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ot inter tent none
Dans la région Indique équatoriale on trouve le plus grand nombre des espèces de la famille des cannées ou amomées , plantes d'ornement dont les fruits et les racines sont en outre des épiceries très recherchées ; tels sont les plantes des genres canna, amomum, costus, zingiber, maranta, curcuma, etc. Tout le monde connait les basiliers, es amomes , le gingembre, le galanga, le cardamome, le curcuma, qui sont ou ces plantes elles. mèmes ou les produits utiles qu'on en retire. Le poivre noir (piper nigrum) et le étel (piper betel), masticatoire très en usage chez les Indous, croissent en abondance sur la côte du Malabar. Une foule de graminées utiles (e/eusine coracana, panicum , sor. ghum, etc.) sont vulgaires partout. D'autres monocotylédones remarquables par leur élégauce, sont particulières aux climats chauds de l’Inde. Nous citerons entre autres le crinum asiaticum , le polyanthes tuberosa, le methonica superba, le flagellaria indica, plusieurs amaryllis, pancratium, aloës, etc. Le plus grand nombre des liserons (convolvalus) et ipomæa habite encore les mêmes contrées Asiatiques. On ÿ remarque aussi dans la grande quantité de végétaux utiles, toute la famille des laurinées. Les lauriers qui fournissent la canelle, le camphre (/aurus cinnamomum , L. camphora , L. malubathum, etc.), forment des forèts surtout dans l’ile de Ceylan déjà renommée chez les anciens sous le nom de Trapobane. Le muscadier (myriseica officinalis), le giroflier (caryophyllus aromaticus), le jambosier (Eugenia jumbos), ne sont point étrangers au Continent de l'Inde ; quoique leur patrie soit plus particulièrement les îles de l'Océanie situées entre les tropiques. Dans le nombre immense des légumineuses qu’on y voit croître en abondance, nous ferons remarquer principalement le tamarinier (tamarindus indica) dont le fruit est un purgatif acidule employé par toute la terre ; le cæsalpinia sappan, qui fournit un bois de teinture, semblable à celui du bois de Brésil; le guilandina bonduc , le moringa oleifera qui fournit l'huile de Ben, plusieurs espèces de casses , de bauhinia, ete. Enfin, ne pouvant ici nous étendre sur les détails de tous les végétaux remarquables de l'Inde, nous nous bornerons à citer le daphne indica, dont l'odeur suave parfume les serres chaudes où on le cultive en Europe; le manguier (mangifera indica), le goyavier (psidium pomiferum), le durion (durio zibethinus) et surtout le mangouste (garcinia mangostana) dont les fruits passent pour être délicieux. Ô
Parmi les arbres à fruits qui se trouvent auprès des habitations, on distingue surtout les mangifera , les citrus, les artocarpus, les eugenia ; les elate et les borassus. Les arbres qui forment l'essence des forêts appartiennent aux genres rhizophora, œgiceras, avicennia, sonneratia et heritiera. Ces derniers sont les plus abondans.
ANIMAUX. Deux grands systèmes de montagnes dirigés dans le sens des parallèles à l'équateur divisent l'Asie en trois zones. La ligne des sommets glacés de ces montagnes n’est interrompue que par quelques gorges peu évasées, quelques déchirures profondes ou par des plateaux presque toujours très culminans au-dessus des zones latérales. Aucun grand fleuve comparable à ceux qui parcourent les zones latérales n’arrose la zone intermédiaire. Les cours d'eau qui la traversent çà et là s’épuisent en général peu loin de leur naissance, ou pour former des lacs, ou par le seul effet de l’évaporation et de la filtration sur un sable aride. Quelques plantes herbacées et quelques arbustes amaigris étendent seuls une mince nappe de verdure sur ces plaines sablonneuses et souvent salines nommées steps par les Russes. Des deux zones latéroles, l’australe presque toujours brûlante , la boréale presque toujours glacée ; ont cela de commun d'être arrosées par de grands fleuves, généralement parallèles entre eux, assez voisins Les uns des autres et courant presque perpendiculairement des æimes où ils prennent naissance aux mers qu'ils entretiennent. Ces grandes bandes ; qu'ils découpent sur leurs versans, sont sillonnées par des aflue coliatéraux dont l'irrigation et les vapeurs entretiennent d’immensés fgrèts ou de vastes prairies. Ces grands caractères géognostiques, dont les cases ont nécessité la distribution actuelle des animaux d'Asie,
DESCRIPTION DE L'ASIE. dés nombre des espèces de la ruits et les racines sont en genres canna, amomum, ait les £asiliers, les amo.
i sont ou ces plantes elles.
(piper nigrum) et le 4cte/ oissent en abondance sur coracana, panñicum , sor- > remarquables par leur Is citerons entre autres le a, le fagellaria indica, bre des liserons (convol- Dn ÿ remarque aussi dans es. Les lauriers qui foura, L. malubathium, ete.) ez les anciens sous le nom ryophyllus aromaticus), le at de l'Inde ; quoique ieur re les tropiques. Dans le ance, nous ferons remarfruit est un purgatif acinit un bois de teinture, ringa oleifera qui fournit fin, ne pouvant ici ous , nous nous bornerons à des où on le cultive en : pomiferum), Ve durion x) dont les fruits passent
marquent les limites de cette distribution dont nous signalerons le traits principaux dans le tableau suivant.
Le chameau bactrien où à deux sie à le ns Se ares La , pA y re espèce de cheval, si rapide, que les Mongols en 0 \ nr que pu variétés et peut-être même plusieurs espèces de ces Paie ï pores ia a nd rad ve open que le djighetei et le saiga ee” Liane l ste ps de la zone centrale, sans avoir prespresque aveugle, parcourent paisiblement es 8 ps san M HN At vec : d'autre ennemi redoutable que l'homme, Ge n’est que quelq L Éa cette zone que la panthère leur dresse ses Fe : es D engin . , le manul , souche de nos chats angoras, habite ces vastes dr + gre in vol gétique. paraît ce pendant avoir été vu en Sibérie sur les ce ie x) a Po Le Din jusqu'aux sources de l’'Ob; il est nombreux encore soeur Fa sr RES ue deran et de l’Adzarbaïdjan , d’où les chasses d Abbas Mirza e fon A ME ne de Tiflis. La patrie du tigre d’ailleurs s'étend au nord A N D AU SM eue F hub pe sue A Det A AMIE parmi les évènemens emplie, si l’on doit s'en rapporter à l'Almat À g be se LS ont lieu chaque mois, que les tigres s'accouplent ru le Es en À Ê à-dire vers la fin de décembre. Les tigres qui se NP PR sd at pa dard fe HS 7? 4 “sa ie PA ds loups chasseni aussi . Des troupes de plusieurs espèces de chiens, de: cale, au Ms ar les ns , les ânes et les chevaux sauvages. Se Li : conscrivent celle zone ont également leurs sommets sie par ne : pr Se 9 l'Altaï, l’est en outre par l'argali ou mouton des rochers fi érien : sal pee où chèvre sauvage ; le Caucase l'est par le bouquetin de ce sn b L red lie. prolongement de cette zone, qui partant de la Para et ù h k rs nn bie, est peuplé de nouvelles espèces d'antilopes , la Fo + ue “ He M rinne ; enfin parle chameau à une bosse où dromadaire, auto Cet em de et partout ailleurs établi avec les Arabes. La presqu'ile Arabique e Fe sr ions , À 7} : ls et autres espèces de chats, aux chacabs, lions , à la foule des panthères, des caracals et a! AR a 2 antilopes et aux singes une physionomie africaine. rs mo pr MA + MN arides sont parcourus, ainsi que la partie Caspienne de’ a us A as âne sauvage, type de ces ânes si beaux et si rapides, vantés dans ijourd’hui en Orient. ges A : sr des fleuves et dans les vastes forêts des pis ne men Mo nombrables troupes de rennes , d'élans, de loups , de vas ru Lt ane Pr d'ours, de gloutons , de plusieurs espèces de martes et sur hi Ed le de rongeurs habifant , ou bien sur la cime des arbres ne ne: laguan, peut mème s’élancer dans les airs, ou tou jours ae À ee jamais, comme le zemni et le spalax aveugles, ou dim di Ne ere voyages sans but apparent, puisqu'ils n'ont pas pour ere mp CL D le campagnol économe du Kamtchatka. Enfin, sui tous Ù SP terrible ours polaire fait la guerre à toute la nature ons ei nus vivent tous ces grands phoques, ces grands célacés, dont ds esp Re de les indéterminées, mais dont celles qui sont bien connues ne pop ar bords du grand promontoire oriental vit ce lamantin de " AP PA RE racine, comme celles de l'oruithorynque et qui parviant à ; 9 F aie qui héribent baikal, malgré ses eaux douces et son isolement au cette e Le ST AR 06 la Davurie, a aussi, comme la mer Caspienne, ses nan st sé SP Les plutôt de loutres. Tous es quadrupedes Sibériens, pas ! 1e | 2H causes créatrices de vie animate et de vie végétale que distri eh nn Dutte A die sn Ob jusq per 4 LL AUbEAne luxueuse de la nature ou boisés, étendus depuis F'Ob jusqu'au Khatanga. jetle € ra “A se répétera PE AURA dans les deltas de l’Inde-T AGE El ton, tes les de la zone australe, jusqu'aux pieds des montagnes de l’Altai ÿ
hs, on distingue surtout t les /orassus, Les arbres ra, ægiceras, avicennia,
dirigés dans le sens s. La ligne des somar quelques gorges es plateaux presque Aucun grand fleuve n'arrose la zone inépuisent en général ou par le seul effet Quelques plantes s une mince nappe nes nommées steps sque toujours bràcommun d'être ars entre eux, assez ndiculairement des nnent. Ces grandes onnées par des afatretiennent d’imres géognostiques, s animaux d'Asie,
+ peuplades sibériennes ont de tout temps dressé le renne, et les plus orientales, le chier, h au tirage des traineaux.
Däâns la zone australe le soleil des tropiques multiplie à l'iufini ces richesses que la terre doit partout à l’action fécondante des eaux. Dans l'Inde de nouvelles espèces d'antilopes , le tayl-gau, le cervicapre errent sur ces plaines du Sind qui rappellent les dé. d serts de la Perse, Dans les forêts de l'intérieur et surtout dans celles qui revêtent les
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tes et les éperons de l'Himälaya, vivent cinq ou six espèces de cerfs inconnues encore sol
| y a quelques années, l’hypélaphe d'Aristote, le cerf de Wallich, celui de Duvaucel, a
Dans '° Tibet, errent des essaims d'antilopes bleues (A. Hodgsoni), dont les cornes par le leur chute annuelle ont plus d’une fois rappelé aux auteurs anglais la fabuleuse licorne, Ld Là, se présente aussi cette gracieuse chitckara aux quatre cornes , aux formes gracieuses et tè sveltes. Dans les forèts du Bengale habitent ces charmans axis perpétuellement mouchetés m de blanc, comme nos daims le sont en été, Daus les forêts d'Orissa vit ce jungly-gau, de souche sauvage des bœufs domestiques de l'Inde, et qui représente notre antique wrus, ni autre souche des bœufs domestiques d'une autre contrée, et dont la pat‘ie, renfermée nd
‘dans l’Europe Occidentale , ne s'étendait pas plus à l'est que la Vistule, Lans cette belle b région, à partir de l'Iadus, les rugissemens du lon n'effraient plus l'homme et le reste de la nature. Mais sur les bords du Gange un danger peut-être plus terrible encore re-
pr commence. Le tigre aux rayures noirés se tapit auprès de toutes les eaux où l’ardeur du à climat appelle à chaque instant l'homme et les animaux. Et ce danger est partout présent ar dans l'Inde-Transgangétique et son archipel. Partout le continent indien, le Éuffle à la peau le uoire et demi-nue , aux cornes proclives en arrière, habite, soit sauvage , soit domestique, léd tous les rivages fangeux de la mer et des fleuves. Entre le Gange et l'Indus les forèts sont lud peuplées d'une foule d'écureuils , de ces beaux paons, de ces faisans, de ces cogs sauvages sal depuis naturalisés partout et partout devenus domestiques de l’homme. Plusieurs espèces ce d'ours, dont une, au pelage d’un pied de long, fut long-temps prise pour un paresseur, de habitent les solitudes des forèts des Gates et des montagnes du Mysore. Là aussi se trouve ce be joli chevrotain memina naguère connu dans la seule Ceylan. Dans tout cet espace l’eunemi le plus à craindre pour l'homme est peut-être cette sangsue de terre si nombreuse dans les les gazons épais du Decan, et qui dans les campemens des armées peut verser plus de sang que les les faibles troupes des Hindous. L’él‘phant indien et le rhinocéros unicorne peuplent aussi md toutes les forêts solitaires; mais c'est dans l'Inde-Transgangétique que ces deux animaux où parviennent à toute leur grandeur. Dans cette dernière région, le tapir bicolore de Malacca, les dont la patrie semble s'étendre depuis Malacca, où l’on vient de le découvrir jusque dans les provinces méridionales de la Chine, rappelle la zoologie américaine. Là vivent des orangs, sé] des gibbons, des vouvous tous aux longs bras et marchant à quatre pattes sans cesser d'être l'A debout , ces guenons kaau au nez gigantesque, et cette guenon douc habillée de toute lé couleur comme les suisses de nos cathédrales. L'éléphant indien sur les bords du Cam- al boge et de l’Iraouaddi , aîteint jusqu'à 16 pieds de haut ; mais ses défenses toujours moins da courbées sont aussi toujours plus petites que celles de l'éléphant d'Afrique. Dans le seul qu Gange, 250 espèces autochtones de poissons décrits et représentés par Hamilton Buchanan , servent de pâture à ces grands gavia/s ou crocodiles à bec allongé comme celui d’une Il bécasse , à ces dauphins gangétiques connus de Pline sous le nom de platanista, et dont de le bec est encore plus effilé que celui des gavials. Mais comme si la nature avait voulu ar faire de cet Hindoustan, rendu si malheureux. par: l’homme, une contrée de délices, ces tic énormes gavials de 15 à 20 pieds de long sont innocens pour notre espèce; le guépard, : de inoffensif pour l’homme, habite l’Inde au sud du bassin du Gange , où les troupes du ti chacal indien ne chassent que de petits animaux. Néanmoins , dans les canaux d’eau salée P du delta du Bengale vivent quelques espèces d’Lydrophis ou serpens à plusieurs dents sa maxillaires, dont la première seule est percée pour le venin. p Les oiseaux sont aussi riches que variés dans toute l'Asie, et les zones de cette d
grande région se trouvent occupées par un nombre considérable d'espèces de toute grandeur et de toute livrée, De gigantesques vautours, tels que le chaugoun et l’oricou rèsnent en tyrans sur les risages de l’Indus, où pullulent un grand nombre d’aiges, de feucons, de buses, de choucttes, rapaces diurnes et nocturnes sans cesse à l’affut d’une proie. Des essaims de perroquets à plumage rouge, vert, blanc ou peint de mille couleurs,
s plus orientales, le chien,
iufini ces richesses que la de nouvelles espèces d'un ind qui rappellent les dé.
ans celles qui revètent les de cerfs inconnues encore allich, celui de Duvaucel, soni), dont les cornes par iglais Ja fabuleuse corne, s, aux formes gracieuses et perpétuellement mouchetés 'Orissa vit ce jungly-gau, ésente notre antique urus, dont la pat:ie, renfermée a Vistule, Lans cette belle nt plus l'homme et le reste e plus terrible encore retes les eaux où l’ardeur du danger est partout présent tindien, le éuffle à la peau t sauvage , soit domestique, e et l'Indus les forêts sont sans, de ces cogs sauvages ’homme. Plusieurs espèces s prise pour un paresseur, 1ysore. Là aussi se trouve ce ns tout cet espace l'ennemi terre si nombreuse dans les eut verser plus de sang que ros unicorne peuplent aussi que que ces deux animaux e tapir bicolore de Malacea, le découvrir jusque dans les aine. Là vivent des orangs, tre pattes sans cesser d’être on douc habillée de toute en sur les bords du Cames défenses toujours moins nt d'Afrique. Dans le seul ntés par Hamilton Buchaallongé comme celui d’une hom de platanista, et dont e si la nature avait voulu ne contrée de délices , ces notre espèce; le guépard, Gange , où les troupes du laus les canaux d’eau salée serpens à plusieurs dents
e, et les zones de cette rable d'espèces de toute e le chaugoun et l'oricou and nombre d’aigles, de s sans cesse à l’affut d’une bu peint de mille couleurs,
habitent le Continent et les iles qui en dépendent. On sait que ce fut sur les bords du” Gange, au temps de l'expédition d'Alexandre, que fut découverte la grande perruche verte qui apprend si facilement à imiter la voix de l'homme, Les loris au plumage cramoisi, les cacatoës à la livrée blanc de lait, les psittacules émaillés, sont donc très abondans dans toute la partie chaude de l'Asie, Mais les espèces les plus remarquables et qui ont offert dans ces derniers temps une série aussi neuve que précieuse pour les naturalistes, sont ces couroucous au plumage d'or et vermillon ; ces malcohas à gros bec, ces couvals aux plumes rigides, ces £oubous ou coucous à bec rond : le taccoïde indien, les édolios, les eudynamis, les surnicous, les barbus, les pics, oiseaux grimpeurs variés à l'infini, Les martins-pécheurs fréquentent les grèves et la petite tribu des Ce, celle des tanysiptères et des choucaleyons y vivent plus exclusivement. Les calaos, les corbeaux, les mainates , sont les passereaux de grande taille les plus dignes de fixer l'attention, Mais des espèces admirables, dont l'Asie a enrichi nos cabinets, sont venues dans ces derniers temps frapper nos regards par l'incomparable beauté de leur plumage où par la nouveauté et la bizarrerie de leurs formes. Tels sont ce superbe drongo dont ja linée brille de l'azur le plas pur et le plus vif, ce ca/y ptomène vert dont le corps chatoie comme une émeraude, ces eurylaimes à bec massif, ces myophones métallisés, ces verdins si gracieux , etc., etc. Des ceutaines de passereaux devenus les types de genres auraient besin d'être cités, mais il nous suffira de: mentionner les pomatorhins, les prinia, les arachnotères , etc, L'Asie possède les oiseaux gallinacés les plus brillans par les couleurs, les plus grands par la taille, les plus exquis par la délicatesse de la chair. T'elles sônt ces” légions de colombes , ces francolins du Pégou, ce criplonyx de Malacca, cet admirable luen dont l'immense queue est semée de mille yeux, ces faisans du Népaul si riches, ces satyra, ces cogs, ces lophophores, ces paons dont rien ailleurs ne rappelle la magnificence. Les mers, les fleuves, les ruisseaux de cet immense continent sont fréquentés par des oiseaux palmipèdes et échassiers , dont les espèces varient suivant les latitudes, et dont beaucoup sont identiques avec celles d'Europe et d'Amérique.
L'Asie nourrit les plus grands reptiles du monde connu. C’est sur ses côtes que pullulent les tortues franches et le carét; c'est dans ses rivières que vivent les gigantesques gavials, les crocodiles bi-carénés, ces monstrueux pythons. Mille couleuvres, mille serpens venimeux , ce naya des bateleurs, ces oular-limpé, si atrocement mortifères, forment des légions, où viennent s'adjoindre des Lydrophis , des lézards de grande taille, des Latruciens dont les noms formeraient un long catalogue.
Soit au nord, où les mers de la zone glaciale l'entourent ;/8oit au sud, où mille canaux séparent les iles morcelées de l'Asie, soit sur ses côtes où elle confine à l'Afrique et à l'Amérique , partout de nombreuses tribus de poissons vivent dans ses eanx douces ou sa + lées. Les squales y sont par centaines et presque tous de grande taille. Les alistes , les aleutères, les chætodons, les murénophis, les labres , richement parés, vivent de préférence dans les zoues intertropicales. Le poisson le plus célèbre des eaux douces est E gouramy, qui fournit une nourriture aussi délicate qu'abondante.
Les insectes, les brillans papillons, les cigales, les libellules y comptent de riches espèces, Il en est de même des mollusques, soit terrestres, soit marins , et parmi les plus célèbres de ces derniers il suffira de citer ces huitres à perles, que des plongeurs indiens vont arracher au fond des rivages. Une grande variété de zoophytes, de ceux surtout qui affectionnent la température équatoriale, se fait remarquer sur les côtes, soit de l'Inde, soit des iles qui en dépendent, et consistent principalement en Lolothuries, dont les peuples asiatiques font leurs délices , en actinozvaires, en polypiers coralligènes, ete. Mais parmi les produits recherchés comme objet de nourriture, nous ne devons pas oublier ces zids de salangane, si avidement convoités par les Apicius chinois comme un mets analeptique et puissamment restaurant, que produit ou que façonne, avec le mucilage de fucus pétri dans son zésier, la petite hirondelle salangane.
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GÉOGRAPHIE POLITIQUE
SUPERFICIE. Malgré l'estimation erronée adoptée par bien des géographes, d’après laquelle l'Amérique serait la plus grande des cinq parties du monde, nous n’hésitons pas à regarder comme telle l'Asie, dont nous avons vu à la page 47 que la superficie, même en retranchant la Malaisie (Archipel Indien), e. uptée par les géographes anglais et allemands parmi ses dépendances, s'élève à 12,118,000 milles carrés, tandis que la surface de l'Amérique n’est que de 11,146,o00 de ces mêmes milles.
POPULATION. Cette partie du monde offre aussi la plus grande population absolue , puisque nous avons vu à la page 47 qu'elle s'élève à environ 390,000,000 d'habitans, même d’après les calculs les plus modérés et faits avec tout le soin qu’on peut apporter dans de semblables sujets. Mais sa population relative est de beaucoup inférieure à celle de l'Europe ; celle-ci compte 82 habitans par mille carré, tandis que l'Asie n’en a que 32.
ETHNOGRAPHIE. Les limites de cet ouvrage ne nous permettent pas d'indiquer tous les peuples que nous avons essayé de classer d'après leurs langues dans l'Atlas ethnographique du globe. Nous nous bornerons à indiquer ici toutes les familles regardées comme asiatiques, en signalant leurs peuples principaux et quelques autres dont les idiomes encore trop peu connus n'ont pas été jusqu’à présent classés. Guidé par les résultats des nouvelles recherches que M. Klaproth vient de faire sur les langues de l'Inde, et qu'il a bien voulu nous communiquer, nous réunissons sous le nom de famille malabare les peuples qui parlent le telougou, le karnata, le tamoul et le malabare; c’est une souche à part, dont le fond n’a rien de commun avec le sanscrit, quoiqu'un grand nombre de mots de ce dernier idiome s'y soient glissés à cause des doctrines religieuses des hindous adoptées par les peuples malabares. Voyez à la page 103.
TABLEAU DE LA CLASSIFICATION DES PEUPLES DE L’ASIK D'APRÈS LES LANGUES.
Fame SÉMITIQUE : les Juifs, répandus sur la plus grande partie de l'Asie; les pays où ils vivent en plus grand nombre svui : l'Asie Ottomane et l'Arabie; ensuite l'Inde , la Perse, le L'urkestan-Indépendant et la Chine. Les Arabes ; c'est le peuple le plus nombreux et le plus puissant de cette famille: ils occupent presque toute l'Arabie, la plus graude partie de la Syrie et de la Mésopotamie, dans l'Asie Ottomane; une partie du Khousistan et du Fars dans le royaume de Perse, et sont établis dans quelques localités sur les côtes de Malabar et de Coromandel dans l'Inde, ainsi que dans quelques autres parties de l'Asie, telles que le Turkestan-Indépendant et la Région du Caucase,
Famicue GÉORGIENNE : les Géorgiens , dans la Géorgie et l’merethi, dans l’Asie Russe; les Mingreliens , dans la Mingrelie et les Sonanes dans le Souanethi, dans l'Asie Russe; les Lases, établis le long de la mer Noire depuis Trébizonde jusqu’au Tchorokh,
FAMIRLE ARMÉNIENNE : les Maikans, nommés commumément Arméniens ; ils forment la grande masse de la population dans presque tous les eyalets de l’Asie Ottomane qui correspondent à l'Arménie, ainsi que sens la ci-devant Arménie Persane , aujourd’hui province russe d’Erivan; ce peuple est aussi assez nombreux dans une partie de la Géorgie cet du Chirvan dans l'Asie Russe, et de l’Adserbaëdjan dans le royaume de Perse. Les Arméniens sont en outre répandus dns presque toutes les villes marchandes de l'Asie Ottomane et Russe, de la Perse, de l’Imde, de l’Inde-Transgangétique., du Turkestan et mème de quelques-unes de la Chine, où als font les plus importantes affaires.
Les Anasses ou ABsNe, qui demeurent dans Abakhssethi ou Grande-Abassie; plusieurs tribus
Les Anamires, subdivisés en Tonguinois, qui sont Lo a nombreux, et en Cochinchinois , qui dans ces derniers temps sont devenus la nation dominante de l'empire d'Au-nam, et une des plus puissantes de l'Asie, par les progrès qu'ils ont faits dans l'art de la guerre en adoptant la discipline des Européens,
Les Sranw-re ou Conëens; ils forment la presque totalité de la population du royaume de Corée.
Fame JArONAISE : les Japonais, répandus sur tout l'empire du Japon, où ils forment la resque totalité de la population; sous le rapport de la puissance et de la civilisation, ls sont au premier rang parmi les peuples Asiatiques, Les Lieou-Khieou, établis dans l'archipel de ce nom, appartiennent à cette souche.
Les Mraossxs, les Losos, les Misnrines sat des nations assez nombreuses qui vivent dans la Chine proprement dite, sans appartenir à la souche chinoise. Les sauvages qui habitent l'intérieur de l'ile d'Haï-wax, les Kemoys, c'ans les montagnes qui séparent le Laos de la Cochiuchine; les PLay ou Kanavn dans l'empire Birman, sont d'autres peuples étrangers aux familles ethnographiques des peuples civilisés au milieu desquels ils vivent,
Fam TOUNGOUSE : Les Toungouses, subdisisés en Mandchoux, qui depuis 1644 sont davenus la uation dominante dans l'empire Chinois ; ils sont très avancés dns la civilisa. tion et forment la moitié de la population du Liao-toung et la totalité de celle de la Mandchourie jusqu'au confluent de l'Ousouri avec l'Amour; les Toungouses proprement dits, qui sont très arriérés sous le rapport de la civilisation; ils vivent dans l'empire Russe où ils sont répaudus sur plus d’un tiers de la Sibérie, depuis le lenissei jusqu'à la mer d'Okhotsk. Nous rappellerons que les Manchoux offrent un phénomène remarquable dans l'histoire de la civilisation, puisqu'il y a à peine 250 ans qu'ils étaient encore nomades, ne sachant ni lire ni écrire, et qu'aujourd'hui ils ont une littérature riche, très importante surtont pour l'étude de la littérature chinoise dont elle aide l'intelligence par ses traductions des textes originaux chinois, C’est le mandchou et on pas le chinois que depuis cette époque on parle à la cour de Péking.
Famerzx Moncoce : les Mongols subdivisés en Wongols proprement dits, en Æhalkha et en
Charraïgol où Mongols du Tibet; ils occupent la Mongolie et une partie du Tibet, ainsi que le Pays du Khouklhou-noor, dans l'empire Chinois ; uue partie vit dans l’Asie Russe ; les Mon- d gols dans le xrrr° siècle furent la nation dominante du plus grand empire dont l'histoire j ait conservé le souvenir, Les Æalmuks ou Olet; ils occupent une pe partie de la Ç Dzoungarie. Les Jourètes, répandus dans le gouvernement d'Irkoutsk. Û Faute TunQUE : les Osmanlis ou les Turks proprement dits des Européens; ils forment la { rt nation dominante de l'empire Ottoman; c’est le peuple le plus puissant et le plus civilisé | de cette famille; les eyalets d’Anadouli, d'Erzeruwm, de Konich, etc., sont les contrées où ils sont en plus grand nombre; les Ouzsbechs, qui sont le peuple dominateur du Tur- $ kestan-Indépendant; les Turks de Sibéri. où Téuraliens, qui sont les prétendus Tatars de c Sibérie ou Tatares Touraliens des géographes; ils sont répandus dans les gouvernemens y de Tobolsk, de Tomsk et de Lenisseisk ; les Turkomans, subdivisés en un nombre prodigieux de branches et de rameaux, répaudus dans les royaumes de Caboul, de Herat, [ dans le Turkestan-Indépendant, dans l'Asie Ottomanc et dans l'Asie Russe; dans cette n dernière région ils vivent dans les provinces du Caucase; les Turkomans du royaume de t Perse sont devenus depuis long-temps la nation dominante de cette monarchie; les * Kirghiz, subdivisés en Bourouts où Orientaux et en Kazak ou Occidentaux ; une partie L 4 des Orientaux est tributaire de l'empire Chinois; la plus grande partie des Occidentaux S est vassale de l'empire Russe; le reste vit tont-à-fait indépendant. Tous les nombreux e pris que nous venons de nommer sont censés parler des dialectes de la langue turque; le es suivans parlent des langues sœurs : les Sokha ou Fakoutes, établis dans le gouvernement de lenisseïisk, et dans la province de [akoutsk; ce sont les plus orientaux et les [L lus septentrionaux de tous les peuples de cette famille , mais aussi un des plus abrutis; e es Tchousvaches, nommés improprement Tatars montagnards par les Russes ; ils errent cl dans une partie du gouvernement d’Orenbourg.
Famrize SAMOYÈDE : les Tawghi, répandus depuis le Ienisseï jusqu’au Lena; c'est le peuple P le plus septentrional de tout l’Ancien-Continent; les Ouriangkhaï nommés aussi Soyotes; le plus grand nombre vit sur le territoire de l'empire Chinois entre les monts Sayans ct, 4 les monts Khangaï et Altaï; le reste sur celui de l'empire Russe. La faim rend parfois d anthropophage une des tribus soumise aux Chinois; les Ouriangkhaï sont le peuple le pius méridional de cette femille. $ d Famizus [enissri, dont les différens peuples sont confondus par les géographes avec les s Ostiakes , qui appartiennent à la snuche Ouralienne ou Finnoise, Ces peuples, peu nom- p breux et abrutis, vivent dans le gouvernement de lenisseïsk ; les Denka, les Imbazk, les d
Poumpokolsk, les Kottes et les Assanes en sont les peuples principaux. À Faniiie Konyèke : cette souche ne comprend que quelques peuples de ce nom, abrutis et l
DESCRIPTION DE L'ASIE, 629 TE = RÉSUMER En neun peu nombreux, répandus dans l'extrémité nord-est de l'Asie dans les districts d'Okhotsk, de Kamtehatka, dans la province de lakoutsk et dans le Pays des Tehouktchi, Les AnNpon-Dount où Yousacuines, peuplade très peu nombreuse, dont les tribus vivent entre les lakoutes et les Korièkes Le Les de l'Océan-Glacial depuis la fana jusqu'à la Kolyma.
FamtLLe KamrouapaLs : elle embrasse les peuplades peu nombreuses et presque entièrement ichtyophages répandues sur la péninsule de Kumtchatka, Faute Kounistenne : les Kouriliens ou Kouriles ; ils habitent l'archipel des Kouriles partagé entre les empires Russe et Japonais, et l'extrémité méridionale du Kamtchatka: es Ainos ou Lesso, établis sur l'ile de Lesso dans l'empire Japonais; les Turakaï ou les Aïnos de la grande ile Tarakaï ou Seghalien, et les Giliaki de la partie de la Mandchourie à l'est de l'Ousouri; ces derniers sont nommés Fiaka et Ahedjen par les Mandchoux. FAMILLE QURALIENNE ou Tonoupe : les Fogoules va Mansi, répandus entre Kourgan et Beresov dans le gouvernement de Tobolsk ; les Ostiakes, distingués en As-Zakh où Ostinhes de l'Oby, Ostiakes de Berezov, du Tougan, de Narym, ete., ete. FAMILLE MaLAisteNNe : les iidigènes de l'ile Formose dans l'empire Chinois; les Malais qui forment la masse principale de la population de la péninsule de Malacca dans l'Inde- Transgangétique , et une grande partie de celle des tles voisines, telles que Salanga, Prince-de-Galles, Singapoure, etc.; il fant cependant excepter les montagues de l'inté-
tbreux, et en Cochinchénois , e de l'empire d'An-nam, et faits duns l'art de la guerre
la population du royaume
du Japon, où ils forment la issance et de la civilisation, Lieou-Khieou, établis dans
nombreuses qui vivent dans se. Les sauvages qui habitent s qui séparent le Laos de la at d'autres peuples étrangers lesquels ils vivent,
oux, qui depuis 1644 sont rés avancés dns la civilisatotalité de celle de la Mand-
CARGOU Ie proprement die, rieur de la péninsule habitées par des peuples es ou de race entièrement différente. à See l'empire ee Je La supériorité des races européennes sur les race ques a exposé ces dernières à de fré- # , de à jusqu ble ne. quens envahissemens, qui eurent lieu du tem! es et des Romains , et plus tard par héereobé ait ddl 9 les uations modernes, particulièrement par » les Hollandais, les Russes, les ils étaient UNS AERS » Anglais et les Français. Les peuples euro nnbreux établis en Asie sont les ature riche, trés importante Grecs dans l'Asie Ottomane, et les Ausses Russe. Vicunent ensuite les Porintelligence PAF ses traduc- tugais, les Anglais ; et après ceux-ci les Fra lanois et les Hollandais ; ces derà pas le chinois que depuis uiers vivent dans les | cr qui appurten autrefois à la Hollande et qui mainnet dits, où ÆAAItAA oi eu tenant font partie de l'Asie Anglaise,
ne partie du Tibet, ainsi que it dans l'Asie Russe; les Monvand empire dont l'histoire nt une grande partie de la MIrkoutsh.
es Européens; ils forment la 8 puissant et le plus civilisé nich, etc., sont les contrées peuple dominateur du Tursont les prétendus T'atars de dus dans les gouvernemens livisés en un nombre prodimes de Caboul, de Herat, ns l’Asie Russe; dans cette Turkomans du royaume de te de cette monarchie; les ou Occidentaux ; une partie nde partie des Occidentaux endant. Tous les nombreux alcctes de la langue turque; s, établis dans le gouvernent les plus orientaux et les s aussi un des plus abrutis; ds par les Russes ; ils errent
BELIGIONS. L'Asie est le domaine des fables, des réveries sans objet, dit un célèbre orientaliste, des imaginations fantastiques : aussi quelles étonnantes variations, et, on peut le dire, quelle déplorable diversité nobserve-t-on pas dans la manière dont la raison huinaine, privée de guide et livrée à ses seules inspirations, a tâché de satisfaire à ce premier besoin des sociétés antiques, la religion ! Si le judaïsme et le christianisme sont nés en Asie, s’il est peu de vérités qui n'aient été enseignées dans cette partie du monde, on peut dire en revanche qu’il est aussi peu d’extravagances qui n’y aient été en houneur, ou qui n’y aient pris naissance. La superstition des Sabéens, le culte du feu et des autres élémens, l’islamisme, le polythéisme des brahmanes, celui des bouddhistes et des seclateurs du grand lama, le culte du ciel et des ancètres, celui des esprits et des démons, et tant de sectes secondaires ou peu connues, enchérissant l’une sur l’aatre en fait de dogmes insensés ou de pratiques bizarres et même atroces, donnent une faible idée de l’étonnante variété qu'offrent les croyances religieuses des Asiatiques. Devant indiquer dans la description de chaque état les religions différentes qu’on y professe, nous allons essayer de classer les principaux peuples de l’Asie d’après les principales croyances qui se partagent entre elles la nombreuse population de cette partie du monde. | 1
Le JupaismE, qui comptait jadis taat de disciples dans l’Asie Occidentale, où les Juifs avaient fondé un royaume florissant, n’est plus dominant dans aucun état, à moins qu'on ne regarde comme tel la partie du désert de l’Arabie habitée par les Rechabites, qui depuis bien des siècles conservent leur religion et leur indépendance. Le Judaïsme est en outre professé par quelques milliers d'individus dans le Turkestan-Indépendant, dans la Perse, dans la Chine; mais c’est l'Asie Ottomane, l'Arabie et l'Inde, où les Juifs sont les plus nombreux.
isqu’au Lena; c'est le peuple gkhaï nommés aussi Soyotes; s entre les monts Sayans ct, tusse, La faim rend parfois gkhaï sont le peuple le pius
par les géngraphes avec les ise, Ces peuples, peu nomles Denka, les Imbazk, les ‘incipaux, zuples de ce nom, abrutis et
630 ABRÉGÉ DE GÉOGRAPHIF,
Le Cunisrianisue, autrefois dominant dans une si grande partie de l'Asie Occidentale et si répandu dans l'Asie Moyenne et dans la Chine, ne compte plus dans ces régions qu'un petit nombre de fidèles ; mais aussi il s'est beaucoup étendu dans les contrées boréales et dans l'Inde-Ultérieure ou l’Inde-Transgangétique. L'Eglise Orientale ou Grecque orthodoxe est dominante dans toute l'Asie Russe, et ses nombreux sectaires sont tolérés dans l'Asie Ottomane. Quant aux principales sectes de cette église, que les orthodoxes considèrent comme des hérétiques, nous trouvons les Nestoriens dans l'Asie Ottomane, dans le Turkestan-Indépendant, dans les royaumes de Perse et de Caboul , et, sous le nom de chrétiens de Saint. Thomas , dans l'Inde. Les Arméniens, qui forment une grande partie de la population de l'Arménie, sont Lg ae dans toute l'Asie Occidentale, etse rencontrent d'un bout à l’autre de ce continent dans toutes les grandes villes de commerce. L'Eglise Occidentale où Latine compte beaucoup de croyans; le plus grand nombre appartient à l'Eglise Catholique et vit dans l'Inde, l'empire d’An-nam, la Chine, l'Asie Ottomane et la Perse, Après les catholiques viennent les protestans attachés à l’Æglise Episcopale ; ils se rencontrent dans toutes les vastes possessions Anglaises, où vivent aussi plusieurs milliers d'individus attachés aux £glises Luthérienne ; Presbytérienne et Réformée. Voyez aux pages 6o et 67.
L'Istamisme ou la ReziG1ON MauomÉTANE est de tous les cultes dominans en Asie celui qui est le plus répandu, quoique le nombre de ses croyans ne soit pas le plus grand. Cette religion est prfessée par les Arabes, les Persans, les Afghans et par tous les peuples turks, à l'exception de ceux connus sous les noms impropres de Tartares de l'Ob, de Tchoulym, de Verkho-Tomsk, des Katchintsi, des Kistim et Toulibertes, des Biriousses, des Abintsi, des Sayans, des Beltires, des Teleoutes et des Yakoutes, quissont tous où encore attachés à l'idolâtrie la plus grossière, ou bien convertis au christianisme par les Russes. L'islamisme est aussi adopté par les Beloutchis, les prétendus Maures où Mogols de l'Inde, les Malais de la presqu'île de Malacca, les Circassiens, les Abasses et autres peuples de la Région du Caucase , ainsi que par la plus grande partie des habi- Ans 1 Kachmire.
Nous verrons dans la description de la Perse et de l’Inde les localités
eu nombreuses où l’on rencontre encore des Gussres, dont nous avons indiqué les dogmes aux pages 74 et 75. Nous renvoyons à la page 75 pour tout ce qui concerne la Recic1on DE NanEx professée par les Seikhs dans le nord-ouest de l’Inde.
Le BRAHMANISME, dont nous avons indiqué les dogmes à la page 71, étend son domaine sur presque toute l'Inde.
Le Bouppmisme est la religion de l’Asie qui compte le plus grand nombre de croyans. Nous avons exposé les principaux dogmes de cette religion aux pages 72 et 73; elle domine, à quelques exceptions près, sur toute l'Inde-Transgangétique , sur le Tibet, la Mongolie, le Pays des Mandchoux, la Chine, la Corée, le Japon et compte plusieurs milliers de croyans dans l'Asie Russe.
Nous renvoyons aussi aux pages 73 et 74 pour ce qui concerne le Cure pes Esrrirs et ceLu: DE Conrucius professés à la Chine, au Japon, dans la Corée, au Tonquin et autres pays; et à la page 74 pour la Rer1G10N pu Siro , qui est la plus ancienue de celles qu'on professe au Japon.
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On peut qualifier d'inozaTRiE et de PRATIQUES SUPERSTITIEUSES et non de RELIGION POSITIVE les croyances des peuples les plus abrutis que nous rencontrerons dans la description des principaux états de l'Asie. Nous ne citerons ici que les Zoungouses, les Samoyédes, les Tchouktchi, les Youhaghires , etc., etc., dans l'Asie Russe ; quelques tribus de Toungouses, les Soyotes , les peuplades de l’intérieur de l’îte d’Haï-nan et de la partie orientale de l’île Formose, ainsi que quelques peuplades encore sauvages de l’intérieur de la Chine; les 4ings ou Kouriles, dans l'Asie Russe et dans l'empire Japonais ; les Nagas, les Koutchoung, les Mismi, les Singhphos, etc., dans l'Inde-Transgangétique Anglaise, et un grand nombre d’au.res peuples sauvages dans l'empire Birman, dans celui d’An-nam et dans le royaume de Siam; les Gonds , les Cattywars et autres dans.l’Inde et les Bedañs dans l'île de Ceylan; enfin plusieurs peuplades du Caucase et tous les peuples turks de l'Asie Russe que nous avons nommés à {a page 630 en parlant de l'ilamisme et qui ne sont ni mahométans , ni chrétiens.
GOUVERNEMENT. Si l’on entend, disait naguère un savant qui ne veut pas être nommé, par despote un maître absolu, qui dispose dévbient ÿ de l'honneur et de la vie deses sujets., usant et abusant d’une autorité sans bornes et sans contrôle, on ne voit nulle part, dans les états policés de l'Asie Orientale de semblables despotes, malgré toutes les déclamations dont les gouvernemens de ces pays ont été le Put. Partout les mœurs , les coutumes antiques, les idées reçues et les erreurs méme imposent au pouvoir des entraves plus embarrassantes que les stipulations écrites et dont la tyrannie ne peut se délivrer qu'en s'exposant à périr par sa violence même. Ce n'est que dans quelques états musulmans, et surtout en Perse qu'on rencontre le despostime le plus odieux et cette servitude avilissante qu'on s'est plu à attribuer à toutes les nations de l'Asie. Quelque nouvelle que soit cette manière d'envisager les gouvernemens de cette partie du monde , elle n’en est pas moins vraie; et le géographe qui veut être exact doit l’admettre, en rejetant les opinions erronées admises dans tous les traités de géographie. On a pris tous les monarques de l’Asie pour des despotes, parce qu'on leur parle à genoux et qu'on les aborde en se prosternant dans la poussière. On s’en est rapporté à l’apparence, faute d'avoir su pénétrer la réalité; on a vu en eux des dieux sur la terre, parce qu'on n'apercevait pas les obstacles invincibles qu’opposaient à leurs volontés les religions, les coutumes, les mœurs et les préjugés. Un roi des Indes ne peut lever des taxes sur un brahmane, quand lui-même mourrait de faim, ni faire un marchand d’un laboureur , ni enfreindre la moindre disposition d’un code qui passe pour révélé, et qui décide des intérêts civils comme des matières religieuses. L'empereur de la Chine ne peut choisir un sous-gouverneur de province que sur une liste de candidats dressée par les lettrés, et s'il négligeait, le jour dur éclipse, de jeüner et de reconnaître publiquement les fautes de son ‘a:ristère , cent mille parnphlets autorisés par la loi viendraient lui trace. ses devoirs , et le rappeler à l'observation des usages antiques.
L’Asie offre aussi beaucoup de peuples, dont le gouvernement pourrait être comparé à celui de nos empires féodaux du moyen âge; tels sont par exemple les Mahrattes, les Afghans, les Beloutchis, les Mongols, les Kalmuks, les Mandchoux, plusieurs peuples turks et plusieurs nations du Caucase, entre autres les Circassiens et les Abasses. L'empire même du
Japon n’est à proprement parler qu’une monarchie féodale sous la domination d’un prince qu'on pourrait comparer aux aires du palais. D'autres peuples sont entièrement libres, tels que les Arabes Bedouins, les Kurdes Bilbas, plusieurs peuplades de la Région du Caucase et de la Syrie et les Seikhs; ces derniers même sont peut-être la seule nation asiatique policée, chez laquelle tous les habitans soient parfaitement égaux. Les petites nations nomades et plusieurs tribus arabes sont régies par un gouvernement pastoral ou patriarcal, ordinairement héréditaire daus certaines familles; d’autres peuples sont gouvernés par des vieillards et forment une espèce de république, tels que la ville et territoire d’Antsoug dans la Région du Caucase. L'empire des Wahhabites offrai: naguère un singulier mélange de monarchie, aristocratie et démocratie. Le Tibet , le Boutan et une partie de l’Arabie sont gouvernés théocratiquement ; cette dernière par les imams de Sana, de Mascate et par le grand-cherif de la Mecque, dont le pouvoir est tempéré par les kadis; les deux premiers, par des pontifes absolus, mais électifs, qui ont le titre de Dalai-lama, de Boghdo-lama et de Dharma-lama, et sont considérés comme une émanation de la divinité même. En général on peut dire que cette partie du monde offre toutes les nuances possibles de gouvernement depuis les formes républicaines dominantes chez les sauvages, chez les nomades, les peuples pasteurs et quelques tribus chrétiennes de l'Inde, jusqu’au despotisme le plus atroce de certain gouvernement de l'Asie Occidentale.
DIVISION. Nous avons vu à la page 615 les grandes divisions physiques de l'Asie. Sous le rapport politique cette partie du monde peut actueilement être partagée dans les 9 grandes régions suivantes : l'Asie Ottomane ; V Arabie , subdivisée en plusieurs états, dont ceux d’Yemen et de Mascate sont maintenant les plus importans ; la Perse, subdivisée dans les trois royaumes de Perse proprement dite, de Kaboul, et de Herat, et dans la confédération des Beloutchis; le Turkestan-Indépendant, qui comprend les khanats de Boukhara, de Khokan, de Khiva, etc., etc., le territoire des Kirghiz-Indépendans et autres pays; l’Znde, subdivisée en plusieurs états, dont l'empire Anglo-Indien, les royaumes de Sindia et du Nepal, la confédération des Seikhs et la principauté du Sind sort les principaux ; c’est aussi à cette région qu’appartiennent les petits territoires, que nous décrirons sous les titres d’Asie Française, d'Asie Danoise ct d’Asie Portugaise ; l’Znde- Transgangétique , dont les principaux états sont les empires Birman et d’An-nam et le royaume de Siam; les Anglais viennent d'y acquérir de vastes et importans territoires; l’empére Chinois, qui comprend la Chine, le Tibet, le Boutan, la Corée, la Mongolie, le Turkestan-Oriental ou la Petite-Boukharie , et le Pays des Mandchoux; les Portugais y possèdent la ville de Macao dans la province de Canton ; l'empire du Japon ; et V’ Asie Russe , qui comprend la Sibérie et la Région du Caucase.