‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 2)Chapitre 9 sur 628 · AE AE · texte numérisé non relu

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XvI INTRODUCTION

suftisamment préparée, soit par les efforts des individus, soit par ceux des sociétés savantes. Les plus célèbres orientalistes ne sont point encore parvenus à s’entendre sur le système à suivre dans la transcription des noms propres qui appartien— nent aux langues asiatiques. Aucune des méthodes proposées n’a encore été généralement reçue. Tant que l’on n’aura pas résoltr d’une manière satisfaisante le problème proposé par Volney, qui, plus qu’aucun autre savant, a senti et signalé l’imperfection de cette partie de la philologie, de l’histoire et de la géographie, toute peine ue se donnerait un auteur pour atteinre la perfection dans la transcription des noms et des mots étrangers, ne peut qu’étre à-peu-près perdue. C’est à une réunion des orientalistes les plus savans et des géographes les plus distingués, versés en outre dans les principales langues connues, à tracer enfin le plan de ce travail, facilité, peut-être, mais à-la-fois rendu plus urgent par les progrès journaliers de la linguistique, de la géographie et de l’histoire. .

Nous aurions voulu suivre provisoirement la méthode que M. Klaproth a proposée dans son Asia polyglotia, parce que selon nos lumières personnelles, elle nous paraît résoudre presque complètenent le problème en question; mais trois motifs nous y ont fait renoncer. D'abord, il aurait fallu nous livrer à un travail immense, et pour lequel nous n'avions ni le loisir, ni les connaissances nécessaires.

En second lieu, nous avons pensé qu’il vaudrait mieux attendre que cette méthode fût approuvée par les savans, qui plus que nous avaient le droit d’en faire sentir les avantages et de la sanctionner surtout en lemployant eux-mêmes dans leurs écrits.

Enfin notre ouvrage étant destiné à toute sorte de lecteurs, nous n’y pouvions admettre des caractères et des signes généraux inconnus, sans nous exposer à en voir borner la lecture à certaines classes

de savans, auxquelles nous n’avons pas la prétention de nous adresser.

Dans l’impossibilité d’une réforme générale, nous avons pris le parti qui nous paraissait offrir le moins d’inconvéniens :

nous avons suivi, autant que notre mémoire nous le permettait, l’orthographe généralement reçue à l’égard des noms les plus connus; quant aux autres, nous les avons écrits scrupuleusement tels que nous les trouvions dans les différens auteurs que nous avions à consulter, ou dans les notes et les renseignemens que nous obtenions de l’obligeance des personnes qui voulaient bien nous aider dans la rédaction de notre ouvrage. Seulement nous avons, autant que l’espace nous le permettait, ajouté, entre parenthèses, les synonymes les plus éloignés de notre propre manière d’écrire. C’est tout ce que nous pouvions faire; c’est aussi tout ce qu’on pouvait raisonnablement exiger d’un homme qui avait à traiter un sujet aussi vaste que l’est celui de cet abrégé. Nous ajouterons aussi que M. Klaproth, ayant revu toutes les épreuves de l’Asie, M. Jules de Blosseville toutes celles de l’Océanie, et M. Eyriès toutes celles de l’Afrique, de PAmérique et de l’Océanie, nous espérons La notre ouvrage, même sous le rapport

e l'orthographe, offrira une garantie qu’on cherche en vain dans les traités de Séog-aphie et les dictionnaires les plus estimés. Quant aux différences que l’on rencontrera quelquefois pour le même mot dans notre abrégé, elles ne résultent, ni d’une erreur typographique, ni d’une négligence de notre part; c’est tout simplement la conséquence de la manière différente d’orthographier les noms des langues étrangères adoptée par quelquesunes des personnes qui ont bien voulu nous fournir des documens. On sent bien ps nous ne pouvions pas leur imposer le

evoir de se conformer à une orthographe, qu’ils regardaient comme erronée ou comme moins exacte que la leur.

$ VII. Histoire et gévyraphie anciennes.

L'état présent d’une contrée dépend du passé et prend sa source encore dans le pres il est donc indispensable, pour

ien connaître la géographie d’un état quelconque, d’avoir au moins le tableau abrégé des changemens qu’il a éprouvés dans son territoire, suit par des acquisi-

tions, soit par des pertes, depuis son origine jusqu’à. nos jours. Ce travait, nous l'avons fait depuis long-temps pour tous les états jusqu’à l’année 1812, Nos occupations ne nous ayant pas permis de le continuer jusqu’à l’époque actuelle, et ue voulant d’ailleurs offrir au public que

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À LA GEOGRAPHIE

le résumé d'ouvrages historiques spéciaux et non d'ouvrages généraux contre lesquels il faut toujours se tenir en garde, nous avons renoncé pour le i:1ment à ce travail qui exige de longues et difficiles recherches, Ce que nous venons de dire de l’histoire s’applique également à la géographie ancienne chargée d'éclairer la masse des faits et d’en faciliter l'intelligence dans les périodes qui ont précédé l'invasion des barbares et l’origine des états dela moderne Europe. Réduite à cette topographie aride et nue, qui est le fondet la forme detous nos abrégés ou traités de géographie classique, elle ne nous a paru que médiocrement utile et point du tout attrayante. Mais si l’on prétend le rédiger d’une manière rationnelle et philosophique, un pes ouvrage ne peut être improvisé ; il demande de longues années d’études et de méditation.

Ecoutons, sur ce point, notre savant ami M. La Renaudière, qui depuis long-temps fait de cette branche des connaissances humaines l’objet de ses recherches et de ses travaux. « Pour traiter convenablement la description des l'ubas du globe terrestre connues des Grecs et des Romains, il serait bon d’envisager cette géographie morte d’une toute antre manière qu’on ne le fait dans les écoles. Il serait philosophique de la présenter par grandes périodes, de l'offrir sous le point de vue combiné de la chronologie et de l’ethnographie, de classer le sol suivant la marche e la civilisation et le mouvement de l’état social. Tout s’enchatnerait dans cette méthode naturelle, où les hommes et les

choses ne sortiraient pas de leurs relations Érolege Alors les grands empires de l’Asie et le colosse romain seraient les deux termes extrêmes de cette géographie à progressive, vaste, dépôt qui, recevant successivement les souvenirs de l’industrie, du commerce, des arts et de l’organisation politique et religieuse de chaque époque, se présenterait comme le bilan matériel et moral de l’Ancien-Monde. La sécheresse topographique disparattrait sous les couleurs animées des produits de la terre et de ses divers accidens. Rien de ce que les anciens nous ont appris de la nature vivante ne serait mis en oubli. Ce’ serait là sans doute un travail tout scientifique : il n’est pas besoin d’ajouter qu’il se trouve hors du cadre du simple abrégé. »

Il nous a donc été impossible d’entre prendre cette tâche dans ce moment, et, ce qui pourrait nous empêcher d’y songer par la suite, c’est que nous n’ignorons :

pas que l’habile écrivain dont nous venons d'emprunter les paroles, et qui a si bien exposé les difficultés d’un semblable ouvrage, essaie depuis longtemps d’en triompher, et prépare un tableau géographique général et raisonné du monde connu des Grecs et des Romains. Ce que nous en connaissons déjà par nn aperçu imprimé, nous fait desirer vivement la publication de cette grande description, dont plusieurs parties, notamment toute la géographie mathématique et physique des anciens , défigurée par les systèmes de M. Gosselin, est présentée par M. La Renaudière sous son véritable jour.

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