‹ Abrégé de géographie [microforme] (volume 3)Chapitre 283 sur 457 · AMÉRIQUE DANOISE · texte numérisé non relu

AMÉRIQUE DANOISE

POSITION ASTRONOMIQUE de la partie principale. Longitude occidentale, entre 17° et 78°. Latitude boréale, entre 59° et 76°.

ComwFrIms de la partie principale. Au zord, la partie encore non explorée du Groënland et l'Océan-Arctique. A l'est, l’'Océan-Arctique. Au sud, ce même Océan et l’Océan-Atlantique. A l’ouest, la Méditerranée- Arctique et la pige de Baflin, qui en est une dépendance. Voyez à la page 929. : [

Les Antilles-Danoiïses, dans la mer des Antilles, sont environnées des établissemens Anglais et Espagnols situés dans cette mer, que nous avons vue être une dépendance de la Méditerranée-Colombienne. Voyez à 4 page 930.

FLEUVES. La configuration de la partie connue de ces régions boréales ne comporte aucun grand fleuve. Ceux de l'Islande sont les plus connus et les plus remarquables. Nous citerons au sud : le Hvrraa, qui passe pat Skalholt, le Tmonsaa et l’'Hozmsaa ; à l'est : le Lacanaa et le BRuAA ; au

nord : l'OExansa et le SkazranDgan, qui semblent être les plus longs; et l'OExnanaLaa et le KoznriNspazsaa , qui paraissent avoir une source commune , et qui, dans la plus grande partie de leurs cours connu, forment un delta aussi remarquable par son étendue que par les groupes de montagnes qu'il renferme; enfin à l'ouest : le Hviran, nommé aussi Boncanaa, qui longe Borg.

DIVISIONS et TOPOGRAPHIS. D'après les importantes découvertes faites dernièrement dans les mers Boréales par les navigateurs Anglais, il paraît hors de doute que le Groënland n’est pas une péninsule du Nouvear- Continent, comme on le croit généralement, mais un groupe de deux ou trois grandes îles environnées de plusieurs autres beaucoup moins étendues. Les Danois ne possèdent donc plus rien sur le Continent-Américain. Toutes leurs possessions, dans cette partie du monde, forment trois groupes distincts qui cor espondent aussi à leurs divisions administratives; ce sont : le crourr pu GROENLAND, l'Iscanpre et les AnTiLzes-DANOIsEs; mais ces trois groupes diffèrent considérablement sous le rapport du mode de leur administration ; car les #ntilles sont régies comme des colonies ; le Grocnland est pour ainsi dire gouverné par les missionnaires ; l'Zs/ande , divisée en trois baillages, offre l'admiristration régulière du Danemark proprcment dit. Le tableau suivant présrute les villes et lieux les plus remarquables de ces trois grandes divisions, Nous y avons ajauté le résultat des découvertes les plus récentes sur le Groënland-Occidental et sur le Groënland-Oriental. ;

Conrnixs er Divrsfoxs Cuers-Lreux, Voices et D'EUX Les ntus

ADMINISTRATIVES, RÉMARQUABLES,

ISLANDE. ” SONÉERAMEEL, « RiineviG (Reikiavik); Bussestad; Skalholt. (buillage du Sud).

VESTERAMTER. : : : : «.. Stappen; #raundalur. (baillage de l'Ouest).

Nonpun 06 OsrenaitTit. . Mâdruval; Shagastrand; Holum; Eskefiord (baill. du Nord et d : j'Est).

GROUP. DU GROFFLAND.

Insrecronar pu Sup. . . . Julianeshaab; Staatenhuk sur uno Île; Godthaab; Nye- Herrnhut (Nouveau-Herrahut); Liechtenfels. Insracronar ou Nonn. , . Egedesminde? Umænak; Le rh l'archipel de Disco. GaosnLzanp-InnérenbanT. Le Haut-Pays Artique (Artic Highland), sur la côte occidentale; la Terre de Jameson (lat. 71°), découverte par le capitaine Scoreshy fils; Vugarbik (lat. 63° 22°), station où le capitaine Graah a hiverné en 1829-1830 pour continuer s1 mémorable exploration de la côte orientale du: Groëéaland, où déjà le 28 juillet il avait pénétré jusqu’à uue île située a la latitude de 65° 18’.

ANTILLES DANOISES. , lue vs Sainyz-Crhoëx .. : Cunisrransren; Fredericksted, Ice De SaëNT-Tnomas. . . Saint- Thomas. # Lx DE SAINTAEAN. +. « IL n'y a aucune ville,

L'Amérique Danoise , ainsi que les extrémités boréales de l’Amérique- Anglaise et de l’Amérique-Russe, n'offre, dans son inimense étendue, que des contrées affreuses, où nul arbre n’ombrage le sol, où la verdure de quelques mousses et d'un petit nombre de plantes rabougries-est: la seule végétation dont.elle peut se-parer , et où l’homme abruti n’a, dans plusieurs:endroits, d'autre abri qu'une caverne, que souvent il est obligé de se creuser au milieu de la neige. Les seules exceptions qu’on doit faire

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à ce triste tableau, sont la lisière maritime de l'Islande dans ses parties les moins pauvres d'habitans, quelques fractions du Groënland-Méridional, et, comme il cst presque inutile de le remarquer, les Antilles, qui jouissent des avantages que la nature a prodigués aux régions équatoriales. Mais ces contrées polaires , que sans exagération on pourrait nommer l'asile de l'hiver et le séjour privilégié des bourrasques et des frimas, malgré le petit nombre de leurs habitans et l'état abruti où vivent encore quelques tribus indépendantes, n'inspirent pas moins d'intérét que bien d'autres régions autrement favorisées de la nature. Elles offrent au géographe les contrées constamment habitées les plus bortales de tout le globe et le théâtre des conquêtes paisibles et désintéressées de ces pieux missionnaires qui, malgré les rigueurs de ces climats affreux et les privations qu'ils imposent, n’ont pas craint d'apporter à leurs sauvages habitans les lumières et les bienfaits de l'évangile. C'est sur la côte occidentale du Groënland que, dans l'Highland- Arctique, vit cette intéressante tribu d’Esquimaux, que nous avons mentionnée à la page 981, et qui vécut pendant tant de générations ignorée de ses voisins et se croyant les seuls habitans de l'univers. C'est dans le Groënland-Méridional qu'ont fleuri, dans le moyen âge, les établissemens fondés par les audacieux Scandinaves, établissemens qui, avec ceux de l'Islande, doivent être regardés comme les premières colonies, fondées par des Européens en Amérique, dont l’histoire fasse mention; ils précédèrent de plusieurs siècles ces établissemens immenses qui , à la suite des découvertes de l'immortel Colomb , devaient s'étendre d'un bout à l’autre du Nouveau-Muonde. C'est dans la Meéditerrance-Arctique et secs dépendances, qui baignent ces contrées, que l'on pêche le rarwal , dont la corne a été longtemps l'objet d’un respect superstitieux, à cause du prétendu remède urversel qu'on en retirait. Un grand nombre de navires viennent tons les ans y pécher les phoques et ces prodigieux colosses qui peuplent les abimes, et qui sont si utiles pour ne pas dire indispensables à l'existence des habitans de ces contrées, auxquels leurs dépouilles fournissent nonseulement la nourriture, le vêtement, des ustensiles et des meubles, mais encore la lumière, le feu, la couverture de leurs tentes et les matériaux pour construire leurs pirogues et leurs cabanes. Ces solitudes glacées offrent au physicien la température moyenne la plus basse que l'on ait encore observée sur tout le globe, et ces prodigieux amas de rochers entremélés d'immenses blocs de glace, qui lui retracent l'image du chaos et de l'hiver, L'image de la lune s'y présente souvent entourée d'anneaux colorés d'un rouge vif; et celle du soleil ornée de couronnes qui réfléchissent les vives couleurs de l’arc-en-ciel ; il admire le spectacle non moins fréquent mais encore plus imposant de l'aurore boréale, dont les lueurs ne sont nulle part plus brillantes que dans ces contrées. Le naturaliste trouve dans l'Islande des basaltes disposés en piliers aussi réguliers que ceux de la fameuse chaussée des Géans, que nous avons mentionnée à la page 457; il observe dans cette île une double chaîne volcanique, aussi terrible par ses fréquentes éruptions qu’intéressante par les phénomènes extraordinaires qui les accompagnent; il y admire le célèbre Geyser, étonnante masse d'eau bouillante, qui s'élève majestueuse en forme de colonne de 15 à 18. ieds de diamètre sur une hauteur variable qui atteint quelquefois r 20 pieds, et que le lieutenant Olafsen assure avoir vue monter une fois jusqu'à 212. Cette même île, suspendue pour ainsi dire sur les abîmes crensés par ses

monta-

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+ ed nee -

volcans, environnée de glaces , et habitée depuis la seconde moitié du ix® siècle par des Norvégiens, offre à l'historien une des plus florissantes républiques du moyen âge. Le dialecte de ces colons, poli par des écrivains habiles, devint la langue islandaise, si renommée par ses sagas, ou mémoires historiques en prose mélée de vers, et par le mérite de sa littérature , qui est une des plus riches et des plus curieuses de cette 6 po que, car alors toute la bi occidentale du monde civilisé était, à quel-

ues exceptions près, plongée dans la plus profonde ignorance. Les scal- %, ou poètes islandais, étaient alors pour la Scandinavie ce que furent les troubadours , les trouvéres et les minnesaenger , pour l'Europe-Méridionale, la France et l'Allemagne; guerriers et poètes, ils servaient les innombrables princes de la Scandinavie dans le conseil et sur le champ de bataille. Enfin l'ethnographe voit dans la famille à laquelle appartiennent les habitans indigènes de cette partie de l'Amérique, l'anneau qui unit le territoire des langues du Nouveau-Monde au territoire de celles de l'Ancien, et il y classe, avec un géographe célèbre, parmi les ancêtres des Esquimaux, ces Indiens mentionnés dans un passage de Cornelius Nepos, qui, jetés par la tempête sur les côtes des Gaules, furent présentés à Quintus Metellus Celer, proconsul de cette province, et sont sans doute les premiers Américains mentionnés par l’histoire, dont le pied ait touché le sol européen.

Après avoir signalé tout ce que la nature offre de plus remarquable dans ces contrées polaires, nous serons très court dans la description des lieux où vivent ses habitans. Ils n’offrent aucun de ces monumens que nous avons eus à décrire jusqu'à présent, et leurs souvenirs sont trop peu intéressans pour être admis dans le cadre d'un Abrégé de géographie. Voici les villes et les lieux les plus remarquables, d’après l'ordre adopté dans le tableau des divisions administratives.

Dans l'ISLANDE nous nommerons d'abord : Ruikevio, parce qu'elle est regardée comme la capitale de toute l'ile, étant le siège du grand-bailli, du tribunal suprême de l'Islande et de l'évêque; on estime sa population à 500 ou 600 âmes. Malgré ce petit nombre d’habitans , Reikevig possède un lycée, une école d'enseignement mutuel, une bibliothèque de 5,000 volumes , une typographie où l'on imprime deux journaux, une société savante, qui est une section de la société royale des antiquaires à Copeuhague , et une autre société, qui est une section de-/a société royale de la littérature islandaise à Copenhague, et la société pour la diffusion des connaissances utiles ; ces institutions et la passion pour l'histoire nationale , la poésie et l'instruction solide qu'an observe encore parmi les habitans de cette île, rappellent les temps où, régie par ses magistrats, elle présentait dans le moyen âge, à l'extrémité du monde connu et au milieu des glaces polaires, un des points du globe où les lettres étaient cultivées avec le plus de succès, et où le génie poétique inspirait à ces habitans ces sagas à l'aide desquels Les savans de nos jours out pu répandre tant de lumière sur l'histoire du Nord.

Nous nommerons ensuite : Lamsauus, petite bourgade dans la banlieue de Reikevig, remarquable par l'observatoire qu'on y a établi; Bassusrap , par son importance relativement à ces contrées si peu peuplées ; Sxazuozr, autrefois siège d'un évêché; à quelque distance ou adinire les deux plus célèbres sources asrendantes de l'islande le Geys4r et le Strok. un des phénomènes les plus remarquables de la géographie physique ; enfin Hozvx , jadis siège d’un évèché. Ici nous rappellerons que, dès l'année 1530 , cette petite ville pusséda une typographie, qui est par conséquent la première que l'on ait établie dans:h: Nouveau-Monde ; sa fondation est même antérieure à celle des imprimeries de toutes les grandes villes de l'Europe-Orientale, à un très petit nombre d'exceptiuns près.

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b, parce que, malgré sa

petitesse , c'est le plus important de tous les établissemens dans ces régions arctiques ; Goprnaas, parce que c’est le plus ancien; Nouvaau-Hennmuur, à cause de la mission des Frères Moraves, à laquelle il doit sa naissance ; Uranwavix , parce que c'est l'établissement permanent le plus sept2ntrional ; et l'ancurrerz pu Disco, si important par la riche péche qu'on fait dans les parages des îles dont il se compose, parmi lesqualles on doit citer celle de Disco, à cause de son étendue, Nous avons déjà rappelé à l'attention du lecteur les Esquimaux , habitans du Hiourann-Ancrique sur la côte occidentale du Groënland Indépendant. Mais nous ne pouvons pas entièrement passer sous silence l'exploration de la côte orientale entreprise par le capitaine Graah par ordre de Frédéric VI, dont le règne tiendra dans l'histoire son principal lustre des sciences que ce sage et vertueux monarque encourage de sa puissante et généreuse protection, Le 20 mars 1829 ce marin aussi habile qu'intrépide partit de Nenortalik, situé à l'extrémité du Groënland-Méridional, et le 28 juillet il avait déjà pénétré jusqu'à une île située à 65° 18’ de latitude, ce qui est beaucoup plus au-delà du point atteint par tous ces prédécesseurs, qui sous les règnes de Frédéric IE, de Chrétien IV, de Frédéric II et V et de Chrétien VII, avaient fait des voyages le long de la côte orientale pour retrouver les restes de l'ancienne colonie fondée par les Scandinaves. Obligé de revenir sur ses pas par la saison avancée et par le manque de vivres, il établit son quartier d'hiver à Nucannix, d'où il envoya en Europe le détails de son exploration. L'illustre héritier du trône de Danemark , le prince Christian Frédéric , en fit part à la Société de Géographie de Paris. C'est de Nugarbik que M. Graah se propose de partir de nouveau à la bonne saison pour achever, s'il est possible, la reconnaissance de cette côte, restée jusqu'à présent inaccessible à tous les maris, « Mais le but principal de l'expédition a déjà été atteint par la première campagne ; car ayant dépassé la latitude attribuée à l'aNGIRNNE COLONIE 18LANDAISE, sans en avoir trouvé la moindre trace, sans avoir rencuntré même la plus insignifiante ruine , même dans des places , qui nécessairement auraient dû être habitées, si jamais le pays eût été occupé par un peuple domicilié, et, sans avoir découvert chez les indigènes, ni traditions, ni traces de la religion , de lu langue ou des mœurs des anciens chrétiens, il paraît évident, dit le capitaine Graah, que l'ancienne colonie n’a pas été à l’est de Statenhuk, mais dans la partie sud-ouest du Groënlanc actuel, celle où se trouve aujourd'hui l'établissement de Julianeshaab , opinion énoncée il y a déjà plus de quarante ans par M. Eggers dans un ouvrage couronné par l'académie royale des sciences de Copenhague et adoptée par Malte. Brun et autres savans célèbres.» Nous devons cependant faire observer que les ruines découvertes dernièrement sur la Taane De Jameson par le capitaine Scoresby fils; la belle végétation observée par ce marin, et que M. Graah lui-même a trouvée supérieure dans les environs d'Ekolumiut (lat. 63° 30’) à la végétation la plus forte de la côte occidentale; mais surtout la configuration des hommes si différens des peuples Esquimaux que le voyageur danois rencontra durant son exploration, en même temps qu'ils s'a prochent beaucoup des Scandinaves par leur haute taille, par la forme de la tête, par (* teint et par l'ensemble des traits; toutes ces circonstances nous paraissent laisser encore indécis cet important problème géographique.

Dans les ANTILLES on doit citer : Canisrramsrrp, chef-lieu de l'ile de Sainte-Croix et résidence du gouverneur général des Antilles-Danoises, petite ville, bien bâtie , avec quelques édifices assez beaux et ornés de portiques, un port bien fortifié et environ 5,000 habitans, Elle est importante par son scinmerce ; malgré sa petite population, c'est la ville la plus peuplée de toute l'Amérique-Danoise.

Sar-Tuomas, chef-lieu de l'ile de ce nom, petite ville bien bâtie, avec un port franc ; on peut la regarder comme une des principales places commerçantes des Antilles , surtout pour le commerce de contrebande des marchandises d'Europe et des Etats-Unis, dont elle est un des grands dépôts. Plusieurs Juifs s’y sont établis et y ont une synagogue. On porte à 3,000 âmes sa populatirr.

PSN

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