‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 340 sur 628 · KERMAN · texte numérisé non relu

KERMAN

Kounisr, Knorass

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démembrement de la monarchie de Kaboul, qui avait conservé son indépendance, est depuis 1832 non-seulement vassal, mais même tributaire du roi de Perse, Voici les onze provinces dans lesquelles ce royaume paraît être actuellement partagé ; ce sont plutôt des divisions géographiques que des divisions administratives proprement dites. Quelques efforts que nous ayons faits pour connaître

DiVISIONS ADMINISTRATIVES.

ces dernières, nous avons trouvé tant de contradictions dans les géographes ct dans les voyageurs, que nous avons préféré donner les premières, qui sont les plus connues, plutôt que de nous exposer à présenter un tableau erroné qui ne serait d'aucune utilité, parce qu'il n’offrirait exactement ni les divisions administratives actuelles, ni les divisions géographiques.

Cuers-LiEux, VILLES ET LIEUX LES PLUS REMARQUABLES.

IRAR-ADJEMI, . . . ..... Téhran:; Rp ou fsfahan; Kachan; Koum; Hamadan; Kazbin; Zendjan; Sultanieh.

THABARISTAN . . .. . . .. Damavend; Danepu

MAZANDERAN 0... Sari; Farhäbâd; Achraf; Balfrouch; Asträbàd.

GHILAN soso Recht; Enzili; Roudbar(Dilem) ; Fomen:; Lahadjan (Lahajan).

ADZERBAÏDJAN . « . « .. .. Tebriz ou Tauris; Oudjan; Maragha; Ahar; Ardebil; Khoï; Selmas; Ourmiah; Sabalag.

KURDISTAN. ......... Kirmanchàh: Senner ou Senne.

KHOUZISTAN . .. .. .... si ster; Dizfoul; Khourremabad; Dorak (Felani) ; Haviza; Go-

PAS 6 ve Chiraz,; Istakhâr; Mourgâb; Fesa ou Bessa; Déräbgherd; Firou-

zâbâd; Kazeroun; Sourma;: Yezdkast; Yezd; Ardjan; Baft; Djarours Abouchehr ou Bender-Bouchehr'; Lar ARE du ‘Loris. tan; les iles Karak; Kichm ou Djeziré-Diraz; Hormous ou Ormuz

KERMAN ........... Sirdjan ouKerman; Minam; Velskerd; Krouk; Khoubis ou Kebis; Minäb; Gomroun ou Bender-Abbassi; Kichm;: Djask.

KOUHISTAN, ........: CheheristanouRabat-Cheheristan: Toun; Tabs ou Tebbes.

Knorassan OccibexTaz . . Mechhe d; Nichabour; Kelat; Tourbout (Hyderee); Koutchan (Koo-

chan, Kabouchan); Chirouan (Sheerwan) ; Boudjnourd (Boojnoor); les Goklans; les Yamouts, Se. d Sd ROYAUME DE HERAT. . ... Herat; Gouroudje ; Oba.

Dans l’Zrak-Adjemi on trouve :

TéxRAN, au milieu d’une plaine bien cultivée , couverte de villages mais dépourvue d'arbres. Depuis qu’elle est devenue la résidence ordinaire du souverain, cette ville acquiert tous les jours en étendue et en population; cette dernière ne saurait être évaluée actuellement au - dessous de 130,000 âmes pendant l’hiver ; en été elleest beaucoup moindre, parce que la cour et une grande partie des habitans l'abandonnent à cause de l’excessive chaleur et du mauvais air qui y règnent.

Les maisons sonten terre comme dans les autres villes de la Perse. Téhran est entourée d’une forte muraille, et dans son enceinte une autre muraille, encore plus forte, forme l’Arag, espèce de citadelle où se trouve le palais du roi. Ce palais, sans être remarquable par la beauté de l'architecture , se distingue par son im— mense étendue, par ses jardins et par plusieurs corps de bâtimens qui portent des noms particuliers ; quelques-uns sont meublés avec tout le luxe de l’Orient ; dans le sandhouk-Khaneh (la maison de la caisse ou le trésor) le roi garde des sommes énormes en argent mon-

nayé, mais surtout en lingots d'or et d'argent et en pierreries; on y voit plusieurs trônes , parmi lesquels se trouve le fameux trône du paon enlevé par Nadir-châh au Grand-Mogol. Les fabriques de tapis et de quelques ouvrages de fer sont les seules branches de l’industrie de ses habitans.

Dans ses environs on remarque : NiGaAnISTAN, beau château, où le roi passe le commencement de l'été, TaAkHT-1-KATCUAR, maison royale de plaisance qui s'élève en amphithéâtre sur une pente de la chaine de l'Elbourz. ChAH-ABDOULAZIM, gros village de 3 à 400 familles, bâti sur les ruines de Rei, l’ancienne Rhagès de la Bible, où se passa la seène de Tobie, etl’#rsacia des rois Parthes; c'était au viu® siècle, du temps du fameux calife Haroun-al-rachid, une des plus grandes villes de l'Asie; on y voit encore d'immenses débris, et trois tours énormes sont encore debout; dansle village se trouve une belle mosquée et le tombeau du saint mahométan dont il porte le nom. A environ 30 milles au nord-nord-est de Téhran s'élève le Pic VOLCANIQUE DE DAMAVEND, une des plus hautes montagnes de celte partie de l'Asie; à ses pieds passe la route qui de Téhran mène à Balfrouch et à quelques autres villes sur la mer Caspienne.

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capitale du royaume. Elle n’a plus que l'ombre de sa splendeur passée. Les 700,000 habitans qu’elle pouvait compter lorsque Abbas-le-Grand y résidait, sont réduits à environ 200,000 ; encore n’estce que dans ces dernières années qu’elle a atteint ce nombre. Il paraît qu’elle commence à se relever de ses ruines. Ispahan possède encore d'importantes manufactures d’étoffes de coton, de soie, de velours, de draps, de verre colorié pour les fenétres, des teintureries, des fabriques de sucre, de cuir, de poterie, de fusils et de pistolets. Son commerce est très étendu et florissant. Parmi les nombreux et beaux édifices qui formaient jadis l’ornement de cette métropole, on admire encore le vaste palais royal, renfermant dans son enceinte divers palais et pavillons, tels que l'édifice nommé Tchihl-soutoun (palais de 40 colonnes), AAneïkhané(palais de glace) et Talaritavile (pavillon de l'écurie); la salle d’audience, les peintures, les belles sculptures et les jardins du premier sont vraiment remarquables. Viennent ensuite plusieurs autres palais parmi lesquels nous nommerons celui de Seadetabad (le séjour du bonheur) destiné aux ambassadeurs. Le palais de Feth- Ali-châh ou Amaret-nou (nouveau palais), bâti en 1816 aux dépens du gouverneur d’Ispahan, est, selon M. Buckingham, le mieux construit et supérieur à ceux de Téhran, Tauris, Kirmanchàäh et Chiraz. Parmi les mosquées on remarque la grande mosquée royale qui s’élève sur un des côtés du Meïdan ; elle est assez bien conservée , ainsi que celle de Loutfallah. Mais le Meïdan , regardé par plusieurs voyageurs comme la plus grande place du monde , reste désert, et le marché, dont les tentes remplissaient toute sa vaste enceinte , ne se tient plus qu’à une de ses extrémités. L’immense bazar d’'Abbas, qui offre un chemin couvert de presque deux milles de long, éclairé par des dômes et bordé de boutiques, subsiste encore ; mais on n’y voit plus le mouvement qu'il présentait, lorsque le grand prince qui le construisit avait rendu cette ville une des plus florissantes de l’Asie ; le Teharbag, superbe avenue , qui ressemble assez à celle de Versailles , et qui se prolonge depuis le Meïdan jusqu’au pied des hauteurs à l’est d’Ispahan, ne présente plus les maguifiques maisons et les palais qui en

faisaient le plus grand ornement. A cause de leurs dimensions, on ne doit pas oublier les deux ponts en briques et en pierres de taille construits sur le Zendeh-roud. Ispahan possède plusieurs collèges ou médressés, parmi lesquels se distingue , par le grand nombre de professeurs, celui de la mosquée royale, qu’on peut regarder comme une université mahométane. Les Juifs y sont nombreux ainsi que les Arméniens ; les premiers habitent le faubourg nommé J a hou dia, les seconds celui de Djoulfa, où réside aussi un archevêque arménien.

Les environs d’Ispahan sont des plus beaux et des mieux cultivés de tout le royaume.

Les autres villes les plus remarquables de celic province sont : Kacuan, ville dontla population parait dépasser 30,000 âmes, renommée par ses fabriques d'ustensiles de cuivre et ses manufactures de soie et de coton, avec un palais royal et un co/lège (médressé) magnifique, bâti par le dernier roi. Koux, ville en grande partie ruinée, mais célèbre par les tombeaux de plusieurs saints musulmans, parmi lesquels, celui de Fatime se distingue par son architecture, par la richesse des ornemens et par les trésors qu’il renferme; il est visilé annuellement par plusieurs milliers de pélerins qui y accourent de tous les points de l'lvan. Le dernier roi, d’après un vœu qu'il avait fait à son avènement au trône, dépensait annuellement de grandes sommes pour la réparalion et l’embellissement de ce sanctuaire que les Persans mettent à côté de ceux de Mechhed et de Kerbela. HamaDAN, ville encore assez grande et florissante par ses fabriques de tapis et d’autres étoffes, et surtout par ses tanneries, mais dont nous n'osons déterminer la population estimée si différemment par deux voyageurs modernes : M. Ker-Porter lui accorde 45 à 50,000 âmes, que M. Alexander réduit à 25,000. Dans ses environs immédiats, au milieu des ruines qui l’entourent et au pied de l’Elvend, s'élevait jadis la superbe Echatane, capitale de la Médie, dont Hérodote et Polybe nous ont laissé une si brillante description. MM. Morier et Ker-Porter ont reconnu l'emplacement du palais où les monarques Persans venaient passer l'été. Sa magnificence ne le cédait pas en éclat à ceux de Suze et de Babyionc. Il était placé au-dessus de la citadelle, regardée comme une des plus fortes places de l'Asie, et avait sept stades de circonférence. Toute la boiscrie élait de bois de cèdre ou de cyprès; lessolives, les plafonds, les colonnes dans les péristyles et dans les cours, étaient garnis de plaques d'argent et d'or ; toutes les tuiles étaient en argent. Ces plaques furent enlevées par Alexandre, Antiochus et Seleucus Nicanor ; néanmoins Antiochus-le-Grand y trouva encore assez d'argent pour en faire monnayer pour près de 4000 talens. M Ker-Porter a reconnu sur la plate-

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forme, sur laquelle s'élevait ce magnifique édifice, les trous où tournaient les pivots de la porte principale. Des fragmens de colonnes et des vestiges d'inscriptions cunéiformes sont tout ce qui resle de cette ville jadis si brillante et une des plus riches de l'Asie. Des fouilles bien dirigées ne pourraient manquer de produire d’importans résultats archéologiques, Hamadan est encore, comme le dit si judicieusement M. Alexander, le grand entrepôt des médailles ct des pierres gravées antiques , comme Bagdad l’est des fameux cylindres. C’est de là que sont venues en partie les nombreuses pierres gravées et aulres objets du même genre, qui se rapportent au &:

de Mithra , et qui ont donné lieu aux savantes

et laborieuses recherches de MM. de Hammer et Lajard. Nous ajouterons qu’on y montre encore le prétendu tombeau de Mardochée et d’Esther, en grande vénération parmi les Juifs; on le croit élevé sur l'emplacement du véritable tombeau détruit lors du pillage qu'éprouva cette ville lorsqu'elle fut prise par Tamerlan.

KazBin, plus grande que Téhran , encore assez florissante par son industrie et son commerce, mais beaucoup moins peuplée ; on y remarque ses immenses bazars, eton porte jusqu’à 60,000 le nombre de ses habitans. SULTANIER, ville déserle, dont on admire encore les immenses ruines etoù sont les restes du mausolée de Mohammed khodabendeh- Oldjaitou, un des plus beaux monumens que la Perse possède en ce genre; elle futun moment la capitale de la Perse sous les princes tartares de la race de Gengis-khan, Tout près se trouve le principal palais d’élé du roi, autour duquel s'élève la citadelle de Su7thânäbäd, que le dernier roi a fait bâtir.

ZeëNnsan, ville assez considérable, à laquelle on donne près de 15,000 habilans.

Dans le Mazanderan et le Ghidan on trouve: BALFROUCH, que M. Fraser dit être aussi grande qu’ispahan , et peuplée presque entièrement d'artisans et de marchands. C’est la troisième ville du royaume. Sa population ne saurait être estimée au-dessous de 100,000 âmes.

Elle a d'immenses bazars , et à une petite distance, sur la mer Caspienne, une mauvaise rade fréquentée par les Russes.

Les autres villes les plus remarquables sont : ASTÉRABAD, près d’une haie de la mer Caspienne, ville importante par son commerce; on lui accorde 40,000 habitans. Sant, dont on porte la population à 30,000 âmes. FaruÂsiv, regardée généralement par les géographes comme la capitale du Mazanderan. Non loin est situé le village d'Achraf, où l'on voit les restes du magnifique palais bâti par Abbas-le-Grand, qui voulait y établir sa résidence ctles chantiers de sa marine militaire. Recur, regardée comme la capitale du Ghilan ; elle possède plusieurs manufactures d’étoffes de soie; des relalions récentes lui accordent 60,000 habitans.

Dans l’Adzerbaïdjan on trouve:

Tauris ou TEBRIZ, grande ville, encore florissante par ses nombreuses fabriques de soie et de coton, quoiqu’elle soit bien déchue de ce quelle était lorsque Chardin portait sa population à 550,000 âmes, nombre que les plus récens voyageurs réduisent à 100 et même à 80,000. Presque tous les édifices qui en faisaient l’ornement ont été détruits par les guerres et surtout par des tremblemens de terre. On voit encore les vestiges de sa grande place (meïdan), rivale pour l’étendue de celle d’Ispahan ; un toit de bois recouvre le fameux Kaiserieh. regardé par quelques voyageurs comme le plus beau bazar de la Perse. L’4rk-Ali-chäkh ou la citadelle d’Ali-châh, est ce que Tauris offre aujourd’hui de plus remarquable.

Abbas-Mirza, y avait établi un arsenal organisé à la manière européenne, où les travaux les plus importans étaient dirigés par des Francs et surtout par des Anglais : c'était le plus grand établissement militaire de la Perse. Ce prince, qui depuis plusieurs années résidait dans celte ville, avait essayé de donner la forme de bastions à plusieurs des tours qui l’environnent; mais l’irrégularité de ses murailles rendra ces travaux d’une utilité bien douteuse pour sa défense.

Les autres villesles plus remarquables sont : Oun- Jan, petite ville regardée comme le lieu le plus froid de la Perse, ce qui avait engagé ie roi Feth-Ali à y faire construire un palais, où il passait une partie de l'été. Anveuiz, importante par ses fortifications etsoncommerce, et remarquable par le voisinage du majestueux pic de Sevellan dit aussi d’4rdebil,; son édifice le plus considérable est le vaste et beau mausolée de Sefñ, fondateur de la dynastie des Sefewis ou des Sophis ; on y voit aussi celui de Chäh Abbas et quelquesautresencore. C’est dans une des salles de la mosquée annexée à cet édifice qu'on conservait la célèbre bibliothèque regardée comme une des plus riches de l'islamisme ; ses plus précieux manuscrits sont allé augmenter la collection de la bibliothèque impériale de Saint- Pétersbourg. Knoï, importante par ses fortifications, ses fabriques et sa population cstimée à 20,000 âmes. SELMAS, au nord du lac d'Ourmiah, si remarquable par son étendue et la grande salure de ses eaux , et par les variations considérables que subit leur niveau; on dit cette ville aussi peuplée que la précédente ; elle possède des eaux sulfureuses. M. Ker-Porter a découvert dans son voisinage des bas-reliefs du temps des Sassanides, analogues à ceux de Kirmanchäh.

ManaGuA, remarquable par ses souterrains taillés dans le roc ct par les restes du superbe ob-

servaloire qu'y éleva jadis Houlagou; on lui accorde 15,000 habitans,

Dans le Kurdistan Persan on trouve : KiRmANcHan, sur le Kerah, ville assez grande, entourée de fortes murailles en briques, avee une citadelle où réside le beylerbey. Selon M. Buckingham qui l’a visitée il y a quelques années, cette ville est très florissante et compte environ 40,000 habitans ; elle doit sa prospérité à ses fabriques, à son commerce, et surtout à la circonstance favorable d’être la résidence du gouverneur général de cette province ainsi que de celle de Chouster et d’autres districts.

Les campagnes qui avoisinent Kirmanchäh paraissent avoir de tout temps attiré les rois de Perse, par la fraicheur des eaux et la beauté des points de vue. Le monr BisouTou, situé à quelques milles de Kirmanchâh et qui s'élève jusqu’à la hauteur de 1500 pieds, offre à sa base ainsi que celui de Tchihl minar, une plate-forme, où sans doute s'élevait jadis quelque somptueux édifice. Sur le flanc sont sculptés un grand nombre de bas-reliefs et des inscriplions cunéiformes.

Il faudrait , suivant M, Ker-Porter, deux mois pour copier en entier les figures et les inscriplions. Le principal bas-relief représente un roi faisant conduire devant lui quelques prisonniers qui ont les mains liées derrière le dos, et en foulant un autre sous les pieds. Serait-ce ic: te grand Cyrus qui fait sentir sa puissance au roi de Lydie Crésus ? Sur une autre facc du mont Bisoutoun se trouve une classe de monumens d’une date :noins ancienne et qui appartiennent aux princes Sassanides. Le principal groupe porte chez les Persans de nos jours le nom de thakht-i-bostan ou voûte du jardin. En effet il est placé dans deux grandes excavations taillées dans le roc, et comme dans le fond des excavations l'artiste a représenté entre autres sujets, des chasses au sanglier et au cerf, Lout porte à croire que la plaine située au pied dela montagne formait un vaste jardin, ou plutôt comme disaient les anciens Persans, un immense paradis, où les rois venaient prendre le plaisir de la chasse. Ces sculptures paraissent se rapporter au temps de Kosroës Parviz et de son épouse Chirin, qui. au rapport de l’histoire orientale , montrèrent une grande prédilection pour le séjour de Kirmanchâh, etqui y firent exécuter de grands travaux. A côté des excavations sc trouve un autre bas-relief représentant deux hommes portant chacun la main à un anneau ou diadème et ayant derrière eux un personnage tenant une épée élevée et ayant la tête entourée d’une auréole. Celui-ci est sans doute Ozmuzd ou un des êtres vénérés par les Mages, qui préside à l’inauguration d’un roi son serviteur.

Les autres villes les plus remarquables sont : SENxey, ville médiocre , qu’on dit avoir 15,000 habitans , c’est la résidence du vali du Kurdistan, qui

régit immédiatement une gravde parlie de celte contrée pour laquelle il paie un tribut au roi de Perse. Koxkovan, misérable petite ville que nous ne nommons que pour faire menlion des ruines d'un grand temple de Diane, reconnues il y a quelques années,

Dans le Khouzistan , on trouve :

Cuousrer , ville de médiocre étendue, bâtie au pied des monts Bakhtiary , sur le Keroun, chef-lieu de cette province et résidence d’un prince du sang. Elle fait cique commerce, et ses habitans, qu’on estime à 20,000, entretiennent des manufactures d’étoffes de soie et de laine. On y remarque le fameux aguedue bâti par Sapor.

Dans ses environs immédiats on voit encore quelques ruines qui marquent l'emplacement de la célèbre Suse, où les mOnarques persans, antérieurs à Alexandre,résidaient pendant l'hiver dans un palais d’une grande magnificence , où ils gardaient une partie considérable de leurs trésors, et dans lequel le conquérant grec trouva , selon Diodore de Sicile, 9000 talens d’or monnayé et 40,000 autres d’or et d'argent en lingots. Bâlie en briques comme Babylone, tout a disparu ; il ne reste plus de cette vaste capitale, dont les murs avaient 120 stades de circonférence , que des vestiges de terrasses d'un ou deux milles de circuit et quelques énscriplions à tétes de clou. C'est au milieu de ces tristes solitudes qui ne retentissent que du cri de la hyène et du rugissement du lion , que se trouve le tombeau du prophète Daniel, auquel les rabbins ont attribué beaucoup de prodiges, et où les Juifs vont encoreen pélerinage. Nousrappellerons au lecteur que c'est dans cette ville que ce grand prophète eut ses visions sur les quatre grandes monarchies des Babyloniens, des Perses, des Grecs et des Romains, et sur l'empire spirituel du Messie, dont le temps précis lui fut révélé; et que c'est aussi à Suse qu’arriva l’histoire d’Esther et de Mardochée, et que Néhémie obtint d’Artaxercès Longuemain la perinission de retourner en Judée pour y relever les murs de Jérusalem.

Les autres villes et lieux remarquables du Khouzistan sont : Dizrous, florissante par son commerceet son industrie ; on y voit un des plus beaux ponts de la Perse, eton lui accorde16,000 habitans. Non loin se trouvent les ruines de Caouch, que M. de Hammer croit être l’ancienne E /y mais, ville renommée dans tout l'Orient par les grands trésors que la crédulité des peuples et des princes de l'antiquité avait rassemblés dans son {emple de Diane; Antiochus-le-Grand qui voulut s'en emparer, perdit son armée, battue par les habitans que sa cupidité avait mis en insurrertion. Knourremâsin, résidence du khan des Feili, tribu qui paraît être entièrement indépendante. Dorak ou FELANI, où réside le puissant chef des Sabéens, qui n’est que tributaire du roi de Perse; son territoire offre d'importantes ruines. Gopan,

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