‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 496 sur 628 · TABLEAU MINERALOGIQUE DE L'OCÉANIE · texte numérisé non relu

TABLEAU MINERALOGIQUE DE L'OCÉANIE

Diamans. Bornéo, les royaumes de Banjermassin

OR. Hornéo, royaume de Sambas , etc. ; Surnatra

8, de Sambas, de Sukadana et de Varouni.

+ ! M le ci-devant empire de Menangkab taut contrées de l'intérieur ; Ce/èbes’, presqu'ile du Rord-Est. Luce te: Bkabou, el autres Erain. Banka; Sumatra ; Billiton Linge ou Lis Est; Luçon ; Mindanao ; Timor.

Cuivre, Sumatra, royaume d'Achem; Luçon; Tinior';

Al le Luçon ; Feu. Büllilton; Sumatra, 1 ci-devaut empire de en

PLous, A4rchipel des Philippines , surtout li

Diemenie (Terre de Diémen), etc.

CuARBON DE TERRE. Australie, Nouvelle-Galles ;

See. Java; Celèbes ; Bali, etc.

véasraux. De même que pour l’Asie et l'Amérique , nous partagerons l'Océanie en plusieurs climats, dont nous examinerons successivement les productions végétales les plus dignes d’intérét. Les petites iles parsemées sur l’immense étendue de {a mer du Sud sembleraient, pour la plupart, des parcelles détachées du Continent-Américain. La nature de leurs plantes, qui ont une grande analogie avec celles du versant occidental des hautes chaînes dont le prolongement s’étend wesque sans interruption du nord au sud, clong des côtes de l'Amérique, confirme notre supposition. Mais les archipels qui avoisiuent la Nouvelle-Hollande, ceux qui, dans l'hémisphère boréal, se projettent vers l’Asie, participent aux végétations du littoral de ces vastes continens. C’est donc une végétation mixte et sans physionomie particulière que celle desiles Basses, Marquises, de la Société, des Amis, des Navigateurs, dela Nouvelle- Calédonie, Sandwich, Mulgrave, Mariannes, Philippines, etc., etc. On a remarqué seulement qu’elle est loin d’être aussi riche en espèces que celle des continens qui correspondent à ces iles. Leur éloignement et pour la plupart la nullité du commerce qui seul pourrait y attirer des Européens, sont, il est vrai, des obstacles à la connaissance des productions qu’elles recèlent. Mais si on fait attention à la petitesse de chacune d’elles, et si l’on observe en même temps que plusieurs expéditions ont été tentées à une époque où les richesses de la nature étaient explorées avec soin et discernement et par des hommes qui en ont fait un objet spécial d’études, on sera disposé à croire que nous possédons des données bien suffisantes pour former une flore générale de toutes les iles découvertes par Cook et par les navigateurs modernes. Les Forster et J. Banks, compagnons de Cook , Commerson celui de Bougainville, en ont,

8e; Celebes.

Celèbes; Australie, Nouvelle-Galles.

Australie, Nouvelle-Galles,

igkabou; C'elèbes, Loulou; Bornéo ;

Diermenie (Ferre de Diemen).

our ainsi dire esquissé les premierstraits.

billardière, dans la relation du voyage

à la recherche de Lapeyrouse , s’est surtout appliqué à faire connaître les plantes de toutes les iles où il est descendu. Entin les investigations récentes de MM. Gaudichaud, d’Urville et Lesson ont jeté beau -

coup de lumières sur la botanique l'Océanie. er

Parmi les Îles de la Société, de l'Archipel-Dangereux et des Marquises, Otahiti a été plus souvent visitée et mieux connue que les autres, qui d’ailleurs offrent avec elle une grande ressemblance dans leurs productions. Mais dans cette Île intéressante, une deni-civilisation a déjà forcé la nature à prendre plus d'homogénéité; elle a fait disparaitre unc foule d'êtres inutiles à l'homme, et les a remplacés par ceux dont il fait sa nourriture ou qui servent à ses usages domestiques. Les côtes offrent en abondance ce fameux arbre à pain (ar{ocarpus incisa), source de vie et gage de sécurité pour les indigènes , qui d'abord se contentaient de son fruit sauvage , mais qui ensuite l'ont amélioré par la culture. On sait que M. Labillardière l'a transporté aux iles de France et de Bourbon, et qu’il y a parfaitement réussi. Dansles bois quiombragent l'ile, on trouve peu de variété parmi les arbres et arbustes qui les composent. Ce sont des eugenta , des mimosa , des palmiers et quelques autres végétaux appartenant aux genresindigènes des climats tropiques. Les hautes montagnes de l'ile offrent, selon leur élévation , des plantes moins universellement répandues. M. d'Urville, qui les a parcourues , y a découvert plusieurs plantes nouvelles et surtout des fougères.

Les groupes d'iles connus sous les noms d'îles des Amis, des Navigateurs et Fidji, offrent une végétation très analogue à celle des iles de la Société ; cependant on remarque déjà plus de diversité dans la végétation Elles sont couvertes d’épaisses forêts, où domine le corypha umbraculifera, cet immense palmier qui se trouve :. aussi dans tout l'Archipel-Indien et dont les bracches en éventail servent de toitaux cases desindigènes. A l'ombre de ces bois croissent en abondance le {acca pinnalifida, le saccharum spontaneum, le mussænda frondosa et l'abrus precatorius , dont les grains d'un beau rouge de corail servent d'ornement aux peuplades sauvages. ‘

tee care ent ce gang er co

La nature s'est montrée trop prodigue envers les habitans de ces contrées, et c'est peut-être la principale cause de l'état stationnaire de sauvagerie dans lequel ils sont plongés. Elle leur a tourni tout ce qui était nécessaire à la vie et aux besoios les plus urgens, en plaçant sous leur main des végétaux alimentaires et convenables aux usages domestiques. lis ont néanmoins senti les avantages que la culture facile de quelques plantes pouvait leur procurer, et ils ont donné la préférence aux patates (convolvulus batatas), aux ignamnes (dioscorea alala), aux choux-carailes (arum esculentun et macrorhizum).

Quand ces végétaux ne leur suffisent pas, ils trouvent une nourriture exquise dans les fruits du spondias cy'therea nommés par les voyageurs pommes de Cythère, dans ceux de l'inocarpus edulis, dans les écorces mucilagineuses de plusieurs espèces d'Aibiscus. C'est encore avec les écorces de ces arbres et du müûrier à papier (broussonelia papyrifera), qu'ils fabriquent leurs étoffes; mais ils ignorent (les Otahitiens exceptés) l'emploi du coton, dont une espèce (gossypium religiosum) croit spontanément dans plusieurs Îles, Les belles nattes que fabriquent les indigènes de la mer du Sud sont faites avec les feuilles du vaquois (pandanus odoralissima). Une baisson très usitée chez ces peuples se nomme kuwa; ils la fabriquent en faisant digérer de l’eau sur les grosses racines d’un poivrier après les avoir màchées et réduites en boulettes. Les plantes dont nous venons de citer quelques usages, se retrouvent presque toutes dans la Nouvelle-Calédonie. Mais cette ile offre des montagnes élevées de plus de 2400 mètres, et conséquemment sa végétation n'est pas aussi uniforme que dansles petites iles. Maigré leur élévation, ces montagnes sont couvertes d'arbres jusqu’au sommet ; mais, comme partout ailleurs, on observe que les nelaleuca et les autres arbres qui sont gigantesques dans les plaiues, n'ont que de petites dimensions sur les hauteurs. Sur le rivage , les pandanus, les Leritiera, le barringtonia speciosa, étendent horizontalement leurs branches au-dessus des eaux. Les troncs des cocotiers, des areca, des caryota urens, sont couverts d'orchidées et de fougères parasites. Parmi les autres végétaux remarquables des forêts, nous mentionnerons : le bois

teck ({ectona grandis), arbre précieux pour la.

construction des vaisseaux ; le Casuarina equisetifolia , dont la dureté lui a valu de la part des navigateurs le nom de bois de fer , etquisertà la confection des instrumens des sauvages ; enfin, le cycas circinalis, ce végétal ambigu, qui semble tenir le milieu entre les grandes classes naturelles des monocotylédons et des dicotylédons. On le trouve fréquemment dansles bas-fonds; ses amandes grillées servent de nourrilure aux sauvages. Ceux-ci retirent de sa moelle un sagou qui est aussi un de leurs meilleurs alimens.

La grande ile que les voyageurs ont désignée sous le nom de Terre-des-Papouas ou Nouvelle- Guinée, est trop peu connue pour qu’on puisse parler exactement des végétaux qu'elle produit, MM. d'Urville et Lesson ont visité quelques points de ce dangereux pays, et d'après le rap-

port de ces savans naturalistes, il est diMcile de se faire une juste idée de la majesté de la nature dans les antiques forêts où ils ont pénétré. Des arbres dont le tronc est dénué de branches jusqu'à la moitié, élèvent à plus de 60 mètres leur cime chargée de feuilles et de fruits. Sous leur ombrage on ne voit qu'un petit nombre d'humbles végétaux que l'on retrouve dans plusieurs autres pays silués sous les tropiques. !l est à regretter que le séjour de ces savans ait été trop court pour leur permettre de reconnaitre la nature des beaux arbres dont ils contemplaient les fleurs d’un œil avide et impuissant. Néanmoins, tout porte à croire que le plus grand nombre appartient à la belle famille des /égumineuses , et qu'ils ont beaucoup de ressemblance avec ceux des régions équatoriales de la Malaisie ou de l'Archipel-Indien.

Nous ne dirons qu'un mot des îles Carolines, Mulgrave et Sandwich, parce que les végétaux des autres iles de l'Océanie s’y représentent constamment , à l'exception de quelques plantes qui leur sont particulières, Ainsi, le santalum album est très commun à Havaii, une des Sandwich, Les Chinois fout un très grand cas du bois de cet arbre , et l'on a vu un vaisseau expédié par une maison de commerce de Bordeaux , prendre das les iles Sandwich un chargement de bois de Sandal, pour le porter en Chine et le vendre à un prix très élevé.

Nous avons parlé jusqu'ici de pays dont chacun, considéré isolément, offre peu d'étendue; mais qui dans leur ensemble, occupent l’espace le plusconsidérable du globe. Nous avons dû, par conséquent, nous arrêter sur quelques contrées principales que, nous avons considérées comme autant de centres de végétations, lesquelles cependant n'offrent pas de grandes différences entre elles, parce que, appartenant à des climats analogues, les causes influentes auxquelles elles sont soumises ne sont pas extrèmement variées. Nous allons parler d'une région encore plus homogène , c'est-à-dire, dont tous les points vuffrent également et au plus haut degré, le luxe et la variété dans les productions végétales. Cette région, concentrée suus l'équateur entre le Continent Asiatique et celui de la Nouvelle-Hollande , nourrit la plus grande partie des plantes de l'Inde; on dirait mème qu'elle en est plus positivement la patrie, et que ces plantes atteignent leurs dernières limites sur le Continent de l’Asie. Ainsi, la flore de Bornéo, de Java et Sumatra se fond pour ainsi dire dans celle de l'Inde et de la Cochinchine. Mais ces iles sont tellement grandes et la plupart si peu connues jusqu’à ce jour, que l’on manque de données sur la végétation de leur intérieur, D'après ce qui a été recueilli et publié par les voyageurs anglais et hollandais, et surtout par M. Blume auteur de la Flore de Java, on doit penser que beaucoup de végétaux très curieux croissent exclusivement dans ces iles. Nous n’en citerons qu'un seul exemple, celui du rafflesia, plante parasite et surtout remarquable par la structure insolite et l’énormité de sa fleur.

Les Philippines et les Moluques sont depuis lungtemps célèbres par la beauté de leurs végétaux et

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aières , etles Hollandais en exerçaient le monole à l'exclusion de tous les autres peuples de

'Europe. Tout le monde connait la première con-

dition qu'ilsimposaient aux petits rois destlessou-

mises à leur domination. 1ls les obligeaient de détruire les girofliers dont la nature avait enrichi leurs domaines , et ils n'en laissaient culliver que dansla petite ile d'Amboine ; mais de courageux étrangers surent leur ravir ces biens usurpés , et depuis plus de 40 ans on cultive avec succès aux îles de France et de Bourbon , le girofier, le cannellier et plusieurs autres végétaux des Moluques.

Parmi les plantes les plus intéressantes qui croissentsous le beau ciel de ces îles fortunées , nous mentionnerons les suivarites : le palmier sagou

(sagus rumphii) ; des pédoncules de ses régimes

fraichement coupés découle une liqueur sucrée,

que l'on reçoit dans des tiges de bambou ; cette li-

queur épaissie donne le sucre couleur de choco-

lat, goula ilan des Malais. Leurs bois sont remplis d'arbres (elæocarpus monogynus), couverts jusqu'aux branches inférieures de fleurs élégantes; de cussonia thyrsiflora, dont lesfeuilles larges et palmées sont l'ornement des forèts ; de canarium commune , le plus grand de tous les arbres de ces climats; d'heritiera, qui se plait surtout près de la mer; d’eugenia malaccensis ; d'averrhoa carambola et de divers anonacées, parmi lesquelles on distingue surtout le cœur-de-bœuf (anona muricata). À l'ombre de ces forèts s'élève une foule d'arbres et d’arbustesqui , par leur élégance , ne le cèdent en rien aux grands arbres qui les protègent. Tels sont, le buis dela Chine (murraya exolica), l'abroma angusta , V'erythrina corallodendror, l'aga-

di grandiflorn , etc., etc.

À Celèbes, les rivages sont bordés de mangliers, de fruits à pain , de giraumons, de muscadiers uviforrces. Le corypha umbraculifera y forme de grandes forêts ainsi que le teck ({ectonagrandis) et le fromager(bombazx ceiba). Des allées de mimusops elhengi, de guilandina moringa et d'hibiscus tilixceus, sont plantées près des habitations et donnent un ombrage salutaire dans ces climats brûlans.

Tous les peuples des Moluques font usage du bétel. C'est une espèce de poivrier (piper siriboa) dont ils mâchent les feuilles avec de la cheau vive et de la noix d'arec. ;

Personne n’a mieux étudié soustous les rapports les plantes de l'Australie que M. R. Brown. Cé savant naturaliste , dans un ouvrage publié en 1814, a généralisé ses remarques à l'appui desquelles les voyages qui ont eu lieu récemment ont seulement fourni de nouvelles preuves. C’est donc à cette source que nous devons puiser la plupart des renseignemens susceptibles d’être offerts à nos lecteurs.

De tout l'immense espace qui constitue la Nouvelle-Hollande, on ne connait sousle rapport botanique qu'une partie des côtes; mais il y a lieu de croire que la découverte de l’intérieur du pays n’'amenerait pas celle d'un nombre d'espèces nouvelles, proportionnel à l'étendue

ne

des contrées que l'on visiterait, Nous savons par MM, d'Urville, Lesson et Sieber qu'aux environs du port Jackson, par exemple, la végétation, d'abord très riche, s'évanouit insensiblement en s'éloignant des côtes, ou du moins qu'elle n'en diffère pas beaucoup. M. Brown a fait observer que la moitié des plantes australiennes connues ont été récoltées entre les 33 et36° sud, et c'est entre ces parallèles que l'on trouve les végétaux qui particularisent la Nouvelle-Hollande.

L'ile de Van-Diemen (Diemenie) retient encore l'aspect général de la végétation de l'extrémité des côtes orientales et occidentales; mais déjà on n'y trouve pas en aussi grand nombre toutes les familles de plantes qui en font le trait caractéristique. Cependant le genre eucalyplus , les acacias hétérophylles (aphylles par avortement des folioles) et les épacridées s'y représentent en aussi grande proportion que sur le Continent- Australien.

On compte plus de cent espèces distinctes dans chacun des genres eucalyplus et acacia; et si l'on fait attention à l'immense quautité des individus ainsi qu'à leur dimension, on peut, en conclure facilement que ces genres composent plus de la moitié de la masse végétale de ces contrées, Le feuillage de ces plantesesttrès particulier etimprime un cachet original à la végétation des forèts australiennes. Chacune des feuilles, si l'on doit nommer ainsi les pétioles dilatés des acacias hétérophylles, cst dirigée verticalement, perpendiculaire à sa- tige, et présente ainsi ses deux côtés à la lumière. Cette disposition est moius générale dans les eucalyplus.

La flore de l'Australie renferme environ 4200 espèces que M. R. Brown distribue dans 120 familles naturelles; mais plus de la moitié de ces plantes appartiennentaux familles que nous allons mentionner. Les composées, les légumineuses, les euphorbiacées, parmi les dicotylédones ctles orchidées, \es graminées, les cypéracées, les fougères , parmi les monocotylédones, sont les familles les plus considérables; mais à cetégard; le nombre de leurs espèces n'est pas proportionnellement plus grand que celüi de ces plantes dans plusieurs autres régions.

Le nombre des espèces de quatre famillesremarquables (les nyrrtàcees, les protéacées, les épacridées et les resliacées) prédomine dans la Nouvelle-Hollande. Celui des myrtacées y atteint son maximum, car on-en a trouvé beaucoup plus dans cette contrée que dans tout le reste du monde. Le genre eucalyplus, dont nous avons déjà parlé, se compose d'espèces arhurescentes dont quelques-unes, comme par exemple, l'eucaly ptus globulus Labill, a quelquefois plus de 60 mètres de hauteur, et à la base une circonférence d'environ 10 mètres. Près de l'eucalyptus se place lé genre melaleuca, composé, ainsi que le metrosideros, de belles espèces arborescentes qui, à l'exception des melaleuca leucodendron et melaleuca cajeputi, habitent exclusivement l'Australie.

Les protéacées, les restiacées et les épacridées n'existent que dans l'hémisphère austral. Les plantes qui constituent les deux premières

1143 OCEANIE,

les sont également nombreuses, soit au cap de Bonne-Espérance, soitsur les côtes de la pointe australe de la Nouvelle-Hollande; mais elles ap-

&.tiennent à des genres fort différens, M. k.

rown à même remarqué qu'aucune espèce de protéacées n'était commune aux deux côtes opposées du mème pays.

D'autres families moins cousidérables ont le plus grand nombre de leurs espèces dans la Nouvelle- Hollande, Telles sont lesgoodenoviers , lesstylidées , les myoporinées, les diosmées , ele. Dans les familles qui habitent également les autres régions du globe , les genres de la Nouvelle- Hollande sont très distincts des autres. Ainsi,

armi les légumineuses, on distingue facilement

es genres acacia, plalylobium, bossiæa , hovea, etc.; parmi les diosmées, les genres boronia, correu, phebalium, etc.

Les espèces se distinguent encore plus aisément de celles qui sont indigènes d'autres contrées. On ne compte, en effet, que 400 espèces phanérogames environ qui croissent ailleurs , parmi lesquelles il y en a quelques-unes d'européennes. 1l est remarquable que ces dernières sont toutes des plantes aquatiques ou qui aiment le bord des eaux, comme, par exemple, les éhrum, quelques graminées et cypéracées,lesamolus valerandi, etc. Quant aux cryplogames proprement dites (sauf les fougères), ce sont cu grande partie les mèmes espèces que celles d'Europe.

Si l'on compare d'une manière générale la flore de la Nouvelle-Hollande avec celle des autres grandes contrées du monde, on lui trouve de plus grands rapports avec celle de la pointe australe d'Afrique qu'avec celle de toute autfe région. Nous avons vu que certaines familles semblent confinées dans ces deux parties du globe, et qu'elles établissent une grande connexion entre elles. Cependant quelques grands genres, très communs au cap de Bonne-Espérance, comme les mesembrynnihèmes, les pelargonium , n'ont qu'un petit nombre de représentans dans l'Australie; cette dernière région ne renferme aucune espèce des genres aloes, bruniu , stapelia, qui caractérisent l'extrémité australe de l'Afrique.

Les végétaux de la Nouvelle-Hollande différent encore plus de ceux de l'Amérique-Méridionale. On observe néanmoins des rapports multipliés entre les plantes de la côte ouest et celles du Chili et de la Terre-de-Feu. Ainsi, pour nous borner à un seul exemple frappant, dans la Nouvelle-Hollande croit une espèce d’araucar'ia, dont le type forme des forêts au Chili et dans l'Amérique-Méridionale. Réciproquement, le Chili etla pointe du littoral occidental de l'Amérique du Sud, nourrissent quelques mesembryanthemum, ainsi que des proléacées qui, com on sait, ont le plus grand nombre de leurs es- «ce: rassemblées au cap de Bonne-Espérance et is 14 part australe de la Nouvelle-Hollande.

ins tesmiaerons cet article sur les végétaux äe ‘Ocsauie par queir::cs réflexions relatives à la fers 2 la Nouvelle-Z'iande , et qui nous ont été fouraive par MM. Forster et d'Urville. Dans cette

contrée la végétation a quelque ressemblance avec celle de la Nouvelle-Hollande , mais elle offre mnt a points de contact avec les régiuns magellauiques de l'Amérique-Méridionale, On y retrouve également des vegétaux appartenant à des genres européens, Lels que plusieurs sésynbrium et lepidium de la famille des crucifères, Les sauvages habitans de la Nouvelle-Zélande , plus guerriers que cullivateurs, se contentent mers leur nourriture de plantes qui seraieut-re-

utées de tout autre peuple moins grossier, Ainsi leur aliment habituel se compose des racines d'une lougère (pteris esculenta) qui est fort pen nutritive, C'est de cette région qu'est originaire le tetragonia expansa qui se mange en guise d'épinards. Nous citerons encore comme vigétüi éminemment utile , le phormium tenax, connu des Européens sous le nom de lin de da Vort velle-Zélande et qui fournit une matière textile de la plus grande solidité.

animaux. Les lois qui régissent la dis-

persion des êtres dans les diverses régions de cette partie du monde, subissent trois modifications du premier ordre, suivant les circonscriptions des trois grandes sous-divisions territoriales et maritimes qui constituent cette nouvelle partie du globe, Chacune d’elles a sa physionomie propre, son cachet spécial, et nous suivrons les êtres indigènes à ces terres d’avrès les limites géographiques qui leur urent imposées , et comprises sous les noms de Malaisie , Australie , et Polynésie.

MALAISIE, Cette région zoologique nous représente des types imposans et nouveaux de création, qui se sont avancés jusqu'au nord de l'Australie elle-mème. En effet, sur ces grandes terres placées sous l'influence d'une vive chaleur, dont la surface est semée de germes de vie, où l’homme seul, par sa laide enveloppe ou par son moral plus hideux encore, fait disparate, pullulent les animaux les plus somptueux et les plus intéressans.

M. Desmoulins s'exprime ainsi dans un article destiné à cet ouvrage et que sa mort a laissé in-

complet, mais dont nous conservons religieusement lasub:tan:

«wNorsaous +, 11e fapir bi ;!or à Malacea,

des g4///021, aux lungs bras dans l'inde-Transgangétique, le chevrotain-memina dans les montagues de Ceylan et du Mysore, contraster par leurs formes étrangères avec les genres propres au continent. Les oiseaux, à qui le vide des airs ouvre, pour ainsi dire, toutes les routes du globe vont aussi dans l'Océanie recevoir eux-mèmes des limites. L'air, laterre et les eaux vont s’y montrer animés de créatures sans pareilles, comme si, dans ces contrées, qui semblent nouvellement sorties du sein des ondes, l'auteur de toutes ces merveilles, en se plaisant à créer sur d'autres plans. avait voulu y atlirer el y retenir les hommes

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d'une autre terre par l'alleait d'une nouveauté universelle et presque inépuisable, Ce tapir, ces bbons de Malacen se retrouvent à Sumatra et Borneo et, avec eux, le tigre et cet diéphant indien, dont la taille grandit vers l'orient comme celle des arbres des forèts qu'il habite, Le buffe domestique ou sauvage conserve à Archipel Îndien, depuis Formosa jusqu'à Timor, la physionomie asiatique. Mais, à ces cinq ou six espèces près de grands quadrupèdes, communes à l'Inde et à l'Océanie Occidentale , nous n'allons plus voir que des formes nouvelles.

wAvec une taille moitié plus petite, des cornes à proportion huit ou dix fois plus courtes, une eau hérissée de poils courts et raides comme soies d'une brosse uste, toute pavée d'écussons etde laquelle a disparu ce large plissement monacal qui habille le rhinocéros de l'Afrique et celui de l'Inde, l'unicorne de Sumatra, le bicorne de Java ne rappellent plus leurs congénères que par leur goût pour la solitude dans les plus épaisses forêts de Java, de Sumatra et de Bornéo.

«Là, vit aussi cette antilope noire àcrinière grise, appelée cambing-untong par les Malais. C'est aussi la patrie de ces élégans chevrotains napu, kanchil etpelandok qui, sous une taille de quelques pouces seulement, rappellent toutes les gràces, toutes les formes si sveltes et si légères des cerfs et des gazelles. Les cimes des mèmes forêts, dont le sol est foulé par ces quadrupèdes, sont habitées par toutes ces espèces de la famille des orangs, vivant en société ou en familles; par ces gibbons , ves vouvous, ces siamangs, ces orangs enfin, à qui, malgré leur lenteur nalurelle, des bras démesurément longs, suspendant et balançaut leur corps comme une pierre dans une fronde, donnent une telle immensité d'élan, qu'ils franchissent les espaces d'une cime à l'autre avec la vitesse de l'oiseau. Dans la seule Bornéo a été trouve jusqu'ici le pongo à téle pyramidale de la nuque au museau, et dont les mâchoires sont armées de ces vigoureuses dents canines qui rappellent celles des lions etdes tigres ; ce pongo que la solidité de ses os, l'aspérité de leurs saillies annoncent être capable de résister à dix hommes. L'intelligence et la réflexion qui règlent les actions de tous ces animaux leur ont valu le nom d'homme (orang) chez tous les Malais. À Bornéo et aux iles Celèbes vit ce babi-roussa, cochoncerf des Malais déjà indiqué par Cosmas Indicopleustes , et qui marque avec les phalangers à poche ventrale, où se développent ets'allaitent les petits, la limite orientale, sinon des connaissances géographiques, au moins des voyages et du commerce des anciens. Deux autres espèces de cochon également sauvages, dont l’une est appelée babi-outang par les Malais, peuplent les forêts marécageuses de toutes les îles entre Bornéo et la Nouvelle-Guinée, et passent à la nage de l’une à l’autre. L'une au moins de ces espèces se retrouve à la Nouvelle-Guinée même, et fait probâblement la souche de la race qui est domestique dans toute l'Océanie. Dans la Nouvelle- Guinée et dans tout l'archipel des Papous vit aussi tout-à-fait séuvage où demi sauvage, comme les hommes ifdigènes dont il est plutôt l'associé que

le domestique , ce chien papou, qu'un enscrbte sufMsant de caractères sépare de tous ses cong nères, et qui semble la souche de tous les chiens domestiques de l'Océanie. La Nouvelle-Holiande €sl aussi sa patrie à l'état domestique et sauvage ; mais il n'acéompagne plus l'homme sur la Tébre de Diermen. Süf des bas-fonds de la cèle occidenlale de la Nouvelle-Hollande et dans l'Archipel Tadien, depuis tes Philippines jusqu'aux Îles de ta Sonde vivent deux variétés de dugong, cet lierbivore des pâturages sous-marins de l'Orient, comme le lamantin l'est de ceux de l'Occident,

« Dans les Moltiques commencent les formes propres à la créalion océanique, Là vivent ces Phalangers connus de Plutarque qui les propose à l'homme comme modèles de tendresse et de protection paternelles ; ces petits kangowr'ous d'Aroë, décrits sous le nom de philanders par Valentyn, et confondus par Buffon ainsi que les phalangers avec les sarigues, qui seuls justifie raient si bien le nom de nouveau donné an monde que trouva Colomb, Ces casoars à casques, des Moluques, sans casques, de la Nouvelle-Hollande, ciseaux condamnés à ne pouvoir marcher que comme des quadrupèdes, pu que leurs ailes seulement armées d'aiguillons de corne, ne portent mème plus ces pennes de pas rade des autruches d'Amérique et d'Afrique; ces oiseaux de paradis, dont le corps, flanqué audessous des ailes par de larges parachutes de plumes, forme une sorte d'aérostat, ces chauvessouris lrugivores, ces rousselles , ces céphalotes et ces galéopithèques , les moins aériems de tous les mammifères ailés, tous rendus incæpables de bien marcher à terre par un retournement sur l'axe de leurs membres postérieurs; ces phalangers volans, dont la peau des flancs, élargie en vastes replis, rappelle et les parachutes des oiseaux de paradis, ct ceux de ces gcureuils volans, dont une espèce est propre au nord de tout l'Ancien-Continent, l’autre à la Louisiane, et quatre autres à ce mème Archipel Indien. Sur la Nouvelle-Guinée et les iles qui l'entourent vivent de nombreuses espèces de choucaris, de cassicans , gros oiseaux à forme de corbeau ou de geai, à plumage ou tout uoir ou varié de blanc et de noir ef à reflets mélalliques ; sur la Nouvelle-Guinée et les iles à l’ouest, vivent avec des habitudes plus marcheuses encore que les faisans, des sortes de gallinacées à hautes jambes, à longs doigts, telles que le talégalle - Cuvier, le mégapode - Freycinet , l'alecthélie-d’Urville et aux Mariannes une autre espèce , le mégapode - Lapérouse , toutes deux formaut un genre naguère smconnu et propre à cette partie de l'Océanie.

«Les reptiles et les poissons, par la nouveauté de leurs formes, ne contrastent mas moins que les autres animaux avec ceux du resite de la terre. Dans les Moluques vivent sur les arbres, à la manière des chauves-souris, ces dragons où reptiles volans, dont la peau des flanes s'étale en deux larges voiles, tendues sur leurs côtes horizontalement allongées comme des vergucs. Là vit aussi ce caméléon, dont le front fourchu projette deux grandes saillics au-delà de son nez.

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Dans ces mêmes iles et à la Nouvelle-Hollande l'agame hérissé, plusieurs serpens d’eau, des hydroplis, dont quelques espèces ont déjà figuré dans le Della du Gange, et ces pélamides, qui se retrouvent jusqu'à Otaïti. Dans la seule

Java, deux espèces de prthons, deux de trigonozéphales, deux de bogares, autant d'elaps, deux de dipsas, une de naja , tous à dents venimeuses et à axe creux, excepté les pythons; quatre espèces de couleuvres, une de tortrix, une d'achrocorde, deux tropinotus de Kuhl, les plus beaux serpens de l'Orient; huit espères d'un nouveau genre de couleuvre appelé brachiura à cause de la brièveté de la queue , jamais si longue d’ailleurs chez les serpens que chez ia plupart des lézards; ces amplycéphales à tète de carlin, formant au moins quarante-cinq espèces de serpens, sont particulières à Java, où vit aussi ce crocodile biporcatus, que l’on retrouve dans tout l'Archipel jusqu'à Timor. Une seule espèce, la lortue molle de Java, y représente l'ordre des chéloniens; mais les batraciens y sont presque aussi nombreux que les serpens. Kuhl y a trouvé huit nouvelles espèces de rainettes ; un genre nouveau à la tête anguleuse, surmontée de deux cornes sur les orbites, et vivant dans les bosquets montueux loin des eaux; un autre batracien également nouveau, intermédiaire aux grenvuilles et aux crapauds.

« L'énumération des poissons n’y montrerait pas des formes moins nouvelles, mais la richesse des couleurs surpasserait encore la nouveauté des formes. 11 en faudrait dire autant de ces crustacés, de ces insectes, de ces mollusques, de ces méduses | pour la représentation desquelles le dessin semble n'avoir pas assez d'ombres et de lignes, la peinture assez de couleurs et de nuances. Mais il suffit d’avoir montré la distance et l’opposition des contrastes dans les animaux des classes plus élevées, où pourtant les espèces et les genres ont été créés sur des modèles définitivement réductibles à un assez petit nombre detypes. Dès-lors on peut dans les invertébrés, où le squelette n’est plus une cause nécessaire ‘d'uniformité et de constance , se figurer la multitude innombrable de formes dont les dégradations, divergeant en tous sens, produisent l'infini dans la figure, la structure et les instincts des animaux, ainsi que le ciel nous le découvre aussi dans l’espace, et les astres dans la grandeur et dans les nombres. »

AUSTRALIE. Si la botanique est remarquable par elle-même et si elle donne à la Nouvelle-Hollande une physionomie spéciale , le règne animal lui imprime encore un caractère plus étrange et plus étonnant peut-être. Tous les animaux du globe ne sont pas, on le sait, façonnés sur lemême type; mais les espèces vulgaires ou les espèces plas nouvelles, bien que distinctes, appartiennent souvent à des genres plus ou moins analogues. A la Nouvelle-Hollande au contraire rien de cela n'existe ; tous les animaux qui y vivent, qu'ils soient carnassiers, rongeurs, etc., qu'ils affectent les formes corporelles les plus oppotées , tous se ressemblent par un seul caractère , qui est une double poche ou la marsupialité : ce caractère

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semble même former pour la Nouvelle-Hollande uue véritable loi zoologique, dont on ne doit excepter que trois mammiferesseulement, qui sout une rousselte de la partie intertropicale, les phoques et le chien de la Nouvelle-Hollande, qui a suivi les misérables peuplades lors de leur émigration sur ce continent appauvri. On ne connaissait en effet, parmi les animaux à bourses, que quelques espèces d'Amérique etdes iles d'Asie. De tous les animaux qui vivent dans les diverses parties de l'Australie il nous suffira de citer les kangourous, dont quelques espèces sont les plus grands quadrupèdes du Continent-Austral; les potourous, les péramèles, les phalangers, les pélaur'istes , etc. Les dasyures sont des carnassiers qui remplacent dans cet hémisphère les fouines de nos climats. Le thylacine , de la taille et de la forme du loup qu'il représente, est souvent mentionné dans les relations comme le loup austral. La viande des kangourous , quoique sèche, peut fournir une excellente venaison; mais rien ne surpasse la bonté des wombats , dont la chair grasse , succulente et d’un excellent goût, a presque amené la destruction de cet animal précieux, qu'il serait si important de naturaliser dàns nos basses-cours. Les kangourous et les phalangers avaient leur type parmi les animaux de la Malaisie: mais rien ailleurs ne peut donner l'idée des êtres singuliers qu’on a nommés paradoxaux et qui sont l'ornithorhynque et l'échidné. Le premier à corps couverts de poils, à bec de canard, à pieds garnis d’ergots vénéneux, pondant des œufs, semble être une créature fantastique jetée sur le globe pour renverser par sa présence tous les systèmes sur l'histoire naturelle, car on peut soutenir avec tout autant de raison qu'elle appartient aux quadrupèdes, aux oisrau: ou aux reptiles. Les côtes méridionales de la Nouvelle-Hollande sont remplies de baies et de havres qui servent de retraite à plusieurs espèces de phoques, dont les individus se comptent par milliers. La plus utile de ces espèces est l'é/ephant de mer, dont il se fait des tueries considérables ; son huile produit au commerce anglais d'immenses avantages. Les pLoques à fourrures communs naguère commencent à devenir rares; les phoques à crins, bien que poursuivis avec ac- %sité y sont eucore nombreux; il en est de même des célacés, et c'est principalement dans le détroit de Bass que les baleiniers se livrent quelquefois à leur pèche. Peu de contrées ont une ornithologie aussi riche, aussi variée, aussi neuve, que la Nouvelle-Hollande. Les mêmes phénomènes de singularité que nous avons vus caractériser les quadrupèdes se reproduisent pour les oiseaux. La plupart d’entre eux ne pouvant tirer leur subsistance des fruits dont les forèts sont privées. n'ont que des genres restreints de nourriture : ceux qui vivent d'insectes ont la langue organisée comme les oiseaux des autres climats; mais les perroguets, les merles et beaucoup de passereaux obligés de pomper les sucs miellés qui exsudent des corolles des fleurs, ont aussi à l’extrémilé de la langue des faisceaux de papilles qui ressemblent à un pinceau et qui leur permettent de ne rien perdre de cetle matière toujours peu

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