PP EE ER RE TR
rues droint à une élèbre de élevés et 8 envoyés nais aussi pays éloi- ‘un grand É labité par EYRE , Sur L, et EL- Cailliaud, rce assez
\il. Avant épublique rincipaux ces chefs is autres des corps utables à u Barbar rent penent ceux ux trouplus re-
du Nil; le l'état, M. Cailine, MEle voisintes ruir M. Caila, qui éroë , la par Pe- )re deux DyYTamimais acle sancensuite par son nes, de is belles le, doit mens de acé à la ‘ste enes, que remier , Egypte.
du Nil, 5, plus es d’E- 8 meilarabes.
Nil, En $, auxhappés épouilab, qui pondéssable , ue, de
agen hais
PE AOC a mc
la fertilité et de la population. Opprimés depuis 60 ans parles Chaykyé , ses habitans ont émigré en grand nombre dans le Barbar, le Chendy et jusqu’au Kordofan et au Dar-Four. Les lieux les plus remarquables sont :
Manakan Où NouvEau-DONGOLAH, gros village à la gauche du Nil, construit, il y a quelques années , par les Mamelouks, qui ont abandonné le Vieux-Dongolah. M. Cailliaud le regarde aujourd'hui comme le lieu le plus considérable de tout le Dongolah, et M. Rüppell ajoute qu'il est la résidence du commandant turk qui étend sa juridiction depuis Ouadi-Halfa jusqu'à Ouadi-Gammer. DonGoLau ou Vieux-DoncoLAu (Dongolah-Agouz), sur la rive droite du Nil, ville la plus grande, la plus peuplée et la plus riche de la Nubie pendant le moyen âge, réduit: maintenant à ur simple village d'environ 300 uabita::s. L'ile d’Anco , remarquable par sa fertilité et surtout par des vébris d’anciens édifices et par deux statues colossales visitées pour la première fois par M. Waddington.
PAYS DE MAHAS, le long du Nil. TvnarEen, misérable village à la droite du Nil, est le lieu le plus considérable ; on y voit les ruines de plusieurs églises coptes. Sescé et GOuRIEN-TAOUA, misérables villages à la gauche du Nil, remarquables par les ruines de leurs anciens {emples. M. Waddington signale un de ces temples en ruines, dit aussi de Soleb, à cause du voisinage du hameau de ce nom, comme an des plusgrands et des plus remarquables par son élégance ; l’état de ses ruines lui rappelait celles qu'il avait vues à ségeste, à Phigalée ct à Sunium.
PAYS LE SOKKOT , le long du Nil. AMARAH, sur la rive droite, est le lieu i: plus remarquable; on y voit les restes d'un beau {emple égyptien. L'ile de Sis, où il s'était formé une petite république arisiosratique , qui, sur son refus de payer les impôts, a été détruite en 1823 par les troupes lu vice-roi d'Egypte ; le château de Says a été rasé.
OUADY-EL-HADJAR, le long du Nil. C’est une contrée stérile et presque déserte. SEMNEH, misérable hameau , remarquable par le {emple égyptien qui se trouve vis-à-vis de l’autre côté du fleuve.
PAYS DES BARABRAS (Qenous ou Kenouz), dit aussi communément BASSE-NUBIE,; il s’étend le long du: Nil, entre la cataracte d’Ouady- Halfa et celle d'Assouan ou Syène, nommées communément la seconde et la première cataracte. DErr, sur la rive droite du Nil, petite bourgade de 200 maisons, dont la plupart des habitans soni d’origine turque : M. Richardson en 1817 lui accordait 3000 habitans; on la regarde comme la capitale de la Basse-Nubie, ou de la Nubie-Ottomane. On trouve dans ses environs beaucoup de ruines et un {emple égyptien taillé dans le roc, dont M. Champollion attribue la construction à Sésostris. Les lieux suivans, le long du Nil, quoique de misérables hameaux, sont impoitans par les suines d'anciens édifices et par leurs anciens temples égyptiens.
Ouaoy-Hazra, village remarquable par la cataracte que le Nil forme dans son voisinage.
Déjà plusieurs voyageurs modernes ont signalé l'extraordinaire exagération des géographes anciens et modernes sur la hauteur qu'on lui attribuait; maigré cela, par une inconcevable négligence, plusieurs géographes portent encore à vlusieurs centaines de pieds sonélévation, qui n’e:t que de quelques pieds. On y voit aussi les débr : de trois temples égyptiens, dans un desquels M. Champollion retrouva des colonnes, qu'il regarde comme l'origine des ordres grecs.
EssaunoL. Près de ce misérable hameau se trouvent les plus magnifiques excavations de toute la Nubie, visitées et décrites de nos jours, d'abord par MM. Drovetti, Burckharüt et Belzoni, et ensuite par Richardson ,Rifaud, Gau , Champollion, Rosellini ct ’2utres voyageurs. Le f{emple d’4thor, dédié par ia femme de Sésostris-le-Grand, est le plus petit ; il est décoré extérieurement d'une façade contre laquelle s'éiévent 6 colosses de 35 pieds chacun environ, taillés aussi dans le roc et d’une excellente sculpture. Ce temple est couvert de bas-reliefs dont plusieurs sont très intéressans. Le grand femple est une autre construction du grand Sésostris, excavalion immense , dont le travail qu’elle a dù causer effraie l'imagination. Le sable du désert, continueliement apporté par les vents, s’accumule à l’entrée de ce magnifique monument et nécessite de nouveaux déblaiemens chaque fois qu’en veut y pénétrer. La facade est décorée de 4 colosses assis, de 61 pieds de hauteur, et rcprésentant Rhamsès-le-Grand ou le grand Sésostris. La première salle de l’intérieur c5t soutenue par8 pilierscontre lesquelssontadossés autant de colosses de 30 picds chacun, représentant Sésostris. Sur les parois de celte vaste salle règne une file de grands bas-reliefs historiques, relatifs aux conquêtes du Pharaon en Afrique; celui qui représente son char de triomphe, accompagné de groupes de prisonniers nubiens, nègres, etc., de grandeur naturelle , offre une composition de toute beauté. Les autres 16 salles abondent en beaux bas-reliefs relig.eux, )ffrant des particularités fort curieuses. Les couleurs appliquées à ces sculptures semblent avoir conservé leur éclat primitif, Le temple est terminé par un sanctuaire, au fond duquel sont assises quatre belles statues bien plus fortes que nature et d’un très bean travail,
IvRim, qui parait être la PREMNIS de STRABON ; c’est un misérable endroit, avec une citadelle en ruine, On y voitencore 4spéos ou excavations dans la roche, qu’il ne faut pas prendre pour des tombeaux et qui sont de la plus haute antiquité ; le plus ancien remonte, selon M. Champollion , au règne de Thouthmosis 1‘, et le plus réceut au règne du grand Sésostris, AmanaA, où ce trouve un {eznple fort encombré de sables ; ilest surtout remarquable par la beauté de ses sculptures qui appartiennent à la belle époque de l'art égyptien. M. Champollion regarde les 4 colonnesde ce tempie, fondé par fhouthmosis 111 ou Mæris, comme le lype de la colonne dorique grecque.
Sesoua , village habité par des Arabes Aleykat adonnés au commerce. On y voit un grand hémnispévs, L'està-dire un édifice moitié construit en pierre de taille et moitié creusé dans le rocher,
M. Champollion le rc-arde comme le plus mauvais ouvrage de l'épov 1e du graud Sésostris. Le temple est précéac d'une avenue de sphiux accompagnés de statues colossales, la plupartenfouies sous les sables, ainsi qu'une partie du temple. MEHARRAQA, avec un lemple, DaAxkeu (Deqqeh , le Pselcis des anciens) , avec un temple remarquable surtout par ses sculptures mythologiques. Kincueëu (Ghirsché) , avec un Aemispéos du temps de Sésostris. La partie excavée dans le rocher , travail immense , a été dégradée, avec une espèce de recherche, probablement par les Perses sous Cambyse. La grande salle est soutenue par six énormes piliers dans lesquels sont taillés six colosses , offrant le singulier contraste d’un travail barbare à côté de bas-reliefs d’une fort belle exécution.
Danpour , avec un petit temple non achevé, du temps de l’empereur Auguste, En face de Dandour , MM. Champollion et Rosellini ont découvert un éco qui répète fort distinctement et d’une voix sonore jusqu'à onze syllabes.
Kazasscut (El-Galabcheh, le Talmis des anciens); c’est le plus grand village qu'on rencontre entre Assouan et Derr, quoiqu'il n'ait qu'environ 200 familles ; il est situé presque sous le tropique. Son grand temple, que Burckharüt regardait comme un des plus précieux restes de l’antiquité égyptienne, n’a jamais été terminé; construit sous Auguste, Caligula et Trajan, il a servi plus tard d'église aux chrétiens. M. Champollinn juge ses sculptures d'un goût barbare. Tout près est situé l’intéressant monument de Beyt-Oually, spéos remarquable par les bas-reliefs historiques qui le décorent et qui sont d'un fort beau style. TEFFAu, KanDasex et DEpour, petits villages remarquables par leurs temples. ,
CONTRÉE ORIENTALE. Nous comprenons sous cette dénomination tous les pays silués entre l’Atbarah , le Nil et la mer Rouge. De vastes déserts vers le Nil, et des montagnes escarpées vers la mer Rouge, occupent la plus grande partie de cette subdivision de la Nubie, parcourue dans tous les sens par plusieurs tribus nomades qui appartiennent à la famille Troglodytique et à la nombreuse nativn Arabe. Les tribus les plus
importantes comprises dans la première sont * les Bichariens où Bisharres proprement dits, sur le territoire desque!s se trouve OLA, misérable village, avec un port sur la mer Rouge; c'est leur marché principal, Les Hadendoa, qui habitent le fertile canton nommé Be/ad-el- Taka elles vallées des montagnes ZLangay ; plusieurs s’adonnent à l'agriculture. Gos-Rebyag, sur l’Atbarah, est regardé comme leur chef-lieu. Selon Burckhart, on trouve dans les collines voisives des monumens importans et d'anciens tombeaux habités par des families de cette tribu, Les Hammadab ou Hammadeh, qui demeurent le long de l’Atbarah. ATBARAu, sur l'Atbarah, village de 100 familles, est l'endroit le plus important de leur territoire. Les Ha/lenqahs, qu'on classe parmi les Arabes, mais qui nous paraissent devoir être rangés parmi Îles peupies de la famille ‘Troglodytique ; ce sont de terribles brigands qui volent et pillent les tribus voisines. Dsssec-Dvin ou Danasy (mont d'or), montagne jadis exploitée, mais non encore épuisée.
Souaxim, dost une partie est située sur un ilot et le reste sur le continent; c'est la place märitime, sur la mer Rouge, la plus commerçante de toute la région du Nil, et un des plus grands marchés pour les esclaves. Burckhardt évalue sa population à 8000 âmes, la plupart Arabes et Hadereb, tribu des Bichariens. Cette ville est gouvernée par un émir qui autrefois n'était dépendant que de nom du pacha de Djidda en Arabie, mais qui aujourd'hui parait ètre entièrement soumis au vice-roi d'Égypte. Son port est un des meilleurs et des plus fréquentés de la mer Rouge.
CONTREE JCCIDENTALE,. Cette partie, beaucoup main; grande que la précédente , s'étend à l'ouest du Nil et comprend les pays suivans : le désert de Bahiouda, que parcourent les Arabes Hassanyeh, dont plusieurs s’adonnent au commerce , et les 4rabes Kababich; et le désert qui côtoie le bord occidental du.Nil, et au milieu duquel se trouve l’'oasis de Selimeh, remarquable par les couches de sel gemme exploitées annuellement par les Arabe nomades des cantons limitrophes.
EÉyypte.
Cette contrée, si puissante sous les Pharaons, si riche sous les Ptolémées et encore si importante sous les rapports historique et archéologique, va fixer pour quelques momens notre attention. C’est l'Egypte qui, mère des sciences et des arts, a instruit la Grèce, et c’est la Grèce qui ainstruit les Romains pour nous instruire plus tard nous-mêmes. Après avoir, pendant plus de mille ans, éclipsé les plus glorieux empires, après avoir , sous Sésostris , subjugué une grande partie de V’Ancien-Monde, elle a fini par devenir successivement le jouet des Perses, des
Romains, des Arabes et des Turks. La tyrannie et les fléaux qui l'accompagnent l'ont dépouillée de quelques-uns des titres de son antique gloire ; mais son nom seul ébranle encore l’imagination , et | s souvenirs de Thèhes, de Memphis et d'Alexandrie , les noms du lac Mæris et du labyrinthe, les pyramides et les obélisques , traverseront tous les siècles. 11 nous convenait d’antant mieux d’arrêter ici pour quelques instans les regards que ce n'est qu'à la fin du dernier siècle qu'une armée française, pénétrant dans l’ancienne patrie des Pharaons, les savans
ère sont :
ment dits, BA, Migéjuge ; c'est 7, qui halad-el- Langay ; S-REDJAB, chef-lieu.
s collines d'anciens de cette h, qui de- RAH, Sur t l'endroit Les Halbes, mais parmi les ce sont de les tribus nt d'or), n encore
ur un ilot la place commer- | des plus urckhardt à plupart ns. Cette autrefois de Djidda t'ètre en- Son port entés de
ie, beaus'étend à ivans : le urent les, adonnent ch; et le | du. Nil, de Ser de sel 8 Arabe
ks. La agnent des ti- )n nom ,etis his et eris et es obécles. IL arrêter ds que siècle t dans Sa vans
D 2 A A mor a 5 à sm mt mms
nn cb 0
qui l’accompagnaient purent enfin présenter à l’Europe, dans le plus daenitiue ouvrage quon ait publié, le tableau compiet des débris qui ornaïent encore ceite illustre contrée; c’est à peine s’il y a queiques années, qu’un autre savant français est parvenu à déchiffrer , avec une rare sagacité, une partie des témoignages inscrits sur ces restes de l’antiquité , ce qui a permis d’eu fixer à-la-fois l’origine et l’objet. Une autre circonstanre , qui méritait presque autant notre attention, ce sont les nobles tentatives que fait le pacha actuel d'Egypte, Mohammed Ali ; pour rendre à cette contrée une partie de son ancien éclat. Quel spectacle plus curieux pour le philosophe que celui d’un peuple qui essaie de sortir de la barbarie, et dont les efforts sont partagés par les peuples voisins. C’est même par là que notre plan nous commande de commencer. Nous avons indiqué ailleursles sources principales auxquelles nous avons puisé les faits exposés dans cette courte description ; mais la reconnaissance nous impose le devoir de signaler ici les savans qui ont bien voulu nous aider dans cette tâche difficile. C’est à lobligeance de M. Jomard, qui, aidé de Pinfluence et de la coopération active de M. Drovetti, consul-général de France, et d'Osman-Nourredin-bey, a tant contribué à opérer cette régénération morale, que nous devons l’aperçu suivant sur le gouvernement actuel de l'Egypte, sur les progrès que les arts et les sciences de l'Europe y ont déjà faits, ainsi que le tableau de ses divisions administratives actuelles. Pour PEgypte antique , M. Champollion nons à ouvert ses portefeuilles , communiqué ses souvenirs et même des résultats que l’ordre de ses travaux ne rendra publics que long-temps après l’apparition de notre ouvrage :
ainsi l’obligeance du savant interprète de l'Egypte des Pharaons a été inépuisable comme sa science,
Voici ce qu'écrivait en 1333 M. Jomard : « On a en ce moment sous les yeux une sorte de phénomène moral bien fait pour frapper, et cependant presque inaperçu. Le bandeau du fanatisme et de l'ignorance tombe par degrés des yeux des Orientaux qui, depuis ‘inq ans, sont venus chercher la lumière en France.
Si l'on comparail l'état actuel des jeunes Egyptiens qui se sont instruits à Paris et sur d’autres points du royaume, àvec ce qu'ils étaient en y arrivant, avec ce qu'était l'Egypte elle-même
dans les années antérieures, ou ce qu'elle est encore dans la plus grande partie de son territoire; si on se reportait au point de départ de tous ces missionnaires de la civilisation, on scrait grandement surpris du chemin qu'ils ont fait. Un serait étonné surtout de l'aptitude singuliére que plusieurs d'entre eux ont montrée, nonseulement pour les arts européens, pour l'industrie et les sciences utiles à la société, mais encore pour les principes de la civilisation moderne, pour les idées fondamentales de la s0ciété européenne, si différentes de celles des peuples de l'Orient. 1] est vrai que le perfectionnement graduel de ces étrangers, et leur contact sontinuel avec nos mœurs et nos usages, nous ont accutumés à ce singulier changement. N'était-il pas, après tout, bien déraisonnable à ceux qui propôsaient de leur refuser le secours de l'instruction (sous prétexte de ieur inaptitude), d'imposer des bornes aux facultés humaines, comme si l’on pouvait déterminer rigoureusement la mesure de l'intelligence dans une race ou dans l'autre, et d'en faire un privilège exclusif pour l'Europe ; comme si la portée de l'esprit humain était fixée à toujours, par le climat, les préjugés et les institutions! Quant à ceux qui, par intolérance religieuse ou politique, s'opposaient à ce qu’on instruisit des barbares, il faut les plaindre plutôt que de leur répondre.
Il suffisait presque, pour réussir dans une telle tentative , d'étudier avec soin le caractère de ces Orientaux , de leur préparer les voies en les mettant promptement en possession de la langue française, qui devait leur servir de clef pour pénétrer plus avant. ll fallait teur inspirer le goût de l'étude par des occupations variées et agréables, et en même temps s’efforcer, par le ressort de la discipline (quoique bien nouvelle pour eux), de les habituer au travail et de vaincre l’apathie orientale ; opposer enfin aux obstacles moraux el matérielsunepatieute persévérance etdessoins vigilans, sans quoi l’on n’évitait pas les écueils où d’autres étaient tombés quelques années auparavant.
Avant de donner un aperçu du résullat des soins qu'on a pris pour inilier aux sciences et aux arts les 90 Egyptiens venus successivement en France depuis 1826 , il faut donner une idée de l’état actuel des choses en Egypte; on sera mieux disposé par là à augurer favorablement de l'avenir de celle jeunesse, car l'incertitude de son avenir était encore le sujet d’une autre objection contre l'atilité de cette entreprise philantropique. Si l'Egypte n'avait pas marché elle-mèine dans la route de la civilisation , l’on pouvait craindre que les etforts tentés en Europe n'eussent pas de résultats, et il fallait travailler à un état de cioses qui permit aux adeptes égyptiens de retrouver dans leur patrie qu2iques secours pour se perfectivnner, et d'y respirer encore, pour ainsi dire, une atmosphère scientifique. Heureusement que les germes déposés sur ce sol fécond par l'expédition française ne s'étaient pas éteints. La tradie tion en est vivante encore et dans toute sa force. Persuadé sans doute qu’il faut, pour civiliser un pays, commencer sur-le-champ, et sans perdre un moment, par l'éducation , comme Où com-
mence un jardin par les plantations et un édifice par les fondemens , le vice-roi a fondé plusieurs écoles de mathématiques et de médecine, Un génie supérieur pouvait seul songer à des créations si étrangères au sol égyptien , tel que la conquête de Sélim l'a façonné. Il faut savoir que Mohammed-Ali entretint d'abord à ses frais non-seulement les élèves de ces écoles, mais jusqu'à leurs familles. La première école, connue sous le nom de Casr-el-aïn (du nom d'un bâtiment situé entre le Caire et le Nil), a fourni le plus grand nombre des jeunes gens envoyés en France en
1826, à la vérité trop âgés, bien peu préparés, et, si on peut le dire, à peine dégrossis. En y ren trant comme maitres, plusieurs de ces jeunes gens y porteront les bonnes méthodes et les moyens d'arriver à de plus grands succès, d’obtenir des résultats positifs et efficaces.
L'école de médecine atlachée à un hôpital, l'un des plus grands qui existent, fait de son côté des progrès réels, surtout dans les opérations chirurgicales. Elle compte plus de 300 élèves et possède un grand nombre de sujets qui se distinguent déjà par la science et la pratique. Ces deux derniers établissemens, situés à Abou-Zabel, à 42 milles au nord du Caire , n’en font qu'un; ils fleurissent sous la conduite d'un habile médecin français, le docteur Clot.
Une grande école centrale est projetée en ce moment pour l'enseignement des principales connaissances et professions savantes ou industrielles. Ce projet gigantesque comprendrait le plan d'une école polytechnique associée à celui des différentes écoles d'application, soit pour les services et les travaux publics, soit pour les arts chimiques, économiques et mécaniques , et même pour le commerce et l’agriculture. Quoique l'Egypte ne soit pas mûre pour une si vaste conception , toutefois il faut dire que plusieurs des élèves de l'école franco-égyptienne seront dans peu d'années en état d'enseigner douze ou quinze professions ou branches des sciences et des arts; quant à la dépense , elle ne peuteffrayer le prince qui a tant fait de frais pour l'instruction, pour les canaux et l’industrie, et qui entretient si généreusement les grandes écoles d'Egypte et de France. On sait qu’il a introduit l’émprimerie, les machines et les bateaux à vapeur, l'art télégraphique, l'éclairage au gaz hydrogene et bien d’autres améliorations , encore étrangères à plus de la moitié de l'Europe. Et qu'on ne dise pas que de pareils changemens sont prématurés, que tout finira avec lui, qu’un insensé seul peut se livrer à des rêves d'amélioration ou lutter contre l'ignorance et le fanatisme du pays. Pour réaliser ces changemens il fallait frapper les esprits et les yeux par les merveilles des arts de l'Europe , ouvrir des canaux et planter des routes, exploiter le sol et accroitre ses produits, communiquer avec toutes les contrées voisines, former une armée puissante et défendre ses frontières de terre et de mer, appeler l’industrie à mettre en œuvre les matières premières dont la vallée du Nil abonde; il fallait aussi comprimer l'opposition fanatique des ulemas, la résistance des Osmantis et de tous les partis. Il a fait toutes
ces chüses ot de plus grandes encore. Et si le monopole qu'on lui reproche est une tache à son administration; si en même temps cet acte , jugé tyrannique et contraire aux intérèls du commerce et de l'agriculture, lui a procuré les moyens de réaliser des entreprises si coûteuses; si son armée , aidée de puissantes ressources, est venue à bout d’assujétir l'Arabie, la Haute-Nubie et les contrées libyques du voisinage, de détruire par là l'influence barbare des nomades, si hostile, depuis un temps immémorial , à la culture et à toute civilisation ; si le prince est venu à bout, non pas à l’aide de mesures un peu oppressives, mais malgré ces mesures, de porter au loin la gloire du nom égyptien, et de le faire respecter mème de la puissante Europe et de bien des cnnemis, de tripler les revenus publics, de doter enfin le pays de cultures nouvelles, la postérité aura à décider s’il aurait réussi autrement , et s’il est au-dessous de Pierre-le-Grand, Nous pouvons même dès aujourd'hui décider si, à ce prix, l'amélioration de l'Egypte est payée trop cher, et si la France ct le reste de l’Europe doivent com: promettre les avantages que cet état de choses leur promet en Afrique, en arrétant l'impulsion donnée, ou mème en ne la secondant pas par un concours actif et zélé.
Voici un aperçu succinct des changemens survenus en Egypte depuis les dernières années, il résulte de pièces authentiques, dont la plupart sont encore peu connues jusqu’à présent.
Le changement des simples usages matériels est considéré quelquefois comme sans importance; mais, le plus souvent, cet abandon est très significatif: pour l'observateur qui réfléchit, et c’est surtout à l'Orient que cette vérité doit s’appliquer. Si, par exemple, ce qu’on nomme le costume oriental, si la pipe, la barbe et le turban y perdaient de leur crédit, il faudrait croire à une véritable révolution morale : or, c'est ce qa’on commense à observer en Egypte, surtout dans l’armée. Personne n'est plus scandalisé de ces changemens, même parmi ceux qui ne jies approuvent pas. L'ampleur des habits a diminué considérablement ; on se contente de couvrir la tête avec le tarbouch, ou profonde calotte; un grand mombre d'individus, même étraugers à l'armée , se rasent le menton.
Les provinces viennent d'être divisées en déparlemens, en arrondissemens et sous-arrondissemens, Des assemblées provinciales sont établies. Une assemblée centrale, ou divan général, composée des députés de toutes les provinces, au nombre de plus de 180 membres, a été réunie dans la capitale ; une trentaine d'officiers civils et militaires, attachés à l’administralion actuelle , en faisaient partie. Il y a eu, en août 4829, à Casr-el-Aïn , une première réunion de ce divan au palais d'Ibrahim-Pacha et en sa présence, dans laquelle on a délibéré sur les affaires de l’intérieur de l'Egypte.
Cette réunion se camposait : 1° des ministres des ulemas, des directeurs des différentes fabriques et de quelques fonctionnaires distingués, en tout 38 personnes, au nombre desquelles se trouvaient Albas-Pacha, petit-fils d:S. À. le vice-roi,
. Et sile che à son icte , jugé du comes moyens $; si son est venue bie et les ruire par si hostile, Iture et à u à bout, pressives, au loin la respecter en des cnde doter | postérité ement , et ous pouà ce prix, )p cher, et vent com:
de choses impulsion as par un
nens surinnées; il a plupart t
tériels est portance; rès signi- , et c'est it s’applie le costurban y ire à une ce qu’on out dans sé de ces » lies apdiminué ouvrir la otte; un ugers à
s en désous-arinciales , Ou dile toutes 80 memrentaine à l’admily aeu, ère réuha cten é sur les
inistres
es fabrigués, en se trouice-roi,
DU ne te es + -d'ee