‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 3)Chapitre 208 sur 457 · EMPIRE CHINOIS · texte numérisé non relu

EMPIRE CHINOIS

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale, Entre 69° et 141°. Latitude. Entre 18° et 51°. Dans ces calculs on a compris l’île d'Haï-nan «t la partie septentrionale de celle de Tarrakaï ou Tchoka.

CONFINS. Au zord, le Turkestan, l'Asie Russe et la mer d'Okhotsk; à l'est , les parties du Grand-Océan nommées mer d'Okhotsk, mer du Japon, mer Orientale et mer de la Chine ; au sud, cette même mer , l'empire d’Annam, le royaume de Siam, l'empire Birman, l'empire Anglo-Indien et le royaume de Nepâl ; à l’ouest, la confédération des Seïkhs et le Turkestan.

FLEUVES. La position des vastes chaînes de montagnes qui parcourent cet empire donne à ses nombreux fleuves cinq pentes différentes qui les mènent à autant de mers diverses.

L'OCÉAN-GLACIAL-ARCTIQUE reçoit :

L'Os ou Osx , dont le puissant affluent Zrtyche nait dans la province de Tarha gataï, dans le gouvernement du Thian-chan-pe-lou , au pied du Grand-Altaï, traverse le lac Dzaisang et entre ensuite dans la province d'Omsk dans l'Asie-Russe, L'Iéniseï, qui est formé par l'union des deux branches nommées Ovurou-Kem tt Bur-Kem, dans le pays des Ouriangkaï; après leur jonction il prend la dénomination de Téxiseï en franchissant les monts de Sayansk , sur les confins méridionaux de l’Asie-Russe. Ce grand fleuve reçoit à la droite l'Angara supérieure, dont la Selinga, qu naît dans les monts Tangnou-oola , dans le pays des Khalkha, et entre dans le lac Baïkal, peut être regardée comme la partie supérieure du cours de ce grand affluent. La MER d'OKHOTSK reçoit :

L'Amour (Sakhalian-oula, ou He-loung-kiang), qui est formé par la réunion du Kazrouzux avec l'Oxon. Le KmerouLUN, nommé, après avoir passé par le lac Kulunnoor, Encouxe ou AnGux par les Mongols et les Russes , est regardé comme la branche principale; il prend sa source dans les monts Barka-dabahn , traverse le pays des Khalkha et le lac Kulun et sépare ensuite, sous le nom d’Ancux, la Daurie chinoise de la Daurie russe; l'Oxon ou Cuizxa passe par Nertcbinsk. L'Argoun ou Amour traverse ensuite le pays des Mandchoux , en passant par Sakhalien-oula-khoton, et se jette dans un golfe de a mer d'Okhotsk, vis-à-vis l'ile de T'arrakaï, Ses principaux affluens sur le territoire chinois, sont : le Soungari, grossi par le Non et le Xhourka, et l'Ousouri, à la droite; le Dzinghiri est son plus grand affluent à la gauche. ' La MER DU JAPON reçoit :

Le Toumax, qui parcourt la partie septentrionale du royaume de Corée ; <on cours est très borné en comparaison de celui des fleuves que nous venons de nommer. La MER ORIENTALE ou TOUNGHAI et ses branches reçoivent : Le Ya-Lou , qui nait dans les monts Chanyan-alin et parcourt la partie septentrionale du royaume de Corée, dont il est le plus grand fleuve. Il entre dans la mer Jaune.

Fédérik des Danois), composé coup plus petites disposées en ont aux Malais par les formes ne petite bande de drap pend g, marin ignorant, que ces in.

ant cru par Linnée, Buffon et st la plus grande de tout l'Ar.

Kamorta, où les Autrichiens, puis; Vancowry (Noncovery), s plusieurs années à cause du ar, la plus septentrionale, et

Le Lrao-no, qui fait dans les monts Khingkan, travers, sous le nom de Cuana- MOUREN , Une er de la Mongolie, et, sous celui de Lrao-no, le Ching-king ; il se jette dans le golfe de Liautoung, le Phou-hai des Chinois,

Le Pa-uo , qui prend sa source dans les monts Khingkan , traverse une partie de la Mongolie et la province de Tehi-ly, et entre dans ie Phou-hai , après avoir passé non loin de Peking et par les villes de Toungsteheou et Thiaw-tsing, Ses principaux affluens sont : le T'ehao-ho, le Sang-Kan-ho et le Hou-thoho ; ce dernier est traversé par le canal Impérial qui fait communiquer Peking avec le Kiang.

Le Houane-uo ou le FLeuys-Jaune , ainsi nominé à cause de la couleur dorée que le limon donne à ses eaux. Ses sources sont dans les monts Koulkoun, dans le pays des Mongols du Khoukhounoor. Il y fait de grands détours , passe à Lan-tclieou dans le Kansou, fait un détour immense dans la Mongolie , traverse le Chan-si, l'Ho-nan , touche le

et 0 mr

sc Chan-toung et dans le Kiang-sou entre dans la mer Jaune. Les débordemens de ce fleuve ont occasioné, dès la plus haute antiquité, de grands travaux hydrauliques, qui ont été continués ou repris sous le règne des derniers empereurs. M. Abel Remusat observe que S. l'on a des raisons de croire que l'embouchure du Hoaug-ho n'était pas jadis où nous le

voyons aujourd'hui; mais que ce fleuve allait porter ses eaux dans le golle du Liao-toung au Phou-haï en traversant le Chan-toung. Ses principaux affluens à la droite sont : le Ouei-ho, qui traverse le Kau-sou et le Chen:si; et le Hoeï-ho, qui passe par l'Honan, le Ngan-hoeï et Kiang-sou, et traverse le lac Houngtse, Le Fuen-ho, qui parcourt le Chan:si, est le principal &ffluent à la gauche.

Le GRanD-K1anG (Fleuve par excellence), dit aussi Fceuvs-Breu par nos géographes, nommé à son embouchure Yano-rsu-xranc (fleuve du fils de l'Océan) por les Chinois ; c'est le plus grand fleuve de l'empire. Il est formé par la réunion de trois branches nommées KiN-CHA-RIANG, YALOU-K1ANG et le Mixexaxc ; celte dernière est regardée à tort comme la principale. Mais, sur les traces de M. Klaproth, nous considérerons comme telle le Kix-cua-KtAnG (rivière à sable d'or), nommée Mounour-oussuu, dans le nord-est du Tibet; Bounaïi-rosou , dans la province de K'ham dans la même contrée; Kin-cua-xranc , dans le Yun-nan et le Szu-tchhouan, et Ta-kranc (grand-Kiang où grand-fle 2), après sa jonce tion avec le Tchouau-kiang au Min-kiang , dans le Szu-tchhouan, près de Siu-tcheou, Le Kiang traverse ensuite cette grande province, celle de Hou-pe, touche celle de Kiangesi, et, après avoir coupé celle de Ngan-hoei et de Kiang-sou, il entre dans la mer Orientale, Ses principaux afluens, outre le Fa-/oung-kiang (en tibetain Farlourg), qui parcourt la province de K’ham dans le Tibet, et une partie du Szu-tchhotan en Chive, etle Min-hiang, qui vient du K'ham et traverse le Szu-tehhouan, sont à la droite : l'Heng, qui naît dans les montagnes du Kouei-tcheou , traverse cette province et celle de Hou-nan, est grossi par le Lo, eutre dans le lac Thouug-thing et le décharge ensuite dans le Kiaug; le Kan, qui prend sa source dans le mont Meï-ling, traverse le Kiang-si, entre dans le lac Phou-yang et se rend ensuite dans le Kiang. Les principaux affluens à la gauche sont : le Kia-ling, qui vient des montagnes du Kau-sou et traverse le Szutchhouan ; le Han, qui traverse le Chen si et le Hou-pe.

Le Min-rtanG où Oui unc-Ktanc ; c'est le plus grand fleuve du Fou-kian ; il a son embouchure dans le canal de Formose.

La MER DE LA CHINE et ses branches reçoivent :

Le Sextanc , appelé Ticre à son embouchure, formé par la réunion de plusieurs branches. C'est le plus grand fleuve de la Chine-Méridionale; il parcourt le Kouang-si et le Kouang-toung ; le Hong-kiang où Teien-kiang et le Pe-kiang sont ses principaux atflueus. Le Si-kiang passe par Fo-chan et entre dans le golfe de Canton.

Le Ho-li-kiang, qui nait dans le Yun-nan, parcourt cette province et entre daus le Tonquin pour se rendre dans le golfe de ce nom.

Le May -Kaunc , le Tuazouex (Salouen) et l'Enaouan: où Yanou-ZZANG80 , naissent dans les montagnes du Tibet, arrosent ce pays et le Yun-nan , et entrent, le premier dans le Laos, et les deux derniers dans l'empire Birman. Voyez les fleuves de l’Inde-Transgangétique, aux pages 73a et 733.

Plusieurs fleuves de l'empire Chinois ne se rendent pas à la mer. Nous: nous bornerons à citer les suivans comme les principaux de ce genre.

ientale, Entre 69° et 141".

compris l’île d'Haï-nan et l'choka.

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RES L'Icr; il naît dans les monts Célestes où Thian-chan, traverse la Dzoungarie, passe par Ili ou Guuldja et se jette dans le lac Balkachi.

Le Touou: sort du loc Temourtou (ferrugineux) dit aussi Touzkoul (salé) , situé dans les monts Moussour, traverse ce lac, ainsi que le pays des Kalmuk Torgot, et quitte cette contrée pour entrer dans le Turkestan, où il se jette dans le lac Kaban-koulak. Voyez à la page 685.

Le YankanD-panra, dit aussi Tartu et Encugou-Gor. C'est le plus grand de tousles fleuves de ceite espèce que possède l'Asie, T1 paraît prendre sa source dans le Mouz-lgh, traverse de l'ouest à l’est tout le Thian-chan-nan-lou , en passant par Yarkand, et aboutit au Jac Lob, Selon la carte e M. Klaproth, ses principaux affluens sont : à la droite, la rivière de Khotan ; à la gaucne, la rivière de Khachkar, la rivière d'Aksou, le Moussour et le Kaidou.

RELIGION, La très grande masse des habitans de la Chine professe les dogmes du Bounonisme ou la religion de For, qui est aussi la religion des Coréens, des habitans de l'archipel de Lieou-khieou, des Lolos du Yun-nar, et qui paraît aussi être professée par les Mienting dans cette dernière province, et par les Miaotse dans plusieurs autres. Il compte également parmi ses croyans presque tous les habitans du Tibet et du pays du Deb-radja appelé vulgairement Boutan; et les nombreuses hordes des Mongols, des Kalmuks, ainsi que les Mandchoux. La RELIGION DE Conrtcrus, où la DOCTRINE DES LFTrRéS, est la religion de l'empire; elle est professée par les classes les plus élevées et les plus instruites de la population de la Chine et de la Corée. Chaque magistrat y pratique ce culte dans la sphère de ses fonctions, et l’empereur lui même en est le patriarche. Généralement tous les lettrés s’y attachent sans renoncer tou. tefois à des usages empruntés aux autres cultes. Les dogmes des T40:558, OU DOCTEURS DE LA RAISON comptent aussi dans cette vaste contrée un grand nombre de croyans. L’Iscamisms esi professé par les Kirghiz- Kaïsak et les Bourout, ainsi que par les nombreux Boukhares et les Turks qui forment la masse principale de la population du Thian-chan-nan-lou

Petite - Boukharie) et qui sont répandus dans plusieurs provinces de a Chine, principalement dans celles de Chen-si et de Kan-sou. Nous rangerons sous le titre d'IDOLATRIE ET PRATIQUES SUPERSTITIEUSES les croyances des anciens Mandchoux, de quelques tribus de Toungouses, celles des Soyotes, et celles des peuplades sauvages qui occupent l'intérieur de la Chine, de l'île d'Haï-nan et la partie orientale de celle de Formose. Le CæniSTrANISME compte plusieurs milliers de croyans parmi les Chinois, qui presque tous appartiennent à l'Eglise catholique ; dans le xvu° siècle ces néophytes y étaient très nombreux, mais ils ont beaucoup diminué, surtout dans ces dernières années, à cause des persécutions qu’ils ont endurées. Quelques Protestans ont essayé plus récemment de ré-

andre leur religion à la Chine, par la traduction de la Bible; mais ils n’ont jusqu'ici fait aucun progrès dans l’esprit des Chinois. Le Junaïsme est professé par quelques milliers des habitans de la Chine; c’est une colonie de Juifs qui y ont passé très anciennement des provinces les plus orientales de la Perse, On y trouve aussi des Manicméens et des Past, restes des établissemens que ces réligionnaires ont eus autrefois dans l’Asie-Centrale.

GOUVERNEMENT. Le gouvernement chinois a long-temps passé pour despotique. On sait à présent, dit M. Abel Rémusat, qu'il est limité par le droit de représentation donné à de certaines classes de magistrats, et plus encore par l'obligation où est le souverain de choisir ses agens , d'a

Te raverse la Dzoungarie, passe

rès des règles fixes, dans le corps des lettrés. Ceux-ci forment une vérituble aristocratie qui se recrute perpétuellement par les examens et les concours. Les jeunes sens de toutes les conditions sont admis indistinctement à concourir au 3° grade littéraire. Ceux qui l'ont obtenu concourent entre eux pour le 2° grade, qui est exigé de ceux qui doivent exercer des fonctions publiques. Du 2° grade, on peut, par le même moyen, s'élever au 1°, qui conduit aux charges les plus élevées. Cette institution qui, sous sa forme actuelle remonte au vu‘ siècle, tient lieu de noblesse, et a beaucoup contribué à la longue durée de l'empire, et à y maintenir l'ordre et la tranquillité. Il n’y a du reste de titres héréditaires que pour les princes de la famille impériale et pour les descendans de Confucius, ainsi que ceux de Mencius et de Lao-kiun; mais on accorde souvent des titres rétrogrades qui anoblissent les ancètres de l'homme qu’on veut récompenser, et le préjugé chinois fait attacher un grand prix à cette marque d'honneur. Le pouvoir suprême est exclusivement exercé par l’empereur qui prend le titre de f/s du ciel et d'auguste empereur. La couronne est héréditaire et la succession est fixée depuis long-temps dans la ligne masculine; mais l'ordre de primogéniture n’y est pas toujours suivi. D’après les idées reçues en Chine, tout prince étranger qui envoie une ambassade à l'empereur se reconnaît son vassal. Cet usage a induit et induit encore en erreur beaucoup de géographes. Le système de la subdivision des fonctions a prévalu depuis long-temps. L'administration des provinces est partagée entre plusieurs officiers qui n’ont pas de contrôle les uns sur les autres, et qui doivent porter à la cour les affaires sur lesquelles ils ne peuvent pas s’accorder. Le gouverneur général, que les Européens nomment vice-roi, a ordinairement deux provinces sous son adn'inistration. Il y a en outre un intendant de la province, un surintendant des lettres, un directeur des finances, un juge criminel et deux intendans, l’un pour les salines, l’autre pour les greniers publics. Chaque département, chaque arrondissement et chaque district, ont encore des magistrats particuliers qui exercent concurremment des fonctions administratives et judiciaires. L'empereur nomme à tous les emplois, d’après une présentation triple du conseil du personnel. Beaucoup de rapports , de décrets et d’autres documens officiels sont donnés sous la forme d'instructions adressées aux magistrats ou au peuple. On les imprime régulièrement dans la Gazette officielle, dont des extraits sont repris et publiés de nouveau dans les gazettes provinciales qui s'impriment dans les principales villes. Lorsque l'empereur prend une mesure ou promulgue une loi à laquelle il peut snpposer que l'opinion publique ne sera pas favorable, il déduit dans la gazette sus-mentionnée les motifs qui ont déterminé sa résolution; et, ce qui est bien plus remarquable, c’est que l'empereur se croit responsable envers ses sujets de toutes les calamités qu’ils éprouvent, telles que famines, épidémies, tremblemens de terre, etc. ; dans ces cas il s’accuse publiquement d’avoir irrité le ciel en négligeant ses devoirs et il s'impose des pénitences, qui consistent en retraites plus ou moins longues, en jeûnes, en prières extraordinaires, etc. :

Le gouvernement du Tibet et du Boutan est une véritable théocratie. La constitution politique des Mongols, des Kalmuks et des Kirghiz ressemble à celle des royaumes de l’Europe dans le moyen âge. Le gouvernement de la Corée et de l'archipel de Lieou-khieou paraît être despotique. Le Dalaï-

Touzkoul (salé) , situé dans Imuk Torgot, et quitte cette lac Kaban-koulak. Voyez à

C'est le plus grand de tous les a source dans le Mouz-lagh, ant par Yarkand, et aboutit affluens sont : à la droite, la vière d'Aksou, le Moussour

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lama et le Bantchan-erdeni envoient annuellement une ambassade à péking avec des présens, qui consistent en ge à et en étoffes fines de laine, en bâtons d'odeur , en petites colonnes où obélisques d'argent , en idoles et autres objets relatifs au service divin du lamisme , en chapelets de corail ou de succin. Toute la valeur des présens du Dalaï-lama est estimée à 60,000 raubles en argent, ou à 240,000 francs. Il paraît que le Deb- radja, qui est moins soumis aux Chinois, n’envoie rien à Péking. Le roi de Corée reçoit l'investiture de son royaume de l’empereur de la Chine, auquel il envoie des présens comme gage de sa fidélité, mais il en recoit réciproquement, quoique d'une valeur beaucoup inférieure. Le roi de Corée paie également un tribut en or aux Japonais. Selon M. Golovnin le roi de Lieou-khieou aussi paie un tribut aux deux empereurs de la Chine et du Japon, mais paraît être encore plus dépendant de ce dernier que du premier. Les khans des Mongols, au lieu de payer un tribut, reçoivent de forts appointemens comme généraux au service de l'empire, ainsi que des présens considérables en étoffes de soie et en riches habillemens. Les empereurs Mandchoux leur donnent souvent en mariage leurs filles, leurs sœurs et leurs nièces pour les attacher à leur dynastie. Depuis plusieurs années les principautés de la Petite-Boukharie (Thian-chan-nan-lou) sont administrées comme une province de l’empire,

INDUSTRIE. L'industrie des Chinois est merveilleuse en tout ce qui concerne les aisances et les commodités de la vic. L'origine de plusieurs arts se perd chez eux dans la nuit des temps, et l'invention en est attribuée à des personnages, dont l'existence historique a souvent été mise en doute. Ils ont toujours su préparer la soie et fabriquer des étoffes qui ont attiré chez eux les marchands d'une grande partie de l’Asie. La fabrication de la porcelaine a été portée chez eux à un degré de perfection qui n’a été dépassé en Europe que depuis peu d'années. Le bambou leur sert à faire des milliers d'ouvrages de toute espèce. Leurs toiles de coton sont renommées dans le monde entier, Leurs meubles, leurs vases, leurs instrumens et outils de toute espèce, sont remarquables par une grande solidité, jointe à une certaine simplicité ingénieuse qui mériterait souvent d’étre imitée. De tout temps ils ont su travailler les métaux, faire des instrumens de musique, polir et tailler les pierres dures. La gravure en bois et l'imprimerie stéréotype remontent chez les Chinois au milieu du x° siècle. Ils excellent dans la broderie, la teinture, les ouvrages de vernis et l’art de découper livoire; les éventails qu’ils en font sont admirés de tout le monde; leurs ouvrages en filigrane sont fort beaux; leurs fleurs artilicielles n’ont pas encore été surpassées, et nous leur devons l'usage des papiers de tenture. On n'’imite qu’imparfaitement en Europe certaines

roductions de leur industrie, telles que leurs couleurs vives et inaltérable, leur papier à-la- fois fin et solide, leur encre et une infinité d’autres vbjets qui exigent de la patience, du soin et de la dextérité, Il se plaisent à reproduire des modèles qui leur viennent des pays étrangers; ils tes copient avec une exactitude scrupuleuse et une fidélité servile. Ils fabriquent même tout exprès dard les Européens des objets qui sont du goût de ces derniers, comme des magots ou des figurines en stéatite, en porcelaine, en bois peint ; et la main d'œuvre est à si bon marçhé chez eux, qu’il y à souvent de l'avantage à leur commander des ouvrages que c'es artisans européens ne pourraient exécuter qu’à grands frais.

ES ee man me

DESCRIPTION DE L'ASIÉ. 753

tune ambassade à pc- Sous le rapport de l’industrie on peut ranger les Coréens avec les Chin étoffes fines de laine, nois; ils se distinguent surtout dans la fabrication d’une étoffe de coton ues d'argent, en idoles connue sous le nom de rankin et dans celle du papier à écrire, Les Tibetains e, en chapelets de co- sont beaucoup moins industrieux, quoique leurs tissus de laine aient un grand 'alaï-lama est estimée à débit dans la Chine, dans l’Inde et dans la Mongolie. Les Tibetains égalent arait que le Deb- radja, les Chinois dans la fabrication de plusieurs objets en métaux et dans les Péking. Le roi de Corée ornemens de tête des femmes. Les Boukhares dans le Thian-chan-nan-lou de la Chine, auquel il paraissent être, sous le rapport de l’industrie, supérieurs aux habitans du is il en reçoit récipro- Tibet; ils excellent surtout dans l’art de polir le jade oriental et dans la re. Le roi de Corée paie fabrication du drap d’or et d'argent, ainsi que dans celle des étoffes de M. Golovnin le roi de soie et de la toile. Les Kalmuks, les Mongols et les Kirghiz reçoivent des reurs de la Chine et du peuples que nous venons de nommer tous les articles de luxe, et quelquece dernier que du pre- fois même quelques-uns de ceux de première nécessité. Les grandes villes Fe tribut, reçoivent de et les gros bourgs qui se distinguent sur tous les autres par leur industrie, l'empire, ainsi que des sont : Peking et Thian-tsin, dans le Tchy-li; Canton et Fou-chan, dans le s habillemens. Les em- Kouang-toung; Tchang-tcheou et Foutcheou, dans le Fou-kian ; Hangriage leurs filles, leurs tcheou et Ning-pho, dans le Tche-kiang; Xiang-ning, Sou-tcheou, Soungastie. Depuis plusieurs kiang et Yang-tcheou dans le Kiang-sou; Xing-te-tching et Kan-tcheou, ian-chan-nan-lou) sont dans le Kiang-si; Æachkar et Yarkand, dans le Thian-chan-nan-lou et H'lassa (Lassa) dans le Tibet.

COMMERCE. Le commerce intérieur de la Chine l’emporte de beaucoup sur le commerce extérieur ; il se fait par les rivières et les canaux, et consiste principalement en échange de productions naturelles ou industrielles des diverses provinces. La Chine est un pays si vaste, et il règne tant de variétés dans ses productions, que ce trafic suffit pour occuper la partie de la nation qui peut se livrer aux opérations mercantiles. Cette circonstance a contribué à faire négliger par les Chinois leur commerce maritime, qui s’étendait autrefois jusqu’à la mer Rouge. Cependant leurs marchands visitent encore les principaux ports de la Malaisie (Archipel- Indien), de l’Inde-Transgangétique et quelques-uns du Japon et de la Papouasie (Nouvelle-Guinée).

Dans le commerce étranger on doit distinguer le commerce maritime et le commerce par terre. Le premier est beaucoup plus considérable que le second, Son entrepôt principal est le port de Canton, qui est le plus fréquenté par les nations maritimes de l’Europe et par les Anglo-Américains. Ces derniers et les Anglais y font à eux seuls presque les trois quarts de toutes les affaires. Le gouvernement chinois non content d’avoir limité les lieux où les marchands européens peuvent être admis, le lieu où ils peuvent habiter et la durée du séjour qu'ils peuvent faire à Canton, ne leur a pas seulement laissé la liberté. de choisir les commerçans chinois avec lesquels ils peuvent négocier , il a ccnfié le monopole du commerce européen à des négocians privilégiés, dont le nombre a été fixé à 12 jusqu'en 1792, où il a été porté à 18. Ces négocians, que les Français nomment hanistes et les Anglais Long, d’un mot chinois qui signifie magasin, sont les intermédiaires obligés dans toutes les opérations commerciales ; ils fournissent des garanties , des cautionnemens et des répondans, et leurs fonctions s'étendent souvent à une sorte d'intervention politique dans les difficultés qui s'élèvent fréquemment entre les négocians étrangers et les autorités locales. Après le port de Canton viennent ceux de Tchang-tcheou, de Hiamen où Emouy, de Tchao-hing et celui de Ning-pho. Les Espagnols

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de Manille ont seuls le droit de trafiquer à Tchang-tcheou dans le Fou-kian.

Le commerce étranger par terre a lieu sur cinq frontières principales : 1° sur les confins de la Sibérie, où Maïmatchin vis-à-vis Kiakhta est la place principale. On a beaucoup exagéré l'importance de ce commerce; selon M. Klaproth le prix de toutes les marchandises qu’on y échange surpasse rarement la somme de 8 millions de francs par an, et ne s'élève souvent qu’à 6 millions. 2° Sur les confins du Turkestan, où Yarkand est le principal entrepôt; Khachkar sur la frontière et Aksou dans l’intérieur sont aussi des places qui y prennent une grande part. 3° Sur les confins de l'Inde, où Leh dans le Petit-Tibet, Takakote sur la frontière et Lassa, dans l’intérieur du Tibet, sont les principaux entrepôts. 4° Sur les confins de l'empire Bùman, où Young-tchhang-fou est la place principale. 5° Sur les confins de l'empire d’An-nam le commerce se fait par les négocians de Kueï-lin-fon,

Les villes de l'empire que l’on peut regarder comme ses principales places de commerce, outre celles que nous venons de nommer et celles mentionnées dans l’article érdustrie, sont : Tchhang-kia-kheou, en mongol Xhalgan, dans le Tchy-li; Lin-thsin-tcheou, dans le Chan-toung; Wou-tchhang, dans le Hou-pe; Fo-tcheou, dans le Hou-nan; Nan-kang, dans le Kiang-si; Gouldja où Ili, dans la Dzoungarie; Ourga ou Xouren, dans la Mongolie.

Les principaux ARTICLES ExPORTÉS sont : thé, toiles de nankin, porcelaine, rhubarbe, squine, musc, gingembre, badiane, mercure, zinc, borax, soie, châles, nacre de perle, écaille de tortue et les objets mentionnés dans l’article éndustrie. Nous ferons observer que le thé est celui qui dépasse de beaucoup tous les autres, puisque les Anglais seuls en ont acheté 29,345,77b livres pesant en 1826, et que les 27,478,813 livres qu’ils ont exportées en 1823 représentent une valeur de 1,924,738 livres sterling. Les principaux ARTICLES IMPORTÉS sont : draps et autres lainages, fourrures de la Sibérie et de l'Amérique du Nord, fils d’or et d’argent, cannetilles et paillettes, glaces et verres de Bohème, plomb, corail, cochenille, bleu de Prusse , cobalt, vins de Champagne, ouvrages d’horlogerie, ébène, poivre, bois de sandal et de calambac, ivoire , étain, cuivre, ailerons de requins, holothuries, nids de salangane, écaille et nacre de perle, benjoin, camphre, encens, tabac et surtout opium, qui, quoique prohibé à la Chine, y est reçu avec le plus vif empressement, Ce dernier est même l’article le plus fort parmi les importations, puisque la valeur moyenne de l’opium introduit à Canton de 1821 à 1825 inclusivement s’est élevé à environ 8,000,000 de dollars ou à plus de 40,000,000 de francs. La valeur moyenne des nids d'oiseaux, regardés comme une friandise par les Chinois et importés à Canton, s’est élevée dans ces dernières années à 280,000 livres sterling ou à 7,000,000 de francs.

DIVISIONS ADMINISTRATIVES et TOPOGRAPHIE. Dans les nombreux et vastes pays dont l’ensemble forme l'empire Chinois, il faut d’abord distinguer les pays entiérement soumis, les pays tributaires et les Pays vassaux où protégés. La première classe comprend : La Cnine proprement dite; c'est le noyau de l'empire; elle forme avec ane fraction du Pays des Mandchoux , qui est le pays natal de la famille régnante, et une partie de la Petite-Boukharie, les dix-huit provinces de la Chine; dans le tableau suivant on a rangé ces dernières en cinq groupes géographiques, afin d’aider le lecteur à les retrouver sur les cartes. Les autres pays compris dans

eo ne cette classe sont la Dzounoarte ou le THrAN-CHAN-rE-Lou ct le THrAN-cHaNxax-Lou ou la Petite-Boukharie; depuis 1760 ces pays forment une province de l'empire. Dans la seconde classe il faut ranger la Moncoue proprement dite, le Pays nes Moncozs pu KxoukxouxooR , une partie du Pays Des Kincwiz-Kaïsax où de la Granpe-Honpe et du Pays pes Bousour. La troisième classe comprend les royaumes DE Corée et de Lirou- «meou , le Tiser et le Pays Du Desrapsa, improprement nommé Bouran ou Bnoran par les Européens. Le Tuian-CHaN-PE-Lou ou la province au nord des monts Célestes, et le THIAN-CHAN-NAN-LOU ou la province au sud des monts Célestes, forment réunis ce que les Chinois appellent Six-KianG ou la Nouveze-FronTiÈRE ; tous les deux dépendent du gouverneur général militaire qui réside à Ili. A l'égard du Tibet, qui n’est ni un royaume, ni une province de l'empire Chinois, comme le décrivent nos géographes, mais bien une vaste région géographique, nous le partagerons avec M. Klaproth en quatre provinces, ou pour mieux dire en quatre grandes contrées, subdivisées chacune en plusieurs états dont le plus grand nombre paie un petit tribut au Dalai-lama ; celui-ci, de même que le Bogdo-lama où Bantchan-lama, et les autres sont sous la protection de l'empereur de la Chine. Les résidens de ce monarque auprès des cours des lamas souverains ont acquis depuis quelques années une si grande influence dans l'administration intérieure du pays, qu’on pourrait le regarder comme entièrement dépendant de la Chine. Nous ajouterons que dans la Chine proprement dite il y a plusieurs peuplades qui ne sont soumises que de nom, mais qui de fait sont entièrement 1n épendantes, comme quelques tribus des Mienting et des Miaotse; les Lolos ne sont que vassaux.

Nous venons de voir que la Chine proprement dite avec une partie de la Petite-Boukharie et du Pays des Mandchoux sont partagées en provinces ; chaque province est subdivisée en départemens ( ou ); ceux-ci sont subdivisés en arrondissemens (tcheou), et en districts (Lian). Il y a de plus un certain nombre d’arrondissemens et de districts qui ne dépendent d'aucun département , mais qui relèvent immédiatement du gouvernement de la province ; on nomme ces derniers tchy-li ou mouvances directes. Dans le tableau suivant on a écrit leurs noms en caractères romains. Dans ce même tableau on a donné, d’après MM. Klaproth et Abel Rémusat, tous les départemens, tous les échy-li et tous les cantons immédiats de la Chine proprement dite et ceux de la partie de la Petite-Boukharie qui lui a été arce que ces divisions donnant presque toujours leurs noms c'était le moyen de faire connaître ces dernières. On a mis un * avant le nom de celles qui ne sont le chef-lieu d'aucune des divisions sus-mentionnées, afin d’eviter toute confusion. Nous citerons comme un fait remarquable que les villes chinoises n'ont pas de nom; on les désigne par le nom du département, de l'arrondissement ou du district dont elles sont les chefs-lieux. On dit la ville du département de Kouang-toung (Canton)

heou dans le Fou-kian. frontières principales :

is Kiakhta est la place le ce commerce; selon ‘on y échange surpasse ne s'élève souvent qu’à rkand est le’ principal intérieur sont aussi des nfins de l'Inde , où Leh Lassa, dans l’intérieur confins de l'empire Bù- >, b° Sur les confins de cians de Kueï-lin-fon.

somme ses principales s de nommer et celles g-kia-kheou, en mondans le Chan-toung; Hou-nan; Nan-kang, ie; Ourga ou Kouren,

iles de nankin, porcee, mercure, zinc, bot les objets mentionnés e thé est celui qui dé- Auglais seuls en ont les 27,478,813 livres ur de 1,924,738 livres raps et autres lainages, , fils d’or et d'argent, e, plomb, corail, cone, ouvrages d’horlo- >ivoire, étain, cuivre, ie, écaille et nacre de opium, qui, quoique ressement, Ce dernier ons, puisque la valeur 825 inclusivement s’est 40,000,000 de francs.

mme une friandise par ces dernières années

incorporée ; s aux villes qui en sont le chef-lieu,

GRAPHIE. Dans les mpire Chinois, il faut

pays tributaires et les rend : La Cuine pro- > avec une fraction du mille régnante, et une 5 de la Chine; dansle es géographiques, afin tres pays compris dans

, la ville du département de Kiangan-king de nos cartes), etc., etc. La ville où réside actuellement hef-lieu du département de Ghun-thian, dans le Tchy-li, n’a King-ssu, la capitale. Lorsqu'il y a eu anées ou que la cour a changé de tablissait des noms

pas elle-même d'autre nom que en Chine plusieurs dominations simult : 1 résidence , on a donné aux diverses villes où elle s’é b qui marquaient leur position : Pe-king, cour du nord; Nan-king, cour du

“ra

RE midi; Zoung-hing, cour orientale, etc., etc. Ces dénominations n’ont rien de spécial, et peuvent s'appliquer à toutes autres villes que celle que les Européens ont coutume de désigner de cette manière; cet usage a été ct est encore une source inépuisabie d'erreurs graves dans lesquelles sont tombés les plus savans géographes, lorsque, ignorant le chinois, le mandchou et autres langues, ils n'ont pas eu recours aux savans orientalistes , qui pouvaient seuls les guider dans la description de ces contrées éloignées et encore si mal connues.

Pays ET PROVINCES. Caers-Lisux, ViLLEs ET LIEUX LES PLUS REMARQUANLES

CHINE proprement dite.

Provinces Septentrionales.

TongeLr soso. Caun-THIAN ou PEKING ; * Toung-tcheou, (immenses magasins l'ancien Pectchiliavecune impériaux de sel); Haï-tian, * Yuen-ming-yuen; Pao-ting, es du Paysdes Mand- résidence du gouverneur du Tchy-li; Young-phing; Ho-kian; choux). Thian-tsin; Tching-ting; Chuncte; Kouang-phings Taï-ming; Siuan-hoa; * Tchang-kia-kheou ou Khalgan; Tching=te (Je-ho ot Gé-hol). Les cantons immédiats de Tsun-hoa, Yi-tcheou,

Ki, Tchao, Tchin, Ting. s - CHANSSE, ss Thaï-youan; Phing-yang; Phou-tcheou; Lou-'an; Fen-tcheou; Thse-tcheou; Ning-wou; Taï-thoung; Sou-phing. Les cantons immédiats de Phing-tiog, Hin , Taï, Hou, Kiaï, Kiang, Thsin, Liao, Pao-te, Chi. La ville de Koueï-hoa, dont relévent six

cantons.

C CP PR OU Si-’an (Singan); Fan-’an; Foung-thsiang; Han-tchoung; Yu-lin; a Hing-’an; Thoung-tcheou. Chang ; Khian ; Pin; Feou; Soui-te, KAN-SOU. . 0. Lan-tcheou; X sans Phing-liang; Khing-yang; Ning- (la partie occidentale dela hia; Kan-tcheou; Liang-tcheou; Si-ning; Tchin-si (Bar-kol);

province de Chen-sietpartic *Ty-houa-cheou (Ouroumtsi); * Toung-ou; * Cha-cheou, Les cande la Petite-Boukharie). tons immédiats de King, Thsin, Kiaï, Sou, *Anesi, Ti-hoa,

Provinces Occidentales.

Szu-rououan. ...,.... Tching-tou; Tchoung-khing; Pao-ning; Chun-khing ; Siutcheou; Khoueï-tcheou (dans les montagnes de son territoire vitun peuple br Loung-an; Ning-youan; Ta-tcheou; Kia-ting; Thoungetchouan. Les cantons immédiats de Mi, Khioung , Lou, Tseu, Mian, Meou, Tha, Tchoung, Si-yang, Siu-youug, Soung-fan, Chi-tchu , Tsa-kou, Argou, Mei-n0 (Grand et Petit-Kin-tchhousn).

YUN-NAN, , , ,,,,... Yun-nan; Kio-tsing; Lin-’an; Tchhing-kiang; Kouang-nan; Khaï-hoa; Toung-tchhouan; Tchao-thoung; Phou-eul; Tai-li; Thsou-hioung; Young-tchhang; Chun-ning; Li-kiang. Les cantons immédiats de Kouang-si, Wou-ting, Youan-kiang, Tchin-youan, Young-pe, Meng-hoa, King-toung. Le Pays des Lolos, partagé en plusieurs fiefs vassaux de l'empire; et le Pays des Mienting, beaucoup moins considérable,

Provinces Méridionales.

KouanG=sr. . ,...... Koueï-lin; Lieou-tcheou; Khing-youan; Sse-’en; Sse-tchhing; Phing-lo ; Ou-tcheou ; Thsin-tcheou ; Nan-nings Thaï-phing; Tchin-’an. Le canton immédiat de Yo-ling. Le Pays des Miaotse.

KOUANG-TOUNG. , : . . . Kouang-tcheou (Canton); Chao-tcheou; Nan-hioung; Hoeïtcheou ; Tchhao-tcheou ; Tuhao-khing; Kao-tcheou; Liantcheou; Loui-tcheou; *Fou-chan; * Hianchanghien; Khioungtcheou (dans l'île d'Haï-nan, si importante par sa population, ses salines et plusieurs produits précieux, et dont l'intérieur est occupé par des sauvages indépendans). Les cantons immédiats de Lo-ting, Lian, Kis-ying. L'archipel des Larrons occupé par des pirates, dont le chef paraît résider dans l’île Sancran.

Let

DESCRIPTION DE L'ASIE. 757 ON IE oo énominations n’ont rien Pays &T Provinces. Cusrs-Lieux, ViLLES ET LIEUX LES PLUS REMARQUABLES,

Provinces Orientales et Maritimes.

FOU-KIAN, 4... Fou-tcheou; Hing-houa; Thsiuan-tcheou ; Tchang-tcheou ; * Hiamen ou Emouy; Yan-phing; Kan-ning; Chao-wou. Tengtcheou ; Fou-ning ; Thaïsean (dans l'île de Formose, si remarquable par son étendue et si importante par ses beaux ports, ses bois de construction et autres produits; la partie orientale est habitée par des sauvages indépendans; et la partie sud-ouest depuis 1805 paraît être occupée par des pirates). Les cantons immédiats de Young-chhun , Loung-yan. L'archipel Phenghu (Pescadores des Européens), composé d'ilots encore déserts, sur un desquels il y a un fort et unc garnison de Chinois. TOUE*KTANG, Hang-tcheou; Xia-hing; Howtcheou; Ning-pho; Chao-hing; Taï-tcheou; Kin-hoa; Khiu-tcheou; Yan-tcheou ; Venc-tcheou; Tchoustcheou. L'archipel des 400 îlots dont Æintam (Hintong des Anglais) et T'cheou (Chusam des Anglais) sont les principaux.

KIANG-SOU, , 4 0 0 0 Kionpalog (Nan-king); Sou-tcheou ; Soung-kiang ; Tchang- (la partie orientale de l’ane tcheou; Tchin-kiang; Hoeï’an; Yang-tcheou; Sin-tcheou, Taicien Kiang-nan). thsang, Haï, Thoung. L'ile Thsong-ning avec d'immenses salines. CHAN - TOUNG. . ... ... Tsi-nan; Fan-tcheou; Toung-tchhang ; * Lin-thsin-tcheou ; Thsing-tcheou; Teng-tcheou, une des stations de la flottille ; Laïstcheou, une des stations de la flottille; #ou-ting; Fi-tcheou- Thaivan; Tsao-tcheou. Tsi-ning, Lin-thsing.

Provinces Intérieures.

I . Khaï-fung; Xouei-te; Tchangete ; Weïi-hoeï ; Hoaï-khing; Ho-nan, regardée comme la ville centrale de la Chine; Nan-yang; Juning; Tchin-tcheou. Hiu, Jou, Chen, Kouang.

villes que celle que les ière ; cet usage a été ct es dans lesquelles sont gnorant le chinois, le urs aux savans orientacription de ces contrées

UX LES PLUS REMARQUABLES

g-tcheou, (immenses magasins * Yuen-ming-yuen; Pao-ting, hy-li; Young-phing; Ho-kian; -te; Kouang-phings Taï-ming; ou Khalgan; Tching=te (Je-ho liats de Tsun-hoa, Yi-tcheou,

-tcheou; Lou-'an; Fen-tcheou; oung; Sou-phing. Les cantons Taï, Hou, Kiaï, Kiang, Thsin, Koueï-hoa, dont relévent six

-thsiang; Han-tchoung; Yu-lin; g; Khian; Pin; Feou; Soui-te,

Nes , k ge rss nv Ad Koh: RES TE ’An-khing; Westcheou; Ning-koue; Tchi-tcheou; Thaï-phing; “ga 1. q j (la partie occidentale de Liu-tcheou; Foung-yang; Ying-tcheou. Tchhu, Ho, Kouang-te, doc e ua À he can- l'ancien Æiang-nan). Lou-’an, Sze.

4 L > ARPNNy A EUOR, Howrs .....,,.,. Wou-tchhang; Han-yang; Hoang-tcheou; * An-lou; Te-’an;

(la partie septentrionale de Aing-tcheou; Siang-yang; Yun-yang; Fi-tchhang.

l’ancien Hou-kouang).

KrARG = Bts 560 0 0 + Nau-tchhang; Jao-tcheou ; *King-te-tchin ; Kouang-sin ; * Hou-tchän , bourg immense, entrepôt du commerce de le Chine-Méridionale avec la Chine-Septentrionale; Van-khang- Küieou-kiang; Kian-tchhang; Foutcheou; Lin-kiang; Ki-’an; + Choui-tcheou; Youan-tcheou; Kan-tcheou; Nan-'an. Ning-tou. Hou- NAN, «+... .: .. Tchhang-cha; Pao-khing; Fo-tcheou; Tchang-te ; Heng- (la partie méridionale de tcheou ; Foung-tcheou; Tchin-tcheou ; dans les montagnes de l’ancien Hou-kouang). son territoire vivent plusieurs tribus de Miaotse, indépendans de fait quoique soumis de nom; Yuan-tcheou ; Young chun. Foung; Tchin; Tsing; Koueï-yang. à

Kouxi - TCHEOU, . : . . . Koueiï-yang; 4nwchun; Phing-youeis Tou-yun; Tchin-youan; Szu-nan; Chi-thsian; Szu-tcheoug Thoung:-jin; Li-ping; Taï-ting; Nan-loung; Tsun-yi.

PAYS DES MANDCHOUX, partagé en trois départemens ;

CHING-KING. .: . . . .... Ching-yang ou Moukden; Foung-thian ; l'archipel du Liao-toung ou de Jean Potocki.

GuiRiN............ <hirin; Bédouné; Ningouta; Tondon, lieu d’exil pour les criminels chinois. à SAKHALIEN - OULA. . . « « + Sakhalien-oula-khoton; Tsitsikar; Kaïlar, La partie septentrionale de l'ile Tarrakaï ou Tchoka.

MONGOLIE , où il faut distinguer :

Le Pays Des Moncors subdivisé en Kontsin, où se trouvent les ruines des villes Almatou et Sibé ; Tourner; DsaLaïiT, où se trouve Tcholkhotès Gonus , où l'on voit les ruines des villes Loung-ngan, * Aokhotd et Bar-khoto; ARou-KonTsin; TOUMET;, où est la ville ruinée de Ahara-khotù ; KanaTsiN, où l’on voit les ruines de plusieurs villes anciennes, et le temple bouddhi-

Pao-ning; Chun-khing ; Sius montagnes de son territoire an; Ning-youan; Ta-tcheou; s cantons immédiats de Mai, Teou, Tha, Tchoung, Si-yang, hu , Tsa-kou, Argou, Meï-no

Tchhing-kiang; Kouang-nan; hao-thoung; Phou-eul; Taï-li; Chun-ning; Li-kiang. Les cani, Wou-ting, Youan-kiang, -hoa, King-toung. Le Pays sa fs vassaux de l'empire; et le moins considérable,

g-youan; Sse-'en; Sse-tchhing; Leou ; Nan-ning; Thaë-phing; at de Yo-ling. Le Pays des

ao-tcheou; Nan-hioung; Hoeïo-khing; Kao-tcheou; Liann; * Hianchanghien; Khioung- » si importante par sa populay produits précieux, et dont s sauvages indépendans). Les 3, Lian, Kin-ying. L'archipel rates, dont le chef paraît resi-

ET mp

Pays ar Provinces. Cuevs-Lisux, Vies RT LIEUX LKS PLUS ARMARQUARLES,

que Kou-yuan-ming-szu, avec des inscriptions du temps de la dynastie mongole de Yuan; AoknAN; Naiman ; OuncniouT, avec les ruines de Jao-tcheou; KuaLkua (aile gauche); Donnour, où est situé un célèbre temple du bouddha S'akia. mouni; ABARHAï; ABARHANAR ; KuaorstT; Ounioumoursix; Bantn, où l'on trouve Barin-khotà, et les tombeaux des empe. reurs Khitans. Kusikren; Souniour; Dounuon-Kornozux; Kuazkua (aile droite); Toumsr pe Koukou-Knoré, où se trou ve Koukou-khotù (en chinois Kouci-houn-tchhing) , résidence d’une incarnation divine; Ourar, où il faut placer l'ancien pays de Tenduc ou Thian-te mentionné par Marco Polo, et où se trouvent plusieurs temples célèbres ; Onos; Tonaruar ou MoxGoLs D£ LA FRONTIÈRE, Voisins de la province chi. noise de Chan-si ; on y voit les ruines de plusieurs anciennes villes; DrsTrRICTS DES HUIT PATURAGES appartenant au gouvernement chinois, où il y a la ville de Tchao-naircanssoumé, uommée autrefois Khai-phing, qui est selon les savantes re. cherches de M. Klaproth le Clemenfou de Marco Polo, résidence d'été des khaus mongols de la dynastie de Yuan. Plus tard cette ville reçut le nom de Chang-ton, ou de résidence supérieure; elle fut détruite sous les Ming.

Le Pays pes KuaALkuA qui se compose de l'ancien Pays Des KuarkuA, d’une partie du pésenT DE Gost, du Pays Dxs OunranNGKHaï et d’une portion de celui des Eceurs ou Oxcer. Ses villes les plus remarquables sont : Ourga ou Kourè; Maï-tma-tchin; Ouliasoutaï, où réside un général mandchou commandant en chef les troupes du Pays des Khalkha. Plusieurs hordes de Kalmuks errent dans cette région élevée. Dans l’Ouriangkhai vivent les Soyotes qui par fois sont antropophages. Selon les recherches de M. Klaproth, c'est dans cette partie de l'empire et proprement sur la rive gauche de l’Orkhon, peu loin des sources de ce fleuve, qu’on doit placer Æarakhorin ou Caracorum. Cette ville qui, suivant Rubriquis, témoin oculaire, n'était au temps même de sa gloire pas plus grande que Saint-Denis, servait de point de ralliement aux innombrables hordes de la Tartarie; elle était cependant la résidence ordinaire des premiers successeurs de Tchinghiz-khan, et par conséquent la capitale du plus vaste empire qui ait Jamuis existé. C'est dans son enceinte que Koublaï et Argoun reçurent les ambassadeurs de toutes les puissancesæde l'Asie, et ceux d’une grande partie de l’Europe et de l'Amérique.

THIAN-CHAN-PE-LOU, où il fant distinguer :

La DZzoUNGARIE. . . . . . subdivisée en trois divisions militaires qui prennent le nom de celui de leurs chefs-lieux respectifs. ZZi ou Gouldja (Hoeï-yuan-tchhing des Chinois); Kour-khara-oussou et Tarbagatar (le Soun-tsing-tchhing des Chinois}.

Le Pays pes KtRouiz. . . Qui comprend une partie du territoire des Ki 3hiz de La Grande-Horde, qui errent aux environs du lac Balkachi, et une partie de celui des Bourout aux environs du lac Dzaïsang.

Lx Pays ves ToRGOT, . . qui comprend le territoire le long du Haut-Ili, assigné par l'empereur de la Chine aux restes des Torgots, qui en 1770 quittèrent les bords du Volga pour se retirer sous la protection de l'empire Chinois.

THIAN-CHAN-NAN-LOU (Petite-Bouklarie), partagé autrefois en 8 principautés tributaires de l'empire, et maintenant en 10 principautés entièrement soumises. Elles portent la même dénomination de leurs chefs-lieux respectifs, que nous nommerons pour faire connaître Jcs anes et les autres, savoir : KnAMIL ou Hami, Prosan, KHarAGHar, KourTcné, Sarram, Aksou, Oucur, KacaGuan ou Kacakan, YARKAND et KnoTAN. 4Asou pourraît être regardée comme la ville capitale, étant le siège du

D Pas gr Paovinces. Cuers-Lisux, Vissus ET LIEUX LES PLUS RKMARQUABLES:

commandant en chef de toutes les troupes de cette division de l'empire. Nous rappellerons que c'es” “us cette province et surtout dans les principautés de Kac et de Yarkaud, que depuis quelques années des princes 1. «s se sont révoltés et font lu guerre aux Chinois. Malgré les défaites qu'ils ont éprouvés, il paraît que l'insurrection n'est pas entièrement éteinte.

PAYS DES MONGOLS DU KHOUKHOU-NOOR, partagé selon M. Klaproth en 30 bannières; ils habitent dans la contrée montueuse et très élevée sur laquelle se trouve le lac Khoukhou-noor ; ce sout à proprement parler des Kalmuks. C'est daus les montagnes de cette Suisse de l'Asie-Centrale que le Houang-ho prend sa source , et sur leur versant méridional sont celles du Kin-chakiang, du Thalouen et du Menang-kong qui figurent parmi les plus grands fleuves du monde.

TIBEL ou SI-ZZANG, subdivisé en:

Jours H'lansa (Lassa); Botala; Jigagounggar.

M NS eu ee de Jikadze, à laquelle M. Kla roth donne 30,000 habitans ; Djachi-loumbo (Tissou-loumbou), résidence du Bantchanlama; Ghiandze; Phari, petite forteresse non loin du mont Chamoulari; Tchakakote, ville commerçante de 1,000 maisons, près du Dhawalaghiri; Baldhi.

De PET CPU DICO 1e Bathang; Tsiamdo; Sourmang ou Sourman; Souk; il paraît que la partie orientale de cette province a été réunie à la rovince chinoise de Sse-tchouan.

eme a te École Elle comprend plusieurs petits états, tributaires du Dalaï-lama, dont les villes princi À sont : Tchoumarte; Bourang-dakla; Deba ; capitale de l'Undes ou Urna-Desa, et résidence d’un lama; Toling, résidence d'un grand-lama. Ladak ou Lei, capitale du Ladak ou Petit-Tibet ; Garlou ou Gotorpe, avec un poste militaire chinois. La partie orientale de cette province est occupée par des tribus mongoles nommées Kbor ou Charaï-gol.

PAYS DU DEB-RADJA (Boutan ou Bhotan), subdivisé eu : Pays pu Drr RADIA. . . . Tassisu don; Pounakha , résidence du Deb-radja en hiver; Ouandipour; Ghassa; Mouritchom; Bouxedaouar.

PrencrpaurTé De Bisnr. . Bisni, siège d'un prince tributaire du Deb-radja, et payant aussi un tribut aux Anglais pour la partie de son territoire ; comprise dans les limites du Bengale.

ROYAUME DE CORÉE. . Han-yang-tchhing. L'archipel de Corée, formé d’un grand nombre d'ilots; l'ile Quelpaert (Muse des Coréens), remarquable par son haut pic, pourrait être regardée comme une dépendance géographique de ce groupe.

ROYAUME DE LIFOU-KIEOU , qui comprend l'archipel de ce nom divisé en deux groupes : Grours pe Lisou-nteou , dont les îles principales sont : Lieou-khieou ou la Grande-Lieou- Kkhieou (Loochoo des Anglais); on y trouve : King-tching, où réside le roi, et Napakiang gi en est le port. Les autres îles les plus remarquables s0nt : Lieou-houang-chan (ile de Soufre), avec une montagne qui fume ; Komisang, remaruable par un volcan qui paraît brûler encore ; Ile du Port (Harbour-Island), qui est la plus septentrionale. Grourz px Mavsicosima, dont les îles principales sont: Typinsan, la plus grande du groupe; Patchousan et Rochoukoko, qui viennent après pour l'étendue; Koumi, la plus occidentale de tout l'archipel.

KL LRS PLUS ARMARQUARLES,

es inscriptions du temps de AOKHAN; NaAÏMaN ; Ouxesou; Kuaskua (aile gauche); e temple du bouddha S'akia- HAOTSIT ; OUDIOUMOUTSIN ; », et les tombeaux des empe.

iouT; DouRLON-KOEBOE UN; £ Koukou-KkHoTd, où se trou.

ci-houn-tchhing) , résidence r, Où il faut placer l'ancien ntionné par Marco Polo, et célèbres; Onpos; Tonarknar voisins de la province chi.

sines de plusieurs anciennes JRAGES appartenant au gouille de Zchao-naircan-soumeé, ui est selon les savantes re.

senfou de Marco Polo, réside la dynastie de Yuan. Plus Chang-ton, ou de résidence les Ming.

Des KuarknA, d'une partie DES OURIANGKHAÏ et d’une Oxcer. Ses villes les plus ourè; Mai-tma-tchin; Ouliadchou commandant en chef a. Plusieurs hordes de Kalélevée. Dans l’'Ouriangkhaï sont antropophages. Selon , c'est dans cette partie de ve gauche de l'Orkhon, peu a’on doit placer Karakhorin suivant Rubriquis, témoin de sa gloire pas plus grande t de ralliement aux innomelle était cependant la résicesseurs de Tchinghiz-khan, lu plus vaste empire qui ait einte que Koublaï et Argoun ites les puissancessde l'Asie, l'Europe et de l'Amérique.

ires qui preunent le nom de ectifs. Zli ou Gouldja

Kour-khara-=oussou -tchhing des Chinois}.

ire des Ki ;hiz de la

aux environs du lac Bal- Bourout aux environs du

u Haut-Ili, assigné par l’emdes Torgots, qui en 1770 ur se retirer sous la protec-

s en 8 principautés tribuen 10 principautés entièreème dénomination de leurs nommerons pour faire consavoir : KuAM1L ou Hami, ) SarRAM, Aksou, Oucnr, “D et KnOTAN. A4Asou pour- > capitale, étant le siège du

Pexine , située dans une grande plaine sur le Yu-ho, petit affluent du Pe-ho, ville immense, dont le circuit, sans comprendre les faubourgs, est de 82 li ou 15,400 toises. C’est la capitale du Tchy-li et de tout l'empire. On y arrive du côté de l'est par une superbe avenue longue d'environ 4 milles, pavée dans une largeur de 30 pieds avec des dalles de granit qui ont depuis 6 jusqu’à 16 pieds de long; elle est annoncée par un grand arc

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de triomphe construit en pierre et d'une architecture très riche. Peking se compose de deux villes entièrement distinctes : celles du nord, nommée King-tchhing ou la Ville-Impériale , dite aussi la Ville - Tatare, parce qu'elle a été fondée par les Tartares ou Mongols; on devrait la nommer Ville-Mandchoue , parce qu'elle est actuellement habitée surtout par les Mandchoux. C’est presque un carré parfait. La ville du sud, nommée Lao-tching où Vieille- Ville où Wai-lo-tching ; on l'appelle aussi la Fitte- Chinoise, parce que de tout temps elle a été habitée par les Chinois ; elle a la figure d’un carré oblong. Les deux villes sont environnées de hautes murailles ; celles de la Ville-Tatare sont de briques, hautes de 40 pieds et assez larges pour qu’on puisse s'y promener à cheval. Les portes de la Ville-Tatare, au nombre de neuf, sont dépourvues d'ornemens, mais elles offrent des tours élevées à plusieurs étages et d’un aspect imposant. Devant chaque porte est une esplanade de plus de 360 pieds, enclose d’un mur demi-circulaire, et formant comme une place d'armes, Les rues du King-tchhing sont très longues, larges , tirées au cordeau et très propres ; les principales ont environ 20 toises de largeur. Celle qui est nommée Tchhang-ngan-kiai (rue du et ee perpétuel) a 30 toises de large, C’est la plus belle de Peking; elle va de l’est à l'ouest; au nord elle est bordée en partie par les murs du palais impérial , et au sud par plusieurs palais et tribunaux. Les maisons de Peking sont très basses et n’ont souvent qu'un rez-de-chaussée; quelquefois ce dernier est surmonté d’un étage. Elles sont assez mal bâties sur le devant; mais l'éclat et la variété des marchandises exposées aux yeux des passans dans ls boutiques, leurs enseignes et leurs frontispices resplendissant de sculptures dorées, qui selon M. Ellis sont d’une très belle exécution, forment dans plusieurs quartiers un coup-d'œil satisfaisant. Les rues et les maisons de la Ville-Chinoise sont fort inférieures à celles de la Ville-Tatare sous tous les rapports. Dans la plupart des maisons , dans toutes les boutiques et même dans le palais de l'empereur, des sentences remarquables des philosophes ou des poètes célèbres sont écrites sur les papiers qui tapissent les murailles. Chez les gens riches les portes et les cloison; ;ont en bois précieux, tels que le camphrier, le cyprès, etc., et ornées de sculptures; les tables et les chaises, faites d’un bois choisi , brillent par le vernis dont elles sont revêtues; mais le papier remplace partout le verre que nous mettons aux fenêtres. Les grandes maisons se distinguent par une longue suite de pièces; une galerie couverte, à colonnes, se prolonge devantices appartemens ; et donne entrée dans les chambres qui n'ont pas d’autre communication entre elles.

Outre la Ville-Mand@ouc et la Ville-Clinoise, Peking a 12 vastes faubourgs d'environ 2 milles de long chacun. Les missionnaires et les Anglais ont beaucoup exagéré la population de cette ville. Malgré l'autorité de M. Timkovski, qui, sur les traces du père Gaubil, lui accordait dernièrement 2,000,000 d’habitans, nous n’hésitons pas à la réduire à 1,300,000, nombre qui, tout calculé, nous paraît devoir s'approcher de la vérité.

Le Xing-tchhing ou la Ville- Tatare est composé de trois villes, renfermées l’une dans l’autre, et chacune de ces trois villes a son enceinte particulière. L'enceinte intérieure se compose du palais impérial ou du Tsu-hin-tchhing ; c'est peut-être la plus vaste demeure royale qui existe au monde. Mème en ne comprenant que le palais proprement dit, sans les immenses jardins et les trois grandes cours qui y mênent et qui appar-

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tiennent à la seconde enceinte, sa circonférence est de 6 li ou de 1576 toises. Sa forme est une espèce de carré un peu plus long que large. I est environné de fortes murailles crénelées, construites de briques et couvertes de tuiles de couleur jaune. Sur chacune des quatre portes il y a un pavillon vaste et élevé; des pavillons semblables se trouvent aussi aux uatre coins de l'enceinte, Un large fossé revétu de pierres de taille en fit le tour, Le dedans du palais, dont l'architecture ne saurait être jugée d'après les règles de notre art de bâtir, est une enfilade de cours environnées de colonnes et de salles ou appartemens qui semblent se disputer le prix de la beauté et de la magnificence. Parmi les nombreux édifices, dont l’ensemble compose ce palais, on doit mentionner surtout le troisième portail nommé Touan-men ; les deux temples Thaï-miao, où l'on rend un culte religieux aux tablettes des ancètres des empereurs mandchoux, et le Che-tsu-than, élevé à l'esprit qui fertilise les champs; la belle porte Ou-men (du Midi); la cour de Thai-ho-tian terminée à droite et à gauche par des portes, des portiques et des galeries ornés de balcons et soutenus par des colonnes; la superbe salle du Zaë-ho-tian (de la grande unité), où l’empereur assis sur son trône reçoit dans les grandes solennités les grands de l'empire et les ambassadeurs étrangers ; enfin l’appartement particulièrement destiné à l’empereur, appelé la demeure du ciel serein ; c'est le plus haut, le plus riche et le plus magnifique de tous. Derrière ce logement il y a un vaste jardin nommé le jardin impérial, Dans le Houang-tchhing, qui est le palais extérieur et qui forme la seconde enceinte, on voit d’autres jardins beaucoup plus grands, où se trouvent de grands lacs creusés de main d'hommes; le beau temple de Foe avec une statue de ce dieu en bronze doréavec 100 bras et de 60 pieds de haut; le vaste temple mongol de Soung-tchhou-szu , habité par le koutoukhtou, le premier des trois grands prêtres de la religion lamaïque résidant à Peking , et près duquel est placée l'imprimerie pour les livres de prière en langue tibetaine; c'est aussi dans le Houang-tchhing que se trouvent les magnifiques appartemens, les salles de spectacle et de concert construites par l’empereur Khian-loung; et les cinq collines artificielles, dont la Xërg-chan ou la Montagne resplendissante est la plus élevée. C’est sur cette colline que l'infortuné Hoai-tsoung, dernier empereur de la dynastie Ming, après avoir tué sa fille, se pendit à un arbre pour éviter de tomber vif entre les mains du rebelle Li-tsu-tchhing. Les successeurs de Tchhing-tsoung ont concédé à des particuliers divers emplacemens du Houang-tchhing ; ils ont permis que quantité de marchands vinssent s’y établir ; ils y louent même actuellement un grand nombre de boutiques. Cette enceinte est en général habitée par des gens employés au service de la cour. Notre cadre ne nous permet pas d'indiquer les autres édifices du Houaug-tchhing et les parties les plus remarquables de la troisième enceinte. Nous ajouterons seulement que les temples ou miao, les tribunaux, les palais et en général tous les bâtimens publics sont plus ou moins dignes d’être observés, et que dans la seconde enceinte se trouve un vaste pulais, entouré d’un large canal qu’on traverse sur un pont de jaspe noir d’une construction extraordinaire ; selon le père Magalhaens, il représente un dragon, dont les pieds forment les piles.

Les lieux les plus considérables du #ai-lo-tchhing ou de la Fille Chinoise sont : le temple du Ciel où Thian-than ; sa muraille extérieure à 9 li

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ou 2664 toises de circonférence; l'empereur s'y rend chaque année le jour du solstice d'hiver pour y offrir un sacrifice au ciel. Les bâtimens dont il se compose sont regardés comme des chefs-d'œuvre de l'architecture chinoise, pour la beauté et la magnificence des ornemens. L'empereur ne peut rien posséder dans les mêmes genres qui puisse égaler les ouvrages de l'art que l'on y admire. Ses principales parties sont : un temple cireulaire qui représente le ciel; l'intérieur est occupé par une vaste salle orute de 82 colonnes; l'or et l'azur y brillent de tous côtés; ie toit a trois étages, le supérieur est bleu céleste, l'intermédiaire jaune et l'inférieur vert; les tuiles en sont vernies. Un autre temple dit aussi la Salle ronde ; on y conserve la tablette sur laquelle est écrit le nom du souverain seigneur du ciel, Un massif rond à trois étages avec des escaliers et des accessoires superbes; on y place sous une tente ronde la tablette du Chang-ti, devant laquelle l'empereur sacrilie. Enfin le 7chai-houng ou palais de retraite et de pénitence , où loge l’empereur pendant les trois jours de jeûne qu'il obser:e pour se préparer à la cérémonie du sacrifice. Cinq cents musiciens sont attachés au service de ce temple magnifique et y ont leurs demeures. Le Sian-nong-than où le temple de l'inventeur de l'agriculture, situé à l'ouest du Thian-than; il est également entouré d’une haute muraille, dont la circonférence est de 6 li ou de 1776 toises. L'empereur s’y rend tous les printemps pour y labourer la terre et offrir un sacrifice au ciel.

On ne doit pas oublier dans la Ville-Mongole, le fameux temple du Tiwang-miao, où reposent les tablettes des plus illustres empereurs de la Chine, depuis Fou-hi , fondateur de la monarchie jusqu'à la dynastie Tsing, actuellement régnante; deux grands arcs de triomphe en bois peint et doré accompagnent l'entrée, Un autre temple, non moins remarquable, situé dans le collège Impérial, est celui où l’on offre à Confucius ( Congfou-tzeu ) des hommages et des sacrifices sanglans au nom de tout l'empire. La salle est au fond de la seconde cour; elle contient la tablette du philosophe avec cette inscription : leu où l'on honore l'ancien et trés sage maître Confucius. Un peu plus avant, de chaque côté, sont les tablettes de Mencius (Meng-tzeu), et de trois autres de ses principaux disciples qui sont regardés comme des sages du second ordre. Encore plus avant sont les tablettes de dix autres de ses disciples, honorés comme sages du troisième ordre. Enfin , dans des salles qui règnent autour de la même cour, sont les tablettes de 97 personnages iustres par leur sagesse et leur vertu. L'entrée de ce temple est flanquée de deux pay-sang ; c'est ce aue les Européens appellent, d’après leur forme, des arcs de triomphe, mais dont la destination est d’honorer les personnages des deux sexes qui ont laissé des souvenirs glorieux de leurs vertus, de leur science ou des services considérables rendus à l'état. L'empire renferme un grand nombre de ces monumens. De telles institutions présentent, sous l'aspect le plus favorable, la théorie du gouvernement chinois; mais on dit qu’à la Chine, comme -Meurs, il y a bien loin de la pratique à la théorie.

Dans un des faubourgs, au nord de la Ville-Tatare, se trouve le magnifique temple du Ti-than, dont l'enceinte a environ 200 pas en carré. On y admire surtout le temple proprement dit ou la salle carrée, et le massif devant lequel l’empereur sacrifie à la vertu de la terre. Nous ajouterons que, dans les différens quartiers de Peking, il y a des cloches qui servent à indiquer les veilles de la nuit. Les sept principales se ressem-

DESCRIPTION DE L'ASIE. 761 blent; elles ont chacune, selon le père Verbiest, 12 pieds de hauteur sans compter l'unse de suspension qui en a trois, 11 de diamètre intérieur et 40 de circonférence ; elles pèsent 120,000 livres, Leur forme est celle d'un cône allongé ; on les frappe avec un marteau de bois.

Peking se distingue des autres capitales et des grandes villes de l'Asie par ses constructions et plus encore par une foule d'institutions qui rapvellent la civilisation des grandes villes européennes, malgré les dif'érences énormes qu'offrent la manière de bâtir des Chinois et leurs usages. Nous nous bornerons à en citer quelques-unes : le Han-lin-yuan ou le tribunal de l'histoire et de la littérature chinoise. Tous les savans de la Chine , toutes les écoles, tous les collèges en dépendent ; il choisit et nomme les juges et les examinateurs des compositions qu'on exige des lettrés, avant que de les promouvoir aux grades. Les lois leur confient l'éducation de l'héritier du trône; et ils sort chargés d'écrire l'histoire générale de l'empire et de composer des livres utiles. Le Koue-tsu-kian ou collège impérial, où plusieurs professeurs enseignent à bien composer en chinois et en mandchou. L'observatoire impérial, bâti en 1279; ce n'est qu'une tour commune, Les anciens instrumens construits sous la dynastie des Mongols (Yuen) en ont été retirés, et remplacés par des nouveaux qui ont été fabriqués en 1673 sur les dessins du père Verbiest, habile astronome et président du tribunal mathématique. fs sont en bronze et magnifiquement ornés; le plus exact est le globe céleste qui a 6 pieds de diamètre et qui pèse 2,000 livres. L'exécution des autres a été un peu négligée par les artistes chinois, Dans cet édifice on conserve aussi les beaux instrumens que le roi d'Angleterre a envoyés en présent à l'empereur Khian-loung en 1793. L'imprimerie d'où sortent les meilleurs livres et principalement les livres historiques , que les libraires de Peking et des autres villes achètent à un prix fixé par le gouvernement. Cette imprimerie publie également tous les deux jours une gazette conteuant les évènemens extraordinaires qui arrivent dans l'empire, les ordonnances et surtout la liste des promotions, les grâces accordées par l'empereur, telles que des robes jaunes et des plumes de paon, ce qui équivaut aux ordres de chevalerie en Europe ; la punition des mandarins qui ont malversé, etc. , etc. Il y a en outre un tribunal pour les médecins, une maison d'enfans trouvés, une autre pour l'inoculation de la vaccine et plusieurs autres institutions philanthropiques. Les écoles publiques y sont très nombreuses, et la bibliothèque impériale est sans contredit la plus grande qui existe hors de l’Europe. M. Abel Rémusat nous assure qu’elle contient au moins la matière de 309,000 de nos volumes in-8°. Nous ne devons pas oublier les immenses cubinets d'histoire naturelle de l'empereur; chaque tiroir est accompagné d’un cahier de peintures représentant les objets qui y sont placés. Les objets y sont représentés avec une scrupuleuse rdélité. On en conserve également une copie à Moukden. Le père Grimaldi et autres jésuites y ont travaillé. Ce n'est qu'à la cour, dit M. Klaproth, qu'il y a des théâtres permanens. La scène y est double et triple, c’est-à-dire à deux ou trois étages, où les acteurs , répartis d'après l’action représentée, jouent une seule et même pièce dans le même temps, avec un te! accord de musique et de paroles, qu’ils ne sauraient mettre plus d’ensemble sur une seule scène. Les autres théâtres ne sont que des échoppes ouvertes, transportables et sans décorations ; on y joue presque tous les jours depuis midi jusqu’au soir des tragédies et des

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comédies mélées de chants et de musique. Les rôles de femme y sont remplis par des jeunes gens, qui s’en acquittent très bien.

Peking communique avec le grand canal impérial, ce qui facilite beaucoup son approvisionnement ct rend très actif son commerce. Près de chaque porte de la ville on trouve des ânes sellés pour le service du public. On monte ces animaux pour aller d’une porte à l’autre, ou pour transporter des furdeaux peu pesans. La course se paie 10 thsiau équivalant à environ 4 copèques de cuivré ou 16 centimes.

Dans les environs de Peking et à la distance d'environ une fois et demie l'intervalle de Paris à Saint-Cloud, près de Haï-tian , on voit Yuan-minG-vuen , c'est-à-dire le jardin rond et resplendissant, superbe résidence impériale d'été. Le palais, selon un excellent observa teur, le frère Attiret , est au moins de la grandeur de Dijon , et l'appartement de l’empereur et de l’impératrice est plus étendu que la ville de Dole. Ce palais est composé d’un grand nombre de bâtimens , disposés avec une belle symétrie et séparés par des cours, des jardins et des parterres. La façade de chacun éclate d’or, de vernis et de peintures, et l'appartement impérial est orné de tout ce que la Chine, le Japon, les Indes produisent de plus précieux, et même des chefs-d'œuvre de plusieurs des arts de l'Europe. Les jardins de ce palais sont encore plus admirables. Sur une surface de 60,000 acres anglais s'élèvent des collines de 20 à 60 pieds de haut, couvertes d'arbres à fleurs, séparées par des vallons où serpentent des rivières artificielles, bordées de rochers que la nature semble y avoir placés, et que traversent des ponts embellis de balustrades sculptées, de kiosques et d’arcs de triomphe. Ces rivières se rendent dans des lacs artificiels, silonnés par des barques magnifiques. Chacun de ces vallons a sa maison de plaisance ou son palais d'une architecture différente des autres; on en compte plus de deux cents. Leurs frontispices à colonnade, leur charpente dorée, peinte et vernissée, leurs toits couverts de briques vernies , rouges, jaunes, bleues, vertes et violettes, figurant des dessins agréables, leurs escaliers rustiques, composés de rochers , les font ressembler à des palais de fées. Le cèdre, la brique et le marbre ont servi à leur construction. Du centre d’un lac d'une demi-lieue de diamètre en tous sens s'élève une île de rochers qui soutient un palais d’une beauté que le goût européen même est forcé d'admirer ; il renferme plus de cent chambres et salons. De ce palais la vue se promène sur les bords du lac, où l’art s’est épuisé à des édifices et à des imitations de la nature qui produisent les effets les plus pittoresques, Sur la moxracne De Turan-curou, à environ 11 milles au nord de Peking, se trouvent les treize mausolées des empereurs de la dynastie des Ming. Le père Roux, qui les a visités en 1787, dit que cinq jours suffiraient à peine puur les bien examiner. On y admire surtout uge grande sa//e, dont les colonnes, de bois de nanmou et d’une seule pièce chacune, ont 5o pieds chinois de haut et ro de circonférence. La salle dite de Foung-lo a 180 pieds chinois de long sur 83 de large.

Beaucoup plus loin , et dans un rayon d'environ 100 milles, on trouve : Tomanc-Kra- «HEOU (en mogol X/algan), petite ville du département de Siuan-hoa, forte et très peuplée, remarquable par son commerce et plus encore par le voisinage de la grande-muraille qui forme une partie même de son enceinte, Ce monument, qui est peut-être le plus grand ouvrage exécuté par la main des hommes, existe depuis environ vingt siècles. Sur une longueur de plus de 1,300 milles , depuis l'extrémité occidentale du Chen-si jusqu’à l'ex trémité orientale du Tchy-li, ce rempart extraordinaire passe sur des hautes montagnes et traverse des vallées profondes. Il est composé de deux murs parallèles ; l’intervalle en est rempli de terre et de gravier. Les fondations consistent en grandes pierres brutes ; le reste du mur est en briques. Sa hauteur est de 24 pieds et sa largeur d'environ 13. Des tours, dans lesquelles se trouvent beaucoup de canons en fonte, s'élèvent à ro0 pas à-peu-près l’une de l’autre, Inabordable pour la cavalerie des belliqueux nomades de l’Asie-Centrale, cette immeuse muraille n’a pas été assez forte pour arrêter les conquérans qui ont envahi plusieurs fois la Chine. Teuxrxc-rR-renrou (Je-ho), château impérial , situé au-delà de la grande muraille, dans la partie de la Mongolie , réunie à la grande province du Tehy-li. Il a été bâti en r703, sur le plan du palais de Peking , pour servir de pied-à-terre à l’empereur , pendant la saison de la chasse. Ses jardins ont été décrits par un connaisseur du

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goût le plus éclairé, lord Macartney; ils offrent, dit cet ambassadeur, une succession de tableaux enchanteurs; le sublime y domine et la gaîté met en harmonie l’ensemble du paysage; les cabinets, les pavillons, les pagodes sont parfaits dans leur genre; les uns d'une simplicité élégante, les autres superbement décorés; ils ornent toujours la partie du jardin où ils sont, tandis que tout autre la défigurerait. Ce château est bien distribué eltount y est simple et analogue aux localités. Parmi ses nombreux temples, on doit mentiouner le Phou-tho-tsoung-ching-miao , au nord du château, construit en 1770 sur le modèle de celui de Botala, auquel on prétend qu'il ne cède rien en mugnificence. On y voit 500 statues dorées représentant des lamas morts en odeur de sainteté et auxquels on a donné les attitudes contraintes et pénibles qu'ils s'étaient imposées pendant leur vie.

Resserré par l’espace, nous nous bornerons à décrire quelques-unes seulement des villes les plus remarquables qu’offrent la Chine proprement dite, le Tibet, le Boutan, la Boukharie et la Dzoungarie, parce qu’il nous semble que ce sont les pays qui inspirent le plus d'intérêt. Dans leur description on a suivi l’ordre adopté dans le tableau des divisions administratives , auquel nous renvoyons pour tout ce qui concerne les villes principales des autres parties de l'empire Chinois. Voyez aux pages 756 et 759.

Dans le Chen-si, nous nommerons Sr:'ax (Singan), située sur le Wei-ho; c'est une des plus grandes villes de la Chine. On loue surtout quatre de ses portes, qui sont magnifiques et d’une hauteur extraordinaire, ainsi que les trois ponts sur lesquels on passe la rivière, C’est une des places fortes de l’empire , et sa garnison est toujours très nombreuse. On ne sait rien de positif sur sa population , qui pourrait bien s'élever au-delà de 300,000 âmes. Nous ferons observer que cette ville possède une collection d'anciens monumens, parmi lesquels on distingue une copie authentique de l'inscription de Fu, dont l'original est gravé sur une montagne près des sources du Houaug- ho ; elle est destinée à transmettre à la postérité les immenses travaux par lesquels Yu, ministre d'Yao, et après Mi Je fondateur de la dynastie des Hia, vers l'an 2200 avant l’ère chrétienne, ouvrit un libre cours aux eaux du fleuve Jaune et de plusieurs autres grands courans, qui auparavant inondaient la plus grande partie du territoire chinois et le menaçaient d'une submersion totale. M. Klaproth a publié une nouvelle interprétation de ce monument, accompagnée d’un commentaire critique. C’est aussi près de Si-’an qu’en 1625 , en creusant les fondemens d’une maison , on trouva une table de marbre avec une inscription en caractères chinois, avec des mots syriaques et une croix gravée au-dessus. Ce monument se rapporte au christianisme introduit dans la Chine par les nestoriens venus de Perse et de Syrie l’an 635 de Jésus-Christ. #s, :

Dans le Kouang-toung, nous citerons Canrox, situé entre le Tchu-kiang , nommé Tigre par les Européens, et le Pe-kiang ou Tchhing kiaug, très grande ville défendue par cinq forts et par une muraille sur laquelle on a placé quelques canons, Comme Peking , Singan et autres villes de la Chine, elle est partagée en deux parties distinctes et séparées par une muraille; on les nomme la Ville-Chinoise et la Pille- Tatare. Les rues de Canton sont bien alignées, pavées et ordinairement très propres, mais très étroites, Les maisons n'ont qu'un étage, et sont bâties en briques ; elles ont deux ou trois cours, sur lesquelles donnent les magasins et les appartemens des femmes. Toutes les rues sont bordées de boutiques ; plusieurs ne sont affectées qu’à une seule espèce d'ouvriers où de marchands. Les plus beaux édifices de Ganton sont les temples, dont plusieurs sont richement ornés de statues et d'ares de triomphe, et les maisons des Européens. Ces dernières sont toutes sur une même ligne, dans le faubourg méridional, sur le bord du Tchukiang ; on les appelle Chy-san-hang ou les treize comptoirs. Elles sont belles et construites avec goût; ce qui contraste d’une manière frappante avec celles des Chinois. Sur un espace d'environ cinq milles, le Tchu-kiang, à Canton, ressemble à une ville immense composée de navires de toute grandeur rangés en lignes parallèles, entre lesquels il ne reste qu’un passage très étroit pour les vaisseaux. Le propriétaire de ces embarcations ÿ habite avec toute sa famille, qui ne vient presque jamais à terre, Le terrible incendie du

1° novembre 1823 a consumé r0,000 maisons et tous les comptoirs étrangers; mais cet

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immense désastre était déjà entièrement réparé en 1824. Nous avons vu ailleurs l'importance et l'étendue,.du commerce de cette ville, qui, sous ce rapport, tient une des premières places parmi les villes les plus commerçantes de l'Asie. Sans adopter les calculs exagérés des missionnaires, qui portaient la population de Canton à 1,500,000 âmes, ct sans admettre les estimations évidemment trop basses de Cook et de Malte-Brun, nous croyons qu'on pourrait accorder à cette ville 500,000 habitans, sans craindre de s'éloigner beaucoup de la vérité. Dans les environs de Canton on trouve : Houan g-phou (/hampou) , avec un port, où sont les douanes pour les navires européens qui ne remontent pas le Tchu-kiaug plus haut et restent à l'ancre. Fou-chan, bourg immense, bien bâti et très industrieux, dont la population, estimée à un million par les missionnaires, ne s'éleverait qu'à 200,000 âmes seulement selon M. Deguignes. On y fabrique une im. mense quantité d'étoffes de soie et de coton , et une infinité d'articles en cuivre, fer et acier; il possède aussi de grandes raffineries de sucre et des manufactures de porcelaine. C'est le siège d’un grand commerce.

Dans le Fou-kian on trouve : Fou-rourov, sur le Si-ho, non loin de son embouchure. C’est une des villes les plus grandes et les plus peuplées de la Chine , aussi remarquable par.son grand commerce que par son industrie et par la multitude de lettrés dont elle est le séjour ordinaire. Parmi ses constructions les plus remarquables, on doit surtout mentionner le grand pont sur lequel, dans un de ses faubourgs, on passe le Tchang au-dessous de son confluent avec le Si-ho; il est tout construit en pierres blanches , orné d’une double balustrade sur toute sa longueur, et ne compte pas moins de cent arches: c'est sans contredit un des plus grands et plus beaux ponts du monde, Srouex-rourov, grande ville, bien bâtie, remarquable par ses beaux édifices publics, ainsi que par l'activité de son commerce, Dans ses environs , près de la ville de Ho-yang , on admire un pont qui est peut-être le pont en pierre le plus long qui existe. Le père Martini , qui l'a décrit, dit que la partie principale consiste en plu 4e 300 piliers. 11 n’a point d'arches. Cinq pierres , chacune de la longueur de r8 pas ordinaires, occupent l'intervalle entre chaque pilier. Il est construit en pierres noirâtres, avec des garde-fous ornés de lions de la même pierre.

Dans le Tche-kiang, on trouve Haxc-remsov, sur le Thsian-thang, et le lac Si-hou, ville très grande, très commercçante et industrieuse avec des fortifications, une nombrense garnison , avec un port et peut-être 600 à 700,000 habitans. Ses rues sont larges et pavées. Parmi ses monumens, on remarque quatre grandes tours à neuf étages , et plusieurs arcs de triomphe. Nous rappellerons que cette ville est la fameuse K 1xsaï (King-szu), de Marco Polo, la capitale de l'empire des Song ou de la Chine-Méridionale. A quelques milles à l’est était la ville de Can fou du mème voyageur, où les Arabes faisaient un commerce maritime très considérable dans le rx° siècle, Robertson et autres ont conjecturé qu’il s'agissait de la ville de Canton; mais M. Klaproth a démontré la véritable position de Canfou. Son port est comblé et la ville n’existe plus. Dans le lac Si-hou, qui s'étend à l'ouest de la ville, il y a trois îlots sur lesquels s'élèvent des temples, des arcs de triomphe, des maisons de plaisance et un palais de l'empereur.

Dans le Kiang-sou, nous nommerons : KranG-nixe , appelée autrefois Nan-x1x6, parce qu’elle était la résidence méridionale des empereurs des Ming. Cette ville immense est située sur la rive méridionale du Kiang ; elle est encore plus graude que Peking, mais plus d’un tiers offre des ruines, des jardins et même des champs labourés. Le beau palais des anciens empereurs, dont elle était la résidence , a été brûlé en 1645 par les Mandchoux. Parmi les édifices qui restent encore à Kiang-ning, on doit citer le Pao-ngen-tsé ou le temple de la reconnaissance, élevé dans le x1v° siècle par l'empereur Young-lo ; c'est, avec le monastère qui en dépend , un des plus beaux bâtimens de la Chine, surtout par sa fameuse four, décrite par tous les voyageurs, Cette dernière estun édifice isolé, octogone, de 40 pieds de diamètre à sa base, et de 200 de hauteur totale, Elle a neuf étages , chacun séparé par un toit élégant à huit côtés, et qui semble sortir du mur, A chacun de leurs angles pend une clochette de cuivre. Au sommet s'élève un mât haut de 30 pieds, autour duquel, comme dans les temples des Birmans, règne en spirale un cercle de fer. Ce mât est couronné par une sorte de pommie de pin de cuivre doré, que les Chinois prétendent être: d'or massif. Au milieu du rez-de-chaussée, et sous un dôme en cuivre, est une

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ton à 1,500,000 âmes, ct bk et de Malte-Brun, nous sans craindre de s'éloigner rouve : Houang-phou es européens qui ne remontan, bourg immense, bien on par les missionnaires, ne es. On y fabrique une im.

d'articles en cuivre, fer et manufactures de porcelaine,

grande idole dorée. Dans chacun des autres étages on y trouve également une statue dorée avec d'autres petites sculptées sur les murs et dorées aussi. Le plancher d’en haut est orné de peintures. L’extérieur de la tour est revêtu de briques ou d’une espèce de faïence veruissée bleue, verte et jaune, que le vulgaire prend pour de la porcelaine. Les tuiles de chaque toit sont d’une de ces couleurs et vernies aussi. Son commerce et son industrie sout très grands , et l'on pourrait porter encore sa population à environ 500,000 âmes. Kiang-ning passe pour la ville savante de la Chine, du moins les bibliothèques et les savans paraissent-ils y être plus nombreux que dans la plupart des autres villes. L'antiquité et l'importance de la Gttérature chinoise nous engagent à nous écarter de notre plan pour offrir à nos lecteurs un exposé succinct de l'état des belles-lettres , des sciences et des beaux-arts dans cette contrée célèbre, et afin de réfuter par des faits positifs une foule de préjugés les uns trop favorables, les autres trop désavantageux aux Chinois. « La littérature chinoise, dit le célèbre professeur de laugue chinoise au Collège de France, est incontestablement la première de l'Asie, par le nombre, l'importance et l’authenticité des monumens. Les ouvrages classiques qu'on nomme Æing, remontent à une époque très ancienne. Les philosophes de l’école de Confucius en ont fait la base de leurs travaux sur la morale et la politique. L'histoire a toujours été l'objei de l'attention des Chinois , et leurs annales forment le corps le plus complet et le mieux suivi qui existe dans aucune langue. L'usage des concours a donné un grand essor à l'éloquence politique et philosophique. L'histoire littéraire, la critique des textes et la biographie sont le sujet d'une foule d'ouvrages remarquables par l'ordre et la régularité qui y sont observés. On possède beaucoup de traductions de livres sanscrits sur la religion et la métaphysique, Les lettrés cultivent la poésie, qui est assujétie chez eux au double joug de la mesure et de la rime; ils ont des poèmes lyriques et narratifs, et surtout des poèmes descriptifs, des pièces de théâtre, des romans de mœurs, des romans où le merveilleux est mis en usage. On a composé en outre un très grand nombre de recueils spéciaux et généraux ; des bibliothèques et des encyclopédies , et dans le dernier siècle on avait commencé l'impression d'une collection d'ouvrages choisis en 180,000 volumes. Les notes , les gloses, les commentaires, les catalogues , les index , les extraits par ordre de matières » aident à trouver avec facilité les objets que l’on recherche. Les Chinois ont d'excellens dictionnaires où tous les signes de leur écriture et tous les mots de leur langue sont expliqués avec le plus grand soin et dans un ordre très régulier. Les livres sont imprimés sur papier de soie, et comme ce papier est extrèmement fin, on est obligé de n imprimer que d’un seul côté; les parties en sont classées, numérotées et paginées ; enfin, iln yapas, même en Europe, de nation chez laquelle on trouve tant de livres, ni de livres si bien faits, si commodes à consulter et à si bas prix. » PATES ; ns EE: La géographie a été cultivée par les Chinois depuis la plus haute antiquité; ce que prouve la description de l'empire donnée par le Chou-king cinq siècles avant notre ère ; mais leurs cartes, estimables à certains égards, n'étaient point graduées. Les jésuites ont levé une nouvelle carte de l'empire par ordre de l'empereur Kang-hi de 1707 à 1915; une nouvelle édition perfectionnée en 104 feuilles fut publiée en 1760 par ordre de l'empereur Khian-loung , sous la direction des missionnaires. M. Klaproth doit publier incessamment un grand travail géographique sur la Chine et l'Asie-Centrale ; lequel est basé sur cette carte et sur un grand nombre d’autres matériaux précieux. La géographie impériale forme 260 volumes in-4° avec des plans et des cartes; elle embrasse tout : topographie, hydrographie, description des monumens ; des antiquités , des curiosités naturelles, l'industrie, les productions, le commerce , | agriculture, le gouvernement , la population , l’histoire générale, la biographie et la bibliographie. L astronomie a toujours êté en honneur à la Ghine; mais elle n'y a jamais fait que des progrès médiocres. Leurs connaissances en mathématiques paraissent être très bornées ; ils emploient le système décimal, et ils exécutent rapidement toutes les opérations d’arithmétique avec une machine, dont l’usage a passé en Russie et en Pologne. La théorie de leur tactique est savamment combinée et a fixé même l'attention de quelques généraux de l'école du grand Frédéric; mais leur artillerie est très mauvaise; leurs fusils ne sont pas meilleurs et leur poudre ne vaut rien. Cependant ils en ont connu la fabrication longtemps avant nous, de même que l’art de faire des feux d'artifices d'un effet qui surprend, La médecine des Chi-

b, non loin de son embouès de la Chine , aussi remarla multitude de lettrés dont remarquables, on doit surbourgs, on passe le Tchang t'en pierres blanches , orné e pas moins de cent arches:

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ppelée autrefois Naw-x1xc, ling. Cette ville immense est ‘aude que Peking, mais plus abourés. Le beau palais des 1 1645 par les Mandchoux. citer le Pao-ngen-tsé ou le ereur Young-lo ; c'est, avec a Chine, surtout par sa faun édifice isolé, octogone, e. Elle a neuf étages, chartir du mur. À chacun de n mât haut de 30 pieds, auspirale un cercle de fer, Ce ré, que les Chinois prétenn dôme en cuivre, est une

nois est mêlée de pratiques superstitieuses et fondée sur une théorie absolument imagi. paire; leur pharmacopée est assez riche, et ils ont de bons livres d'histoire naturelle médicale, accompagnés de planches qui peuvent nous être très utiles ; les médecins seuls, comme chez nous dans le moyen âge, cultivent l'histoire naturelle. Les arts du dessin sont imparfaitement cultivés par les Chinois; ils n'emploient pas la perspective; ils ne peignent très bien que les plantes, les fleurs, les maisons, les bateaux ; en un mot que la nature inanimée. Leur sculpture ne se distingue que par un fini précieux ; ila exécutent sur le bois des gravures en relief d’une finesse remarquable. Leur architecture n’est dé. pourvue ni de grandeur ni d'élégance; d’ailleurs l'ordre et les belles couleurs dont ils ornent leurs édifices produisent un effet séduisant, La magnificence, exclue des constructions particulières , est réservée pour les monumens publics, tels que les palais de i'empereur, les temples, les tours, les arcs de triomphe, les remparts et les portes des villes, Les ponts, les canaux, les quais, et surtout les digues qui retiennent les eaux du fleuve Jaune, offrent les résultats d'une industrie perfectionnée et appliquée à de grands objets d'utilité. Nous avons déjà fait connaître le mérite de leurs jardins. La musique chinoise, fondée sur un système très compliqué, manque , au jugement des Européens , d'harmonie et de mélodie, Ce que nous avons dit à l'article industrie complètera ce court aperçu de la civilisation des Chinois.

Sou-rc#sou , sur le canal Impérial et près du lac Taï-hou, ville très grande et une des plus florissantes de toute la Chine : quelques géographes la regardent comme ia capitale du Kiaugsou. Elle est traversée par plusieurs canaux sur lesquels s'élèvent des ponts magnifiques. Outre plusieurs beaux emples, on ÿ remarque une tour de sept étages, et un grand nombre d'urcs de triomphe, parmi lesquels se trouve le monument de Pong-hou. Mais ce qu'on doit y admirer surtout, c’est la partie du canal Impérial qui passe par cette ville, Cet ouvrage immense, le plus grand dans son genre qui existe, n’a pas moins de 600 milles. Moyennant plusieurs fleuves navigables, il forme une ligne de navigation intérieure qui va de Peking à Canton, et qui n'est interrompue que par un seul portage à travers les montagnes Nauling. Huttner dit que Sout-cheou est l’école des plus habiles comédiens, des meilleurs danseurs de corde et joueurs de gobelets; la patrie des femmes à la plus jolie taille ct aux plus petits pieds ; la législatrice du goût chinois, de la mode et du langage, et le rendez-vous des plus riches oisifs de la Chine. On ne sait rien sur le nombre de ses habitans ; nous penchons à croire qu’il pourrait bien s’élever de 500,000 à 600,000. Sur la route de Peking à Sou-tcheou l'empereur a 72 palais; la plupart ne sont que des pieds-à-terre ; mais plusieurs se distinguent par leur grandeur et leurs ornemens.

Dans l'Ho-nan, on trouve : Ksaï-ruxG, sur une branche du Hoang-ho , dans une situation si basse que le niveau des eaux du fleuve est presque deux pieds plus élevé que la ville. Cette circonstance l’expose à de grands dangers, malgré les digues construites pour parer aux inondations. ” historiens chinois rapportent qu'en 1642, l’empereur ayant ordonné de percer une digue pour faire périr un rebelle qui s'était retranché dans Khaï-fung, 300,000 de ses habitans périrent submergés, Depuis ce désastre elle n'a pas encore pu se relever entièrement. C'est dans cette ville que se trouve le principal (emple de la colonie juive qui s'établit en Chine environ 200 ans avant l'ère chrétienne.

Dans le Hou-pe, on trouve Wou-reumanc, sur le Kiang. C'est une des plus grandes villes de la Chine, que les missionnaires comparent à Paris pour l’étendue, et dont la population pourrait bien s'élever à 400,000 âmes. Le fleuve est tellement large et profond à Wou-tchhang qu'il y forme un vaste port, presque toujours rempli d'un grand nombre de grosses barques employées à transporter une immense quantité de marchandises et de denrées dont cette ville est l’entrepôt. Houane-rouxov , sur le Kiang, une des villes les plus riches, les plus industrieuses , les plus commerçantes et les plus peuplées de la Chine. Sa population s'élève probablement au-dessus de 200,000 âmes.

Dans le Xiang-sè, nous citerons Nax-rcumane , sur le Kan-kiang , très grande ville, centre du commerce de la porcelaine qu’on fabrique dans cette province. On y fait aussi un grand commerce de soies et de fourrures, et on y fabrique une immense quantité d'idoles, On ne s’éloignerait peutêtre pas trop de la vérité en évaluant à 300,000 âmes là population de cette ville. X iag-te-tchin, sur le Po, bourg immense auquel les missionnaires accordent r,000,000 d’habitans; mais dont la population probablement n'ar-

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rive pas à la moitié de ce nombre, C'est la plus grande fabrique de porcelaine du monde; elle n'entretient pas moins de 500 fourneaux. : ik ñy Daus le Hou-nan, on trouve : Yo-reueou, sur le lac Thoung:thing à l'endroit où ilse décharge dans le Kiang. Elle fait un commerce immense de transit , el sa population s'élève peut-être à 200,o00 âmes, Au-dessus des eaux du lac Thoung-thing s'élévent plusieurs iles très peuplées et sur lesquelles se trouvent des monastères de bonzes. Parmi ces îles, il yen a quelques-unes qui sont flottantes, comme celles du lac de Mexico et d'autres lacs. Dans le Tibet, nous nommerons : H’Lassa (Lassa), Située sur un alfluent du Zzangbo-tchou , assez grande ville, bien bâtie, avec des maisons de deux à trois étages. Elle est la capitale du Tibet, le siège du Dalai-lama et la résidence ordinaire du tazin, ou résident chinois, qui est en réalité un vice-roi. Le vaste et maguifique temple qui sélève au milieu de la ville et qui est foriné par l'assemblage de plusieurs bâtimens, et l'immense bazar qui en fait le tour, sont les édifices les plus remarquables de cette ville, dont la population permanente, selon un missionnaire qui l'a visitée au coinmencement du xviu siècle, s'élevait alors à 80,000 âmes, nombre qui apparemment par une erreur typographique a été changé en 30,000 dans les anciennes Annales des Voyages. La population flottante y est toujours très grande, à cause des nombreux pélerins qui, des parties les plus éloignées de l’Asie, vienneut visiter ce sanctuaire du Jamisme, Tout près de Lassa se trouve Botala ou Potala, maguifique couvent coustruit sur la petite montagne du Marbouri. C'est la résidence ordinaire du dalaï-lama pendant l'été, Son temple est regardé comme le plus beau de tout le Tibet. Il a environ 312 pieds de hauteur , et son toit est doré en entier. Les bâtimens qui l'entourent contiennent plus de 10,000 chambres ou cellules. Les tours ou obélisques, revètus d’or et d'argent, ainsi que les statues de Bouddha, faites de ces métaux et de bronze, y sont sans nombre, Suivant la tradition du pays, ce magnifique édifice a été élevé de 626 à 649 de notre ère par le dzanpou, ou roi des Thoupho. A environ 8 milles au nord-ouest de Lassa, on admire le vaste temple de Hræ-poung-ghong-pa; il est desservi par plus de 5,000 lamas,

Jicacouxecan, près de la rive droite du Zzangbotchou ou lraouadi. Quoique cette ville ne soit pas marquée sur nos cartes ni décrite dans nos géographies , elle n'en est pas moins très importante. M. Kiaproth, d'après les auteurs chinois, lui accorde 20,000 maisons, en faisant observer que c’est la plus grande ville du Tibet. JrKkAanze , non loin de la rive droite du Zzangbotchou, assez grande ville, à laquelle M. Klaproth accorde 23,000 familles et 5,300 hommes de garnison: C'est la capitale du territoire soumis au Fantchan-lama , ou Bogdo-lama. Tout près, vers l’ouest , se trouve Djachi-loumbo, couvent magnifique où réside ce ne On y compte plus de 3,000 chambres ou cellules, On y voit un grand nombre d'obélisques couverts d'or et d'argent et beaucoup de statues de Bouddha en or , en argent et en bronze. Plus de 3,500 lamas y font le service,

Buaot (Raïdi), petite ville, près du lac Yamthso, dit aussi Palté, remarquable par un couvent célèbre bâti sur une de ses iles. C’est la résidence de la divinité femelle appelée Dord. Jipamo, ou la sainte mère de la truie. Les Hindous et les habitans du Nepal, ainsi que les Tibetains, la révèrent comme une incarnation de Bhavañi. Elle ne sort de son habitation ni de son ile, pour s rendre à Lassa, qu'en grande pompe. Pendant tout le TE porte devant elle des enensoirs ; elle est assise sur un trône couvert d'une vaste ombrelle. Tout le monde s'empresse de recevoir sa bénédiction , qu’elle donne en faisant baiser son sceau. Les couvens des iles du lac, habités par des moines et par des religieux , se trou- \ irection. NES PUR eee repas que Bailli et autres écrivains ont cru avoir existé dès les temps les plus reculés dans cette partie de l'Asie, regardée par eux comme le berceau du genre humain , et à laquelle le christianisnie lui-même aurait emprunté une partie deses ep et de son culle, nous engage à reproduire ici le résultat des recherches d’un savant phi « ogue qui a réduit de pareilles chimères à leur juste valeur. L'opinion de Bailli était fondée sur des relations inexactes et sur des analogies dont l'examen impartial a fait tirer des conséquences diamétralement opposées. Plus tard de nouveaux faits publiés par M. Klaproth sunt venus confirmer les raisonnemens du philologue français. É

« Il n’est personne, dit M. Abel Remusat , qui n'ait été frappé de la ressem lance sur prenante qui existe entre les institutions, les pratiques et les cérémonies qui constituent

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3 la plupart ne sont que des ur et leurs ornemens. iche du Hoang-ho , dans une que deux pieds plus élevé que malgré les digues construites ent qu'en 1642, l’empereur Île qui s'était retranché dans epuis ce désastre elle n'a pas se trouve le principal temple int l'ère chrétienne.

Kiang. C'est une des plus t à Paris pour l'étendue, et > fleuve est tellement large et e toujours rempli d'un grand nense quantité de marchan- HEOU , sur le Kiang, une des antes et Îes plus peuplées de 00,000 âmes.

Kan-kiang , très grande ville, tte province. On y fait aussi e une immense quantité d'iévaluant à 300,000 âmes la urg immense auquel les mispulation probablement n'ar-

la torme extérieure du culte du grand-lama, et celle de l’église Romaine. Chez les Tar. tares, en effet, on retrouve un pontife, des patriarches chargés du gouvernement spiri. tuel des provinces, un conseil de lamas supérieurs, qui se réunissent en conclave pour élire un pontife, et dent les insignes mêmes ressemblent à ceux de nos cardinaux, des couvens de moines et des religieuses, des prières pour les morts, la confession aurieulaire, l'intercession des saints, le jedne, le baisement des pieds, les litanies, les proces. sions , l'eau lustrale, Tous ces rapports embarrassent peu ceux qui sont persuadés que le christianisme a été autrefois répandu dans la Tartarie ; il leur semble évident que les in. stitutions des lamas, qui ne remontent pas au-delà du xtr siècle de notre ère , ont été cal. quées sur les nôtres. L’explication est un peu plus difficile dans le système contraire , parce qu'il faudrait avant tout prouver la haute antiquité du pontificat et des pratiques lamaïques, Ainsi donc, pour offrir en peu de mots le précis de ce que les traditions des Chinois, d'accord avec la considération de la langue, nous apprennent sur le Tibet , nous dirons que cette contrée montueuse , froide, stérile, a été habitée par des tribus sauvages qui, par la férocité de leurs mœurs, leur ignorance, la simplicité de leur culte, la rudesse de leur idiome , ont conservé long-temps et conservent encore en partie les traces de leur état primitif. Des colonies venues du midi de la Chine , à une très haute antiquité, se sont mélées aux naturels du pays. Vers l’époque de notre ère, les religieux de l’Hindoustan ont porté leur culte et leur littérature dans quelques monastères qu'ils fondérent en divers endroits de la Tartarie et du Tihet, La conversion des Tibetains ne fut complète que vers le vie siècle de notre ère, où il paraît qu’on doit placer la fondation de Lassa. Les lamas prirent alors une autorité qui alla en croissant jusqu'à la conquête des Mongols; et se changea enfin en une dominatiun absolue. La littérature bouddhique s'enrichit par la traduction des ouvrages sanskrits; mais la langue tibetaine conserva toujours les formes agrestes que durent lui imprimer les pre:siers hommes qui en firent usage. Un idiome bar. bare, une orthographe irrégulière, un système grammatical des plus imparfaits, une littérature d'emprunt, une religion transplantée de l’Hindoustan au Tibet, à une époque peu reculée ; voilà tout ce qu’on trouve dans ces montagnes sauvages, dont les habitans ne paraissent devoir justifier, sous aucun rapport , la haute attente qu'en ont conçue des écrivains ingénieux, mais peu versés dans les antiquités de l’Asie-Orientale. 11 faut surtout renoncer à placer dans le Tibet le bererau du genre humain, à en faire descendre les religions de l'Hindoustan , à y voir les plus prouhes héritiers du peuple primitif, à y trouver des tra ditions antérieures à l’histoire, à y découvrir des monumens des siècles qui ont suivi le dernier cataclysme. Plus l'on étudiera les Tibetains , et plus on demeurera convaiucu qu’ils sont comme les autres Tartares , et qu’ils ont toujours été des pasteurs très ignorans , dont les missionnaires hindous ont été, depuis quelques siècles seulement, les instituteurs en civilisation, en morale et en littérature, et qui n'ont fait encore que des progrès très médiocres, »

Dans le Boutan, nous décrirons au moins Tassisupon, qui en est la capitale, C'est une très petite ville située sur le Tchintsiou. Ce n’est; à proprement parler, qu’un château très élevé, à sept étages ; dans le quatrième demeure le daeb-radja , qui est le prince séculier du pays ou le vicaire du pontife , et au septième loge le dharma-radja, ou le pontife souverain , regardé comme une incarnation de Mahomoni. Un vaste baldaquin doré couvre le temple, qui est magnifique.

Dans le Thian-chan-nan-lou (Petite-Boukharie), on trouve : YankamD, sur le Yarkand-daria, grande ville à laquelle on accorde 12,000 maisous. Elle est bâtie au milieu d’un territoire aussi fertile que bien cultivé. Son industrie et son commerce la rendent très florissante et y attirent un grand nombre de Chinois, d'Hindous et de Boukhares des provinces les plus éloignées de la Chine, de l'Inde et du Turkestan. On vante beaucoup son bazar, qui est d'une étendue extraordinaire. C'est sur son territoire qu'on ramasse cette immense quantité de jade, qui annuellement est envoyée à la cour de Peking et qui a de tout temps été si célèbre en Chine sous le nom de pierre de Yu;.c'est avec cette substance, dit M. Abel Rémusat, que sont faits la plupart des vases et des objets d'ornemens usités chez les Chinois, Kacxar , sur la rivière du mème nom, ville riche et florissante par son industrie et son commerce, On lui accorde plus de 40,000 habitans; neuf villes en dépendent, Elle est défendue par une citadelle occupée par une nombreuse garnison chinoise,

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Dans la Dzoungarie, on trouve Gouzpsa, sur l'Ili, grande ville à laquelle M. Poutimstev accorde 10,000 maisons. C’est le grand entrepôt du commerce de l'Asie centrale avec ses extrémités occidentale et orientale, On peut regarder cette ville nonseulement comme la capitale de la Dzoungarie , mais aussi comme le chef-lieu de tous les pays de la Nouvelle Frontière, puisqu'elle est le siège du général en chef chinois, dont relèvent les généraux des Solon, des Sibe, 2 Tsakhar et des Oelet, ainsi que les commaudans des villes de Yarkand, de Kachkar”et autres de la Petite Boukharie.

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