‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 3)Chapitre 254 sur 457 · TABLEAU MINÉRALOGIQUE DE L'AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

TABLEAU MINÉRALOGIQUE DE L'AMÉRIQUE

Diamans. Empire Brésilien, Minas-Geraes, etc.

AUTRES PIERRES PRÉCIEUSES, Empire Brésilien, Minas-Geraes , etc. ; république de Colombie, Cundinamarca; république du Chili; ré ublique du Bas-Pérou, etc.

Or. République de Colombie, l’Andage » l’Atrato, le San-Juan, la Cauca, etc., dans le Choco , département du Cauca; empire Brésilien, Minas-Geraes, Goyaz et Mattogrosso ;

Etats-Unis du Mexique, la Pimeria-Alta dans l'état de Sonora-et-S'ualoa , ete. ; républi-

que du Chili; république du Bas-Pérou; république du Haut-Pérou ; États-Unis de P Ame-

rique Centrale ; États-Unis ou confédération Anglo- Américaine , comté d’Anson dans la Ca-

roline-du-Nord, comté de Davidson dans la Caroline-du-Sud, etc.

ARGENT, Etats-Unis du Mexique , Guanaxuato , San-Luis Potosi, Zacatecas , etc. ; république du Haut-Pérou; république du Chili; États-Unis de Rio de la Plata, Mendoza; États-Unis

. de l’Amérique-Centrale, etc.

Eraix. République du Bas-Pérou; États-Unis du Mexique, Guadalaxara.

Mercure. République du Bas-Pérou; États-Unis du Mexique, etc. :

Cuivre. Ré ublique du Chili; république du Bas-Pérou; États-Unis du Mexique; Etats-Unis, New-York, Indiana , etc.

Proms. États-Unis , Illinois (Galena), Missouri (comté de Washington), New-York , etc. ; Etats. Unis du Mexique, etc.

Fer. £tats-Unis, New-Jersey, Pennsylvanie, Massachusetts, Connecticut, Sud-Caroline,

New-York, Maryland , otc. ; États-Unis du A es ; empire Brésilien, Saint-Paul, Minas-Géraës, etc. ; Amérique Anglaise , Canada; Colombie ; Confédération de l'Amérique-

Centrale , etc. .

Cuannon De TERRE, Anérique- Anglaise, île Cap-Breton, Nouvelle-Écosse , ete. ; États-Unis ,

Pennsylvanie , ete.; Chili, Penco. | Sex. États-Unis du Rio de la Plata; empire Brésilien , Rio-Grande do Norte, Para, cte.;

États-Unis , New-York (comté Onondaga), Massachusetts (cnmté Barnstaple), Kentucky, Illinois (comté Gallatin), Missouri, etc.; États-Unis de l Amérique- Centrale, Houduras, ete.; Colombie, Zi paquira, ete,; confédération Mexicaine, Oaxica, Nouvelle-Cali. fornie ; Bolivia, Yocalla, Chiquitos ; Amérique-Anglaise, tles Bahama , Saint-Christophe,ete., dans l'archipel des Antilles.

VÉGÉTAUX. Les végétaux, dans le Nouveau-Monde, offrent plus de diversités que dans les autres régions correspondantes par leurs climats; et cette remarque est d'autant plus vraie qu'on porte davantage son attention sur ceux qui se rapprochent plus de la zone équinoxiale.

Bien que nous soyons loin de connaître la flore de plusieurs régions d'Amérique , nous pouvons néanmoins affirmer qu’elle est généralement plus riche que celle des autres parties du monde. Plus de 15,000 espèces de phanérogames y croissent spontanément (la plupart appartiennent aux climats équatoriaux), et ce ne sont pas, comme en Europe et dans les pays tempérés, de ces plantes sociales qui semblent envahir une contrée entière, à l'exclusion de tout autre végétal; car, la nature en Amérique, plus variée dans ses productions , y a disséminé les individus tout en multipliant les espèces. Dans cette notice, cependant, notre intention se portera spécialement sur les végétaux qui, par leur structure si différente de celle des plantes d’autres continens , sont l'apanage de l'Amérique.

Quoique la zone glaciale de l'Amérique n'ait été explorée que sur quelques points du littoral, cependant l'état de sa végétation nous parait suffisamment connu. On ne peut comparer la pauvreté de la nature dans ces affreuses contrées qu’à sa triste uniformité. Les basses terres du Groënland, celles qui avoisinent les baies de Baffin et d'Hudson, nourrissent des plantes presqu'en tout semblables à celles des Hautes-Alpes d'Europe; et l'on sait que les régions hyperboréennés de notre continent ont, relativement à leurs productions, une grande analogie avec celles-ci. Ainsi la flore de l'Amérique glaciale et celle de la Laponie sont à-peu-près identiques. Quelques saules rabougris (salix herbacea, retusa, reticulata) , des bouleaux (Petula alba, nana), des peupliers (populus trepida) quelques pins au sombre feuillage, sont les seuls arbres qui s'avancent le plus au nord et résistent au froid en raison des nombreuses enveloppes corticales dans les uns, ou des sucs résineux dont le tissu des autres est imprégné.

Un nombre assez limité de plantes herbacées se font remarquer et par les dimensions gigantesques de leurs fleurs, comparées aux autres parties, et par la courte durée de leur existence. Mais la rigueur de la température n’est pas un obstacle au développement des cryptogames. Plusieurs mousses et lichens couvrent la terre de ces contrées polaires, et semb'ent èn exclure tout autre végétal.

Les bords du fleuve Saint-Laurent et toute la région du Canada offrent, sous le rapport de la végétation, une transition de la zone froide à la zone tempérée de l'Amérique.

est dans l'ile de Terre-Neuve qu'on trouve déjà de ces plantes particulières aux États- Unis, mais les végétaux du nord y dominent encore. Plus au sud, les espèces se multiplient etse font remarquer par leur beauté incomparablement plus grande que celle des plantes qui croissent dans l'Ancien-Monde, sous les mêmes latitudes ou sous des climais dont la température est la même. En effet, trouverons-nous en Europe, entre les 43° et 45° degrés parallèles, des arbres dont les fleurs aient de r à 2 décimètres de largeur, et des feuilles longues de 3 à 6 décimètres, comme celles de certains magnoliers (magnolia glauca, tripetala)? Pourrions-nous faire entrer en ligne de comparaison les végétaux de nos forèts avec le liriodendron tulipifera , le pavia lutea, le cornus florida et le rhododendron maximum? Et parmi les plantes de genres européens, quelle diversité, quelle

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élégance dans les espèces de chènes, de pins et en général d'arbres verts qui décorent les forèts de l'Amérique septentrionale!

Une fuule de végétaux ; les seuls que nous ayons pu véritablement acclimater en Europe, croissent naturellement aux États-Unis. C'est là que l’on observe le mélange des formes septentrionales 478 formes équinoxiales; on y trouve des lauriers (auras sassafras, Carolinensis,, des passiflores (passiflora peltata, incarnata) des casses (cassia chamecrista) des cactus, des bignones, des orchidées, ete. Michaux a donné les descriptions d'une grande quantité d'espèces de chênes indigènes des États-Unis dont le bois égale et mème surpasse en dureté celle de notre quercus robur, La belle famille des conifères s'y montre aussi sous des formes extrêmement variées; les pins, sapins et genévriers, sont surtout les genres les plus nombreux en espèces. Le myrica cerifera, arbrisseau de la famille des amentacées, est remarquable par l'usage que les Américains font de ses fruits dont l’enduit cireux sert à la fabrication des bougies. Au nombre des plantes herbacées les plus intéressantes La leur élégance ou la singularité de leur organisation, nous citerons plusieurs es e lobélies ({obelia cardinalis, syphilltica, etc.) et la fameuse dionæa muscipula, dont les feuilles sont terminées par un appareil propre à saisir lés insectes que la fatalité amène sur ce piège. Cette jolie plante croît dans les lieux marécageux, ainsi que d'au. tres qui se trouvent également dans des localités analogues de la zone équinoxiale du même continent ; tel est le cabomba aquatica , également naturel à la Guyane et dans les Carolines.

Un certain nombre de plantes européennes (sans parler de celles introduites par la culture ) croissent naturellement dans cette région de l'Amérique. Parmi celles-ci, on distingue les linnæa borealis, gentiana pneumonanthe , saxifraga aisoon, dryas octopetala, etc. Mais il est à remarquer que ces A nan appartiennent aux contrées froides , et que ce sont celles qui varient le moins.

Les végétaux de la côte Nord-ouest d'Amérique ont de grands rapports et avec ceux des États-Unis, et avec ceux de la Région:Sibérienne d'Asie, Nous avons vu un certain nombre de plantes rapportées de l'ile d'Unalaschka d’un voyage fait sur les côtes depuis la Californie jusqu’au détroit de Bering , et par lesquelles nous avons pu vérifier ce rapprochement. C'est de cette région d'Amérique que divers voyageurs anglais, et particulièrement M. Douglas, ont rapporté en ces derniers temps une foule de plantes qui aujourd’hui font la décoration de nos parterres; tels sont les clarckia pulchella, coreopis tinctoria, escholtzia california, plusieurs ænothera, lupinus , etc.

Si nous portons nos regards sur les contrées qui se trouvent le plus au sud de l'Amérique septentrionale , nous verrons une toute autre végétation que la précédente; ce sera celle des climats équatoriaux modifiée par la hauteur absolue du sol. Ainsi, tandis que les côtes du Mexique, et le littoral des iles des Antilles nous présenteront les végétaux propres aux contrées les plus chaudes du globe, les hautes chaînes de montagnes qui règnent du nord au sud , et sur le continent et dans les iles, nourriront des plantes dont la structure aura les plus grands rapports avec celle des plantes de la région tempérée , et même plusieurs espèces qui appartiennent à celle-ci se représenteront à des latitudes rapprochées de l'équateur, Nous ne saurions donc mieux faire que d'emprunter à M. A. de Humboldt les divisions de la zone équatoriale, dans la partie située entre les 15° et 21° degrés de latitude boréale, en région chaude , en région tempérée et en région froide.

La région chaude est celle où la hauteur du sol varie entre o et 600 mètres. La température moyenne de l’année y est de 26° centigrades, Les différences de température que l’on observe entre le littoral oriental et le littoral occidental de la Nouveile-Espagne, entre la température de Veracruz, par exemple, et celle d’Acapulco, entre celle des côtes des îles et celle de l'intérieur des terres de ces mèmes îles , tiennent plus à leur ex: pusition aux vents et à leur élévation au-dessus de la mer qu’à leurs latitudes diverses. Entre autres plantes particulières à cette région, on remarque plusieurs palmiers (cory-

pha, oreodoxa ) des borraginées (cordia gerascanthus, tournefortia velutina , etc.) , des légumineuses (éauhinia, hæmatoxylon, | Mo etc. ), des labiées (salvia, hyptis), des rubiacées , des solanées (crescentia ), etc., etc.

Dans la région tempérée , la chaleur moyenne de l'année est de 25°-17° 3. Cette région, que l’on désigne aussi sous le nom de plateau du Mexique, est élevée de 600 à 2,200 mètres au-dessus de la mer, On y rencontre beaucoup d'arbres et des plantes fru-

tescentes, parmi lesquelles on distingue quelques chènes (quercus xalapensis, obtusata, glaucescens, laurina); taœus montana ; erythroxylum mexicanum ; piper auritum , termi. nale, ete. C'est de là aussi que proviennent les Dahlias, le cohæa scandens, ces plantes actuellement si répandues en Europe, où elles croissent avec la plus grande facilité et sont les plus beaux ornemens des jardins.

Toluca et les autres lieux du Mexique, dont l'élévatiun est de 2,200 à 4,700 mütres, forment la région froide, En effet, la chaleur moyenne y varie entre 17°, 5 et 0”, À, Là, s'élèvent des montagnes couvertes d'une neige perpétuelle , etsur les limites de laquelle croissent des caryophyllées et des rhodoracées, familles presque toutes indigènes des climas septentrionaux. Dans les localités moins élevées, on rencontre un grand nombre de plantes qui appartiennent aussi à nos genres européens, mais qui en diffèrent spécifi. quement, Ainsi il y a des valérianes, des roses, des galium, des pinguicula , des violettes,

et (he anc ces!

les ap n'oi grai plus poss dan:

des sauges, etc. Un arbre qui a fait l'admiration des voyageurs, tant par la beauté de son cacu port et de son feuillage que par la singulière organisation de ses organes floraux , croit bron près de Toluca, Nous voulons parler du cheirostemon platunoides de Humboldt et Bonpland, Brés que d'autres botanistes ont aussi nommé chiranthodendron , dénominations qui répondent teme à celle d'arbol del manitas des colons espagnols, et qui donnent une idée de la conforma- des j tion de ses étamines dont l'ensemble simule assez bien les cinq doigts d'une main humaine, les À On a cru pendant long-temps que cet arbre était unique à T'oluca, mais le savant bota- Te niste mexicain Cervantes a assuré à MM. de Humboldt et Bonpland qu'il y en avait des mens

leurs pris ropés grès occu} s'éten die et Da

forêts entières au nord de cette ville.

Toutes les contrées basses situées sous des latitudes proches de l'équateur , tout le littoral du Continent-Américain, sit oriental soit occidental, depuis le Mexique jusqu'au sud du Brésil et du Pérou, en y comprenant les terres basses des iles nombreuses qui se trouvent sur les côtes, sont caractérisées par une végétation tout-à-fait particulière. La nature y est si variée dans ses productions qu'il serait téméraire de vouloir, dans une courte notice, esquisser seulement quelques traits de son immense tableau, Contentons - nous donc de parler ici de ces plantes si utiles à l'homme qu'il leur a, pour ainsi dire, attaché

son existence, et de celles dont {e nombre des individus est tel, dans certains pays, qu'il un au en détermine la nature et l'aspect, Saint.

Les palmiers, ces princes du règne végétal, croissent tous dans les climats des tres iques divers à l'exception du dattier et de quelques chamærops. Quelquesuns habitent le penchant le feu de montagnes assez élevées; tel est, par exemple, le ceroxylon andicola , que les illustres comm

voyageurs déjà cités ont rencontré dans les montagnes de Quindiu au Pérou. C'est sur entre l'écorce de cet arbre que les indigènes recueillent une cire très propre à l'éclairage, Les senten autres palmiers, dont le nombre est si considérable que nous sommes forcés d’en taire les desque noms génériques et spécifiques, sont très communs daus les plaines ou sur les collines de la sécl toute cette partie de l'Amérique et principalement dans à . publique de Colombie, à la d'oisea Guyane, au Brésil, etc. C’est surtout dans ce dernier payn que les palmiers abondent ; Les

ils y sont tellement diversifiés qu'ils ont fourni au célèbre voyageur allemand , M. de Mar- les can tius, le texte d’un superbe ouvrage enrichi de planches qui représentent le port de l'arbre virons et les détails de son organisation. remar

Les contrées équinoxiales de l'Amérique offrent, dans les fougères arborescentes, un des ar

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coup-d'œil admirable à l'Européen qui aborde pour la première fois sur ces plages. Quel n’est pas son étonnement quand il voit, pour la première fois, ces plantes si modestes, si cachées dans nos climats, se présenter avec toute la majesté des pins et des palmiers ? Les « des | nombreuses espèces de cyathées (cyathœa arborea, speciosa, muricata, etc.), de pte- couver! rides , d’aspidies , de doradilles (asplenium arboreum), forment un des traits caractéristi- sent la ques de la flore des Antilles, de la Nouvelle-Andalousie, près du couvent de Caripé, de la nombre Nouvelle-Grenade, aux environs de Guaduas et d’Icononzo, ainsi que dans les vallées du Plata e Pérou, entre Loxa et le fleuve des Amazones, et dans le Mexique, près de Xalappa. Pour! S'il fallait passer en revue toutes les autres richesses végétales que la nature déploie dans les régi cette partie de l'Amérique, nous parlerions de ces nombreux cactus dont les tiges simulent Mais, de vastes candélabres sur les côtes de Cumana, et surtout de ce cactus coccinillifer qui coup de fait la fortune d'une partie du Mexique, fortune que le courageux Thierry de Menonville localités voulut faire partager aux colonies françaises ; nous citerions les forêts d’araucaria du Chili produir!

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et du Brésil, le cacao (theobroma cacao), le rocou (bixa orellana ), le bois de campèche (hæmatoæylon campechianum), e bananier (musa paradisiaca), l'ananas (bromelia ananas), et tant d'autres végétaux, non-seulement utiles à leur pays, mais devenus né cessaires à l'Europe pour ses arts et ses manufactures, 11 faudrait aussi nous étendre sur les plantes introduites dans les iles du Nouveau-Monde et dont la culture, si multipliée, a presque totalement changé l'aspect de ces régions : tel est , par exemple, le café, Nous n'omettrions pas également de faire connaître les principaux lieux où se cultivent en grand le sucre, le coton, ete. ; mais on sent que toutes ces indications, si elles étaient plus détaillées, nous entraineraient au-delà des limites que comporte une simple notice.

Depuis les voyages de MM. Auguste Saint-Hilaire, Martius et Pohl au Brésil, nous possédons de bons renseignemens sur l'ensemble de la végétation de ce vaste pays, C'est daas leurs ouvrages qu'il convient d'étudier les espèces éminemment utiles, comme l'ipécacuanha (cephaelis ipecacuanha), le faux quinquina (strychnos psendoquina), les theobtroma, jatropha, ete. Maïs nous profiterons de l'aperçu d'un voyage dans l'intérieur du Brésil , sorte de compte rendu que M. de Saint-Hilaire a présenté aux savans, immédiatement après son retour, pour faire connaitre, d'une manière générale, la distribution des plantes, soit dans l'empire Brésilien, soit dans la ci-devant province Gisplatine et dans les Missions dites du Paraguay.

Tous les voyageurs ont parlé de ces immenses forêts vierges du Nouveau-Monde, immenses par l'étendue du terrein qu'elles occupent, et par les dimensions gigantesques de leurs arbres; la belle gravure publiée par M. le comte de Clarac, représentant un site pris dans l'intérieur de leur épais fourre, a complété l’idée que peut s'en former un Européen peu familiarisé avec l'aspect d'une nature sauvage et vigoureuse. Malgré les progrès de la civilisation sur le continent de l'Amérique méridionale, les forèts vierges occupent encore de vastes régions. Ainsi, celles qui commencent près de Rio-de-Janeiro s'étendent en largeur à plus de 5o lieues, Dans la capitainerie de Minas-Geraes, l'incendie en a fait disparaître plusieurs qui ont été remplacées par des pâturages.

Daus le district de Minas-Novas , et sur les larges plateaux qui le recouvrent, il est un autre genre de forèts appelées carascos par les habitans, et forêts naines par M. de Saint-Hilaire, parce qu'elles se composent d'arbustes d’un mètre à-peu-près de haut, très diversifiés, mais où cependant domine une mimeuse épineuse ( mimosa dumetorum), dont le feuillage est d'une extrème élégance, Enln, lorsque le terrein s'abaisse et devient égal , comme par exemple au-delà de Villa-Dofanado , an trouve des bois qui tiennent le milieu entre les forèts vierges et les carascos. Les caftingas (c'est ainsi qu'on les appelle) présentent un épais fourré de broussailles, de plantes grimpantes et d’arbrisseaux au milieu desquels s'élevent, comme des baliveaux , des arbres de moyenne grandeur. Par l'effet de la sécheresse , les cattingas perdent leur verdure et ne sont plus la retraite d'une foule d'oiseaux et d'insectes comme pendant la saison des pluies.

Les hautes montagnes du Brésil offrent un nombre de végétaux plus considérable que les campos dont nous avons parlé. Parmi les plantes particulières aux montagnes des environs de Villa-Rica, dans la capitainerie de Minas-Geraes, M. Auguste Saint-Hilaire a remarqué les velosia, genre d'amaryllidées, dont les espèces vivent en société et sont des arbrisse « 1x à rameaux étalés et couverts de fleurs bleues, violettes, quelquefois blanches, et aussi r'andes que nos lis.

Dans l'hémisphère austral, une végétation, analogue à celle de l'Europe, commence à des latitudes plus rapprochées de l'équateur. Ainsi, les environs de Montevideo sont couverts de plantes qui appartiennent, à peu d'exceptions près , aux genres qui composent la flore française : il est vrai que plusieurs d'entre elles y ont été naturalisées. De ce nombre est le cardon (cinara cardunculus) qui infeste les campagnes du Rio de la Plata et de l'Uraguay.

Pour compléter cette esquisse de la végétalion américaine, il nous resterait à décrire les régions péruvienne et chilienne, celles de Buénos-Ayres et des Terres-Magellaniques. Mais, par ce que nous connaissons des plantes du Pérou, nous aurions à répéter beaucoup de ce que nous avons dit sur la végétation générale du Mexique et du Brésil ; car, des localités presque semblables, le voisinage de la ligne, des températures analogues, doivent produire des êtres sinon absolument les mêmes, du moins très ressemblans dans leur or

Gr,

——— cms ganisation. Le Pérou et la Colombie sont néanmoins la patrie des espèces de quinquinas (cin- a: chona condaminea, ohlongifolia , ete. ), les plus célèbres par leurs propriétés fébrifuges, I On a long-temps cru qu'aucun véritable cinchona ne croissait loin des Cordillères dans p' l'Amérique-du-Sud ; mais M, Auguste de Saint-Hilaire en à rencontré au Brésil trois es- re pèces qui rivalisent, par leurs qualités physiques , avec les espèces péruvienues, la

L'Amérique méridionale est censée la patrie primitive de denx végétaux éminemment La utiles à l'homme , c'est-à-dire de la pomme-de-terre (solanum tuberosum ) et du maïs (mais Ve sea). Mais de quelle contrée d'Amérique sont-ils originaires? Cette question, depuis Pli long-temps agitée, et sur laquelle M. A. de Humboldt n'a pu pronoucer , puisque nulle | part dans ses voyages , il n'avait rencontré la pomme-de-terre sauvage, a été résolue, il los

a quelques années, par l'envoi de tubercules à la société horticulturale de Londres, tu- 06

reules sauvages, nains et arrondis, provenant d'une localité dans le Chili, où ils étaient sa | très abondans, et qui, cultivés, ont donné d'autres tubercules et des individus en tout les semblables à ceux de nos pommes-de-terre, M. Bertero, voyageur aussi instruit her Bea pide, a également trouvé en abondance la pomme-de-terre sauvage aux diverses localités Sep du Chili, principalement aux environs de Quillota, d'où il nous a envoyé de nombreux pou échanuïlons, Quant au maïs, un Brésilien fort instruit en a envoyé à M. de Saint- renc Hilaire, des échantillons venant sans culture dans les missions du Paraguay. Les fleurs dan: femelles de ce maïs sont bien réunies en grappe comme celles de nos contrées, mais elles poss offrent cette particularité que chaque fleur partielle est recouverte par des enveloppes soit glumacées semblables à celles des autres graminées,

La Patagonie, les iles voisines et les Terrus-Auias «tiques sont à-peine connues; on sait prop seulement, par la petite quantité de plantes qu'en ont à mn les voyageurs, que ceiles- friqu ci, tout en offrant de l'analogie avec nos végétaux hyperboréens, sont néanmoins carac- chet térisées par un aspect fort singulier. Les mousses, lichens, et autres cryptogames se ren- en lc contrent ici, mais sous des formes assez différentes de celles de cryptogames du Nord. S'il son € est possible d'avoir une idée juste de la végétation des Terres Magellaniques, c'est par la con- si l’o naissance de celles des îles Malouines dont nous possédons, grâces aux talens :t au zèle de prése MM. Gaudichaud et d'Urville, une flore assez complète, Les mêmes plantes ont été trou- et ris vées sur les plages de ces iles et du détroit de Magellan. 11 faut néanmoins tenir compte de diffs la nature de ces diverses contrées. Les Terres-Magellaniques sont hérissées de montagnes FR assez élevées où croissent , nous n'en doutons pas, des plantes particulières , tandis que le rou @ sol des Malouines est à-peu-près uniforme, formé d’une tourbe spongieuse qui provient du Pamp, détritus des plantes, dont les générations se succèdent et meurent sans disparaitre du lieu, chaîne c'est-à-dire sans qu'aucun animal n’en fasse sa proie. Aucun arbre ne se montre sur cette fornie

terre dont la monotonie est décourageante. Le plus grand végétal est un arbuste de 6 pieds, de la et, ce qui est très remarquable, appartient au genre veronica. Quelques synanthérées , un L'A grand nombre de graminées , des fougères, des lichens et des mousses, y sont les plantes “il dominantes, Nous n'omettrons pas de citer un végétal remarquable, commun à ces iles et « be aux Terres-Magellaniques ; c'est le co/ax glebaria de Commerson, vulgairement nommé le d'Afriqn Ë gommier des Malouines. Cette ombellifère forme, :ar la terre, une truffe verte, dure et Espa q ferme, quelquefois haute de 3 pieds, et épaisse de 7 à 8. Toutes les parties de la plante ] Re sont remplies d’un suc gommo-résineux blanc qui rougit et durcit à l'air. ; voix de. Telle est l'indication des richesses végétales que la nature déploie avec luxe et profu- des

vivemen Ce rosal, Mais en citer und les Phrl bées, Îles dysopes, au Brési deux sca condylu du nord Les

sion dans l'Amérique. Cette indication est sans doute trop succincte pour compléter les idées qu’on doit se former sur cette matière ; mais nous n'avons eu d'autre but, dans cette notice, que de répandre de l'intérêt sur un sujet qui a tant de connexion avec la géographie physique du Nouveau-Monde.

ANIMAUX. Ni l'Asie, ni l’Europe, ni l'Afrique n’ont; dans l’ensemble de leurs animaux, une physionomie aussi caractérisée que l'Amérique. 1 faut se porter au temps où Colomb découvrit cette portion de notre sg pour concevoir quel dut être l’émerveillement des naturalistes à

a vue de tant de productions aussi riches que variées, aussi belles que capricieuses dans leurs formes. Tous les cadres d'histoire naturelle furent brisés par cette masse d'êtres jusqu'alors inconnus, et c’est de cette ère

de uinquinas (cinppriétés fébrifuges.

» Cordillères dans au brésil trois esuvienues, sétaux éminemment n ) et du mais (mais e question, depuis cer, puisque nulle je, à été résolue, il rale de Londres, tu- Chili, où ils étaient es individus en tout ssi instruit qu'intréux diverses localités nvoyé de nombreux oyé à M. de Saint- Paraguay. Les fleurs , contrées, mais elles e par des enveloppes

eine connues; on sait joyageurs ; que cellesont néanmoins Carat s cryptogames se rëti- Hope du Nord. S'il niques, c'est par la couux talens et au zèle de s plantes ont été troumoins tenir compte de érissées de montagnes culières , tandis que le gieuse qui provient du ns disparaitre du lieu, ne se montre sur cette un arbuste de 6 pieds,

à l'air.

que la science jeta de profondes racines, en exploitant une masse imposante de faits; elle traça des limites que les découvertes récentes ont remplies , mais sans les déborder, Les À jose travaux qui firent connaître la création de cette partie du monde rappelleront les noms des Léry, Laët, Margraff, Fernandez, Pison, Acosta, Nieremberg, Rochefort, Feuillée, Dutertre, Gomara, Garcilaço, Sloune, Catesby, Labat , Edwards, Plumier, Browne, Bancrofft, Fermin, etc., etc.

La grande majorité des genres de l'Amérique lui est propre, et est sans analogie avec ceux des autres pasties du Cependant, liée à l'Asie par sa partie boréale, elle possède la plupart des animaux qui vivent sous les glaces polaires ou qui se sont avancés à travers les steppes de la Sibérie. Beaucoup d'espèces européennes se sont aussi fait jour dans l'Amérique Septentrionale , et les genres ne sont plus, dans cette région, différens pour la plupart de ceux du vieux monde, tant il est vrai que cette adhérence territoriale et l'influence de température, imposent des identités dans la texture intime des animaux. Quant à la région intertropicale, elle possède la variété et la richesse de cette zone, observée soit en Afrique soit en Asie, mais la grande partie de ses genres lui appartiennent en propre et presque toutes ses espèces sans exception. De même que l’Afrique conserve dans sa Région Capensienne (Extrémité-Australe) un cachet indélébile de création, de même aussi l'Amérique-Méridionale, jetée en longue pointe au milieu des tempêtes du pôle austral, affecte dans son ensemble une création à part, une nature qui lui est propre. Puis, si l’on réfléchit aux régions variées, aux circonscriptions de bassins que présente cette surface du onde, on devra sentir combien les profondes et riantes forêts du Brésil et de la Guyane, doivent recéler À ce pa différens de ceux des Florides et des hauts plateaux du Mexique, du Pérou et de la chaîne des Cordillères, des États-Unis et du Chili, des vastes pampas de la Patagonie ou des froids bassins de la côte Nord-ouest ; de la chaîne Missouri-Colombienne (Rocky-Mountains), des sables de la Californie; des prairies rases des Malouines, des rochers couverts de neige de la Terve-de-Feu, etc., etc.

L'Amérique, qu’un vieil usage nomme encore le Nouveau-Monde, bien que ce noin convienne plutôt à l'Australie, l'Amérique nourrit une grande famille de singes divisée en nombreuses tribus , et dont les genres et les espèces sont sans analogues avec les singes d'Afrique ou d'Asie. C'est en effet dans les régions brûlantes du Brésil, de la Nouvelle- Espagne, de la Guyane, qu'on rencontre ces atèles aux longs bras, se balançant sur les lianes des bo: 4s de l'Orénoque, ces lagotriches à queue prenante, ces alouates à la voix de stentos , ces sapajous maraudeurs , ces sagoins si gracieux, ces singes de nuit

oie avec luxe et profuicte pour compléter les d'autre but, dans cellé nnexion avec la géopra

dormeurs et à tête arrondie, ces sakis à barbe d'israélite, ces ouistitis fantasques et si vivment peints, ces famarins au pelage noir ou à crinière dorée, ainsi qu'on voit ce rosalia ou marikina si estimé des créoles. Nul quadrumane ne s'offre en Amérique, mais en revanche les chauves-souris y comptent plus d’un genre, bien qu'on ne puisse v

s, aussi belles que ire naturelle furent t c'est de cette ére

citer une seule roussette, car ces carnassiers frugivores sont exclusivement asiatiques. Mais les phyllosomes, mais le vampire sanguinaire, les madatées, les glossophages, les artibées, les monophiles , des taphiens, les mormoops, des verpertilions, à nycticées, des dysopes, des nyctinomes, sont répandus aussi bien au nord que dans le sud, aussi bien au Brésil qu'à la Guyane, Quelques musaraignes fréquentent les rives du Missouri, et deux scalops sont propres à la Virginie, au Canada et à la Pennsylvanie. Toutefois les condylures au nez enveloppé de lanières étoilées, sont un genre qui caractérise les états du nord de l'Union.

Les carnivores plantigrades ont de nombreux représentans dans ces vieilles forèts de la

riées, le mégalonyx du Chili, les attagis , les tinochores , se présentent avec une longue suite de grands oiseaux galiinacé devenus précieux dans nos basses-cours, tels sont les hoccos , les pauxi et les dindons. Des lagopèdes , des gélinottes pullulent dans la partie nord, et nos cailles y sont représentées par les colins, tandis que les mégapodes malaisiens sont remplacé: jar les tiramous timides, et que les pénélopes rappellent les formes des touracos, C'est en Amérique que vivent les singuliers échassiers nommés kamichi, chaia, agamis, héliornes, courliri, helias et savacou au bec bizarre ; tandis que les rivages sont couverts de vanneaux, pluviers, échasses, hémipalmes, spatule et flammans , hérons et tantales, et que les mers soit Pacifique, soit Atlantique , qui les baignent dans une im- et mense étendue, sont peuplées de pélicans au large gosier, de frégates au vol puissant, de rhyncops au bec anomal , de harles, d'alques et cérorhynques, de manchots, de sphénisques et de gorfous, vrais représentans des pingoins du Vieux-Monde.

Dans les fleuves du Mexique, de la Louisiane, de la Floride et des états méridionaux Anglo-Américains, le caîman à museau de brochet, dresse aux animaux les mêmes em-

bâches que le crocodilus acutus à Saint-Domingue et à lg Barbade, les caimans à lunettes 2,0 et à paupières osseuses , dans les fleuves de la Colombie et des Guyanes. Six espèces de qu crotales ou serpens à sonnettes infestent toutes les basses terres soit littorales, soit méditer- clas ranées de l'Amérique et de l'archipel Antillien depuis le 45° degré nord jusqu’au Rio de rais

la Plata. D'autres serpens venimeux, des trigonocéphales s'embusquent dans toutes les sigr forêts du Brésil et de trois des petites Antilles, la Martinique, Sainte-Lucie et la Grenade. De nombreuses couleuvres , des orvets de toutes couleurs, des batraciens, des sauriens de petite taille, font de l'Amérique une des contrées les plus abondantes en reptiles. Les‘poissons y présentent ces nombreuses nuances que nous avons vues déjà régaer , dans les mers d'Asie. Ainsi aux poissons pélagiens et chasseurs des hautes mers se joignent prit les poissons saxatiles des côtes rocheuses, ceux qui se cachent dans le sable ou dans le tous limon des embouchures des fleuves; et de même que l'Amérique possède les plus grands peu courans d'eau douce, de même aussi’ les poissons des fleuves y abondent et leurs noms

nier

fourniraient un trop long catalogue. Les grands squales, les larges raies, les baucs de plus morues et de gades sont pour les peuples de ces climats et même pour le: Eur )éens, Nès l'objet de pêches qui font vivre des populations entières. l 8 Les mollusques terrestres et fluviatiles; les insectes, les z0ophytes prouvent ien + AT répartition le même luxe que nous avons indiqué pour les animaux des classes si: 21": 102 Nou Ces êtres sont distribués par parallèles, et ceux du nord n’ont rien de comm. avec riqu

fert pein l'app des 1 naîtr veau veau que, calcu l'Am

ceux du sud, et ceux des côtes baignées par l'Océan-Atlantique diffèrent complètement de ceux qui vivent dans les eaux de l’Océan-Pacifique. La portion australe possède une création neuve, peu connue, très remarquable, et c'est là que pullulent les concholépas , naguère si rares et qui dans leur patrie servent à faire de la chaux , les crépidules , les fissurelles, tant d'Aolothuries , d'alcyons, de boltenia , de pyura , etc., etc. C'est par millions d'individus que le Brésil et la Guyane nous envoient les insectes si brillans que ces contrées produisent , insectes devenus, par leur abondance, vulgaires dans les collections.

GÉOGRAPHIE "Z:ITIQUE.

SUPERFIOIE. À la page 626, nous avons déjà relevé l'erreur d’après laquelle l'Amérique serait la plus grande de toutes les parties du monde. On a maintenant des mesures bien autrement exactes que celles que firent des savans estimables sur de mauvaises cartes et à une époque où l'on connaissait si imparfaitement cet hémisphère. D’après nos calculs, qui nous ant donné des résultats presque identiques à ceux qu'a obtenus M. le baron de Humboldt, la surface de cette partie du monde, y compris les îles que nous regardons comme ses dépendances géographiques, ne s'élève qu’à 11,146,000 milles carrés.

POPBULATION. Nous avons vu à la page 47, que la population de

Blancs Indien, Dègres Races

méla

Le peupl avons indép, l’Atla

DESCRIPTION DE L'AMÉRIQU E. 969

l'Amérique, malgré son immense étendue, ne s'élève qu'à 39 millions. Cette population égale à peine celles réunies de la France et du ci-devant royaume des Pays-Bas. En divisant ce nombre par sa Surface, que nous venons d'évaluer à 11,146,000 milles carrées , on aura une population relative de 3.5, c’est-à-dire que chaque mille carré de cette partie du monde n’offre que trois habitans et demi. Sur un espace égal, l'Océanie en a six et demi, l'Afrique sept, tandis que l'Asie en compte trente-deux et l'Europe quatre-vingt-deux.

ETENOGRAPHIE. Malgré sa faible population, et l’état encore si im. parfait de l’ethnographie, l'Amérique offre encore un plus grand nombre de peuples différens que toutes les autres parties du monde, Dix millions environ d'individus y parlent plus de 438 langues différentes et plus de 2,000 dialectes. Ce phénomène unique sur le globe, quelque incroyable qu'il paraisse, n’en est pas moins vrai. Les faits incontestables recueillis et classés dans l’Avtas cthnographique du globe ne laissent plus aucun doute raisonnable sur ce point, Le cadre de cet Abrégé ne permet pas de les désigner tous ; d'ailleurs nous n’avons pas même assez d'espace pour décrire, d'une manière sufl lisante, seulement les familles ethnographiques et les langues qu'on regarde comme absolument indépendantes les unes des autres. Nous nous bornerons donc à classer, d’après leurs idiomes, seulement les principales nations du Nouveau-Monde. Considérés sous ce point de vue, tous les peuples de cette partie du globe offrent deux grandes divisions : Peuples américains ou indigènes ; et Peuples d'orioine ctrangére. Ces derniers, quoique divisés en un petit nombre de peuples, offrent néanmoins la plus grande masse de la population de l'Amérique; et, à l'exception des Nègres, qui presque partout sont esclaves, ces peuples étrangers ont méme l'avantage d’être, à quelques exceptions près, les nations dominantes du Nouveau-Monde. Mais avant d'offrir le tableau ethnographique de l’Amérique , nous devons signaler un autre phénomène unique sur le globe, offert par cette partie du monde; c’est que Sa population indigène forme à peine le quart de sa population totale. Voici quelques faits qui viennent à l'appui de notre assertion. En prenant pour base les importans résultats des recherches difficiles auxquelles M. de Humboldt s’est livré pour connaître les rapports numériques des différentes races qui peuplaient le Nouveau-Monde au commencement de 1822, et en y ajoutant les faits nou- VEUX que nous avons pu recueillir après leur publication, nous trouvons que, pour la fin de l’année 1826, époque à laquelle s’arrétent tous nos calculs relatifs à la statistique du globe, les différentes races qui habitent l'Amérique, peuvent être représentées par les nombres suivans :

ent avec une longue cours, tels sont les slent dans la partie égapodes malaisiens llent les formes des més kamichi, chaia,

que les rivages sont lammans , hérons et ignent dans une ims au vol puissant, de chots, de sphénisques

es états méridionaux aux les mêmes emes caimans à lunettes anes. Six espèces de torales, soit méditernord jusqu'au Rio de uent dans toutes les Lucie et la Grenade, raciens, des sauriens antes en reptiles.

ns vues déjà régaer utes mers se joignent le sable ou dans le ssède les plus grands ndent et leurs noms s raies, les baucs de

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vé l'erreur d’après Blancs Européens ou descendans d'Européens établis en Amérique,

++... 14,600,000 ; Indiens ou Américains indigènes. 10,000,000 e. ? $ L , parties du mond t Nègres ou Africains sans mélange: esclaves et libres. Sésrss see ss: 7,400,000 ne celles que firen Races mélangées de noir, blanc et indien (mulâtres , mestizos, zambos et poque où l'on con- mélange des mélanges). ..,,,,,,,... these ses de 73000,000

calculs, qui nous obtenus M. le baÿ compris les fles hiques, ne s'élève

Le tableau ci-dessous offre tous les peuples d'origine étrangère, et les peuples indigènes les plus remarquables. Pour éviter les répétitions, nous avons mis deux +* devant le nom de tous les peuples qui conservent leur indépendance. Dans cette longue énumération, nous suivrons l'ordre de

e la population de l'Atlas ethnographique du globe , en commençant par l'extrémité méridio-

nus nale de l’Amérique-du-Sud ; nous irons ensuite en remontant vers le nord, d’un côté jusqu’au Groënland, de l’autre jusqu’au détroit de Bering.

TABLEAU DE LA CLASSIFICATION DES PEUPLES DE L'AMÉRIQUE D'APRÈS LES LANGUES.

NATIONS INDIGÈNES. Parmi le grand nombre de nations comprises dans cette section

nous nous bornerons à citer les suivantes :

++ Les PEGHERAIS Ou YACANACUS, nation très peu nombreuse, mais qui est remarquable en ce qu'elle est la plus australe de toute la terre connue ; elle habite l'archipel de Magellan ou de la Terre-de-Feu, et, à ce qu’il paraît, même quelques localités le long de la côte occidentale du continent opposé à cet archipel. Les rapports des capitaines King et Fitzroy, commandans de l’expédition anglaise envoyée dernièrement à l'exploration des côtes de l'extrémité méridionale de l’Amérique-du-Sud , ont confirmé les détails donnés par Cook concernant la vie misérable menée par ces sauvages, dont l'abrutissement ne pi être comparé qu'à celui des naturels des côtes Nord-ouest de l'Australie (Kovvelleollande); ils se nourrissent de coquillages et s'accroupissent par famille sur la pixge, où ils trouvent la plus ample moisson de pétoncles et d’autres mollusques , et changent de

place seulement quand elle est épuisée.

«+ TeHUELHETS, nation assez nombreuse de la Patagonie, subdivisée en plusieurs tribus, qui sous différens noms errent dans les vastes solitudes de cette région depuis le détroit le Magellan jusqu'aux environs du Rio Camarones, Quelques-unes de ses hordes offrent des peuplades de véritables géans ; ce fait, qu'on a voulu encore dernièrement révoquer en doute, mais que'de nouveaux rapports ont coufirmé de la manière la plus convaincante, donne une grande importance à cette nation. Il nous semble aussi que c’est à ces tribus qu faudrait restreindre la dénomination de Patagons donnée par Magellan à un peuple e cette contrée.

La Fance Curztenxe comprend plusieurs peuples dont quelques-uus sont assez nombreux: ils habitent les hautes vallées du Chili-Septentrional et celles du Chili-Oriental au-delà des Andes, et s'étendent ensuite dans le Chiïi-Méridional et dans la Patagonie. Les plus nombreux et les plus remarquables sont : les Aucas ou Molouches proprement dits, nommés Araucans par les Espagnols; ceux qui habitent à l’ouest des Andes forment la puissante ++ confédération des Araucans. Cette nation belliqueuse, après avoir fait une longue guerre aux Espagnols, vivait en paix avec eux, lorsque à l’époque de la révolution, ayant pris le parti des royalistes , elle tourmenta beaucoup les républicains, dont elle détruisit plusieurs villes: celle de Concepcion en conserve encore les traces affreuses. Le territoire de cette confédération , que les géographes appellent Araucanie, s'étend à l’ouest des Andes entre le Biobio, le Valdivia et le Grand-Océan. Il est partagé en quatre gouvernemens où tétrarchies; chaque gouvernement est subdivisé en g provinces, qui sont elles-mêmes partagées en neuf regues ou districts. Les quatre uthal mapus ou tétrarchies sont gouvernées par quatre foquis ou tétrarques, indépendans l’un de l’autre dans l'administration civile de leurs territoires respectifs; mais néanmoins confédérés pour le bien général de la contrée, Ces quatre chefs ainsi que leurs gouverneurs subordonnés des provinces et des districts respectifs sont héréditaires dans la ligne masculine. Le gouvernement de ce pays offre la plus frappante ressemblance avec l'aristocratie militaire des ducs, des comtes et des marquis du nord de l’Ancien-Continent, quoique son existence soit de beaucoup antérieure à l'arrivée des Espagnols dans cette partie reculée du Nouveau-Monde. Les Araucans passent justement pour être la nation indigène indépendante la plus policée de l'Amérique, et paraissent être le premier peuple de ce Continent, qui, en se procurant par un heureux hasard de nombreuses et bonnes ar, de chevaux, s’accoutuma de bonne heure à l'équitation et forma des corps de cavaliers; dès l'année 1568 il eut déjà plusieurs escadrons de cavalerie dans son armée. Comme plusieurs autres nations de l'Amérique, il conserve le souvenir d’un grand déluge, auquel il n’échappa que peu de monde. Les Araucans savent déterminer par le moyen de l'ombre les solstices, et leur année offre encore plus d’analogie avec l'année égyptienne que celle des Aztèques. Ils divisent le jour naturel comme les Chinois, les Japonais, les Taîtiens et quelques autres nations; et distinguent les planètes des étoiles , et les croient autant de terres habitées comme la nôtre. Malgré l'état imparfait de leurs connaissances géométriques, ils ont dans leur langue des mots pour désigner les différentes espèces de quantité, comme le point , la ligne, l'angle, le triangle , le cône, la sphère , le cube; is cultivent avec succès la rhétorique, la poésie et la médecine , autant qu’on peut y réussir sans livres et sans écriture; chez eux , comme dans l’ancienne Rome, l'éloquence mène aux honneurs politiques et au maniement des affaires. Leurs amfibes , qui équivalent à nos empyriques, sont de bons herboristes et connaissent bien Îe pouls et les autres signes diagnostiques. Depuis très long-temps ct auj

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nat nlint avant l’arrivée des Espagnols , ils font usage de la saignée, des lavemens, de la sonde, des vomitifs, des purgatifs ct des diaphorétiques; et leurs gutarves ou chirurgiens savent remettre les os à leur place, consolider les fractures, traiter les plaies et les ulcères. Ces professions sont regardées comme les états de forgeron , d’orfèvre, de Charpentier et de potier, tout imparfaits qu'ils sont encore parmi ce peuple, Une partie de Ja nation s’adonne à l'agriculture, l'autre à l'éducation du bétail, On doit äjouter que cette nation est une des plus nombreuses parmi celles qui conservent encore leur indépendance , quoiqu’elle soit bien loin de compter le cinquième du nombre d'individus que lui assignent les statisticiéns allemands les plus célèbres. Après les Aucas viennent les 44 futa. Hulliche, qui habitent au sud des premiers; ils s'étendent le long de la côte occidentale de la Patagonie jusqu’au détroit de Magellan ; leurs principales tribus portent les noms de Cunchi, Chonos, Poy=yus et Key-yus.

On doit ajouter que les montagnards compris dans cette famille ont en général unc taille supérieure à celle des Européens les plus hauts. Montés sur des chevaux, à la manière des Tartares, ils se réunissent subitement, et ils font des marches de deux à trois cents lieues pour piller les pays ennemis.

++ Les PuErcHES, partagés en plusigurs tribus, dont quelques-unes sont appelées Pampas

par les Espagnols ; c’est une des nations les plus belliqueuses de l’Amérique-du-Sud ; leur

emeure principale est la partie méridionale de l'état de Buénos-Ayres , entre le Rio- Colorado et le Rio-Negro. Le fameux Pincheira, fils d’un Européen et d’une Indienne, à réuni plusieurs tribus de Pampas sous ses ordres , et s’est rendu redoutable aux habitans du Rio de la Plata, En 1829 on le vit après une défaite se porter subitement sur l’établissement de Patagonie et ravager pendant plusieurs mois les Campagnes qui l'ervironnent. Ce fut sous ses ordres que les naturels de la Bahia-Blanea asvassinérent la garnison de 14 place pour se veuger du massacre de plusieurs Indiens que Lavalle avait fait passer au fil de l'épée. Après la paix avec Buénos-Ayres, il attaqua et ravagea la province de Mendoza. C’est au nom de Ferdinand VII qu’il a toujours combattu les républicains, et il se glorifie beaucoup de la qualité de colonel, grade qu'on lui a effectivement donné dans

ant vers le nord, de Bering.

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