‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 393 sur 628 · SR DT SR CRETE POSER ENET · texte numérisé non relu

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la poterie, le cuivre jaune, les cotonnades imprimées, les mousselines rayées, le papier à écrire, le corail, les rasoirs, le sel, les parfums et les épices. Les principales 1MPORTATIONS dans les autres pays de cette partie du monde, outre presque tous les articles sus-mentionnés.

sont : étoffes de l’Inde , châles , eau-devie, rhum, quincaillerie et en général un grand nombre d'articles des fabriques européennes. Les principaux articles d’EXPORTATION sunt : poudre d’or, ivoire, riz, froment, gomme, poivre, plumes d’autruche, peaux non préparées, cuirs, maroquins , coton , indigo, dattes, séné, cire, aloés, cuivre, natron, sel, vin de

Madère, des Canaries et du Cap, orseille et plusieurs articles coloniaux des îles possédées par les Européens. Nous regrettons d’avoir encore à ajouter à ces articles celui des esclaves, qui avant l’abolition de la traite était ia branche principale du commerce de l’Afrique, et qui, malgré toutes les défenses et les croisières, continue encore et se fait sur les côtes occidentale et orientale avec la plus grande activité; selon M. Gräberg, ce commerce infâme s’est même ouvert un nouveau débouché sur la Méditerranée par le port de Tripoli. Quant au commerce des esclaves qui a lieu par terre, non-seulement il continue toujours, mais il pus même qu’il est devenu plus considérable depuis que celui qui se faisait par mer souffre des entraves. Plusieurs princes mahométans, tels que le cheikh de Bornou, les sultans de Baghermeh et de Dar-Four, ainsi que plusieurs autres ne se font aucun scrupule d'attaquer les villages des nègres idolâtres pour en faire des esclaves et les vendre; cette chasse aux hommes est ce qu’ils appellent une ghazie, du mot arabe qui signifie guerre contre les infidèles; maïs ce qui est encore plus horrible , c’est de voir les chrétiens d’Abyssinie courir, eux aussi, sur les malheureux Changallahs pour avoir des esclaves.

L'Afrique qui vit s'élever sur ses côtes la superbe Carthage, la première puissance maritime de l’Ancien-Monde ; l’'Afrique, qui vit ses ports remplis de flottes nombreuses, qui lui assuraient la souveraineté des mers , et dont plusieurs expéditions devaient découvrir de nouvelles contrées et ouvrir de nouveaux débouchés à son commerce ; l’Afrique

n'offre maintenant aucun peuple qui mérite le nom de puissance maritime. Les Africains les plus civilisés ignorent àpeu-près la construction des vaisseaux , et les despotes barbaresques et le pacha d'Egypte doivent à des ingénieurs européeus presque tous les bâtimens de guerre qu’ils possèdent. Les Bissagos, les Bonny etquelquesautres peuplades dela Nigritie- Maritime, les féroces corsaires de l’extrémité septentrionale de Mavagascar, sont, avec les Somaulis, les seuls Africains qui connaissent un peu la navigation; encore, à l'exception de ceux-ci, qui sont de paisibles marchands, ce n’est que pour exercer la piraterie que ces peuples construisent quelques grands canots. Ceux des Bonny sont les plus forts ; ils peuvent porter 140 hommes et ont souvent un canon de gros calibre monté sur l’avant. Les corsaires qui vivent dans les îles du lac Tchad ou de la mer de Bornou dans la Nigritie-Centrale (Soudan), ne sont pour ainsi dire navigateurs que pour être les piratss de lAfrique- Intérieure.

Parmi les différentes monnaies qui ont cours en Afrique, le 8e/, le {ibbar et les cauris méritent de fixer notre attention ; la première parce qu’elle nous rappelle l'enfance des sociétés et du commerce; les deux autres jee les grandes différences qu’elles offrent sous le rapport de la valeur qu’on leur accorde dans cette partie du monde, comparée avec celle qu’elles ont dans les autres. Le /ibbar ou la poudre d’or , dont la plus grande partie se recueille dans la Nigritie-Centrale (Soudan), a cours sans exception dans presque toute l’Afrique, ou dans les endroits les plus abondans en or, par exemple à Sansanding ; la valeur de ce métal est à celle de largent comme 1 + à 1, tandis qu’au Japon elle est comme 12 à 1 et en Europe comme 15 à 1. Le manque de mines de se/ dans plusieurs pays de lPintérieur de l’Afrique, et la difficulté du transport de cet arlicle si nécessaire à l’homme, en élève tellement le prix, que le sel y sert de monnaie dans un grand nombre de contrées. Dans le pays des Mandingos, par exemple, un morceau de sel, long de 2 pieds 1/2, large de 1 pied 2 pouce et épais de 2 pouces vaut, selon Mango-Park, de : jusqu’à2livressieili ou de 25 à 60 franc; dans le Dar-auiia , selon Browne, 1 livres de sel équivalent

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à un esclave de quatorze ans; selon M. Salt, au marché d’Antalow dans le Tigré, 2 à 3 livres de sel ont la valeur d’un trentième de dollar; plus loin cette valeur augmente à proportion de la distance, jus ce que le sel y soit changé, selon Alvarez, contre un poids égal d’or.

Dans l’intérieur de la Nigritie-Méridionale (Congo), selon M. Douville, un moreeau de sel coupé en forme quadrangulaire et long de 8 à 9 pouces pesant environ 3 onces vaut de 2 à 3 francs. Les cauris , dont la valeur est tout-à-fait arbitraire et qui remplacent le billon sur les bords du Gange, dans le Haut-Tibet et dans le royaume de Kaboul, sont la monnaie la plus commune dans la Nigritie- Centrale (Soudan et Guinée)et sur le plateau de la Sénégambie; mais elles paraissent. n’avoir plus de cours dans la Nigritie-Méridionale, où M. Douville ne les a jamais rencontrées dens les transactions commerciales. Ces jolies petites coquilles qu’on pêche dans les parages des îles Maldives, ont dans l’intérieur de l'Afrique une valeur presque dix fois plus grande qu’au Bengale; dans cette dernière contrée 2400 cauris équivalent à 1 shilling ou 25 sous de France, tandis qu’à Kachenah et à Sego il n’en faut que 250 pour représenter la même valeur. On doit ajouter que la principale monnaie courante de l’Abyssinie consiste en piéces de coton de la valeur d’un dollar ; quand il s’agit de sommes moins considérables, on coupe ces pièces dans la proportion convenable.

ÉTAT SOCIAL DES AFRICAINS. Nous empruntons à notre Tableau Physique, Moral et Politique des cinq parties du Monde les fragmens suivans ; ils offrent quelques-uns des traits principaux de la civilisation de l’Afrique. Réunis aux faits que nous avons exposés en parlant de l’industrie , du-commerce, du gouvernement, de la religion et à ceux que nous avons intercalés dans les articles de la topographie, ils forment un ensemble qui nous paraît assez complet pour donner au lecteur le moyen de comparer sous cet important point de vue, les peuples de V! ‘rique avec ceux des autres parties du

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u'Afrique présente plusieurs grands foyers de civilisation indigène et quelques autres qu’elle doit à l'Europe et à l'Asie. Le premier et le plus ancien, comme aussi le plus important, se trouve

dans la Région du Nil. Là, avant les temps histo riques, on voit les Egyptiens etles habitans de Méroë cultiver les sciences et les arts, dont il nous reste de si imposans monumens répandus le long du Nil et de l’Astaboras et dans les oasis voi sines; l’ancienne civilisation des plateaux d’Axum et de Gondar parait être une émanation de celle de Méroë, tandis que l'élatuwsocial de la Basse- Nubie et de la Moyenne, ainsi que cciui des oasis qui entourent l'Egypte paraissent être dus à des colonies égyptiennes. Les autres foyers de civilisation indigène qu'on Lrouve dans la Nigritie, ne méritent pas moins que le premier de fixer l'attention des philosophes. Le caractère par:iculier qu'offre l'état social parmi les Foulahs ct les Sousous sur le plateau de la Sénégambie ; les progrès faits par les 4rdrahs et leurs voisins avant l'invasion des Dahomeys, progres qui les avaient élevés jusqu’à l'invention d’une sorte d'écriture qu'on pourrait comparer aux quippos des Péruviens; la civilisation imparfiite qu’on observe chez les habitans du Dahomey, du Benin, du Dagoumba et autres peuples de la Guinée; celle des Molouas, des Bihé, des Cassange dans le Congo , des Movizas dans le Monomotapa, des BeYjuanas, des Mayuinis et autres dans l'Afrique - Austrole, donnent lieu de croire que ces peuples, qui paraissent avoir été exempts de toute influence étrangère, ont suivi une direction particulière dans le développement de leurs facultés intellectuelles , et n’ont avancé que très lentement vers la civilisation. Chez les Achantis, les plus puissans et les plus policés de tous les peuples de la Guinée, on a remarqué des traditions, plusieurs usages c‘ anelarss lois, quele voyageur Bowdich crut pouvoii a:!: Luer à d’anciennes liaisons avec les Carths:incis etles Egyptiens. Mais, selon nous, celte observalion pourrait être appliquée à plusieurs autres peuples nègres de l'Afrique - Intérieure. Les habitans de Tombouctou, de Bornou, de Kachenah, de Haoussa et d'autres contrées de l’Afrique-Intérieure paraissent devoir aux Arabes, sinon tout, du moins en grande partie , l’état imparfait de civilisation dans lequel on nous les représente. Quant aux peuples anciens et modernes de la grande famille Berbere ou Atlantique, successivement en contact avec les Phéniciens, les Carthaginois, les Grecs et les Romains, et ensuite avec les Arabes, il est tort natneel de croire , que c’est à ces peuples qu'i ni les faibles progrès qu'ils ont faits dans :a civilisation,

A ces deux espèces de civilisation indigène nous devons en ajouter deux autres qui sont étrangères à l'Afrique, où depuis les temps historiques et à quatre époques successives elles ont été importées par deux nations européennes et deux nations asiatiques. Les Carthaginois et plus tard les Arabes appartiennent à la famille Sémitique ; les Grecs et ensuite les Romains sont compris dans la famille Greco-Latine. Mais les Carthaginois, les Grecs et les Romains n’étendirent pas leur influence audelà de la Région du Maghreb (Sahara-Atlas) et de celle du Nil. Ce ne fut même qu’à partir du ve siècle de notre ère, que le christianisme, faisant toujours de nouveaux progrès, s'établit sur les

versans de l'Atlas, en Nubie, et dans l’Abyssinie où il domine encore en partie. Trois siècles après, les Arabes, animés de l'esprit de prosélytisme et «e conquête , le coran d'une main et le glaive de l'autre, parcourir lac rion du Maghreb et toute la Côte-Onrs dle 15que au-delà de Sofala, eninlioduisant ba: lout l'islamisme et l'imparfaite civilisation qui l'accompagne. Plus tard et successivement le zèle et la persévérance des missionnaires mahométans portèrent la religion de Mahomet bien au-delà du Djoliba et de la Gambie et parvinrent mème en plusieurs endroits à toucher l'Atlantique sans avoir encore pu franchi les hautes montagnes qui vers l'intéricur

tendent au sud de la Région du Nil. U 1 peur dire sans exagération que, jusqu'à ces derniers temps, c’est la langue arabe qui en Afrique a été presque le seul véhicule des connaissances et de la civilisation. Tous les Arabes du Désert apprennent à lire et à écrire ; ils ont même une sorte d’enseignement mutuel pour instruire leurs enfans. Les écoles arabes du Caire, de Merawe, Damer et du Dar-Four, dans la Région du Nil; celles du Bornou, du Borgou, du Baghermeh et autres pays de la Nigritie-Centrale (Soudan); celles de Maroc, de Fez, d'Alger, de Tunis, etc. dans la Barparie, sont les foyers principaux des connaissances répandues dans l'Afrique par cette nation, tandis que les écoles des Mandingos, des Foulahs, des dolofs et des Sousous mahométans dans la Nigrilie-Occidentale et Centrale (Sénégambie et Soudan), sont d’autres foyers de l'instruction importée sur ce Continent par ses partisans les plus zélés. On doit avouer que de même qu’en Asie les apôtres du bouddhisme, se répandant à-lafois en Tartarie, au Tibet et ailleurs, contribuèrent à adoucir les mœurs des peuples les plus intraitables, de même en Afrique c’est aux missionnaires musulmans que l'humanité est redevable de l'abolition de l’antropophagie et des sacrifices humains chez plusieurs nations africaines. Ces véritables bienfaits , réunis aux imparfaites connaissances dans les arts les plus indispensables à la vie, qu’ils répandirent parmi ces peuples, contrastentdouloureusement 1vec la conduite de certains princes mahométans et avec celle des peuples étrangers à la race nègre. Condamnée par les uns et par les autres à l'esclavage dès la plus haute antiquité, cett® race malheureuse a été la victime de la ‘'ouble traite intérieure et ma-

‘rilime. Les résultats de ce commerce abominable

furent la multiplication des guerres intestines et la démuralisation complète d’une race d'hommes susceptibles autant que les autr’s d'u: ;rand perfectionnement social. Ilest jus! cepenüant de signaler les nobles efforts faite : ces derniers temps par quelques philantrop: péen. pour expier en quelque sorte tant de crimes,

Dès l’année 1787 le vertueux Isert fonda la première colonie de nègrès libres dans le pays d'Aquapim, sous les auspices du gouvernement danois, et introduisit pour la première fois parmi les nègres la charrue européenne. Flint, son successeur, en fonda une seconde plus près d'Akkrah, et l’on vit sa vertueuse sœur enseigner aux négresses à filer le coton et une multitude d’autres

travaux de femmes, Toute l'Europe a retenti des noms illustres des Granville- Sharp, des Wadstrôm, des Afzelius, des Winterbottom, des Beaver, des Watt, qui eurent le mérite le fonder en 1787 la colonie des iègres libres à Sierra-Leone , et de l'éloquence des Wilberforce, des Clarkson et des Buxton, qui défendirent avec tant de chaleur la cause de la liberté des nègres. Après avoir surmonté mille obstacles, ces philantropes eurent la consolation de voir leurs efforts généreux couronnés d'un assez grand succès , malgré les obstacles opposés par un des climats les plus délétères que l’on connaisse, et ceux qu'apporta la continuation de la traite des nègres. Free-Town s'éleva sur le bords de la Sierra-Leone, et ses écoles et ses ateliers, peuplés par des centaines d'écoliers et d’apprentis nègres, devinrent un foyer d'instruction pour les Africains des pays limitrophes. Gloucester- Town, Regent-Town, Thornton et autres petites villes s'élevèrent successivement dans ce canton naguère inhospitalier , et devinrent avec Free-Town , au milieu des nègres abrutis, le siège d’un commerce assez florissant et d'une civilisation européenne. L'influence de ces établissemens se { : sentir bien loin, et de nouvelles coionies libres s'élevèrent en différens en droits; les écoles de Kingstown près du cap Mesurado, d'Anamaboë, de Cap-Corse (Cape-Coast,, d'Akkrah, de Dixcove, etc., furent ouvertes aux nègres libres depuis Sierra-Leone jusqu'aux fron: lières du Dahomey. Nous signalerons dans la description de l'Egypte tout ce que cette contrée classique doit de avs jours à l'Europe. Nous verrons dans la description de la Nigritie les no! efforts faits par la société philantropique forme

y a quelques années au-delà de l'Atlantique ; la florissante colonie de Liberia lui doit son existence et l'Afrique un nouveau foyer de civilisation.Plusbas, dans le pays des Hottentots, lesintéressantes colonies de Griquatown et de KatRivière sont devenues aussi d’autres foyers d'instruction pour les nombreuses peuplades qui habitent le plateau de l'extrémité de l’Afrique-Australe. Les Français ne restèrent pas indifférens à ces mouvemens philantropiques de leurs rivaux , et les écoles de Gorés et de Saiut-Louis, fondées depuis 1815 dans ja Sénégambie , offrent déjà aux enfans des nègres limitrophes et des contrées de l’intérieur les premiers principes des sciences et des arts. Ils ne se sont pas bornés là: M. Drovetti, ancien consul de France en Egypte , voulant mettre pour ainsi dire la barbarie et la civ''isation en présence, a acheté quelques Ethiopiens,et les à envoyés à ses frais à Paris, pour qu'ils y fussent élevés dans les sciences de l'Europe et ramenés plus tard dans leur patrie. Quelles ne doivent pas être les conséquences de tant d'efforts dirigés vers un but si noble!

Sans répéter ici la longue série des peuples abrutis qui conservent encore l'horrible pratique de lanthropophagie et les s perstilions atroces que nous avons mentionnées ailleurs, qu’il nous soit permis de rappeler quelques usages barbares, dont nous aurons malheureusement à signaler les analogues chez quelques nations de l'Amérique et de l'Océanie. L'exposition des enfans est permise aux guerriers Gallas. Les Madecasses noient

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impitoyablement tousles enfans qui naissent avec quelques vices de conformation, et toutes les femmes des Mamelouks , uaguere dominateurs de l'Egypte, qui pouvaient se priver de l'avantage de devenir mères, le faisaient sans mème y attacher l'idée du crime, Dans plusieurs royaumes de la Nigrilie, à l'avènement de chaque roi, les veuves de son prédécesseur se tuent les unes les autres jusqu'à ce que le nouveau monarque mette un teume au massacre ; dans ces mêmes états, on mèle le sang humain à l'argile pour construire des temples en l'honneur des monarques. Parmi leplus grand nombre des nations des côtes de la Guinée, il est d'usage que les plus riches particuliers fassent , au moins une fois dans leur vie, \les sacrifices lumains expiatoires aux mânes de +leurspères. Dans ces occasions qui sont toujours des époques de réjouissances publiques pour ces peuples féroces, on ceint quelquefois par un ratfinement de barbarie , le front des malheureuses victimes, de tiges épineuses , qu'on enfonce bien avant dans les chairs, et, dans cet état, on les promène jaillissantes de sang par loute la ville, au milieu des cris et des insultes d'une populace effrénée jusqu'au lieu où elles doivent étre immolées. Le roi de Lagos envoie de temps à autre un homme masqué etbien armé, qui passe pour le diable, parcourir toutes les rues de la ville et tuer tous ceux qu'une chanc* fatale amène sur son passage; dans la même ‘ille, après l’équinoxe du printemps, on empale vivante une jeune fille pour se rendre propice la déesse qui préside à la saison pluvieuse. Des atrocités analogues se pratiquent dans plusieurs autres villes de la Nigritie. Des milliers de nègres périssent tous les ans sur le tombeau de leurs rois qui ordinairement s'y font suivre par plusieurs de leurs femmes immolées sur leur tombe. Le chef électif des Fantee doit , dans certaines circonstances , se faire amputer le bras gauche pourtémoigner son dévoüment au peuple, qui lui accorde ensuite une autorité illimitée. La veuve hottentote qui veut se remarier est obligée de se faire couper une phalange d’un doigt; et chez ce mème peupleun magicien ou jongleur sanctifie l'union des nouveaux époux en les aspergeant de son urine. On peut dire que presque tousles Africains sont polygames; du moins les nègres le sont tous ; et cet usage, si contraire à la nature, n’est nulle part poussé si loin que chez cette race. La polygamie la plus effrénée règne au Congo, où l'influence de la religion catholique n’a pu l'éteindre ; seulement elle est parvenue à y faire défendre les unions incestueuses; et quoique la religion la défende en Abyssinie , les lois, selon Pearce, l'y autorisent ; les empereurs mêmes y sont polygames. Chez les habitans du Dar-Four, le commerce entre les deux sexes est illimitée. Les Koussas , les Betjouanas et presque tous les peuples de l’Afrique-Australe sont polygames et ont les mœurs les plus relâchées. Les Hottentots chrétiens sont monogames, et ont en horreur l'inceste et l'adultère ; tous les autres sont polygames. Les femmes, chez un grand nombre de nations africaines, comme partout où la civilisation

n'a pas rendu à la compagne de l'homine la consi dération qui lui est due, sont chargées de tous les travaux, Clrez les Sousous, elles exploitent les mines de fer; chez les Cafres , ce sont ciles qui sont chargées de la construction de la cabane et des autres occupations les plus pénibles; ilen est de même chez les peuples du Congo et de presque tous les pays de la Nigritie, Néanmoins leur sort en Afrique est incomparablement meilleur qu'il n'est en plusieurs parties de l'Asie et parmi le plus grand nombre des peuples sauvages de l'Amérique. l y a même plusieurs contrées où les femmes sont entièrement égales aux hommes.

Chez divers peuples nègres elles sont admises à l'ordre de la prèlrise , ce qui a lieu avec beaucoup de cérémonies et apres de longues épreuves. Dans plusieurs pays du Congo, c'est la mère qui anoblitet non pas le père; là, les princesses ont le pouvoir de prendre pour mari qui elles veulentet de le répudier à volonté pour appeler un autre à l'honneur de leur couche. Dans presque tous les états de Madagascar, la succession au trône a lieu par ordre de primogéniture sans distinction de sexe, ce qui fait qu'on y voit souvent régner des femmes, comme on en a vu des exemples de nos jours dans l'ile de Madagascar, à Bombetoc, à Teintingue et chez les Ovas, dont le trône est occupé par la veuve du célèbre Radama.

Division, L'état encore si imparfait de la géographie de cette partie du monde ne permet pas de la partager en grandes régions géographiques bien distinetes ; et le grand nombre de ses divisions politiques et les grandes incertitudes dont ces dernières sont affectées, tent la possibilité au géographe compilateur de prendre celles-ci pour base de ses descriptions.

Ces motifs nous ont engagé à partager provisoirement toute l'Afrique en cinq grandes régions que nous proposons de nommer : Région du Nil, Régivn du Maghreb on du Sahara-Allas , Régivn des Nègres où Nigrilie, Région de l'Afrique-Austraie, et Région de l'Afrique-Orientale ou du Zambèze. Nous avons ajouté uue sixième division pour y réunir toutes les possessions des puissances étrangères éparses sur ce vasle continent et sur les îles qui en dépendent géographiquement; cette partie offre l’ensemble des pays appartenant à chacune de ces puissances sous lestitres de Afrique-Otiomane, Afrique-Arabe, Afrique-Française , Afrique-Anglaise , Afrique-Espagnole , Afrique-Portugaïse , Afrique-Danoise , Afrique- Hollandaîse et Afrique-Anglo-Ameéricaine.

RÉGION

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale , entre 22° et 41°. Latitude boréale, entre 7° et 32° environ.

cowriws.Auord, la mer Méditerranée.

A l'est, l’Asie-Ottomane , la mer Rouge, le Bab-el-Mandeb , et une petite partie du golfe d’Aden. Au sud, la Région de l’Afrique-Orientale et la Région des Nègres. À l’ouest , la ghg des Nègres et la Région du Maghreb.

F*Lauvas, Cette immense région offre ia singularité de n’être traversée que par un seul grand fleuve dont on ne connaît pas encore les sourees, quoique la partie inférieure de son cours soit connue dès la plus haute antiquité. Deux autres singularités non moins remarquables sont le manque d’affluens depuis sa jonction avec l’Atbarah, et la petitesse extrême de la vallée profonde dans laquelle il coule ; la largeur de cette dernière, depuis Damer jusqu’au commencement du Delta, se réduit souvent à quelques centaines de toises. Les débordemens réguliers du Nil, auquel l'Egypte doit sa prodigieuse fertilité, et qui étonnaient tant les anciens, ne nous surprennent nullement, ce phénomène étant commun à tous les grands fleuves de la zone torride. Nous tracerons avec quelques détails le cours de ce grand fleuve qui appartient à la Méditerranée, et nous exposerons les conjectures auxquelles on s’arrête relativement aux autres courans les plus remarquables de celte contrée.

Le Nic. D'après les renseignemens les plus récens, ce grand fleuve parait prendre sa source dansies montagnes de la Lune , sur un plateau très élevé, où on le nomme FLEuve-BLANC ou Baua-EL-AsiAn. C'est sous ce nom qu’il arrose le Donga, le pays des Chelouks, le Denka, et, après avoir baigné à droite le Dar-el-Aïze, dans le Sennaar , et avoir laissé à gauche le Kordofan, il reçoit à la droite le Fleuve-Bleu ou Bahr-el- Azrek, qui vient de l’Abyssinie, etque plusieurs géographes regardent à tort comme la branche principale. Après sa jonction avec ce dernier, il prend le nom de Niz, sous lequel il parcourt la Nubie , où il baigne Halfay, Chendy, Damer, Dongola, Derr et autres villes de cette région; poursuivant son cours vers le nord, il franchit la cataracte de Phylæ, entre dans l'Egypte, où il passe par Syène, Esné, par l'emplacement de

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l'ancienne Thèbes à Luxor, Karnak et Gournah, ensuite par Kéné, Girgeh, Syout, Monfalout, Minyeh, Atfyh, par l'emplacement de l'ancienne Memphis, par le Caire, Au-dessous de celte grande ville , le Nil se partage en plusieurs bras par lesquels il entre dans la Méditerranée ; celui de Roselte, à l'ouest, et celui de Damiette, à l'est, sont les principaux. Plusieurs canaux et quelques-uns de ses brassecondaires vont aboutir aux lagunes qui forment la partie extrême de son magnifique delta. Ses principaux affluens sont : le Maleg, qui parait prendre sa source dans le plateau de Narea, le Bahr.el-Azrek et le T'acazzé où Atbarah, tous trois à la droite; du côté opposé, la géographie positive n'a aucun affluent important à nommer. Le Bahr-el-Azrek, que pendant long-temps on a regardé comme le vérilable Nil, prend sa source au pays des Agows, dans l'Abyssinie, traverse le grand lac Dembea ou Tzana, baigne les provinces de Gojam, Damot el autres contrées de l'Abyssinie ; en sortant de cetle région, il arrose le Sennaar, dont il touche la capitale ; c'est l'Astapus des anciens géographes ; ses principaux affluens sont : le Dender, qu'on a cru à tort un affluent du Rahad, et le Rahad, tous deux à la droite; le Roma, le Yabouos et le Toumat, à la gauche; ce dernier traverse le Darfoq et le Qamamyli, Le T'acaz3é qui, dans la partie inférieure de son cours, est plus connu sousle non d’ Atbarah, prend sa source dans les hautes montagnes de la province de Lasta dans l'Abyssinie ; il est identique avec le Tacaree des voyageurs portugais, le Tekesel de Poncet, et l'Astaboras de Ptolomée. Ce grand atfluent du Nil traverse le royaume actuel de Tigré etle pays des Changallahs (Shangallas); ensuite la Haute-Nubie , où, avec le Bahr-el-Azrek et le Nil, il forme la fameuse tle de Méroé. Ses principaux affluens sont : l’Arequa, au bassin duquel appartiennent les environs d'Antalow, la ville la plusimportante du royaume de Tigré; etle Mareb, dont les branches descendent du plateau d'Axum ; cet affluent parcourt ensuite le pays des Changallahs et la Nubie-Orientale , où il fertilise le Taka. Il faut cependant observer que ce n’est que dans la saison des pluies que le Mareb apporte le tribut de ses eaux à l’Atbarah; car dans la saison sèche il se perd dans les sables. Le principal affluent du Tacazzé à la gauche est le Guangue, qui traverse le royaume d'Amhara et le pays des Changallahs,

Les autres fleuves de cette région sont trop peu connus pour mériter qu’on en trace le cours.

Seulement nous ferons observer que dans le vaste territoire occupé par les Gallas dans le sud-est de l'Abyssinie, l’'ANAzo, et l'Havacu (Hawash) dont le cours est assez considérable, n'arrivent pas à la mer ct paraissent se perdre dans les sables. Le

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DIVISION ct roroanaræis, Considérée géographiquement , cette vaste région peut se partager en quatre grandes contrées, dont deux sont au sud, savoir :

l'Abyssinie et celle que nous proposons de nommer Pays du Bahr-el-Abiad , parce quelle est traversée par ce grand

fleuve ; la Nubie au milieu; et l’Agypte avec ses dépendances au nord. Les aivisions politiques de tous ces pays ont beaucoup changé dans ces dernières années. La deser pie suivante offre leur état actuel combiné autant que possible avec leurs divisions géographiques, ainsi qu'avec les divisions politiques que présentaient ces pays au commencement de ce siècle,

Abyssinie.

. Depuis plusieurs années le puissant emdire d’Abyssinie , qui pendant des siècles utta avec suceès pour conserver sa religion et son indépendance contre les efforts combinés de l’idolâtrie et de l’islamisme vainqueur de l’Asie et de l'Afrique, est

en proie à l’anarchie et complètement démembré. D’après les renseignemens publiés il y a quelques années par M. le comte de Montmorris (lord Valentia) sur les mémoires laissés par Pearce, et dont les plus récens semblent se rapporter à l’année

1819, il parait que l’état politique de l’Abyssinie a beaucoup changé depuis l’épo-

au où Salt l’a visitée pour la seconde vis. En 1812, Welleta-Selassé régnait sur la plus grande partie du Tigré, et

était allié ou vivait en bonne harmonie avec lisa Tecla Gorgis, roi du Wa!dubba, lisa Guarlu qui régnait à Goudar , \tsa Yonas qui dominait sur le

Gojam et lisa Bede Mariam qui était maitre du Samen. Quelques princes cités par Pearce régnaient sur d’autres parties

de l’Abyssinie, Seion ce même voyageur, les Gallas n’auraient été ni aussi puissans, ni aussi formidables qu’ils l’étaient quel-

ques années-auparavant. Depuis la publication des renseignemens recueillis par

Salt et Pearce, les choses ont beaucoup

changé dans cette malheureuse contrée,

livrée à une anarchie continuelle depuis

70 ans et dans laquelle il n’y a plus d’au-

torité suprême reconnue. L’Abyssinie

n'offre plus ni les divisions politiques indiquées par Salt, ni les prétendus cirq royaumes dans lesquels se plaisaient à la partager en 1834 des naturalistes et des savans , qui, tout en exploitant notre

Abrégé sans le citer, se gardent bien de

signaler nos doutes ou de nommer les

auteurs dont nous invoquons l'autorité.

Les faits nouveaux et intéressans que

nous avons puisés dans l’ouvrage que le

missionnaire Samuel Gobat a récemment publié à Londres, combinés avec ceux que nous avons trouvés consignés dans un savant article du Temps , sur le voyage de M. Rüppell, paraissent nous autoriser à regarder l'empire d’Abyssinie come entièrement dissous et n’offrant plus dans ses confins que plusieurs états indépendans les uns des autres, mais tous plus ou moins livrésaux horreurs de la guerre civile, et quelques-uns même aux dévastations de la guerre étrangère; car les Gallas, peuples pasteurs et léroces , attaquent souvent les provinces voisines des contrées où depuis long-temps ils se sont établis et les ravagent horriblement. Parmi ces états, dont plusieurs n’ont qu’une existence éphémère, les trois suivans nous

semblent être actuellement le: j *ecs prépondérantes de lAbyssinin : .: e royaume d'Amhara , ï vint; 0 est Gondar; il embrase: Aves à

l’ouest du Tacazzé; le

Tigré, qui parait avo Antalow, et dont la de \ sur les provinces à l’est d: ?. 27 .; eus le royaume de Schou, qui comprend non-seulement la province de ce nom et celle d’Efat, mais qui dans ces dernières années a étendu ses frontières au sud et à l’ouest par la conquête de vastes pays occupés depuis long-lemps par les Gallas; ce dernier état, moins dévasté par la guerre civile que les deux précédens, offre la partie de l’Abyssinie la moins inculte et la moins dépeuplée. En attendant la publication de l’important ouvrage de M. Rüppell qui remplira une des plüs importantes lacunes de la géographie de l'Afrique nous suivrons provisoirement, dans la description que nous allons donner, les divisions politiques tracées par un géographe célèbre; c'était le seul parti que nous puissions prendre, n’ayant

aucun moyen d’adapter à l'état actuel de cette contrée les renseignemens incomplets publiés depuis la deuxième édition de la description de l'Afrique , par M. Ritter. Voici, d’après ce g ograp e, iles principaux états qui se sont élevés sur les débris de l’empire d’Abyssinie.

Toût lecteur instruit pourra facilement les combiner, sinon en tout, du moins en partie avec les divisions politiques principales que nous venons d'établir.

Le ROYAUME DE TIGRÉ (Tygré). C'est le plus puissant par la force de sa position, par l'humeur belliqueuse de ses habitans , et par les ressources qu'il tire du commerce. 1 comprend toutes les provinces du ci-devant empire d’Abyssinie situées à l'urient du Tacazzé, à l'exception de celles qui sont au pouvoir des Gallas et des tribus des Chiho-Dankali (Shiho-Dankali) et autres nomades de la Troglodytique. Voici les principaux pays qui en dépendent :

Enderta. ANTALoW, ville d'environ 1000 maisons, est censée être la capitale de la province eten même temps du royaume CueLicouT, assez grande ville, ou pour mieux dire gros village , devenu très important depuis que le roi y fait sa résidence ordinaire. La demeure de ce prince et l'église, regardée comme une des plus belles de l’Abyssinie, sont les principaux édifices. Sa population pourrait être estimée à 8000 âmes.

Tigré (Tygré), proprement dit. Cette contrée peut ètre regardée comme le berceau de l'empire d’Abyssinie. Ses habitans , qui sont les véritables Abyssins, ont étendu leur domination et leur nom sur toute cetie région. Cette partie du cidevantempire d’Abyssinie est décorée du titre de royaume et est «.vdivisée en plusieurs provinces et districts que notre cadre ne nous permet pas de décrire ni même d'indiquer. Anova, actuellement la ville la plus commerçante de toute l’Abyssinie, ne parait avoir qu'environ 8000 habitans; le plus grand nombre professe l’islamisme. La toile de coton qu'on y fabrique circule comme monnaie dans toute l’Abyssinie. ?.dova est assez bien bâtie et a été pendant quelque temps la capitale de l'empire. Axum, jadis capitale du royaume de ce nom, dont les rois éten- #"ent leur domination sur la plus grande partie de l’Abyssinie, dominèrent sur une partie de l'Arabie, et reçurent même un tribut des empereurs Byzantins. C'est aussi dans cette ville que la civilisation éthiopienne fleuri, réunie à la civilisation et aux arts de la Grèce, comme le démontrent encore des ruines magnifiques, des inscriptions en caractères grecs et des obélisques sans hiéroglyphes ; parmi ces derniers deux sont encore debout; le plus grand est d’un seul bloc de granit de 60 pieds de haut; il est couvert de sculptures d’un travail parfait ; plusieurs autres obélisques sont renversés à une petite distance ; un de ces derniers est encore plus grand que le précédent. La ville moderne d’Axum compte tout au plus 600 maisons; à son extrémité sep-

tentrionale, on voit une église qui n'est inférieure qu'à celle de Chelicout, mais dont la construction ne remonte qu’à l’année 1657. C’est dans ce temple que l’on conserve et que l’on continue l’histoire authentique de l’Abyssinie dite Chronique d’Axum, dont un exemplaire a été apporté en Europe par Bruce. Dans le voisinage d’Axum , on trouve le monastère de 4bba-Pantaléon, remarquable par le petit obélisque situé au pied d’une colline et par la grande éxscriptlion grecque sculptée sur une pierre; elle remonte à l’année 350 de Jésus-Christ, ét se rapporte à un exploit de l’empereur Aeizanas.

Lasta, très montueuse. Socora, ville qu’on dit être plus grande qu’Antalow.

Samen , très inontueuse. Nous devons signaler ici un des faits les plus curieux de l’ethnographie : nous voulons parler de l'existence d’une colonie de Juifs au milieu de l’Abyssinie, depuis près de trois mille ans. 11 parait qu’à l’époque de la consuête de la Judée et des provinces voisines par Nabuchodonosor un grand nombre d’habitans se réfugièrenten Egypte ct en Arabie, d’où ils allèrent en Ethiopie. C’est l'opinion de M. Marcus, qui a publié il y a quelques années un savant mémoire sur cesujet.Ce qu'il y a de certain, c’estque, dès le temps d’Alexandre-le-Grand, ces Juifs ont été appelés dans le pays, falasjan ou exilés, et qu'ils y étaient solidement établis ; ils ont jusqu’à ces derniers temps conservé leur indépendance, leur langue, leur religion et leurs institutions nationales. Ils occupent la contrée située sur la rive occidentale du Tacazzé, rendue d’un accès difficile par de hautes montagnes. Ces juifs dominèrent pendant long-temps sur les régions voisines entre le Samen et la mer, et du côté du lac Dembea. Quoique réduits successivement à des limites plusétroites, ils pouvaientencore, dutem; 3 de Bruce, mettre cinquante mille hommes sur pied. Mais er 1800, la race royale s'étant éteinte, cette partie du Samen est tombée sous la dépendance du souverain chrétien du pays, et parait maintenant êtr: dépendante du Tigré.

Baharneguch (le pays du). Cette contrée est subdivisée en plusieurs districts. On y trouve Dixan, pelite ville remarquable par son commerce.

Siré, où se trouve la ville de SiRÉ , qui dutemps de Bruce était plus considérable que celle d'Axum, et dans laquelle un voyageur a vu des ruines qui lui ont paru plus anciennes que celles de l’antique capitale de l'Abyssinie. 4 ga m e où setrouve la ville de GENATER ; Temben, avec AnerT; Wojjerai, remarquable par sa fertilité, et Waldut ba, remplie de moines, sont les autres provinces les plus importantes.

ROYAUME DE GONDAR, nommé improprement d'AMHARA à cause de la langue qu'on y parle. 11 comprend les provinces centrales de PAbyssinie et le grand lac Dembea ou Tzana, qui en occupe presque le centre. Depuis plusieurs années il est en proie à l'anarchie. Le véritable souverain, l'emyereur ou le negus, était, il; à quelques anné, : prisonnier de Guxo, chef gaia qui régnait en : où nu. Les principales provinces qui forir ice ét2? sont :

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Dembea, une des plus fertiles de toute l’Abyssinie. Gonpar , assez grande ville , située sur uns vaste plaine semée de quelques monticules, jadis capitale de tout l'empire et actuellement du royaume d’Amhara, L’Abyssinien Abraham, cité par William-Jones, compare cette ville au Caire ; mais Bruce lui accorde à peine 50,000 habitans. M. Coflin , qui l’a visitée en 1814 , dit que si elle était bâtie comme nos villes d'Europe, la huitième partie de l’espace qu'elle occupe la contiendrait sans peine ; mais toutes les maisons sont si isolées et entourées d'arbres en si grand nombre et si épais, qu'on ne les voit guère que lorsqu'on y entre. Ces maisons sont couvertes de chaume ; les murs même en sont revêtus à cause de la mauvaise qualité de l'argile. M. Rüppell, qui l’a visitée , dit que les deux tiers des maisons ne représentent que l’aspect d’une dévastation générale, et que sa population s'élève tout au plus à 6000 ames, nombre que nous adoptons sur l’autorité d’un observateur si intelligent et si judicieux. La principale église, nommée Quosquum, est bâtie de la même manière que les maisons, mais avec beaucoup d'art; l'intérieur en est tapissé de soie bleue, et orné de glaces. Les édifices consacrés au culte y sont si nombreux que les prétres l’appellent la Fille aux quarante-quatre églises. Le palais du roi est fort délabré; depuis plusieurs années il était inhabité : toutes les portes avaient été brisées et les murs tombaient eu ruines. D’après Bruce c'est un édifice carré à quatre étages, flanqué de tours et environné, ainsi que les maisons qui l’avoisinent. d’un mur en pierre de 30 pieds anglais de haut. Les deux étages supérieurs étaient déjà ruinés, et dans la partie qui subsistait encore se trouvait la salle d'audience qui avait 120 pieds de long. On pouvait alors le regarder comme l'édifice le plus remarquable de l'Abyssinie.

Gojam, une des provinces les plus peuplées de l’Abyssinie; KozLEeLA paraît en être la ville principale. Maitscha, où se sont établis plusieurs Gallas qui ont embrassé la religion et la civilisation des Abyssins. IBALA, près du lac Dembea, est sa ville principale; on la dit presque aussi grande que Gondar.

Les autres provinces les plus importantes sont : Belessem, où se trouve la ville d'EmFras; Damot, avec Buré et de riches mines d’or; Woggara, avec Taouzaque; Tchelga, avec Tcouenkin, place de commerce.

ROYAUME D’ANKOBER. Cette partie du ci-devant empire d’Abyssinie paraît être actuellement la plus riche et la plus peuplée ; c’est aussi celle où l'ancienne civilisation et la littérature abyssiniennes se sont le plus conservées, quoique depuis plusieurs années ee soit régie par Murdazimaï, prince galla. En 1814, il était ami et allié des rois de Gondar et de Tigré. Son royaume se composait de deux grandes provinces: celle d’£fat, où se trouve ANkoBer, résidence du roi, et celle de Schoa, où est situé TacuLer, ville ruinée, jadis capitale de tout l'empire d’Abyssinie.

ROYAUME D’'AMHARA proprement dit. Cet élat comprend la province de ce nom et quelques au-

tres pays limitrophes ; le Galla Liban en était roi il y a quelques années ; il était en même temps le chef suprème des tribus des Gallas Hochali, Woolo, Azowa. En 1814, il vivait en bonne harmonie avec son voisin le roi de Tigré. WarTao-Hai- MANOT, Sur le Bashilo, était sa résidence. Ce prince, ainsi que les Gallas qui en dépendent, sont mahométans et passent pour être plus civilisés que toutes les autres tribus qui composent cette nombreuse nation.

ROYAUME D’ANGOT, ainsi nommé de la grande province d’Angot, dont la majeure partie lui appartient; celle de Furfura et d'autres districts moins considérables paraissent en dépendre aussi. Gojee , chef galla, très belliqueux et entreprenant en était le roi il y a quelques années; il commandait aussi à la plus grande partie des Edjow-Gallas parmi lesquels on compte les tribus Djawiet Tolum. En 1814, quoiqu’à la tête de 40,000 hommes, il a été battu par Welleta Selassé, roi de Tigré. Ses villes principales sont : Acor, Connenov et ComBorTcue,

D’autres chefs gallas, telle que les 4ssouba- Gallas, possèdent le reste de la vaste PROVINCE D'ANGOT , le MARA et autres contrées du côté de l'est, tandis qu’au sud-ouest du royaume d’Ankober , les nombreuses tribus des Zoren-Gallas ou Gallas occidentaux, ceignent la frontière méridionale du royaume de Gondar et paraissent dominer sur une partie des provinces de NAREA et de CAMBAT. On représente ces. Gallas comme les plus féroces et les plus abrutis de tous ceux, qui dominent sur l’Abyssinie.

Le ROYAUME DE NAREA se compose de la province de ce nom, c’est un des plateaux les plus élevés de l'Afrique. Ses habitans, qui sont presque aussi blancs que les Espagnolset les Napolitains, paraissent avoir conservé leur indépendance contre les Gallas; autrefois ils étaient tributaires de l'empereur d'Abyssinie.

Le SAMARA (côte maritime de l’Abyssinie), qui forme la partie méridionale dela TRroGLODYTIQUE de Malte-Brun, est partagé entre un grand nombre de petites tribus plus ou moins féroces et abruties, qui conservent leur indépendance ct forment autant de petits états qu’elles comptent de chefs. Les endroits les plus remarquables sont : DurorA , village dans la baie d'Amphila, habité par des Dumhorta, la plus puissante tribu des Danakil, peuplade qui possède toute la côte depuis le Bab-el-Mandeb jusqu’à Arena,

ZuLua, misérable village, dans ja baie d’Annesley, où réside le chef des Hazorta; une autre tribu nombreuse d'Hazorta demeure près de l’important passage de Taranta. Zulla est aussi remarquable à cause du voisinage d’ Adoule, si célèbre dans l'antiquité par le commerce maritime qu’on y faisait; on la regardait comme te port d’Axum. On y trouve encore des colonnes et des débris d'anciens édifices. On doit aussi nommer la baie d’Asas à cause des rui. 25 que M. de Rienzi y a visitées, et qu’il croit être plus anciennes que celle d’Axum et de Siré.

Marzoua (Massouah) , petite ville d'environ 2000 habitans, sur l'ilot de ce nom, avec un assez bon vort, où se fait le plus grand commerce maritime

de l’Abyssinie; plusieurs banians où marchands hindous y sont établis, Cette ville, selon M. de Rienzi, est régie par un aga dépendant du vice-roi d'Egypte. Ankiko, petite ville situé sur le contineut, vis-à-vis de Matzoua, est le siège d’un zatb qui, selon M. de Rienzi, reconnait la suzeraineté du royaume de Tigré, mais est indépendant dans lout ce qui concerne l'administration de son petit territoire

L'ile Dhalak, la plus grande Île de la mer Rouge. Voyez à la page 826.

Plusieurs NATIONS NÈGRES habitent dans l’Abyssinie et ÿ conservent encore leur indépendance. Les Abyssins les nomment en général Chan- £&allahs (Shangalla, quoiqu’elles parlent plusieurs langues entièrement différentes. Plusieurs tribus passent une partie de l’année sous l’ombrage et l’autre dans des cavernes. Les Abyssins les chassent comme des bètes fauves; elles se nourrissent de sauterelles, de serpens, d’éléphans et d’autres animaux. Nous n’en nommerons que trois : les Tcheret-Agov, qui vivent dans les hautes vallées du Samen; i!s sont très belliqueux et excellens cavaliers ; les Agov-Damot, qui demeurent près des sources du Bahr-el-Azrek; ils adorent ce fleuve comme Jeur divinité principale et fournissent la ville de Gondar de viande , de beurre et de miel; les Dobenah, nation nombreuse , qui vit de la chasse des éléphans et des rhinocéros, entre le Mareb et le Tacazzé.

Avant de quitter l’Abyssinie nous ferons observer que de mème que l'Egypte nous offre une foule d'aaciens temples taillés dans le roc, de mème celle contrée nous présente plusieurs de ses égli-

Contreée du Sud-Ouest ou

Cette vaste contrée, encore très peu connue , comprend tons les pays de la Région du Nil, que les géographes regardent comme situés hors des confins de l’Abyssinie et de la Nubie; dans ce nombre nous comprendrons provisoirement le Dar-Four et le Kordofan. Ces pays sont habités par des peuples la plupart noirs, qui presque tous conservent encore leur indépendance , quoique de temps en temps ceux qui habitent dans le voisinage du royaume de Sennaar et du ci-devant empire d’Abyssinie , aient été par intervalle soumis par ces deux états ou leurs tributaires. Voici les principaux pays compris dans cette section.

Le DONGA, encore tout-à-fait inconnu et habité par des nègres ; on suppose que c'est dans ce pays élevé que le véritable Nil ou fe Bahr-el-Abiad prend sa source, probablement dans les lacs mentionnés par Ptolomée et les auteurs arabes,

6 PAYS DFS CHELOUKS (Schilouks), le long du Bahr-el-Abiad. Ce puissant peuple noir, qui a la répulalion d’être antropophage et qui emluisonne ses armes, est le même qui, dans le

ses entièrement creusées dans le rocher. Il y en a plusieurs daus le Lasta et dans le Tigré. Nous citerons enbre autres les neuf églises creusées dans une montagne du Lasta, dont Alvares a donné le plan. Ces temples extraordinaires sont environnés d’un cloître ; leurs voûtes ou plafonds sont soutenus par des piliers et leurs parois sont couvertes de sculptures, dont la plupart sont des arabesques d'une exécution remarquable. La tradition les attribue à saint Lalibala, le plus illustre des empereurs de la dynastie Zageenne; ce monarque a son tombeau dans celle qui est nommée Golgota, longue de 120 palmes et large de 60. On doit citer aussi l’église de St-Georges de 200 palmes de long sur 120 de large. Selon le même voyageur on trouve dans une plaine à quelques milles de distance de ces églises, des édifices en ruines ; il compare ces restes à ceux d’Axum, qu'il a décrits le premier. Ces constructions sont très élevées et en pierres de taille. Alvares présume qu’elles ont servi de résidence aux anciens rois. Les indigènes attribuent leur construction ainsi que celle des églises sus-mentionnées, à des hommes blancs. M. Salt a visité dans le Tigré la vaste église d'Abouhasoubba, sur la route de Genatir à Antalow ; une des salles qui en dépendent a 60 pieds anglais de long.sur 30 de large ; une autre salle se termine par un dôme de 40 pieds d’élévation. Les murailles de ces salles sont ornées de sculptures qui représentent des crosses, desinscriptions éthiopiennes et des peintures offrant l’image du Christ, des Apôtres et de St- Georges.

Pays du Bahr-el- Abiad.

xvi® siècle, a envali et soumis le royaume de Sennaar.

Le DENKA , le long de la rive droite du Bahr-el- Abiad , habité par un autre peuple nègre idolàtre , redoutable à ses voisins.

Le BERTAT (Djebel-O’ouyn), vaste contrée montagneuse et boisée, habitée par un grand nombre de nations nègres idolâtres, indociles et belliqueuses, mais vivant en paix avec les tribus d’Arabes musulmans et même avec les Abyssins, qui s’y sont établis dans plusieurs parties. Les pays les plus connus et les plus importans paraissent être le Qamamyl, riche en substances aurifères dont les règres retirent par le lavage des quantités assez considérables d’or, surtout à AsqouLGut, sur le Toumat. Le Fazogql, gouverné par un melik ou petit roi, naguère tributaire de Sennaar ; Anassi est le lieu le plus considérable ; enfin le Parfogq, où se trouve Farpasst sur le Yabouos, lieu regardé comme le marché principal entre le Bertat, la Nubie et l’Abyssinie,

e CHEIBON (Scheibon), contrée peu connue, au nord du pays des Chelouks, remarquable par la quantité de poudre d’or que les nègres qui l'habitent savent retirer de leur sol.

Le FERTIT , au nord du Donga, important par les mines de cuivre que les gens du pays assy= rent y exister.

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