‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 392 sur 628 · DE LA CLASSIFICATION DES PEUPLES DE L'AFRIQUE D'APRÈS LES LANGUES · texte numérisé non relu

DE LA CLASSIFICATION DES PEUPLES DE L'AFRIQUE D'APRÈS LES LANGUES

La RÉGION DU NIL offre les familles ou souches suivantes :

FAMILLE EGYPTIENNE : les Coptes, qui sontles descendans des anciens Egyptiens.Depuislintroduction del'islamisme en Egypte leur langue a été àpeu-près remplacée par l'arabe jusqu’à ce qu'elle se soit entièrement éteinte vers le milieu du xvn° siècle. Les Coptes sont maintenant très peu nombreux, et, sous le rapport linguistique , ils doivent être regardés comme des Arabes et comme une branche de la famille Sémitique. Il paraît cependant que dans les montagnes de Mathmothah, au-dessus du golfe de Cabes, et dans un canton de la Nigritie intérieure , on parle encore cette langue, qui, comme nous venons de le dire, est entièrement éteinte dans le pays qui en a été le berceau.

FAMILLE NUBIENNE : les Nouba et les Kenouz {Kenous) dans la Nubie. Plusieurs milliers de Kenouz vivent dans les principales villes de l'Égypte, où ils sont connus sous les noms impropres de Barbary, Berbers ou Barabra, Ce sont les traits de ce peuple que, selon M. Champollion et d’autres savans, on rencontre dans les ue qui représentent les anciens Égypens.

FAMILLE TROGLODYTIQUE : les Bichariens, les Hadendoa, \es Hammadeh, \es Amarer, etc.; les Adarebs, dont les Bartoum paraissent être la tribu la moins civilisée, mais en même temps la plus puissante ; les 4babdés , confondus à tort avec les Arabes bédouins. Tous ces peuples occupent la partie de la Nubie située à l’est du Nil.

Face ScuiHo-Dankai: les Schiho (Shiho) pro-

premenà dits; ils habitent près du passage d’Assouali; et les Hazorla, près de celui de Taranta dans l’Abyssinie; les. Danakil, peuple nomade qui erre le long de la côte, depuis le Bab-el-Mandeb jusqu’à Arkiko; on regarde les Dumhoeta comme sa tribu la plus puissante; les 4daïel oc:upent le pays situé entre le Bab-el-Mandeb et lesenvirons de Zeyla.

Les CneLouxs (Schilouks), connus aussi sous les noms de Nouba ou Fongi, le long du haut Bahrek-Abiad et dans le royaume de Sennaar, dontils étaient la nation dominante avant la récente invasion des Ottomans.

Les TcuereT-AGow , dans le centre de l’Abyssinie ; ils sont braves et bons cavaliers.

Les Fouriens, qui forment la masse principale de la population du Dar-Four,

La REGION DE L'ATLAS n'offre qu’une seule famille , à laquelle appartiennent tous ceux de ses habitans qu’on peut regarder comme indigènes; c’est la

FAMILLE ATLANTIQUE : les 4mazig , dits improprement Berber ou Berebber, et nommés aussi Schila(Shuluh), Qobayt(Guebalys),etc.; ils occupent les hautes vallées de l’Atlas et une partie des plaines dans l'empire de Maroc, dans le ci-devant état d'Alger et dans celui de Tunis; ils sont partagés en beaucoup de tribus, dont plusieurs sont entièrement indépendantes.Les Touaryks(Tuaricks), nation nombreuse et guerrière répandue sur toute la partie moyenne du Sahara; les Tibbos, qui occupent presque toute la partie orientale du Sahara ; les habitans de Syrouah et d’'Aud-

Jelakh tes Chellouhs (Shelluhs), dans la partie méridionale de l'empire de Maroc, où ils vivent presque tous régis par des chefs indépendans.

La REGION DES MÈGRES ou la NIGRITIE présente les familles ou souches suivantes :

Les Vouors ou lor.ors, qui ont la réputation d’être les plus beaux et les plus noirs de tous les Nègres; ils possèdent les royaumes de Bourb-lolof, de Cayor et de Baol, et ils forment la masse principale de la population de ceux de Bondou , du Bas- Yaniet dd: Salum.

Famizce MANDINGO : les Mandingos, nation puissante, assez policéc et assez industrieuse , entre les mains de laquelle se trouve presque tout le commerce de l’or et de l'ivoire, et qui faisait naguère presque tout celui des esclaves. Outre le vaste territoire entre la Gambie et le Geba et le pays côtier arrosé par le Kissi (Kissee), les Mandingos possèdent dans la Sénég.imbie les royaumes de Bambouk, de Kasson, de Kaarta, de Barra, de Kollar , de Badibou, du Haut-Yani, du Oulli ou Woulli , le Dentilia et le Kabou ; dans la partie occidentale de la Nigritie-Centrale (le Soudan- Occidental de nos cartes), les Mandingossont la nation la plus nombreuse du ci-devant empire de Bambara , dont ils étaient le peuple dominant avant son partage ; ils possèdent aussi le Kankan, le Sambatikilia, le Time et autres pays. Les Sousou, nation assez civilisée, qui occupe la côte de la Nigritie-Occidentale ( Sénégambie ) comprise entre le Rio Nuñüez et le Kissi, ainsi que d’autres parties de cette contrée.

Les FouLaus ou FELLATAu, dits aussi Foulans,

Fellans, Poules, etc., nation très nombreuse ettrès puissante , répandue dans presque tousles états de la Nigritie-Uccidentale (Sénégambie), où elle possède le Fouta-Toro , le royaume de Bondou, le Fouta-Djalo (Fouta-Djalon), le Fouladou etle Brouko; dansla Nigritie-Centrale(le Soudan de nos cartes), elle occupe le Ouasselon , le Sangara et autres contrées, ainsi que le vaste empire. des Fellans ou Fellatah sur lequel règne Bello.

Les DsALONKÉS, qui forment une partie considérable de la population du Fouta-Djalo ( Fouta- Djalon), du Kouronia, du Baleya, du Firia, du Sangara, du Soulimana , du Bouré.

Les Kissours, dans le royaume de Tombouctou, dans la Nigritie-Centrale (Soudan).

Les KaALANNAS, dans le royaume de Kalanna, dans la Nigritie-Centrale.

FAMILLE Haoussa : les Haoussas, qui composent la masse principale de la population des provinces de Cachenah, Gouber, Kano, Doury et autres du Haoussa, vaste contrée qui forme le noyau de l'empire de Fellans ou Fellatah.

Les YARRIBANI, qui sont la nation dominante dans le vaste royaume de Yarriba.

Les Manparas, dans le royaume de Mandara, dans la Nigritie-Centrale (Soudan).

Les Bacuermeus et les Mopsas , qui sont les nations dominantes des deux royaumes de Baghermeh et de Mobba dans la Nigritie-Centrale (Soudan.

FAMILLE BORNOUANE : les Bornouans, qui forment la masse principale de la population du Bornou proprement dit, et de quelques autres districts aujourd'hui séparés de l'empire de Bornou.

Les Timmanies, établis depuis l'embouchure du Grand-Scarcie jusqu'au cap Shilling ; c’est sur leur territoire que se trouve la colonie anglaise de Sierra-Leone.

Les Bouzam, au sud-est des précédens, le long de la côte jusqu'aux frontières du royaume de Cap-Monte, et répandus trés avant dans l'intérieur el sur lesiles voisines.

FAMILLE AGHANTIE : les Achantis (Ashantees), nation dominante dans l'empire d’Achanti , et les peuples établis dans la plupart des royaumes qui en sont tributaires ou vassaux.

Famizze Dacoumsa : les Dagoumbas dans le royaume de Dagoumba (Dagwumba) , vassal de l'empire d’Achantie,

Les Akknas ou INkRANS, dans le royaume de ce nom ; ils sont tributaires des Achanties.

Les KerRaries (Kerrapees), nation assez nombreuse, partagée entre plusieurs petits élats presque tous tributaires des Achanties.

FAMILLE ArDRau : les Dahomeys, dans le royaume de Dahomey proprement dit, dont ils sont la nation dominante ; les Judahs, dansle royaume de Judah, tributaire de celui de Dahomey ; les 4rdrahs, dans le royaume d’Ardrah , tributaire de celui de Yarriba; les Zenins, dans la plus grande partie du vaste royaume de Benin, dont ils sont la nation dominante.

Famize KayLi:les Kaylis (Kaylees) etles Gurtgoumes, dans les royaumes de Kayli et de Gungoume dans l'intérieur de la côte de Gabon.

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FauiLee Conco : les habitans du Congo proprement dit , du Sogno (Sonho), de Cacongo, du Loango, du Mayumba, de l'Oando, etc. , qui parlent différens dialectes de la langue congo ; les habitans du Ho, du Cancobella et du Sala, dont la langue est un mélange de l'abounda et de la congo. M. Douville nous représente le Sala comme un des plus puissans états de cette partie de l'Afrique; nous ajouterons qu’il correspond à l’Anzico et au Micoco des anciens voyageurs et de nos cartes. Les Molouans, dont le vaste royaume nous parait être la puissance indigène prépondérante de toute l'Afrique au sud de l'équateur ; les habitans du Moucangama, du Muchingi, du Humé, du Cassange, du Cutalo, du Ginga, du Holo-ho, du Baïlundo, du Bihé et ceux du royaume d'Angola soumis aux Porlugais ; tous ces peuples parlent des dialectes de la langue abounda. M. Douville regarde les Molouas comme la souche de cette grande branche de la famille Congo ; il les range avec les Bihé au premier rang parmi les Nègres par leur intelligence et leur industrie.

Faniice BENGUELA : les habitans du Benguela, soumis aux Portugais; ceux du Quisama, du Libolo, du Quigné, du Nano, du Humbé, du Monganguela et autres pays; ces peuples, selon M. Douville, parlent des dialectes ou des langues qui appartiennent à cette famille.

La REGION DE L'AFRIQUE-AUSTRALE offre les familles ou souches suivantes :

FamiLLe CAFRE : les Koussas, les Tambouki el les Mamboukki , dans la Cafrerie Maritime ; les Beljouanas subdivisés en Briquas, Tammahas, Barrolongs, les Macquinis , les Morolongs et les Gokas, dans la Cafrerie Intérieure,

FamiLLe HottENTOTE : les Cor'anas , les Gonaaquas, les Namaaquas , les Dammaras et autres peuples, qui sont les Hotlentols proprement dits; ils demeurent dans la colonie du Cap-de- Bonne-Espérance et dans la Hottentotie-Indépendante. Les Saabs dits communément Zosjemannes ; c'est le peuple le plus sauvage et le plus abruti de l'Afrique Australe; il erre sur les frontières septentrionales de la colonie du Cap.

La REGION DE L’AFRIQUE-ORIENTALE offre les famiftles ou souches suivantes, dont plusieurs cependant appartiennent aussi, par la position du vaste territoire qu’elles occupent, à la Région du Nil, comme les Gallas, et à la Région des Nègres, comme les Nineanaï et les Gingiros.

Famizze MonomorTara : les Mongas , qui demeurent aux environs de Sena , dans l'Afrique Orientale Portugaise : les Bororo , entre Sena et Tete; les Movizas; les Maravi, qui sont actuellement la nation la plus puissante du ci-devant empire du Monomotapa. Les Macouas, peuple nègre très puissant, qui vit à l'ouest de Mozambique, le long de la côte de ce nom et dans l'intérieur; il parait s'étendre au nord jusqu'aux environs de Melinde, et au sud jusqu’à l'embouchure du Zambèze. Les Monjous , une des nations nègres les plus laides; ils vivent dans l'intérieur à côté des Macouas méridionaux.LesSowaielou Sowauli, nation nègre très puissante , répandue le long de

la côte, depuis Magadocho (Magadoxo) jusque vis-à-vis de Mombaza.

FAMILLE GaLLa: les Gallas, nation nombreuse, puissante et célèbre par ses incursions et ses conquêtes ; c’est aujourd’hui le peuple dominant dansune grande partie du ci-devant empire d'Abyssinie; les Gallas paraissent occuper aussi tout le pays qui s'étend depuis les limites méridionales de l’Abyssinie jusqu'aux frontières occidentales des états situés le long de la côte entre Melinde et Magadocho. Les Mouzimbos ou Zimbes , appelés aussi Marouca, nation nomade qui paraît errer sur les vastes espaces arrosés par le cours supposé du Zebi (Zebee); elle a acquis une funeste célébrité par ses terribles incursions faites vers la fin du xvi® siècle et poussées jusqu'à Melinde et à Quilaa.

Les Somauuis, le long de la côte d’Aden et répandus dans l’intérieur du grand triangle qui forme cette partie de l'Afrique, et dont le cap Gardafoui peut être regardé comme le sommet.

Les Ginairos qui habitent le royaume de Gingiro, que d'anciennes relations placent au sud des montagnes de l’Abyssinie et sur les rives du Zebi.

Les Nineanaï qui occupent le pays de Bomba.

Cette identité de nom, combinée avec la position que lui assigne M. Douville, nous paraissent être des motifs assez forts pour nous engager à regarder ce pays comme identique avec le Mani-emougi, sur lequel les plus célèbres géographes n’ont proposé jusqu’à présent que des doutes ou des conjectures. C'est le Mohenemugti de Battel et le pays des Niemiemay de Dapper.

Outre ces peuples qu'on peut regarder comme indigènes de cette partie du monde, l'Afrique en possède plusieurs autres qui, à différentes époques, s’y sont établis, et dont quelques-uns sont devenus même très nombreux et puissans. C'est ainsi que les peuples de l’Abyssinie qui parlentles langues gheez ou ligré dans le royaume de Tigré, el amhara, dans les royaumes d'Amhara, d’Ankober, d’Angote, dans la province de Lasta et autres, appartiennent incontestablement à la souche SÉMITIQUE et paraissent s’y être fixés bien avant les temps historiques. Les Arabes, à une époque très ancienne, et plus tard, pendant les grandes conquêtes des premiers successeurs de Mahomet, envahirent la Région du Nil et celle du Maghreb (Sahara-Atlas) et de là se répandirent dans la Nigritie (Soudan), où on les trouve en grand nombre; dans la suite des temps, ils sont parvenus à introduire exclusivement leur langue dans plusieurs contrées, telles que l'Egypte ,une grande partie de la Nubie, surtout le long du Nil dansles pays de Chendy, de Damer, de Scheygya, etc., dans toutes les villes des Etats Barbaresques, dans une grande partie des campagnes qui les environnent et dans la partie occidentale du Sahara; cette nation s’est aussi établie dans quelques états de la Nigritie-Occidentale (Sénégambie)et dans plusieurs états de la Nigritie-Centrale (Soudan), tels que le Dar-Four, le Mobha, le Baghermeh , l'empire de Bornou et même de l'empire des Fellans; on rencontre encore des Arabes sur presque toute la Côte-Orientale , dans

les lies qui en sont voisines, dans le groupe des Comores et sur la côte occidentale de la grande Île de Madagascar. Plus tard les Osmanlis, qui appartiennent à la soucae asiatique TURQuE , se sont établis comme nation dominante dans la partie inférieure de la Région du Nil et dans les régences d'Alger, de Tunis et de Tripoli dans la Région du Maghreb.

Les Madecasses ou Malgaches, qui forment la grande masse de la population de l'ile de Madagascar; ils appartiennent incontestablement à la grande soucHE MALAIE que nous verrons répandue d’un bout à l’autre de l'Océanie; mais leur arrivée dans cette ile est antérieure aux temps

historiques. Nous indiquerons ailleurs les principaux peuples entre lesquels cette nombreuse nation est partagée.

L'Europe, depuis les Grecs et les Romains, ensuite à l’époque des grandes découvertes géographiques et depuis lors jusqu'à nos jours, a fourni beaucoup de ses habitans à l'Afrique : les Portugais, les Espagnols et les Français qu appartiennent à la soucuu GRÉCO-LarTinE; et les Anglais , les Hollandais, les Danois et les Anglo-Américains qui sont compris dans la FAMILLE GERMANIQUE , Sont les seuls peuples européens ou d'origine européenne qui possèdent des établissemens en Afrique.

ABLIGION. Le FÉTICHISME est la religion du plus grand nombre des habitins de l'Afrique , puisque c’est la religion que professent encore presque tous les Nègres, quelques peuplades de la famille Atlantique et presque tous les indigènes de M:dagascar. Ces nations abruties, qui voient dans les objets les plus communs qui les environnent des sujets de leur adoration, paraissent généralement admettre un bon et un mauvais principe; ils ont des jours heureux et malheureux ; leurs prêtres sont des jongleurs adroits qui prétendent préserver les hommes et les animaux de l'influence des mauvais esprits. Quelques-uns de ces peuples ont un fétiche national et suprême : les Ouidah ou Widah, par exemple, adorent le serpent; un ordre de prêtreset des jeunes filles sont destinés à servir ce monstre dans une espèce de temple, où il est somptueusement nourri. Les féroces Bissagos adorent le coq ; les Benin, qui regardent leur pro-

re ombre comme un fétiche, ont pour idole principale , outre leur roi, un lézard. Le fétiche principal des Achanties est le fleuve Tando ; celui des habitans du Dankas, le fleuve Cobi, tandis que le Rio-Volla ou Adirray (Adieri) l'est des habitans d’Odentie. Dans l’Akkra, la hyène, à Dixcove et Anamabou, Palliguer, à Ussue, le chakal, et dans toute

’Achantie, le vautour, sont adorés comme des divinités. L’iguana est le grand fétiche de Bonny et le requin celui des Calabars, tandis que ceini des Dähomey est tantôt un Zéopard et tantôt une panthère, auxquels on immole tous les ans des victimes humaines. Les nègres qui habitent près des cataractes de la Bousempra sur la côte d'Or , révèrent ces cascades comme leur idole su-

prème ; et les Agows, qui emeurent près des sources du Nil en Abyssinie, sacrifient depuis un temps immémorial au génie de ce fleuve. Les récits du Maure Sydy Hamed nous représentent les habitans de Wassenah adorant la lune, ainsi que plusieurs peuplades de la Nubie et d’autres contrées de la Région du Nil et de l’Afrique-Intérieure; ceux des environs du cap Mesurado, en Guinée, adorent le soleil. Des arbres , des pierres, la lune et quelques astres sont les objets du culte des féroces et puissans Gallas. Quelquefois les Nègres se font des idoles à face humaine ; et le capitaine Tuckey et le docteur Smith furent surpris de voir ces idoles avoir, sur les bords du Zaire dans l’intérieur de l'Afrique, des figures européennes et ressembler aux Egyptiens, ou plutôt aux antiques figures des Etrusques. Les Betjouanas ont une espèce de pontife qui est la personne la plus importante après le roi. À Dagoumba il y a un oraele très renommé, ce qui rend cette ville de la Guinée-Intérieure l’entrepôt d’un grand commerce. Les Jagas de Battel qui, d’a-

rès ce que nous avons dit ailleurs , étaient purement des nations appartenant à la famille congo , commandées par des chefs portant le titre de Jagas , avaient un grand-prêtre qu’ils nommaient CAitome ; ils le révéraient comme les Kalmuks et les Tibetains adorent le Dalailama; ce pontife demeurait dans un pays réputé saint et près d’un temple où l’on entretenait toujours un feu sacré avec le plus grand soin. La religion du royaume de Magadocho paraît être un melange de mahométisme et de paganisme.

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différentes croyances religieuses des peules de Madagascar. À Noki, dans le oango, on voit un mélange monstrueux de christianisme et de fétichisme.

Nous ajouterons ici quelques faits curieux que nous devons à M. Douville.

Selon ce voyageur, les Cassange, les Molouas, les Muchingi, les Moucangama et autres peuples de la Nigritie- Australe réunissent, comme tant d’autres nations de la Nigritie - Centrale , aux superstitions de l’idolâtrie, l’horrible pratique des sacrifices humains, et ce qui est encore plus extraordinaire, quoique très hospitaliers et d’un caractère doux, ces peuples sont anthropophages.

Cette bizarrerie atroce est chez eux la conséquence d’une croyance religieuse.

Nous avons vu à la page 724 qu’une superstition à-peu-près semblable engage les Bhinderwas à tuer et à dévorer leurs parens malades ou les vieillards inñrmes; nous verrons plus loin que chez les Battas, une des nations les plus policées de l'Océanie, l’anthropophagie est recommandée par leur code criminel. A quels horribles travers d'esprit n’est pas exposé l’homme lorsqu'il est abandonné à lui-même! Chez les peuples du Congo que nous venons de nommer , les sacrifices humains, dit M. Douville, n’ont lieu qu'à lPoccasion de l’avènement d’un souverain ou à celle de quelque grande analadie épidémique. La victime est tonjours choisie hors du pays et autant que possible à une grande distance du lieu du sacrifice ; elle doit être un jeune homme ou une jeune fille, et doit ignorer le sort qui l'attend jusqu’au moment d’être immolée. La peine de mort attend irrévocablement celui qui le lui révélerait. Dans l'intervalle on en prend le plus grand soin et on tâche mème de l’engraisser par tous les moyens possibles. Le moment fatal arrivé, on la tue subitement au milieu de la plus grande solennité et en présence du roi, des nobles et de tout le peuple convoqué dans ce but. Son corps est ordinairement coupé en quatre parties et grillé immédiatement pour être distribué aux assistans selon leur rang, et mangé sur-le-champ.

La RELIGION MAHOMÉTANE est après l’idolâtrie celle qui compte le plus grand nombre de disciples. Elle est dominante dans tous les grands états de la Région du Maghreb ; dans la meil'eure portion de

la Région du Nil, c’est-à-dire l'Egypte, la plus grande partie de la Nubie et dans la Troglodytique, quoique dans cette dernière contrée les Ababdès soient des mahométans peu rigides, et que les Danakil n'aient ni prètres ni mosquées. L’Islamisme est aussi la religion que professent les habitans de plusieurs états de la Côte-Orientale et uue grande partie de la population de l’empire de Bornou, du Dar-Four, du Mobba, du Baghermeh , de l'empire des Fellans ou Fellatah , des royaumes de Ten-Boktoue (Tombouctou), du Bas-Bambara , du pays des Dirimans et autres contrées de la Nigritie-Centrale (Soudan). Les Foulahs du Fouta-Toro et du Fouta-Djalo, presque tous les Mandingos et les Sousous sont non-seulement mahométans , mais le sont même avec beaucoup de fanatisme. Les Mandingos ont propagé l’islamisme jusqu’à Sierra-Leone d'ür côté, et de l’autre jusqu’à Dahomey.

Il faut cependant faire remarquer que les Mandingos du Dentilia sont encore idolâtres , ainsi que la grande masse des habitans des pays où ils ne sont que la nation dominante ; et que les Foulahs du Ouasselo (Ouassellon) et du Sangarari sont encore paiens. La plupart des habitans du royaume de Cayor dans la Sénégambie professent lPislamisme , tandis que la famille royale est encore idolâtre; d'un autre côté la masse de la population du royaume de Dagoumba (Degwumba) adore les fétiches; mais le roi et les principaux personnages de sa cour suivent les préceptes du Coran; enfin, un petit temple en pierres, qui peut-être existe non loin du lac Djébou (Dibbie) dans la Nigritie-Centrale (Soudan) remplace pour une partie des mahométans de l’Afrique, le fameux pélerinage de la Mecque.

Le CHRISTIANISME compte un assez grand nombre de croyans, mais ils sont partagés entre différentes églises. Ap-partiennent à l’Eglise Grecque ou Orientale tous les Coptes : ou Monophysiles de l’Abyssinie , où ils forment la grande masse dela population, et presque tous les 80,000 individus Coptes qui, selon M. Scholz, vivent actuellement dans l'Egypte. Mais nous rappellerons que le Christianisme des Abyssins est mélé à beaucoup de pratiques et de superstitions , restes du paganisime. Le serpent est chez eux en grande vénération , et selon Pearce, celui qui tue un

de ces reptiles sacrés est puni de mort.

Vient ensuite l'Eglise Catholique, à laquelle sunt attachés les habitans de VPAfrique-Espagnole, un nombre assez considérable de ceux qui vivent dans l’Afrique-Portugaise et Française , et quel ques Coptes en Egypte. Une partie de ceux qui demeurent dans les colonies Anglaises, Danoises, Hollandaises et Anglo-Américaines de l’Afrique, appartiennent aux Eglises Luthérienneet Calviniste.

Le Jupaisme est professé par un grand nombre d’Israélites répandus dans les Etats Barbaresques , dans l’Afrique-Ottoniane et l’Abyssinie.

Le MAGISsME compte quelques Guébres établis à Mosambique , où ils font les plus importantes affaires commerciales.

couvsanemenT. Toutes les formes de gouvernement avec leurs nuances différentes se troureni en Afrique. Le petit état arabe de Damer, dans la Nubie, offre une {héocraiie monarchique; le Fouta- Toro et le Fouta-Djalo (Fouta-Djalon) , dans la Nigritie Occidentale (Sénégambie), offredes fhéocraties oligarchiques;etle nouveau royaume de Sous, dans la région du Maghréb, une oligarchie féodale.

Nous ajouterons que l’islamisme adopté par les populations noires les pousse à renverser leurs monarchies absolues et guerrières , pour leur substituer des gouvernemens théocratiques avec des formes oligarchiques. L'empire de Bornon présente la singularité d’un cheikh guerrier ; qui est le véritable souverain, et d’un sultan, qui jouit des honneurs attachés au trône, mais dont l'autorité est nulle ; c’est à-peu- près ce que noùs avons vuauü Japon. Le gouvernement de Maroc, de Benin, du Yar:iba, du Bourblolof, de Sondou, du Dar-Four, de l’empire des Fellans et d’un grand nombre d’autres pays est despotique. Le royaume de Dähomey gémit même sous un despotisme comme on en trouve peu d’exemples sur le globe : tous les premier-nés mâles appartiennent au roi, qui les fait élever publiquement; ce monarque a même le monopole de toutes les femmes de son royaume, et chaque nègre qui veut se marier doit lui payer 20,000 cauris pour recevoir une épouse. Le roi de Moropua est peut être le plus absolu de tous les monarques de la terre, puisqu'il pres crit à ses sujets même le temps pendant

lequel ils doivent s'amuser. Plusieurs souverains de la Guinée et celui de Gingiro dans l’Afrique-Orientale exercent sur leurs sujets le pouvoir le plus absolu ; pour satisfaire leur cupidité , ils envoient leurs satellites voler des hommes dans les habitations qu’il leur plait de choisir, et livrent ensuite ces infortunés aux marchands en échange des objets qu’ils veulent acheter. Les peuples de l’Abyssinie, les Ovas (Hovas), les Antancayes, les Seclaves etautres de rage malaisienne , à Madagascar, gémissent sous le double joug du despotisme et du régime féodal. Dans cette île, comme dans la Polynésie , le droit de tuer certains animaux et de manger certaines viandes est réservé aux classes supérieures. Nous rappellerons même que les Guanches des Canaries étaient jadis opprimés par le gouvernement féodal le plus tyrannique ; leurs a7himenceys ou n9bles étaient les seuls qui eussent le droit de posséder des terres.

Le sultan du Mobba ou Salcy , dans la Nigritie-Centrale (Soudan), et celui d’Anjouan, dans l'archipel de Madagascar, ne Jouissent que d’une autorité tres bornée.

Dans le Bambouk et en beaucoup d’endroits le long des côtes de la Guinée, les principaux chefs des villages forment , à côté d’un monarque éleclif, des aristocraties turbulentes et désastrenses. Le puissant royaume d’Achanti offre une monarchie mélangée d'aristocratie, dunt le pouvoir suprême réside entre les mains d’un roi, de quatre chefs et de l’assemblée des capitaines. Le gouvernement de Sennaar avant les derniers évènemens était absolu, quoiqu’un conseil des grands de l’état eût le droit de déposer le roi et mème de le condamner à mort. Le gouvernement des Mandingos du plateau de la Sénégambie est republicain , tandis que dans leurs colonies il est aristocratique, et dans leurs pays conquis il est monarchique limité par un conseil de vieillards. Les Sousous forment une sorte de confédération républicaine, remarquable par le pourrah, association secrète , semblable au éribunal vehmique du moyen âge, et destiné à maintenir l’ordre ec la justice ; cette singulière institution ressemble beaucoup au bellipaaro des Sokkos. Les florissantes villes de Cavally et de Lahou , sur la côte de Plvoire , celle de Bonny sur la côte des

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Esclaves et le Pays des Camerones, sont des républiques oligarchiques. La grande famille des neuples cafres est régie en général par un gouvernement monarchique modéré ; chaque tribu a ordinairement son chef héréditaire. Plus d’un quart de la population de l'empire de Maroc, c’est-à-dire la plus grande partie des Amazirgh ou Bereber et plusieurs tribus des Chellouques (Chillah) vit indépendante dans les vallées de PAtlas, régie par des chefs qui exercent sur ces peuples une autorité plus où moins étendue, mais toujours modérée. On doit dire la même chose de plusieurs chefs des tribus, soit Arabes, soit Atlantiques qui vivent dans la partie méridionale du cidevant Etat d’Alger, et de quelques autres peuplades de la région du Maghreb, dont l'autorité est très bornée. Le gouvernement des différentes tribus qui errent dans la Troglodytique est patriarcal, comme celui des Arabes Bédouins et de la plupart des tribus maures du Désert. Le Borgou forme une espèce de confédération de petits rois, dont celui de Boussa est le chef principal; cela ne les empêche pas de se faire quelquefois la guerre entre eux. Les nations noires de l'ile de Madagascar, tels que les Antavarts, les Bestimesseras, les Antaximes, les Ambanivoules, etc., forment en quelque sorte des républiques où l’autorité suprême réside , dans les cabares ou assemblées publiques ; les conquêtes de Radama ont modifié cette forme de gouvernement dans les territoires qu’il a réunis à son royaume, et qui sort maintenant gouvernés par sa veuve. Les Etats Barbaresques présentaient sous différentes formes toutes les nuances du despotisme et de l'anarchie mililaire. Les Quaquas , qui demeurent à l’est du cap Lahou uans la Guinée, sont divisés en castes comme les ïsindous et les anciens Egyptiens. Tandis que les Ares d’Egypte sont très attachés à la distinction des rangs transmise par leurs ancètres, les Turks et les Mamelouks, que le vice-roi d'Egypte a détruits, n’estimaient que les qualités personnelles ; la mème opposition se trouve parmi les Maures et autres peuples qui n’admettent aucune distinction fondée sur la naissance, et parmi les Abyssins, les Malais de Madagascar et autres nations, chez qui la naissance donne les

plus grands privilèges à certaines classes.

ous verrons dans la description de l’Egypte le gouvernement que Mohamed- Ali a donné à ce pays classique.

Les observations sur le gouvernement des peuples de la Nigritie-Méridionale que nous devons à M. Douville sont trop neuves et trop piquantes pour ne pas trouver place dans cet article. Tous les principaux peuples de cette vaste contrée ont un gouvernement monarchique plus où moins remarquable par ses formes. Le souverain gouverne d’après des lois fixes, mais il est luimême sous le joug de ces lois, parce que les grands de l’élat peuvent convoquer le peuple en assemblée générale , pour le déposer sil y manque. Chez les Dembos , comme chez plusieurs autres peuples de cette partie de l'Afrique, la noblesse est la récompense de certaines actions déterminées. La couronne est héréditaire , mais avec restriction : si l’héritier a commis quelque action avérée qui le rende ind ne de gouverner, les deux vremiers nobles, qui ont le titre de censeurs et dont le pouvoir est très grand , peuvent convoquer le peuple en assembl*e générale; e*lle-ci juge Paffaire à la majorit: des ve." , et si le crime est prouvé , elle prononce la déchéance et choisit à la majorité un autre successeur.

Le choix tombe ordina‘rement sur l’individu dont le mérite est le plus éclatant.

Dans cet état ainsi que dans plusieurs autres, le peuple paie un tribut si modique, qu'il ne suffit pas à la subsistance de la famille et de la cour du souverain.

Plusieurs de ses femmes sont cbligées de se mêler av ‘este du peuple pour cultiver quelque coiù de terre. D'ailleurs, celles des nobles travaillent pour subvenir à l'entretien de leurs maris, qui, dit ce voyageur, n’ont acquis avec le titre de noblesse, ni le droit de vexer le peuple, ni la possession des terres qui appartiennent au souverain ; celui-ci les distribu. à chacun selon l'é'exiue qu'il peut cultiver. Dans le gou: :.:ment de presque tous ces pays le droit d'élection appartient au peuple; chez presque tous, la souveraineté est intronisée dans la ;:.:sonne de celui qui en est reconn: le Lis digne. .

anpusTRtE. Quoique les nations les plus policées de l'Afrique soient bien loin d’égaler celles de l'Asie sous le rapport de

l’industrie, elles ne sont pas en général aussi abruties qu’on le croit communénent. Les Ovas de Madagascar paraissent être le peuple le pius industr'-1x nonseulement de cette randeîle, mais aussi de toute l'Afrique, l'Egypte et les états Barbaresques seuls exceptés ; ils travaillent les métaux presque aussi bien que les Européens, et contrefont avec la plus grande facilité la plupart des objets de fabrique étrangère qu'en leur montre: : ils font des étoffes très belles ei d’une tongue durée, et ces toiles de calin qui sont si estimées. Les habitans des principales villes de l'Egypte et des états Barbaresques, des royaumes d’Ardrah, de Dagoumba .

des einpires d’Achanii, de Bornou et autres éiats exercent plusieurs métiers et &acettent Gans la fabrication de plusieurs étc'ies et din: la préparation des peaux; le disivict se Tañlet et plusieurs villes de l'empir” de Kiaroe, ainsi que le Kachenah dus l'empire des Fellans ( Fouians ), ‘ont renominés par la beauté de lcurs maroquins et par la préparation des peaux. Depuis quelques années surtout, les filatures de coion de Damiette, Mansourah, Mahallet-el-Kebir, Fouah , Benelasul, Mitcamer, etc., dans la Basse- Egypte ontacquis une grande imporiance.

A l’île de Zerbi, dans l’état de Tunis, on fait des étoffes de laine, de lin et des châies, qui sont recherchés dans tout le nord de lPAfrique. Les Nègres sont en général mauvais chasseurs , excellens pêcheurs, assez bons forgerons et habiles orfèvres ; ils savent donner à l’acier une bonne trempe et réduire. le fil d’or à une extrème finesse. Les Foulahs cu :oulans et les Sousous fondent le fer et l'argent, travaillent très habilement le bois et la pean, et tissent des étoffes.

Chez les Bamboukains, les Eyos (Eyé:s), les Kaylis (Kaylees) , les Bornouass , les Baghermeh et plusieurs autres peuples, Part du tisserand est porté à un certain degré de perfection. Les habitans de Loggoun dans l’empire de Bornou fabriquent les toiles de coton les plus belles et du tissu le plus serré de tout ce vaste état. L’orfévrerie de tout l’Achanti, du Dagoumba, de Chendy , de Djinie, de

Tomboucto: : d’autres contrées et villes de l’intérier ‘2 l’Afrique jouit d’une grande cé. ::; sur tout ce continent ;

ce travail est d’un fini admirable et ressemble aux ouvrages de filigrane. Les

Betjouanas sont assez bons forgerons , armuriers, poliers et scuipteurs ; les Maquinis, qui appartiennent À la même souche , sont encore plus avancés; ils travaillent k& ler , Le cuivre et l’ivuire. On dit que les habitan: de Haouss: fa'riquent eux-mêmes leurs fasils Les 3: omba dans le royaume &c Lozngo, les Holouas, les Bcroros, les Maravi et autres nations de !’Afrique- ‘'ranséquatoriale, exploitent des mines de cuivre qu’ils savent travailler. Les Molouas, les Bihé , les Holo--ho et autres peuples de la Nigr''ie-Miridionale , excellent surtout daus la iabricution des pagaes, des nattes et des corbeilles qui sontexportées "ns tout Pintérieur de ceite partie de !'icrique., Quelques tribus des Maures du Sahara sont d'assez bons tisserands, armuriers et orfèvres.

Les habitans d’Ouidah dans la Guinée, et les Molouas dans le Congo, savent même tailler les pierres fines pour en faire des pendans d'oreilles, des bracelets, elc. Orr dit qu’à Bornou il y a des graveurs en pierres fines et en cachets.

commrncs. Malgré les obstacles que le

manque de fleuves navigables, les montagnes et les déserts opposent au commerce en Afrique, cette partie du mon le n’en offre pas moins dès la plus haute antiquité un mouvement commercial intérieur très vaste, et qui forme un des traits les plus caractéristiques de ce continent. Tombouctou, Djinie et les autres villes centrales de la Nigritie sont le but des caravanes qui partent tous les ans des extrémités de l’Afrique pour échanger les produits des contrées extérieures et ceux de l’Europe et de l'Asie, contre les produits de PAfrique-Intérieure. Mourzouk dans le Fezzan et Cobbé dans le Dar-Four, sont comme les deux ports septentrional et oriental de la Nieritie. Il faut y ajouter us quelques années Audjelah, dont les habitans sont devenus les courtiers d’une grande partie du commerce de la Nigritie-Centrale (Sondan) avec l'Egypte et l’état de Tripoli. Depuis que les Marocains ont perdu leur inf-2"e politique sur Tombouctou,

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tentrionale. Les Foulahs et les Sousous , et surtout les Mandingos, font le commerce du côté de la Sénégambie, les Dagoumba et les Achantis du côté de la Guinée. Dans la région du Nil, le Caire est le grand entrepôt du commerce qui se fait entre l’Asie et l'Afrique; cette grande ville, par le moyen des habitans des oasis d’Audjelah et du Fezzan, du Dar-Four , et des marchands de Chendi et de Damer, étend ses relations commerciales avec les villes de Tunis, Alger, Fez, Maroc, les grandes villes de la Nigritie-Centrale, de la Nubie et de l’Abyssinie. La ville de Chendi elle-même était devenue depuis quelque temps le grand entrepôt de l'Afrique-Orientale , entre la Nigritie-Centrale, l’Abyssinie, la Nubie, l'Egypte et l’Arabie, de même que Conmmassie l’est devenu de nos jours entre la Nigritie-Centrale et la côle de la Guinée ; mais le commerce de la première est beaucoup déchu dans ces dernières années à cause des guerres qui ont désolé presque toute la Région du Nil. Généralement parlant, on peut dire que le commerce est, jusqu'à un certain point, loccupation principale de plusieurs peuples de l'Afrique. Sans parler des Juifs, répandus dans une grande partie de ce continent, et des Handingos, des Fezzaniens, des Fouriens et autres déjà mentionnés, il nous semble qu’on doit regarder comme tels les suivans : les Serakhalés (Serracolets) dans la Nigritie-Occidentale (Sénégambie), où depuis long-temps ils sont renommés par leur adresse et leur intelligence; les Sumaulis, qui possèdent plusieurs vaisseaux et échangent les produits de l’Abyssinie-Méridionale et de l'extrémité orientale de l'Afrique avec ceux de l’Arabie. Les Ghibberti, qui ne sont pas une nation particulière comme on le croit communément, mais bien des Arabes établis dans la Troglodytique au milieu des Panvalis, et qui sont les courtiers de yrese : tout le commerce de l’Abyssinie avec l’Asie; ‘°s Movizas, qui sont tributaires des C‘zambes et font presque toutes les affaires commer‘iales de l’intérieur du Monomotapa. il est aussi curieux de voir les Laoubés, établis parmi les lolofs, avoir des mœurs et des usages qui ressemblent à ceux des Bohémiens; et les Krous (Kroos) de la côte des Graines, ainsi que d’autres nègres

côtiers qui demeurent entre le cap Ste- Anne et le cap Palmas, quitter pendant quelque temps le pays pour exercer le commerce ou bien pour s'engager comme matelots sur les vaisseaux européens, comme aussi de voir un grand nombre de Foulahs et de Kénouz (Kensi) faire dans l’intérieur de l’Afrique et en Egypte ce que font en Europe les Savoyards, les Auvergnats, les Tyroliens , lés Gallegos .

les habitans du Frioul, du pays de Foulda et autres montagnards actifs et laborieux.

Les villes les plus importantes de l’Afrique sous le rapport du commerce sont :

Fez, Maroc, Mogador et Tanger, dans l'empire de Maroc; Alger, maintenant dans l’Afrique-Française ; Tunis et Tripoli, dans les étais de ce nom; Mourzouk et Gadameés, dans l’état de Tripoli; le Caire, Alexandrie, Chendy, Damer, Sennaar, Souakin, Cosseir et Massouah, dans lAfrique-Ottomane; Adowa, dans l’Abyssinie ; Angornou et Bornou, dans lPempire de Bornou; Kano, Sackaltou et Kachenah, dans l'empire des Felans ; Koulfa, dans le Nyflé ; Coummassie, Grand-Bassan , Cap-Lahou, Yandi, etc., dans l’empire d'Achanti; Tombouctou, Djrnie, Sego, Sansanding, Kankan, etc., dans la Nigritie-Centrale-Occidentale ; Bonny , Culabar, etc., dans la Guinée; Cassange , Yanvo, Bihé, Baïlundo, Missel, Holo-ho, etc., dans l'intérieur, et Cabinda, Ambriz , etc., sur la côte de la Nigritie-Méridionale (Congo) ; Sé- Louis (Sénégal), et S{-Denis ile Bourbon), dans l’Afrique-Française ; Free- Town, Cap-Corse, Le Cap et Port- Louis ile de France), dans l’Afrique- Anglaise; Orotava et Santa-Cruz , dans lAfrique-Espagnole ; Funchal, Praya, St-Paul de Loanda , Ben-

uela, Mozambique , etc., dans l’A-

rique-Portugaise; Elnina, dans l’Afrique-Hollandaise ; Christiansbourg , dans l’Afrique-Danoise; Berbera, dans le Pays des Somaulis; Tamatave , Foulepointe, etc., dans l'ile de Madagascar. ,

Les marchandises les plus recherchées dans l’intérieur de l’Afrique sont :

les pistolets, les fusils, les sabres; les verroteries de Venise, dont on importe encore des quantités incroyables ; les étoffes grossières en laine, les soieries,

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