PORT
se distinguent par une longue suite de pièces ; une galerie couverte, à colonnes, se prolonge devant ces appartemens ! et donne entrée dans les chambres qui n’ont pas d’autre communication entre elles.
Outre la Ville-Mandchoue et la Ville- Chinoise, Péking a 12 vastes faubourgs d'environ 2 milles de long chacun. Les missionnaires et les Anglais ont beaucoup exagéré la population de cette ville, Malgré l'autorité de M. Timkovski, qui, sur les traces du père Gaubil, lui accordait il y a quelques années 2,000,000 d’habitans, nous n’hésitons pas à la réduire à 1,300,000, nombre qui, tout calculé, nous parait devoir s’approcher de la vérité.
Le King-tchhing où la Ville-Tatare est composé de trois villes , renfermées l’une dans l’autre; et chacune de ces trois villes a son enceinte particulière.
L’enceinte intérieure se compose du palais impérial où du Tsu-kin-tchhing; c’est peut-être la plus vaste demeure royale qui existe au monde. Même en ne comprenant que le palais proprement dit sans les immenses jardins et les trois grandes cours qui y mènent et qui appartiennent à la seconde enceinte, sa circonférence est de 6 li ou de 1776 toises. Sa forme est une espèce de carréun 27 plus long que large. Il est environné de fortes murailles crénelées , construites de bri- . ques et couvertes de tuiles de couleur jaune. Sur chacune des quatre portes il y a un pavillon vaste et élevé ; des pavillons semblables se trouvent aussi aux quatre coins de l’enceinte. Un large fossé revêtu de pierres de taille en fait le tour.
Le dedans du palais , dont l’architecture ne saurait être jugée d’après les règles de notre art de bâtir, est une enflade de cours environnées de colonnes et de salles ou appartemens qui semblent se disputer le prix de la beauté et de la magniticence. Parmi les nombreux édifices, dont l’ensemble compose ce palais , on doit mentionner surtout le troisième portail nommé Touan-mnen ; les deux éemples Thaï-miao, où l'on rend un culte religieux aux tablettes des ancêtres des empereurs mandchoux, et le Che-tsuthan , élevé à l’esprit qui fertilise les champs; la belle porte Ou-men(du Midi); la cour de Thaï-ho-lian terminée à droite et à gauche par des portes, des portiques et des galeries ornés de balcons et soutenus par des colonnes; la superbe
salle du Thaë-ho-tian (de la grande unité), où l’empereur assis sur son trône reçoit dans les grandes solennités les gun de l'empire et les ambassadeurs trangers ; enfin Le mon particulièrement destiné à l’empereur et appelé demeure du ciel serein : c’est le plus haut, le plus riche et le plus magnifique de tous. Derrière ce logement il y a un vaste pu nommé le jardin impérial.
Dans le Houang-tchhing, qui est le palais extérieur et qui forme la seconde enceinte, on voit d’autres jardins beaucoup plus grands, où se trouvent de grands lacs creusés de main d’hommes ; le beau temple de Foe avec une statue de ce dieu en bronze doré qui a 100 bras et 60 pieds de haut ; le vaste femple mongol de Soung-tohhou-szu » habité par le koutoukhtou, le premier des trois grands prètres de la religion lamaïque résidant à Péking, et près duquel est placée l’imprimerie pour les livres de prières en langue tibetaine ; c’est aussi dans le Houangtchhing que se trouvent les magnifiques appartemens, les salles despectacle et de concert construites par l'Empereur Khianloung ; et les cinq collines artificielles , dont la King-chan ou la Montagne resplendissante est la plus élevée. C’est sur cette colline que l’infortuné Hoaitsoang, dernier empereur de la dynastie Ming, après avoir tué sa fille, se pendit à un arbre pour éviter de tomber vif entre les mains du rebelle Li-tsu-tchhing.
Les successeurs de Tchhing-tsoung ont concédé à des particuliers divers emplacemens du Æouang-tchhing ; ils ont permis que quantité de marchands vinssent s’y établir ; ils y louent même actuellement un grand nombre de boutiques.
Cette enceinte est en général habitée par des gens employés au service de .la cour. Notre cadre ne nous permet pas d'indiquer les autres édifices du Houangtchhing et les parties les plus remarquables de la troisième enceinte. Nous ajouterons seulement que les temples ou miao, les tribunaux, les palais et en général tous les bâtimens publics sont plus ou moins dignes d’être observés, et que dans la seconde enceinte se trouve un vaste palais , entouré d’un large canal qu’on traverse sur un pont de jaspe noir d’une construction extraordinaire ; selon le père Magalhaens, il représente un dragon, dont les pieds forment les piles.
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Les lieux les plus considérables du Waï-lo-tchhing ou de la Ville- Chinotse sont : le temple du Ciel ou Thianthan ; sa muraille extérieure 4 © li ou 2664 toises de circunférence ; l’empereur s’y rend chaque année le jour du solstice d’hiver pour y offrir un sacrifice au ciel. Les bâtimens dont il se compose sont regardés comme des chefs-d’œuvre de l’architecture chinoise, pour la beauté et la magnificence des ornemens. Ses principales parties sont : un femple circulaire qui représente le ciel; l’intérieur est occupé par une vaste salle ornée de 82 colonnes ; l'or et l’azur y brillent de tous côtés ; le toit a trois étages : le supérieur est bleu céleste, l'intermédiaire jaune et l’inférieur vert; les tuilesen sont vernies.
Un autre fempledit aussi la Salle ronde;
on y conserve la tablette sur laquelle est b
écrit le nom du souverain seigneur du ciel. Un massif rond à trois étages avec des : scaliers et des accessoires superbes; on y place sous une tente ronde la tablette du Chang-ti, devant laquelle l’empereur sacrifie. Enfin le Tohaï-koung ou palais de retraite el de pénitence , où loge l’empereur pendant les trois jours de jeûne qu’il observe pour se préparer à la cérémonie du sacrifice. Cinq cents musiciens sont attachés au service de ce temple magnifique et y ont leurs demeures. Le Sian-nong-than ou le temple de l'inventeur de l’agriculture, situé à l’ouest du Thian-than; il est également entouré d’une haute muraille , dont la circonférence est de 6 li ou de 1776 toises.
L'empereur s'y rend tous is printemps pour y labourer la terre et offrir un sacrifice au ciel.
On ne doit pas oublier dans la Ville- Mongole , le fameux femple du Tate miao, où sont les tablettes des plus illustres empereurs de la Chine, depuis For.-hi, fondateur de la monarchie jusqu’à la dynastie Tsing, actuellement régnante; deux grands arcs de triomphe en bois peint et doré accompagnent lentrée. Un autre temple , non moins remarquable , situé dans le collège Impérial, est celui où l’on offre à Confucius ( Cong-fou-tzeu ) des hommages et des sacrifices sanglans au nom de tout l’empire. La salle est au fond de la seconde cour ; elle contient la tablette du philosophe avec cette inscription : lieu où l'on honore Pancien et très sage maître Confucius. Un peu
Etes avant, de chaque côté, sont les talettes de Mencius ( feng-tzeu)et detrois autres de ses principaux disciplesqui sont regardés comme des sages du second ordre. Encore plus avant sont les tablettes de dix autres de ses disciples, honorés comme sagcs du troisième ordre. Enfin, dans des salles qui règnent autour de la même cour, sont les tablettes de 97 sonnages illustres par leur sagesse et leur vertu. L'entrée de ce temple est flanquée de deux paysan ; C’est ce que les Européens appellent, d’après leur forme, des arcs de triomvhe, mais dont la destination est d’honvrer les personnages des deux sexes qui ont laissé des souvenirs glorieux de leurs vertus, de leur science ou des services considérables rendus à l’état. L'empire renferme un grand nomre de ces monumens. De telles institutions présentent , sous l’aspect le plus favorable, la théorie du gouvernement chinois; mais on dit qu la Chine, comme ailleurs, il y a bien théorie.
Dans un des faubourgs, au nord de la Ville-Tatare, se trouve le magnifique £emple du Ti-than, dont enceinte aenviron 200 pas en carré. On y admire surtout le templeproprement ditou la sallecarrée, et le massif devant lequel l’empereur sacrifie à la vertu de la terre. Nous ajouterons que, dans les différens quartiers de Péking, il y a des cloches qui servent à indiquer les veilles de la nuit. Les sept principales se ressemblent; elles ont chacune, selon le père Verbiest, 12 pieds de hauteur sans compter l’anse de suspension qui en a trois, 11 de diamètre intérieur et 40 de circonférence ; elles pèsent 120,000 livres. Leur forme est celle d’un cône allongé; on les frappe avec un marteau de ois
Péking se distingue des autres capitales et des grandes villes de l’Asie par ses constructions et plus encore par une foule d'institutions qui rappellent la civilisation des grandes villes européennes, malgré les différences énormes
qu'offrent la manière de bâtir des Chi-.
nois et leurs usages. Nous nous bornerons à en citer quelques-unes : le Æan-linyuan ou le tribunal de l'histoire et de la littérature chinoise. Tous les savans de la Chine, toutes les écoles, tous les collèges dépendent de ce tribunal, qui choisit et nomme les juges et lesexamina-
oin de la pratiqueàla .
teurs des compositions qu’on exige des lettrés, avant de les promouvoir aux
rades. Les lois lui conflent l'éducation e l'héritier du trône ; et il est chargé d'écrire Lg pénérale de l'empire et de composer vres utiles. Le Kouetsu-kian ou collège jal, où plusieurs professeurs enseignent à bien composer en chinois et en mandchou. L’observaloire impérial, bâti en 1279 ; ce. n’est qu'une tour commune. Les anciens instrumens construits sous la dynastie des Mongols (Yuen) en ont êté retirés et remplacés par de nouveaux
ui ont été fabriqués en 1073 sur les dessins du père Verbiest, habile astronome et président du tribunal mathématique.
Ils sont en bronze et magnifiquement ornés ; le plus exact est le globe céleste qui a 6 pieds de diamètre et qui pèse 2000 livres. L’exécution des autres a été un peu négl par les artistes chinois.
Dans cet édifice on conserve aussi les beaux instrumens que le roi d'Angleterre a envoyés en présent à l’empereur Khianloung en 1793. L'imprimerie, d'où sortent les meilleurs livres et principalement les livres historiques, que les libraires de Péking et des autres villes achètent à un prix fixé par le gouvernement. Cette imprimerie publie également tous les deux
jours une gazette contenant les évènemens extraordinaires qui arrivent dans l'empire, les ordonnances et surtout la liste des promotions, les grâces accordées par l’empereur, telles que des robes jau-
nes et des plumes de paon , ce qui équivaut aux ordres de chevalerie en Europe; la punition des mandarins qui ont malversé, etc., etc. Il y a en outre un fribunal r les médecins , une maison d'enfans trouvés , une autre pour l’inoculation de la vaccine et plusieurs autres institutions philantropiques. Les écoles pcs es y sont très nom'renses, et la bibliothèque impériale est sans contredit la plus grande qui existe hors de l’Europe. M. Abel Rémusat nous à assuré qu’elle contient au moins la matière de 300,000 de nos volumes in+8°. Nous ne he oublier les immenses cabinets istoire naturelle de l'empereur ; Chaque tiroir est accompagné d’un cahier de peintures représentant les objets qui y sont placés. Les objets y sont représentés avé’ une scrupuleuse fidélité. On en conserve également une
copie à Moukden. Le père Grimaldi et d'autres jésuites y unt travaillé. Ce n’est qu'à la cour, dit M, Klaproth, qu’il y a
es théâtres permanens. La scène y est double et triple, c’est-à-dire à deux ou trois étages, où les acteurs, répartis d’après l’action représentée, jouent une seule et même pièce dans le même temps, avec un tel accord de musique et de jaros , qu'ils ne sauraient meltre plus d’ensemble sur une seule scène. Les autres théàtres ne sont que des échoppes ouvertes , transpurtables et sans décorations ; on À oue presque tous les jours depuis midi jusqu’au soir des tragédies et des comédies mélées de chants et de musique. Les rôles de femme y sont remplis par des jeunes gens , qui s’en acquittent très bien.
Péking communique avec le grand canal impérial, ce qui facilite beaucou son approvisionnement et rend très actif sou commerce, Près de chaqne porte de la ville on trouve des ânes sellés pour le service du public, On monte ces animaux
r'aller d’une porte à l’autre, ou pour
nsporter des fardeaux peu pesans. La course se paie 10 thsian équivalant à environ 4 copèques de cuivre où 16 centimes.
Dans les environs de Péking et à la distance d'environ 20 li ou 6000 toises de France, près de Haï-tian , ‘on voit Yuan-MiNG-vuEn, c'està-dire, le jardin rond et resplendissant, superbe résidence impériale d'été. Le palais, selon un excellent observateur, le frère Attiret, est'au moins de la grandeur de Dijon, et l’apportement de l'empereur et de l'impératrice est plus étendu que la ville de Dole, Ce palais est composé d’un grand nombre de bâtimens, disposés avec une belle symétrie et séparés par descours, des jardins et des parterres. La façade de chacun éclate d'or, de vernis et de peintures, et l'appartement impérial est orné de tout ce que la Chine, le Japon, les Indes produisent de plus précieux, et même des chefs-d'œuvre de plusieurs des arts de l'Europe. Les jardins de ce palais sont encore plus admirables. Sur une surface de 60,000 acres anglais s'élèvent des collines de 20 à 60 pieds de haut, couvertes d'arbres à fleurs, séparées par des vallons où serpentent des rivières artificielles, bordées de rochers que la nature semble y avoir placés, et que traversent des ponts embellis de balustrades sculptées, de kiosques et d'arcs de triomphe, Ces rivières se rendent dans des lacs artificiels, sillonnés par des barques magnifiques. Chacun de ces vallons a sa maison de plaisance ou son palais d’une architecture différente des autres; on en compte plus de deux cents. Leurs frontispices à colonnade , leur charpente dorée, peinte ct vernissée, leurs toits couverts de briques
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vernies, rouges, jaunes, bleues, vertes et violettes, figurant des dessins agréables , leurs escaliers rustiques, composés de rochers, les font ressembler à des palais de fées. Le cèdre, la brique et le marbre ont servi à leur construction. Du centre d'un lac, d'une demi-lieue de diamètre entous sens, s'élève une île de rochers qui soutient un palais d’une beauté que le goût européen inème est forcé d'admirer; il renferme plus de cent chambres et salons. De ce palais la vue se promène sur les bords du lac, où l'art s'est épuisé à des édifices et à des imitations de la nature qui produisent des.effets les plus pittoresques. Sur la MONTAGNE DB Tuian-cHEOU, à environ 11 milles au nord de: Péking , se trouvent les treize mausolées des empereurs de la dynastie des Ming. Le père Roux, qui les a visités en 1787 , dit que cinq jours suffiraient à peine pour lesbien examiner, On y admiresurtout une grande salle, dont les colonnes, de bois de nanmou et d'une seule pièce chacune, ont 60 pieds chinois de haut et 10 de circonférence. La’ salle dite de Young-lo a 180 pieds chinois de long sur 83 de large.
Losuesve plus loin, dans un rayon d'envirou 100 milles, on trouve : Tin-rsix, ville immense, située sur le Pel-ho ; son commerce avec l'intérieur de l'empire dépasse celui de Canton, et sa population pourrait bien être égale à celle de cette dernière ville ; c'est le grand entrepôt du sel, dont on y voit des masses énormes, ainsi qu’à Taxou, gros village, placé beaucoup plus bas, Touana- KIA-KHEOU (en mogol Xhaigan), petite ville du département de Siuan-hoa , forte et très peuplée, remarquable par son commerce et plus encore par le voisinage de la grande-muraille qui forme une partie mème de son enceinte, Ce monument, qui est peut-être le plus grand ouvrage exécuté par la main des hommes, existe depuis environ vingt siècles. Sur une longueur de plus 1300 milles, depuis l'extrémité occidentale du Chen-si jusqu'à l'extrémité orientale du Tchy-li, ce rempartextraordinaire passe sur de hautes montagnes et traverse des vallées profondes. Il est composé de deux murs parallèles; l'intervalle en est rempli de terre etde gravier. Les fondations consistenten grandes pierresbrutes; le reste du mur est en briques.Sa hauteur est de 24 pieds, son épaisseur d'environ 13. Des tours, dans lesquelles se trouvent beaucoup de canonsen fonte , s'élèvent à 100 pas à-peu-près l'une de l’autre. Inabordable pour la cavalerie des belligüeux nomades de l’Asie-Centrale, cette immense muraille n'a pas été assez forte pour arrèter les conquérans qui ont envahi plusieurs fois la Chine. TCHHING-TE-TCHEOU (J6ho), château impérial , situé au-delà de la grande muraille, dans la partie de la Mongolie réunie à la grandeprovince du Tchy-li. 1la été bâti en 1703,sur le plan du palais de Péking , pour servir de pied-àterre à l'empereur, pendant la saison de la chasse. Sesjardins ont été décrits par un connaisseur du goût le plus éclairé, lord Macartney ; ils offrent, dit cet ambassadeur, une succession de tableaux enchanteurs; le sublime y domine ct la gaité met eu harmonie l'ensemble du paysage ; les cabinets, les pavillons, les pagodes sont parfaits dans leur
me memes vue nr te ne
pers: les uns d'une simplicité élégante, les aures superbement décorés ; ils ornent toujours la artie du jardin où ils sont, tandis que tout aure la défigurerait. Ce château est bien distribué et tout y est simple et analogue aux localités. Parmi ses nombreux temples, on doit mentionner le Phou-tho-tsoung-ching-miao, au nord du chàteau, construit en 1770 sur le modèle de celui de Botala, auquel on prétend a: ne cède rien en magnificence. On y voit 600 statues dorées représentant des lamas morts en odeur de sainteté et auxquels on a donné les attitudes contraintes n pénibles qu'ils s'étaient imposées pendant leur vie,
Resserré par l’espace, nous nous bornerons à décrire quelques-unes seulement des villes les plus remarquables qu’offrent la Chine proprement dite, le Tibet, le Boutan la Boukharie et la Dzoungarie, parce qu’il nous semble que ce sont les pays qui inspirent le plus d'intérêt. Dans leur description on a suivi l’ordre adopté dans le tableau des divisions administratives auquel nous renvoyons pour tout ce qui concerne les villes principales des autres parties de l'empire Chinois. Voyez aux pages 777 à 781.
Daus le Chen-si, nous nommerons Si-'aN (Singan), située sur le #ei-ho; c'est une des plus grandes villes de la Chine. On loue surtout
uatre de seswortes, qui sont magnifiques et
lune hauteur extraordinaire, ainsi que les trois ponts sur lesquels on passe la rivière, C'est une des places fortes de l'empire, et sa garnison est toujours lrès nombreuse, On ne sait rien de positif sur sa poptlation, qui pourrait bien s'élever au-delà de -300,000 âmes. Nous ferons observer que cette ville possède une collection d'anciens monume parmi lesquels on distingue une copie sufgrtiaue de l'inscription de J'u, dontl'original est gravé sur une montagne près des sources du Houang-ho ; elle est destinée à transmettre à la postérité les immenses travaux par lesquels Yu, ministre d'Yao, et après lui le fondateur de la dynastie des Hia, vers l'an 2200 avant l'ère chrétienne, ouvrit un libre cours aux eaux du fleuve Jaune et de plusieurs autres grands courans, qui auparavant inondaientla plusgrande partie du territoire chinois etle menaçaient d'une submersion totale. M. Klaproth a publié une nouvelle interprétation de ce monument, accompagnée d'un commentaire critique. C’est aussi près de Si-’an qu'en 1625, en creusant les fondemens d'une maison, on trouva une fable de marbre aveé une inscription en caractères chinois, des mots syriaques.et une croix gravée au-dessus. Ce monument se rapporte au christianisme introduit dans la Chine par les nestoricns venus de Perse et de Syrie l'an 635 de Jésus-Christ.
Dans le Kouang-loung, nous citerons Can- Ton, Situé entre le Tchu-kiang, nommé Tigre par les Européens, et le Pe-kiang ou Tchhing kiang, très grande ville défendue par cinq forts
et par une muraille sur laquelle on a placé quelques canons. Comme Péking, Singan et autres villes de la Chine, elle est partagée en deux parties distinctes et séparées par une muraille; on les nomme la Ville-Chinoise etla Ville-Tatare. Lesrues de Canton sont bien alignées, pavées et ordinairement très propres, mais très étroites. Les maisons n'ont qu'un étage et sont bâties en briques; elles ont deux ou trois cours, sur lesquelles donnent les magasins et les appartemens des femmes. Toutes les rues sont bordées de boutiques ; plusieurs ne sont affectées qu'à une seule espèce d'ouvriers ou de marchands. Les plus beaux édifices de Canton sont les temples, dont plusieurs sont richement ornés de statues et d’arcs de triomphe , et les maisons des Européens. Ces dernières sont toutes sur une mème ligne, dans le faubourg méridional, sur le bord du Tchukiang ; on les appelle Cky-san-hang ou les treize comploirs. Elles sont belles et construites avec goût, ce qui contraste d’une manière frappante avec celles des Chinois. Sur un espace d’environ cinq milles , le Tchukiang, à Canton, ressemble à une ville immense composée de navives de toute grandeur rangés en lignes parallèles, entre lesquels il ne reste qu'un passage très étroit pour les vaisseaux. Chaque propriétaire de ces embarcations qu'on porte à 10,000 y habite avec toute sa famille, qui ne vient presque jamais à terre. 11 y a des auberges et des restaurans comme sur la terre ferme ; les innombrables lampes de différentes couleurs qui éclairent toutes ces barques pendant la nuit, forment un coup-d’œil magnifique. Le terrible incendie du 4e" novembre 1823 a consumé 10,000 maisons et tous les comploirs étrangers; mais cet immense désastre était déjà entièrement réparé en 1824. Nous avons vu ailleurs l'importance et l'étendue du commerce de cette ville , qui, sous ce rapport, tient une des premières places parmi les villesles plus commerçantes de l'Asie. Dans ces dernières années on y a publié deux gazettes dnglaises et un a/manach anglais-chinois, rempli de renseignemens utiles et pratiques. M. Gutzlaff y publie aussi depuis quelque temps un journal en chinois, quiest déjà répandu dans les principales villes de l'empire et qui est de la plus haute importance pour la géographie de ces contrées éloignées. Sans adopter les calculs exagérés des missionnaires, qui portent la population de Canton à 1,500,000 âmes, et sans admettre les estimations évidemment trup basses de Cook et de Malte-Brun, nous croyons qu'on pourrait accorder à cette ville 600,000 habitans, sans crainte de s'éloigner beaucoup de la vérité. Dans les environs de Canton on trouve: Houang-phou (Whampou), avec un port, où sont les douanes pour les navires européens qui ne remontent pas le Tchukiang plus haut et restent à l'ancre. Fou-chan bourg immense , bien bâti et très industrieux , dont la population, estimée à un million par les missionnaires, ne s’éleverait qu’à 200,000 àmes selon M. Deguignes. On y fabrique une immense quantité d'étoffes de soie et de coton, et uue infinité d'articles en cuivre , fer et acier ; il possède aussi de grandes raffineries de sucre et
des manufactures de porcelaine. C'est le siège d'un grand commerce ; il nous paraît identique à la ville de Facon, visitée par le capitaine Purefoy, à laquelle ce marin n'est pas éloigné d’accorder un million d'habitans. Plus loin sur une ile est Macao, que nous décrirons dansl'Asie Portugaise. EnfinLin-ting, entrepôt du commerce interloppe de l’opium, devenu de nos jours le principal article des importations des Européens dans la Chine.
Dans le Fou-kiang on trouve : Fou-rcsrov, sur le Si-ho , non loin de son embouchure. C’est une des villes les plus grandes et des plus peuplées de la Chine, aussi remarquable par son grand commerce que par son industrie et par la multitude de lettrés dont elle est le séjour ordinaire. Parmi ses constructions les plus remarquables, on doit surtout mentionner le grand pont sur lequel, dans un de ses faubourgs, on passe le Tchang au-dessous de son confluent avec le Si-ho ; il est tout construit en pierres blanches, orné d'une double balustrade sur toute sa longueur, et ne compte pas moins de cent arches : c'est sans contredit un des plus grands et plus beaux ponts du monde. Siouen-rcueou , grande ville, bien bâtie, remarquable par ses beaux édifices publics, ainsi que par l'activité de son commerce. Dans sesenvirons, près de la ville de Ho-yang, on admire un pont qui est peut-être le ponten pierre de plus long qui existe. Le père Martini, qui l'a décrit, dit que la partie principale consiste en plus de 300 piliers. 1] n’a point d’arches. Cinq pierres, chacune de la longueur de 18 pas ordinaires, occupent l'intervalle entre chaque pilier. Il est construit en pierres noirâtres, avec des garde- , fous ornés de lions de là même pierre. HiAmEN (Amoy, Emouy), grande ville populeuse , dont les habitans sont très adonnés au commerce et à la navigation et possèdent un grand nombre de grandes jonques ou navires chinois; c'est le grand entrepôl commercial du Fou-kian.
Dansle The-kiang, on trouve Hanc-TcnEou, sur le Thsian-thang et sur le lac Si-hou, ville très grande, très commercante et industrieuse, avec des fortifications, une nombreuse garnison, un port et peut-être 600 à 700,000 habitans. Ses rues sont larges et pavées. Parmi ses monumens , on remarque quatre grandes {ours à neuf étages, et plusieurs arcs de triomphe, Nous rappellerons que cette ville est la fameuse Kinzaï (King szu) de Marco-Polo, la capitale de l'empire des Song ou de la Chine-Méridionale. A quélques nilles à l’est était la ville de Ca nfou du mème voyageur , où les Arabes faisaient un commerce maritime très considérable dans le rx° siècle. Robertson et d’autres ont conjecturé qu'il s'agissait de la ville de Canton; mais M. Klaproth a démontré la véritable position de Canfou. Son port est comblé et la ville n’existe plus. Dans le lac Sihou, qui s'étend à l'ouest de la ville, il y a trois ilots sur lesquels s'élèvent des temples, des arcs de triomphe, des maisons de plaisance et un palais de l’empereur. Nincpo , ville grande et populeuse que MM.Marsden et Zurla ont cru à tort correspondre au Canfou de Marco-Polo, aui était situé à l'embouchure du Thsiang-thang
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kiang ou du fleuve Tche-kiang. Ningpo a pris sa place. Ce port a le privilège de faire le commerce avec le Japon.
Dans le Kiang-sou, nousnommerons : KiANc- NING, appelé autrefois Nan-Kinc, parce qu'elle était la résidence méridionale des empereurs des Ming. Cette ville immense est située sur la rive méridionale du Kiang ; elle est encore plus grande que Péking, mais plus d'ua tiers offre desruines, des jardins et mème des champs labourés. Le beau palais des empereurs, dont elle était la-résidence, a été brûlé en 1645 par les Mandchoux. Parmi les édifices qui restent encore à Kiangning, on doit citer le Pno-ngen-lsé ou le temple de lareconnaissance, élevé dans le xiv° siècle par l’empereur Young-lo ; c'est, avec le monastère qui en dépend, un des plus beaux bâtimens de la Chine, surtout par sa fameuse tour, décrite par tous les voyageu::. Cette dernière est un édifice isolé , octogone, ‘le 40 pieds de diamètre à sa base, et de 200 de hauteur totale. Elle a neuf étages, chacun séparé par uatoitélégant à huit côtés , et qui semble sortir du mur. À chacun de leurs angles pend une clochette de cuivre Au sommet s'élève un mât haut de 30 pieds, autour duquel, comme dans les temples des Birmans, règne en spirale un cercle de fer. Ce mat est couronné par une sorte de pomme de pin de cuivre doré, que les Chinois prétendent être d'or massif. Au milieu du rez-de-chaussée, et sous un dôme en cuivre, est une grande idole dorée. Dans chacun des autres étages on trouve également une statue dorée avec d'autres petites sculptées sur les murs et dorées aussi. Le plancher d'en haut est orné de peintures. L’extérieur de la tour est revêtu de briques ou d’une espèce de faïence vernissée bleue , verte et jaune, que le vulgaire prend pour de la porcelaine. Les tuiles de chaque toit sont d’une de ces couleurs et vernies aussi. Son commerce et son industrie sont très grands, et l’on pourrait porter encore sa population à environ 500,000 àmes. Kiang-ning passe pour la ville savante de la Chine; du moins les bibliothèques et les savans paraissent y être Les nombreux que dans la plupart des autres villes.
L'antiquité et l'importance de la littérature chinoise nous engagent à nous écarter de notre plan pour offrir à nos lecteurs un exposé succinct de l'état des belles-lettres, des sciences et des beaux-arts dans cette contrée célèbre; et afin de réfuter par des faits positifs une foule de préjugés les uns trop favorables, les autres trop désavantageux aux Chinois. « La littérature chinoise, dit M. Abel Remusat, est incontestablement la première de l'Asie, par le nombre, l'importance et l'authenticité des monumens. Les ouvrages classiques qu’on nomme King, remontent à une époque très ancienne. Les philosophes de l'écule de Confucius en ont fait la base de leurs travaux sur la morale et la politique. L'histoire a toujours été l’objet de l'attention des Chinois, et leurs annales forment le corps le plus complet et le mieux suivi qui existe dans aucune langue. L'usage des concours a donné un grand essor à l’éloquence
politique et philosophique. L'histoire littéraire, la critique des textes et la biographie sont le sujet d’une foule d'ouvrages remarquables par l'ordre et la régularité qui y sont observés. On possède beat coup de traductions de livres sanscrits sur la religion et la métaphysique. Les lettrés cultivent la poésie, qui est assujétie chez eux au double joug de la mesure et de la rime; ils ont des poèmes lyriques et narratifs, et surtout des poëmes descriptifs, des pièces de théâtre, des romans de mœurs , des romans où le merveilleux esl mis en usage. On a composé en outre un très grand nombre de recueils spéciaux et généraux, des bibliothèques et des encyclopédies , et dans le dernier siècle on avait commencé l'impression d’une collection d'ouvrages choisis en 180,000 volumes. Les notes, les gloses, les commentaires, les catalogues, les index, les extraits par ordre de matières, aident à trouver avec facilité les objets que l’on recherche. Les Chinois ont d'excellens dictionnaires où tous les signes de leur écritureettous les mots de leur langue sontexpliqués avec le plus grand soin et dans un ordre trés régulier. Les livres sont imprimés sur papier de soie; et comme ce panier est extrêmement fin, on est obligé de n’imprimer que d'un seul côté; les parties en sont classées, numérotées et paginées; enfin, il n’y a pas, mème en Europe, de nation chez laquelle on trouve tant de livres, ni de livres si bien faits, si commodes à consulter età si bas prix. »
La géographie a été cullivée par les Chinois depuis la plus haute antiquité; ce que prouve la description de l'empire donnée pur le C'iou-king cinq siècles avant notre ère; mais ieurs cartes, estimables à certains égards, n'étaient point graduées. Les jésuites ont levé une rouvelle carte de l'empire par ordre de l’empereur Kang-hi, de 1707 à 1715 ; une nouvelle édition perfectionnée en 104 feuilles fut publiée en 1760 par ordre de l’empereur Khian-loung, sous la direction des missionnaires. La géographie impériale forme 260 volumes in-4° avec des plans et des cartes ; elle embrasse tout : topographie, hydrographie, description des monumens, des antiquités, des curiosités naturelles, l’industrie , les productions, le commerce, l’agriculture , le gouvernement, la population, l’histoire générale, la biographie et la bibliographie. L'astronomie a toujoursété en honneur à la Chine ; mais elle n’y a jamais fait que des progrès médiocres. Les connaissances des Chinois enmathématiques paraissent être très bornées; ils emploient le système décimal, et ils exécutent rapidement toutes les opératiuns d'arithmétique avec une machine, dont l'usage a passé cn Russie cten Pologne. La théorie de leur tactique est savamment combinée et a fixé même l'attention de quelques généraux de l’école du grand Frédéric ; mais leur artillerie est très mauvaise ; leurs fusils ne sont pas meilleurs et leur poudre ne vaut rien. Cependant ils en ont connu la fabrication longtemps avant nous, de même que l’art de faire des feux d'artifices d'un effet surprenant. La médecine des Chinois est mêlée de pratiques superstitieuses et fondée sur une théorie absolument imaginaire ; leur pharmacopée est assez riche ;
etils ont de bons livres d'histoire naturelle médicale, accompagnés de planches qui peuvent nous etre très utiles; les médecins seuls, comme chez nous dans le moyen âge, cultivent l’histoire naturelle. Les arts du dessin sont imparfaitement cultivés par les Chinois; ils n’emploient pas la perspective; ils ne peignent très bien. que les plantes, les fleurs, les maisons, les bateaux, en un mot que la nature inanimée. Leur sculpture ne se distingue que par un fini précieux ; ils exécutent sur le bois des gravures en relief d’une finesse remarquable. Leur architecture n’est dépourvue ni de grandeur ni d'élégance; d’ailleurs l’ordre et les belles couleurs dont ils ornentleurs édifices produisent un effet séduisant. La magnificence, exclue des constructions particulières, est réservée pour les monumens publics , tels que les palais de l'empereur, les temples, les tours, les arcs de triomphe, les remparts et les portes des villes. Les ponts, les canaux, les quais, et surtout les digues qui retiennent les eaux du fleuve Jaune, offrent les résultats d’une industrie perfectionnée et appliquée à de grands objets d'utilité. Nous avons déjà fait connaitre le mérite de leurs jardins. La musique chinoise, fondée sur un système très compliqué, manque , au jugement des Européens, d'harmonie et de mélodie. Ce que nous avons dit à l’article érdustrie complètera ce court aperçu de la civilisation des Chinois.
Sou-rcHEOu, sur le canal Impérial et près du lac Taï-hou, ville très grande et une des plus florissantes de toute la Chine. Quelques géographes la regardent comme la capitale du Kiang-sou.
Elle est traversée par plusieurs canaux sur lesquels s'élèvent des ponts magnifiques. Outre plusieurs beaux temples, on y remarque une tour de sept étages, et un grand nombre d'arcs de triomphe, parmi lesquels se trouve le m0nument de Pong-hou. Mais ce qu'on doit y admirer surtout, c’est la partie du canal impérial qui passe par cette ville. Cet ouvrage immense , le plus grand dans son genre qui existe, n’a pas moins de 600 milles. Muyennant plusieurs fleuves navigables, il forme une ligne de navigation intérieure qui va de Péking à Canton, et qui n’est interrompue que par un seul portage à travers les montagnes Nanling. Huttner dit que Sou-tchevu est l'école des plus habiles comédiens , des ineilleurs danseurs de corde etjoueurs de gobelets; la patrie des femmes à la plus jolie taille et aux plus petits pieds ; la législatrice du goût chinois, de la mode et du langage, et le rendez-vous des plus riches oisifs de la Chine. On ne sait rien sur le nombre de ses habitans; nous penchons à croire qu'il pourrait bien s’élever de 500,000 à 600,000. Sur la route de Péking à Sou-tcheou l’empereur a 72 palais ; la plupart ne sont que des pied-à-terre; mais plusieurs se distinguent par leur grandeur et leurs ornemens, CuanG-#Aï (Chang-haï-hien), très grande ville, avec un bon port, située à l'embouchure du Wusing, et communiquant par les canaux de son voisinage avec tous les fleuves de l'empire, ce qui l’a rendue la première place commrgrçante de la Chine. La quantité de jonques, de maga-
sins près desquels les plus grands navires sont chargés et déchargés, les vastes chantiers, la foule immense de peuple qui remplit ses rues, signalent sa richesse, et son importance commerciale augmentée par le voisinage des villes immenses de Hang-tcheou, de Sou-tcheou et de Nan-king.
Dans l'Ho-nan, on trouve: KuAï-ruNc, sur une branche du Hoang-ho , dans une situation si basse que le niveau des eaux du fleuve est presque de deux pieds plus élevé que la ville. Cette circonstance l’expose à de grands dangers, malgré les digues construites pour parer aux inondations. Les historiens chinois rapportent qu'en 1642, l'empereur ayant ordonné de percer une digue pour faire périr un rebelle qui s'était retranché dans Khaï-fung , 300,000 de ses habitans ptrirent submergés. Depuis ce désastre elle n’a pas encore pu se relever entièrement. C'est dans cette ville que se trouve le principal temple de la colonie juive qui s'établit en Chine environ 200 ans avant l’ère chrétienne.
Dans le Hou-pe, on trouve Wou-TcaHANG, sur le Kiang. C’est une des plus grandes villes de la Chine, que les missionnaires comparent à Paris pour l'étendue, et dont la population pourrait bien s'élever à 400,000 âmes. Le fleuve est tellement large et profond à Wou-tchhang qu'il y forme un vaste port, presque toujours rempli d’un grand nombre de grosses barques employées à transporter une immense quantité de marchandises et de denrées dont cette ville est l'entrepôt. Houwanc-rcueou, sur le Kiang, une des villes les plus riches, les plus industrieuses, les plus commerçantes et les plus peuplées de la Chine. Sa population s'élève probablement audessus de 200,000 âmes.
Dansile X iang-si, nousciterons NAN-TCHHANG, sur le Kan-kiang, très grande ville, centre du commerce de la porcelaine qu'on fabrique dans cette province. On y fait aussi un grand commerce de soies et de fourrures, et on y fabrique une immense quantité d’idoles. On ne s'éloignerait peut-être pas trop de la vérité en évaluant à 800,000 âmes la population de cette ville. Kingte-tchin, sur le Po, bourg immense auquel les missionnaires accordent 1,000,000 d'habitans ; mais dont la population probablement n'arrive pas à la moitié de ce nombre. C’est la plus grande fabrique de porcelaine du monde ; elle n’entretient pas moins de 500 fourneaux.
Dans le Hou-nan, on trouve : Yo-rcneou, sur le lac Thoung-thing à l'endroit où il se décharge dans le Kiang. Elle fait un commerce immense de transit, et sa population s'élève peutêtre à 200,010 âmes. Au-dessus des eaux du lac Thoung-thing s'élèvent plusieurs Îles très peuplées et sur lesquelles se trouvent des monastères de bonzes. Parmi ces iles, il y en a quelques-unes qui sont flottantes, comme celles du lac de Mexico et d’autres lacs.
Dans le Ching-king, nous nommerons 3 moins : Kaï-rTcusou , grande ville et marché principal de cette province; on calcule que son port reçoit annuellement près de 2000 jonques ou navires chinois.
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Dansle Tibet, nous nommerons : H'LAssA (Lassa), située sur un affluent du Zzangbo-tchou, assez grande ville, ‘bien bâtie, avec des maisons de deux à trois élages. Elle est la capitale du Tibet, le siège du Dalaï-lama et la résidence ordinaire du tazin, ou résident chinois, qui est en réalité un vice-roi. Le vaste et magnifique {emple qui s'élève au milieu de la ville et qui est formé par l'assemblage de plusieurs bâtimens, et l'immense bazar qui en fait le tour, sont les édifices les plus remarquables de cette ville, dont la population permanente, selon un missionnaire qui l’a visitée au commencement du xvi siècle, s'élevait alors à 80,000 âmes, nombre qui apparemment, par une erreur typographique , a été changé en 30,000 dans les anciennes Annales des Voyages. La population flottante y est toujours très grande, à cause des nombreux pélerins qui, des parties les plus éloignées de l'Asie, viennent visiter ce sanctuaire du lamisme. Tout près de Lassa se trouve Botala ou Potala, magnifique couvent construit sur la petite montagne du Marbouri. C’est la résidence ordinaire du dalaï-lama pendant l'été. Son temple est regardé comme le plus beau de tout le Tibet. 11 a environ 312 pieds de hauteur, et son toit est doré en entier. Les bâtimens qui l'entourent contiennent plus de 10,000 chambres ou cellules, Les tours ou obélisques, revélus d'or et d'argent, ainsi que les statues de Bouddha , faites de ces métaux et de bronze, y sont sans nombre. Suivant la tradition du pays, ce magnifique édifice a été élevé de 626 à 649 de notre ère, par le dzanpou, ou roi des Thoupho. Dans ses environs immédiats on admire les quatre célèbres temples de Bhraeboung, de «era, de Ghaldan et de Samie; onlesregarde comme les plus grands du Tibet; ils sont aussiles kautes écoles ou les universités de la théologie bouddhique, et ils possèdent des £ypographies. Celui de Zraeboung (Bræpoung-ghong-pa) est desservi par plus de 6000 lamas; autrefois il en comptait 10,000.
Jicacounccar, prè: de la rive droite du Zzangbo-tchou ou Iraouaddy. Quoique cette ville ne soit pas marquée sur nos cartes ni décrite dans nos gévographies , elle n’en est pas moins très importante. M. Klaproth, d’après les auteurs chinois, lui accorde 20,000 maisons, en faisant observer que c’est la plus grande ville du Tibet. JiKADZE, non loin de la rive droite du Zzangbo-tchou, assez grande ville, à laquelle M. Klaproth accorde 23,000 familles et 5300 hommes de garnison. C'est la capitale du territoire soumis au Bantchanlama, ou Bogdo-lama. Tout près, vers l’ouest, se trouve Djachi-loumbo , couvent magnifique où réside ce pontife. On y compte plus de 3000 chambres ou cellules. On y voit un grand nombre d’obélisques couverts d’or et d'argent et beaucoup de statues de Bouddha en or, en argent et en bronze. Plus de 3600 lamas y font le service.
BuaLpi (Baïdi) , petite ville, près du lac Yamthso, dit aussi Pallé , remarquable par un couvent célèbre bâti sur-une de ses iles. C’est la résidence de la divinité femelle appelée Dordjipamo, ou la sainte mère de la truie. Les
Hindous et les habitans du Nepal, ainsi que les Tibetains , la révèrent comme une incarnation de Bhavani. Elle ne sort de son habitation et de son Île, pour se rendre à Lassa, qu'en grande pompe. Pendant tout le voyage, on porte devant elle des encensoirs; elle est assise sur un trône couvert d’une vaste ombrelle. Tout le monde
’empresse de recevoir sa bénédiction, qu'elle donne en faisant baiser son sceau, .Les couvens des iles du lac, habités par des moines et par des religieux, se trouvent sous sa direction.
La prétendue civilisation que Bailli et d’autres écrivains ont cru avoir existé dès les temps les plus reculés dans cette partie de l'Asie, regardée par eux comme le berceau du genre humain, ei à laquelle le christianisme lui-mème aurait emprunté une partie de ses dogmes et de son culle, nous engage à reproduire ici le résultat des recherches d’un savant philologue qui a réduit de pareilles chimères à leur juste valeur. L'opinion de Bailli était fondée sur des relations inexactes et sur des analogies dont l'examen impartial a fait tirer des conséquences diamétralement opposées. Plus tard de nouveaux faits publiés par M. Klaproth sont venus confirmer les raisonnemens du philologue français.
«Il n’est personne, dit M. Abel Remusat, qui n'ait été frappé de la ressemblance surprenante qui existe entre les institutions, les pratiques et les cérémonies qui constituent la forme extérieure du culte du grand-lama, et celle de l'église Romaine. Chez les Tartares, en effet, on retrouve un pontife, des patriarches chargés du gouvernement spirituel des. provinces , un conseil de lamas supérieurs, qui se réunissent en conclave pour élire un pontife, et dont les insignes même ressemblent à ceux de nos cardinaux ; des couvens de moines et de religieuses, des prières pour les morts, la confession auriculaire, l’intercession des saints, le jeûne , le baisement des pieds, les litanies , les processions, l’eau lustrale. Tous ces rapports embarrassent peu ceux qui sont persuadés que le christianisme a été autrefois répandu dans la Tartarie ; il leur semble évident que les institutions des lamas, qui ne remontent pas audelà du xiu° siècle de notre ère, ont été calquées sur les nôtres. L’explication est un peu plus difficile dans le système contraire, parce qu'il faudrait avant tout prouver la haute antiquité du poatificat et des pratiques lamaïques. Ainsi donc, pour offrir en peu de mots le précis de ce que les traditions des Chinois, d’accord avec la considération de la langue, nous apprennent sur le Tibet, nous dirons que cette contrée montueuse, froide, stérile , a été habitée par destribus sauvages qui, par la férocité de leurs mœurs, leur ignorance, la simplicité de leur culte, la rudesse de leuridiome, ont conservé long-temps et conservent encore en partie les traces de leur état primitif. Des coloaies venues du midi de la Chine, à une très haute antiquité, se sont mêlées aux naturels du pays. Vers l'époque de notre ère , les religieux del’Hindoustan ont porté leur culte etleurlittérature dans quelques monastères qu'ils fondèrent en divers endroits de la Tartarie et du Tibet. La conversion des
Tibetains ne fut complète que vers le vi® siècle de
notre ère, où il paraltqu'on doit placer la fondation de Lassa. Les lamas prirent alors une autorité qui allaen croissant jusqu’à la conquête des Mongols, etse changea enfin enune domination absolue. La littérature bouddhique s’enrichitpar latraduction des ouvrages sanscrits; mais la langue tibetaine conserva toujours les formes agrestes que durent lui imprimer les premiers hommes qui en firent usage. Un idiome barbare, une orthographe irrégulière , un système grammalical des plus imparfaits, uue littérature d'emprunt , unereligion transplantée de l’Hindoustan au Tibet, à une époque peu reculée. voilà tout ce qu'on trouve dans ces montagnes sauvages, dont les habitans ne paraissent devoir justificr, sous aucun rapport, la haute attente qu'en ont conçue des écrivains ingénieux, mais peu versés dans les antiquités de l’Asie-Orientale. Il faut surtout renoncer à placer dans le Tibet le berceau du genre humain, à en faire descendre lesreligions de l’Hindoustan, à y voir les plus proches héritiers du peuple primitif, à y trouver des traditions antérieures à l'histoire et à y découvrir des monumensdes siècles qui ont suivi le dernier cataclysme. Plus on étudieralesTibetains, et plus on demeurera convaincu qu'ils sont comme les autres Tartares, et qu'ils ont toujours été des pasteurs trèsignorans , dont les missionnaires hindous ont été, depuis quelques siècles seulement, les instituteurs en civilisation, en morale et en littérature , et qui n'ont faitencore que des progrès très médiocres. »
Dons le Boutan, uous décrirons au moins Tassisunon, qui en est la capitale. C’est une très petite ville située sur le Tchint-siou. Ce n’est, à proprement parler, qu'un château très élevé, à sept étages ; dansle quatrième demeure le daebradja , qui est le prince séculier du pays ou le vicaire du pontife ; et au septième loge le dharmaradja, ou le pontife souverain , regardé comme une incarnation de Mahomowi. Un vaste baldaquin doré couvre le temple, qui est magnifique. Dans les environs de Tassisudon on trouve :
Pannukka, petite ville importante par la douceur de son climat, qui lui mérita d’être choisie
pour résidence d'hiver du dharma-radja et de son vicaire; son château est plus grand et plus richement décoré que celui de Tassisudon. Phare avec un couvent célèbre, où réside un lama dépendant du dharma-radja ; c’est une forteresse importante par sa situation dans une gorge ; dans son voisinage , au nord-est, s'élève le Tchamaldourt, une des plus hautes montagnes du monde.
Dans le Thian-chan-nan-lou (Petite-Boukharie), on trouve : Yarkanv, sur le Yarkanddaria, grande ville à laquelle on accorde 12,000 maisons. Elle est bâtie au milieu d’un territoire aussi fertile que bien cultivé, Son industrie etson commerce la rendent très florissante et y attirent un grand nombre de Chinois, d’'Hindous et de Boukhares des provinces les plus éloignées de la Chine, de l'Inde et du Turkestan. On vante beaucoup son bazar, qui est d’une étendue extraordinaire. C’est sur son territoire qu’on ramasse cetteimmense quantité de jade, qui annuellement est envoyé à la cour de Péking et qui a detout temps été sicélèbre en Chine sous lenom de pierre de Yu: c'est avec cette substance , dit M. Abel Remusat, que sont faits la plupart des vases et des objets d’ornemens usités chez les Chinois. Kacx- KAR, Sur la rivière du même nom, ville riche et florissante par son industrie et son commerce. On lui accorde plus de 40,000 habitans ; neuf villes en dépendent. Elle est défendue par une citadelle occupée par une nombreuse garnison chinoise.
Dans la Dzoungarie, on trouve Govznsa, sur l’Ili, grande ville à laquelle M. Poutimstef accorde 10,000 maisons. C’est le grand entrepôt du commerce de l'Asie centrale avec ses extrémités occidentale et orientale. On peut regarder cette ville non-seulement comme la capitale de la Dzoungarie, mais aussi comme le chef-lieu de tous les pays de la Nouvelle Frontière, puisqu'elle est le siège du général en chef chinois, dont relèvent les généraux des Solon, des Sibe, des Tsakhar et des Oelet, ainsi que les commandans des villes de Yarkand . de Kachkar et autres de la Petite Boukharie.
QUPLIAB JAPONANS.
POSITION ASTRONOMIQUE,. Longitude orientale , entre 126° et 148°. Latitide entre 29° et 47°.
conrms. Au nord, la partie indépendante de l’ile Tarrakai (Sakhalian) , et les tles Kouriles dépendantes de lempire Russe. A l’est, le Grand-Océan. Au sud, ce même Océan, la mer orientale ou le Thoung-hai des Chinois. À l’ouest, le canal occidental de la Corée, la mer du Japon et sa branche nommée Mänche de Tartarie.
rzauvas, Un empire composé d'iles ne peut avoir nécessairement de très grands fleuves. Aussi est-ce seulement dans Pile de Niphon, qui est la plus grande, qu’on trouve les courans les plus considérables de cet état. Ils se rendent tous, comme ceux des autres iles, dans les mers qui environnent cet empire. Parmi le grand nombre de fleuves qui l’arrosent nous nous bornerons à citer les suivans , qui tous appartiennent à l’ile de Niphon
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par la ville de Yodo à laquelle il donne son nom, et devant Osaka ; il se jette ensuite dans le golfe de cette dernière ville.
Le Tenniou-cAwa (le fleuve du dragon céleste) sort du lac de Souwa, dans la province de Sinano, entre dans celle de Tootomi et s’y jette dans la mer par trois embouchures. 11 est très large et son courant fort rapide. À la page 645, nous avons signalé l'erreur de M. Arrowsmith, relativement au prétendu canal navigable qui jaint ce fleuve aux mers du Japon.
L’'ARA-GAWA a ses sources sur la haute montagne de Fosiv-daké, située entre les provinces de Kootsouke et de Mousasi. 11 se divise bientôt en deux bras, dont l’occidental , nommé Topa-cAWA, se jette à l’orient de Yedo, dansle golfe de cette ville arrosée par plusieurs bras et canaux dérivés du Toda-gawa. Sur un de ces derniers est le fameux pont Niphon-bas, ou Pont-du-Japon, duquel on compte toutes les distances de cet empire. L'autre bras de l’Ara-gawa se jette dans le grand fleuve Tone-gawa.
Le Toxe-cAwaA est formé dans le Kootsouke par la réunion de plusieurs grandes rivières. 11 se décharge par un bras dans le golfe de Yedo, et par l’autre dans le grand lac Aasmiga-oura, dont les eaux communiquent avec l'Océan oriental, parle large écoulement appelé Sara-gawa. Cé lac, situé dans la province de Fitats, est alimenté par un grand nombre de fortes rivières venant des montagnes du Mouts, du Simotsouke et du Fitats.
L'Ino-cawa a ses sources sur le mont San--toké, à la frontière du Sinano et du Mouts ; iltraverse une partie de cette dernière province, y reçoit à la gauche le Datami, et à la droite les eaux du lac salé d’Inaba. Entré dans Yetsingo, il prend le nom de Tsov-caAwA ; il se partage ensuite en deux branches dont l’une entre dans l’esterre de Niegala, et l’autre (l’orientale) dans celui de Foukousima-gata.
aazra1Ow, [l y a dans le Japon deux religions principales. La première, appelée SinTo ou SINsiou, est la plus ancienne et la religion primitive de cet Empire. Elle est basée sur le culte des génies ou des divinités qui président à toutes les choses visibles et invisibles ; on les nomme Sin onu Kami.
Le dairi, ou empereur du Japon, dont la famille est regardée comme descendant des anciennes divinités qui ont régné dans le pays, était dans l’origine le chef de cette religion , qui révère avant tout autre être divin, Ten-sio-daï-sin , déesse qui passe pour la première souche de la famille impériale et dont le temple
rincipal est situé dans la province d’Ize.
Le frère de cette déesse est le dieu de la guerre Fatsman, qu'on appelle ordinairement Ousa-Faltsman , parce que son principal temple est à Ousa dans la province de Bounzen. De toutes les divinités
japonaises, Fatsman prend le plus de part au sort de l’empire , et l’empereur lui envoie fréquemment des ambassades pour le consulter dans desaffaires importantes. La souche de la famille céleste des dairis est impérissable, car le peuple croit que, quand un dairi n’a pas d'enfant, le ciel même lui en procure. Encore aujourd’hui quand un empereur du Japon est sans successeur, il en trouve un sous un arbre de son palais ; c’est un enfant choisi en secret par lui, dans une famille illustre de l’empire et qu’on y a déposé. L’Aine des dairis, ainsi que celles des autres hommes, sontimmortelles, car les sintos admettent une existence après la mort.
Toutes les âmes sont jugées par des juges célestes ; celles des hommes vertueux entrent dans le Taka-ama-ka-waru ou le plateau élevé du ciel , où elles deviennent Æami ou génies bienfaisans , tandis que celles des méchans partent pour l’enfer Ne-no-kouni, ou leroyaume des racines, Pour honorer ici-bas les kami, on leur élève desmtya ou temples de différentes grandeurs construits en bois. Au milieu est placé le symbole de la divinité, consistant en bandes de papier attachées à des bâtons du bois de l'arbre finoki (thuya japoniea). Ces symboles, nommés gofet, se trouvent dans toutes les maisons japonaises, où on les conserve dans de petits Ms À chaque côté de ces chapelles sont placés des pots à fleurs avec des branches vertes de l’arbre sakaki (cleyeria kaempferiana) , souvent aussi de myrtes ou de pie puis deux lampes, une tasse de thé et plusieurs vases remplis de saki ou vin japonais.
C’est devant ces chapelles que les Japonais adressent le matin et le soir leurs prières aux kamis. Les #1ya ou temples, quoiqu’en eux-mêmes fort simples, forment souvent , avec les habitations des prêtres etautres maisons, des édifices très vastes et très étendus auxquels donnent entrée des portails magnifiques , nommés tori-i, ou lieux destinés aux oiseaux.
Devant tous les temples sont placés les deux chiens Koma-inou, et devant celui de la déesse Ten-sio-dai-sin , ses deux compagnons qui étaient avec elle pendant sa marche de Fiouga à Idzoumo. On adresse journellement ou à de certaines époques, des prières et des sacrifices au fondateur de l'empire, aux bons empereurs etautres personnages qui ont bien
mérité de la patrie, et dont les Ames sont devenues kami. On célèbre aussi leurs fêtes appelées matsouri. Cependant ancun homme ne peut s’adresser directement à la Ten-sio-daï-sin ; il doit lui faire parvenir ses prières par l’entremise des Sivu-go-zin, où divinités tutélaires on protectrices. À cette classe appartiennent tous les autres kamis; et comme souvent des animaux servent aux kamis, il y en a aussi qu’on révère comme divinités protectrices , principalement le renard (inari). Cet animal est en général fort honoré par les Japonais, qui le consultent dans toutes les affaires épineuses. Les sacrifices qu’on offre aux kamis, principalement au commencement et à la fin de chaque mois, se composent de divers comestibles, comme riz, gâteaux, poissons, œufs, etc. 11 n’est pas défendu aux sectateurs du Sinto de tuer des êtres vivans; leurs prêtres laissent croître leurs cheveux comme les laïques, et peuvent se marier. On enterre les morts dans une bière qui a la forme d’un miya. Anciennement , au décès des grands, on enterrait avec eux vivans un certain nombre de leurs serviteurs et amis. Dans les temps postérieurs ces personnes s’ouvraient le ventre à cette occasion. Cet usage fut déjà défendu en l’an 3 de Jésus-Christ, mais il s'était encore conservé jusqu’au temps de Taïiko, vers la fin du xvr° siècle ; c pendant on remplaçait aussi les hommes vivans par des statues en terre glaise,
u’on trouve encore souvent aujourd’hui
ans la terre.
La seconde religion du Japon, et à présent la die répandue, est le BOUDDHISME (Boutsdo); elle y fut apportée de la Corée en 643 de notre ère et se répandit bientôt partout. Cette croyance se divise au Japon en huit sectes principales, dont les prêtres inondent le pays. Actuellement la religion de Bouddha est tellement confondue avec celle de Sinto au Japon, que beaucoup de temples de l’une servent en même temps aux sectateurs de l’autre, et qu’on y trouve à côté des anciens kamis japonais les images des divinités bouddhiques. 11 existe encore au Japon une secte de prêtres appelés Yama-bous , c’est-à-dire retirés dans les montagnes.
Ce sont proprement des espèces d’enchanteurs , qui dérivent des sectes bouddhiques appelées Ten-dai et Singon. Les Yama-bous ressemblent pour lextérieur
aux prêtres de ces sectes, mais ils se distinguent de tous les autres religieux de Bouddha, parce qu’ils mangent de la viande et se marient, deux choses qui sont sévèrement défendues aux autres.
Le Siouro ou la DOCTRINE DE CoNFucius est la troisième croyance qui règne au Japon ; elle a été importée de la Chine quelques siècies après le Bouddhisme ; les Japunais qui prolessent ses dogmes sans aucun mélange sont très peu nombreux. La croyance des Ainos dans leso, dans Tarrakai et dans les Kouriles pourrait être regardée comme une espèce de DUALISME; mais ces peuplades superstitieuses et abruties n’ont ni temples , ni prêtres, ni même d’énchanteurs.
aouveanwemMenT, Nous avons vu que le daïri était l’empereur légitime du Japon ; mais sa puissance fut ébranlée en 1158, époque à laquelle le-koubo, dit aussi seogoun (général en chef des armées), profitant des troubles de l’empire, s’em-
ara d’une portion du pouvoir souverain.
epuis 1686, le seogoun possédant seul la puissance civile, on peut regarder le gouvernement du Japon comme une monarchie héréditaire absolue, soutenue par une foule de damios (princes héréditaires), dont la jalousie mutuelle et les otages qu’ils livrent garantissent la soumission an pouvoir suprême ; chaque prince dispose des revenus de son fief ou de son gouvernement ; ils lui servent à défrayer sa cour, à entretenir une force militaire, à réparer les routes et à subvenir à toutes les dépenses de l’état civil. Ces damios ne jouissent pas tous des mêmes privilèges, et plusieurs sont dans une très grande dépendance du seogoun ; ces derniers sont non-seulement forcés de laisser leurs familles dans la capitale, mais encore d'y résider six mois de l’année. Quant au koubo ou seogoun, il ne laisse au dairi que le titre d’empereur, mais se reconnaît toujours , pour la forme, comme son premier sujet et lui donne des marques de respect et même de déférence, car il reçoit de lui des titres honorifiques, et c’est du dairi que les grands de l'empire les obtiennent. Le daÿri, dont le véritable titre, selon M. Siebold, est nèrado, vit renfermé à Miyako (c’est-à-dire la capitale), dans un palais magnifique, d’où il ne sort que pour se rendre à quelques-uns des principaux temples de l’empire. Il à douze femmes; il est entouré
d’une cour nombreuse et sa personne est sacrée. Le seogoun entretient auprès de lui une garde et un gouverneur , et, tous les ans , lui envoie une ambassade chargée de lui offrir de riches présens. Le seogoun réside à Yedo.
awpusrais, Les Japonais, dit M. Klaproth , reçurent la civilisation et la littérature chinoises , par la Corée , car leurs premiers instituteurs dans les arts et les sciences furent les Coréens, ‘par lesquels ils reçurent aussi le Bouddhisme.
L'usage du papier, qu’on fabrique au Japon avec l’écorce du morus papyrifera, ainsi qu'avec les filamens d’un grand nombre de plantes et d’arbrisseaux , date du commencement du vie siècle. L'art de l’inprimerie y fut introduit vers l’an 1206, époque à laquelle on commença à - imprimer les livres de la religion de Bouddha avec des planches gravées en bois , le système de l'écriture des Japonais rt des Chinois ne permettant pas de se servir de caractères mobiles. C’est à Miyako, Yedo , Osaka et Owari qu’existent leurs grandes typographies et leurs meilleurs graveurs. M. Siebold porte de 5 à 8000 le nombre de petits volumes, de planches, de cartes géographiques , etc. , qu’on y imprime annuellement. Nous ajouterons avec ce savant voyageur, que les princes de Satsuma et de Kiisja possèdent de grandes collections de livres, et que celle du dernier renferme entre autres un ouvrage manuscrit moderne sur l’histoire naturelle de tout l’empire, tellement détaillée, que les seules planches qui en dépendent forment 800 volumes in-s° ; elles représentent une infinité d'objets différens, sont coloriées , et ont été exécutées par les meilleurs artistes du Japon. M. Titsingh cite divers traités de botanique avec des planches gravées en bois ou peintes avec beaucoup de soin, surtout un recueil in-folio contenant 77 planches si bien dessinées et peintes avec une telle perfection, qu'aucun objet venu de l’Asie ne peut, de l'avis de M. Abel Remusat, donner une idée si favorable de l’état des arts dans cette partie du monde. On doit aussi mentionner un traité de botanique en 8 volumes contenant environ 200 planches très bien gravées en bois d’après des dessins très exacts ; cet ouvrage est dans son genre une sorte de chef-d'œuvre. Les Japonais ne représentent pas avec moins
de fidélité les autres objets d’histoire naturelle. On doit ajouter que les Japonais ne partagent poiut l’orgueil déraisonnable des Chinois, qui méprisent toutes les connaissances qui ne sont pas nées chez eux. Ce peuple adopte avec une sorte d’avidité les arts et les sciences de l’Europe; mais malheureusement le gouvernement ne favorise ces dispositions
w’avec une extrème réserve. Les grands
e l’empire savent le hollandais, l’écrivent et lisent beaucoup dans cette langue; ils lisent aussi les gazettes hollandaises, qui les tiennent au courant des évènemens qui arrivent dans l'Occident.
Les Japonais ont adopté la méthode de graduation et de projection des cartes européennes, et depuis quelques années ils font passer par Miyako leur premier méridien. La nonvelleédition de la carte générale de l’empire, publiée en 1744, a été surpassée par une nouvelle carte levée par ordre de l’empereur, d’après les méthodes pratiquées en Europe.
M. Titsingh avait apporté deux séries de vues prises le long de la route entre Yedo et Nangasaki, sur deux rouleaux, Pun de 29 pieds, l’autre de 46 pieds de long ; tous les objets remarquables y étaient représentés. A côté de ces faits qui déjà donnent une idée avantageuse de la civilisation japonaise, nous devons ajouter qu’au Japon l’éducation des femmes est très soignée et presqu’à l’égal de celle des hommes ; qu’à l’exception des femmes des grands , elles jouissent de la même liberté qu’en Europe, et que sur la scène elles remplissent le rôle destiné à leur sexe, ce qui est sans exemple en Asie; c’est peut-être en grande partie le résultat de l’usage où sont la plupart des Japonais de n’épouser qu’une femme. Ce peuple rivalise avec les Chinois et les Hindous sous le rapport de lindustrie ; il possède d’excellens ouvriers en cuivre, en fer et en acier; ses sabres ne sont inférieurs qu’à ceux du Khorassan. Plusieurs arts, tels que la fabrique des étoffes de soie et de coton, de la porcelaine , du papier d’écorce de màrier, de divers objets en laque, en verre, sont parvenus à un haut degré de perfection.
Les Japonais savent raccommoder et même faire des montres; et le premier de tous les arts, l’agriculture, parait être celui auquel ils se livrent avec le plus d'activité. Sans adopter les exagé-
rations de certains auteurs qui nous représentent toute la surface du Japon comme cultivée sans en excepter même les sommets arides des montagnes , il nous paraît vraisemblable que le Japon, dans ses terrains cultivables , offre un des pays du monde où l’agriculture, deae bien des siècles, est pratiquée avec e plus d'intelligence et de succès. Les
champs y sont sarclés avec tant de soin.
que le botaniste le plus clairvoyant aurait de la peine à y découvrir une plante parasite. Selon, Thunberg tout cullivateur qui néglige une partie de son domaine en perd la propriété; on le donne à un autre. Yedo , Miyako (Miako), Osaka, Nangasaki, Yosida , Kourou et Kasi-no-mats sont les villes les plus industrieuses de l'empire.
commsncs, jadis les Japonais avaient des flottes nombreuses et leurs navires marchands allaient dans les pays que baignent les mers voisines, et même jusu’au Bengale ; mais depuis la révolution e 1585, l’état n’a plus de vaisseaux de gucrre, et la construction des bâtimens de commerce est restée telle qu’elle convient à une nation qui veut vivre sémnt de toutes les autres. Par un édit e 1637, il fut défendu aux Japonais de voyager en pays étranger ; ils ne peuvent que faire le in 1 ou aller dans les iles qui dépendent de l’empire. Les Japonais qui, jetés par des tempètes sur des plages trangères, reviennent ensuite dans leur patrie, y sont soumis à une surveillance rigoureuse on à une captivité perpétuelle.
Le port de Nangasaki est le seul qui soit ouvert à trois nations étrangères, mais avec de grandes restrictions. Les Chinois, les Coréens et les Hollandais, qui jouissent de cetle faveur , ne peuvent y introduire qu’un nombre déterminé de navires ; les premiers , dix jonques et les derniers un seul gros vaisseau et deux net plus petits. Les négocians chinois et les Hollandais qui font ce commerce sont sous la surveillance de la police et peuvent être regardés comme prisonniers dans le bâtiment qui leur est destiné pour demeure. Les Anglais s’étant emparés de Java en 1811, voulurent supplanter au moins momentanément les Hollandais au Japon; leurs tentatives échouèrent contre la ténacité des Japonais à ne rien changer aux usages établis. Les principales IMPORTATIONS des
Hollandais consistent en draps, médicamens préparés en Europe, sucre en poudre, sucre candi, étain, écaille de tortue, mercure, rotin, bois de sapan, épiceries, lomb, barres de fer, miroirs, verreries, ivoire, musc, safran. Les principales EXPORTATIONS sont : cuivre, camphre, soieries, objets en laque. Les
Chinois emportent les mêmes espèces de marchandises , ainsi que du poisson sec et de l’huile de baleine, en échange de sucre , de lainage anglais, de thé, de drogues et autres articles. Autant le commerce extérieur est peu étendu, au« tant le commerce intérieur, surtout celui du Japon proprement dit, est actif et florissant. Aucun impôt ne gêne sa marche ; des routes bien entretenues rendent les communications faciles, Quoique fermés à tous les étrangers, les ports du Japon sont couverts de grands et de petits vaisseaux. Les boutiques et les marchés regorgent de toutes sortes de denrées. Dans les villes, de grandes foires attirent un nombreux concours de peuple. Outre les villes que nous avons mentionnées à l’article industrie, on doit nommer aussi les suivantes parmi les principales places de commerce de cet empire : Kabigi, Osaka, Miya, Mouro et Simonoseki, dans lille Niphon ; Kokoura et Sanga, dans l'ile Kiou-siou ; Tosa, dans celle de Sikokf; Matsmai et Khakodade (Fakhodade) dans celle de Ieso.
DIVISIONS ADMINISTRATIVES et TOPO- GRArmis, Si l’on veut être impartial, il faut avouer que Kæmpfer est le seul auteur européen qui jusqu’à présent nous ait donné une description vraiment géographique du Japon. Mais par une inconcevable omission , qu’on doit sans doute attribuer aux Japonais qui lui fournissaient les matériaux pour rédiger sa relation , ce savant voyageur nous a présenté un tableau très détaillé et très exact des divisions administratives de l'empire, dans lequel on n’indique ni les chefs-lieux des provinces , ni les noms de leurs villes les plus remarquables, Tous les géographes ne nous ont donné jusqu’à présent que les noms des 622 districts ou korti dans lesquels sont subdivisées les 68 provinces de l’empire que Kæmpfer leur avait fait connaître. M. Klaproth a bien voulu puiser dans les cartes et les livres japonais pour faire disparaître cette
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lacune de notre Abrégé, en rédigeant le tableau suivant, qui servira à compléter la description géographi ue de Lt 7 à Deux parties très inégales pour l’étendue , pour la richesse et pour la population forment l’empire Japonais. Ces deux parties sont : l’EMPIRE DU JAPON proprement dit, et le GOUVERNEMENT DE
ATSMAÏ. Ce dernier fait, rigoureusement parlant, partie de la province de Mouts ou O-siou dans le Tosando; mais nous avons cru convenable de le décrire à part, à cause de l’état abruti dans lequel vivent ses habitans très peu nombreux, et à cause du morcellement des terres qui le composent. L'empire proprement dit est partagé en dix régions ou do, très inégales pour l’étendueet pour la population. A l’exception des deux qui