‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 3)Chapitre 235 sur 457 · LUE · texte numérisé non relu

LUE

tans que lui assignent quelques géographes , sans doute d'après d'anciennes relations qui paraissent se rapporter au temps des croisades, nous croyons que sa population actuelle ne va pas beaucoup au-delà de 20,000 âmes. Nous ne devons pas manquer de relever une autre erreur des écrivaius, qui ont confondu la Damiette actuelle avec la Damiette du temps des croisades, et qui ont cru que la distance considérable qui sépare aujourd'hui Damiette de la mer, provient des alluvions du Nil. M. Reinaud a fait voir qu'en 1250 le gouvernement égyptien, craignant une nouvelle invasion de croisés, fit raser l’ancienne Damiette, ct que la ville actuelle s’est formée peu-à-peu de maisons bâties dans l'intérieur des terres. Nous rappellerons à ce propos, d'après la remarque judicieuse d’un observateur intelligent, que c’est par une méprise semblable que l'on a prétendu prouver l'abaissement du niveau de la Méditerranée, fondé sur l'embarquement de saint Louis à Aigues-Mortes. M. Vaysse de Villiers a prouvé, à l’aide d’argumens qui nous paraissent saùs réplique , que la mer n’a jamais baigné les murs de cette ville , et que saint Louis n’a pu s’y embarquer que dans une chaloupe, comme ses successeurs pourraient le faire encore aujourd’hui. La seule différence consiste dans le peu de profondeur et dans le rétrécissement du canal qui met Aigues-Mortes en communication avec la mer, changemens dus aux attérissemens qui se sont formés pour avoir négligé de le nettoyer. Nous pourrions citer plus d'un exemple de ce genre, mais nous les destinons à un autre ouvrage.

Dans un rayon de 35 milles on trouve: Menzaleh, petite ville, près de la vaste lagune à laquelle elle donne son nom; ses environs et les îles sont habités par une race abrutie qu'on pourrait appeler ichthyophage, parce qu'elle vit presque exclusivement des produits de l’abondante pêche qu’on y fait. C’est sur un de ces ilots qu'était située l'ancienne Thennesus ou Tennis, qui dans le rx° siècle flarissait par ses nombreuses manufactures, et qui ne comptait pas moins de 30,000 habitans chrétiens. San, village habité par des pêcheurs, dont les cabanes s'élèvent au milieu des débris d’une ancienne ville nommée Z o a n par les Juifs, et Tanis par les Grecs. C'est de cette ville qu’une des principales branches du Nil prenait le nom de Tanitique. Tanis était le siège des rois de la xxr° et xxrri° dynastie de Manethon, et, selon quelques savans , le lieu où Moïse vint au monde, et le théâtre des prodiges opérés par ce prophète pour délivrer les Juifs de l'esclavage. On y voit encore les débris de sept obélisques , de quelques monolithes, et d’autres anciens monumens. Tmay-el-Emdyd, lieu remarquable par son beau temple monolithe de granit, décrit par M. Jomard et par lord Valentia, et posé sur un piédestal de la même pierre. Mansourakh, sur la rive droite de la branche de Damiette, dans un canton regardé comme le plus fertile et un des mieux cultivés de l'Égypte. C'est une des principales villes du Delta et le chef-lieu d’une préfecture ; M. Michaud y a encore vu le £dtiment où saint Louis fut mis en captivité après la perte de la bataille donnée dans les environs de cette ville. Xoum-Zalat, misérable endroit que nous citons pour signaler l'emplacement de Butis ou Buto, une des villes les plus remarquables de l’ancienne Égypte par son immense temple monolithe dédié à Latone, et par son oracle qui était le plus vénéré de cette contrée; le temple avait, selon les auteurs anciens, 4o coudées de haut sur autant de long; une pierre immense, dont les rebords avaient quatre coudées, lui servaient de couverture. Les habitans de ses environs, et de l'espace marécageux compris entre Rosette et Damiette, parlaient anciennement le dialecte bachmourique, et se distinguaient de leurs voisins par leur rusticité; leurs descendans paraissent être aussi sauvages que leurs ancêtres. Au sud-est de Tennis, mais hors du rayon de Damiette, on trouve Tyneh, autre lieu misérable, mais assez important par la petite forteresse turque qui défend l'entrée du canal bourbeux , autrefois nommé branche Pélusiaque du nom de Pelusium, dont on voit encore dans le voisinage les anciennes murailles assez bien conservées. C'était une place forte que les monarques de l'Égypte regardaient comme la clef de leur royaume du côté de la Syrie; pour mieux la défendre, ils avaient même fait construire une épaisse muraille d'environ 90 milles, qui s'étendait depuis cette forteresse jusqu’à Héliopolis. Pelusium n’est pas, comme on l’a cru, la patrie du célèbre Ptolémée, dont les ouvrages sur la géographie et l’astronomie sont les plus importans que l'antiquité nous ait légués. Plus au nord, et sur les bords de la Méditerranée, on voit E L- 4 r ic k, château fort, environné de jardins potagers et de palmiers ; il correspond à l'ancienne Rhixocorura, dont le nom, qui signific nez coupé,

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DESCRIPTION DE L'AFRIQUE. 873 nn a donné lieu à plusieurs historiens d'écrire que c'était un établissement formé par une troupe de brigands, à qui un certain roi avait fait couper le nez. Du temps des Romains, c'était un grand entrepôt pour les marchandises qui, de l'Arabie, venaient en Europe. ALEXANDRIE ( Alexandria) dite Iscanpentéu par les Arabes et par les Turks, place forte, située sur une langue de terre sablonneuse, fermée par la Méditerranée et le lac Mariout (Marévtis). Elle a deux por!s, et on doit y distinguer deux parties entièrement différentes : la Fille-Moderne et la Ville- Ancienne. Les constructions modernes sont irrégulières et les rues qu’elles forment malpropres. Le nouveau Palais, la douane, \a mosquée des mille et une :olonnes, et surtout les fortifications et l'arsenal de marine, sont les constructions les plus importantes des temps modernes, On ne doit pas oublier le canal de Rahmanyeh, mentionné à la page 812; il fait communiquer cette ville avec Le Caire par la branche du Nil qui débouche à 5 milles au-dessous de Rosette. Alexandrie est encore une place très importante pour le commerce, étant l’entrepôt de celui que l'Égypte fait avec Constantinople, Livourne, Venise, Trieste et Marseille, Toutes les nations maritimes de l'Europe y entretiennent des consuls. Sa population à considérablement augmenté depuis 1800, puisqu'on nous assure qu'elle dépasse 25,000 nes ; au commencement du siècle, elle n’en comptait que 17,000.

Plusieurs ruines et quelques monumens attestent encore de la résidence des Ptolémées et de ta capitale de l'É des Romains, Cette métropole superbe, bâtie par plan et le fit exécuter par le célèbre architecte rence, et sa population, sous le règne d'Auguste, parait avoir dépassé 700,000 âmes. Une rue droite de 100 pieds de large la traversait dans toute sa longueur ; elle formait une suite de portiques, de temples et d’autres magnifiques édifices; une autre rue non moins belle la coupait à angles droits; leur intersection formait une vaste place carrée, du milieu de laquelle on voyait deux ports et les vaisseaux qui à pleines voiles arrivaient de la Méditerranée et du lac Maréotis. Un mole magnifique et artificiel nommé Heptastade’, parce qu'il avait 7 stades de long, réunissait l'ile de Phare au continent, et séparait les deux ports qu'Alexandrie possédait sur la Méditerranée. A l'entrée du grand port, et sur un rocher, s'élevait la fameuse tour du Phare, au sommet de laquelle on allumait des feux toutes les nuits pour guider les vaisseaux ; on y avait pratiqué divers étages, entourés de galeries soutenues par des colonnes de marbre; sa hauteur paraît avoir dépassé 400 pieds; on la rangeait parmi les merveilles du monde, Alexandrie était partagée en plusieurs quartiers, dont le Bruchion, nommé aussi Je quartier des palais, était le plus magnifique et le plus étendu. Outre le palais bâti par ordre d’#lexandre, on en voyait plusieurs autres construits par les Ptolémées; tous ces bâtimens communiquaientensemble. C'est dans ce quartier qu’étaient le théâtre, le stade et le gymnase. Ce dernier était orné de portiques de 600 pieds de long, soutenus par plusieurs rangs de colonnes de marbre, dont cinq subsistent encore. Dans le temple de Soma où Sema reposait le corps d'Alexandre, que le premier des Ptolémées y avait déposé dans un cercueil d’or massif, Dans ce même quartier on voyait la fameuse bibliothèque et le musée ; la première doit être regardée comme la plus grande collection de livres qui ait été faite par les anciens ; avant l'incendie, qui en réduisit en cendre la plus grande partie, du temps de Jules César, elle ne comptait pas moins de 700,000 volumes, ou pour mieux dire rouleaux, qui contenaient beaucoup moins de matière que nos volumes imprimés. Le musée était une véritable académie de savans; elle différait cependan! de nos académies, en ce que ses membres vivaient ensemble daus un magnifique édifice aux frais des rois d'Égypte et ensuite à ceux des empereurs romains. C’est à cet établissement qu'Alexandrie est redevable d’avoir été pendant tant de siècles à la tête de la civilisation des peuples anciens et du moyen âge, et d’avoir produit tant de grands hommes dans les sciences et les belles-lettres. Plus tard elle posséda une célèbre école qui pourrait être regardée comme le berceau de la théologie chrétienne ; elle donna à l'église plusieurs pères illustres par leur doctrine, Dans le quartier de Rachotis, ainsi appelé du village de ce nom qui existait avant la fondation de la ville, on voyait le vaste et magnifique temple de Serapis, bâti en marbre, au milieu d'une immense cour, environnée de galeries et d'appartemens destinés à loger ses nom-

Dreux desservans ; la statue du dieu était d'une grandeur énorme; ce temple a été détruit

la magnificence et la richesse gyple pendant la lonçue domination Alexandre, qui en duuna lui-même le Dinocrates, avait 96 stades de circonfé-

par ordre de l'empereur Théodose. Les restes de la fameuse bibliothèque déposés dans un a bel édifice annexé au bâtiment principal formèrent, avec la riche bibliothèque de Per. so game, donnée par Marc-Antoine à Cléopâtre et par les augmentations successives qui eu- et rent lieu pendant la domination romaine, la seconde bibliothèque presque aussi cousidé. cé rable que la première; elle fut détruite par le fanatisme du calife Omar. C’est dans ce même quartier qu'était la superbe colonne de granit rouge, qu'on nomme communément nu la colonne de Pompée; sa hauteur totale est de 114 pieds; le fût, quoique d’un seul nc bloc, n'a pas moins de go pieds de long sur y de diamètre; ce monument subsiste encore ; il domine la ville et sert de signal aux vaisseaux. Un canal navigable, nommé fossa de Alexandrina, taversait ce quartier et mettait en communication le lac Maréotis avec le Ei port d'Eunoste sur la Méditerranée; il fournissait aussi l’eau aux citernes de la ville; ces né dernières étaient en si grand nombre, que presque toutes les maisons étaient bâties sur des ti voûtes; ces constructions superbes, dues aux Grecs et aux Romaios, subsistent encore un presqu'en entier. Alexandrie avait deux faubourgs très considérables; l'un nommé Wé- sta cropolis (la ville des morts), était remarquable par ses nombreuses grottes sépulcrales, br dont plusieurs sont taillées dans le roc, et excitent encore l'admiration des voyageurs de: qui vont les visiter. Davison, en 1763, vit les murailles de quelques-unes couvertes de peintures, dont les voyageurs récens ne font pas mention. L'autre faubourg commençait à l'o la porte de Canope; on y voit encore l’hippodrome, virque spacieux destiné à la course que des chevaux , et les deux obélisques, dits aiguilles de Cléopatre, dont l’un est debout et a été donné au roi de France par le vice-roi Mohammed-Aly, et l'autre, qui est renversé, 0 appartient aux Anglais, qui ne l'ont pas encore enlevé à cause des difficultés du transport; ron ces deux blocs superbes sont en granit et chargés de hiéroglyphes; ils ont environ 60 pieds de haut sur > de large à la base. Nous finirons par faire observer qu’Alexandrie à star été pendant 600 ans la première place commerçante du monde ; que c'est dans cette ville Mit qu'environ 285 ansavant Jésus-Christ l’on a fait en grec la première traduction de la Bible, elle et que c’est en fouillant dans ses ruines, qui n'ont jamais été bien explorées, qu’on trou- ann vera peut-être des monumens en deux ou trois lançues - ‘à complèteront la mémorable cle découverte de l'interprétation de l'écriture hiéroglypt'4t Dans les environs d'Alexandrie on trouve : E/-Khe a on voit encore les débris RÆ1 de l'ancienne Marea et de son immense quai, ainsi qi : :::2s d'une espèce de Dassin Ptol où l’on conservait les vaisseaux. Aboukir, village avec ne forteresse qui en défend le à le port; dans son voisinage s'élevait jadis Cunopus, si célèbre par son temple de Sérapis, quel auquel on se rendait en foule pour assister aux fètes qu’on y célébrait et dans lesquelles la dissolution était portée au dernier excès. la R DÉPENDANCES POLITIQUES DE L'ÉGYPTE. Nous comprenons sous cette déno- jadis mination les vastes espaces qui s'étendent à l’est et à l'ouest de l'étroite vallée du Nil et gou de son large delta. Sillonnés par de petites chaînes de montagnes peu élevées et arides ses | que séparent d'immenses déserts encore plus arides, au milieu desquels s'élèvent des oasis latte plus où moins fertiles, comme des îles au milieu d'une mer de sable, ces vastes espaces et ce sont parcourus dans toutes les directions par plusieurs tribus d’Arabes, et par quelques ses si tribus des Ababdès qui appartiennent à la famille troglodytique. Les wns et les autres rable vivent errans, habitant sous des tentes, toujours armés, et campant, selun leurs besoins dont où l'intérêt de leur sûreté, tantôt sur les bords du Nil, tantôt dans le désert, Avant que form Mohammed-Aly fût parvenu à établir sa domination en Égypte, ces nombreuses hordes obset de brigands en étaient le fléau, dépouillant impunément les voyageurs et les Égyptiens Syoue eux-mêmes au milieu de leurs champs. Aujourd'hui ils sont presque tous entièrement célèbi soumis, la plus grande sûreté règne dans les villes et les campagnes, et même plusieurs mille de ces nomades sont devenus agricoles. Voici les tribus les plus nombreuses et les plus lcbre remarquables : les Oualad.Aly, que M. Cailliaud croit la tribu la plus forte de toutes si céle celles qui campent sur la lisière de l'Égypte; elle escorte les voyageurs qui vont dans la catact Libye; ses campemens sont épars dans l’espace qui sépare d'un côté Alexandrie de Syout, doit et de l’autre Alexandrie de la frontière orientale de l’état de Tripoli; la tribu des Zycharis le gra fournit des gardes pour les déserts de l’est et jusqu'au mont Sinaï; celle des 4ouazem, à les fi, l'est de Thèbes , se distingue, dit M. Rifaud, par son honnêteté, sa bravoure et son hos- Minut pitalité. Les 4habdès, compris dans la famille troglodytique :ils parcourent tout le pays brécie

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obscur séjour, pourraient la faire comparer Syouah, on a découvert dernièrement à Qoum-al-Be y da (Omm-Beydah) les ruines du célèbre temple de Jupiter Ammon, et reconnu les vestiges de sa triple enceinte. A inoins d’un mille de distance de ces ruines vers le sud-est > On a trouvé dans un bois de palmiers la célibre fontaine du soleil, encore douée des alternatives de température qui l'avaient rendue sicélebre , et, dans une colline catacombes, dont une partie sert aujourd'hui d'habitation aux Arabes; leur construction doit être attribuée eu partie aux le grand temple de Jupiter Ammon était composé de blocs énormes ; que les décorations , les figures et les scènes qu'elles représentent sont, selon MM. Drovetti » Cailliaud et Minutoli, entièrement égyptiennes. La statue du dieu ; faite d’émeraudes et d’autres lrecieuses , avait

DESCRIPTION DE L'AFRIQUE. 875 mm mp qui s'étend depuis les environs de Cosseir jusqu'à la frontière de la Nubie ; plusieurs se sont établis le long du Nil, entre Assouan et Edfou , dans la Hante-Égypte. Ils sont pillards, et escortent les voyageurs vers la Nubie. M. Cailliaud a retrouvé sur leur territoire les célèbres mines d'émeraudes exploitées par les anciens.

Voici les lieux les plus remarquables qu'offre cette contrée en allant du sud au nord ; nous les partageons en deux parties d'après leur position à l’est ou à l'ouest du Nil; nous les uommerons Contrée Occidentale et Contrée Orientale.

Dans la Contrée Occidentale on trouve : EL-KuanGeu , petit endroit chef-lieu de la Grande-Oasis, nommée aussi Oasis de Thèbes où d'El-Khargek. Eu 1818 on a découvert dans son voisinage les ruines de trois beaux temples et une nécropolis; le graud temple avait trois enceintes comme celui de Jupiter Ammon; le Wit , dont il subsiste encore une partie, était formé par d'immenses blocs; on en a mesuré un de 35 pieds de loug sur 19 de large et 2 et un quart d'épaisseur; ce temple a des statues culossales et des hiéroglyphes. La nécropolis offre 2 à 300 édifices construits en briques non cuites ; les figures de saints peintes sur les murs indiquent qu'ils ont servi de demeures à des chrétiens, Cette oasis est traversée par les caravanes qui vont au Dar-Four.

Mepynet-xr-Qassr , petite ville de 2,000 âmes, assez bien bâtie, chef-lieu de l'oasis de Dakhel, située à l’ouest de la grande, Elle a des bains sulfureux très fréquentés par ses habitans.

Qassr, gros village de 800 habitans, chef-lieu de la Petite- Oasis Ouah-el-Bakh ryelh par les Arabes. Dans ses environs où trouve romains et d’une église grecque.

Les Lacs px NarRoN, sont très remarquables par la grande quantité de cette sub sance qu'on en retire depuis un temps immémorial; ils sont situés dans le désert «4: Mitre, qui formait partie de Ja Région Scithiaque (Scithiaca regio) de Ptolémée; elle s'étendait dans la direction du nord-ouest du Caire ; elle est très renommée dans les aunales de l'église par le grand nombre de saints solitaires qui l'habitèrent dés le 1v° siècle : c'est là qu'était le couvent de Saint-Macaire.

Az-BareToun, misérable lieu, que nous citons pour signaler la position de Pa- RÆTONIUM; Son vaste port sur la Méditerranée, et les fortifications élevées par les Ptolomées, l'avaient rendu une place importante de leur royaume; il en était le boulevard à l'occident comme Pelusium l'était du côté opposé. Ou y a découvert dernièrement quelaues ruines importantes.

Sxouau, chef-lieu de l’oasis de S yjouak, qui, géographiquement, appartient à la Région du Maghreb (Sahara-Atlas), et qui correspond à l4 m monium des anciens | jadis si célèbre par son oracle qu'on venait consulter des extrémités de la terre, par son souvernement théocratique, par ses temples superbes, par sa source périodique du soleil, par ses bosquets de paliniers et d'oliviers, et par la visite d'Alexandre-le-Grand , que la basse flatterie de ses prêtres ne rougit pas d’y saluer fils de Jupiter. Mais cette oasis, jadis si riche et centre d’un grand commerce, n'offre maintenant que sa source célèbre, les débris de ses superbes monumens, et n’est plus que le triste séjour d'une petite peuplade aussi misérable que corrompue. Elle vit au nombre d'environ 2,000 individus à Syouah , petite ville dont la construction est une des plus singulières et des plus bizarres qu'on puisse voir, Sa lorme conique , ses divisions intérieures et l’agglomération des individus que renferme cet à une ruche. Daus les environs immédiats de

,; hommée E /.

les ruines de bains

voisine nommée Djebel Där-Aboubeker , on voit de vastes

Égyptiens et en partie aux Grecs. Nous ajouterons que

pierres la forme d’un bélier depuis la tête jusqu’au milieu du corps. A environ

D oo

50 milles au nord-ouest de Syouah est situé un Zac, où l'on voit une #e, que personne n'a état encore pu visiter et sur laquelle les naturels débitent les contes les plus extraordinaires, les « Dans la Contrée Orientale nous nommerons : Bérénice, ville ruinée et entière. cite ment déserte , située sur la mer Rouge et découverte par Belzoni ; ou reconnait encore, ls à dit ce voyageur, la directiou de ses rues, et, au milieu, on voit un petit temple égyptien bé couvert de hiéroglyphes et de sculptures; il est presque entièrement recouvert de sable, LE C'est à son port qu'arrivaient les marchandises de l'Arabie et de l'Inde destinées pour Le Coptas. Le mont Zasaran (Smaragdus mons), si célèbre dans l'antiquité par ses mines deva d'émeraudes, qui, retrouvées de nos jours par M. Cailliaud, et de nouveau exploitées Méd par ordre du vice-roi, furent abandonnées comme ne rendant pas autant que coûte leur Le exploitation. Qocexr ou Cosseïn, que les géographes décorent du titre de ville, n’est qu'un parti amas de quelques maisons et de beaucoup de magasins qu’occupent les marchands des ca. ryscl ravanes de Kous et de Kénéh ; il a un petit port sur la mer Rouge, el, comme nous l'avons vu à la page 859, il fait partie de la préfecture de Kénéh ; M. Jomard lui accorde r,200 tent habitans. C'est à quelques milles de ce lieu et proprement à l'endroit appelé aujourd'hui Ilnai Schavana, que d'après les savantes recherches que M. Reichard vient de publier, de M on doit placer le port de Myos Hormos (port de la Souris), le plus célèbre et le ilent plus fréquenté de cette côte par les marins de l'antiquité , depuis que celui de Béréuice L'( avait été abandonné. C'est un des points de la géographie comparée qui a le plus exercé Maro la sagacité des savans et des commentateurs des géographes anciens ; ces derniers, après bien des hypothèses , avaient même désespéré de parvenir à dé‘erminer sa position; et d'eau les savans modernes, malgré le beau travail de M. de Rozière, n'avaient pas encore pu le (Lara fixer d'une manière satisfaisante.

à Au milieu des rochers escarpés et très élevés qui longent la rive droite du Nil, depuis royau Assouan jusqu’à quelques milles au nord d'Antinopolis, on voit une multitude de grottes l'Océ taillées ans le roc; à l'est de ces mêmes rochers, on ne trouve que les vastes déserts sa- granc blonneux qui s'étendent jusqu'à la mer Rouge. C'est dans cet horrible séjour que vivaient ces saints solitaires de la Thébaïide, si célèbres dans l’histoire des premiers lieu a siécles de l’église. Plus au nord, et hors des limites de l'ancienne Thébaïde, au milieu de M d’autres déserts, étaient le célèbre couvent de Saint-Antoine, la grottede ; Saint-Paul, premier hermite, et diverses autres retraites semblables, consacrées par passe la pénitence des anciens anachorètes. Il paraît que des religieux coptes se distinguent en- Sched core dans ces solitudes par leur vie austère. aflue Suez ou Soueys, situé au fond du golfe qui en prend la dénomination, et dépen- passe: dant de la préfecture du Caire, misérable petite ville à moitié ruinée, qui fait encore

quelque commerce, à cause de son port, où il y a un petit chantier. M. Jomard ne lui D! accorde qui 1,000 habitans. Ce lieu était bien autrement important lorsque du temps natio des Ptolémées, il portait le nom d'Ansinoé, et plus tard celui de CLéoparrine. C'était queà son port qu'aboutissait le fameux caza/ commencé par Nécos et achevé par Ptolémée préc Philadelphe. Cet immense ouvrage hydraulique, dont on a voulu révoquer en doute que l'existence, faisait communiquer la branche orientale du Nil avec la mer Rouge; il avait, Ardh selon d'Anville, 75,000 toises de long, 28 et demie de large, et sa profondeur était, se- d'uné lon Pline, de 40 pieds. Tell adjoi, ë tion £

REGION DU MAGHREB. sud ,

prince

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude, entre 19° occidentale et et du 26° orientale environ. Latitude boréale , entre 15° et 37° environ. Arabe CONFINS. Au xord, le détroit de Gibraltar et la mer Méditerranée. À l'emp l'est, la Région du Nil. Au sud, la Nigritie. A l’ouest, l'Océan-Atlantique. dans FLEUVES. À l'exception du versant boréal de l'Atlas , peu de pays au tribu: monde offrent une plus grande aridité et moins de fleuves. Ceux qui ar- que rosent et fertilisent la partie cultivable de l'état de Tunis, du ci-devant ynées

ne ‘le, que personne n'a plus extraordinaires, , ville ruinée et entière.

ii; Où reconnait encore, un petit temple égyptien ment recouvert de sable, de l'Inde destinées pour l'antiquité par ses mines t de nouveau exploitées as autant que coûte leur titre de ville, n’est qu'un nt les marchands des ca.

, El, comme nous l'avons mard lui accorde 1,200 droit appelé aujourd'hui ichard vient de publier, ), le plus célèbre et le s que celui de Béréuice rée qui a le plus exercé ens ; ces derniers, après *erminer sa position: et avaient pas encore pu le

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dénomination, et dépenruinée, qui fait encore intier, M. Jomard ne lui artant lorsque du temps de CréoraTrine. C'était et achevé par Ptolémée joulu révoquer en doute c la mer Rouge; il avait, : sa profondeur était, se-

DESCRIPTION DE L'AFRIQUE. 877 A etat d'Alger et de l'empire de Marok ont un cours très borné lorsqu'on les compare aux fleuves des autres régions de cette partie du monde, Nous

citerons seulement les principaux d’après les mers différentes auxquelles ils aboutissent.

la MÉDITERRANÉE reçoit :

Le Mensenpau, qui prend sa source aux montagnes de Hanälak, dans l'Atlas, au cidevant état d'Alger ; traverse la partie principale de celui de Tunis, où il se jette dans la Méditerranée, au sud de Porto-Farina.

Le Scuazir, qui est le plus grand courant du ci-devant état d'Alger, dont il arrose la partie occidentale, Il naît dans les hautes vallées de l'Atlas aux montagnes de Ouanascherysch, traverse le lac de Titteri, et, près de Mostaghänem , entre dans la Méditerranée,

Le Morouyan (Malouia), C'est le plus grand des fleuves de la Barbarie qui se jettent dans la Méditerranée et dans l'Océan, quoique pendant l'été il soit souvent sans eau. Ilnait dans l'Atlas au pied du Scha'bat-bény-O'bayd, traverse la partie orientale de l'empire de Maroc, reçoit le Ssâa’ à la droite; et plusieurs milles au-dessous de Qala't-el-Ouädi, ilentre dans la Méditerranée,

L'OCÉAN ATLANTIQUE reçoit les suivans; ils appartiennent tous à l'empire de Maroc :

L'Aouzxos ou Luccos, dont le cours n’est pas très considérable, mais dont la masse d'eau est très grande relativement aux autres fleuves de cette région, C'est près de l’A’raysch (Larache) qu'il se jette duns l'Océan.

Le Sesous (Seboun); il prend sa source dans une forêt, au pied de l'Atlas dans le royaume de Fès, qu'il traverse de l’est à l’ouest; à Ma’mourah (Marmora), il entre dans l'Océan. Il reçoit à la gauche le Ouddy Fés ou Ouädy-al-Mafrousyn, qui traverse la grande ville de Fés.

L'Oumo-Resxa” (Morbéya des cartes), naît aux montagnes de Ssanhâgah , en un lieu appelé Ouänsyfan , et descendant de l'Atlas, il sépare le royaume de Fés de celui de Marok. C'est au-dessous d'Azamour qu'il entre dans l'Océan.

Le Tensyrr dit aussi OuÂn-Mararson (le Fleuve de Marok }; il descend de l'Atlas ; passe à environ 5 milles au nord de Marok, sépare la province d'Abda de celle de Schedma, et débouche dans l'Océan entre Asafy et Mogador. Quoiqu'il recoive plusieurs afluens, la masse de ses eaux est si petite pendant l'été, que dans cette saison on peut le passer au gué en plusieurs endroits.

DIVISION et TOPOGRAPHIE. Cette vaste région, pour la détermi-

nation et la distribution de laquelle le travail de M. d’Avezac sur l’Afrique-Intérieure nous offre une autorité digne de toute confiance, répond précisément à ce que les géographes et les historiens arabes, aussi bien que tous les peuples musulmans et les indigènes eux-mêmes , appellent Ardh-él-Maghreb , c’est-à-dire la Contrée du Couchant. Elle embrasse

d'une part‘, le long de la Méditerranée, une zone cultivable nommée Tell on les Hautes-Terres, que les Européens appellent Barbarie, en y adjoignant une lisière d’oasis comprises par les Arabes sous la dénomination générale de Béléd-él-Djérrd ou Pays des Dattes; et d'autre part, au sud , l'immense Ssahhrd (Sahara) ou Désert. Quatre puissances politiques principales , appelées États Barbaresques , se partagent le domaine du Ze/ et du Béldd-él-Djéryd : ceux de Tripoli et de Tunis occupent l’4frigrah des Arabes; celui d'Alger remplit le Maghreb-aousath (couchant moyen); et l'empire de Marok répond au Magreb-agssay (couchant éloigné). Mais dans les limites mêmes que l'usage assigne à ces états, un grand nombre de tribus soit Arabes, soit Berbères, conservent leur indépendance, bien que ces états exercent une suzcraineté effective sur des oasis plus éloisuées dans le Désert. Celui-ci est naturellement partagé en trois grandes

re 19° occidentale et 37° environ.

mer Méditerranée. À , l'Océan-Atlantique.

tlas , peu de pays au leuves. Ceux qui àr- Tunis, du ci-devant

sections, eù égard aux races d'hommes qui les parcourent et y font leur ami £ que elu par : + x À : : oc!

appartient exclusivement aux farouches Toudryq ; la partie occidentale ou son:

san:

La description suivante offre les principales divisions politiques ac- det tuelles de cette vaste région, à laquelle appartiennent encore, sous le rap- prin port géographique, l'oasis de Syouah et l'extrémité nord-est de la partie repl orientale du Désert, que nous avons décrites avec l’Afrique-Ottomane, ss

our ne pas séparer des pays que la géographie politique a réunis de nos 2 Jours. Nous commencerons par l'état de Tripoli qui est le plus orient. Etat de Tripoli. ue

C'est, dit le savant M. Gräberg de Hemsô , de tous les états de la Bar- nou barie celui qui est le plus avancé dans l'échelle de la civilisation, avan- sg tage qu'il doit aux qualités personnelles de Sydy-Yousef le pacha actuel, eg et à la stabilité de son gouvernement, qui depuis plus d’un siècle est his héréditaire dans la dynastie Karamanli. Sa capitale est Tripor1, assez grande ville, avec un port défendu par plusieurs batteries. Le palais où offre réside le pacha est un vaste édifice, de quelques parties duquel on vante là des 1 beauté. Les deux bazars, quelques mosquées et quelques restes d’anti- de T quités, entre autres les débris d'un superbe arc de triomphe en marbre, des € sont les constructions les plus remarquables. Tripoli est un des principaux ue dépôts des marchandises européennes destinées aux contrées lointaines de De l’Afrique-Centrale, On s'accorde assez généralement à porter à 25,000 le den nombre de ses habitans.

Voici les autres villes et lieux les plus remarquables; nous les indique- dame rons selon les grandes divisions géographiques de cet état; c'est aussi l'Afri l’ordre que nous suivrons pour les autres. qui, «

Le long de la CÔTE D£ LA MER MÉDITERRANÉE on trouve : Lennan, très petite se ville, remarquable par les débris de colonnes , de statues , et les restes d’un amphithéätre dde. et d’autres édifices appartenant à l'ancienne Leptis-Magn a. Mesriruan (Mesurala), muni petite ville, importante par son industrie et son commerce», RencnÂzy , petite ville, avec un port assez fréquenté; c'est la résidence du gouverneur du Barqah ou de la moderne Gyrénaïque ; il réside dans une masure délabrée, décorée du nom de château, Touxran et ToumyÂTaau (Tolometa), misérables endroits, remarquables par les restes de T'eu- C’ chira et de Ptolémais. Dans cette dernière, on voit encore une caserne romaine, plus dout l'intérieur est assez bien conservé ; les restes d’un temple romain et plusieurs grottes fond sépulerales. Toukrah conserve encore sa belle muraille de 2 milles de circonférence ct asc un grand nombre de tombeaux. Derxeu (Derne) , petite ville, importante par son port Tuni: et son commerce,

Sur le PLATEAU DE BARQAH (Barca) on trouve : QRENnan (Grennah), misérable plus endroit, que nous citons pour signaler les restes de la magnifique Cyrène, Au milieu de bitan nombreuses agglomérations de pierres, débris de monumens réduits à cette dernière forme réside par les laboureurs qui cultivent la plaine, on distingue encore les ruines d’un bain con- maur struit en briques et conservant plusieurs pièces voûtées; un stadium , formé par de simples bours rangs de bornes semblables à celles des rues ; deux petits temples hypogées de l’époque lenus romaine avec des emblèmes chrétiens, et plusieurs châteaux; mais ce qui mérite surtout actu d'attirer les regards du voyageur , c'est la zécropolis. Tout le flanc de la montagne, au- ibn tant que la vue peut en embrasser l'étendue, se présente couvert de façades de grottes, Mo: de sarcophages et de débris de toute espèce. Dans une de ces grottes, notre savant dérab

surent et y font leur gaire désigne sous le ceupée par les 7es ; la partie centrale partie occidentale ou s du couchant.

isions politiques acencore, sous le rapnord-est de la partie l’'Afrique-Ottomane, ique a réunis de nos est le plus orient:

s les états de la Barla civilisation, avanusef le pacha actuel, plus d’un siècle est e est TRIPOLI, assez itteries. Le palais où es duquel on vante la elques restes d’antitriomphe en marbre, est un des principaux zontrées lointaines de à porter à 2b,000 le

les; nous les indiqutcet état; c'est aussi

ouve : Lespau, très petite restes d’un amphithéätre Mesriruan (Mesurala), GHÂZY , petite ville, avec arqah ou de la moderne om de château, Touran es par les restes de J'eure une caserne romaine, omain et plusieurs grottes ailles de circonférence et importante par son port

AR (Grennah), misérable 1e Cyrène. Au mitieu de iits à cette dernière forme les ruines d'un bain couum , formé par de simples les hypogées de l’époque pais ce qui mérite surtout lanc de la montagne, auert de façades de grottes, es grottes, notre savant

ami Pacho a découvert des peintures qui paraissent représenter des jeux funéraires , et que M. Letronne regarde comme romaines; dans une autre, sont représentés un cirque etune chasse ; dans une troisième, une peinture, élégamment miniée et d'une conservation parfaite, offre, dans une série de petits tableaux, les principales phases ou les diverses occupations de la vie d'une esclave noire. La coiflure et le costume de ces miniatures ne sont pas moins remarquables tant par la forme que par la couleur. Les longues robes bleues sans agrafes , et les châles rouges entrelacés avec les cheveux, ou couvrant la tête en guise de turban, offrent une analogie frappante avec l'habillement des modernes Africaines, et principalement avec celles qui habitent le Fezzan. Massaknir, simple hameau , que Pacho regarde comme identique avec la fameuse Fille Pétrifiée, dont ont tant parlé Yakouti, Lemaire et autres auteurs, induits probablement en erreur par le grand nombre de grottes spuleralss situées dans ses environs.

Dans le DÉSERT se trouvent les oasis ou pays suivans, tributaires du pacha de Tripoli.

L'Ossis »'Aoupskran (Audjelah), qui est loin d'offrir l'agréable aspect des oasis voisines de l'Egypte, et dont din : ceiles de Djälo (Djallou) , d'El-Edjkharah (Lechkerret), ct la plus fertile de toute. seile de Maradèh, Les habitaus de cette oasis, depuis un petit nombre d'aunées, ont établi des relations commerciales directes avec les états de Bornou, de Baghermeh et de Teu-Boktoue (Tombouctou) dans la Nigritie; malheureusement le commerce des esclaves en est l'objet principal. Abou-Zeith-Abdallah , bey actuel d'Aoudjelah , est né à Toulon ; fait prisonnier à douze ans en Égypte en qualité de tambour , il a embrassé l’islamisme et est parvenu aux premières dignités de l'état de Tripoli.

Le Fezzan est une grande province formée de plusieurs oasis qui, dans leur ensemble, offrent la population la plus considérable de tout le Grand-Désert, Mourzou k, avec des maisons bâties en terre et des rues très étroites, est la résidence du sultan, tributaire de Tripoli. C'est le grand marché intérieur de l'Afrique-Septentrionale, et le rendez-vous des caravanes qui viennent du Caire, de Tripoli , de Tunis et Ghadâmes, de Ten-Boktoue (Tombouctou) et de Bornou. Les autres villes principales sont : TA ra’ ghan, jadis capitale du Fezzan-Oriental , et encore remarquable par la fabrique de ses tapis, qui valent ceux de Constantinople; Souknd (Sokna); Gherma (Germa); Oubari et Tibesti, remarquable par sa source d'eau chaude sulfureuse.

L'Onsis De GuavÂmes, dont le chef-lieu est la petite ville de Ghadämes (Gadames) , remarquable par l’activité commerciale de ses habitans, renommés dans toute l'Afrique pour leur loyauté dans les affaires, C’est le rendez-vous général des caravanes qui, de Tripoli, vont par Touât à Ten-Boktoue (Tombouctou). Dans ces derniers temps le commerce de Mourzouk a fait décroître celui de Ghadâmes, qui présente le phénomène curieux d'une petite ville habitée par deux peuples différens, vivant en état de guerre dans une même enceinte, séparés par une muraille qui la partage en deux parties ne communiquant entre elles que par une porte que l’on ferme dans les momens de troubles.

Etat de Tunis.

C'est le plus petit des Etats Barbaresques, mais le mieux cultivé et le plus peuplé. Tunis, ou plus exactement Tounis, située sur une hauteur au fond d’une vaste lagune nommée Boghaz, avec un port et des fortifications assez considérables, en est la capitale. Malgré ses rues étroites et sales, Tunis est une des villes les mieux bâties de l'Afrique, et peut- être la plus peuplée après Le Caire, car elle paraît avoir au moins 100,000 habitans. Parmi ses principaux édifices on remarque le nouveau palais où réside le bey; c’est un vaste bâtiment construit à grands frais dans le gott mauresque. Viennent ensuite l'agueduc qui pourvoit la ville d’eau; la bourse et quelques mosquées. Plusieurs établissemens, assez bien entrelenus , sont destinés à l'instruction de la jeunesse. De nombreuses manufactures de velours , de soieries, de toiles et de bonuets rouges occupent une grande partie de sa population, tandis qu'une autre non moins considérable s’adonne au commerce.

ES RUN er à

Dans les environs de Tunis, à l'entrée du Boghaz, on voit La Goletta, petite ville, tre remarquable par ses fortifications , par sa rade, par ses chantiers, ses magasins et par le che phare qu'on y a construit en 1820. Le r da (Barda), dans une position charmante , avec cile un beau palais, où le bey passe la belle saison. Vers le nord-est de la péninsule formée tion par la mer Méditerranée et le Boghaz s'élevait jadis la superbe Carthage, qui fut long- prés temps maitresse du commerce de la mer Méditerranée , et qui tint tète à toutes les forces cert de Rome, Nous ne pouvons nous dispenser de jeter un coup-d'œil rapide sur les ruines de com cette célèbre cité, Ici, nous recourons de nouveau aux lumières de notre ami M. Reinaud, friqu

Carthage, fondée ainsi que Leptis, Utique et autres villes de la côte d'Afrique, tent par les Phéniciens, fut entièrement détruite par les Romains, aprèsune défense désespérée,

L'incendie , allumé à-la-fois par les vainqueurs et les vaincus, dura dix-sept jours, et ce qui uu | échappa aux flammes tomba plus tard sous les coups des démolisseurs. Néanmoins, re- où q construite quelque temps après, elle devint la capitale d’une partie des provinces romaines #crip d'Afrique ; sous les empereurs, elle était regardée comme une des plus florissantes villes ou 1 de l'empire. Elle eut beaucoup à souffrir de l’invasion des Vandales; enfin les Arabes, s'en tion étant emparés vers la fin du vi siècle, lui portèrent un coup mortel. Lorsque saint bert. Louis débarqua sur les parages voisins, il n'existait plus qu'un château fort, une tour dont et quelques maisons éparses au milieu des ruines, On y remarque encore un petit village l'heb appelé Malga. 1 serait intéressant de déterminer l'emplacement des principaux quartiers de vi d’une ville qui fixa pendant long-temps l'attention de l'univers. Shaw en 1 727, et M. de erb Châteaubriand en 1807 , aidé du major hollandais Humbert qui résidait sur les lieux , ont proc fait des recherches à ce sujet. Mais d'une part la rage des vainqueurs, de l'autre les cou- Ve structions successives faites sans doute aux dépens des premières, ont rendu toute tenta. Le tive de ce genre extrêmement difficile, Pour donner une idée de l'embarras auquel on est l'emb exposé, il suffira de dire que le port, où venaient se réunir les flottes les plus considéra- d'Ut bles de l'ancien monde, est placé par Shaw et d’Anville vers le nord-ouest de la ville, et losses par M. de Châteaubriand au sud-est. Contentons-nous donc d'un aperçu général, Carthage la me était bâtie sur une presqu'île, et se divisait en trois quartiers principaux. La ville pro- : Le prement dite, appelée Megara, était ceinte en grande partie d’une triple muraille ; haute (Sous de 30 coudées et flanquée de, nombreuses tours. En dedans des murailles étaient deux quelq étages voûtés; dans l'un étaient logés trois cents éléphans et quatre mille chevaux; dans bien « l'autre étaient déposés le fourrage, les harnais, etc. Les mèmes murs renfermaient, de plu, popul des casernes pouvant contenir jusqu'à vingt mille fantassins et quatre mille cavaliers. La nom citadelle était placée au haut d’une colline qu’on voit encore, et se nommait Byrsa, | de no avait enfin le por’ creusé de main d'homme, qui s'appelait Cothon. Ge port était divis quent. en deux parties, l’une destinée à la marine marchande, l’autre aux vaisseaux de guerre, et son Au milieu était le palais de l'amiral, d’où on pouvait voir tous les bâtimens qui entraient assez | et sortaient , et d’où l'on avait vue jusque sur la haute mer, adonn Il n'est pas rare de trouver sur le sol de Carthage et dans les contrées voisines des grou, restes de l'antiquité, tels que temples, théâtres, inscriptions, etc. On peut consulter à ile de ce sujet l'ouvrage de Shaw, et, si jamais il est publié, le riche recueil de dessins qu'avait draps, formé sur les lieux le comte Camille Borgia , mort si prématurément, Le monument le plus Daï important est un agueduc de 7e pieds de haut, qui partait de Zawan et de Zungar, à 50 et pen milles de la ville, et qui fournissait de l’eau aux habitans. On doit encore citer les débris une v: des citernes publiques qui, au rapport de M. de Châteaubriand, continuent à offrir un 50,004 coup-d'œil imposant. C'est une suite de voûtes prenant naissance les unes dans les autres, (Tozer

et bordées dans toute leur longueur par un corridor, Dans un pays aussi chaud et aussi chande aride, on conçoit que les habitans songeassent de bonne heure à se prémunir contre la soif. Chaque maison avait sa citerne, et on distingue au milieu des anciens faubourgs, sur un espace d'environ trois milles, une suite de réservoirs disposés de manière à recevoir l'eau C'é des pluies. Mais aucun de ces monumens, si l’on en excepte les citernes, ne parait anté- celui

rieur à la domination romaine, Ce n’est qu'en 1817 que le major Humbert, dont nous policé avons déjà parlé, parvint à découvrir quatre cippes funéraires et deux pierres fractu- maler rées offrant des inscriptions puniques. Ces objets précieux se trouvent maintenant en d e

Hollande, au musée de Leyde. Outre les iuscriptions qu'on y lit et qui ontété la matière ss pt des recherches de MM. Hamaker, Gesenius et Étienne Quatremére, ils présentent en- et pot

DESCR'OTION DE L'AFRIQUE. 341 tre autres symboles une figire de cheval et un bras avec les doigts 4 1 main écartes, Le cheval a été remarqué depuis long-temps sur les médailles carthagn.vises frappées en Sicile; il parait que c'était le type national, Quant à la main ouverte, les uns y ont vu l'action d'une personne qui adresse des vœux au ciel, d'autres une espère d'amulette qui doit

Soletta, petite ville, » 888 magasins et par le sition charmante , avec de la péninsule formée

rthage, qui fut long- préserver la personne , qui a fait élever le cippe, de la malice des méchans, Ce qu'il ya de ttète g PE les loress certain, c'est qu'on remarque ce mème symbole au-dessus de la porte d’un des édifices rapide sur les ruines de composant le palais de l'Alhambra à Grenade, et qu'encore aujourd'hui les Maures d'A-

: uotre ami M, Reinaud, es de la côte d'Afrique, sune défense désespérée, dix-sept jours, et ce qui sseurs. Néanmoins, ree des provinces romaines 8 plus florissantes villes ; enfin les Arabes, s'en » mortel, Lorsque saint château fort, une tour encore un petit village des principaux quartiers haw en 1727, et M. de ésidait sur les lieux , ont eurs, de l'autre les con- , ont rendu toute tenta.

l'embarras auquel on est lottes les plus considéraord-ouest de la ville, et perçu général. Carthage rincipaux. La ville proie triple muraille ; haute murailles étaient deux tre mille chevaux; dans 's renfermaient, de plus, ualre mille cavaliers. La

se nommait Byrsa. Il y hon. Ge port était divis aux vaisseaux de guerre, s bâtimens qui entraient

frique, sans excepter les chrétiens et les juifs, le font peindre sur leurs maisons et le por teut sur eux en form de figurines et de bijoux,

A l'égard des monumens puniques qui peuvent exister hors de Carthage, déjà en 1631, uu Français établi à Tunis avait signalé , à l'illustre Peiresc, une prramide située à trois ou quatre journées de distance, et où l'on voyait quatre petites chambres avec une inscriplion. De son côté le comte Borgia découvrit en 1816, à Dugga, la Th ugga où Tuc ca des anciens, et située à deux journées au sud-ouest de Tunis, une énscription à-la-fois punique et en caractères inconnus, qui a été publiée par le major Humbert, Ces derniers caractères appartiendraient-ils à l'écriture de quelque peuple indigène dont la langue différât du punique, le même idiome pour le fond que le phénicien et l'hébreu ? Ge qu'on peut affirmer , c'est que les noms qui nous sont parvenus de beaucoup de villes d'Afrique, contemporaines de Carthage, s'expliquent au moyen de la langue icrhère qui se parle encore sur les versans de l'Atlas * et qui a déjà fourni plus d'un rapprochement curieux aux savans d'Europ:. :

Voici ies autres villes principales :

Le LONG DE LA COTE et à l'ouest de Tunis on trouve : Porro-Fanina, près de l'embouchure du Medjerdah, avec un petit port. Dans ses environs, on trouve les ruines d'Utica, dont on a retiré dernièrement plusieurs belles statues, entre autres deux cobosses d'Auguste et de Tibère, Byzenr (Bizerte), sur un canal qui met en communication la mer avec un lac ou lagune.

Le LONG DE LA COTE et au sud de Tunis on trouve : HamÂâmèr; ensuite Sousau (Souse), remarquable par ses belles plantations d'oliviers, par son port et sa population ; à quelques milles à l'ouest on voit, près d'£/-Genrme, un amphithéätre colossal, assez bien conservé ; Monastir » remarquable par son industrie ; Son commerce, sa rade et sa population qu'on porte à 12,000 habitans. Armepya ou plutôt Armananra, autrement nommée Arnica , ville fondée par les premiers monarques Fatimides, dans le 1x° siècle de notre ère, et qui fut, pendant une grande partie du moyen âge, le port le plus fréquenté par les flottes chrétiennes d'Europe, Elle est encore assez importante par son port et son commerce, Srax, qui n'offre rien de bien important ; et Canes, dans un territoire assez bien cultivé , avec uu petit port; on lui accorde plus de 20,000 habitans, la plupart adonnés au commerce et aux manufactures. Dans le Golfe de Cabes se trouvent : le groupe de Kerkeni, habité par quelques centaines de pêcheurs; et la florissante ile de Gerbi, remarquable paï sa population et par l'industrie de ses habitans; ses draps, ses toiles et ses châles sont répandus dans toute la Barharie.

Dans INTÉRIEUR on trouve : KarrWan où Qayrouäx, ville fondée par les Arabes, ct pendant quelques siècles, capitale de l'Afrique-Musnlmane. On cite parmi ses édifices une vasle mosquée, qu'on dit être soutenue Par oo colonnes de granit, On porte à 50,000 le nombre de ses habitans, que nous croyons pouvoir réduire à 4o,ovo, Touzer (Tozer)), sur le bord occidental du lac Chibka ou Loudeah , paraît être la vilie la plus marchande de l'intérieur dans le pays des Dattes ou Bélâd-él-Djéryd (Biledulgerid),

Etat d’ Alger.

C'était naguère encore le plus belliqueux des Etats Barbaresques, et celui qui jusqu’en 1830 a le plus incommodé Je commerce des nations policées, et a joué le rôle le plus important dans la politique de l’Europe, malgré la disproportion de ses forces et de ses ressources comparées à celles des puissances de cette partie du monde. Heureusement pour le commerce et pour la civilisation que le démélé entre le dernier dey et la France à

les contrées voisines des etc. On peut consulter à cueil de dessins qu'avait at. Le monument le plus wan et de Zungar, à 50 it encore citer les débris , continuent à offrir un les unes dans les autres, ays aussi chaud et anssi prémunir contre la soif.

iciens faubourgs, sur un manière à recevoir l’eau citernes, ne paraît antéot Humbert, dont nous et deux pierres fractutrouvent maintenant en et qui ont été la matière mére, ils présentent en-

eu pour résultat définitif la brillante conquête d'Aluer et l'occupation de dior cet état par les troupes francaises. On a déjà pris quelques mesures pour une la colonisation de cette importante partie de l'Afrique , qui est susceptible tion de devenir inexpugnable entre les mains des Français, à cause de sa po- trois sition et de son voisinage. La richesse extraordinaire du territoire qui Dj longe la Méditerranée offre une des plus grendes et des plus utiles par | exploitations que les capitalistes français puissent trouver. La possession vées d'Alger peut devenir en peu de temps de la plus haute importance par les et le relations commerciales qu'on peut ouvrir entre le monde civilisé et l'in- étaie térieur de l'Afrique, Mais avant d'indiquer les villes principales qui fur. corri maient la régence d'Alger, nous devons dire nn mot sur les concessions, couc dénomination employée pour désigner la partie du sol qui depuis quatre travs siècles appartenait à la France. | | sons Ce territoire s'étendait le long de la côte depuis Bugia ou Bodjéyah, espè jusqu’à la frontière de l’état de Tunis. Il se composait de deux parties un 4 distinctes : la Panrie OntENrase, depuis la frontière de Tunis jusqu'à la enfes rivière de Seybas ou Seibouse (Rubricatus), qui appartenait entièrement qu'A à la France, et sur laquelle s'élevaient les forteresses de Bastion de France, préte de La Calle et le Poste du Moulin; Va PARTIE OCCIDENTALE, depuis le et d's Seybas jusqu'à Bugia, sur laquelle la régence d'Alger concédait à la les pi France, moyennant une redevance déterminée, la pêche exclusive du MS! corail, Cette redevance qui , par le traité du Bastien de France en 1694, et qu avait été fixée à 17,000 livres, fut portée à 60,000 en 1790 et à 200,000 évide francs par le traité de 1817. Ces établissemens, qui dans le xvn° siècle soi étaient encore assez considérables, se composaient, outre les trois forts que A déjà mentionnés, de ceux du Cap Roux, du Cap Rose et du Cap Nègre. s'app Déjà antérieurement à 1798, ils avaient été tellement négligés, qu'a- qu'à | vant la dernière guerre, il n'y avait plus que le Poste du Moulin et La de ca Calle, qui eussent une faible garnison régulière de 2 à 300 hommes. Malgré de m leur petite importance sous le rapport militaire, ces établissemens étaient francs bien autrement importans sous celui du commerce. En 1825 la pêche méme du corail y employa 183 bâtimens du port de 1791 tonneaux et mon- et jus tés par 1986 hommes d'équipage; le produit en fut de 25,985 kilo- des p grammes, évalués sur les lieux à 1,812,450 francs, et qui travaillés de- mains vaient représenter ensuite une valeur très considérable. La presque tota- Voi lité de ces bâtimens étaient italiens, mais tous payaient une redevance à sition la France. En 1827 le Poste du Moulin et La Calle furent entièrement Lei démolis par les troupes du dey. | 7. lé Acer , que les Arabes appellent 4/-Djézayr, est bâtie en amphithéâtre barque: sur le penchant d’une colline; elle a un port, des rues étroites et des mai- grande: sons terminées en terrasse, selon l’usage de l'Orient. Défendue d’une ma- dans le nière formidable du côté de la mer, cette ville est très faible du côté de (Sersel, terre. Le fort de l'Empereur (Sultan-Calassi ) qui la dominait et la défen- d'ancie dait, était lui-même dominé par une hauteur sur laquelle se trouve le jar- ma din du consul des Pays-Bas. Les principaux édifices publics sont : le Sérai C'était ou palais du dey, appelé Pachaki ; il a deux grandes cours entourées de vastes elle aa bâtimens , avec des galeries spacieuses soutenues de colonnes de marbre par les apportées de Gênes ; à son entrée étaient les instrumens de supplice, et l on Espagne y exposait les têtes des rebelles; le dernier dey habitait dans la Qassébah A l'E

{AI-Kassaba) ou citadelle située sur une éminence, à l'extrémité méri- fer qu'e

t l'occupation de ues mesures pour qui est susceptible \ cause de sa podu territoire qui + des plus utiles er. La possession mportance par les de civilisé et l'inrincipales qui furr les CONCESSIONS, qui depuis quatre

ugia ou Bodjéyah, it de deux parties e Tunis jusqu'à li tenait entièrement Bastion de France, JENTALE, depuis le ger concédait à la péche exclusive du e France en 1694, | 4790 et à 200,000 dans le xvn° siècle utre les trois forts e et du Cap Nègre.

ent négligés, qu'ae du Moulin et La 00 hommes. Malgré ablissemens étaient En 1825 la pêche

tonneaux et monut de 25,985 kilot qui travaillés dee. La presque totant une redevance à furent entièrement

tie en amphitheâtre étroites et des mal-

éfendue d’une maès faible du côté de ominait et la défenelle se trouve le jarublics sont : le Sérai s entourées de vastes colonnes de marbre s de supplice, et l'on ait dans la Qassdbali à l'extrémité méri-

dionale de la ville , des fortifications de laquelle elle forme en même temps une partie principale, Viennent ensuite l'arsenal où chantier de construc.. tion : un mur élevé le sépare de la ville ; il communique avee la mer par trois portes où ouvertures qui servent à lancer les bâtimens; la Djami ‘Djouma) où mosquée principale, et surtout celle qui a été commencée par les esclaves chrétiens en 1790; les cinq gassaryah ou casernes réservées à la milice; ce sont les plus beaux bâtimens de la ville; le marbre et les fontaines les décorent partout, Les bagnes, ou les cinq casernes qui étaient destinées aux esclaves, sont de grands bâtimens avec de vastes corridors auxquels on arrive par une cour sombre et sale; c'etait là que, couchés sur la paille, les malheureux captifs se reposaient des rigoureux travaux qu'on leur imposait, On doit ajouter les bazars et quelques maisons des plus riches particuliers. Alger possède trois co/lèges, qui sont des espèces de séminaires destinés à l'instruction des ministres du culte, outre un grand nombre d'écoles publiques où l’on apprend à lire et à écrire aux enfans des deux sexes de cinq à six ans et au-dessus. M. Shaler pense qu'Alger était une des villes du monde les plus riches en numéraire, et prétend qu'il n'en existe peut-être pas où la police ait plus de vigilance et d'activité qu’à Alger, où il se commette moins de crimes et où la vie et les propriétés des habitans soient mieux protégées y le gouvernement. M. Shaler estime à 50,000 âmes la population, que Shaw portait à 100,000 et que plusieurs auteurs récens élèvent jusqu’à 200,000, nombre qui est évidemment exagéré, à moins qu'on ne veuille comprendre dans cette sonane les habitane qui vivent dans les délicieux environs de la ville, et que M. Shaler et nous avons exclus du calcul. Nous croyons que l’on s'approcherait de la vérité en l’évaluant à 70,000 âmes. On doit ajouter qu'à la prise de cette ville on ÿ trouva 12 bâtimens de guerre, 1,500 pièces de canons en bronze, les arsenaux de terre et de mer remplis d'armes et de munitions, et dans la Qassäbah un trésor d'environ 48 millions de francs en or et argent monnayé, somme déjà très considérable par ellemême, sans avoir lieu de l’exagérer comme on l’a fait en la portant à 250 et jusqu’à 400 millions. Le butin fait à Alger doit donc être rangé à côté des plas riches que les chances de la guerre aient fait tomber entre les mains d’un ennemi victorieux.

Voici les autres villes et lieux les plus remarquables d’après leur position relativement à la ville d'Alger.

Le long de la Méditerranée et à l'OUEST D'ALGER on trouve : Stpt-FERRUCU, qui porte aussi le nom espagnol de Toraz-Cuica (Petite Tour), baie remarquable par le débarquement opéré en 1830 par l'armée française, une des expéditions navales les plus grandes et les plus mémorables de l'histoire moderne, par le nombre de bâtimens employés dans le transport et par le talent remarquable avec lequel elle a été conduite. Scurase ès, (Sersel, Sargel), petite mais remarguable par l’industrie de ses habitans et par les débris d'anciens édifices. Tenes, jadis capitale d'un petit royaume; MosracÂnym (Mostagan) ; Auzèou (Portus Magnus), remarquable par de belles ruines romaines el des restes de vastes citernes ; QuaAuRÂN (Oran), avec un double port et peut-être 10,000 habitaus. C'était la résidence d'un bey qui gouvernait touie la partie occidentale de l'état d'Alger; elle a appartenu à l'Espagne jusqu'en 1792. Ses fortifications ont été très endommagées par les tremblemens de terre, Les vastes magasins en pierre de taille construits par les Espagnols existent encore intacts.

A l'EST D’ALGER on trouve : RouGte , remarquable par son port, par les mines de fer qu'on exploite dans ses environs et fameuse surtout par l’évention des chandelles

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de cire auxquelles elle a donné son nom. Des relations modernes représentent la popu

lation des environs de Bougie comme la plus sauvage et la plus dangereuse de toutes de celles qui habitent le territoire de la régence d'Alger. Bone où Bouxan (Beledel.A'neh | L avee un port très fréquenté, surtout à l'époque de la pêche du corail; dans ses environs on Me £ voit les ruines de Zippone, à laquelle l'épiscopat de saint Augustin donna tant de cé. sut lébrité, La Carre, naguère encore principal établissement français sur cette côte, ot M. ! réduite à un amas de ruines depuis 1827. L'ile Tuananqan (T'abarca), cédée en 1830 à lice la France par le dey de Tunis; elle est importante par son port, rendez-vous ordinaire ville des nombreux pêcheurs qu'attire la riche péche de corail qu'on fait dans ses parages, ou | Dans l'intérieur à l'EST, au SUD et à l'OUEST D'ALGER on trouve : Qosrnan. audi Tuyau (Constantine, Cirtha et plus tard Constantina) , résidence d'un bey qui gouverne aual la partie orientale de cette régence, Quoique bien déchue de son ancienne splendeur, | d Constantine parait être encore la plus grande ville de cette partie de l'Afrique. M. Dupré he lui accorde une population de 60,000 âmes, nombre que nous croyons devoir réduire À siécl 40,000. Le pont sur le Roumel ou Soufegmar , bâti par les Romains et encore bien con. de R servé; les quatre portes revètues de sculptures élégantes, l'arc de triomphe, Ve bas-relief ume rès du pont , plusieurs pierres sépulerales , et une grande quantité de ruines d'autels, de tingrt as-reliefs, d'aqueducs et de colonnes rappellent les magnifiques constructions qui décoraient celle cette ville, autrefois une des plus importantes de l'Afrique; elle a vu naître deux puissans su vi rois de Numidie, Masinissa et Jugurtha; plus tard elle a été la capitale de la Mau- où l' ritanie Césarienne, Dans la partie supérieure de la ville, le Ouad-el-Kebir sort d'un bâti souterrain et forme une grande cascade ; ce point, élevé de 600 pieds au-dessus de la j “ plaine , est l'endroit d'où l'on précipite les criminels. Bezvpan (H/ida), dans une situa- rh tiun délicieuse, Détruite entièrement le à mars 1825 par un tremblement de terre qui 1,90( fit périr presque tous ses habitans, elle s’est promptement relevée de ses ruines, grâce à unco sa position favorable au commerce et à la fertilité de son territoire; on estimait dernic. blier rement à 15,000 âmes sa population, Menea, chef-lieu de la province de Titteri , et im. les gr portante par la fertilité de ses belles campagnes. Casuan, petite ville, sale et mal bâtie, sur longe une montagne, mais remarquable parce qu'on y fabrique la plus grande partie des tapis et perdi des étoffes de laine en usage dans cette partie de l'Afrique; les villages qui l'environnent Sans se livrent à la même industrie, TecemsÈèx (Trémécen), remarquable par son industrie, 3 ps sa population et par les débris de plusieurs anciens édifices. C’est encore la ville la plus de considérable de la province d'Oran ; sa population s'élève peut-être à 20,000 âmes. nous âmes Empire de Marok. Mar laute C'est le plus puissant état de cette région, quoique depuis long-temps mille bien déchu. Nou-seulement depuis 1795 il a perdu l'influence qu'il conser- les in vait encore sur le royaume de Ten-Boktoue (Tombouctou), qui pendant taille les règnes de Mouley-Ismayl mort en 1727 et de Mouley-A’bd-Allah, son ville successeur, était tributaire de l'empire, mais il a vu même une grande voir partie du royaume de Sous s’en détacher pour former l’état indépendant i-pe de Sydy-Hescham. Les principaux pays dont se compose cet empire dans mortd ses limites actuelles sont : le royaume de Fés, au nord de la Morbeya; Fè celni de Marok , au sud de ce fleuve ; un partie de celui de Sous , la pro- ville vince de Dara'h et le royaume de Tdfilélt. Nous avons déjà fait observer Maro que de nombreuses tribus Atlantiques et Arabes conservent entièrement d'entd leur indépendance sur le territoire qu'on regarde comme dépendant de const l’empereur. Chacun de ces royaumes a sa capitale; le siège impérial est un ét à Marok. Le sultan a en outre plusieurs résidences ou palais situés en cour diverses provinces : le prince régnant habite souvent celui de Mekndsal étroit (Mequinez), dans le royaume de Fés. galeri Maroc où Manor (Merdkasch), grande ville , capitale de tout l'empire l'air et du royaume de ce nom, située dans une vaste plaine fertile, qui est quabl

+ représentent la popur- 1 dangereuse de toutes ouxau (Beledsel.A'neh), rail; dans ses environs on gustin donna tant de ve.

nçnis sur cette côte, et barca), cédée en 1830 à t, rendez-vous ordinaire ait dans ses parages, \ on trouve: Qosrnan.

€ d'un bey qui gouverne son ancienne splendeur, e de l'Afrique. M. Dupri croyons devoir réduire à sains et encore bien con.

le triomplie, lé bas-relief ité de ruines d'autels, de istructions qui décoraient | vu naître deux puissans la capitale de la Mau- Juad-el-Kebir sort d'un 0 pieds au-dessus de la (Blida), dans une situaremblement de terre qui ée de ses ruines, grâce à ire; on estimait dernicovince de Titteri, et imille, sale et mal bâtie, sur grande partie des tapis et villages qui l'environnent uable par son industrie, est encore la ville la plus tre à 20,000 âmes,

ie depuis long-temps nfluence qu'il conseructou), qui pendant uley-A’bd-Allah, son u même une grande er l'état indépendant pose cet empire dans ord de la Morbeya; elui de Sous, la prons déjà fait observer nservent entièrement omme dépendant de le siège impérial est s ou palais situés en t celui de Mekndsal

itale de tout l'empire laine fertile, qui est

DESCRIPTION DE L'AFRIQUE, 845 en mème temps un plateau élevé d'environ 250 toises au-dessus du niveau de la mer, Plusieurs édifices décorent cette ville autrefois si populeuse, et rappellent son ancienne splendeur, Nous nous bornerons à nommer les suivans, en prenant pour guide principal un officier anglais très instruit, M. Washington, Le l'a visitée en 1830 : le palais impérial, immense édilice de 1,500 yards de long sur 600 de large, subdivisé en plusieurs pavillons séparés par de vastes cours et de grands jardins; la place d'audience où le Meschoudr, grand carré entouré d'un mur, où l’empereur donne audience et prononce ses jugemens ; la mosquée El-Koutoubia, remarquable surtout par son immense tour carrée, haute de 220 pieds anglais et divisée en sept étages; sa construction, qui remonte vers la fin du xu° siècle, est contemporaine de la Giralda de Séville et de la Sma-Hassan de Rabatt, édifices qui lui sont entièrement semblables ; c'est un des bâimens arabes les plus remarquables ; la mosquée El-Moaïin , qui se distingue par ses grandes dimensions; c'est nussi la plus ancienne de la ville; celle de Beni- Fousc!'; l'édifice nommé Bel-Abbas, qui offre réunis dans sa vaste enceinte un sanctuaire, un :nausolée, une mosquée et un hôpital, où l'on soigne jusqu'à 1,500 malades; la Qassaryah (AÏ-Kaisseria), grand bâtiment entouré de boutiques où les négocians étalent leurs marchandises; l'immense fabrig.re de mar ;uins, où, r:sura-t-on à M. Washington, 1,500 personnes étaient employées; sa br'ilante couleur jaune n’a pas encore pu être imitée par les tanneurs evrpéens. On ne doit pas oublier les vastes magasins où l'on conser:e une immense quantité de blé, les grands cimetières et les ruir-s des aguedues dont . 1elques-uns se prolongent jusqu'à 20 milles hor: dc: murs de la ville. Marok a beaucoup perdu depuis que les empereurs n’; font plus leur résidence ordinaire, Sans adopter les chiffres évidemment exagérés de M. Jackson, ni les 30,000 habitans que lui accordait au commencement du siècle Ali. Bey, nous croyons que sa population actuelle doit flotter entre 60 et 70,000 âmes, Nous ajcuterons que, dans un rayon de 28 milles au sud-sud-est de Marok, s'élève le Miltsin, le plus haut sommet mesuré de l'Atlas ; sa hauteur absolue est de 1,782 trises ; et que vers le sud-est, à environ 18 milles, on voit de vastes ruines nommées T'assremout (Tassremoot) par les indigènes; ce sont des débris de fortes et épaisses murailles en pierre de taille, de bains , de voûtes, etc., qui ont appartenu probablement à une ville romaine où même carthaginoise; mais ce qui est curieux c'est de voir que la tradition populaire raconte sur la chute de cette antique cité à-peu-près les mêmes circonstances qui accompagnèrent , d’après l’immortel Homère, la ruine de Troie.

Fès ou Fez, din: le royaume de ce nom, dont elle est la capitale. Cette ville qui est là ;'15 importante de l'empire, quoique moins grande que Marok, est située sur un ruisseau affluent du Séboue, dans une espèce d'entonnoir formé par des montagnes bien boisées. Ses maisons, toutes construites avec des briques bien faites et cuites au four, ont en général un étage au-dessus du rez-de-chaussée et ne reçoivent l'air que par une cour interieure ; une terrasse en forme le toit. Les rues sont pavées, mais

étroites , tortueuses et très sales; ce ne sont, pour ainsi dire, que de longues,

galeries couvertes par des treilles ou de la maçonnerie, ce qui empêche l'air de circuler, Selon M. Caillié, Fés n'offre aucun monument remarquable. On y compte cependant beaucoup te mosquées, toutes surmontées

d’un minaret d'environ 100 pieds de haut ; celle de Mouley-Edrys est la plus belle; elle offre ce qu'il y a de plus beau dans la ville. Fês possède

aussi des bains sulfureux et ferrugineux qui sont très fréquentés. Ali-Bey, F qui l’a visitée au commencement de ce siècle, la regarde comme la plus ré belle ville de la Barbarie , et parle beaucoup de ses écoles renommées dans A toute l'Afrique, ainsi que de sa bibliothèque qui est très considérable pour colé cette cantrée. Quoique M. Caillié n’accorde à Fès que 20,000 habitans, com nous croyons qu'on ne se tromperait pas beaucoup en portant à 80,000 rok. sa population actuelle; c’est le ménémum que lui assigne un juge très com- de! pétent, M. Gräberg. Les couvertures de laine, les fabriques d'armes çn< blanches et à feu, de maroquin, de poudre à canon et d’autres articles ncre occupent une grande partie des habitans , qui font en outre un commerce | très étendu. L Mexnasan (Méquinez), à quelques milles au sud-ouest de Fês, dans un com vallon fertile entouré de hauteurs et assez bien cultivé. Le palais impérial, val vaste bâtiment carré et fortifié, est l’édifice le plus remarquable de cette ét ville, à laquelle Hœst n’accorde que 10,000 habitans, tandis que M. Jackson Li lui en assigne 110,000. Nous dirons avec M. Gräberg que leur nombre ER reste sûrement au-dessous de 60,000. ils :

Voici les autres villes et lieux les plus remarquables de l’empire. cliss Dans le ROYAUME DE FËS on trouve : TernouÂn (Tetouan) remarquable par son mar port sur la Méditerranée, par sa population et par son commerce. TanGeu (Tanger), com sur le détroit de Gibraltar, importante par son port et par son commerce très actif, Le c'est la résidence des consuls européens. Laracue ou EL-A’rayscx , à l'embouchure du Sénés Luccos ; c'est la station ordinaire de la flotte de l’empereur; depuis 1780 son commerce à (Toui N beaucoup diminué. Sa1.Ë (Sla), à l'embouchure du Buregreg , autrefois repaire de corsaires so: di très redoutables qui osaient faire même des descentes sur les côtes des pays habitées par plus les chrétiens ; depuis quelque temps elle est très déchue, quoique M. Washington lui ac- geurs corde encore 10,000 âmes. RanÂra (Rabat) ou Nouveau-SaLÉ, vis-à-vis Salé; c'est en Sähh core une des principales villes de l'empire, malgré l’état de décadence où elle se trouve; que | elle à un chantier, un petit port et peut-être 25,000 habitans. La four carrée nommée eoitt Sma-Hassan, haute de 150 pieds anglais; le mausolée d’un sultan et celui d’47-Mansor, le des 2 héros de l’Afrique-Mauresque, sont les objets les plus remarquables. Ar-Qassan (4/-Xa- prem zarr), ville très déchue, mais qui comjte encore 8,000 âmes. bes le Dans le ROYAUME DE MAROXK on trouve : MÂzayGan (Mazagan), qui n'offre rien Berbi

de remarquable, ainsi que Asarx (Saffi). Ouazvorau (Voladia), désignée comme le meil-

* leur endroit de cette côte où l'on pourrait former un bon port; Mocapor ou SouEynau, soil rebâtie régulièrement en 1760, fortifiée et pourvue d’un port qui se comble de sables de lo comme tous ceux de cette côte. C’est la place maritime la plus commerçante de l'empire. Berc Parmi ses bâtimens la fameuse tour de Beny-Hhasan se distingue par sa grande élévation. Dans

Dans le ROYAUME DE SOUS nous citerons : Taroubanr, capitale, dans l’intérieur, court:

ville très déchue, quoique encore assez remarquable par son industrie et sa population. gals À

AGaDir, jadis nommée Sanra-Cruz par les Portugais qui en étaient les maitres; elle a (Oula

un port sur l'Atlantique. : group

î Dans le ROYAUME DE TAFILELT (Talilet). Sur le versant septentrional de l'Atlas on éprou voit le palais impérial DÂroBa’xpau. Suivant M. Caillié, Guourranp serait le lieu le plus les 7

imporuant de cette contrée et Ressanr serait la résidence du gouvernement. Ce royaume esl pris

généralement appelé, par les sujets de l'empire, Beläd-él-Scherfä (le pays des schéryfs), (Houl

parce que c'est des rois de Tâfilèlt que la dynastie impériale des schéryfs régnants tire Mokt

son origine, est L

Dans le PAYS DE DARA’H, M. Caillié nous fait connaître la petite ville de Mimerxa. vallée

\ Taghi

qui oc

Mouley-Edrys est la a ville. Fés possède fréquentés. Ali-Bev, arde comme la plus les renommées dans s considérable pour e 20,000 habitans, n portant À 80,000 ie un juge très comfabriques d'armes et d’autres articles outre un commerce

est de Fés, dans un . Le palais impérial, emarquable de cette undis que M. Jackson g que leur nombre

s de l'empire.

an) remarquable par son erce. TANGEu (Tanger), on commerce très actif, scx , à l'embouchure du is 1780 son commerce à efois repaire de corsaires es des pays habitées par e M. Washington lui ac- , vis-äevis Salé; c'est endeuce où elle se trouve; La tour carrée nommée et celui d’#Z-Mansor, le bles. Ar-Qassar (4/-Aa-

lazagan), qui n'offre rien désignée comme le meil- MocaDpor ou SOUEYRAN, qui se comble de sables ommerçante de l'empire.

par sa grande élévation.

apitale, dans l’intérieur, dustrie et sa population.

taient les maîtres; elle a

ptentrianal de l'Atlas on .AND serait le lieu le plus rnement. Ce royaume est fä (le pays des schéryfs), es schéryfs régnants tire

petite ville de Mrmerna.

Etat de Sydy-Hescham.

Fondé en 1810 par Hescham, fils du schéryf Ahhmed-ebn-Mousay. 1] se compose d'une partie du Pays de Sous et il s'étend quelque peu à l’est et au sud de cette contrée. Habité par une population industrieuse, agricole, guerrière et marchande, cet état peut être actuellement considéré comme l'entrepôt du commerce entre Ten-Boktoue (Tombouctou) et Marok. Les marchands de cette dernière ville aiment mieux s’y arrêter que de traverser d’affreuses solitudes pour se rendre à Ten-Boktoue. Tazenr en est la capitale; on y voit en outre ILkcn, où se trouve le tombeau venéré du schéryf Ahhmed père de Hescham.

Beläd-él-Djeryd et Ssahhré (Biledulgerid et Sahara).

Le Belâd-êl-Djeryd et surtout le Ssahhrâ, dans la partie qui n’est pas comprise dans les états que nous venons de décrire, offrent dans leurs vallons, leurs oasis et leurs affreux déserts, un grand nombre de pays qu'on peut et que l’on doit même regarder comme des états entièrement indépendans ; ils sont presque tous habités par des nomades plus où moins féroces. Nous avons déjà nommé les trois nations principales auxquelles ils appartiennent. Nous nous bornerons ici à citer, d'après la lumineuse classification de M. d'Avezac, les tribus les plus connues et les plus remarquables de chacune de ces grandes divisions de l’onest à l'est, et en commençant par celles que l’on connaît sous le nom de Maures.

Les MAURES occupent la côte de l'Atlantique, entre l'état de Sydy-Hescham et le Sénégal , et s'étendent dans l'intérieur jusqu'aux solitudes parcourues rar les Touàryq (Touariks). Ces nomades sont subdivisés en un grand nombre de tribus, dont la plupart se distinguent par leur extrème férocité et leur passion pour le brigandage, Rien n'est plus difficile que de se reconnaître au milieu des indications diverses données par les voyageurs et les géographes sur la dénomination de ces tribus et leur distribution dans le Sähhel : ce point de géographie était resté dans une déplorable incertitude , jusqu’à ce que les travaux de M. d'Avezac eussent porté la lumiere dans l’ethnographie de cette contrée. Ses recherches ont établi que cette portion du Désert est habitée à-la-fois par des Maures de pure race arabe , soit Qahhthânyte, soit Isma’ylyte, venus d'Orient aux premiers siècles de l’hégire ; et par d'autres Maures de race mélangée , issus des tribus arabes les plus anciennement émigrées de l'Yémen en Afrique et entées sur les populations Berbères indigènes.

Parmi les Maures MÉLANG £ 5 on doit classer les nombreuses tribus confonducs sous le patronyme commun de SsanuÂGan (Zanaga, Zénagues) et formant plusieurs groupes de l’ouest à l’est, sous les noms principaux de Terdrzah (Travzas, Trazarts, Tarassi), Berdknah (Bracknas, Ebraguena, Branenarts), D'ouys ce h (Doviches, Douiches), ete. Dans le groupe de Teräârzah sont compris les 4oulid-él-Hhäggy Darma’ko (Darmancourts) ; es Aouläd- Ahhmed Dahmän (Ouladaähmeds et Ouladamius), riverains du Sénégal; les Æ’édjounah (Azounas), brigands qui infesteut la côte voisine; les Aoulid.Mobärek (Oulad-Mbarrik), qui habitent l’intérieur, et nombre d’autres qabyles ou tribus. Dans le groupe de Berâknah se trouvent les 4oulid-A'mar (Ludamar), dont Mungo-Park éprouva la brutale rapacité ; les Gégébah (Dhiedhicbe), parmi lesquels a vécu M, Caillié ; les Täkänt (Tagantes) et beaucoup d'autres. Dans le groupe des Douysch sont compris les Aouläd-Ghaysi (Oullad-Kroïsi) , plus connus sous le nom de Aouläd-Ahou-Seyf (Houlas de Bouséif, Valades Bousséifes): les Aountah (Kounts, Kontats, Oulad-sydi- Moktar) et peut-être aussi les Zaoudt qui habitent vers Araouân. Dañs la même catégorie est LamTnau, souche des 4oulid-Noun (Oulet de Nun, Woled-Nun), qui habitent la vallée de Noun (Ouâdy-Noun) ; des Masoufah, qui exploitaient jadis les mines de sel de Taghdäzay, aujourd'hui abandonnées, et peut-être des Ouargalän (Vavéclan , Querquelen), qui occupaient le Désert au voisinage du Belâd-êl-Djéryd, et qui paraissent les mêmes que

a ————————— ceux qu'on appelle aujourd'hui Toudt (Tawats, Tuath, Tsuats), du nom de la principale oasis qu'ils possèdent.

Quant aux TRIBUS ARABES DE RACEPURE;, elles peuvent être classées en deux groupes principaux : l'un d'origine Isma’ylyte et portant le uom de HéLÂz (Hilel, Héléil), l'autre d'origine Qahhthänyte et auquel appartient le nom de Macuxzau (Mahchil, Maguilla). Parmi les tribus qui forment le groupe de Héläl, les plus connues sout celles des Bény-A'mer (Bénihémir) et des Moslémyn (Muslim, Monselmines, Monslémines), qui demeurent vers le cap Bojador ; et celle d’El-Hharits, qui est probablement la mème dont M. Caillié prononce le nom Fl-Harib, dans le voisinage du Pays de Dara’h. Peut-être faut-il annexer à ce groupe les tribus de Tiknah (Dikna), de Modjit (Mjot, Emjot , Mujatts, Mougearts), de Moghäferah (Mografira), de Tadjakänt (Tajacantes) et quelques autres. Parmi celles qui sont comprises dans la descendance de MaëuyLan, les plus célébres sont : celle des Séhdyn ou Aouläd-Aby-Sébà (Oulad-Besba , Villa de Bousbach, Ulled-Missebah, Ladbessebas, Bessebes et peut-être Labôs) , et celle des Delemyn ou Aouläd-Deleym (Wadelims , Oulets de Line, Oulad-Elim, Oulad-Lème, Ulled-Dleim), qui toutes deux habitent dans les environs du Cap-Blanc, et sont des monstres de cruauté, Dans le même lignage sont : la tribu d’E/-Ouodäyah (Ludaÿa, Ludayes), maîtresse des oasis de Ouâdan et de Oualâtah , et celle de Zarbousch ou des Beräbysch, à laquelle appartient Tyschvt. A ce groupe on peut annexer les tribus d'E/-4’rousyah (Larousie , El- Arosiem), d'#rkybät (Orghébet) et plusieurs autres. —

Les oasis les plus remarquables de cette partie du Désert, sont : en premier lieu celle de Toudt, qui est fort étendue ; la capitale est Aghäbly; on ÿ trouve encore la ville de A’yn-él-Ssälah, naguère visitée par le major Laing. Ouadän (Hoden), Tyschyt,

Taoudyny, Taghàzary (Yagaza), sont célèbres par leurs mines de sel gemme. Æraouän offre une petite ville d'environ 3,000 âmes. Enfin les deux Oualätah (Gualata, Oualet), souvent confondues, sont deux stations distinctes, l’une sur la route du Sénégal à Marok, appartenant aux Ouodâyn, l'autre sur la route de Ten-Roktoue et paraissant occupée par les Rerâbysch; c’est de celle-ci que l’on a fait un prétendu royaume de Byrou (Beeroo), à cause des puits (en arabe byrou) qui s'y trouvent. |

Les TOUARYQ (Touariks). Les tribus indépendantes de ce peuple nombreux et guerrier occupent toute la partie moyenne du Ssabhrà depuis les confins des pays habités. par les terbers de Marok, d'Alger et de Tunis, et les Arabes de Tripoli, jusqu'au sud de Ten- Boktoue (Tombouctou) et au nord de Djenny et du Bornou, et depuis les confins des pays parcourus par les Maures ou Arabes occidentaux du Désert jusqu'à ceux des Tibou (Tibbos). Partagés en un grand nombre de tribus jusqu’à présent peu counues , les Touàryq sont encore, depuis les Carthaginois et les Romains, les conducteurs des caravanes, les courtiers et en partie même les marchands qui font le commerce actif et régulier, qui de temps immémorial existe entre le nord et le centre de l'Afrique. leurs tribus les plus puissantes sont les suivantes : celle des Hhagard (Haugars, Agarÿs), qui habitent entre Touât et Araouân; Ahyr ou Hayr leur appartient, et Ouallen paraît être leur capitale; ils sont renommés pour leur perfidie et leur cruauté; Laing courut risque de la vie au milieu d'eux. Celle des Sourgd (Soorkas, Sorgous), qui s'étendent depuis Mabrouk jusque vers Djenny, soumettant tous les peuples nègres voisins à leurs insoleutes exactions. Au nord de Haoussah sont les Tag/ ‘ma et au nord de ceux-ci les Kollouvi, auxquels appartiennent les oasis d'Azben et de Ghât , et tout le Ssahhrà jusqu’au Fezzan. On cite encore les Matkara, les Mahinga et plusieurs autres tribus. Parmi toutes ces tribus, celles de Hhagarâ et Matkara sont les moins mélangées ; elles ont le teint seulement basaué ; les autres offrent des nuances plus foncées à raison de leur voisinage des races nègres et des croisemens qui en sont résultés, Les principales oasis appartenant aux Touâryq sont : G hdt, espèce de république oligarchique; dans sa capitale, qui porte Je même nom, on tient tous les ans une foire fréquentée par un grand nombre de tribus du Ssahhrä. Ahir, grande et fertile, mais peu connue; Ha brou k, peu importante; Asb en, une des plus grandes; on dit que sa capitale Aghades est aussi considérable que Tripoli; c'est un des plus grands entrepôts du commerce du Ssahhrä. can Les TYBOU, TIBBOU ou TIBBOS ne possèdent point exclusivement la partie orientale

du Ssahhr à laquelle le nom spécial de Désert de Lybie a été imposé par les géographes.

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1t être classées en deux HéLÂz (Hilel, Héléil), G&yLAg (Mahchil, Macouuues sont celles des es, Monslémines), qui probablement la mème ays de Dara’h. Peut-être jät (Mjot, Emjot , Mul'ajacantes) et quelques Macuyzau, les plus céa, Villa de Bousbach.

celle des Delemyn ou j-Lème, Ulled-Dleim), les monstres de cruauté, Ludayes), maîtresse des räbysch, à laquelle apl'rousyah (Larousie , El-

it : en premier lieu celle ÿ trouve encore la ville ir (Hoden), Tyschyt, de sel gemme. Æraouän itah (Gualata, Oualet), te du Sénégal à Marok, e et paraissant oceupée ume de Byrou (Beeroo),

ple nombreux et guerrier des pays habités par les i, jusqu'au sud de Tenpuis les confins des pays j'a ceux des Tibou (Tibu counues , les Touärÿq teurs des caravanes, les actif et régulier, qui de e. Leurs tribus les plus rys), qui habitent entre arait être leur capitale ; irut risque de la vie au nt depuis Mabrouk jusurs insoleutes exactions.

i les Kollouvi, auxquels usqu’au Fezzan. On cite i toutes ces tribus , celles teint seulement basané ; nage des races nègres et nant aux Touäryq sont :

porte le même nom, on de tribus du Ssahhrâ.

iportante; Asben, une nsidérable que Tripoli;

rement la partie orientale posé par les géographes.

graphes , comme des fleuves différens avec lesquels

DESCRIPTION DE L'AFRIQUE. 889 A Au nord; le pays de Barqäh , que nous avons compris dans la régence de Tripoli, est occupé par des Arabes , dont les plus connus sont les Hharäbyn et les Aoulid. 4’! : et la série d’oasis qui en est voisine est habitée par des peupludes berbères. Au sud Ahit des tribus arabes, dont les principales sont celles des Beny-él-Hhasän, de Doghanah d'El-Assäla , de Salämat. A l’est sont les repaires des races mêlées arabes-berhères de Laoudtah et de Berdaouah. La région moyenne seule appartient aux Tybou partagés en grandes tribus dont voici les principales : les Tibbou de Bilma, entre le Fezzan et la petite oasis d’Aghaden ; leur chef ou scheykh réside à Zi/m a, petite ville, mais importante par les deux lacs salés de son voisinage, d'où l’on tire tous les ans une immense quantité de sel, qu'on transporte dans la Nigritie. Les Tibbou de Gonda, qui possèdent le point d'Aghaden, grand rendez-vous de brigands de toute espèce; ils attaquent les caravanes qui vont du Fezzan au Bornou ; ces Tibbou , dont le chef se nomme Miua-Thar possèdent plusieurs milliers de chameaux; depuis quelques années ils sont devenus com: merçans et industrieux ; changement qu'ils doivent à leurs communications avec les marchands de Tripoli ; ils paraissent ètre les plus nombreux de tous. Les Ti/bou de Traita vivent au sud des précédens, Viennent ensuite les Tibbou de Borgou ou Birgou , dont le chef-lieu semble être Yes. Les Tibbou Reschadeh ou des rochers ainsi nommés parce que plusieurs de leurs tribus vivent dans les cavernes des moutag $ de Tibesty. 440 taie

étre leur chef-lieu, ou du moins leur st i inci Ti i " ee ation princi ale. Et l es 7! b £ , I on f oi. P P es 41 bou dits d Arna du nom

NIGRITIE ou RÉGION DES NÈGRES.

POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude, entre 20° occidentale et 24° orientale. Latitude , entre 17° borcate et 18° australe.

CONFINS. Au zord, la Région du Maghreb et proprement le Ssahhrà. A l'est, les Régions du Nil et de l’Afrique-Orientale. Au sud, la Région de l'Afrique-Australe et l'Océan-Ailantique. À l'ouest , l'Océan-Atlantique.

FLEUVES. Cette région offre un grand nombre de fleuves, mais on 1e connait encore que très imparfaitement leur cours ; il paraît qu’ils vont tous se rendre dans l'Océan-Atlantique, à l'exception de ceux qui apparteunent au grand bassin du lac Schâd ou Tchad.

L'OCEAN ATLANTIQUE reçoit :

Le SÉNÉGAL. , dit aussi ZENAGa ; il prend sa source dans le Fouta-Djalon sous le nom de Ba-Finc (Fleuve-Noir), chez les Mandingo, et Bazro (Noir), chez les Péuls (Poules); on le nomme aussi Foura (le Fleuve), et chez les Ghiolofs (Lolofs) Dexcuen. Ce grand fleuve ‘prés avoir arrosé le Fouta-Djalon, baigne le Djalonkadou, le Banbouk , le Kadjäga, le Kasson, le Fouta-Toro et le Oualo, Le Sénégal , dans la partie inférieure de son cours forme selon les meilleures cartes, la séparation entre cette région et le Ssahhrâ, Ce fleuve passe par | ancien Fort-Saint-Joseph , Bakel, Podor, Dagana et Saint-Louis, et forme un grand nombre d iles, parmi lesquelles se distinguent , par leur étendue, celles du Morfyl (Morphil ou de l’Ivoire), de Bifesch et de Beyghio (Bequio). Le Sénégal reçoit un grand nombre d affluens dans la partie supérieure de son cours et très peu dans la partie inférieure ; nous citerons parmi ceux de la rive droite, le X okoro, grossi par la Ba-Oulima. Ses principaux affluens à la gauche sont : la Falémé, qui est le plus “rand de tous, et le A criko » qui établit une jonction temporaire entre le bassin du Senégal, et celui de la Gambie. Nous ajouterons aussi que le {ac de Kayar (Cayor), à la droite, dans le pays parcouru par les Maures de Terârzah, et celui dit Panié-Foul, à la gauche, dans le Oualo, le Fouta-Toro et le Ghiolof » déchargent leurs eaux dans le Sénégal. .

” la Gamnie prend sa source sous le nom de Druan , dans le plateau du Fouta-Toro, aigne le Tenda , le Bondou, le Toni, le Saloum, le Badibou, le Barra, et entre dans l'Océan par plusieurs embouchures , regardées presque toutes, par la plupart des géola Gambie communique par des ca-

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maux; les plus remarquables sont : la CassaMance et la rivière de Cacueo, dite aussi Sanro-DominGo,

La rivière De Gesa où Gesves nait dans le Kabou, traverse le pays des Biafares et des Balantes, et par plusieurs branches se rend à l'Océan.

Le Riu-Gnanoe, dit aussi rivièke pes Narous; il nait dans le plateau du Fouta- Djalon , baigne le Tenda-Maié, le Kabou, le pays des Landemans, et se jette daus l'Océan au sud du Geba.

Le Rio pe Nunmo-Trisrao, vulgairement appelé Rro-Nuxez, dont le cours est rés borné, mais important par la masse de ses eaux ; il passe par Kakondy, et traverse le pays des Sousous et des Nalous.

Tous ces fleuves appartiennent aux pays que les géographes européens nomment Séné. gambie ; les suivans arrosent ce qu'ils appelleut la Guinée.

Le Scarcies ou Scassas nait sur le revers méridional du plateau du Fouta-Djalon, arrose le pays des Sousous, le Timani ; dans celui de Boullom, ce fleuve entre dans l'Océan. Le Xabba où Mun go, beaucoup plus considérable que le Scarcies , est cependant regardé comme un de ses affluens; ce dernier baigne le Kouranko , le Limba et le Timani.

La rivière pr. SrerRa-LéonE , dite Roxezre dans la partie supérieure de son cours. Sa source est voisine de celle du Djoliba (Dhioliba); elle traverse le Soulimana, le Kouranko, le Limba , le Timani et le Boullom ; c’est dans ce dernier qu’elle entre dans l'Océan.

Le Kamaranka (Camaranca) prend sa source un peu au sud de la Rokelle dans le Kissi, traverse le Kouranko, et, après avoir couru presque parallèlement à la rivière de Sierra-Léone , il entre dans l'Océan au sud de l'embouchure de cette dernière.

Le Mssurano. On ne connaît encore qu’une petite partie de son cours ; on croit que sa source est très éloignée de l'embouchure.

Le Sesros. On ne connaît encore que la partie inférieure de son cours; c'est le plus grand fleuve connu de la côte dite des Graines.

Le Sueimo-pa-Cosra , dont le cours, d’après les rapports des indigènes, serait très long; il a sou embouchure près de Grand-Bassan, à l'extrémité orientale de la côte dite de l'Ivoire.

L'Ancosra où Sernnie , dit aussi Rio-Cosre (Serpent), dans les anciennes relations. il prend sa source sous le nom de Tando, au pied d’une montagne dans le royaume d'Achanti proprement dit, traverse ce royaume, arrose le PDinkara, le Gura, l'Ouarsa, l’Amanahea dans l'empire d'Achanti, et se jette dans l'Océan.

Le Pra, Bossomrra ou Rivière Sainr-Jean, nait dans l’Achanti proprement dit, arrose le Dinkara , le Tufel, l'Ouarsa , et, sur les limites du Fanti, entre dans l'Océan. On le nomme aussi CHama, C'est au bassin de ce fleuve qu'appartient la rivière qui passe par Komassy (Coumassie).

Le Rio Vosra, connu dans les divers pays qu'il arrose dans l'empire d’Achanti sous les noms d'Avirrie, Amou, Astezaw et Fanpo; c’est le plus grand courant d’eau connu de ce puissant état. Il prend sa source au pied du mont Kondoungourie dans le Banda sur les frontières de l'empire, arrose le Banan (Bann), le Coranza, l'Inta, le Bouroum , le Quaou , l’Aquapim, l'Aquambou et autres pays dépendant de l'Achanti, et près d'Adda, colonie danoise , il entre dans l'Océan.

Le Laos, dont on ne connaît encore que la partie inférieure; on suppose que sa source est très éloignée. D'après quelques relations des indigènes le Lagos serait identique au Mory du Dagoumba. M. Adams prétend qu'il n'est que l'issue du lac Cradou et du lac près d’Ardrah qui communiquent entre eux el avec le fleuve de Benin.

Le Dooutsa, Dutomma, Kouarra, Quonra ou Nicer. Ce fleuve mystérieux dont le cours a fait naître tant d’hypothèses , et dont l'exploration a coûté la vie à tant de voyageurs, vient enfin d'être presque entièrement reconnu, Appelé à sa source TEMBte, Bi, Dsotma , etc., etc.; il descend du mont Loma qui s'élève entre le Soulimana et le Sangara, traverse sous le nom de Dsozima le Sangara, le Kankan, le Ouassoulo, les royaumes du Haut et du Bas-Bambarra, arrose le Banan, le Pays des Dirimans et le royaume de Tombouctou, Au-dessous de cet état, son cours a été jusqu'à ce jour livré aux hypothèses. L'opinion publiée par M. Reichard de Weimar en 1803, adoptée dernièrement par le célèbre Clapperton et par notre savant ami M. Brué, vient, à quelques détails

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ne prés, d'être confirmée par l'intéressante exploration des deux frères Lander. D'après Clapperton le Djoliba au-dessous de Kabra prendrait la direction sud-est, traverserait sous le nom de Quorna la partie occidentale de l'empire de Belle, baignerait le Borgou, le Nyffé, le Yourriba, le Fonnda. D’après la relation abrégée du voyage des frères Lander, communiquée par le lieutenant Becher à la société géographique royale de Londres, et la savante analyse que M. Jomard se propose de publier et qu'il a bien voulu nous communiquer , le Kouarra court droit au sud, entre les méridiens de Yaouri et de Katunga, fait ensuite un grand détour vers l'est entre Rabba et Kacunda , et, après avoir parcouru pendant quelques milles vers le sud jusqu’au confluent avec la Tchadda or Charry, ce grand fleuve tourne brusquement au sud-ouest. Arrivé à Kirri (Kirree), il forme un véritable delta ; qui se développe entre le Vreux-Cazanan et la Rivière De Benin, que l'on doit maintenant regarder comme ses deux BRAS ORIENTAL €L OCCIDENTAL ; le RAS CENTRAL ou principal aboutit au cap Formoso et est par conséquent identique à la Rivière pe Nux ; c’est cette branche que les frères Lander ont descendu jusqu'à son embouchure. Cinq ou six autres branches coulent dans les espaces intermédiaires, Un fait important dont la connaissance est due à la célèbre exploration de M. Caillié, c'est que le Djoliba à Scgo, où aux environs, se bifurque pour former une très grande ile et une autre beaucoup plus petite à l'extrémité de laquelle se trouve Djenny, et que plusieurs milles aprés la jonetion des deux branches qui a lieu à Isaca, ce grand fleuve continue son cours à travers le vaste lac Djebou (Dibbi, Debo), La carte jointe à la relation du lieutenant Becher représente une bifurcation semblable entre Abbazacca et Kirri, Les principales villes qui se trouvent le long du Djoliba, dans la partie reconnue ou supposée de son cours, sont : Bammakou, Yamina, Sego, Sansanding, Silla, Jinné ou Djeuny, Massina, T'en-Boktoue ou Tombouctou, Koubi, Yaouri, Boussa, Raca , Rabba , Egga, Kacunda, Bocqua, Abbazacca et Kirri ; au-dessous d2 cette dernière ville, on trouve Eboe sur le bras Central où la Rivière de Nun, Benin sur le bras Occidental ; Owyhere, Nouveau-Calahar, Boni et autres villes paraissent aujourd'hui devoir être placées sur des bras du Kouarra. La géographie positive de ce vaste bassin est encore trop imparfaite pour que uous puissions hasarder de nommer tous les principaux affluens du Djoliba; nous nous bornerons à signaler les sui- Vans comme les plus remarquables à la gauche : le Cobbie (Gubbie) , qui passe par Sakkatou et Cobbie ; la Coudoun ia, qui apporte au Kouarra une grande masse d'eau en traversant le royaume de Nyffe ; la Char rr où Tchad (Sharry, Chad ou Tshadda) , qui passe à Funda et qu'il ne faut pas confondre avec le fleuve du même nom qui appartient au bassin du Tchad, A Ja droite nous ne nommerons que la Moussa (Moossa), qui passe par la ville de ce nom et aboutit au Kouarra, dans les environs de Raca ; elle sépare le royaume de Borgou de celui de Yarriba. Nous ajouterons que le Djoliba ou Kouarra franchit la chaine des montagnes Kong, dont on se plaisait à exagérer tant la hauteur , et que la partie inférieure de son cours oppose de grands obstacles à la navigation par les nombrenx écueils dont tout son lit est parsemé , surtout entre Yaouri et Kirri.

Le Vieux-Cazanar où Boxco paraît descendre du plateau du pays élevé des Calbongos et déboucher dans le golfe où jrarait aboutir le bras oriental du vaste delta du Djoliba sous le nom de Rio de la Croix.

Le Rio nez Rey, le Rro Camaronss, dont on regarde le Mazempa comme un bras, le Danpuxa et le Garon ou OuoxGavounca, sont encore très peu connus; on ignore la position de leur source, qu'on suppose être très éloignée de leur embouchure respective, surtout celle du Gabon; ils traverseut des contrées comprises communément sous le num de pays de Biafares le long de la côte de Gabon, où ils viennent aussi tous mêler leurs eaux avec celles de l’Océan.

Les fleuves suivans appartiennent aux pays communément connus sous la dénomination de Congo; leurs sources et la plus grande partie de leur cours offrent encore beaucoup d'incertitude, Le Congo et le Coanza étaient encore naguère plus imparfaitement Counus que les autres à cause de la longueur de leur cours, qui a été et est encore le sujet de plusieurs hypothèses parmi les géographes. M. Douville vient de soulever un coin du voile qui enveloppait leur cours; nous devons à son obligeance la rectification de cette importante partie de la géographie de l'Afrique, Voici les fleuves qui passent pour avoir le cours le plus long :

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