‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 363 sur 628 · PÉNINSULE DE MALACCA · texte numérisé non relu

PÉNINSULE DE MALACCA

dence favorite du sultan allié des Anglais. Chassé de ses états par le roi de Siam en 1822, ce prince vit maintenant avec toute sa famille à Georgetown, d’une pension que lui accorde le gouvernement du Bengale. C’est à ce royaume qu’appartenait l'ile de Poulo-Pinang et la etite province de Wellesley qui en dépend, ainsi que le groupe de Lankava dans l'archipel de Djankseylon-Pinang. 1le de Djankseylon (Junkseylon; pete , dans l'archipel

Djankseylon-Pinang. C'est une dépendance

e l'établissement sia-

mois de Pangah (Pungah), situé sur la péninsule, Très peuplée et

florissante avant l'invasion des Birmans en 1810, cette ile était

res-

que déserte en 1824. Les Anglais ont le projet de se la faire céder à cause de sa position et de ses riches mines d'étain.

BaAxGKoOK ( Bankok ), située sur le Meinam, non loin de son embouchure. C’est une grande ville, presque entièrement bàtie sous la dynastie actuelle, après le pillage de Siam ; elle est le siège d’un grand commerce et des principales branches de l’industrie du royaume. Tous ses édifices sont en bois, à l'exception de la résidence royale, des temples et d’un petit nombre d’autres bâtimens. Une très grande partie de Bangkok consiste en maisons bâties sur de grands radeaux amarrés le long des rives du Meinam. Elles forment une seconde ville fluttante, avec des rues et des bazars sur l’eau, fréquentés par un grand nombre de personnes qui s’y font conduire en bateau. L'édifice le plus remarquable est le temple principal consacré à Bouddhah. C’est un bâtiment de forme pyramidale, terminé par une flèche légère et haute de 200 pieds anglais. L'intérieur offre une grande salle presque carrée, pavée en pierre et ayant dans le milieu un grand nombre de petites images de Bouddhah, entre lesquelles on voit des petits morceaux de miroir, de papier doré et des peintures chinoises. Dans un autre temple de Bouddhah il y une statue colossale de ce dieu, en bois doré. Bangkok possède un vaste port, un arsenal très bien fourni et plusieurs chantiers sur lesquels on construit un grand nombre de vaisseaux. Depuis quelques années cette ville est devenue la première place commerçante de l’Inde - Trangangétique continentale.

M. Crawfurd estime sa marine marchande au-dessus de 50,000 tonneaux, montés par des matelots siamois, sans compter les navires possédés et montés par des Chinois, dont le nombre est très considérable. Les faits publiés il y a quelques années par M. Gutzlaff, déposent en faveur de l’opinion de M. Crawfurd. Il y a une grande diversité d'opinions sur la population de cette ville; nous croyons qu’on pourrait lui accorder 90,000 habitans , dont près des trois quarts sont Chinois.

Les autres villes les plus remarquables sont ; Si- Yo-TuI-YA nommée aussi Siam par les Européens, bâtie sur une ile formée par le Meïnam, qui selon Laloubère n'a que 2200 toises de long, sur 800 a 1400 de large ; à peine la sixième partie de cette surface était-elle habitée ; le reste ne renfermait guère que des temples et l'arsenal. C'était au xvin® siècle une des plus belles villes de l’Inde-Transgan gélique; ses rues étaient droites et arrosées par des canaux ; les principales étaient larges et pavées de briques ; un grand nombre de ponts, la plupart de claie, traversaient ces canaux; ceux du grand-canal étaient de briques et longs de 80 pas. Le peuple habitait des cabanes en bois. Les maisons des grands, construites en briques, avaient très peu d'apparence : les plus belles avaient été bâties par des Européens. Le palais royal, d'une demi-lieue de tour , en briques, à un étage et sans mériteextérieur,renfermait dans la dernière desvs trois enceintes le palais proprement dit, c’est-àdire l'appartement du roi. Selon Gervaise, son plan avait la forme d’une croix ; du centre s'élevait une haute pyramide à plusieurs étages, distinction réservée ‘aux demeures royales. J1 était couvert de calin, espèce d'étain blanc et brillant , orné en dehors de belles sculptures et tout éclatant d'or.

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INDE TRANSGANGETIQUE. 765

Le palais en général renfermait aussi le palais de la fille du roi, ceux de plusieurs anciens monarques et quelques temples remarquables par la richesse de leurs ornemens. Si-yo-thi-ya comptait plus de 200 temples ; les principaux, selon Kæmpfer et les autres voyageurs, qui en cela ne sont pas d'accord avec Laloubère, se distinguaient par quelques beautés et par une extrëme magnificence à l’intérieur et à l'extérieur ; c’est-à-dire par le grand nombre de leurs toits superposés, leurs frontispices dorés, les pyramides qui les entouraient et les nombreuses idoles, quelques-unes dorées et d’autres de grandeur colossale, qu'ils renfermaient. Dans le {emple particulier du roi, situé daës l'enceinte du palais, la principale idole qui était debout et dorée avait 45 pieds de hauteur; elle était composée, selon Kæmpfer, comme les autresidoles, d’un mélange de plâtre, de résine et de poils. Près du palais était un autre temple en forme de croix et surmonté de cinq dômes couverts en calin ; il s'élevait sur plusieurs bases qui soutenaient 44 pyramides de différentes dimensions, surchargées d’ornemens et dorses à leur sommet qui se terminait tantôt en po’ate, tantôt en dôme. Au bas du grand escalier qui conduisait à ce temple on voyait de chaque côté 20 figures de personnages et d'animaux de dimensions colossales, mais d’une exécution mé. diocre. L'édifice était renfermé dans un cloitre de 120 pas de long sur 100 de large. La galerie qui régnait en dedans offrait plus de 400 statues très bien dorées, toutes semblables et assez bien faites ; les plus grandes, qui étaient assises, avaient 6 pieds depuis le haut du genou jusqu’au bout du pied. L'extérieur du temple était environné de 16 pyramides de 40 pieds de haut, de 12 de largeur à !a base et à sominet doré.

Daus les environs immédiats de Siar:, on voyait du temps de Kæmpier les monumens suivans : un temple à l'usage des Pegouans; il renfermait une staiue de Bouddhah assise sur un autel ; elle aurait eu 120 pieds de long, si elle eût élé droite; Kæmpfer dit qu'elle ne le cède ni en grandeur ni en beauté à la représentation du même dieu qu'il vit depuis à Miako. Le beau éemple de Berklam, remarquable surtout par les ciselures de sa porte, et un autre temple dont on vantait beaucoup les quatre toits et les beaux ornemens des portes; enfin la pyramide Pouka-thon, érigée en mémoire d'une victoire remportée dans le lieu mène sur un roide Pegou. L'architecture en était lourde mais magnifique; elle s'élevait à la hauteur de 20 brasses ou 120 pieds; sa pariie inférieurs consis-

tait en un massif carré de 115 pas de côté à la base et de 36 au sommet, ct élevé de 60 pieds. On narvenait au sommet par un escalier découvert. Le piédestal de la partie supérieure était octogone et se terminait par une aiguille; des saillies, des corniches, des colonnes à chapiteaux et des globes ornaïient avec profusion ce bel édifice, qui probablement a été détruit par les Birmens, maitres du Pegou, lorsqu’en 1767 ils dévastèrent cette ville. Siam depuislong-temps, malgré les brillantes descriptions qu’on en trouve dans les gévgraphies les plus récentes, n'offre plus qu’un vaste amas de ruines, parmi lesquelles habite un petit nombre de Siamois. Les relations diplomatiques de Louis XIV avec Tchaou-naraïa, vers 1680 , et la mémorable révolution qui en est résultée nous ont engagé à entrer dans quelques détails sur une ville autrefois si importante. Nous avons eu aussi en vue de montrer les erreurs et les exagérations de certains géographes, qui continuent encore à la décrire d'apres son ancien état, et celles d'autres géographes moins récens, tels que La Croix, édition de 1780 , et celle de Buache de 1772 qui ne lui donnent pas mains de 600,000 àämes.

À une trentaine de milles au nord de Siam on voyait sur les bords du Meÿnam la ville de Louvo, où Tchaou-naraïa résidait la plus grarte partie de l'année dans un palais qu'il avait ta. bâtir. Plus loin encore au nord de Louvo, est situé le Pra-Bar, c'est-à-dire le pied sacré, prétendue empreinte colossale du pied de Rouddhah dans un rocher ; c'est le plus fameux pélerinage bouddhique du royaume de Siam.

LANGIONE, sur le May-Kaoung, capitale du ci1devant royaume des Lanjans. Selon Marini qui la décrivit vers 1660, on y remarquait le palais royal pour son étendue, sa structure et s° symétrie ; l'appartement du roi, bâti en bois ircorruptible, avec un superbe frontispice, était orné en dehors d'excellens bas-reliefs parfaitement dorés. Selon Van Vusthorf cette ville renfermait de beaux édifices religieux, tels que des {emples à flèche dorée et une haute pyramide, dont le sommet était couvert de lames d’or.

CaanriBon, sur le Shantibon , ville de moyenne étendue, mais très florissante par son commerce, entièrement exploité par les Chinois qui forment la plis grande partie de sa population. C’est aussi un des meilleurs ports et un des grands arsenaux du royaume. Une caravane v arrive tous les ans du Bas-Laos, chargée des riches produits de ce pays.

Malacca Indépendant.

La péninsule de Malacca qui, vers la fin du xviu° et aucommencement dn x1x° siècle, était parvenue à secouer le joug du roi de Siam, est rentrée presque entièrement sous le joug de la domination étrangère. La parlie qui conserve encore son indépendance, ne comprend aujourd’hui que les peuplades sauvages et en partie

nègres , qui errent dons les montagnes de l’intérieur, el l’extrémité méridionale de la péninsule au sud des limites des royaumes dépendant de Siam.

Les peuplades sauvages les plus connues sont : les Samnang, dans les limites q''on assigne au royaume de Kedub, et les Diagong et les Benoua dans

Re ee ame st

les territoires de Malacca, de Roumbo regarder encore comme iudépendans de et de Djohore. Les royaumes qu’on peut Siam, sont :

ROYAUXES. Cuers-Ligux, V:ULES ET LIEUX LES PLUS AFMARQUABLES. Penax. . . . Ce royaume est le plus riche en étain. On y trouve Perak , qui est la capitale de nom; Kalang, qui estle siège ordinaire du sultan

l 4 SALENGORE , fondé ga une colonie de Bugis de Célèbes. Sultan Ibrahim, son souverain actuel, pa-

raît

tre le plus puissant. Dès l’année 1818 il a fait un traité de commerce avec le gou-

verneur anglais de Poulo-Pinang; eten 1822 il a aidé le sultan de Perak à secouer le joug des Siamois. Ses sujets sont redoutés comme de terribles corsaires. Aolong ou Halang est sa capitale. Salengore, qui l'était autrefois, est maintenant presque

déserte,

Dionone . . Ce royaume. jadis très Le EX est aujourd'hui aussi faible que dépeuplé. Son souve-

(Johor). rain actue: est sous

a protection des Anglais, qui lui ont acheté l'ile de Singapour

et quelquestlots voisins. Djohore, misérable village de pêcheurs, est selon M. Hamilton la capitale de ce royaume. Voyez le royaume de Lingan, dans le groupe de Su-

matra dans l'Océanie.

Pananc . . . Ce royaume, est assez fertile et peuplé. Son souverain a le titre de trésorier du roi de Djohore , mais il est de fait entierementindépendant, Pahang, petite ville avec un

port, enestla capitale; Tringoram est remarquable par son port.

Rouupo . . . Ce petit royaume situé dans l'intérieur de la péninsule, était vassal de l'empire de Menang-kabou dans l'ile de Sumatra. {1 parait qu’il est devenu entièrement indépendant depuis la dissolution de cet empire. Ses habilans se livrent presque tous à l'agriculture.

Inde- Transgangetique- Anglaise.

cowrss. Cette partie de l’empire Anglo- Indien se compose de trois parties diiférentes : les pays détachés il y a quelques années de l’empire Birman; les îles de Poulo-Pinang et de Singapour achetées des sultans de Kedah et de Djohore; et le territoire de Malacea cédé par les Néerlandais en 1824. Les confins de la partie princiale qui touche au Bengale sont : au 20rd, ’empire Chinois ; à l’est, ce même empire et celui des Birmans ; au sud, le golfe du Bengale; à l’ouest, ce même golfe et le Bengale dans la présidence de Calcutta.

Les provinces à l’est du Salouen sont bornées par l’empire Birman, le royaume de Siam et le golfe du Bengale. Le territoire de Malacca est renfermé entre les royaupes de Salengore, de Roumbo et de Djoore.

rzLBuves. Les principaux fleuves de cette partie de l’Asie Anglaise sont: la partie supérieure du cours du BR.:: MAPOUTRA, ainsi que la partie supéricure du cours de ses affluens le Brax et le Goumty.

L’ARAKAN, qui vient de l’empire Birman.

La partie inférieure du cours du Sa- LOUEN. LE TAVAY et le TENASSERIM.

(Voyez à ia page 758.)

DIVISIONS ADMITISTRATIVES et TOPOenarms, Toute l'Inde-Transgangétique Anglaise est provisoirement partagée dans les pays suivans, où il faut distinguer :

les PAYS ENTIÈREMENT INDÉPENDANS, parmi lesquels il fautranger lesterritoires occupés par les montagnards Garrotcs,

par les Nagas, par les féroces Koutchoung et par les Kouki, ainsi que par les Mismi, les Singhpho, les Abor, les Khamti et autres peuplades encore peu connues, qui vivent dans les hautes vallées du ci-devant royaume d’Assam. Les raAysS TRIBUTAIRES OÙ VASSAUX, tels que les pays de Katchar ou Haïroumbo, et de Hassaiou Mar:nipour, naguère vassaux de l’empire Birman ; ic pays de Djintiah eLune partie du Tiperah. Enfin les pays ENTIÈREMENT WÉPENDANS, tels que les ci-devant royaumes d’As:amn et d’4rakan, les provinces de Martat:i., de Ye, de Tavay et de Tenasserim, cédées il y a quelques années par les Birmans ; l'ile de Poulo-Pinang où du Prince de Galdes, celle de Singapour ct le territoire de Malacca. Par une ordonnance du mois de juin 1830, du gouverneur-général de l’Inde - Anglaise, les îles du Prince de Galles et de Singapour ainsi que le territoire de Malacca , qui formaient de petits gouvernemens séparés, viennent d’être réunis à la présidence de Calcutta. Il n’y a aucune ville qu’on puisse regarder comme la capitale de ces pays qui relèvent tous immédiatement de la présidence de Calcutta.

Le tableau suivant offre les villes principales des pays que nous venons de nommer. Nous partagerons toutes ces possessions en deux sections géographiques que nous nommerons Pays à l'ouest de l'Iraouaddy et Pays à l'est di: Sklouen.

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n actuel, pace avec le gouik à secouer le Kolongou nant presque

lé. Son souvede Singapour on M. Hamilgroupe de Su-

orier du roi de e ville avec un

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roces Kouinsi que par s Abor, les encore peu autes vallées m. Les rAYS tels que les pnbo, et de 1ère vassaux de Djintiah fin les PAYS tels que les n et d’4'arlabzi, de im, cédées il rmans; l’île nee de Gale éerriloire ance du mois -général de 1 Prince de que le teraient de pennent d’être cutta. Il n’y garder com- ‘elèvent tous nee de Cal-

villes prinns de nom- Ces possesphiques que ues! de l'T- :Sulouen.

INDE TRANSGANGETIQUE. 167 Pays. Cuers-LiEux, VILLES ET LIEUX LES PLUS KEMARQUABLES. PAYS A L'OUEST DE L'IRAOUADDY.

ROYAUME D'Assam. . .. .. Djorhät (Jorhaut); Rangpour, la plus grande el la plus peuplée

de tout le royaume; Chéreong, jadis capitale ct maintenant un amas de ruines, Soudya; Gohali (Gwahatee) ; Kandar. Le radja - de Dorong y possède un vaste territoire.

Pays De Dainriau (Gentiah). Djintiahpour. C'estle pays des Kossyah ou Kassyah, qui offrent encore à leurs dieux des sacrifices humains.

Fars DE Karonar. . ..... Kospour. Ce pays parait être le plus peuplé de toute cette section, {Haïroumbo ; Cachar), quoiqu'il le soit très peu, compare aux provinces de l'Inde, mème médivcrement peuplées. Ses habitans font encore des sacrifices humains à la déesse Kali.

Pays DES GARRAUS . . .... Karribâry (Curribarÿ), dans la partie soumise aux Anglais. Les (Garrows). territoires indépendans sent régis par plusieurs chefs, parmi lesqme.: Agand, en 1813, était le plus naissant. Les crânes humains peuvent être regardés comme l: monnaie principale chez ces féroces Sauvages, qui ont PUR affreux de manger la tête de leursennemis.

. I n’y a que des villages. C’est la partie du Tipperah qui ne dépend pas des Anglais.

PAYS DES KOURI. . +...

(Kookies ; Lunctas).

Pays Des Mofray. ...... Ma nnipour, ville sutièrement détruite par les Birmans pendant la (Ka-thee ; Cussay). dernière guerre; elle est encore presque déserte.

ROYAUME D'ARAKAN. .... .Arakan; Xyaout-Phyou (Kyout-Phy00); Sandouay (Sandoway), l'archipel d’Arakan, dont les iles principales sont Aamr'i (Ramrée), remarquable par sa population, ses fortifications et ses volcans vaseux ; et Tchedaba (Cheduba), par ses volcans vaseux et sa popu-

: lation,

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