‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 391 sur 628 · TABLEAU MINÉRALOGIQU'E DE L'AFRIQUE · texte numérisé non relu

TABLEAU MINÉRALOGIQU'E DE L'AFRIQUE

Diamans. Région du Maghreb. Alger.

PiERRES PRÉCIEUSES. Vigritie, Angola, Bihé, Cassange, Muthingi, Pays des Malouas. Afrique Ottomane, Egypte, dans la chaine Arabique. Madagascar. Or. Nigritie, RBouré, Kamalia, dans le Mandingue, Wasaw, Dankara , Haoussa, Wangara, Bam-

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des Molouas, Sala, Ouassoulo, Beré, Mandara, Calanna, etc. Région de l’Afrique-Australe, Pays des Maquinis. Région de l’Afrique-Orientale, pars des Cazembes. Madagascar, Pays des

Ovas. Région du Maghreb, Alger, elc. Région du Ni Sec. Ré, 14 À du Mashseb, empire de Ver , Aroan, Bilma , etc. a+

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vécéraux, Les notions ro nous p0ssédons sur la géographie des plantes de P'Afrique sont bornées en ce sens qu’on ne connait de cette partie du monde que les rivages des mers qui en baignent presque tout le vaste contour. L'intérieur estpour ainsi direentièrementinconnu,car aucun voyageur n’a parlé en vrai botaniste des plantes qui y croissent naturellement. Mais les renseignemens fournis par M. Desfontaines sur la fore Atlantique , par les ouvrages de Forskahl et de M. Delile sur celle de l'Egypte, par M. Viviani sur les plantes de la Cyré-

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erton, suffisent pour nous former une idée précise de la végétation de l’Afrique- Centrale. De plus quelques autres contrées ont été spécialement étudiées, soit parce qu’elles sont les sièges d’opulentes colonies, soit que le hasard y dit conduit des botanistes éclairés. Ainsi le Cap de Bonne-Espérance a été visité par une foule de naturalistes qui en ont fait suffisamment connaître les singulières productions végétales ; le Sénégal Pa été par

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Adanson, et depuis par MM. Leprieur et Perrottet, le Congo par Ch. Smith, Sierra-Leone par Smeathmann , la Côted'Or par Afzelius , la Guinée par Thonning, les royaumes d’Oware et de Benin par Palisot-Beauvois, les 1les de Madagascar , de France et de Bourbon par Commerson , du Petit-Thouars, Bory- Saint-Vincent, Bojer, etc.

Les côtes de Barbarie offrent les plus grands rapports, quant à leurs végétaux, avec celles de la Péninsule espagnole. Séparées parle faible espace du détroit de Gibraltar, elles semblent être continues et reproduire les mêmes êtres. Ainsi, l’on observe une singulière analogie entre la Flore d'Alger et celle de l’Andalousie et de Valence en Espagne. Les oliviers, les orangers, le chamærops humilis, le ricin arborescent, le dattier y croissent également bien. Une chaleur un peu plus forte dans cette partie de l'Afrique favorise le développement de quelques formes inconnues à l'Europe australe, mais ces formes ne sont que spécifiquement différentes, et bien rarement elles diffèrent assez pour constituer des genres distincts de ceux qui croissent en Europe. Les plantes de la Cyrénaïque ont aussi de grandes ressemblances avec ces dernières; elles forment le passage des espèces allantiques aux espèces égyptiennes, et déjà on y rencontre quelques-uns de ces genres qui semblent propres à la zone torride, Le zizyphus lotus est si abondant dans cette contrée que les peuples anciens se nourissaient exclusivement de son fruit et avaient reçu , pour cette raison , le nom de Lotophages.

L'Egypte présente un grand nombre de plantes particulières et tellement caractéristiques, que leur simple aspect, maigre et rabougri, suffit pour en faire reconnaître la patrie. C’est dans la Haute - Egypte que crois;:nt en abondance ces nombreuses espèces de cassia dont les feuilles de quelques-unes (C. obovata et acutifotià) forment, sous le nom de séné, une branche de commerce si considérable. Indépendamment du dattier et du chamærops, on y rencontre aussi une espèce remarquable de palmier , que M. Delile a figuré sous le nom de palmier Doüùm (cucifera thebaica). Plusieurs plantes aquatiques tapissent le Nil de leurslarges feuilles et élèvent gra-

| cieusement leurs fleurs au-dessus des eaux ; telles sont les nymphæa lotus et cœrulea, que l'on ;reconnaît dans les emblèmes hiéroglyphiques des janciens monumens ; mais le nelumbium spe- ;ciosum, figuré également dans les monumens ‘égyptiens, a disparu des eaux de ce fleuve. Le ifruit désigné par Théophraste et d'anciens auteurs, sous le nom de persea, est fourni par une plänte que MM. de Sacy et Delile pensent être le balanites Ægyptiaca, petit arbre épineux qui couvre les parties sablonneuses, non-seulement de l'Egypte, mais encore d’une grande partie de l'Afrique-Centrale , et qui se retrouve abondamment au Sénégal. Si l’on passe en revue les plantes rapportées de l’Abyssinie par M. Salt, on trouve que la végétation de cette région n’a pas encore le

caractère de celle qui domine entre iestropiques Elle offre cependant quelques rapports avec celles de la côte de Mozambique et du Cap-de-Bonne- Espérance. C'est dans ce pays que Bruce a trouvé une espèce de prolea, et M. Salt un pelargonium, genres que l'on sait ètre particuliers au Cap-de- Bonne-Espérauce et à la Nouvelle-Hollande, Le café croit naturellement sur la côte africaine de la mer Rouge près du Bab-el-Mandeb aussi bien qu’en Arabie. Les plantes de la Haute-Egypte et des contrées plus avancées dans l'intérieur des terres, ressemblent au contraire beaucoup à celles de la côte ouest d'Afrique.

Aucun pays n'offre dans ses végétaux une physionomie aussi singulière que le Cap-de-Bonne-Espérance, C’estlà que vivent en nombreuses 80ciétés leserica, les protea, les pelargonium, les mesembryanthemum, les ixia, les stapelia, etc. Ces genres sont constitués par une multitude d'espèces toutes rassemblées vers la pointe âustrale d'Afrique, à l'exception d’une ou deux qui s’avancent jusque sur les côtes septentrionales êt ressemblent à des déserteurs éloignés de leurs régimens. M. de Candolle a signalé l'analogie des productions végétales du Cap avec celles de la Terre de Diémen qui occupe une position géographique à-peu-près semblable, c'est-à-dire qui est également situég à l'extrémité sud d'un grand continent. Les plantes de l'Afrique équinoxiale se ressemblent beaucoup éntre elles sur une grande étendue des côtes occidentales. Ainsi, il y a une grande uniformité de végétation depuis la rivière du Sénégal, par le 16° degré de latitude nord, jusqu'au Congo, par le 6° degré de latitude sud. Parmi les arbres on y remarque l’adansonia digitata ou baobab, ce colosse du règne végétal qui existe également en Nubie, le bombax penlandrum, V’elais guineensis, etc. Ces végétaux remarquables sont répandus sur une étendue très considérable de la côte. Le slerculiu acurénata, arbre dont les graines connues des indigènes sous le nom de cola, ont, dit-on, la propriélé de rendre potable les eaux les plus infectes, existe sur les côtes de Guinée et de Sierra-Léone ; enfin l'anona senegalensis et le chrysobolanus icaco sont encore des arbres utiles qui se trouvent sur le bords des rivières depuis le Sénégal jusqu'au Congo. Grâces aux laborieuses investigations-de MM. Perrottet et Leprieur nous possédons des renseignemens fort importans sur les végétaux de la Sénégambie publiés dansla flore de cette contrée. On est étonné d'y rencontrer non-seulement les espèces qui croissent dans les régions de l'Afrique analogues par le climat à la Sénégambie, comme la Haute-Egypte, l’Arabie, etc. ; mais encore des plantes que l’on croyait particulières à la Malaisie (Archipel-Iudien), à Madagascar et à l’Amérique-Méridionale. Cependant il est essentiel de remarquer que ces rapports de végétation n'ont lieu qu'entre les contrées caractérisées par une chaleur excessive accompagnée d'humidité, comme les bords de la Gambie et de la Casamance. Quant aux localités sablonneuses et arides du Sénégal proprement dit, elles fournissent des productions végétales semblables à celles de l'Egypte et de l'Arabie. Les

plantes alimentaires cullivées par les natureis de la côte ouest d'Afrique sont : le maïs (3ea mais), la cassave (jatropha manihot 1); deux sortes de légumes dont l'un est le cyéisus cajan L.., l'autre une espèce de haricot (dolichos) et l'arachis hypogea. Les meilleurs arbres à fruits de la contrée sont : le bananier imusa sapientum), le paparer (cariea papaya), les limoniers et orangers, le lamarinier, l'elais guineensis ui fournit l'huile de Palme, et le r'aphia viniera qui donne ainsi que l'efais et une espèce de corypha, le fameux vin de palmier, Quelques auteurs pensent que la plupart de ces plantes sont d'origine étrangère à l'Afrique. Ainsi, M. Robert Brown assigne une origine américaine au maïs, à la cassave, à l'ananas, au papayer ot au tabac, tandis qu’il pense que le bananier , le limonier et l'oranger, le tamarinier et la canne à sucre ont été importés d'Asie. L'intérieur de l'Afrique équinoïiale n'est pas connu des botanistes, La petite L pridrirs de plantes publiées dans la Fiore d'Oware de Bénin ne peut donner une idée exacte de la végélation de ces vastes contrées. Cependant, si on les compare avec celles du Congo, du Sénégal et de la Haute-Egypte, on trouve entre elles des relations frappantes et qui prouvent clairement, ce nous semble, celte loi universelle : que les mêmes causes climatériques donnent naissance aux mêmes productions végétales, sans qu’il soil nécessaire d'en supposer la transmigration d’un pays dans un autre.

Il nous reste à dire un mot sur la flore des iles principales que l'on considère comme dépendantes de l'Afrique. Les Canaries présentent une transition très remarquable des plantes européennes ou plutôt méditerranéennes aux plantes équinoxiales. Les formes européennes y dominent encore, mais les espèces ont déjà la vigueur qui caractérise les végélaux de la zone torride, ou en d’autres termes, on y trouve des espèces arborescentes de genres qui ont chez nous leurs espèces herbacées. Le catalogue des plantes de l'ile de Ste-Hélène, dressé par M. Roxburgh en 1813, présente un grand nombre de plantes dont ‘es unes sont américaines et les sutres afriaines, ce qui résulte que la position géographique de cette ile; mais elle offre ceci de remar. quable , qu’elle nourrit encore un plus grand nombre de plantes d'Europe, malgré son immense distance de cette partie du monde.

Dans les îles de Madagascar, de France et de Bourbon, intermédiaires entre le Continent de l’Afrique et l'Archipel Indien, croissent des végétaux indigènes de ces deux vastes régions. Madagascar offre dans sa partie occidentale les plantes de la côte d'Afrique , et celles des Indes dans la partie qui regarde l'orient. Cette ile et celles de Bourbon et de France renferment un grand nombre de plantes qui leur semblent particulières, peut-être par la raison que les lacalités sembla bles de l'Inde ne sont pas bien connues. C'est à Madagascar que le nepenthes distillatoria, entre autres végétaux singuliers, a été observé pour la première fois. Des espèces très voisines ont été rencontrées dans les Indes Orientales. Le nomdre des orchidées est si grand dans les trois

grandes fles de l'Afrique australe, que M. Dupetit-Thouars a agde un ouvrage spécial sur cette seule famille. 11 en est de mème des /ougères qui abondent dans ces Îles et que le colonel Bory-Saint-Vincent a fait comnaître dans le Species de Willidenow, ou qui sont inédites dans son vaste et magnifique herbier,

animaux, Réunie physiquement à l’Asie par l’isthme de Suez, l'Afrique , à quelques animaux près qui sont communs à ces deux continens, offre une physionomie zoologique tout aussi distincte que si elle en était séparée par une distance égale à un diamètre du globe. Ces animaux, africano-asiatiques plutôt qu’asiatico-africains, ne s'étendent guère que dans la presqu’ile Arabique, si semblable géologiquement à l’Afrique boréale, tandis que tous les autres points ont une création spéciale. Toutelois c’est ainsi qu’on doit généraliser la dispersion des êtres sur ce vaste continent.

Dans toute l'Afrique Centrale et Boréale errent le lion, la panthère, l'autruche, les chacals, les gazelles et les antilopes, dont pas une ne se retrouve au sud de l’autre tropique, où sont accumulées tant d'espèces. Partout ces antilopes sont la pâture des lions et de toutes les autres espèces de ce genre, ainsi que des chacals, des hyènes et des prthons. Le chameau à une bosse, dont lescaravanes peuplent aujourd'hui le Sahara et donnent au désert sa physionomie nomade, ne fut introduit à l’ouest du Nil qu'après le usiècle. Mais au-delà du Sahara , dès que commence l'influence humide des grands fleuves de la Sénégambie et du Soudan , apparait une création dont les êtres ne franchirent jamais les limites du désert. Là vivent , en étendant leurs voyages jusqu’au Cap-de-Bonne - Espérance, les éléphans africains à grandes défenses et aux dents molaires marquées de losanges, ces rhinocéros à deux corses, bien connus dans les spectacles de Rome, l'immense girafe, l'hippopotame informe. Entre les deux tropiques se trouvent ces espèces variées de cynocéphales , dont pas une seule n'habita jamais l'Egypte, et dont trois y avaient des autels, culte qui par conséquent ne put commencer que dans le pays de ces singes. Les uns à visagespeints n'habitent que les Guinées ; les autres la pointe australe du Continent; d’autres enfin depuis le Sennaar jusqu’en Cafrerie. Dans les bassins du Nil sunérieur et de ses affluens vivent deux espèces de ce fennec décrit et figuré par Bruce et qu'on avait cru être un galago. Ses immenses oreilles surpassant les deux tiers de la longueur de son corps de chien , l'éloignent beaucoup de la forme d'un quaürumane. Figuré sur les monumens de la Basse-Egypte avec les cynocéphales, le scarabé sacré et les antilopes du même pays, le fennec y constate l’origine éthyopique du peuple qui éleva ces monumens. Dans cette dernière zone qui longe la côte de Zanguebar le buffle du Cap parcourt les mêmes forêts que l'éléphant;

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enfin, au-delà du tropique austral vivent ces nombreuses espèces d'antilopes, réparties chacune dans un site qu'elles ne quittent jamais, depuis les roseaux des rivages jusqu'aux pointes aiguts des rochers Ces anlilopes se pressent sur cette extrémité de l'Afrique comme pour la dédommager de n’avoir pas une seule espèce de cerf. Là, vivent aussi dans les mêmes cantons ces zèbres connus des Romains et ces guacchas si semblables aux zèbres que l'on prit d'abord ces deux animaux pour les deux sexes de la même espèce.

Ce phacochère à corps de cochon , à dent ma-

chelière d'éléphant et dont la face hérissée de

quatre protubérances l’a fait nommer aussi san-

&lier à masque. Ce sanglier éthiopique à long

grouin, dont les figures se voient sur la mosai-

que de Palestrine, qui a deux paires de côtes de plus que notre sanglier et à qui l'on a rendu son ancien nom de koyropolame. Enfin par-

mi les reptiles de ce continent citons les cr'ocodiles, le succhos et le khamses honorés des

Égyptiens et différens peut-étre des crocodiles du Niger et du Sénégal. Ces monilor, ces lupinambis, ces caméléons, dont d'autres espèces ne se retrouvent plus qu'en Espagne et aux Moluques. Madagascar a comme l'Afrique sa création à elie. Aucun de ses mammifères non importés ne lui est peut-être commun avec ce ContinenL: tels sont ces 2akis à quatre mains; cet aye-aye rongeur pourvu de mains et qui n’habite que la côte occidentale; ces ltenrecs insectivores en remplacement des pagalins de l’Asie et de l'Afrique et des fourmiliers de l'Amérique doni Madagascar n'a pas un seul.

Les espèces d'oiseaux propres à l'Afrique ont une grande analogie, sur les contins des diverses régions qui entourent cette vaste contrée, avec ceux de l'Europe et de l'Asie, Puis la variété du sol apporte des influences secondaires et nouvelles sur chacune des grandes zones qui en partagent la surface. Ainsi, la Région du Nil et les rivages qui bordent la Méditerranée ont des espèces analogues à celles de l'Arabie, de la Perse et de l'Espagne. Les sables déserts de l’Afrique-Centrale sont la patrie d'espèces accommodées aux solitudes, tan dis que l'extrémité méridionale affecte un type entièrement neuf et caractéristique dans les oiseaux qu'elle nourrit. Madagascar enfin , qui avec lesiles Maurice et de Bourbon dépend du système de terre africain, a une création toute spécifique, bien que par ses caractères elle soit entièrement africaine. Quant aux iles de l'Océan-Atlantique, telles que Sainte-Hélène , l’Ascension , lesiles du Cap-Vert, elles sont habitées par quelques espèces qui proviennent des côtes voisines.

L'oiseau le plus voisin des quadrupèdes par ses formes, l'autruche, qu’Aristote a dit avec tant de raison partim avis, partim quadrupes, ne quitte point la zone équatoriale et les déserts de toute l'Afrique. Elle est remplacée en Amérique par le nandu, et dans la Polynésie par les casoars. C'est le chameau emplumé du désert; c'est avec la gazelle, l'objet des mille contes des Arabes et des nègres. Le messager ou le secrétaire, singulier oiseau de proie qui vit de reptiles, qu'il sait combattre avec adresse et dévorer sans

danger, habite le territoire du Cap-de-Bonne- Espérance. Peu de régions du globe sont aussi neuplées d'oiseaux de rapine de toutes sortes que l'Afrique. Les animaux qui y pullulent fournissent par leurs débris à tous les rapaces une proie abondante et facile, Aussi les grands vautours qui s'alimentent de charognes, ces griffons, ce hideux chincou, cet orivou à pendeloques charnues, guettent sans cesse la chute de quelque animal et se précipitent sur son cadavre qu'ils dépécent en quelques instans ; et des espèces plus petites, les percnoplères, viennent s'adjoindre aux convives de ces banquets, Quelques aigles sont répartis dans tous les pays de l'Afrique et sur le bord des eaux douces ou des mers; et là péchent les prgargues, ou aigles qui vivent de poissons. Tels sont surtout et au premier rang le blagre etle vocifer. Les autres rapaces diurnes sont des circaëtes, des éperviers, des vautours, et notamment le grmnogène de Madagascar, le »nilan parasite, les couhiehs de 'Egypte, le aaucler de Riocourt, des buses, des buzards et des faucons. Quant aux oiseaux de proie quesa lumière du jour blesse, chaque petite tribu est à-peu-près représentée sur ce Continent. Enfin comme les insectes y pullulent, les pies-grièches qu'on a à juste raison nommées les faucons entomophages, s'y trouvent en essaims aussi nombreux que variés. De même que l'Amérique et l'Asie, la zone chaude de la Région du Cap a des couroucous, siuguliers oiseaux à plumage d'un rare éclat, Mais là seulement se trouvent ces musophages et ces louracos à vestitures non moins splendides. La nombreuse famille des coucous est très riche en espèces dans cette partie du monde. Elle nourrit les chalcites ou coucous Cuivrés, les indicateurs, célèbres parce qu'en a raconté Levaillant, des coucals dont le pouce est armé d’un ongle acéré ; mais ce n'est qu’à Madagascar qu'on rencontre les vouroudrious et les couas ou les laitsous. Les pogonias, les barbus, les barbions sont africains. De nombreux ca/aos et entre autres celui d'A-, byssinie , qui vit de charognes, y remplacent les toucans d'Amérique ; et quant aux oiseaux de ce dernier genre on trouve leur représentant à Madagascar dans l'euricère. Les perroquets pullulent dans les contrées boisées de l'Afrique chaude. C’est du Sénégal que provient la perruche à collier; c'est du Congo, de la Guinée que nous arrive le Jaco gris, si habile à imiter l'homme, et c’est dansles champs de Teffs que s'abattent par bandes criardes les innombrables perru-' ches-moineaux. Les pics, les alcyons, les engoulevents, les hirondelles y comptent des espèces variées; les soui-mangas y remplacent les colibris du Nouveau-Monde , et les 2uppes, les épimaques de l'Asie. Les corbeaux, les choucas, les rolliers, les rolles y ont des individus très remarquables. 11 en est de même des guepiers, des échenilleurs, des bagadais, des manikups, des drongos, des moucherolles, des merles, des traquets, des sylvies, des martins, des pique-bæœufs, des alouettes, etc. , etc. Mais nous citerons principalement de tous ces genres une espèce de corbeau à bec très puissant, le

corbivau, et les merles à plumage bronzé et comme passé au feu,

Cependant dans cette série d'espèces si étonnan tes par le nombre des individus , aucune famille n'en fouruit davantage, sans contredit, que celle des moineaux. À partir des fisserins, qui lient cette tribu aux troupiales de l'Amérique, et qui sont les plus habiles ouvriers qui existent pour tisser les fils qu'ils emploient dans la construction de leurs nids, on compte les moineaux, quels que soient les petits genres dans lesquels on a essayé de les grouper, par millions d'individus et par centaines d'espèces. C'est ainsi que les veuves aux longues queues, les oryx à la livrée de feu; les senegalis de toutes les couleurs, bleus, rouges, piquetés, noirs, etc., semblent des papillons destinés à émailler, par leur vive coloration , les chardons en maturité dont ils mangent les graines. Ces oiseaux se trouvent donc accommodés à un sol qui produit en grande quantitéles semences alimentaires , telles que les millets , les couscous, les panics, elc. Ainsi donc les veuves, les vrais moineaux, les jacarinis, les bengalis, les gros-becs, les phrlotomes, les bouvreuils y comptent de nombreuses espèces. Mais le genre coliou est exclusif au Cap, et on y retrouve aussi une jolie 24sange.

Des colombes animent les diverses contrées de l'Afrique , entre autres le pigeon vert ou waalia de Bruce, si répandu en Abyssinie. Les gallinacées de grande taille y sont rares ; l'Afrique ne nourrit guère en effet que quelques gros oiseaux de basse-cour originaires de l'Inde, et la seule race qui lui soit propre et qui soit naturalisée en Amérique aujourd'hui est celle des pértades ou poudes de Numidie , dont on connait quatre espèces à chair d'une rare délicatesse ; toutefois, les sables stériles de cette partie du monde, analogues parleur stérilité aux steppes des plateaux de l'Asie, sont la patrie adoptive des perdrix, des francodins, des gangas el de quelques espèces de {urnix, oiseaux essentiellement pulvérulateurs. C'est encore dans ces océans mouvans nommés déserts que se plaisent les échassiers coureurs, tels que les outardes, ces grues aux longues jambes, ces marabous aux plumes délicates et légères, ces anthropoïides ou grues des Baléares qui singentles gestes de l'homme. Quant aux rivages des mers ou aux bords des fleuves , ils pullulent de ces oiseaux riverains qui semblent répandus sous toutes les zones échauffées, tels que pluviers, chevuliers, barges,ete. Cependant des vanneaux à lambeaux charnus, des burrhins, des ibis jadis révérés dans le culte égyptien , et surtout l'ombretle à plumage tabac d'Espagne, des spatules, des cigognes, des anostomes, des tantales, des æœdicnèmes, des giaroles, y comptent des espèces qui lui sont exclusivement propres, et ce n’est que sur les rivages de la mer Rouge que vivent les dromes au plumage mipartie noir et blanc.

L'Afrique nourrit aussi des oiseaux palmipèdes qui lui sont propres tels sont : les anhinga; et des espèces qui sont répandues suivant les latitudes dans d’autres parties du monde, telles que grèbes, sternes, cormorans, pélicans, rhÿn-

mn ne nes ———

cops, pélrels, albatrosses, canards et oies.

Les grands palmipèdes marins et antarctiques se réfugient principalement sur l'extrémité australe de ce continent. Jadis vivait aux Îles Maurice et Bourbon un grand oiseau, depuis long-temps éteint, et qu'on nommait le dr'onte; ses débris seuls attestent une existence qui fait lacune dans la grande chaine des êtres.

Les reptiles ne sont point aussi multipliés en Afrique qu'en Asie et en Amérique, Cependant c'est dans le Nil, c'est dans le Sénégal et le Niger, que se liennent ces puissans cr'ocodiles jadis vénérés par les Egyptiens. Des serpens venimeux, entre autres le céraste cornu, sont répandus dans le territoire du Cap; des lézar'ds variés, des geckos, des batraciens en petit nombre sont classés dans nos catalogues comme propres à ce continent, et d'immenses tortues franches, ressources précieuses des navigateurs, fréquentent les attérages et les ilots volcaniques de l'Océan-Atlantique,

Les poissomns africains sont encore très mal connus. Ceux des eaux douces de l'Egypte, étudiés par le savant Geoffroy-Saint-Hilaire, sont parfaitement décrits. C'est là que se rencontrent ce gigantesque et singulier bichir, ces coffres, ces pimélodes nombreux et variés. Les poissons de la mer Rouge, étudiés par Rüppell et figurés dans son grand ouvrage , ressemblent par leurs formes à la plupart des poissons saxatiles des mers chaudes d'Asie, etla plupart se rencontrent même dans les archipels de la Sonde, excepté quelques petits genres particuliers. Les côtes occidentales d'Afrique , baignées par l’Océan-Atlantique, nourrissent les poissons des zones chaudes, tandis que les pays bordés par la Méditerranée partagent ceux des côtes d'Espagne et de France. Enfin les mers australes qu'arrétent les rivages du Cap-de-Bonne-Espérance produisent les espèces confinées dans toutes les latitudes antarctiques placées au sud des trois grands caps. Les poissons de la côte orientale, entre les tropiques, sont ceux de l'Océan-Indien.

ll en est de même des mollusques, à part les terrestres dont les espèces varient suivant les régions; les coquillages marins de la zone équatoriale sont analogues , sur la côte orientale, à ceux de l’Océan-Indien, Toutefois, de belles espèces nouvelles se rencontrent chaque jour à Madagascar, et celles des côtes du Sénégal décrites par Adanson, bien que peu nombreuses, ont été mieux étudiées depuis, Dans les eaux douces du Nil vivent ces belles huîtres découvertes par M. Cailliaud et nommées éthéries. Les mollusques des rivages de la Méditerranée ont de l'analogie avec ceux de l'Italie et de la Sardaigne; et c’est encore par essaims que navigue sur cette mer l'ancien murex à pourpre des Romains, qui n’est pas autre que la janthine, si riche en couleur pourprée et violette. Sur les rochers du cap sont en grand nombre des patelles, des oscabrions, et sur les rivages de la mer Rouge si bien étudiées par M. Savigny , des milliers de doris, d'aplysies, ele.

Les insectes d'Afrique, bien qu'ils aient été l'objet de plusieurs ouvrages, et entre autres de ce-

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lui de Beauvois , sont si variés, si nombreux en espèces qu'il serait impossible de nommer même les plus intéressantes sans dresser un long catalogue. ls varient en genres suivant les lieux , les limites géographiques, et par conséquent sont entièrement soumis à l'influence du climat, Parmi les zoophytes , de brillantes actinies, des

polypes de toutes formes, des madrépores ceignent les côtes de l'Afrique, Sur le rivage dans la Méditerranée se pêche le vrai corail, si recherché pour les bijoux de fantaisie dans tout l'Orient, La mer Rouge est hérissée de ces coraux si intéressans pour le naturaliste, mais si redoutables pour le-navigateur.

GÉDORAPELE POLITIQUE.

supsaricis, La surface de l'Afrique peut être évaluée en nombres ronds à 8,500,000 milles carrés.

POPULATION, ]| parait pren que la

opulation absolue de l'Afrique s'élève L'20,000,000 d’âmes. Divisant ce nombre par 8,500,000 et négligeant les fractions , on aura 7, quotient, qui représente la population relativede ’Afrique.Maintenant si l’on voulait comparer cette grande division du globe avec les autres parties du monde, on trouverait que l’Afrique occupe le troisième rang sous le triple rapport de la surface, de la population absolue et de la population relative, comme nos lecteurs peuvent s’en convaincre en jetant un coup-d’œil sur le tableau que nous avons donné à la page 37.

STHNOGRAPHIE, L'Afrique est habitée ar un grand nombre de nations, dont es langues ont été le sujet de plusieurs importantes recherches dans ces dernières années. Sans entrer dans des détails qui seraient déplacés dans cet ouvrage,

nous nous bornerons à mentionner dans chacune des grandés régions entre lesuelles nous avons partagé cette partie u monde, les peujles principaux, en les Classar: d’après es différrntes langues qu’ils parlent. L'Atlas eth :ographique du Globe sera encore not'e seul guide ; car au milieu de quelqu:: cénominations nouvelles et de noms parfois étranges, nous n'avons ‘4.6, dans les des-riptions de l'Afrique ivs plus récentes, aucun fait nouveau assez important pour nous obliger à changer ou même à modifier les classifications que nous y avons proposées, Seulement nous avons rempli ici une partie des lacunes que l’imperfection de l’ethnographie nous avait obligé de laisser subsister dans l’Atlas ethnographique, Lu qques faits que nous devons à M. Douville, faits qui d’ailleurs concordent presque entièrement avec les renseignemens que nous avons recueillis à Lisbonne sur les langues.

parlées dans l’Afrique Portugaise.

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