‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 394 sur 628 · PTS · texte numérisé non relu

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Le PAYS DES TUKLAWI, au nord de celui des Chelouks; on dit que le roi réside dans une ville nommée Taggala (Tuggala).

Le KORDOFAN (Kordoufan). Cette contrée n'est, a proprement parler, qu'un assemblage de plusieurs petites oasis séparées par de vastes déserts du Dar-Four et du Bahr-el-Abiad. La plus grande partie de la population se compose de nègres assez civilisés qui se livrent à l’agriculture; le reste est formé de Dongolais adonnés au commerce , et d'Arabes qui en parcourent les arides solitudes. Le Kordofan, après avoir été pendant long-temps tributaire du royaume de Sennaar, reconnaissait depuis la moitié du xvin® siècle, la suzeraineté des rois du Dar-Four, Envahi par les troupes du vice-roi d'Egypte en 1820, il est resté sous sa domination et forme depuis lors une partie de l’Afrique-Ottomane. Oréip, ville de médiocre étendue, mais florissante par le commerce jusqu’à l'invasion des Turks, n'offre plus qu'un amas de ruines. On conserve cependant son nom à trois établissemens situés près de l’emplacement qu'elle occupait, et connus sous les noms de Wapi-NAGHELE , OuTA (ou le camp fo:tifié des Turks), et Wawi-Saric; leur population totale est estimée à 5000 âmes par M. Rüppell. Ban parait être le lieu le plus remar , 1able après Obéid; les Turks y ont bâti un fort où ils tiennent une petite garnison. M. Rüppell n’a pu obtenir que des renseignemens incertains sur les ruines an-

ciennes dans le Kordofan ct sur celles de Djebel- Marre dans le Dar-Four, sur lesquelles quelques journaux avaient il y a quelques années atliré l'attention des archéologues. Mais ce voyageur a trouvé dans cette partie de l'Afrique ces mêmes. armures en fer que Clapperton et Denham ont vues dans le bassin du Tchad ; quelques chefs ont mème des robes en mailles de fer pour leurs chevaux. Les armures en fer, si connues en Europe dans le moyen âge, sont donc d'un usage com- : mun dans le centre de l'Afrique.

Le ROYAUME DE FOUR (Dar-Four). C'est, comme le Kordofan, un groupe de plusieurs oasis au milieu d’un vaste désert qui le sérare du Mobba à l'ouest, et du Kordofan à l'est. Ce royaume a étendu autrefois sa domination sur le Kordofan, le Bego, le Dageo , le Dar-Runga et autres pays peu connus, Après la perte de toutes ces contrées sa puissance a beaucoup diminué , et le Dar-Four ne joue plus un rôle important parmi les états du Soudan-Oriental, avec lesquels tous les géographes s'accordent à le placer, Cobbe, petite ville, à laquelle on donne. 6000 habitans, en est la capitale. Le sultan réside habituellement à une petite distance de cette ville, dans un lieu appelé £E/-Facher. Cobbe possède deux mosquées, cinq écoles publiques, et se distingue surtout par l’activité commerciale de ses habitans, qui en ont fait un des principaux entrepôts du commerce de l’Afrique-Intérieure

Nubie.

Depuis l’invasion faite en 1822 par Îsmayl pacha , fils du vice-roi d'Egypte, tous les pays le long du Nil compris dans cette vaste contrée peuvent être regardés comme tributaires de ce prince, qui possède en outre Souakim, considérée comme ia place maritime la plus importante. Mème les principales tribus des nomades, qui parcourent les déserts a l’est et à l’ouest du Nil, ont été obligées de reconnaître sa suzeraineté. Il est vrai

ue peu de temps après la conquête il éclata une terrible insurrection dans les pays conquis ; mais on nous assure, qu'à l'exception des extrémités méridionales du ci-devant royaume de Sennaar et de quelques districts sur sa frontière occidentale, tout est rentré dans l’ordre et reconnaît la dénomination de Mohammed- Ali. Voici les pays les plusimportans qui appartiennent à celle grande division de la Région du Nil; nous les indiquerons en descendant le Bahr-el-Azrek et le Nil proprement dit.

Le ROYAUME DE SENNAAR. Au temps de Bruce, vers 1770, cet état étendait sa domination sur toute la Nubie-Méridionale jusqu’à Dongolah, et quelques années auparavant l'avait portée même sur le Kordofan ; avaut l'invasion d'Is-

mayl-pacha, les meliks de Chendy, de Damer et le Lerritoire des Chaykyé, au nord, le Fazoql, le Bouroum et autres pays au sud, lui payaient un tribut, Depuis 1822, Zady, son melik actuel, descendant des Chelouks qui ont fondé ce puissant royaume au commencement du xvif siècle, est vassal du vice-roi d'Egypte et ne possède. plus que le tiers de son ancien territoire,

Les villes principales sont : SENNAAR, dans le Sennaar proprement dit, sur la rive gauche du Bahr-el-4zrek. C’est un amas confus de cabanes rondes, couvertes en chaume et d'autres en argile, qui ont parfois un étage , ct assez ordinairement une terrasse, Le palais des anciens rois est une construction en briques cuites, élevée de 4 étages, abandonnée et à demi délabrée.

M. Caillaud, en 1822, estimait à 9000 àn.es la population de cette ville, dont les géographes exagèrent tant l'étendue et le nombre des habitans. Avant la dernière invasion, Sennaar était le centre d'un commerce assez étendu. HELLET-EL- CHERIF-MAHAMMED , grosse bourgade à la gauche du ÿahr-el-Azrek.

PAYS DE HALFAY, le loug du Bahr-el-Azrek et du Nil proprement dit. Après avoir secoué le joug du Senuaar, cetétat jouissait de son indépendance, lorsque Ismayl-pacha le rendit tributaire de l'Egypte. HaurÂv, peu loin des deux : branches dont l'union forme le Nil; c’est une petite ville très déchue à cause des fréquentes attaques des Chaykyé; M. Cailliaud lui accorde 3 à 4000 habitans. Sosau, à la droite du Bahrel-Azrek, misérable endroit, remarquable ea ce

gr

qu'il offre, selon M. Cailliaud , les dernières ruines d'anciens édifices que l’on rencontre sur la célèbre ile de Méroë.

PAYS DE CHENDY, le long du Nil. Ce royaume, naguère tributaire du roi de Sennaar, est surtout remarquable parce qu'il correspond à la partie la plus importante du célébre état théocratique de Méroë , qui pendant plusieurs siècles répandit les bienfaits de ia civilisation au milieu des peuples barbares dont il était entouré, et que plusieurs écrivains ont supposé être le berceau des institulivns religieuses et politiques des Egypliens. Csexoy, sur la rive droite du Nil, peut avoir 8 à 900 maisons , qui la plupart n’ont qu'un rez-de-chaussée très élevé et une terrasse pour toiture. M. Cailliaud en estime la population de 6 à 7000 àmes. Elle a encore déchu beaucoup depuis lors, car M. Hoskins qui l’a visitée en 1833 ne lui accorde que 6 à 700 maisons et 3500 habitans. Avant l'invasion des Egyptiens, Chendy était l’entrepôt principal du commerce de la Nubie et son plus grand marché pour les esclaves ; ses négocians entretenaient des relations suivies avec ie Sennaar, le Kordofan, le Dar- Four, le Dongolah, et par Souakim avec l’Arabie. C’est dans un village près de cette villé que Nimr, ancien roi de Chendy, dépossédé par Ismayl-pacha, mit le feu à Ja maison habitée par ce derniér et le brüûla ; cette mort a été le signai du soulèvement général qui éclata à cette énoque contre les Egyptiens dans les provinces conquises, depuis l’extrème frontière du Sennaar jusqu'à celle de la Basse-Nibie.

Dans un rayon de 2; milles on trouve: Naga, lieu misérable, peu éloigné de la rive droite du Nil, où l'on voit encore les ruines de sept temples. El-Meçaourat, autre endroit qui n'est remarquable que par les restes de huit temples ou sanctuaires, M. Cailliaud regarde ces granües constructions comme appartenant au co/lège célèbre, où , loin du tumulte des villes, les prêtres de Méroë instruisaient de jeunes adeptes dans la connaissance des dogmes religieux et des sciences dont ils étaieut dépositaires. Les figures informes el les noms gravés en caractères éthicpiens par des élèves, ruppelérent à M, Cailliaud le griffonnage que l’on voit encore sur les murailles intérieures des casernes de l'antique Pompeia. Assour ou achour, petit village, sur la rive droite du Nil, au-“essous de Chendy; tout près se trouvent, selon M. Cailliaud , les ruines de Méroé, ville jadis si célèbre par ses monumens, par son <°: merce par son oracle de Jupiter Ammon et pa: son roi pontife, que ce dieu mème était censé choisir parmi ses prêtres. M. Cailliaué y vit un grand nombre de pyramides. L'ile de Kourgos (Kourgqos), où l’on voit, selon M. Rüppell, trois groupes de mausolées antiques, ayant la forme de pyramides ; ils sont ornés de sculptures; l'un de ces groupes se compose de 21 pyramides.

PAYS DE DAMER, le long du Nil et de l’Atbarah. Ce petit étai était naguère régi par plusieurs prêtres mahométans présidés par un pontife de leur religion (el-Fakyh-el-Kebir). DAMER, près du confluent de l’Atbazah dans le Nil, jolie petite

ville d'environ 500 maisons, avec des rues droites et bordées d'arbres qui aboutissent à une belle inosquée. C’est l'école la plus célèbre de l'Afrique-Orientale, dans laquelle sont élevés et instruits plusicurs jeunes mahométans envoyés non-seulement des conîrées voisines, mais aussi du Dar-Four, du Sennaar ct d'autres pays éloiganés, Damer est en outre unc place d’un grand commerce pour tonte la Régior: du Nil,

PAYS DE BARBAR, le long du Nil, habité par des Arabes de la tribu Meyrefab, ANKHEYRE , Sur la rive droite du Nil selon Bukhardt, et EL- Meruevye sur la même rive, selon M. Cailliaud, en est la capilate, On y fait un commerce assez considérable.

PAYS DES CHAYKYÉ, le long du Nil. Avant l'invasion d’Ismayl-pacha , c'était une république militaire gouvernée par trois #eliks principaux nommés Chauss, Zibert et Omar; ces chefs avaient chacun sous leurs ordres trois autres chefs subalternes, qui commandaient des corps de troupes. Ces Arabes devinrent redoutables à leurs voisins, surtout au Dongolah, au Barbar et à l'Halfay, sur lesquels ils dominèrent pendant quelque temps. Les Chaykyé furent ceux qui opposèrent le plus de résistance aux troupes des Egypliens. Parmi les lieux les plus remarquables nous nommerons :

Konri , petite ville sur la rive gauche du Nil; on la regardait comme la capitale de l'état.

Hanxek, sur la rive droite, à laquelle M. Cailliaud accordait 2000 habitans avant sa ruine, ME- RAaouY , encore plus petite, mais dans le voisinage de laquelle se trouvent les imposantes ruinesdumont Barkal, regardées par M. Cailliaud, comme les restes de Napata, qui pendant plusieurs siècles fut, après Méroë , la capitale de la Nubie , et qui fut détruite par Petronius, général romain. On y voit encore deux groupes formés chacun par plusieurs pyramides, plus petites que celles d'Egypte, mais accompagnées comme celles d’Assour, de sanctuaires extérieurs ou de petits temples; ensuite un grand temple très dégradé, qui, par son étendue, le grand nombre de colonnes, de sphinx , d’autels en granit couvert des plus belles sculptures, et par sa grande salle hypostyle, doit être rangé au rang des plus beaux monumens de l'Ethiopie-Inférieure. Le {yphonium placé à la moitié de la montagne est le plus beau reste encare subsistant de ces magnifiques ruines, que M. Waddington, qui les a visitées le premier, croit être plus anciennes que celies de l'Egypte. Nouni, misérable :a1droit, à la gauche du Nil, remarquable par .es grandes pyramides, plus efilées et beaucoup plus petites que celles d'Egypte. Les chevaux des Chaykyé sont les meilleurs que l’on connaisse parmi les races arabes.

PAYS DE DONGOLAH, le long du Nil. En 1814, ce pays élait tributaire des Chaykyé, auxquels il fut enlevé par les Mamelouks échappés dé l'Egypte, qui en furent eux-mêmes dépouillés en 1820 par Ibrahim-pacha. Le Dongolab, qui dans le moyen âge était la puissance prépondérante de la Nubie, n’est plus reconnaissable , tant il a perdu sous le rapport de l'étendue, de

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