‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 478 sur 628 · SR D ME SRI PET LE · texte numérisé non relu

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Elle doit son origine à une réunion de marchands formée à Irkoutsk , sous la direction de Chelekhoff, qui obtint de l’empereur Paul le privilège exclusif de faire le commerce des pelleteries aux iles Aléoutiennes et autres contrées voisines ; l’empereur Alexandre l’étendit sur toute l’Amérique-Russe, La capitale ou la principale factorerie fut d’abord placée dans l'ile de Kodiak; mais les loutres de mer devenant toujours pius rares dans les iles Aléoutiennes, il fallut faire des expéditions plus au sud-est, chasser ces animaux dans l’arcihipel du Roi-George , et M. Baranoff, qui était alors gouverneur , y fonda la Nouvelle-Arkhangel qui, plus tard, devint l'établissement principal et par conséquent la capitale de cette partie de l’empire-Russe. Nous avons déjà signalé ailleurs la domination purement de nom que les Russes exercent sur ces vastes solitudes. Quelques tribus qui vivent le long des côtes, font le commerce des fourrures avec les Russes, et reconnaissent parfois, de nom seulement , la suzeraineté de l’empire ; toutes les autres, ainsi que celles de l’intérieur, sont entièrement indépendantes ; on peut même dire que la plus grande partie, de l’intérieur de la partie continentale est encore inconnue aux Russes. Cette nation n’y ossède encore que quelques faibles tablissemens le long des côtes et quelques postes entourés de fossés et de palissades décorés du titre de fort. Malgré cela nous lisons à notre grand étonnement, dans des géographies récentes, que l'Amérique Russe est partagée en 8 provinces, qui prennent leur nom des principales tribus qui les habitent! En attendant que la civilisation pénètre dans ces solitudes, et que les Russes y augmentent leurs établissemens et les étendent dans l’intérieur, nous proposons de partager cette région en Partie Continentale et en Partie Insulaire.

C’est d’après ces deux divisions naturelles et géographiques que nous décrirons les faibles établissemens , que l’activité commerciale des agens de la Compagnie Russe et le zèle de quelques missionnaires grecs sont parvenus à créer au milieu de ces sauvages. Nous ajouterons comme une dépendance l'établissement de Bodega, dans la Nouvelle-Californie , que lon à prétendu avoir été abandonné par les Russes; nous ne saurions l'o-

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La PARTIE INSULAIRE, comme l'indique sa dénomination, ne comprend que des iles disposées en différens groupes ou archipels , que nous désignerons sous les noms les plus connus et les plus en usage, en allant du sud au nord :

L'Ancuirez Kozucuign, dénomination quenous proposons pour ce’ groupe d'iles qui d'après le dernier traité appartient aux Russes, et qui est habité par les belliqueux Koluches; il embrasse les groupes suivans, que les géographes qualifient aussi d'archipels.

L'archipel du prince de Galles, qu'il vaudrait mieux appeler groupe du prince de Galles, à cause de la grande étendue de son ile principale , qui porte ce nom et qui dépasse de beaucoup toutes les autres. {lt est habité par les Koluches mentionnés à la page 964, 11 n'offre rien de remarquable pour le cadre de cet ouvrage.

L'archipeldu ducde York, dontl'ike principale porte le même nom; il est habité par des tribus de Koluches.

L'éle de l’Amirauté (Admiralty), remarquable par son étendue , par sa belle végétation, par ses nombreux porls et par la férocité des Koluches qui l’habitent,

L'archipel du roi George III, qu'il vaudrait mieux appeler groupe du roi GeorgelIlIlI, à cause de la grande étendue de son Île principale nommée Sika par les naturels, du Roi George III par Vancouver, et Baranoff par les Russes. Sur la côte occidentale on trouve la NOuvELLE-ARKHANGEL, très pelite ville d'environ 1000 habitans, siège du gouverneur dont dépendent tous les autres établissemens de l'Amérique-Russe. Les fortifications, les magasins, les casernes, la cale de construction et toutes les habitations sont en bois ; cependant la maison du gouverneur a une sorte d'élégance pour ces sites agrestes. Tous les édifices publics etceux qui dépendent de la Compagnie-Américaine, ainsi que l'hôpital qu'elle a fondé, y sonttenus avec la plus grande propreté. Dans la maison du gouverneur on trouve même une bibliothèque assez considérable composée des meilleurs ouvrages russes et étrangers, et même une collection d’objets rares. les Russes et les Créoles font tous le service militaire et sont en guerre avec les Koluches, qui en 1808 ont détruit Sika, le premier établissement fondé dans cetie île. M. Morineau, qui a visité cette côte il y a quelques années et auquel nous empruntons ces détails, dit que deux frégales et deux corvettes forment l’escadre ordinaire en station dans ces parages. La compagnie Russe- Américaine, qui a ici son bureau principal et ses plus grands établissemens, possède une quinzaine

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200 tonneaux ; les petits sont employés à recueildiv les fourrures sur les côtes, soit qu’ils les obtiennent de leurs échanges avec les tribus sauvages, soit qu'elles proviennent de la chasse des Kodiaques; ils servent aussi à escorter Îles cayouques expédiées pour la pêche par escadrilles de 60 à 60. Les grands bâtimens sont presque toujours commandés par des officiers de la marine impériale, que le gouvernement regarde comme en activité de service public et qui conservent par conséquent leurs appointemens. Mais le bénéfice provenant du commerce des pelleteries, que le gouvernement russe depuis plusieurs années protège de toutes les manières, a énormément diminué à la €hine, région qu'on doit encore regarder comme le plus grand débouché pour les fourrures et les peaux de loutre, «La peau de cet animal, dit M. de Humboldt, qui varie de couleur et de finesse avec l'âge, la saison et le sexe, est d’un noir de jais ; elle est si estimée à la Chine, qu'avant 1780 une peau de loutre était payée à raison de 40, de 60 et même de 100 à 120 piastres. Jusqu'en 1787, le prix se conserva jusqu'à 70 piastres pour les peaux de première qualité; mais depuis cette époque, les importations ont excédé de beaucoup les besoins du commerce, et la valeur de celte fourrure a tellement baissé, qu'en 1790 la plus belle peau de Noutka se vendait à Canton à raison de 15 piastres. » M, de Humboldt estime la valeur totale de toutes les sortes de fourrures d'animaux marins et terrestres introduites à la Chine par Kiakhta , année moyenne de 1802 à 1805, à 1,450,000 roubles, et il croit que les marchés de Canton et de Macao étaient à la même époque abondamment fournis avec 30 ou 35,000 peaux de loutre par an, dont ilestime la valeur à 600,000 piastres. Il parait que depuis lors le prix des fourrures a encore baiss“ ce qui a dù faire éprouver des diminutio:

considérables dans le bénétice que faisaient trefois cette Compagnie , celles de la Baie d'Hu son et du Nord-Ouest, mentionnées à la ” 1102, etles Anglo-Américains qui depuis quel, : années prennent une part si active à ce :

merce, Un voyageur russe, M. Chabelski, qu visité ces établissemens, à bord de l'4pollon, pendant les années 1821, 1822 et 1823, eslime à 800,000 francs la valeur des fourrures que l'empire Russe reçoit annuellement de ces colonies.

Le cuoure De Teuazkua (Hinchingbroke), dans le Prinz-William-Sound, formé par l'ile de ce nom et plusieurs autres moins considérables. Sur l'ile Tehalkha se trouve le Port-Elches, où les Russes ont un petit fort et un pelil élablissement,

Le cnoure DE Koniak , formé par la grande ile de ce nom et par plusieurs autres beaucoup moins considérables, que quelques géographes rangent dans le grand archipel des Aléoutiennes, La population de l'ile de Kodiak (St-Paul; Kikhtak) a beaucoup diminué par les maladies et par le grand nombre d’habilans que les Russes lui ont enlevé pour les établir, ainsi que les Aléoutiens, danstous leurs postes le long de la côte et sur les iles où ils ont fondé des colonies. Les Kodiaques sont robustes, actifs, habiles à Ja pêche, à la chasse

et excellens dans tous les travaux qui y ont rapport. Les Russes les emploient avec avantage aux différens arts professés dans leurs établissemens, Leurs embarcations, que l'on nomme cqyouques, sout un des produits les plus remarquables de leur industrie ; elles sont en forme de navette, entièrement recouvertes en cuir percé d'un ou deux trous, qui ne laissent que le passage du corps des pêcheurs. Sr-Pauz, petite bourgade sur la baie Lekhik (Læchik), était avant la fondation de la Nouvelle-Arkhangei le chef-lieu de toute l'Amérique-Russe, Nous nommerons ensuite l'ile Sitkhinak, très petite, mais importante par sa population, qui est assez concentrée relativement à ces contrées si pauvres d'habitans.

L'ancmPEL pes ALéoures (Îles Aléoutiennies).

1 nous semble plus convenable de borner cette dénomination à la «chaîne d'îles qui se développe entre la péninsule d'Alaska en Amérique et celle de Kamtchatka en Asie, Les Russes les partagent dans les quatre groupes suivans : les A/éoutes proprement dites, dont les principales sont : l'éle de Bering, sans habitans permanens et remarquable par son étendue et par le naufrage du célèbre navigateur Bering, qui y mourut en 1741; l'éle de Cuivre (Mednoï Ostrov des Russes) , également sans habitans permanens; elle doit son nom aux grands morceaux de cuivre qu'on ÿ trouva ; Atlou, la plus grande et, à ce qu’il parait, la plus peuplée de ce groupe; Aiska, la plus étendue du petit groupe des tles Rats (Khao, Krisji des Russes; Ralten des géographes allemands), subdivision des A’éoutes proprement dites. Les {les Andréanov (Nego), remarquables par leurs nombreux volcans; les iles priu onles sont Tanaga, Kanaga et Atcha; el! ‘acune un volcan et nous paraissent ls 4 :ées du groupe; 4m{ja (Amlai). Les ile: enards (Lisii Ostrovi, dites aussi ‘sat les principales sont : Oumnak, nndes, avec un volcan; Ouna- 8 peuplée de tout l'archipel et la r'étendue ; elle a un volcan; entre u récédente , il y a un vo/can sousmurin, où une Île volcanique produite pendant l'éruption de 1795; 4kutan, assez peuplée et remarquable par son volcan; Akun, une des plus peuplées; Ounimak, la plus grande de tout l'archipel; elle a un volcan et un siège épiscopal ; les Russes y ont une pelile garnison et un chantier de construction. Non loin est l’ilot Cougalga (Coogalga), qui, avec l'ile précédente, forme le passage qu'un savant marin regarde jusqu’à présent comme le plus sûr pour passer de la mer de Bering dans le Grand-Océan ; enfin Sannakh, dont le sol est regardé comme le moins ingrat de tout l'archipel.

Dans la mer de Bering nous nommerons le GROUPE DES ILES PriByzov, composé des iles St-Paul et StGeorge, remarquables par les deux établissemens d’Aléoutiens que les Russes y ont fondés pour exploiter plus facilement la riche pêche deslions marins; l'ile Nouxivor , dont la reconnaissance a été faite depuis peu ; on la croyait auparavant former partie du Continent-Amé!

cain ; elle est habitée et d'une étendue considé:

ble. À la page 803 nous avons mentionné l'ile de ST-LAURENT parmi les iles de cette mer qui sous paraissent devoir appartenir à l'Asie. Enfin, au milieu du détroit de Bering, nous citerons le petit GROUPE DES ILES DIOMÈDE, composé, selon Cook et M. Beechey, de trois iles, que ce savant marin nomme Fairway, Kkruzenstern, et Ratmanoff:

celle-ci est de beaucoup la plus grande; la première, qui n’est qu'un ilot, est très remarquable parce qu’elle forme avec la côle de l'Amérique, le meilleur passage entre l’Océan - Arctique et la mer de Bering. Il ne faut pas oublier que ce goupe, que M. le capitaine Kotzebue assurait èlre composé de quatre au lieu de trois iles, appartient par sa position autant à l'Amérique qu'à PAsis; cette dernière même peut en réclamer la plus grande partie, à cause du voisinage de la plus grande de cesiles.

La PARTIE CONTINENTALE offre dans son état actuel des établissemens encore moins importans que ceux que nous venons de décrire dans la Partie Insulaire, mais elle ne laisse cependant pas d’être assez intéressante sous plus d’un rapport que aous allons signaler à l'attention du géographe, du naturaliste et de l’ethnographe dans la description du petit nombre de points qui nous paraissent mériter quelques détails. En descendant du nord au sud nous suivrons la côte, seule partie de ces solitudes que l'on ait encore explorée, Nous la subdiviserons d’après les nations différentes qu'on ÿ a observées.

Dans le Pays Des Esquimaux proprement dits nous nommerons la Pointe-Barrow, ainsi nommée par le capitaine Beechey, en l'honneur de l'illustre secrétaire de l’Amirauté d'Angleterre, non moins congu par ses voyages et par ses savans travaux géographiques que par les mémorables explorations qui, par son conseil, furent entreprises aux frais du gouvernement, et qui remplirent tant d'importantes lacunes qu’offrait encore de nos jours la description du globe. Cette pointe est doublement importante comme /énile de l’exploration du Continent-Américain, que les Anglais ont faite par l’est sous la conduite de M. Beechey, et comme le point connu le plus boréal du Nouveau-Continent (lat, 71° 23" 31"); tout près se trouve unvi//age d’Esquimaux turbulens et peu hospitaliers, qui paraitétre le plus peupié de toutes ces régions arctiques.

Dans le Pays Des KireGxes, tribu comprise dans la grande famille des Esquimaux décrite à la page 965, s'élève le cap Glacé, limite de d’explioration arctique de l’immortel Cook.

On doit ajouter que la côte de ce pays et du précédent a reçu du capitaine Beechey le nom de Georgie- Occidentale (West Georgia).

Dans le Pays DEs TCHOUKTCi:, nous signalerons la péninsule formée par les golfes de Kotzebue et de Norton et par le détroit de Bering ; ce détroit, un des plus remarquables du monde, sépare le Continent-Américain du Continent-Asiatique ; le capitaine Beeche lui donne 52 milles d'ouverture, tandis que Coo ;:: luien avait donné que 44. P:?s

du capPrince Le ‘ailes, extrémité occideglals # : Nov ,eai-ontinert, se trouvent deux

villages ; celui de Xing-a-glhe est un des plus peuplés de ces contrées boréales.

Dans le Pays Des KONAIGUES , nous nommerons la longue péninsule d'Alaska, qui en occupe la plus grande partie ; elle est remarquable par ses deux hautes montagnes dont une est un volcan, et par le grand {ac Chelekhov, qu'un fleuve assez considérable puur ces parages, décharge dans le grand golfe de Bristol; l'établissementrusse le plus remarquable , quoique petit, est situé près du cap Douglas sur le détroit de Chelekhov.

Daus le Pays Des KENAÏZES, qui s'étend au nord du précédent entre la mer de Bering et l'Entrée de Cook (Cook’s Inlet), nous signalerons à l'attention du lecteur le vo/can vi par Vancouver sur la côte occidentale de l’Entrée de Cook, et Roda, petit établissement russe.

Dans le Pays DES TCHOUGATCHES, qui comprend la péninsule si remarquable formée par l'entrée de Cook et la baïe du prince William, que nous proposons «le nommer peninsule des Tchougatiches, on trouve le Fort Alexandre, une des grincipales factoreries russes.

Dans le PAYS DES OUGATACHMIOUTES, qui embrasse toute la baie du prince William et ses nombreusesiles, nous nous bornerous à nommer l'ile Tchalkha qui est la plus considérable et que nous avons déjà mentionnée à la page précédente,

Dans le Pays bes KOLUCHES, qui comprend le New-Norfolk ella partie septentrionale du New- Cornwall de Vancouver, nous signalerons d'abord le mont St-Elie, qui est /e point culminant de tout le monde connu au nord du sv° parallèle; Yakoutal (Yakoutat), la plus importante des factoreries russes sur celte partie du Continent; lemont Beau-Te mp s(mont Fairwealher), qu'à la page 939 nous avons rangé parmi les pius hautes montagnes du système Missouri-Mexicain auquel appartient aussi le colosse de St-Elie, A la page 1108 nous avons déjà indiqué les iles les plus remarquables qui appartiennent au Pays des Koluches.

Avaut de quitter ceite côte nous rappellerons au lecteur un usage singulier observé par des voyageurs chez plusieurs des peuplades qui l'habitent. Dans quelques cantons chaque tribu se distingue par les noms de certains animaux:

celle-ci s'appelle Loup, celle-là Aigle, d'autres prennent le nom du Corbeau et de l'Ours; lorsqu'on entre dans un village, on sait bientôt à quelle tribu il appartient, car la cabane du chef est couronnée d’un symbole qui représente cet aniüsal peint avec plusieurs couleurs, ce symbole les accompagne aussi à la guerre, el peut étre regardé comme leur drapeau.

Depuis 1808 ies Russes possèdent un établissement dans la NOUVELLE-CALIFORNIE, eplièrement séparé de leurs autres possessions et situé sur un terrain que les Mexicains regardent comme une partie de leur territoire. Cette petite colonie, que les Russes nomment Zodeg a, est siluée à quelques milles au nord du port de San-Francisco, à l'embouchure de la Slavinska-Ross. On nous avait assuré qu'il avait été abandonné; mais

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