AMÉRIQUE-INDIGÈNE INDÉPENDANTE
Nous comprenons sous cette dénomination un grand nombre de petits états formés par les nations qui, quoique vivant éparses sur les vastes solitudes que les puissances européennes et les nouveaux états de l'Amérique regardent comme des parties intégrantes de leurs territoires respectifs, n’en conservent pas moins leur indépendance. La géographie physique des pays occupés par ces nations a déjà été donnée dans la description des états dont elles sont censées faire partie , et leur population et leur super-
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ficie figurent avec la superficie et la population correspondantes de ces mêmes états. Nos recherches sur ce sujet nous ont engagé à estimer à environ 6,000,000 de milles carrés la superficie des terres où sont disséminées les nations indigèues indépendantes, et à porter tout au plus à 1,300,000 âmes leur population collective. Pour éviter des répétitions inutiles, nous renvoyons aux pages 970-981, où l'on a classé, d'après les langues, toutes ces petites nations, dont quelques-unes se trouvent partagées entre plusieurs états, Le signe ** qui précède le nom de certains peuples signale ceux qui, étant indépendans, appartiennent à cette section, Comme l'extrémité de l’'Amérique-du-Sud, que les géographes s’accordent depuis quelque temps à nommer Patagonie, n’a encore été occupée par aucune puissance, et que les prétentions des Espagnols sur ces vastes solitudes sont loin d’être reconnues par les puissances européennes, nous croyons qu'il est plus convenable de donner ici, plutôt que partout ailleurs, la description de cette partie du Nouveau-Monde. Nous y rattachons les îles les moins éloignées qui en dépendent géographiquement. POSITION ASTRONOMIQUE. Longitude occidentale , entre le 65° et le 78°. Latitude australe , entre le 36° et 56°, en y comprenant l'archipel de Magellan, à cause de sa grande étenduc et de sa grande proximité. CONFINS. Au zord, la confédération du Rio de la Plata. A l’est, l'Océan-Atlantique, Au sud, l'Océan-Austral. À l’ouest, le Grand-Océan, la république du Chili et l'Araucanie proprement dite, à l’ouest de la grande cordillière des Andes.
FLEUVES. Il n'y a que les fleuves qui se rendent dans l’Océan-Atlan-
tique qui, par la longueur de leur cours, méritent d’être nftntionné:, »
Le Rio-Nrcno, qui sépare la Patagonie du territoire de Buenos-Ayres. À la page xx nous avons déjà dit tout re que la géographie offre de moins vague sur ce fleuve, qui est le courant principal! de ces vastes solitudes,
Le Rio-Camanonxs (Fleuve des Homards). Après avoir traversé la partie méridionale de la Patagonie que les géographes espagnols nomment Comarca-Desierta (province déserte), ce fleuve se rend à l'Atlantique daus la baie à laquelle il donne son nom.
Le Rio-Gazteco ; son cours est beaucoup plus borné que celui des précédens, mais il est remarquable par la rapidité et le volume de ses eaux, et parce qu'il est le plus méridional de tous les fleuves principaux qui arrosent la partie continentale du Noaveau- Moude. Nous ajouterons que d'après l'exploration que les Anglais viennent de faire, la murée y monte jusqu'à 46 pieds anglais, élévation que nons signalons comme la plus
grande que l'on ait encore observée à de si hautes latitudes australes,
DIVISIONS et TOPOGRAPHIE. Ces vastes solitudes, dont le sol, généralement parlant, est aride, manquant de bois et d’eau douce, mais auquel la haute taille observée parmi quelques-unes des tribus qui le parcourent a donné depuis trois siècles une grande célébrité, sont la patrie des Patagons, des Ghanchi; des Puelches et d’autres peuples indigènes décrits dans l’article de l’£thnographie aux pages 970 et 971. Les détails que nous en avons donnés sont les seuls que comporte le cadre d’un Abrégé. Nos lecteurs ont déjà vu dans l’article des Zles, aux pages 941 et 943, ce que les terres qui dépendent de la Patagonie offrent de plus remarquable. Ils trouveront d’autres détails sur les nations indigènes indépendantes dans la description des différens états de cette partie du monde. Mais nous devons dire un mot sur le pays des Arguèles ou Césares et sur quelques emplacemens très remarquables, afin de détruire des erreurs récemment re-
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produites par des noms imposans, et pour signaler ar lecteur des points très importans sous plus d'un rapport, mais que les 8. aphes négligent entièrement et que l'on cherche en vain sur les cartes geuérales, surchargées cependant d'une foule de noms inutiles ou d'une beaucoup moindre importance.
Falkner, dans sa description de la Patagonie, a déjà relégué avec raison parmi les fables l'existence de la prétendue coconix pes Ancuëzes ou Césanes, dout le père Feuillée a donnée une description remplie de détails imaginaires. Selon les uns cette colonie aurait dû sa naissance aux équipages des quatre vaisseaux espagnols naufragés en 1540 dans le détroit de Magellau, et qui se sexaient établis dans l'intérieur du coutinent entre le 43° et le 44° parallèle ; selon d'autres elle se serait formée des descendans des Araucins, qui après avoir détruit en 1599 la ville d'Osorno dans le Chili et en avoir emmené les femunes , se seraient retirés dans ce même emplacement.
Le Pusnro-Dessano (Port-Desiré) au sud du cap Blanco, découvert par Magellan en 1520 et visité après lui par plusieurs navigateurs, et dernièrement par un grand nombre de bâtimens qui fréquentent ces parages pour y faire la pêche. Le Pusaro pe San-Jusan (Port de Saint-Julien), meilleur que le précédent et visité également par Magellon et par d'autres navigateurs, et de nos jours à cause de la pêche. Le Ponar-Famine , sur un enfoncement formé par la péninsule de Brunswick, qui se projette dans le détroit de Magellan. C’est l'emplacement de la Ciupan Ruaaz pe Feux où de Fimieroct, fondée en 1582 par Sarmiento par ordre de Philippe IL, dans le but d'assurer à l'Espagne la possession lu passage de ce fameux détroit ; c'était une citadelle de quatre bastions garnie de quelques pièces d'artilleries et ayaut à ce qu’on prétend 400 habitans. C'était sans contredit la forteresse la plus australe de tout le globe ; un peut même ajouter qu'aucune fortification permanente n'a jamais été construite à de si hautes latitudes, Des mesurés imprévoyantesset l'anarchie firent bientôt périr cet établissement , où Cavendish en 1 586 ne trouva plus qu’un seul habitant. L'aspect des environs rend tout-à-fait improbable l'opinion pi 5 adoptée que celte colonie soit périe de faim. Cet emplacement a êté choisi dernièrement par le capitaine King pour faire ses observations météorologiques depuis février jusqu’à juillet inclusivement. é
Sur la côte occidentale nous nommerons le cozre px LA Trintré, rentarquable par les pci: s établissemens que l'amiral Sarmiento y fonda , et qui éprouvèrent le même sort que Filippoli.