‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 3)Chapitre 209 sur 457 · EMPIRE JAPONAIS · texte numérisé non relu

EMPIRE JAPONAIS

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude orientale , entre 126° et 148°. Latitude, entre 29° et 47°. - =

CONFINS. Au rord, la partie indépendante de l'île Tarrakaï (Sakhalian), et les îles Kouriles dépendantes de l'empire Russe. A l’est, le Grand- Océan, Au sud, ce même Océan, la mer Orientale ou le Toung-haï des Chinois. A l'ouest, le canal occidental de la Corée, la mer du Japon et sa branche nommée Manche de Tartarie. ei |

FLEUVES, Un empire composé d'îles ne peut pas avoir nécessairement de très grands fleuves. Aussi est-ce seulement dans l'île de Nifon, qui est la plus grande, qu'on trouve les courans les plus considérables de cet état. Ils se rendent tous, comme ceux des autres îles, dans les mers qui environnent cet empire. Parmi le grand nombre de fleuves qui l'arrosent nous nous bornerons à citer les suivars, qui tous appartiennent à ‘île de Nifon.

Le Yopo-cawa, sort du lac Birwano oumi, passe par la ville de Yodo à laquelle il donne son nom , et devant Osaka; il se jette ensuite dans le golfe de cette dernière ville.

Le Texn10-cawa (le fleuve du dragon céleste) sert du lac de Souwa, dans la province de Sinano, entre dans celle de ‘l'ootomi et s'y jette dans la mer par trois embouchures. il est très large et son courant fort rapide. À la page 600, nous avons signalé l'erreur de M. Arrowsmith, relativement au prétendu canal navigable qui joint ce fleuve aux mers du Japon. ’ rs

L'Aabes he a ses sources sur la haute montagne de Fosio-daké, située entre les provinces de Kaotsouke et de Mousasi, Il se divise bientôt en c'eux bras, dont l'occidental, nommé Topa-6awa, se jette à J'orient de Yedo, dans le golfe de cette ville arrosée par plusieurs bras et canaux dérivés du Toda-gawa. Sur un de ces derniers est le fameux pont Niphon-bas , ou Pont-du-Japon, duquel on compte toutes les distances de cet empire. L'autre bras de l’Ara-kawa se jette dans le grand fleuve Tone-gawa.

Le Toxz-cawa est formé dans Je Kootsouke par la réunion de plusieurs grandes rivières. Il se décharge par un bras dans le golfe de Yedo, et par l'autre dans le grand lac Kasmiga-oura, dont les eaux communiquent avec l'Océan oriental , par le large écoulement appelé Sara-gawa. Ge lac, situé dans la province de Fitats, esi alimenté par un grand nombre de fortes rivières venant des montagnes du Mouts, du Simotsouke et du Fitats. ; ; L'Ixo-caAwA a ses sources sur le mont San-dstoké, à la frontière du Sinano et du Mouts ; il traverse une partie de cette dernière province, y reçoit à la gauche le Datami, et à la droite les eaux du lac salé d’Inaba. Entré daus le Yetsingo, il prend le nom de Tsou- Gawa ; il se partage ensuite en deux branches dont l'une entre daus l'estuaire de ice gata , et l'autre (l'orientale ) dans celui de Foukousima-gata.

RELIGION. Il y a dans le Japon deux religions principales. La première, appelée Sixro ou Sinstou, est la plus ancienne et ia primitive de

on trouve : YankanD, sur le isous. Elle est bâtie au milieu et son commerce la rendent Hindous et de Boukhares des irkéstan. On vante beaucoup son territoire qu'on ramasse oyée à la cour de Peking et pierre de Yu ;:c'est avec cette s vases et des objets d'orneème nom, ville riche et flole plus de 40,000 habitans; occupée par une nombreuse

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cet empire. Elle est basée sur le culte des génies ou des divinités qui président à toutes les choses visibles et invisibles; on la nomme 5% ou Kami. Le dairi, où empereur du Japon, dont la famille est regardée comme descendant des anciennes divinités qui ont régné dans le pays, était dans l’origine le chef de cette religion, qui révère avant tout autre être divin, Ten-sio-dai-sin, déesse qui passe pour la première souche de la faille impériale et dont le temple principal est situé dans la province d'Ize. Le frère de cette déesse est le dieu de la guerre Fatsman , qu'on appelle ordinairement Ousa-Fatsman , parce que son principal temple est à Ousa dans la province de Bounzen. De toutes les divinités japonaises, Fatsman prend le plus de part au sort de l'empire, et l’empereur lui envoie fréquemment des embassades pour le consulter dans des affaires im-

ortantes. La souche de la famille céleste des daïris est impérissable, car ke peuple croit que, quand un daïri n'a pas d'enfant, le ciel même lui en procure. Encore aujourd’hui, quand un empereur du Japon est sans successeur , il en trouve un sous un arbre de son palais; c'est un enfant choisi en secret par lui, dans une famille illustre de l'empire et qu'on y a déposé. L'âme des dairis, ainsi que celles des autres hommes, sont immortelles, car les sintos admettent une existence après la mort. Toutes les âmes sont jugées par des juges célestes; celles des hommes vertueux entrent dans le Taka-ama-ka-wara où le plateau élevé du ciel, où elles deviennent kami ou génies bienfaisans, tandis que celles des méchans partent pour l'enfer Ne-no kouni, ou le royaume des racines. Pour ho: norer ici-bas les Aami, on leur élève des miya ou temples de différentes grandeurs construits en bois. Au milieu est placé le s mbole de la divinité, consistant en bandes de papier attachées à des bâtons du bois de l'arbre fénoki (thuya-japonica). Ces symboles, nommés gofeï, se trouvent dans toutes les maisons japonaises, où on les conserve dans de petits miya. À chaque côté de ses chapelles sont placés des pots à fleurs avec des branches vertes de l'arbre sakaki (cleyeria kaempferiana), souvent aussi de myrtes on de sapins; puis deux lampes, une tasse de thé et plusieurs vases remplis de saki ou vin japonais. C’est devant ces chapelles que les Japonais adressent le matin et le soir leurs prières aux kamis. Les méya ou temples, quoiqu'en eux-mêmes fort simples, forment souvent, avec les habitations des prêtres et autres maisons, des édifices très vastes et très étendus , auxquels donnent entrée des portails magnifiques, nommés éori-i, ou lieux destinés aux oiseaux. Devant tous les temples sont placés les deux chiens Koma-inou , et devant celui de la déesse Ten-sio-daï-sin , ses deux compagnons qui étaient avec elle pendant sa marche de Fiouga à Idzoumo. On adresse journellement ou à de certaines époques des prières et des sacrifices au fondateur de l’empire, aux bons empereurs et aux autres personnages qui ont bien mérité de la patrie, et dont les âmes sont devenues ami, On célèbre aussi leurs fêtes appelées matsouri. Cependant aucun homme ne peut s'adresser directement à la Ten-sio-dai-sin ; il doit lui faire parvenir ses prières par l'entremise des Siou-go-zin, ou divinités tutélaires ou protectrices. À cette classe appartiennent tous les autres kamis, et comme souvent des animaux servent aux kamis, il y en a aussi qu'on révère comme divinités protectrices , principalement le renard (inari). Cet animal est en général fort honoré par les Japonais, qui le consultent dans toutes les affaires épineuses. Les sacrifices qu’on offre aux

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kamis, principalement au commencement et à la fin de chaque mois, se composent de divers comestibles, comme riz , gâteaux , poissons, œufs, etc. Il n'est pas défendu aux sectateurs de Sinto de tuer des êtres vivans ; leurs prêtres laissent croître leurs cheveux comme les laïques, et peuvent se marier, On enterre *: morts dans une bière qui a la forme d’une miya. Anciennement, at .…cés des grands, on enterrait avec eux vivans un certain nombre de leurs serviteurs et amis. Dans les temps postérieurs ces personnes s'onyraient le ventre à cette occasion. Cet usage fut déjà défendu en l'an 3 de Jésus-Christ, mais il s'était encore conservé jusqu'au temps de Taïko , vers la fin du xvi“ siècle ; cependant on remplaçait aussi les hommes vivans par des statues en terre glaise , qu'on trouve encore souvent aujourd’hui dans la terre.

La seconde religion du Japon, et à présent la plus répandue, est le Bounpmisme (Boutsdo) ; elle ÿ fut apportée de la Corée en 543 de notre ère et se répandit bientôt partout. Cette croyance se divise au Japon en huit sectes principales, dont les prêtres inondent le pays: Actuellement la religion de Bouddha est tellement confondue avec celle de Sinto au Japon, que beaucoup de temples de l'une servent en mème temps aux sectateurs de l'autre , et qu'on y trouve à côté des anciens kamis japonais les images des divinités bouddhiques. Il existe encore au Japon une secte de prêtres appelés Fama-bous, c'est-à-dire retirés dans les montagnes. C'est proprement des espèces d’enchanteurs, qui dérivent des sectes bouddhiques appelées Ten-dai et Singon. Les Yama-bous ressemblent pour l'extérieur aux prêtres de ces sectes, mais ils se distinguent de tous les autres religieux de Bouddha, parce qu'ils mangent de la viande et se marient, deux choses qui sont sévèrement défendues aux autres.

Le Siouro ou la pocra@t pe Conrucus est la troisième croyance qui règne au Japon; elle a été importée de la Chine quelques siècles après le Bouddhisme ; les Japonais qui professent ses dogmes sans aucun mélange sont très peu nombreux. La croyance des Aïnos dans leso, dans Tarrakaï et dans les Kuriles pourrait être regardée comme une espèce de DUALISME ; mais ces peuplades superstitieuses et abruties n’ont ni temples, ni prêtres, ni même d’enchanteurs.

GOUVERNEMENT. Nous avons vu que le dairi était l'empereur lé gitime du Japon, mais sa puissance fut ébranlée en 1158, époque à laquelle le koubo , dit aussi seogoun (général en chef des armées), profitant des troubles de l'empire, s’empara d’une portion du pouvoir souverain. Depuis 1585, le seogoun possédant seul la puissance civile, on peut regarder le gouvernement du Japon comme une monarchie héréditaire absolue, soutenue par une foule de damios (princes héréditaires), dont la jalousie mutuelle et les otages qu'ils livrent garantissent la soamission au pouvoir suprême; chaque prince dispose des revenus de son fief ou de son gouvernement; ils lui servent à défrayer sa cour , à entretenir une force militaire, à réparer les routes et à subvenir à toutes les dépenses de l'état civil. Ces damios ne jouissent pas tous des mêmes privilèges et plusieurs sont dans une très grande dépendance du seogoun ; ces derniers sont non-seulement forcés de laisser leurs familles dans la capitale, mais encore d'y résider six mois de l’année. Quant au koubo ou seogaun , il ne laisse au daïri que le titre d'empereur, mais se reconnait

toujours pour la forme comme son premier sujet et lui donne des marques

SE de respect et même de déférence, car il reçoit de lui des titres honorifiques et c'est du daïri que les grands de l'empire les obtiennent. Le dairi vit renfermé à Miyako (c'est-à-dire la capitale), dans un palais magnifique, d'où il ne sort que pour se rendre à quelques-uns des principaux temples de l'empire. 1l a douze femmes ; il est entouré d'une cour nombreuse et sa personne est sacrée. Le seogoun entretient auprès de lui une garde et un gouverneur, et, tous les ans, lui envoie une ambassade chargée de lui offrir de riches présens. Le seogoun réside à Yedo. .

INDUSTRIE. Les Japonais, dit M. Klaproth, reçurent la civilisation et la littérature chinoises, par la Corée, car leurs premiers instituteurs dans les arts et les sciences furent les Coréens, par lesquels ils reçurent aussi le Bouddhisme. L'usage du papier, qu'on fabrique au Japon avec l'écorce du morus papyrifera, ainsi qu'avec les filamens d’un grand nombre de plantes et d'arbrisseaux, date du commencement du ve siècle. L'art de l'imprimerie y fut introduit vers l’an 1206 , époque à laquelle on commença à imprimer les livres de la religion de Bouddha avec des planches gravées en bois, le système de l'écriture des Japonais et de Chinois ne permettant pas de se servir de caractères mobiles, C'est à Miyako qu'existent leurs grandes typographies et leurs meilleurs graveurs. Nous nous bornerons à citer plusieurs ouvrages rapportés par M. Titsingh, entre autres divers traités de botanique avec des planches gravées en bois ou peintes avec beaucoup de soin; mais surtout un recueil in-folio contenant 77 planches si bien dessinées et peintes avec une telle perfection,

u’aucun objet venu de l'Asie ne peut a notre avis, dit M. Abd Rémusat, douner une idée si favorable de l'état des arts dans cette partie du monde. On doit aussi mentionner un traité de botanique en 8 volumes contenant environ 200 planches très bien gravées en Mis d’après des dessins très exacts; cet ouvrage est dans son genre une sorte de chef-d'œuvre. Les Japonais ne représentent pas avec moins de fidélité les autres objets d’histoire naturelle. On doit ajouter que les Japonais ne partagent point l'orgueil déraisonnable des Chinois, qui méprisent toutes: les connaissances

ui ne sont point nées chez eux. Ce peuvle adopte avec ure sorte d’avidité les arts et les sciences de l'Europe; mais malheurersement le gouvernement ne favorise ces dispositions qu'avec ure ext" 4me réserve. Les grands de l'empire savent le hollandais, l’écrivent et lisent beaucoup dans cette langue; ils lisent aussi les gazettes hollandaises, qui les tiennent au courant des évènemens qui arrivent dans l'Occident. Les Japonais ont adopté la méthode de graduation et de projection des cartes européennes; la nouvelle édition de la carte générale de l'empire publiée en 1744 vient d'être surpassée par une nouvelle carte levée par ordre de l’empereur d'après les méthodes pratiquées en Europe. M. ic à avait apporté deux séries de vues prises le long de la route entre Yedo et Nangasaki, sur deux rouleaux, l’un de 29 pieds, l’autre de 46 pieds de long; tous les objets remarquables y étaient représentés. A côté de ces faits qui déjà donnent une idée avantageuse de la civilisation japonaise, nous devons nr que l'éducation des femmes y est très soignée et presqu’à légal

e celle des hommes, qu'à l'exception des femmes des grands elles y jouissent de la même liberté qu’en Europe, et que sur la scène elles remplissent le rôle destiné à leur sexe, ce qui est sans exemple en Asie; c'est peut-être en grande partie le résultat de l’usage où sont la plupart des

i des titres honorifiques btiennent, Le duiri vit un palais magnifique, des principaux temples cour nombreuse et sa de lui une garde et un assade chargée de lui

AM CNT ñ reçurent la civilisation

06 , époque à laquelle de Bouddha avec des des Japonais et de Chiobiles, C'est à Miyako illeurs graveurs. Nous és par M. Titsingh, ennches gravées en bois recueil in-folio conteune telle perfection, , dit M. Abe Rémusat, cette partie du monde.

n 8 volumes contenant ’après des dessins très de chef-d'œuvre. Les les autres objets d’hise partagent point l'orouies jes connaissances Avec ure sorte d’aviurerscment le gouverext: me réserve. Les et lisent beaucoup dans es, qui les tiennent au Les Japonais ont adopté artes européennes; la ubliée en 1744 vient ordre de l’empereur ngh avait apporté deux ‘do et Nangasaki, sur eds de long; tous les de ces faits qui déjà ponaise, nous devons née et presqu’à légal es des grands elles y ur la scène elles remxemple en Asie; c’est ù sont la plupart des

DESCRIPTION DÉ L'ASIE. 776 Japonais de n'épouser qu’une femme. Ce peuple rivalise avec les Chinois et les Hindous sous le rapport de l'industrie; il possède d’excellens ouvriers en cuivre, en fer et en acier ; ses sabres ne sont inférieurs qu'à ceux du Khorassan, Plusieurs arts, tels que la fabrique des étoffes de soie et de coton, de la porcelaine, du papier d'écorce de mûrier, de divers objets en laque, en verre et autres sont parvenus à un haut degré de perfection. Les Japonais savent raccommoder et même faire des montres, et le premier de tous les arts, l'agriculture, paraît être celui auquel ils se livrent avec le plus d'activité. Sans adopter les exagérations de certains auteurs qui nous représentent toute la surface du Japon comme cultivée sans en excepter mème les sommets arides des montagnes, il nous paraît vraisemblable que le Japon, dans ses terreins cultivables , offre un des pass du monde où l'agriculture depuis bien des siècles est pratiquée avec e plus d'intelligence et de succès. Les champs y sont sarclés avec tant de soin que le botaniste le plus clairvoyant aurait de la peine à y découvrir une plante parasite, Selon Thunberg tout cultivateur qui néglige une partie de son domaine en perd la propriété; on le donne à un autre. Fedo, Miyako (Miako), Osaka, Nangasaki, Yosida, Kourou et Xasi-no-mats sont les villes les plus industrieuses de l'empire.

COMMERCE. Jadis les Japonais avaient des flottes nombreuses et leurs navires marchands allaient dans les pays que baignent les mers voisines, et même jusqu'au Bengale; mais depuis la révolution de 1585, l'état n’a plus de vaisseaux de guerre , et la construction des bâtimens de commerce est restée telle qu’elle convient à une nation qui veut vivre séquestrée de toutes les autres. Par un édit de 1637, il fut défendu aux Japonais de voyager dans un pays étranger ; ils ne peuvent que faire le cabotage, ou ailes dans les îles dépendantes de l'empire. Les Japonaisqui, jetés par des tempêtes sur des plages étrangères, reviennent ensuite dans eur patrie, y sont soumis à une surveillance rigoureuse ou à une captivité perpétuelle. Le port de Nangasaki est le seul qui soit ouvert à trois nations étrangères, mais avec de grandes restrictions. Les Chinois, les Coréens et les Hollandais qui jouissent de cette faveur, ne peuvent y introduire qu'un nombre déterminé de navires ; les premiers, dix jonques et les derniers un seul gros vaisseau et deux beaucoup plus petits. Les négocians chinois et les Hollandais qui font ce commerce sont sous la surveillance de la police et peuvent être regardés comme prisonniers dans le bâtiment qui leur est destiné pour demeure. Les Anglais s'étant emparé de Java en 1811, voulurent supplanter au moins momentanément les Hollandais au Japon; le :rs tentatives échouèrent contre la ténacité des Japonais à ne rien changer »ux usages établis. Les principales imPonrarions des Hollandais consiste ::1t en sucre en poudre, sucre candi, étain, écaille de tortue, mercure, rotin, bois de sapan, épiceries, plomb, barres de fer, miroirs, verreries, ivoire, café, borax, musc, safron. Les principales EXPORTATIONS sont : cuivre, camphre, soieries , objets en laque. Les Chinois emportent les mêmes espèces de marchandises, ainsi que du gi sec et de l'huile de baleine , en échange de sucre, de lainage anglais, de thé, de drogues et autres articles. Autant le commerce extérieur est peu étendu, autant le commerce intérieur, surtout celui du Japon proprement dit, est actif et florissant. Aucun impôt ne gêne sa marche; des routes bien entretenues rendent les communications faciles. Quoique fermés à

tous les étrangers, les ports du Japon sont couverts de grands et de petits vaisseaux. Les boutiques et les marchés regorgent de toutes sortes de denrées, Dans les villes , de grandes foires attirent un nombreux concours de peuple. Outre les villes que nous avons mentionnées à l'article industrie, on doit nommer aussi les suivantes parmi les principales places de commerce de cet empire : Aabigi, Osaka, Miya, Mouro et Simonoseki, dans l'île Nifon; Aokoura et Sanga , dans l'île Kiousiou; 7osa, dans celle de Sikokf; Matsmaï et A hakodade (Fakhodade), dans celle de Ieso.

DIVISIONS ADMINISTRATIVES ct TOFPOGRAPHIE. Si l'on veut

être impartial il faut avouer que Kæmpfer est le seul auteur européen

ui jusqu’à présent nous ait donné une description vraiment géographique

u Japon. Mais par une inconcevable omission, qu'on doit sans doute attribuer aux Japonais qui lui fournissaient les matériaux pour rédiger sa relation, ce savant voyageur nous a présenté un tableau très détaillé et très exact Les divisions administratives de l'empire , dans lequel on n'indique ni les chefs-licux des provinces , ni les noms de leurs villes les plus remarquables. Tous les géographes ne nous ont donné jusqu'à présent que les noms des 622 districts ou 4ori dans lesquels sont subdivisées les 68 provinces de l'empire que Kæmpfer leur avait fait connaître. M. Klaproth, qui s'occupe actuellement d'un grand travai! hisivrique et géographique sur cet empire encore si peu connu, a bien voulu puiser dans les cartes et les livres japonais pour faire disparaître cette lacune de notre Abrégé, en rédigeant le tableau suivant, qui servira à compléter la description géographique de Kæmpfer.

Deux parties très inégales pour l'étendue, pour la richesse et pour la population forment l'empire Japonais. Ces deux parties sont : l'EMPIRE pu Jarox proprement dit, et le GouvennemenT pe Marsmaï. Ce dernier fait, rigoureusement purlant, partie de la province de Mouts ou O-siou dans le Tosando ; mais nous avons cru convenable de le décrire à part, à cause de l’état abruti dans lequel vivent ses habitans très peu nombreux, et à cause du morcellement des terres qui le composent. L'empire proprement dit est partagé en dix régions ou do très inégales pour l'étendue et pour la population. A l'exception des deux qui se composent des petites îles Iki et Tsou-sima, les huit autres sont subdivisées en plusieurs provinces ou 4okf; ces dernières se subdivisent encore en districts ou kori. Le Gohinaï, qui est la première région , se compose des cinq provinces qui forment le domaine du daïri. La grande île Nipor embrasse à elle reulc le Gokinaï, le Tokaido , le Tosando, le Fokourokoudo , \e Sanindo, le Sanvodo et presque la moitié du Nankaïdo. Nous avons indiqué dans le tableau les autres îles qui correspondent aux divisions administratives de cet empire. Les noms des provinces mis entre parenthèses sont des synonymes employés ordinairement dans les livres japonais.

Récions er PROvINCES. Cuers-Lieux, VILLES KT LIEUX LES PLUS REMARQUABLES.

EMPIRE DU JAPON proprement dit.’ GOKINAI (les cinq provinces intérieures de la Cour).

YamastRÔ (San-siou). . , …. Kio ou Miyaxo (Miaco); Wizio; Fodo. Yamaro (Wa-siou). Kori-yama; Taka-tori; Nara. KawarTsr (Ka-siou), . ..., Sa-yama.

Inzoumr ($en-siou). Kisi-no-wata.

Sets (Se-siou), , . ...,... Osaka; Taka-tsouki Ayaka-saki.

de grands et de petits t de toutes sortes de in nombreux concours es à l’article industrie, ipales places de comro et Simonoseki, dans 1; Tosa, dans celle de celle de leso.

AAPHIE. Si l'on veut seul auteur européen raiment géographique on doit sans doute atriaux pour rédiger sa eau très détaillé et très 1s lequel on n'indique s villes les plus remarisqu’à présent que les abdivisées les 68 proanaître, M. Klaproth,

KanzOUZA

Fina

RéGiONS KT PROVING Se

TOKAIDO (Contrée de 5x Mer Orientale).

Ion (siou), . « . :

lan (Se-siou).

Sema (Si-siou), : : , , + .

Owant (Bi-siou).

Mixawa (Mi-siou). :

Tooromt (Gliensiou). Suunouua (Sou-siou), . .

Inzou (Dzou-siou).

Kai (Kassiou), , . :

Sacamt (Sa-siou).

Mousasr (Mou-siou). . :

Awa (Fôsiou),

Srmoosa (Sco-siou).

Firars (Sioou-siou), . . :

TOSANDO (Contrée des Oont (Kio-siou), . . . : :

Mio (Mi-siou),

i-siou) StNaNO (Sin-siou).

Cunvs-Linux, Vivuus av LIEUX Lu PLUS RKMARQUABLES,

,.:: Wouyc-no,

Kouwana; Name-yama; Tsou; Mats-saka; Kambe; Koui, Naga-sima; Yoda, Le temple Daisingou.

.. Toba, Nakoyn; /nogama,

. Yosi- das Nisiwo; Kariyas Ta-wara; Okassahi; Kake-gawn; Fono-soka; Famamats.

.. Foutsiou; Tanaka,

Simota, L'ile Fatsisio.

Fous-tsiou,

Odawara; Tamanawa,

.. Yano; Kawagobe; Iwatski; Osi.

Yakata-yama; Tosio; Fosio.

… Odaki; Sanouki; Kourouri.

Seki-yado; Sakra; Kouga; Foughi.

.. Mito; Simodats; Kôdats; Kasama.

Montagnes Orientales).

.. Fikone ou Sawayama; Zeze.

Oogaki; Manora où Kanara.

Taka-yama.

Ouyeda; Mutsou-moto; Lyi-yama;

Taka-sima.

Koromo.

CR

(Koosiou). .

esse

Takatô; Omoro; Lyi-da;

ique et géographique Koorské (Dzio-siou), . . . . Tats- fayasi; Mayibasi; Noumada; Yasinaka; T'ake-saki. puiser dans les cartes Simorské (Gassiou). (o è tsou-miya; À ouroufa; Mifou; Odawara. Le mont Niosan.

cune de notre Abrégé, npléter la description

la richesse et pour la rties sont : l'EMPIRE pu rsmaï. Ce dernier fait, Mouts ou O-siou dans écrire à part, à cause s peu nombreux, et à L'empire proprement our l'étendue et pour osent des petites Îles en plusieurs provinces tricts ou kori. Le Goinq provinces qui forbrasse à elle “eule le , le Sanindo, le Sans indiqué dans le tans administratives de ithèses sont des synoais.

YETSISEN.

YETSIOU.

YursiNGo.

Noro Sao

TAnGo. .

TANBaA.

TasrMA

LES PLUS REMARQUABLES

t dit. SANYODO

BiZEN

Fodo.

‘ Brrarou.

BINGO. .

Mours (O-siou). . . : . .

Dawa (Ou-siou). .

Kaca (Ka-siou). . . . . + Neo-siou).

Sa-siou). + :

SANINDO (Contrée du versant

Ixasa (Fn-siou).

Fôk1 (Fo-siou). . : «+ + ++ Inzoumo (Oun-siou).

Iwams (Sek-sion) Or (An-sivu).

Fantxra (Bane-siou). . .

Mrmasaka (Saka-siou).

Akr (Ghe-siou).

,Sendaïs; Siraisi; Waka-mats; Nifon-mats; Mori-oka ou Grand-Nambou ; Yatsdo.

Jana-koura; Taira; Sira-kawa; Naka-moura; Fouk-sima; Mivarou; Firo-saki, dans le canton de Tsougar; Inaëasi; Matsrisai (Matsumaï) dans l'Île de Leso (lesso; Yeso).

Yone-sawa; Yama-gata; Oueve-no-yama; Sinzio; Sionai; Akita.

FOKOUROKOUDO (Contrée du Territoire Septeutrivnal). Wanasa (Sirk-siou)

Kobama.

Foukyi; Foutsiou; Marou-oka; Ono; Sabafe; Katsou-yama, . Toyama.

Takata; MVaga-oka; Simbota ; Mourakami; Itsoumo-saki ; Mora-mats. Cette province et celles de Yetsisen et de Yetsiou portent ensemble le nom de Y£r=#1OU.

... Kana-zawa; Komats; Daïsioosi.

Sous-no-misaki; Mawa-siri; Nanao.

«+ Koki.

septentrional des Montagnes).

Tanabe.

Sasa-yama ; Fouktsi-yama. Cette province de Tasima portent ensemble le num

... Miyazou; Kame-yama; et celles de Tango et de Tan-s1ou.

Idzousi ou Deisi; Toyo-oka.

Tots-tori.

Yonego.

Matsouyé.

. Tsouwa-no; Famada.

Dans cette province il n’y a que des villages. nt méridional des Montagnes).

Fimodzi; Akazi; Akn; Tatsfou.

Tsou-yama; Katsou-yama.

.. Oka-yama.

Matsou-ya ma. Cette province et celles de Bizen et de Bingo portent ensemble le nom de Fr-s1ou.

Foukou-yama. Firo-sama,

ss.

ss...

(Contrée du versa

778 APRÈGÉ DE GÉOGRAPHIE.

Réorons er PROvINCES. Casrs-Lieux, ViLLes &T LIEUX LES PLUS AEMARQUAULES, Souwo (Seou-siou). . . ...Tok-yama; Fouk-yama.

NaGarTaA (Tsid-siou). Faki; Tsio-fou; Founaka. NAN-KAI-DO.

Kiï (Kisiou). ,.,..,...,. Waka-yama; Tanabe; Sin-miya.

Awast (île d’) (Tanesiou). Soumoto ou Smoto.

Awa (A-siou), . . . . °.... Tok-sima.

Sanoux1 (San-siou). Taka-mats; Marou-kame, avec le célèbre temple de Konbira,

Ixo(Yossiou). . ........ Matsou-yama; Ouwa-sima; Ima-bari; Saïzioo; Komats; Daisou ; Dago.

Tôsa (Tô-siou). . . . . . ... Kôtsi. Cette province ainsi que celles d'Awa, Sanouki etIyo

forment ensemble l’iLx De Srkokr (les quatre royaumes), SAIKAIDO (Contrée de la Mer Occidentale),

TSIROUZEN. ......,. .. Fouk-oka; ÆAkitsouki, TsIKOUNGO. Kouroume; Fana-gawa. Cette province et celle de Tsi. ” kousen portent ensemble le nom de Tstkoustou.

Douzen, ..... CRM RE ET Kokoura; Nakatsou.

Bouxco. Ousnuki; Takeda; Saïki; Founai; Finode. Cette province et celle de Bouzen portent ensemble le nom de Foosrov.

FUZEN. . ... RUE Cie Saga; Karatsou; Omoura; Sima-bara; Osima; Firando; Nanga-saki.

Te RE El EE Kouma-moto; Fatsou-siro; Oudo; Amakousa.

FiouGa (Asi-siou). lyifi, Takanabc ; Nobi-oka ; Sadowara. Cette province et

celle de Figo portent ensemble le nom de Ft-srou. Oosoumr (Gou-siou). . .. . Kokou-bou.

SarTscuma (Sats-siou) Kago-sima. Cette province avec les huit précédentes em- ; brasse toute l’iLs pe Kroustou (les neuf royaumes). L'ILE IKI (Isiou). . ......Katou-moto.

L'ILE TSOU-SIMA (Jai-siou). Fou-tsiou.

GOUVERNEMENT DE MATSMAI subdivisé en :

Ies0 (ile de). ......... Où il faut distinguer le gouvernement de Teso proprement dit, qui ne comprend que la péninsule sud-ouest de l'ile de ILeso, où se trouvent Matsmai et Khakodade,

L'Ainou-Kouni (Pays des Ainou ou Aïnos), où il faut encore distinguer la partie wvassale des Japonais qui s'étend le long des côtes méridionales et orientales, et où se trouvent : Atkis et Endermo, et la partie entièrement inde. pendante, qui comprend tout le reste de cette ile.

Kounries Méririonaces. . Savoir lestles Tchikotan; Kounachir où en 1811 M. Golovnin fut fait prisonnier par les Japonais ; Hourouss (ile des États ou Atorkou) qui est la plus grande et où se trouve Our. bitch, avec un fort japonais et un port non loin du volcan de ce nom; Ourous dite aussi Ile de la Compagnie.

Taraxaï (fle de). . ..,., . Dite aussi Æarafto, Tchoka ou Sakhalian. L'extrémité méridionale sculement dépend des Japovais. Leur principal établissement se trouve dans la baie d’Aniva, tt importante par l'immense quantité de poisson qu’on y prend et par le grand nombre de baleines qui fréquentent ses parages.

Yepo (en chinois Xiang-hou), située dans une grande plaine de la province de Mousasi , au fond d’un golfe et sur les bords du Tonyak , qui après l'avoir traversée se jette par plusieurs embouchures dans le port; celui-ci est peu

rofond et n’est accessible qu’aux petits navires. Yedo est une des villes es plus grandes et les plus peuplées du monde. Sa circonférence est estimée à environ 20 milles. Quoique son plan ne soit pas aussi régulier que celui de la plupart des villes du Japon, ses rues sont en général assez bien alignées et se coupent à angles droits. La principale, qui traverse la ville du nord au sud, a 5o pas de large. On y voit le fameux Néphon bas ou le

nn

UX LES PLUS REMARQUALES

nya

avec le célèbre temple de : Tma-bari; Saïzsioo; Komats;

e celles d’Awa, Sanouki etIyo KOKF (les quatre royaumes),

tte province et celle de Tsiom de Ts:kousrou.

unaï; Finode. Cette province usemble le nom de Foosrov.

a-bara; Osima; Firando; Nan.

Oudo; Amakousa.

Sadowara. Cette province et ble le nom de Fr-srou.

avec les huit précédentes emou (les neuf royaumes).

ubdivisé en :

srnement de Teso pro ad que la périnsule sud-ouest rent Matsmai et Khakodade, Ainou ou Aïnos), où il faut ssale des Japonais qui s'étend ales et orientales, et où se et la partie entièrement indé.

t le reste de cette tle.

tchir où en 1811 M. Golovnin onais ; Hourouss (île des États grande et où se trouve Oure et un port non loin du volcan si Ile de la Compagnie.

Sakhalian, L'extrémité méries Japonais. Leur principal la baie d’Aniwa, trés impors de poisson qu’on y prend baleines qui fréquentent ses

de plaine de la province pnyak , qui après l'avoir le port; celui-ci est peu Yedo est une des villes circonférence est esti- L pas aussi régulier que at en général assez bien le, qui traverse la ville meux Viphon bas ou le.

se

pont du Japon , d'où l'on compte les distances sur tous les grands chemins

de l'empire; il est construit en bois de cèdre dit du Japon , bordé de ba-

lustrades ornées de boules de cuivre doré et long de 4o toises. Les mai-

sons de Yedc, comme celles de tout l'empire, ne peuvent avoir au plus

que deux étages, chacun d’une toise et demie ou de deux toises de haut,

mais il n’y a d'habité que le rez-de-chaussée; l'étage supérieur sert de

garde-meuble et de grenier. Construites en bambou, entremêlé de mortier

et peintes en blanc, elles paraissent être en pierre et ne forment qu’une

pièce , divisée à volonté par des châssis mobiles couverts en papier fort et transparent, Un papier très fin tient lieu de vitres. Tout l'intérieur est revétu de papier peint. Leurs toits sont plats, couverts en tuiles, lourdes et pesantes chez les riches, et en morceaux de bois en forme de tuiles retenues par des pierres chez les pauvres. L'intérieur et l'extérieur sont remarquables par leur propreté. Les meubles y sont très peu nombreux,

On n’y voit ni chaises ni tables; les Japonais s’asseyent sur des nattes qui en couvrent ordinairement le plancher. C’est à la fréquence des tremblemens qu'on éprouve à Yedo ainsi que dans les autres villes du Japon, qu'on doit attribuer le petit nombre de bâtimens remarquables qui les décorent, et leur peu d’élévation. Le principal édifice de cette capitale est le palais du Seogoun où empereur; il est situé vers le milieu de Yedo, et par son étendue semble former une ville à part; on lui accorde environ 5 lieues japonaises de circonférence. Il est entouré de remparts et de fossés pleins d'eau, sur lesquels s’abattent des ponts-levis. Cette vaste résidence est partagée en trois parties, qui sont séparées les unes des autres de la même manière. Le château extérieur est habité par le plus grand nombre des princes de l'empire, dont les palais forment des rues. Le second château contient des rues larges, formées par les palais de plusieurs des plus puissans princes de l'empire , des principaux officiers de la couronne, des employés qui correspondent à nos conseillers d'état et autres dignitaires. Le palais proprement dit s'élève sur une hauteur, et domine toute la ville, quoiqu'il n’ait qu’un rez-de-chaussée. Il est surmonté par une tour carrée à plusieurs étages, ornée de toits très beaux et très riches, ainsi que les autres parties de ce château. A cette occasion il est bon de faire remarquer que cette tour carrée est une marque de prééminence, laquelle dans cette villeestinterdite aux autres grands, quoique chacun d’eux jouisse de la mème prérogative dans ses propres domaines. Le palais en général présente un aspect majestueux et superbe. La salle dite Sen-Sio-Siki, ou aux Cent nattes doit être très vaste, puisque la grandeur légale de chaque natte est de 6 pieds de Paris sur trois; les portes et les linteaux en sont vernissés et les ferrures dorées; des dragons dorés en ornent les toits; mais tout l'ameublement consiste en nattes blanches garnies de franges d'or. C'est à Yedo qu'a été publiée l'Encyclopédie chinoise dite du Japon, ouvrage peut-être le plus précieux que possède la bibliothèque royale de Paris sur la littérature asiatique; il se compose de 80 volumes in 8° accompagné d’un très grand nombre de planches. On ne sait rien de positif sur la population actuelle de cette ville immense ; les auteurs japonais lui accordent

280,000 maisons ; nous croyons cependant que sans crainte d’exagération

on pourrait estimer à 1,300,000 le nombre de ses habitans. Yedo est le séjour ordinaire pendant six mois des grands feudataires de l'empire, et pendant toute l’année de leurs familles et de leurs nombreuses suites. Cette

seule circonstance doit être prise en considération lorsqu'on veut essayer d'estimer sa population. Yedo comme toutes les autres villes de l’empire est extrémement sujette aux incendies; il n’y a guère de jour où il n’en éclate plusieurs, et souvent des quartiers entiers sont la proie des flammes; en 1703 et en 1773 elle a été presque entièrement consumée et avec des circonstances effroyables. Pour prévenir ce fléau, on a institué un corps nombreux dont les détachemens parcourent sans cesse la ville nuit et jour; ils sont vêtus de cuir brun.

Kio (résidence) ou Mryaxo (capitale), dont les géographes européens ont fait leur Mraco, très grande ville de la province de Yamasiro, située dans une plaine environnée de collines et baignée au levant par la Kamo ou Kamo-gava, affluent de la Yodo-gava. C'est la ville du Japon qui offre le plus d’édifices remarquables; elle en a été pendant long-temps la capitale, et est encore la résidence du dairi, ou du descendant des anciens empereurs, révéré comme un personnage saint et comme le chef de la religion de l’état. Kio est assez régulièrement bâtie, ses rues sont alignées et se coupent à angles droits. Parmi le grand nombre d’édifices publics qu’elle renferme on remarque surtout les suivans : le palais du dairi, entouré de murs et de fossés; il se distingue surtout par son immense étendue et par la belle tour carrée qui le surmonte; outre le palais proprement dit, il renferme treize rues habitées par les personnes de sa cour. Le palais du seogoun , construit en pierres de tailie et environné d’un fossé plein d’eau, entouré lui-même par un fossé sec; au milieu s'élève aussi une tour carrée à plusieurs étages; la forme de cet édifice est un carre long, dont la principale dimension est de 1 5o toises. Le temple de F6kdzi, célèbre dans tout le Japon par l'émage colossale de Daibouts où G; “d- Bouddha, appelé Rousiana (le resplendissant). Cette statue, dit 1. K

roth, représente Daïbouts assis à la manière indienne sur une fle: otus; elle était primitivernent en bronze doré; mais ayant beaucoup : «1! fert par le trembiement de terre qui eut lieu en 1662, on la remplaca ‘1 1667 par une en bois recouverte de papier doré. La hauteur totale de ce colosse est de 83 pieds du Rhin, dont 73 pieds 9 pouces pour la statue et 9 pieds 10 pouces pour la fleur de lotus. L'intérieur du temple est pavé en carreaux de marbre blanc et orné de 96 colonnes en bois de cèdre. Dans un édifice voisin se trouve suspendue la plus grande cloche connue du monde ; elle a 17 pieds 2 pouces et demi de hauteur et pèse 1,700,000 livres japonaises , qui équivalent à 2,040,000 livres hollandaises. Le temple de Kwanwon , qui rivalise sous tous les rapports avec le précédent; la statue du dieu, qui est d’une taille extraordinaire, a 36 mains; elle a autour d’elle les statues de six héros de taille gigantesque. Ce temple est aussi remarquable par le grand nombre de statues des dieux et des esprits censés être subordonnés à Kwanwon; ces images sont de différentes grandeurs ; les plus petites sont placées en avant, afin que la vue puisse les embrasser toutes à-la-fois ; si l’on en croit les Japonais, leur nombre s'élève à 333,333! L'industrie et le commerce sont à Miyako comme dans leur centre. L'on y affine le plus beau suivre, on y fabrique la porcelaine ui passe pour une des meilleures du Japon, et beaucoup d’étoffes d'or, d'argent, de soie et d'ouvrages en acier. On y frappe aussi toute la monnaie de l'empire. La plupart des livres japonais sont imprimés dans cette ville, où la cour du daïri forme une espèce d'académie qui cultive

EL es nnere la littérature, les sciences et les beaux-arts, et qui selon Caron est chargée de la rédaction des anuales de l'empire. L'a/manach impérial y est aussi composé Lous les ans par un des principaux savans et revu par une commission, mais on l'envoie imprimer dans la province d’Ize, regardée comme un pays sacré, parce que c’est là que se trouvent les principaux temples des divinités tutélaires de l'empire. Cet almanach contient la statistique de l'empire, et l’on y indique toutes les charges de l’état, et les revenus des principales maisons depuis les sommes les plus considérables en descendant jusqu’à celle de 10,000 cobangs , ou 120,000 francs inclusivement. Selon le jésuite Pinheiro, Miyako renfermait à la fin du xvne siècle 500 temples principaux et une des six grandes universités de l'empire; il fait observer qu’en 1540 il y en avait quatre autres dans les environs, et que chacune d'elles comptait plus de 3,500 étudians. D’après l'aratame ou recensement de la fin du xvni° siècle rapporté par Kæmopfer, Miyako doit avoir au moins un demi-million d’habitans, puisqu’à cette époque on compta 52,169 prêtres, 477,557 laïques des deux sexes, sans y comprendre les étrangers et toute la cour du dairi.

lorsqu'on veut essayer autres villes de l’empire buère de jour où il n’en nt la proie des flammes; ht consumée et avec des > on a institué un corps esse la ville nuit et jour;

géographes européens de Yamasiro, située dans levant par la Kamo ou ille du Japon qui offre lant long-temps la capidescendant des anciens et comme le chef de la e, ses rues sont alignées mbre d’édifices publics : le palais du dairi, enbar son immense étendue e le palais proprement nes de sa cour. Le pabt environné d’un fossé ; au milieu s'élève aussi et édifice est un carré es. Le temple de F6kézi, de Daibouts où G, «4 tte statue, dit M. K dienne sur une fle:

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Dans un rayon de 30 milles on trouve : Nana , ancienne résidence des empereurs, ville très vénérée par les Japonais et très florissante par le grand nombre de ses temples , qui yattivent une foule de dévots de la religion de Bouddah. Le père Almeïda , jésuite portugais, qui la visita vers la seconde moitié du xvr1° siècle, décrit plusieurs de ses édifices, dont l'étendue et la richesse l’étonnèrent. Le temple de Koubosi est précédé de trois vastes cours qui s'élèvent en amphithéâtre; on monte de l’une à l’autre par de superbes escaliers. Dans la première cour on remarque deux figures gigantesques armées de mussues ; la porte du temple proprement dit est gardée par deux lions d’une taille monstrueuse et d'un ouvrage très curieux. Au fond du temple, on voit la statue de Siaka avec deux autres de chaque côté; elles sont d’une hauteur et d’une grosseur prodigieuses. Tout l’intérieur de l'édifice est peint en rouge. Le toit avance de plusieurs pieds au-delà du mur. Le monastère qui joint le temple n’est pas moins remarquable par son étendue, sa richesse et les beaux jardins dont il est accompagné. La bibliothèque était remplie de livres au point que les fenêtres en étaient presque fermées. Le temple de Daibouts est environné d'un portique de 60 toises sur chaque face , et le plafond est soutenu par 98 colonnes de 3 toises et demie de circonférence; la statue du dieu est en cuivre et d’une dimension colossale; elle a 14 atines portugaises de largeur à la poitrine. Tous les ans il part de cette ville une troupe de pélerins sous la conduite de certains bonzes , dans le but de visiter un fameux temple de Siaka pour y expier leurs péchés. Pendant leur longue marche, ils vont nu-pieds et ne vivent que de deux poignées de riz grillé par jour. Le pays qu'ils traversent est montagneux et aride; les bonzes conducteurs les soumettent à des pénitences cruelles. Parvenus au lieu de l’expiation , chaque dévôt est mis dans une balance suspendue sur uu épouvantable précipice. Là il doit avouer publiquement ses fautes. Si les prètres s'aperçoivent qu’il hésite ou qu’il use de réticences , ils tent le contrepoids de la balance, et le malheureux est précipité dans l’abime. Les pélerins prennent ensuite congé des bonzes, auxquels chacun donne la valeur d'environ r2 francs,

Oasaxa , grande ville de la province de Sets, près de l'embouchure du Yodogava. C'est une des cinq villes impériales qui composent l'apanage du koubo. Une grande citadelle la protège ; c’est une des constructions de ce genre les plus remarquables du Japon. Favorisée par sa position, elle réunit, dans de vastes magasins, toutes les productions du sol et de l’industrie pour les faire refluer sur tous les points de l'empire; les plus riches marchands et les artisans les plus habiles y sont établis. Les hommes riches et voluptueux s'y rendent de toutes les parties du Japon. Tous les princes e; ieigneurs qui possèdent des terres dans les provinces occidentales ont à Osaka des maisons, ou plutôt ce qu'on pourrait appeler un pied-à-terre ; car il ne leur est pas permis de s’y ar rèter plus d’une nuit ; les plaisirs dont on ÿ jouit lui a mérité le surnom de théatre du

Plaisir. Sans admettre les calculs exagérés des Japonais, qui assurent que la seule population de cette ville peut fournir une armée de 80,000 hommes, nous dirons qu’on peut évaluer au moins à 150,000 le nombre de ses habitans. Parmi ses nombreux temples, il faut distinguer celui de Daibouts. Parmi ses curiosités on doit citer le jardin Botanique, où l'on cultive avec le plus grand soin tous les arbres, arbustes et autres végétaux qui croissént au Japon; et la rue des Oiseaux, où, selon Thunberg, on transporte des indi. vidus de toutes les espèces qu'on trouve dans l'empire, soit pour les vendre, soit pour les faire voir moyennant une rétributiun. e

Les autres villes les plus remarquables de l'empire que notre cadre nous permet de si. gnaler à l'attention du lecteur sont : NanGasakr, sur l'ile de Kiousiou, ville ouverte du côté de terre, mais avec quelques fortifications du côté de la mer, avec des rues étroites et tortueuses. Elle est environnée de montagnes couronnées de temples nombreux, et qui en rendent les approches vraiment pittoresques. Son port est le seul dans lequel il soit rit aux vaisseaux étrangers de jeter l'ancre. Le commerce et les fabriques la rendent

orissante et très peuplée; elle dépend immédiatement du koubo.

Marsmaï, sur une vaste baie de l’île Ieso, ville assez grande et bâtie dans le genre des autres villes japonaises, avec un port continuellement rempli de bâtimens marchands qu'y attire un commerce florissant, M. Golovnin dit qu’elle possède un #éätre japonais et environ 50,000 habitans, On peut la regardér comme la ville la plus importante de cette partie extrème de l'Asie.

Parmi les curiosités du Japon, on ne doit pas oublier l'ile de Farstsro , qui offre le dieu d'exil peut-être le plus extraordinaire du globe. C’est une petite île située au sud de Yedo; les côtes sont tellement escarpées, que l'on n'y peut aborder que par le moyen d’une grue. C’est là que tous les grands du Japon tombés en disgrâce sont retenus; on les y emploie à fabriquer différentes sortes d'étoffes si précieuses par leur beauté que le seogoun s’en réserve l’usage.

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