PHRASE
Cette vaste région, qui embrasse les contrées élevées situées entre le bassin du Tigre et celui de l’Indus, forma à différentes époques et sous différentes dynasties l’empire de Perse. L’usage lui conserve encore cette dernière dénomination, quoique depuis long-temps elle ne soit plus soumise à un même souverain , et que les rois actuels de Perse n’étendent leur domination que sur la moitié occidentale de sa vaste surface. Le partage de la Perse eut lieu à la mort de
hamas Kouli-khan en 1747. Actuellement elle compte quatre états indépendans ; ce sont : le royaume d'Iran ou de la Perse proprement dite ; le royaume de Kaboul onu des Afghans; le royaume de Kandahar ; et la con- Jédération des Beloutchis. Chacun de ces états va former un article à part
. dans cet ouvrage ; mais d’abord nous de- ‘vons rendre compte de la dénomination d’Zran que porte aujourd’hui l’empire du Chah. Ce mot Zran désignait sous les Darius et les Sapor toutes les contrées situées entre la Mésopotamie et l’Inde, par opposition au mot Touran par lequel on indiquait le pays des Scythes et les contrées situées au nord de l’Oxus avec lesquels ces rois étaient souventen guerre. C’est par un sentiment d’orgueil ridicule que les faibles monar-
‘ques de la Perse actuelle ontremis en . usage un nom si imposant. Pour éviter les répétitions, nous réunirons ici tout ce qui se rapporte à la religion, au gouvernement, à l’industrie et au commerce des états qui se sont formés du partage de la Perse.
RELIGIONS. L’ISLAMISME est la religion professée par la grande masse de la population. Les Tadjiks ou Persans, les
Ghelaki, les Louri ou Loures, les Hazares et les Beloutchis du district de Nourmanchir appartiennent à la secte des schyytes; les Afghans, les Beloutchis du Beloutchistan, les Turks , les Arabes et la plus grande partie des Kurdes sont surntles.
Les Hindous des provinces autrefois dépendantes de l’inde professent la RELI- GION DE BRAHMA. Celle de ZOROASTRE ou le MAGISME est suivie encore par un petit nombre de Guèbres ou Parses. Le CHRISTIANISME est professé par les Arméniens divisés en arméniens proprement dits et en catholiques romains; leur nombre a beaucoup diminué depuis la cession de l'Arménie Persane à la Russie; quelques milliers d'individus professent les dogmes de l’église Nestorienne. Les Juifs, qu’on rencontre toujours dans les plus grandes villes, professent le JupaismE, et les Sabéens, le SABÉISME, devenu un mélange monstrueux de christianisme, de mahométisme et de magisme; ces derniers, ainsi que les Juifs et les Guèbres, sont très peu nombreux. Dans les montagnes de la province de Laghman, dans le royaume de Kaboul, domine encore l’IDOLATRIE.
acouvs=ansmenT, Celui du royaume de Perse est le despotisme militaire le plus effréné ; le pays et les habitans sont considérés comme la propriété du sonverain, qui les gouverne d’après sa volonté absolue. Tout cela ne s’applique cependant qu’aux habitans sédentaires qui forment presque les huit neuvièmes de la population du royaume, et parmi lesquels on compte les Tadjiks ou Persans, les Ghelaki et quelques milliers d’Arméniens, d’Arabes, de Guèbres et autres peuples.
Les Turks, les Kurdes, les Loures, les Arabes et les Beloutchis dans le royaume
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de Perse, les Afghans et d’autres tribus turkes dans ceux de Kaboul et de Kandahar, ainsi que les Beloutchis du Beloutchistan, sont encore nomades et ne sont régis que par leurs khans respectifs, dont l’autorité est parfois très limitée; ils fournissent la presque totalité des soldats aux armées de ces états, et depuis long-temps ont été la cause principale des bouleversemens qu’ils ont subis. Les Turks sont la nation dominante du royaume de Perse; les Afghans, de ceux de Kaboul et de Kandahar, ainsi que des royaumes tributaires de Herat et de Peichaouer. Le roi de Perse actuel appartient aux Katchars, tribu turke. Plusieurs de ces tribus nomades ne sont que tributaires ou vassales ; quelques-unes sont même tout-à- fait indépendantes. Le gouvernerient de Beloutchistan peut être regardé cumme une monarchie représentative , puisque toutes les tribus des Beloutchis jouissent du droit d’élire leurs chefs ou serdars ; mais il paraît que très souvent cette charge, une fois confiée à quelqu'un, devient héréditaire. Le gouvernement du royaume de Kaboul était une monarchie limitée héréditaire, dans laquelle le pouvoir des grands, l’organisation des tribus nomades, les usages etles coutumes des villes et des villages mettaient des bornes à l’autorité du souverain. Mais, désolé par la guerre civile et les invasions des Seïkhs, ce royaume depuis le commencement de ce siècle n’a pas de gouvernement régulier ; c’est une véritable anarchie. On doit en dire actuellement autant du royaume de Kandahar et des deux autres royaumes tributaires de Herat et de Peichaouer.
INDUSTRIE. La grande masse des Tadjiks, des Indiens, des Arméniens, des Guèbres et des Ghelaki s’adonre à l’agriculture et à l’industrie manufacturière.
La plupart des Arabes et presque toutes lestribus des Turks, des Afghans, des Beloutchis et d’autres peuples nomades ne sont que pasteurs. Tous les Juifs, un grand nombre d’Arméniens et plusieurs Arabes s’adonnent au commerce; les derniers infestent depuis long-temps Île golfe Persique par leurs pirateries. L’agriculture, qui depuis long-temps se trouve dans la plus grande décadence, est cependant exercée en plusieurs endroits avec beaucoup d’activité et d’intelligence, malgré les obstacles qu’op-
posent, surtout dans le royaume de Perse, la nature du sol, disposé à se couvrir d’une couche saline, le manque de rivières et l’obstruction des canaux souterrains, et, dans tous ces états, les mauvais chemins, les guerres civiles et étrangères et les oppressions de tout genre, auxquelles les laboureurs et les propriétaires sont exposés de la part d’un gouvernement presque toujours tyrannique.
Les Persans ont beaucoup de dispositions naturelles pour les arts mécaniques, et ils en ont porté quelques-uns à un grand degré de perfection. Ils excellent surtout dans la fabrication des sabres, dans la chaudronnerie, la parfumerie , la préparation des cuirs, dans la poterie, dans les manufactures de soies unies et brodées, des tapis, des feutres, des toiles peintes et des châles.
commencs, Ces états, n’ayant aucune marine militaire ni marchande, font tout leur trafic par terre; le commerce maritime, qui n’a quelque importance que dans le royaume de Perse, est entre les mains des Arabes côtiers, ainsi que dans celles des Anglais au sud, et des Russes au nord. Le commerce intérieur n’est pas aussi actif et aussi important qu’il pourrait l’être, à cause du mauvais état des grands chemins et de leur peu d2 sûreté. Les principaux ports sur le golfe Persique sont : 4bouchehr et Bender-Abbassi; ce dernier est bien déchu; Enzili et Balfrouch sont les ports les plus marchands sur la mer Caspienne. Le commerce terrestre se fait , par des caravanes, avec le Turkestan, la Turquie Asiatique, et, à travers le Turkestan et l’Afghanistan, avec la Russie, l’Inde et la Chine. Les villes qui y participent le plus sont : Tauris, Kirmanchôéh, Hamadan, Kachan, Ispahan, Chiraz, Balfrouch, Mechhed et Nichabour dans le royaume de Perse; Kaboul, Kandahar, Ghazna, Herat et Peichaouer dans les états de la Perse Orientale. Les principaux articles d’Ex- PORTATION sont : perles, soie, chevaux, chameaux, poil de chèvre et de chameau, peaux d’agneaux, ammoniaque, naphte, ambre et turquoises, cuivre, soufre, riz, garance, noixde galle, safran, raisins secs, dattes, pistaches, opitm, noix, amandes, gomme adragant, salep, coton, tabac, étof fes de soie et de coton, châles, draps grossiers, tapis, feutres, maroquins et autres
gs
nee rer eau-de-rose, assa fœtida, nneh, ouvrages en cuivre et en acier, tuyaux de pipes à tabac, etc. Les principales IMPORTATIONS consistent en indigo, cochenille, café , sucre, rhubarbe,
drogues, fourrures, étain, plomb, fer, porcelaine et thé de la Chine, diamans, rubis et autres pierres précieuses , ivoire, draps fins et toutes espèces de marchandises d'Europe.
Royaume de Perse ou d’Iran.
POSITION ASTRONOMIQUE, Longitude orientale, entre 42° et 61°. Lafitude, entre 26" et 39°.
cowrins, Au n0rd, l'empire Russe (l'Arménie et le Chirvan); ensuite la mer Caspienne et le Turkestan (les khanats de Khiva et de Boukhara). A l’esf, les états ou royaumes de la Perse orientale et le Beloutchistan. Au sud, les golfes d’'Oman et Persique. A l’ouest, l’Asie Ottomane ou la Turquie Asiatique.
rLEUvEzS, Aucun fleuve de l’Iran ne figure parmi les grands fleuves de l’Asie ; son sol n’est arrosé que par quelques-uns de leurs affluens. Mais le vaste plateau qui occupe la plus grande partie de ce royaume, donne naissance à plusieurs courans assez considérables , dont aucun n'arrive aux deux mers qui le baignent.
Ces fleuves s’écoulent dans des lacs sans issue ou se perdent dans des sables.
Dansle GOLFE PERSIQUE se rendent:
Le Ticre, dont le cours principal ne touche pas seulement le territoire de l'Iran. Ses principaux affluensà la gauche sont: le Kera A dit X arasouparles Turks; il passe par Kirmanchah et Hawisa; le Keroun qui passe par Chouster ; ce dernier reçoit à la droite l'#bzal, qui passe par Dizfoul, et à la gauche le Djerhai, qui passe par Dorak ou Felani.
Le Div-Roun, dont le bassin appartient au Laristan et au Mogostan, passe par Velazgherd et entre dans le golfe Persique vis-à-vis de l'ile Kichm.
La MER CASPIENNE reçoit:
Le Kour, qui, depuis le dernier traité de paix avec la Russie, ne touche plus le territoire de ce royaume. Son principal affluent du côté de la Perse est l'Aras; celui-ci reçoit à la droite l'Otrar qui passe par Khoï, et l’{har qui passe par Ahar.
Le Seriv-Roun nommé Kiziz-0zex dans la partie supérieure de son cours ; il traverse l'Irak Udjemi , passe par Roudbàr dans le Ghilan etengsuite se rend dans la mer Caspienne.
Le Gourcan, qui descend des montagnes du {Khorassan septentrional et l'Arrracx (Atruck), dont le cours est plus que double du précédent et qui a sa source dans les mêmes montagnes, ont leurs embouchures dans l'angle sud-est de la mer Caspienne. Leurs bassins ont été représentés à tortcomme une continuation de celui du TEDJEN ou Teen que nous décrirons plus bas. L'Attrack dans la partie supérieure de son cours traverse le territoire des colonies Kurdes fondées
par Chah-Abbas-le-Grand, et passe non loin des places fortes de Koutchan (Koochan), Chirouan (Sheerwan) et Boudjnour (Boojnoor). Le reste de son bassin appartient au territoire des Turkomans nomades nommés Toukas et Yamouts et des Turkomans sédentaires dits Goklans. Les Toukas, dont la plupart errent dans le désert, sont entièrement indépendans. Ù Parmi les fleuves qui n'arrivent à aucune des
. deux mers, nous nommeéronsles suivans comme
les plus impoertans :
Le Beno-Emir et le Kurex, qui traversent le Farsistan et aboutissent au lac Zakhteghän qui est le plus grand lac du royaume après celui d'Ourmiah ou Maragha. C'est à ce petit bassin qu'appartiennent les importantes ruines de Pcrsépolis.
Le Zenoea-Roun , qui passe par Ispahan et se perd dans les sables.
Le TEDsEN (Tedjend, dont le cours est encore très peu connu et dont la partie supérieure seulement appartient à la Perse ; il baigne Herat et poursuivant son cours dans le Khorassan, il entre dans le Turkestan , où il se perd dansles sables au lieu de se rendre à la mer Caspienne comme toutes les meilleures cartes l’ont représenté jusqu’à ces derniers temps.
DIVISIONS ADMINISTRATIVES et TOPOenap»urs. Selon les relations les plus récentes, le royaume de Perse est divisé en 11 provinces d’une étendue très différente, puisque le Farsistan est 24 fois plus grand que le Ghilan. Leurs limites ne paraissent pas être constantes, le roi qui vient de mourir ayant souvent déclaré plusieurs districts de l’Irak et d’autres grandes provinces entièrement indépendans de leurs gouvernemens respectifs.
Un beylerbey (bey des beys) est à la tête du gouvernement de chaque grande division administrative, el a sous lui différens hakims où gouverneurs des districts. Il faut ajouter que le va/i du Kurdistan, qui réside à Senneh, n’est que tributaire et gouverne immédiatement la province d’Ardelan , pañtie de cette vaste contrée ; que les Kurdes des tribus Mekris, Bilbas et Giaf, et les Loures de la tribu des Feili sont entièrement indépendans, ainsi que plusieurs chefs des tribus Kurdes et turkomanes dans le Khorassan Septentrional, et plusieurs chefs d’antres districts. Le royaume de Herat,
démem boul, dance, vassal, Perse, quelles ment p.
géogra trative:
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Division InAK-An
THABARI MAzaAND!
GHILAN.
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Kunoisr Kaouzis
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