, On y monte et ou en descend par le moyen d’un panier et d’un cabestan. Les moiues possèdent deux petites piéces de canon et sont bien fournis d'armes pour se défendre contre les Arabes. Leur bibliothèque, relativement à cescontrées, est une des meilleures
et desplus riches. On doit ajouter que dans les environs se trouvent plusieurs emplacemens que la tradition vulgaire a rendus célèbres, et qui sont visités par de pieux chrétiens, par des juifs et des mahométans ; tels sont le lieu où fut érigé le serpent debronze, les tombeaux de Moïse et d’Aaron, a grotte où vécut St-Athanase, la chaire de Moïse et l'empreinte du pied de la jument de Mahomet dans son ascension au ciel.Les montagnes d'Horeb et de Sinaï offrent de plus un grand intérêt pour les physiciens; M. Gray et l’infortuné Seetzen, quand ils visitèrent ces lieux, entendirent par intervalle, sous leurs pieds, un tremblement prolongé qui ressemblait aux battemens d’une pendule et qui soulevait le sable, Déjà du temps de Justinien, l'historien Procope faisait remarquer que le point le plus élevé du Sinaï était inhabité, à cause du bruit terrible qu’on y entendait toutes les nuits. Toute la partie septentrionale de l'Arabie Pétrée, qui faisait l'effroi des voyageurs, et sur laquelle on n'avait jusqu'à ces derniers temps que des notions vagues, a été explorée, d'abord par Burckhardt, Mangles, Irby et autres voyageurs, et depuis par MM. Delaborde et Linant. Dans l'intérieur de l'Hedjaz on doit remarquer surtout certaines tribus de Juifs indépendans, mentionnés dans le xu° siècle par Benjamin de Tudela, sous le nom de Rechabites, et que M. Wolf a retrouvés dans les environs de la Mecque. Selon ce dernier voyageur, les enfans de Rechab sont au nombre de 60,000, vivent sous destentes comme leurs ancètres et dédaignent la culture des champs. Ils sont circoncis, professent le judaïsme pur, et ne possèdent que le Pentateuque, les livres de Samuel, des Rois, d'Isaie, de Jérémie et des prophètes du second ordre. Ils furent vaincus, mais non domptés par Mahomet. Ces Juifs montrent quelquefois la plus grande hardiesse. A l'exemple des autres tribus de l'Arabie, ils lancent à la rencontre des caravanes un des leurs, qui vient exiger le tribut accoutumé ; si elles refusent, il part comme un trait, et bientôt après, une nuée de cavaliers vient fondre comme la foudre sur ces voyageurs. Plus au nord et versie sud de la mer Morte on trouve : Ec-D3Y, village principal du Ouani- Mousa, auquel des voyageurs modernes n'accordent que 2 ou 300 maisons, mais très remarquable à cause des restes imposans encore très bien conservés de l’ancienne Petra, situés dans ses environs, visités en 1818 par MM. Irby et Mangles, et depuis par MM. Delaborde fils et Linant; la superbe avenue de tombeaux, de plus de 2 milles de long, taillés dans le roc ; le grand temple auquelelle aboutit, le {héâtre, les colonnes et les immenses débris de sculptures de tout genre, ainsi que la situation romantique de ces imposantes ruines doivent les faire placer à côté de celles de Baalbeck , de Djerrach et de Palmyre. «En contemplant ces monumens , dit M. Walckenaer, ces édifices, ces tombeaux, les uns mutilés, les autres encore debout et intacts, on croit voir comme une ville qui vient d'être dévastée par l'ennemi et que ses habitansont abandonnée momentanément. Souveraine du désert, cette forteresse dont la nature construi-
sit les epoque murailles , cette antique cité lacée entre l'Asie etl'Afrique , a dû avoir de l'inuence sur les premiers temps de la civilisation et
du commerce de ces deux parties du monde, »
A quelques milles de Petra sont : Canac ou Kanexet Mont-Rsa ou Cuausex, qui jouèrent un grand rôle dans les guerres des Croisades, Karek est encore une petite ville assez considérable pour ces pays ; Burckhardt lui accorde 560 familles.
L'YEMEN comprend tout le sud-ouest de la péninsule, La partie le long de la mer Rouge se nomme Tehama. Celle grande division se subdivise en Yemen proprement dit et en Æadramaul. Tous les deux comprennent un grand nombre d'états indépendans.
Dans l'Yemen nous signalerons les suivans :
L'Imamat de Sanaa ou de l'Yemen, qui est ua des états les plus puissans de l'Arabie, quoique depuis quelque temps son Le de politique soit bien diminuée, et quoiqu'il soit actuellement vassal du grand-seigneur , auquel il paie un tribut annuel de 2000 quintaux de café. Ses villes principales sont:
Sana ou SzanAA, capitale de l'état et siège de l'imam, bâtie au milieu d'une plaine fertile, ceinte de murs de briqueset de tours , avec des maisons massives et hautes, quelques beaux édifices et des rues larges, mais sales et nun pavées ; cette ville serait, selon M. Seetzen, une de plus belles cités de l'Orient ; elle est du moins une des plus anciennes, et elle joua jadis un grand rôle. Avant l'islamisme , elle possédait un {temple qui rivalisait avec la Kaaba, et l'année même où Mahomet naquit, les peuples de Sana marchèrent contre la Mecque, voulant ensevelir la maison carrée sous ses ruines. On ne trouve aucune indication sur la population de Sana ; il est probable cependant qu'elle ne dépasse pas 30,000 âmes. Sana est défendue par un château, où se trouvent les deux palais Dar-el-Dahhab et Dar-Amer, une mosquée et l'hôtel des monnaies. Les autres villes les plus remarquables sont : Daman, chef-lieu du district de Makhareb-el-Anes, assez grande ville bien bâtie, à laquelle on accorde 5000 maisons, et où se trouve une école célèbre, fréquentée par les zeïldites. Beïr-EeL-Faxau, chef-lieu du district de ce nom, pelite ville, d'environ 4000 âmes, remarquable parce qu'elle est le centre du commerce de café de tout l'intérieur de l'Yemen. Moxxa, chef-lieu du district de ce nom, ville fortitiée, avec un port et une rade. Quoique son commerce soit beaucoup déchu on la regardait, avant le pillage qu'elle a éprouvé il y a quelques années, comme la première place maritime commerçante de l'Arabie ; nous avons vu cependant que Djidda doit être regardée comme telle; lord Valentia lui accorde 5000 âmes.
L'état d’'Abou-Arich, Île long de la mer Rouge, entre le, grand-cherifat de la Mecque et l'imamat de l’'Yemen. Depuis la chute de l’empire des Wahhabites, cet état parait être rentré dans ses anciennes limites. Asou-AnicH, dans le Tehama, petite ville, est la résidence du chérif, Ses environs abondent en fruits et possèdent des mines de sel gemme.
LePays de Kobaïl ou Hachid-@l-Bekil,
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entre le Nedjed et l'imamat de l'Yemen, habité pu plusieurs tribus sédentaires, très belliqueuses, les forment une espèce de confédération et fouroissent des soldats à plusieurs états de la péninsule, Ce sont les Suisses de l'Arabie,
Le Pays d'Aden, à l'extrémité sud-ouest de la péninsule et au sud de l'imamat de l'Yemen. Ses principales villes sont : Laumans , petite ville, sur le Meïdan, résidence du sultan, Aven, autrefois place forte et la plus opulente ville de l'Arabie; quoique en grande partie ruinée , elle est encore assez importante par s09 port et par son commerce.
L'Hadramaut s'étend à l'est de l'Yemen pro-
rement dit le long de la côte de l'Océan-Indien usqu'à l'Oman, On ne connait point ses limites dans l'intérieur, Une partie de ses habitans , de même que les Suisses , les Tyroliens, les Auvergnats, les Savoyards, les Galiciens et autres montaguards de l'Europe, émigrent pour aller dans les villes maritimes de l'Arabie, en Egypte et jusque dans l'Inde, exercer plusieurs métiers ou Ltd y servir comme soldats, et reviennent au
out de pa tr années dans leur pays natal pour y jouir du fruit de leurs épargnes. L'état
imparfait de la géographie de cette partie de l’Arabie et notre cadre ne nous permettent de citer que les villes suivantes :
MaxaLLa, siège d’un petit sultan, ou pour mieux dire d'un cheïhk indépendant, dont la puissance s'étend sur une douzaine d'autres villes du voisinage. Comme les autres chefs entre lesquels est partagée la côte méridionale de l'Arabie, il est souvent en guerre avec ses voisins, et comme eux il exerçait la piraterie, à laquelle les Anglais. ont mis un terme. Makalla est une assez grande ville, avec des maisons à trois étages et avec un bon port, oùil se fait un commerce important. Tenrim, dans les montagnes, ville qu'on dit être grande et populeuse. C'est le siège d’un petit sultan; on y fabrique une espèce de châles de soie mélée d'or. Cuisan, dans les montagnes, et résidence d’un autre petit sultan; on la représente comme plus grande et plus peuplée que Terim, Doan, non loin de la mer, et dans une vallée profonde , ville de médiocre étendue , résidence d'un cheïtkh indépendant.
Le Pays DE Maurau parait être un vaste plateau, traversé dans tous les sens par des tribus nomades. C'est une des parties encore les moins connues de l'Asie.
L'OMAN comprend l'extrémité orientale de la péninsule, Son intérieur est très peu connu. Parmi les nombreux états entre lesquels il est partagé, nous citerons les suivans :
L'Imamat de Maskat. C'estun des plus puis-"” sans de l'Arabie. Assisté par les Anglais, il a pu résister aux Wahhabites et conserver son indépendance. Ses villes principales sont : MASKAT ou Mascare , entourée de jardins et de plantations de dattiers, avec un bon port et des fortifications assez considérables pour résister à des troupes asiatiques. C'est la capitale de l’état ct l’entrepôt de toutes les marchandises , qui de l'Inde sont amenées dans le golfe Persique: elle est aussi le centre du graud commerce des perles qu’on pé-
the da ordin 60,000 long-te colline habite « comme L'ima suzerain ghistan Hormo Zanziba de cette ’ L'Eta mamat « et le lon tale du g doutable cheïkhét
Persique, phrate, 1} presque t et encore sont:
Ras-ALétait la rés res Algivas flottille, cc barques, bâtimens, :
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the dans cette mer, Sa population qu'on évaluait ordinairement à 12,000 habitans, est estimée à 60,000 âmes par un médecin qui y à vécu assez long-temps. Rosrax, dans l'intérieur, sur une colline; c'estla résidence ordinaire de l'imam , qui habite un beau palais. Souan ou Oman, ville assez commerçante, avec un portet plusieurs chantiers.
L'imam de Mascate possède en outre, sous la suzeraineté du roi de Perse , une partie du Moghistan dans le Kerman, et les iles Kichm et Hormouz, Ce prince possède en Afrique l'ile Zanzibar et quelques places sur la côte opposée artie du monde.
L'Etat de Belad-Ser, au nord-ouest de l'imamat de Mascate, dont autrefois il dépendait, et le long’ du golfe d'Oman et de la côte occidentale du golfe Persique. Ses habitans sont de redoutables corsaires, et la marine militaire du cheïkh était, il y a quelques années, assez considérable. Sen ou Sen, petite ville, à l'embouchure du torrent de même nom, avec un assez bon port sur le golfe Persique, estle siège du cheïkh et la capitale de l'état,
LE LAHSA ou HESSE (Bahrain ou Hadjar) s'étend au nord-ouest de l'Oman, le long du golfe Persique, jusque près de l'embouchure de l'Euphrate. 11 est divisé en plusieurs petits états, dont presque toute l£ population côtière vit de pêche et encore plus de piraterie. Ses villes principales sont:
Ras-aL-Knyaa, ville très florissante, lorsqu'elle était la résidence du cheïkh des terribles corsaires Algivasem ou Djoasmis , et la station de leur flottille, composée de 63 gros bâlimens et de 810 barques, montés par 19,000 hommes. Tous ces bâtimens, ainsi que les vastes chantiers sur lesquels on les avait construits, furent détruits par les Anglais en 1809. Son port est le meilleur de toute la côte. Ec-Karir, sur une baie, ville fortiflée et protégée par une citadelle ; le capitaine Sadlier ne lui accorde que 6000 habitans; c’est la place la plus commerçante de cette partie de l’Arabie. Four, chef-lieu du pays de Lahsa ou Lahissa ; c'est un fort avec un village ouvert, qu'entourent des champs et des plantations de dattiers; M. Sadlier porte sa population à 15,000 habitans. Grain ou Kourïr, petite ville, à laquelle cependant les relations modernes accordent 19,000 habitans, industrieux et adonnés à la pèche et au commerce. On dit que cette petite ville possède 800 barques occupées à la pèche et au cabotage.
Le cnovre DE BAHRAIN Où DE BAuRA forme un petit état régi par un cheïkh, qui parait continuer encore à être vassal des Anglais. Les troupes de ces derniers avaient occupé ces Îles, pour empécher leurs habitans de continuer à prendre part aux pirateries des Arabes établis sur la côte voisine. C'est dans les parages de ces iles et d’autres plus à lorient et à l'occident que l'on fait une des plus riches péches de perles du globe. Bau- RAIN, qui est la plus grande du groupe, a pour capitale Menaïna, petite ville fortifiée , avec un bon port el environ 5000 habitans.
LE BARRIA ou BARR-ABAD (ou les Déserts de l'intérieur). Ce vaste espace de l'Arabie Intérieure offre deux divisions principales : le Nedjed, nc-
eu ar les Wähhabites, et les vastes déserts qui s'étendent entre l'Euphrate, les frontières ollomanes de la Syrie et les confins septentrionaux du Nefjed; les déserts sont parcourus dans tous les sens par un grand nombre de tribus. Nous proposons de conserver le nom de Nedjed pour désigner la première division, et de nommer Désert tout l'espace immense que parcourent les Arabes-Bédouins dans les confins que nous venons d'indiquer,
Le Nedjed occupe presque le milieu de la Péninsule, et est le berceau du wahhabisme, qui, par les conquêtes rapides de ses sectaires, menaça la religion musulmane d'une subversion générale, et de nos jours attira l'attention du monde politique. Les Wahhabites étaient parvenus à soumettre non-seulement toutes les tribus nomades de l'intérieur, mais à s'emparer de l'Hedjaz, du Lähsa, d'une partie de l'imamat de l'Yemen, et avaient porté la terreur de leurs armes victorieuses jusqu'aux portes de Damas et de Bagdad, Après les défaites qu'ils ont essuyées en 1818 et la mort de leur chef Abdallah, fait prisonnier par Ibrahim-Pacha , et ensuite décapité à Constantinople, ces sectaires restèrent soumis pendant quelque temps à l'empire Ottoman. Depuis ils ont repris de nouveau les armes contre les troupes du vice-roi d'Egypte stationnées dans plusieurs forts du Nedjed, Les villes principales de celte contrée sont :
Dennévém ou DEntan, située à l'entrée d’une profonde et étroite vallée, resserrée par des monlagnes arides. C'était la capitale de l'empire des Wahhabites. Elle comptait 28 mosquées, 30 collèges et 2500 maisons clair-semées , bâties moitié en briques et moitié en pierres ; on portait sa population au-delà de 16,000 âmes. Les forts, les murs et les tours de cette ville, ainsique ses établissemens publics ont été détruits par Ibrahim- Pacha, après un siège de 7 mois. En 1819 Der‘ réyéh était déserte, quoique les géographes continuent à nous la représenter comme élant dans : son premier état ; rien n'indique he se soit relevée depuis lors. Mounrounan, dont les murs ont été rasés par les Turks en 1818 ; pouvait contenir 2000 familles, selon M. Sadlier, Anizex ou ANEYzEnu, ville commerçante , située presque à égale distance de la mer Rouge et du golfe Persique; elle a éprouvé le sort de Mounfouhah.
Les principales tribus du Désert sant : les Anaseh (Aenczes), qui paraissent être les plus nambreux ; ils errent dans les vastes solitudes qui s'étendent entre Alep, Damas, Bagdad et le Nedjed. Les tribus Would Aly, Szamar, Doukhy et Mehennh reçoivent une rétribution du pacha de . Damas pour laisser passer la caravane de la Mecque sans l'inquiéter , et une autre des gouverneurs des provinces ottomanes limitrophes pour ne pas en molester les paisibles habitans. Les Anaseh sont régis par plusieurs cheïkhs, dont quelques-uns sont très puissans. Quelques-unes de leurs branches se sont établies dans le Nedjed et entre autres à Khaïbar, où les Juifs exercèrent long-temps une grande puissance.
Les Chararat sont très misérables, mais nombreux ; ils sont gouvernés par 30 à 40 cheïkhis. Les
Beni-Szahher, qui avec d'autres Arabes sont connus sous le nom collectif de Æhil-el-Chemoul; ils errent pendant l'été dang les déserts qui s'étendent au sud de Damas; ils sÜnt soumis à deux cheïkhs principaux et à 20 ou 30 petits chefs, et reçoivent une rétribution du pacha de Damas. Les Maoualy, qui errent dans la partie septentrionale du désert et s'approchent souvent des environs d’Anah sur l'Euphrate ; ils sont gouvernés par un cheïkh suprême , et reçoivent une rétribution des habitans des villes frontières. Nous
remarquerons avec Burckhardt , que les Aenrzes, aui sont les véritables Bédouins, ne comptent pas moins de 350,000 individus, dont les lois et le régime sont aujourd'hui encore exactement les mêmes qu'au commencement de l'ère musulmane.
Cesenfans du désert ont su conserver leur indépendance pendant une trentaine de siècles, au milieu des grandes monarchies qui se sont élevées autour d'eux, pour disparaître toutes l’une après l'autre.