partie de ses nombreux
s Espagnols parmi eux,
eux sous leur domina-
tion, mais de l'aveu même de M. Crawfurd, ils se sont élevés à ur ‘-gré de civilisation supérieure à celle de tous les autres Océaniens. Ce phénomène es en grande partie aux soins paternels et à la pieuse industrie des missionnaires cathonques, qui ont apporté à ces peuples les vérités du christianisme avec les arts qui suivent partout ceux qui le professent. D'autres missionnaires, depuis quelques années, travaillent avec le plus grand succès dans la Polynésie, et déjà les archipels de Hawaii, de Tahiti et de Cook offrent dans plusieurs de leurs îles une partie des mœurs et de la civilisation de l'Europe, tandis que les colonies pénales fondées par les Anglais dans le Continent-Austral et dans la Diemenie, présentent , au milieu des peuplades abruties de l'Australie, tous les prodiges de la civilisation européenne et la propagent dans le reste de l'Océanie, « L'établissement des Anglais aux Terres-Australes, dit l'éloquent auteur de l’histoire
de ces colonies, M. Ernest de Blosseville , a entrainé pour la cinquième partie du monde des résultats bien imprévus. Aucune terre aujourd'hui ne peut rester étrangère à la grande famille européenne. Des brigs, anglo-américains pour la plupart, montés par des équipages de toutes les nations, sillonnent dans tous les sens les mers de l'Océanie. Les points les plus ignorés de la Malaisie , les iles de la Polynésie les plus éloignées de la route des vaisseaux ont reçu de bizarres missionnaires de la civilisation : ici un déserteur prussien ou suédois, là un malheureux Lascar, plus loin un Américain de demi-sang abandonné par ses compagnons de pêche, où un convict échappé du port Jackson dans une fragile nacelle, Tour-à-tour recueillis et abandonnés par les navires qui traversent ces rians archipels, tantôt interprètes utiles , tantôt matelots turbulens, ils promènent d'ile en île leur vagabunde insouciance. Souvent le mème équipage, recruté par le hasard le plus capricieux, réunit le catholique et le presbytérien , le mahométan et l'idolâtre; les peuples mêmes de l'Océanie concourent à ce mélange des nations, et l’on voit des Tahitiens et des Nouveaux-Zélandais , des naturels des îles Sandwich et des Marquises , chercher des rivages nouveaux. La plupart de ces fugitifs ou de ces marins oubliés périssent dans leurs tentatives ; mais quelques-uns , guidés pent-gtre par la Providence, échappent à tous le: ‘angers, et s'arrêtent dans des iles charnläntes. Du dernier rang du monde civilisé, ces hommes illettrés, ces ennemis du travail, montent, par le seul ascendant de l'intelligence et de l’industrie, ou plus souvent par la supériorité de nos arts destructeurs, au premier rang dans le monde de la nature, De naïfs insulaires admirent en eux des puissances surnaturelles , et des coupables, bannis de leur foyer natal, sont accueillis comme des divinités bienfaisantes : les filles des rois et des chefs briguent leur alliance; des sérails sont formés pour eux ; des nations se font la guerre pour se les enlever, ét leur prééminence réelle est encore accrue dans l'opinion des peuples par les récits merveilleux d'ignorans admirateurs. Si l’activité européenne pouvait suspendre pendant un siècle son mouvement progressif; si nos navires cessaient de sillonner les mers de l'Océanie, bientôt la riante mythologie de ses peuples aurait créé des êtres fantastiques dans le rebut de notre monde; des fables ingénieuses feraient descendre du ciel les bannis de l'Angleterre, et les enfans d’une race mélangée deviendraient le pur sang des dieux ». En faisant des rapprochemens sur l’état social dans lequel on a trouvé les uations policées des différentes parties du Monde-Maritime, on ne peut s'empêcher d'éprouver un sentiment de surprise en voyant les peuples de la Malaisie , qui avaient fait d'aussi grands progrès"dans la civilisation , et qui s'étaient même élevés jusqu’à l'invention de plusieurs alphabets, manquer presque entièrement de goût pour l'architecture. D'un bout à l’autre de la vaste Océanie rien ne décèle le goût pour les monumens , dont toute l'Asie-Méridionale et la longue vallée du Nil en Afrique sont parsemées, goût qui parait avoir été dominant chez les nations de Mexique, du Guatimala et du Pérou, inférieures sous certains rapports à celles de l'Océanie-Occidentale, car aucune ne possédait un véritable alphabet, Quel espace immense n'y a-t-il pas entre les grossiers monumens de Tinian et de Saypan, les statues colossales et informes de l'île de Pâques , les hideuses idoles qu'on trouve dans les moraïs de la Polynésie et les sculptures finies de Prudung, de Kali- Bening, de Brambanan , les belles statues colossales de Singhasari, de Kobudalam, de Chand-Sewu , de Penatava , et les temples magnifiques de Brambanan, de Boro-Rodo!, de Singbasari , de Prudung et autres! Cependant on ne peut raisonnablement attribuer aux Océaniens que les premiers monumens, puisque les costumes, les physionomies ,
oo ,
les emblèmes, les végétaux et les animaux représentés dans les seconds, si supérieurs aux autres pour l'exécution du travail, par leur nombre et par leurs dimensions, dé. montrent une origine évidemment étrangère. Sous ce point de vue , l'Île de Java , et particulièrement sa partie orientale, est pour l'Océanie ee que les régions du Nil et de l'Atlas sont pour l'Afrique ; mais avec la différence, qu'une grande partie des superbes monumeus de la région du Nil sont incontestablement dûs à des nations indigènes, tandis que ceux de Java portent les traces évidentes d'une origine asiatique,
Un genre d'ornement généralement pratiqué par tous les Polynésiens et par les Nou veaux-Zélandais , le tatorage , mérite de nous arrèter quelques instans. Ces dessins, dit M. Lesson, que l'art grave sur la peau d'une manière indélébile, qui la revètent et voilent en quelque sorte sa nudité, paraissent étrangers à la race nègre, qui ne les pra tique que rarement, toujours d'une manière imparfaite et grossière , et qui les remplace par les tubercules douloureux et de forme conique que des incisions ÿ font élever, Cette opératiou, dont le nom varie chez les divers peuples , est employée non-seulement comme un ornement de fantaisie ou hiéroglyphique , mais parait avoir pour objet la désignation des classes où des rangs. Le soin et la fidélité que ces insulaires apportent à reproduire ces dessins, sont une forte présomption pour croire que des motifs qui nous sont iu-
. connus, ou des idées dont la tradition s'est effacée, y attachaient un seus. Les insulaires des Paumotous (Iles Basses) se couvrent le corps de figures tatouées ; leurs voisins , les Tuhitiens, en ont beaucoup moins, et surtout n'en placent jamais sur le visage, et se bornent avec ceux de Tonga à y dessicer quelques traits légers, tels que des cercles ou des étoiles; tandis que plusieurs des natures de l'archipel de Sandwich, et la masse des peuplades de celui de Mendana et du groupe de la Nouvelle-Zélande ont le visage entièrement recouvert de traits toujours disposés d'après des principes reçus et significatifs, Les mères, dans l'archipel de Sandwich, dit M. Morineau, se chargent de tatouer leurs enfans. Le tatouage de bas âge a pour but d'indiquer l'extraction de l'individu. Ces marques , qui nous semblent si bizarges, font d'abord connaître à quelle tribu , à quelle famille il appartient ; plus tard d'aulfes dessins servent à perpétuer un fait glorieux ou tout autre évènement. Les marques les plus ordinaires sont des raies en zig-zag sur les bras et les jambes. Beaucoup d'hommes de moyen âge portent à la poitrine ou sur un bras le nom de Tamehameha. Les femmes ont toutes un damier autour de la jambe droite, et très souvent l'intérieur d'une main garnie d'étoiles, d'anneaux, de croissans et d'autres figures ; plusieurs même ont la langue tatouée. Les chèvres jouent un grand rôle daus le tatouage mocvrne; beaucoup d'Iudiens en ont de dessinées sur toutes les parties du corps et même su: le front, les joues et le nez. Du reste, continue ce marin, cet usage commence à s’aftaibliv dans cet archipel ; le roi n'est point tatoué, et les jeunes gens de sa suite ne le sont que fort légèrement. On conçoit, dit M. Lesson, que leur aspect doit acquérir un caractère de férocité remarquable, et que cet usage, né du désir d'inspirer une grande terreur à l'ennemi ou de blasonner des titres de gloire, s'est con-
pu à par la suite comme le témoignage de la patience du guerrier à eudurer la douleur qui accompagne toujours une pratique qui blesse les organes les plus sensibles de la périphérie du corps. Les femmes à la Nouvelle-Zélande, comme dans l'archipel de Mendana, se font piquer des dessins à l’angle interne des sourcils et aux commissures des lèvres etsouvent sur le menton. À Tahiti, dit M. Jules de Blosseville, le tatouagé(tatau), offrait des dessins particuliers pour les sept classes d’Arreoys. Il rappelait quelquefois le deuil ou des souvenirs historiques, lorsqu'il n'était pas un simple ornement, Souvent un cocotier était représenté sur les jambes, tandis qu'on voyait sur la poitrine des combats, des exercices , des récoltes de fruits, des armes, des animaux, un sacrifice humain porté au moraï. En général, dit M. Lesson, le tatouage des peuples appartenant au foyer de civilisation polynésienne se compose de cercles un demi-cercles, opposés où bordés de dentelures , qui se rapportent au cercle sans fin du moude de la mythologie indienne. Cependant celui des naturels de Rotouma diffère assez essentiellement, puisque le haut du corps est. recouvert de dessins délicats, de traits légers de poissons ou autres objets, tandis que celui qui revêt l'abdomen , le dos et les cuisses , est disposé par masses confuses et éparses. Le tatouage des peuplades comprises dans le foyer de civilisation carolinienne diffère de celui en usage chez les autres Polynésiens, en ce qu'il est placé généralement
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DESCRIPTION DE L'OCÉANIF. 123
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par larges masses sur le corps, et que chez divers de ces insulaires il couvre le tronc en entier en formant ainsi hne sorte de vêtement indélébile, mais arbitraire par les détails.
L'absence des grandes plaines couvertes de végétaux exclut, dans l'Océanie, l'existence de la vie pastorale, qui forme un trait caractéristique d'une grande partie de l'Ancien Continent. Les tribus les moins policées du Monde-Maritime sont toutes de chasseurs ou de pêcheurs, Leur position insulaire en fait nécessairement des navigateurs intrépides et les nageurs les plus adroits du monde, Le manque de contiguité et les vastes intervalles de ner qui séparent un peuple de l'autre rendent très difliciles ces grandes révolutions ; qui ont changé tant de fois la face de l'Asie, Comparés aux colossales monarchics de l'Ancien-Continent , les plus grands empires du Monde Maritime, ses états les plus considérables , ne sont que de petits royautnes ou des provinces d'une médiocre étendue, Les prohas et les pirogues sont ici ce que le cheval et le chameau sont pour les nomades de l'Aucien-Monde, et les féroces pirates de Sumatra, de Celebes, de Bornéo, de Soulou et de Miudanao jouent, dans la Malaisie (Archipel-Iudien), le rôle que les Arabes Bédouins, les Maures, les Kalmoucks, les Mongols et les Kourdes jouent dans les déserts et les vastes sulitudes de l'Asie et de l'Afrique,
Les nations de la variété Malaisienne offrent, dans le Monde-Maritime , à l'égard de la variété Noire-Océanienne , le même phénomène que les nations de la variété Blanche présentent dans l'Ancien et le Nouveau-Monde à l'égard des neuples des variétés Noire- Africaine et Cuivrée. Partout la civilisation accompagne les Blancs. Partout ils ont gagné un ascendant extraordinaire sur les races Noire et Cuivrée, de tous côtés subjuguées où refoulées par eux dans les forèts et les montagnes, De même partout où ils se sont établis, les peuples Malais, qui sont les Blancs du Monde Maritime , ont fini par détruire ou suumeitre les peuplades nègres, ou les chasser dans les bois et les positions les plus inaccessibles. Ces peuples noirs ont déjà disparu entièrement de Java , et sont réduits à un très petit nombre à Sumatra et à Celcbes, À Bornéo, à Mindanao , à Luçon et autres iles, ils se sont retirés dans l'intérieur , cédant les côtes à ces nouveau-venus, L'Océanie-Centrale est encore la seule partie qu'on puisse regarder comme possédée par cette race, que nous avons vu avoir été retrouvée presque partout dans le dernier état de dégradation morale et d'affaiblissement physique, et dont l'état social contraste singulièrement, à quelques exceptions près, avec celui de toutes les uations malaisiennes.
L'usage affreux de manger la chair humaine ne se trouve nulle part plus répandu que dans le Monde-Maritime, Non-seulement on peut dire que presque tous les peuples de la Polynésie soût cannibales, ainsi que plusieurs tribus malaisiennes et nègres de l'Océanie- Occidentale (Archipel-Indien), et de l'Océanie-Centrale (Nouveile-Hollande , Nouvelle- Zélande, etc.), mais on doit mème faire observer que l'anthropophagie y est établie chez des peuples qui sont déjà assez avancés dans la civilisation, et qu'elle ÿ est exercée par d'autres avec des circonstances qui la rendent encore plus horrible. Parmi les nations qu'on peut regarder comme anthropophages, nous nommerons, dans la Malaisie : les naturels de l'ile d'Ombay, les tribus nègres de Timor, les Dayaks de Bornéo, les Haraforas de Mindanao et les Battas de Sumatra. Aux pages 1208 et r209, nous avons donné les détails de cette horrible pratique chez ces derniers. Les habitans de Noussa-Laut, dans le groupe d’Amboine, étaient encore anthropophages au commencement du sigele dernier. Selon M. Crawfurd , il n'est pas rare de voir les Celebiens et même les Javauais manger le cœur de leurs ennemis; il ajoute même qu'on trouve à peine, parmi les premiers, un guerrier fameux qui n'ait goûté de cet horrible met dans quelque circonstance de sa vie. Dans l'Océanie-Centrale, on retrouve l'anthropophagie parmi les naturels les plus abrutis des environs du Port-Western, parmi ceux qui vivent dans le voisinage des montagnes Bleues et autres lieux du ContinentlAustral, ensuite parmi les nombreuses peuplades de la Tasmanie (Nouv.-Zélande) et parmi les tribus noires de la Nouvelle-Calédonie et des archipels de Salomon et de Quiros (Nouvelles-Hebrides) et à la Louisiade. Dans la Polynésie, les cannibales les plus féroces sont les naturels de l'archipel de Viti (Fidji), surtout ceux de l'ile Navihi Levou, et les naturels des archipels de Hamoa (Navigateurs), et de Meudana (Marquesas). Dans ce dernier , non-seulement les habitans de Noukahiwa dévorent leurs prisonniers; mais, ce qui les distingue de presque tous les anthropophages connus, c'est qu'en temps de disette, ils dévorent leurs parens âgés, leurs enfans et jus-
qu'à leurs propres femmes! Les naturels de Malilegotot, dans le groupe oriental de l'ar. chipel des lines, et ceux des groupes de Repith-Urur et de Palliser, compris dans les pr mb Central et de Paumotou, sont anthropophages , ainsi que-paraissent l'être les ha. hitans des archipels de Tonga (des Amis) et de Pelew (Palaos), malgré les beaux tableaux que les capitaines Cook et Wilson ont tracés de leur caractère, M. Jules de Blosseville nous fait observer que les iles mêmes de la Société ont offert il y à de longues années des exemples bien constatés d'anthropophagie, ,
La cruelle superstition qui porta l'homme à sacrifier sox: semblable pour plaire à la divinité, et que les monumens et l'histoire nous démontrent s'être conservée long-temps dans l'Ancien-Continent parmi les peuples les plus avancés en civilisation, tels que les Egyptiens, les Indiens, les Carthaginois , les Grecs et les Romains, mème du temps de l'empereur Claude, et, dans le Continent-Nouveau, les Mexicains, les Péruviens et autres nations, cette superstition atroce règne aussi chez plusieurs tribus des trois grandes divisions du Monde-Maritime. C’est surtout dans la Polynésie où elle exige le plus de victimes, et particulièrement dans les archipels de Tonga (des Awis), de Hawaii (Sandwich) et de Tahiti (de la Société), Heureusement que le christianisme a fait cesser ces horreurs dans les deux derniers. Autrefuis, dans le royaume de Sonnebaya à Timor, on avait la coutume d'enfermer dans le tombeau du roi deux esclaves vivans, et, encore dernière. ment , les rois de Coupang, dans la mème ile, lors de leur avénement au trône, après avoir fait des offraudes aux crocodiles rassemblés sur le rivage dont ils se disent les fils, leur offraient une jeune esclave parée de fleurs et d'autres ornemens, et l'exposaient sur le bord de la mer, où elle ne tardait pas à devenir la proie de ces monstres, Dans l'ile de Bali, l'usage barbare, de brûler les veuves sur le bûcher funéraire de leurs époux , est porté à un excès inconnu même dans le pays où il a pris naissance, Le même usage parait encore subsister dans l'ile Lombock. Parmi quelques tribus de l'ile Celebes , on sacritie une jeune vierge sur le tombeau du radjah, lorsqu'un mois après son enterrement sa veuve quitte la maison voisine de la tombe qu'elle a habitée pendant cette période, Souvent, dans l'archipel de Viti (Fidji), l'épouse, à l'occasion de l'enterrement de son mari, se donne
tanément la mort, et un usage semblable se trouve dans la famille du Tooionga dans l'île Tongatabua de l'archipel de Tonga (des Amis).
Nulle part peut être les hommes n'offrent un mélange si extraordinaire de civilisation et d'usages bizarres, de mœurs douces et d'atrocité. Aux pages 1227 et 1228, nous avons déjà fait connaitre les lois barbares du tabou, qui règnent encore chez un si grand nombre de peuples de l'Océanie. D'après un autre usage, non moins barbare, qui, par bonheur, a cessé dans l'archipel de Hawaii, et qui malheureusement subsiste encore dans d'autres
ies du Monde-Maritime, il y a des familles du pe le, dont quelques individus'ont l'obligation singulière de se tuer.lorsque tel ou tel individu de la famille royale et quelquefois même de celles des principaux nobles vient à mourir, Un des chefs des îles Salomon puait inexorablement de mort le.sujet qui marche sur son ombre. Dans l'infâme société des Arreoys de l'archipel de la Société, lorsque les femmes devenaient enceintes, elles étouffaient l'enfant au moment de sa naissance, pour ne pas être interrompues dans leurs débauches. Cette société abominable, ainsi que les sacrifices bumair::, viennent d'être abolis par l'introduction du christianisme, L'infanticide se trouve établi chez un grand nombre de tribus. La mère, chez les doux habitans de la chaîne de Radack tue sans pitié tous les eufans qu'elle met au monde quand elle en a déjà trois; ellé”se défait de même de tous-ceux qui naissent faibles vu mal conformés. Cet usage cruel, dû à la disette qu'éprouvent ces Îles, est inconnu dans la chaîne de Ralick, où la fertilité du sol:le rend inutile, Les liabitans de Ticopia qui, selon le capitaine Dillon, se distinguent par la-douceur de leurs mœurs et par leur sociabilité, étranglent dès leur naissance tous les enfans mâles, à l'exception dés deux aînés. Ils donnent pour raison de cette atrocité que la population de leur pelite île est si grande, que sans cette mesure ses produits seraient insuffisans pour nourrir ses habitaus. Les tribus abruties des environs de Botany-Bay enterrent vivant , dans la tombe de la mère, l'enfant qu’elle allaitait encore. Le sage Tämehamehal*" étrangla de ses propres mains deux de ses fils devenus amoureux de Kahomanou sa favorite. Plusieurs tribus de la Malaisie, et entre autres les Bissayos des Philippines et les Papouas ou Igolotes de la province de Pangasinan dans l'ile
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DESCRIPTION DE L'OCÉANIK, 1259
Luçon, vendent assez souvent leurs fils, Les Timoriens les vendent même quelquefois pour se mettre en état d'augmenter le nombre de leurs femmes. Les jeunes gens, parmi les Biadjous où Dayaks , les Haraforas et les Idan de Bornéo, ne peuvent se marier avant d'a» voir coupé soit une tête, soit les parties viriles d'un ennemi, La faveur des jeunes filles coûte, parmi les Alforèsus de Ceram, cinq ou six têtes d'ennemis, que l'amant doit apporter aux pieds de sa belle; cette horrible coutume règne aussi parmi les Harafovas ou Alforèses d'autres îles des Moluques, et les Haraforas de Mindanao, qui sont cependant les moins abrutis de toute cette race,
On peut dire que la polygamie règne ou est tolérée dans toute l'Océanie, quoiqu'il n'y ait réellement que les gens riches et les nobles qui la pratiquent, Le peuple, à Java , à Sue matra , à Celebes et autres Îles, ainsi que dans toute la Polynésie, est monogame. Il y à méme des nations entières qui n'admettent pas du tout la polygamie , comme les naturels des Îles Nassau ou Pogyy et de Sawou, les Haraforas de l'intérieur de Mindanao, les cruels Alforèses de Ceram, et plusieurs peuples de la partie des Philippines indépendantes du joug espagnol. Dans l'archipel de Méndana (iles Marquesus), une sorte de polyandrie se trouve en usage dans toutes les familles riches, puisque dans ces familles chaque femme a deux maris, dont l'un remplace l'autre en cas d'absence; mais ce substitut n’est en réalité qu'un premier serviteur, Selon d'anciennes relations dans la société des 4rreoys dans l'archipel de Tahiti (de la Société), et dans celle des Uriroys dans celui des Carolines, com posées toutes les deux d'un grand nombre de nobles de deux sexes, les femmes éluieut communes à tous les hommes et étaient forcées de tuer tous leurs enfans dès leur naissance,
L'Océanie, plus que toute autre partie du monde, présente une grande variété d'usages bizarres relativoment au mariage et au traitement des femmes, Les Sumatriens, et surtout les Redjangs, paraissent avoir Éouisé toutes les manières dout ce lien peut étre contracté, Ce dernier peuple a trois modes différens de mariage. Par le premier , notmé jourjour, le mari achète sa femme en donnant une somme convenable; alors elle devient sa propriété ou son esclave; il peut la vendre et en disposer, Par le second, nommé ambelanack , le mari est adopté par le père de sa femme; 1l travaille pour lui, reste, ainsi que sa moitié, sous la puissance de son beau-père, et devient, comme ses enfans, la propriété du chef de famille, Par le troisième, appelé le simando, la mari donne et recoit, la femme est sur le pied d'égalité avec l'époux, &° cette sorte d'union ressemble beaucoup à celle qui a lieu chez les peuples d'Europe, mais malheureusement elle est très rare. L'usage de servir pendant quelque temps, ou de faire de riches présens au père de la future, qu'on rencontre chez les naturels des Philippines et autres peuples de race malaisienne, subsiste encore chez les Tagales et les Bissaÿos qui ont embrassé le christianisme, et rappelle ce qui se pratiquait jadis chez les Juifs. Les mariages, chez plusieurs tribus Australiennés , se font par rapt; chez les peuplades abruties de la Nouvelle-Galles-Méridionale , lorsque les garçous veulent obtenir la main d'une femme, ils épient son passage, et, la jetant par terre à coups de bâton, ils la conduisent baignée de sang à leur tribu, où ils achèvent la sérémonie nuptliale. Ces peuples sauvages, de mème que les hordes les plus abruties des au« tres parties du monde, dédaignent leurs femmes, auxquelles les travaux les plus rudés sont dévolus, tels que ceux de préparer la nourriture dont elles et leur fc.nille ne reçoivent queiles débris rejetés par leurs époux, ou de porter les ustensiles de leur ménage et leurs enfans sur le dos, tandis que l'homme cliemine n'ayant qu’une légère javeline à la main. Bietiique chéz presque tous les peupies compris dans le foyer de civilisation polynésienne les femmes soient considétées comme des êtres impurs et comme tels il leur soit défendu de manger en présence des hommes, elles jouissent tonjours de beancoup de considération ; elles succèdent par-fois à leurs maris, et les enfans héritent d’une cousidération d'autant: plus grande que le rang ou la noblesse, du côté de la mère , est plus pur ou plus ancien, Les beaux hommes du groupe nommé Lagoun , dans l'archipel de Paumutou, traitent très bien leurs femmes; ceux de Oualan et d’autres iles de l'archipel des Carolines en font autant.
Chez âucuhe nation, les Européennes civilisées seules exceptées, les fémmes ne jouissent d'aussi gratidés has que celles que les lois et les usages leur accordent parmi plusieurs tribus malaisiemuies de l'Océanie, particulièrement chez les Bouguis et les Macassars,
Daus l’état de Wadjo à Celebes , elles prennent une part très active aux affaires publiques,
1234 - ABRÉGÉ DE GÉOGRAPHIE, 0 SO et y jouissent de droits entièrement égaux à ceux des hommes. Les états de Lawu et de Lipukosi, dans la même île, sont régis par deux femmes. Dans quelques royaumes de Timor, et particulièrement dans celui d'Amakong, les femmes , au défaut d'héritiers mâles , peuvent monter sur le trône. La célèbre Batara-Toja , nommée reine de Boni à Celebes en 1714, céda la couronne à son frère; celui-ci ayant été déposséde, et Batara élue de nouveau , elle la céda pour la seconde fois à un autre de ses frères. En 1628, la célèbre Wandan-Sari, fille du sultan de Mattaram, habillée en guerrier, harangua les troupes, et marchant à leur tète, contribua beaucoup, par sa valeur et par son exemple à la prise de Giri, devant laquelle son mari avait été défait. Les femmes à Pai, à Java et en d’autres iles, sont presque égales en tout aux hommes et jouissent d’un degré de considération qui étonne dans des contrées où la polygamie est en vigueur; elles y jouissent d'une grande liberté, et les princes mahométans de l'Archipel Indien, bien différens sur ce point de leurs curéligionnaires d'Asie, d'Afrique et d'Europe, permettent aux étrangers de distinction de présenter leurs respects à leurs femmes dans leurs harems. Les crucls Dayaks de Bornes et les Alforèses de Ceram, les féroces pirates de Souiou ét de Mindanao, et les belliqueux habitans de l'archipel de Tonga (des Amis) traitent . avec douceur leurs femmes, tandis que chez les Battas , les Tagales et Bissayos des Philippines, les naturels des archipels de Hawaii (Sandwich), de Mendana ( Marquesas), de Hamoa (des Navigateurs), de Viti (Fidji), et autres parties de l'Océanie, elles sont surchargées de travaux, et trailées par leurs maris comme des esclaves. Les femmes des naturels de la chaine de Radack, dans l'archipel Central (îles Mulgrave), suivent leurs maris et leurs amans à la guerre , et se tenant derrière eux, elles lancent des pierres aux ennemis.
DIVISION. Dans le chapitre vin®, nous avons exposé quelles sont les bases sur lesquelles le géographe, à la hauteur de la science, peut et doit baser les grandes divisions du globe et la classification des îles qui en dépendent, considérées sous le rapport géographique. Nous avons signalé, dans un autre endroit de cet ouvrage, les inconvéniens qui découlent des classifications proposées par des savans estimables, d’après les langues ou d’après les différences observées dans la couleur, les traits et la constitution physique des nations, Partant du principe inaltérable et qui, jusqu’à présent, n’a encore été contesté par aucun géographe célèbre, que la configuration et la position des grandes terres doivent être la base de toute classification géographique, nous trouvons qu'il n’y a aucun motif qui puisse justifier les innovations que l’on a proposées dernièrement pour la classification des terres de l'Océanie. Les trois grandes divisions du Monde- Maritime, tracées d’une main habile par le célèbre Malte-Brun, retouchées et légèrement modifiées depuis par M. Walckenaer et par nous, sont trop fortement tracées par la nature elle-même, pour n'être pas suivies par le géographe. C’est ce qui nous engage à les retenir, en U intercalant toutes les petites terres dont les explorations faites dans ces dernières années ont enrichi la géographie. Ces trois divisions sont : la MaLa1sE, l’Aus- TRALIE et la Pozynésie. La première est connue depuis long-temps sous le nora d’A#rchipel Indien , et depuis quelques années sous les dénominations impropres d’Archipel d'Orient et de Grand- Archipel Asiatique. C'est notre savant ami M. Lesson, qui, voyant des nations de race malaisienne occuper presque sans exception toutes les côtes des grandes terres de cette partie de l'Océanie, a eu l’ingénieuse idée de proposer le nom aussi sonore que convenable de Malaisie; où pourrait aussi l'appeler Océanie- OccinenTALE, eu égard à sa position, relativement aux deux autres subdivisions du Monde-Muritime. L'Ausrrantr, ou le ConTINENT-AusrnaL, avec ses dépendances ; c’est la partie appelée Notasie par plusieurs géographes ; ce dernier nom nous paraît moins propre que le premier, que
Les états de Lawu et ns quelques royaumes es, au défaut d'héria , nommée reine de ayant été dépossédé, n autre de ses frères. billée en guerrier, haar sa valeur et par son ait. Les femmes à Pali, et jouissent d’un degré est en vigueur; elles y Archipel Indien, bien d'Europe, permettent mmes dans leurs haroces pirates de Souiou ga (des Amis) traitent s et Bissayos des Phiendana ( Marquesas), e l'Océanie, elles sont laves. Les femmes des ve), suivent leurs maris es pierres aux ennemis.
osé quelles sont les ience, peut et doit des îles qui en défous avons signalé, s qui découlent des près les langues ou raits et la constituable et qui, jusqu’à he célèbre, que la tre la base de toute a aucun motif qui rnièrement pour la livisions du Mondealte-Brun, retouer et par nous, sont r n'être pas suivies ir, en y intercalant 15 ces nb anla MaLalsiE, l’Auslong-temps sous le s les dénominations statique. C’est notre ce malaisienne ocides terres de cette v le nom aussi sol'appeler Océaniex deux autres sub- )JNTINENT-AUSTRAL , par plusieurs géo- 1e le premier, que
DESCRIPTION DE L'OGÉANIE. 1235
nous adoptons, en lui donnant pour synonyme celui d'OcÉANIE-CENTRALE. Enfin la Poésie ou l'OcÉaNIE-OR1IENTALE , qui comprend tous les archipels et les Sporades disséminés sur l'immense surface du Grand-Océan, à l'est de l’Australie ou de l’Océanie-Centrale.
Nous avons rangé sous ces trois grandes divisions toutes les terres connues de cette partie du monde, en combinant autant qu’il était possible les divisions géographiques avec les divisions politiques actuelles, et en offrant dans le tableau statistique qui complète leur description les principaux états du Monde-Maritime. Nous avons cru devoir y ajouter, sous les noms d'Océanie-Hollandaise , d'Océanie-Espagnole , d Océanie- Anglaise et d’ Océanie- Portugaise , tous les pays qu’on doit regarder comme occupés par des Européens, où comme formant partie des monarchies Hollandaise , Espagnole , Anglaise et Portugaise. De cette manitre, les nombreuses fractions de pays, dont se composent les possessions de ces quatre puissances, forment un ensemble qui permet de pouvoir en mesurer l'étendue et l'importance.
OCÉANIE-OCCIDENTALE où MALAISIE.
POSITION ASTRONOMIQUE. Zongitude orientale , entre 93° et 132° , ee 1! o LU . o r + + 0 ‘ (précisément 131° 30°). Latitude, entre 12° (précisément 12° 30’) australe ct 21° boréale.
DIVISION. À la page 1234, nous avons vu que cette grande section de l'Océanie comprend les belles contrées connues sous le nom de Grand-4rchipel Asiatique, et d'Archipel Indien. 11 nous semble qu’on pourrait la partager de la manière suivante :
Groupe de Sumatra.
Nous proposons de réunir sous cette dénomination la grande île Suinatra et plusieurs autres, beaucoup moins étendues, qu’on peut regarer comme ses dépendances géographiques. Partant de ce principe, nous distinguons dans le groupe de Sumatra deux divisions principales, savoir :
L'ILE SUMATRA, où il faut distinguer la Partie Indépendante et la Partie Hollandaise. La Panrre InvérenDanTe est partagéé en plusieurs états, dont les principaux sont actuellement :
Le Royaume d'Achem (Achin), qui n’embrasse aujourd’hui que l'extrémité septentrionale de l'ile. Vers la fin du xvr° siècle et jusqu'à la moitié du xvrt° , les Achinais ont été la nation prépondérante de la Malaisie , étant les alliés de tous les peuples commerçans depuis le Japon jusqu’à l’Arabie. A cette époque brillante leur marine comptait près de 5oo voiles , et l'empire d'Achem s'étendait sur presque la moitié de l'ile Sumatra et sur une grande partie de la péninsule de Malacca. Depuis quelques années ce royaume est en proie à l'anarchie, et l'autorité du sultan paraît ne s'étendre actuellement qu'à la ville capitale et à ses environs immédiats, tous les chefs de districts étant de fait indépendans. Acu..« (Achin), assez grande ville est regardée comme la capitale du royaume. . Située, dit M. Walckenaer , en citant Marsden , à la pointe nord-ouest de l’île , à une lieue de la mer, cette ville se trouve en quelque sorte enveloppée d'une forèt de cocotiers, de bambous, d'ananas, de bananiers, au milieu de laquelle passe une rivière couverte de bateaux , qui en sortent lorsque le soleil se tève et ÿ rentrent quand il se couche,
et qui sont dans une activité continuelle, Huit mille maisons , la plupart bâties en bambous , élevées sur pilotis, pour se préserver de l’inondation, sont éparses dans cette forêt et y forment tantôt des rues, tuutôt des quartiers séparés entre eux par des prairies ou des bois. Tout cela se trouve caché par de grands arbres qui bordent le rivage , de sorte que quand on est dans la rade on n'y aperçoit aucune apparence de ville; mais les hauteurs qui entourent la vaste plaine où Achin est située, forment un vaste amphithéâtre qui étale aux jeux des champs cultivés, des plantations régulières, des groupes de deux ou trois maisons propres et élégantes, de petits villages avec de blanches mosquées construites sans magnilicence, mais avec goût. » Le palais où réside le sultan est une espèce de forteresse grossièrement bâtie et défendue par plusieurs canous d’une dimension extraordinaire ; un fossé large et profond l'environne. L'anarchie qui désole ce pays a auéanti presque entièrement le commerce florissant qu'on y faisait , et a sans doute diminué sa population qu'ou s'accorde assez généralement à porter à 40,000 âmes , noinbre qui nous parait exagéré de plus de la moitié. Les autres villes les plus remarquables sont : Tecosancaouay , pelite ville sur la côte nord-est de l'ile ; on la regardait il y a quelques années comme la résidence ordinaire . du sultan. Pense , petite ville; c'est le second port du royaume et le centre d'un commerce assez considérable, Mouxx: , bourgade remarquable par la riche mire de cuivre exploitée daus son voisinage.
Le Royaume de Siak, Cet état occupe la partie moyenne de la côte orientale et est traversé par le fleuve de ce nom. Depuis quelques années il est en proie à l'anarchie. Presque tous tes chefs de distriets sont in *pendans. Ceux dont le tértiloire longe la mer exercent la piraterie. Il n'y a pas long-teu.ps que ce royaume possédait la marine iudigène la plus nombreuse de la Malaisie. Srar , petite ville située sur le fleuve de ee nom, est la résidence du sultan dont l’autorité ést très bornée ; son commerce est beaucoup déchu depuis les troubles qui agitent le pays. Camrar est le port principal pour le commerce. Les îles Roupat , Pantiour e autres sont censées faire partie de ce royaume , dout en 1823 les radjas de Langkat et de Batu-Baru se disaient vassaux. Le prince du premier véside à LanGrar, petite ville, importante par son commerce et par les 200 prows ou petits navires marchands qu'elle possédait à cette époque ; Baru-Bana , autre petite ville, est le siège du radja de la seconde principauté ; elle possède aussi une nombreuse maviue marchande.
Le Pays des Battas ou Batak, le long de la côte occidentale et dans intérieur. Get état confine avec le royaume d'Achein, le ci-devant empire de Menangkabou et le gouvernement hollandais de Padang. C'est une espèce de confédération formée par un grand nombre de chefs de districts. Celui qui réside à l'extrémité nord-ouest du grand lac Toba parait être le principal. Banous (Varus) ; sur la côte occidentale peu loin de la mer ; c'est le marché principal du camphre , ce qui lui a valu dans tout l'Orient le nom de Xa- Joir-Barous. TarranouLt ; gros village , remarquable par la magnifique baie à laquelle il donue le nom, et qu'on regarde eumme une des plus belles qui existent sur le globe ; c'est la seconde place commerçanté du Pays des Battas. Aux pages 1208 el 1209 nous avons signalé les siuguliers usages de ce peuple extraordinaire. La Parrix HozLanpaise comprend les pays suivans : Le Gouvernement de Padang, formé d'un vaste territoire autour de Padang et de plusieurs postes le long de la côte occidentale, dont les principaux sont Naraz et Ponrcuanc-CatouiL , dit communément Tarranouzr, parce qu'il est situé sur une petite ile dans la baie de Tappanouli. Ces deux derniers, ainsi que Behcoulen, ont été cédés par les Anglais en 1824 en échange de Malacca et de quelques établissemens peu importaus que les Hollandais possédaient dans l'Inde. Pananc est une ville de médiocre étendue , mais importante par son commerce; quelques maisons de négoce hollandaises s'y sont établies depuis 18:16 et ont donné une grande activité aux affaires. D'ailleurs c'est la résidence du gouverneur, dont relèvent tous les établissemens cédés par les Ariglais. On croit que sa population y compris ses environs immédiats peut s'élever à 10,000 âmes. Le For ManzuonouGs, naguère chei-licu de toutes les colonies anglaises dans Sumatra. La ville de Bencoucen, qui est dans son voisinage , est un séjour malsain ; on estime à euviron 10,000 âmes sa population ; elle est fortifiée mais son commerce est beaucoup déchu.
DESCRIPTION DE L'OCÉANIE. 1237 lupart bâties en bamnt éparses dans cette re eux par des prairies bordent le rivage , de arence de ville; mais ment un vaste amphiégulières, des groupes vec de blanches mosoù réside le sultan est sieurs canous d’une di- ’anarchie qui désole ce faisait , et a sans doute à 40,000 âmes, noin-
On peut regarder comme des dépendances de ce gouvernement les pays suivans , occupés par les troupes hollandaises :
Le ci-devant Empire de Menangkabou (Menacahow, Menancabau ), situé presque au centre de l'ile: dans le temps de sa splendeur il étendait sa domination sur presque toute la surface de Sumatra. Depuis 1780, cet état, dont les frontières avaient êté beaucoup rétrécies, était gouverné par un triumvirat de sultans. Les troubles excités dans le pays par la secte mahométane des Padri, dont le chef, qui était en même temps le radja de Passaman, résidait à Banosa , y ont attiré les Hollandais. Ceux-ci , après avoir battu ces fanatiques, ont conservé la suzeraineté sur cette contrée, PANDIARRASCHUNG et Mexancxasou sont les villes principales. Cette dernière a été pendant long-temps la capitale de l'empire et est encore regardée par tous les mahométans de Sumatra comme un des principaux sanctuaires de l'islamisme. On doit aussi nommer PrianGaw à cause du voisinage des eeux thermales nommées Pantchouran-Toudjouh, fréquentées par les naturels qui vont s’y baigner depuis un temps immémorial.
Le Royaume de Palembang, sur la côte orientale dans la partie méridionale de l'ile, était naguère un des principaux états indépendaus. Vaineu par les Hollandais à la suite des disputes occasionnées lors de la rétrocession de ces pays faite par les Anglais, le sultan de Palembang a été déposé, et depuis «8ar ses états forment la résidence de lalembang. Pazemsanc , sur le Mousi , non loin de son embouchure, ville bâtie sur pilotis , est la capitale du royaume. Le Dalan ou palais du sultan et la mosquée principale bâtis en pierre, sont les édifices les plus remarquables. Le commerce y est considérable surtout avec Java, Bornéo, la Chine, Riouw, Singapore et Malacca; on estime à 25,000 le nombre de ses habitans. L'intéressant district montueux de Passoummah, habité par une race d'hommes à formes athlétiques, et le Pays des Redjangs, sont divisés entre plusieurs chefs , reconnaissaient la suprématie du sultan de Palembang et se disent maintenant vassaux des Hollandais.
Le Pays des Lampongs, jadis vassal du sultan javanais de Bantam , reconuait aujourd'hui la suzeraineté du résident hollandais de Bantam. C’est une des parties les plus dépeuplées de la Malaisie, ne consistant presque entièrement qu'en marais couverts d'immenses forêts. Touraxc-Bauwanc, sur la rivière du même nom, en est le cheflieu ; un fort le défend. Tacox-Bironc est l'autre lieu le plus remarquable,
Avant de quitter cette grande terre de l'Océanie, nous rappellerons au lecteur, que la haute montagne nommée Gunonc Pasaman par les Malais, et Moxt Oruir , par les Européens , élant placée justement sous l'équateur , est pour l'Océanie ce que, à la page 1084, nous avons vu être le Caÿambé pour l'Amérique, c’est-à-dire un de ces monumens éternels par lesquels la nature a marqué les grandes divisions du globe, C’est encore dans cette ile que M. Arnold a découvert la raffesia; sa fleur immense, qui en bouton a beaucoup de ressemblance avec un chou, présente lorsqu'elle est épanouie un développement dont le diamètre est de trois pieds; elle pèse 15 livres et son tube contiendrait 1 + pates; c'est sans doute la plus grande fleur que l’on connaisse , puisque l'aristolochia cordiflora , qui passait naguère comme la plus grande n'a, selon M. de Humboldt, qu'un diamètre de 16 pouces. Nous ajouterons enfin que M. de Rienzi assure avoir vi lui-même, près de la baie des Lampongs, des hommes à très petite taille qui appartiennent à la variété qu'il nomme ppgmées , dans son trayail sur la classification des diffèrentes races qui habitent l'Océanie. Voilà douc, sur les plages brülantes que traverse l'équateur, une peuplade dont la taille peut être opposée à celle qu'on attribue aux Lapos, aux Samoyedes, aux Esquimaux et autres peuples qui vivent au milieu des glaces-et des frimats de la zone boréale, Cet infatigable voyageur « a vu aussi dans la partie sud-est de cette-île quelques individus qu'on appelle gougongs; ils venaient, dit-il, de l’état de Menangkabou. Ges hommes appartiennent à la race qu’il propose de nommer pythéomorphes ou à formes de singes, parce qu'ils offrent quelques ressemblances avec les mandrils par leur corps couvert de longs poils, l'os frontal très étroit et comprimé en arrière , la conformation de leur glotte et leur peu de conception». A ce sujet M. de Rienzi ajoute : «Ils ne surpassent guères les singes én intelligence, mais enfin ils sont hommes et, comme l'observe proondément Pascal, l’homme n’est nulle part ni ange ni brute, »
Les ILES qui dépendent géographiquement de SUMATRA. Elles soi presque toutes
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ritoire autour de Padang incipaux sont Naraz et ‘il est situé sur une pcque Behcoulen, ont été ques établissemens peu st une ville de médiocre de négoce hollandaises aux affaires, D'ailleurs n$ cédés par les Anglais.
s'élever à 10,000 âmes.
glaises dans Sumatra. La ain ; on estime à euviron st beaucoup déchu.
régies par un ou plusieurs chefs ou radjahs indépendans ; quelques-uns se reconnaissent vassaux des Hollandais. Les iles principales le long de la côte occidentale sont : Engano; le groupe de Poggi (Pagi, Poggy ou Nassau); les îles Porah (Si-Vara); Si-Birou (Montawai, Beeroo, Bira); a tu (Mintaon), dépendante du racjah de Buluaro qui réside dans celle de Nias; Nias, régie par 50 radjahs, dont le plus puissant paraît être celui de Buluaro; le groupe de Baniak, dont les îles principales sont Baniak et Babi (ile des Cochons, Hog, etc.)
Les iles les plus remarquables le long de la côte orientale sont : Rupat, Pandjour et autres qui dépendent du royaume de Siak; Lingan (Lingin ou Linga), fintang et autres îles beaucoup plus petites forment le royaume de Lingan, dont le sultan réside dans l'ile de ce nom et reconnait la suzeraiueté des Hollandais, Ce souverain a cédé derniérement à un prince de sa famille les territoires de Djohor et Pahang sur la péniusule de Malacca, et aux Hollandais l'ilot de Tanjong-Pinang, moyennant une rétribution annuelle de 60,000 florins hollandais. Tanjong-Pinang, ilot qu'un canal étroit sépare de l'ile de Bintang , et remarquable parce qu'on y trouve : Rrouw (Rhio), petite ville , dont la population est estimée à 6,000 âmes. C’est le chef-lieu de la résidence de ce
‘ nom. Son por! déclaré libre, dit M. le comte de Hogendorp, est très avantageusement situé pour devenir un grand entrepôt de tous les produits propres à alimenter le commerce hollandais dans la Malaisie, et celui qui s’y fait avec la Chine et le continent d'Asie. Riouw n'est devenu de quelque innportance qu'après la cession de Malacca; et quoique peu éloignée de Singhapour , dont à la page 744 nous avons signalé l’étonnante prospérité, cet établissement a éprouvé un grand développement. Ba» c a, la plus grande de toutes les îles dépendantes géographiquement de Sumatra, est mal peuplée, mais très importante par ses riches mines d'étain, dont les produits sont très estimés dans toute l'Asie et surtout à la Chine ; elle forme, avec celle de Billiton, la résidence hollandaise de Bance. Muxrou (Mintao), petite ville de 2,500 habitans, avec un fort bâti dans le voisinage et sur un terrein élevé, en est le chef-lieu ; seize ou dix-sept cents mineurs sont constamment employés à l'exploitation des mines. Billiton, importante par ses mines de fer ; les Hollandais y tiennent quelques employés et une petite garnison pour empêcher les habitans, qui sont de hardis marins, de se livrer à la piraterie, M. le baron Van der Capellen a eu le bon esprit, lorsqu'il était gouverneur général de tous les établissemens hollandais dans cette partie du monde, de tirer parti de l’habileté de ces insulaires pour la construction des navires, en faisant construire chez eux les Æruispraauwen ou petits bâtimens croiseurs, qui, sous son administration à jamais mémorable dans ces contrées, ont rendu de si grands services aux marins de toutes les nations qui naviguent dans ces mers peuplées de eorsaires. Les iles de Banca et de Billiton jusqu'en 1812 formaient partie du royaume de Palembang.
Très loin, et presque à égale distance de Sumatra et de Java, se trouve le petit groupe de Keeling (ies de Corail) vers le r2° latitude australe, où dans la plus grande, nommée WNew-Selm a, le capitaine anglais J. C. Ross vient de fonder un petit établissement nommé PonrT-Azsrox. Cette colonie ne peut manquer de prospérer à cause de sa position et de son mouillage.
Groupe de Java.
Nous proposons de réunir sous cette dénomination la grande et florissante île de Java et plusieurs autres d’une beaucoup moindre étendue, qu'on peut regarder comme des dépendances géographiques de cette grande terre. Nous distinguons , dans ce groupe, deux divisions principales, savoir :
L'ILE DE JAVA. Cette grande île forme le noyau des possessions hollandaises dans l'Océanie, en même temps qu'elle est la contrée la plus peuplée et la plus florissante de cette partie du monde. Depuis les derniers arrangemens pris par les Hollandais à l'égard des princes indigènes, on pourrait regarder Java comme entièrement soumise à leur domination, sans la guerre sanglante avec le chef Dipo-Negoro qui paraît devoir se lerminer bientôt. Aussi la trouvons-nous partagée en 20 régences dans le tableau sta-
Er" tistique que nous avons sous les yeux et qui a été rédigé en 1325 à Batavia mème, par un de os correspondans les plus distingués et que nous offrons au lecteur. Nous devons cependant le prévenir que depuis lors quelques changemens ont en lieu, par lesquels les résidences de Zuitenzoorg et de Krawang ont été réunies à celles de Batavia, et celle de Grissé à la résidence de Sourabaya. Mais comme ces changemens out subi plus tard d'autres importantes modifications, nous aïons cru convenable de laisser subsister le tableau tel que nous l'avons reçu , en attendant que nous puissions connaitre l'organisation définitive qu'on aura donnée à cette superbe colonie.
es-Uns se reconnaissent ntale sont : Engano; a h (Si-Para); Si-Biu radjah de Buluaro qui lus puissant paraît être aicipales sont Haniak et
: Rupat, Pandjour ou Linga), lintang R, dont le sultan réside e souverain a cédé dert Pahang sur la péninennant une rétribution ilot qu’un canal étroit : Rrouw (Rhio), petite eu de la résidence de ce st très avantageusement
Eners-Lieux, Vannes er LIRUX LES PLUS REMARQUAULES.
. BaraviA; l'ile Onrust (Poul où Kappal); Noordwyk; Ryswyk: HWeltevreden.
Bantam ....,.... Ceram (Sirang):; les ruines de Bantam; l'tle du Prince; le Pays des Lampongs, dans l'île de Sumatra décrit à la page 1287.
.. Buitenzoorg; Parong, Jassinga, Tji-binong, Tji-baroussa.
.. Tjanjor, Bandong, le volcan Gounong-Gountour, Soumadang,
Now nes RÉSIDENCES OU Paovinces.
Batavia.....:..
Buintenzoo!"g. - Préangers......
es à alimenter le com. (Preangan). D k ss \ Chine ct le i Krawang...:+ auaijassa, Xrawang, Touban. ; RUE ne PA à 2... Cheribou (Fji-riboun); Zndramayo; Madja, Galo, Bengaivan-
cession de Malacca ; et vons signalé l’étonnante Banca, la plus grande mal peuplée, mais très très estimés dans toute la résidence hollandaise ec un fort bâti dans le sept cents mineurs sont nporlante par ses mines sarnison pour empêcher e, M. le baron Van der Je tous les établissemens é de ces insulaires pour ruispraauven ou petits rable dans ces contrées, qui naviguent dans ces h 1812 formaient partie
Wettan, Kouningan.
.... Tagal, Brebes, Pamalang.
.... Pekkalongang, Batang, Karang-Kobar.
.... Maguclan, Minoreh, Prapag ; les ruines de Boro-bods. .... Samarang; Damak, Kendal, Banyukuning.
Tagal.......
Pekkalongang.
Kadou.......
Samarang. ..: e Japara ........ Iapara; Koudous, Pattie, Joanna. | ; Rembang....... Rembang; Touban (Tubang), Bantjar, Radjalwessie, Blora, Grissé..sss...... Grissé (Grissic); Sidayo.
Sourabayu......: Sourabaya, Djapan, Lamongang; Madjapahit. , | Passarouang......VPassarouang;: Bangil, Malang ; les ruines de Singasary. Besukie.......... Besukie; Prabolingo; Panaroukan. ; Banyouwangui....: Banyouwangui. Cette province est presque déserte, et presque entièrement couverte de forèts, où l'on trouve uu grand nombre de tigres. — Souracarta «:...,. Souracarta (Soura-kKirta ; Solo); Cartasura, ville abanë.. ace depuis 1742; Banyoumal ; Brambanan ?
Djocjocarta....... Djocjocarta (Yougyacarta ; Dschiockjakaria , Dschuksehukarta, Jococarta, Youdgia-Kirta) ; Panaraga ; Kadiri. ; Madura et Sumanap. Sumanap, Pamakassan et Bangka Fan, chefs-lieux < des trois princes indigènes vassaux et tributaires des Hollandais, et qui se partagent le territoire de l'ile de Madura.
Fort-Orangr, les ruines de
Java, se trouve le petit strale, où dans la plus vient de fonder un petit
ser de prospérer à cause Voici les villes et les lieux les plus remarquables de cette florissante colonie :
Dans la résidence de Hatavia on trouve : BATAVIA ; bâtie sur l'emplacement de l'an cienne ville de Jaccatra, sur les bords de la rivière Tjiliwong. Quoique très déchue de son ancienne splendeur, cette ville est encore très importante , comme la capitale de tontes les possessions hollandaises dans l'Océanie, et la première ville commervante de cette partie du monde, car elle est incontestablement le centre du commerce que Îles Hollandais font avec la Chine, le Japon, l'Inde et les autres iles de la Malaisie. On peut dire que la ville actuelle a été bâtie de nos jours, puisque la plupart des édifices qui ornaient Batavia ont été démolis sous l'administration du gouverneur général Daendels, qui avait eu l'idée de l'abandonner entièrement à cause de son insalnbrité , et de faire de Sourabaya la capitale des possessions orientales de la monarchie Hollandaise, En effet, la ruine et l'abandon de la ville proprement dite datent du temps de ce gouverneur; le château, les remparts et tous les ouvrages extérieurs furent rasés par son ordre ; les murs seuls du fort de Meester Gornelis furent épargnés, pour servir d'enceinte à la prison, que l'on y trouve encore maintenant, Contrarié dans son plan favori de transférer à Sourabaya le siège du gouvernement, le général Daendeis n'en discontinua pas moins la destruction de Y'ancirnne
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ville, et il fit bâtir de superbes casernes avec des habitations commodes et élégantes pour les officiers de la garnison, dans l'intérieur à la hauteur de Weltevreden, Il s'y fixa luimême , et y fit élever un palais spacieux destiné aux gouverneurs généraux. Les habitans européens un peu fortunés suivirent l'exemple du gouverneur ; ils désertèrent la ville pour occuper des maisons bâties sur un plan plus convenable au climat de ces contrées, le long du Moolenvliet, du canal de Rijswijk et à Weltevreden, et quelques années plus tard le long du vaste Konings Plein et sur le chemin de Meester Cornelis, Pendant l'occupation anglaise les nouvelles bâtisses s'élevèrent sans aucun plan fixe ou régulier, et les maisons des Européens $e trouvèrent disséminées dans l'intérieur au milieu des villages ou campagnes des indigènes. La ville proprement dite tomba de plus en plus en décadence, les plus beaux quartiers furent démolis les uns après les autres, eten 1816 elle n'était plus habitée que par les Chinois, les Portugais descendans des anciens colons européens primitifs et par quelques vieux colons hollandais. On y voyait en outre quelques bureaux du gouvernement, les comptoirs et magasins des marchands, les uns et les autres occupés seulement pendant sept à huit heures de la journée, Pendant l'administratiun à jamais mémorable du gouverneur général van der Capellen, l'ancienne ville recouvra une partie de ses habitans et vit réparer quelques-uns de ses édifices; car cet habile administrateur sut apprécier toute l'importance de sa situation favorable au commerce, tout en visant à faire disparaître les causes principales qui en rendaient le séjour si éminemment malsain. En effet par le dessèchement de quelques canaux, par le curage de quelques autres, par l'éloignement des cimetières et des voiries, par l'élargissement et la propreté des rues il parvint à diminuer tellement l'influence du mauvais air, que les tableaux de la mortalité de ces dernières années placent Batavia à côté des autres villes de l'ile de Java. Cependant avant toutes ces améliorations le séjour de cette ville était justement réputé un des plus malsains du monde entier, comme le prouvent les faits incontes : tables que nous avons cités à la page 1192.
Mais afin que le lecteur puisse se former une idée de cette ville dont la construction générale diffère tant de celles de notre Europe, nous allons lui tracer l'itinéraire dans les quartiers européens donné par M. le comte de Hogendorp, « En déharquant au port, dit cet habile et savant administrateur, ou comme on l'appelle sur les lieux, au Boom, on a devant soi l’ancienne ville, on la traverse en prenant par trois ou quatre rucs assez fréquentécs pendant la matinée, mais tout-à-fait désertes pendant le reste du temps. Au bout de l’ancien faubourg ou Buiten Neusve-poort-straat, un peu plus habité que le reste, on arrive aux quartiers modernes, c'est-à-dire, à une file de jolies habitations entourées de jardins plus ou moins grands, sur les bords du canal de Moolenvliet et de Riyswijk , sur une Jongueur d'environ trois quarts de lieue. A l'issue de ce canal on a devant soi une grande plaine carrée pareillement entourée de maisons européennes; c'est Feltevreden, ou le quartier militaire; en prenant à la droite, on voit une autre plaine à-peu-près carrée, nommée le Konings-Plein aussi entourée de charmantes habitations particulières. En traversant Weltevreden on se retrouve sur la grande route menant à Buitenzoorg, le long de laquelle les habitations d'une architecture moderne se succèdent de nouveau, pendant une bonne lieue et demie, jusqu’au-delà du fort de Meester Cornelis. Ajoutez à cela quelques allées latérales aboutissant au canal ou aux carrés dont nous venons de parler, comme le Prinsen- Laan, le chemin de Gonnong Saharie, le chemiu de Tanaabon, etc.,et l'on pourra se faire une idée de la capitale de nos possessions orientales telle qu'elle est aujourd'hui. Entre et derrière ces différens quartiers européens se trouvent les quartiers des habitans Asiatiques et des Chinois; le quartier principal de ces derniers, où camp chinois est hors de l'enceinte et à l'ouest de l'ancienne ville, dont elle formait comme un vaste faubourg; mais, à la longue, ils se sont glissés partout et on les voit maintenant établis de tous côtés, surtout dans les bazars situés entre les quartiers que je viens de citer, »
La rade de Batavia est aussi sûre que belie, et parsemée d’une quantité de petites îles ; la plupart sont inhabitées maintenant, mais presque toutes avaient été utilisées autrefois par l’ancienne Compagnie des Indes, pour y placer des chantiers, des magasins, des hôpitaux ou des ateliers. La principale de ces iles est Or rust (Poulau Kappal des Malais) sur laquelle la Compaguie avait de magnifiques chantiers, où les plus
grands vaisseaux pouvaient être réparés et mème carénés ; des magasins complets de munitions et autres choses nécessaires à l'équipement des vaisseaux; un grenier de réserve, pouvant contenir 2,o00 coyans ou près de 1,750 touneaux de riz; de fort belles habitations pour les employés ; enfin deux moulins à vent et une église; plus de 600 ouvriers européens, outre les koulis (hommes de peine indigènes) y étaient constamment employés. En 1823, M. Van der Capellen fit renaitre en partie ce bel établissement ruiné pendant la guerre et l'occupation anglaise, mais après son départ les ateliers nouvelle. ment établis paraissent avoir été abandonnés; à Ja fin de 1826, on fit mème une tentative inutile de le donner en ferme à des Chinois. Les bâtimens auciens et nouveaux les plus remarquables qu'offre Batavia sont : les magasins de la marine avec les bureaux du commissaire du port; ce sont de beaux bâtimens anciens, encore eu très bon état; les vastes lombongs ou magasins coustruits en bois et élevés de quelques pieds au-dessus du niveau de la mer, destinés à contenir les récoltes de café; l'hotel-de-ville ; l'église lythérienne , regrrdée comme le plus beau temple de la ville; l'église catholique ; le grand hôpital militaire de Weltevreden , qu'on peut comparer à ce qu'il y a de mieux en ce genre en Europe; la maison où l'on a établi les bureaux et les magasins de la factorerie de la société de commerce des Pays-Bas; c'est un ancien édifice restauré en 1825; le grand et superbe bâtiment nommé Harmonie, érigé sous l'administration du général Daendels sur le coin du canal de Rijswijk et de Muolenvliet ; il est composé de quatre grandes et belles sales contiguës, dont chacune peut contenir 350 personnes. On y donne les grandes fètes publiques, ainsi que les bals et les . concerts de souscription; une salle y est ouverte tous les jours aux abonnés pour y faire la partie et pour la lecture des journaux, etc. ; l'hdtel de la société des arts et des sciences bâti à côté du précédent; le théatre, dont l'injérieur offre une salle élégante et du meilleur goût; des amateurs y donnent de temps en temps des représentations ; l'hote! du gouverneur général, qui n'est qu'une grande et belle maison , située à Rijswijk, dans la partie la plus salubre et la plus recherchée de Batavia; enfin le nouveau palais de Weltevreden, bâtiment immense, qui forme un grand corps-de-logis à trois étages, avec deux ailes sur le même alignement ; destiné primitivement pour loger le gouverneur général, cet édifice est resté long-temps inachevé, à cause des frais énormes qu’exigeait sa construction ; ce n'est qu'en 18a7 qu’il fut terminé d'après un plan plus simple et moins dispendieux ; on y a établi tous les bureaux civils et militaires de Batavia. i
La capitale de l'Océanie-Hollandaise n'offre pas beaucoup d’établissemens littéraires , mais elle possède en revanche la société des arts et des sciences, qui est le premier corps savant établi par les Européens dans l'Orient; ses savans mémoires lui ont mérité une juste célébrité ; une bibliothèque assez riche est placée dans le bel édifice uù elle tient ses séances. Parmi les écoles nous ne citerons que l’école primaire du gouvernement fondée à Weltevreden en 1817; c’est le principal établissement de ce genre, auquel la plupert des familles européennes envoient leurs enfens. La population de Batavia, que des ouvrages récens estiment au-dessus de la population actuelle de toute la province dont elle est le chef-lieu , ne s'élevait en 1824, d’après un recensement exécuté avec la plus grande précision qu’à 53,861 âmes, non compris les officiers de tout grade, leurs familles, les militaires et tout ce qui appartient à la garnison de Weltevreden ; dans «e nombre 33,108 étaient Javanais ou Malais, 14,708 Chinois, 12,4r9 esclaves, 3,025 Européens et 6or Arabes. Quarante-trois navires, dont 9 du port de plus de 400 tonneaux, et un bâtimeut à vapeur sont la propriété des armateurs et des maisons de commerce de cette ville, qui tient aussi un rang distingué par son industrie, dont les branches principales sont les distilleries d’arak, les briqueteries, les chaufourneries, les tanneries , les teintureries, les fabriques de chandelle , de poteries et de cartes à jouer. Dans la résidence de Bantam, où la civilisation et l’agriculture ont fait, depuis vingt ans des progrès étonnans , grâce à la déposition du sultan qui, par sa tyrannique administration , entravait la prospérité de l’industrie manufacturière et agricole , nous ne citerons que Céram, assez jolie petite ville , où réside le gouverneur de la province, mais qu'on cherche en vain sur des cartes modernes assez détaillées , et qu'on représente comme les meilleures, tandis que ces mêmes cartes offrent, écrit en gros caractères, le nom de celle de Banran, ville, à la vérité, jadis grande et fort peuplée , capitale du
modes et élégantes pour evreden, Il s'y fixa luigénéraux. Les habitaus désertèrent la ville pour nat de ces contrées , le t quelques années plus Cornelis, Pendant l'ocan fixe ou régulier, et ieur au milieu des vil.
ba de plus en plus en les autres, eten 1816 dans des anciens colons voyait en outre quelarchands, les uns et les e. Pendant l'administraen, l'ancienne ville res édifices; car cet habile avorable au commerce, ndaient le séjour si éminaux, par le curage de par l'élargissement et la Mauvais air, que les tacôté des autres villes de e celte ville était justebuvent les faits incontes -
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royaume de ce nom, et célèbre dans l’histoire de Java , mais qui, depuis Jong-temps, est presque entièrement abandonnée à cause des miasmes putrides qui ÿ régnent, et à cause du commerce qui s'est transporté à Batuvia; mais ce qui étunnera encore plus nos lecteurs, c'est d'apprendre que cet amas de maisons tombant en ruines et presque déserts, est décrit; dans des ouvrages qui viennent de paraître, comme la résidence actuelle du sultan de Bantam ; environné encore de tonte la splendeur de sa cour et de sa garde composée de femmes, lorsqu'il est notoire que depuis plusieurs années ce potentat de l'Orient a cessé de régner et n'est plus qu'un simple particulier pensionné des Hollandais !
Dans la résidence de Buitenzoorg: Burrenzoonc, beau château; reconstruit en grande partie en 1816 avec beaucoup de goût et une noble élégance, ce lieu est devenu un des plus beaux séjours de la zone torride, Les tte antiques et roides ont été changés en plantations anglaises ; et le baron Van der Capellen, voulant joindre l'utile à l'agréable, en destina une partie aux sciences, en y établissant un jardin botanique, confié d'abord à la direction du savant professeur Reinwardt , ct plus tard au docteur Blume. On y trouve déjà rassemblés , non-seulement tous les végétaux que produit le sol fertile de Ja va , ais encore une multitude de plantes des Moluques, du Bengale, du Brésil, de la Chine, du Japon et de l'Australie.
Daus la résidence des Préangers, qui occupe à elle seule près des deux neuvièmes de la superficie de Java, et qui est partagée entre plusieurs princes indigènes très soumis aux Hollandais : Tsaxson , joli et gros bourg habité par des Javanais, que nous décrirons en détail d'après M. le comte de Hogendorp pour que le lecteur puisse se former une idée de cette classe de petites villes de l'Orient. « Les rues sont de larges allées tirées au cordeau , bordées de charmilles et de barrières de bambous arrangées avec simplicité, mais avec beaucoup de goût. Par-dessus ces barrières s'élèvent des arbres fruitiers et à fleurs odoriférantes, qui entourent , là comme ailleurs , les maisons des Juvanais. Les ruelles sont des sentiers également propres et ombragés. Les moindres habitations sont aussi soignées et d'une élégance aussi simple que celles d’une plus grande dimension : tout y respire l'abondance et le bien-être général. Au centre du bourg, on trouve un joli bazar, Le résident baron Van der Capellen y avait établi des ateliers, où ne travaillaient que les indigènes ; on y faisait des ustensiles pour l'agriculture, sur des modèles encore ignorés dans le pays , afin d'en faire connaître l'usage aux habitans de l’intérieur , des charrettes pour faciliter les transports. etc, En même temps cet utile établissement servait à former des artisans adroits, et à répandre parmi les naturels du pays le goût des métiers et des arts utiles. »
Dans la résidence de Pekalongan , l'une des plus peuplées de l'ile : Pexaconcax, joli bourg indigène, où se trouvent établies quelques familles arabes et chinoises fort riches; il fait un grand commerce avec Batavia, et possède unc vingtaine de petits uavires cabotiers,
Dans la résidence de Cheribon : Cnentmox, petite ville, jadis assez considérabie, dont le commerce a enrichi plusieurs de ses habitans, surtont des Arabes et des Chinois; elle possède encore quelques familles européennes ; on y trouve un ancien fort de peu d'importance, et dans les environs le to » be a u du célèbre Cheik Moulana, qui fut le premier propagateur de l'islamisme à Java. Sur les limites de cette province, qui est une des parties les plus peuplées de l’île, s'étend la vaste ronèr ne Dayou-LouuouR de cinquante milles anglais de long; elle sépare à l'ouest les possessions hollandaises de celles des princes vassaux. Les bois n’y sont pas continus, mais disposés par groupes ; dans les intervalles sont des landes sans culture et sans aucun végétal; les parties boisées se composent d'arbres qui joignent leurs branches à une assez grande hauteur, et forment des voûtes de verdure tellement épaisses qu'elles sont impénétrables à la lumière du soleil; de sorte que dans le milieu du jour on est vbligé de s’éclairer par des torches. Selon un voyageur récent, on ne traverse jamais cette forêt sans se faire accompaguer d’une suite nombreuse. « Il n'existe point de spectacle plus étrange et plus sublime que ces précipices affreux ,. ces ravins profonds, ces rivières limpides, ces monts, ces rochers, et ces masses de verdure ainsi éclairés par une multitude de torches qui se meuvent avec rapidité le long de la route. Lorsque les rayons du soleil percent à travers quelques branches et rencontrent la lumière'rougcâtre de ces flambeaux , il en résulte
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des effets que la plume la plus habile s'efforcerait en vain de décrire, et qu'aucun pinceau ne saurait rendre, Quand on sort le ces voûtes obscures sous lesquelles on a marché pendant plusieurs heures. ‘nu revoit tout-à-coup le bleu azuré du ciel, les monts agrestes, les champs cul!” .., et la nature entière partout resplendissante des brillantes émanations du soleil, l'étonnement et l'admiration font naître des sensations ineffabtes et tellement subites qu'on en est comme accablé. Le voyageur s'arrète, malgré lui, pour aecoutumer ses yeux à cet éclat inattendu , et pour contempler à loisir le spectacle magnifique et varié qui se présente à ses regards, »
Dans la résidence de Kadou, si importante par sa population très condensée , ar la fertilité de son sol et par sa florissante agriculture : Maouzran, grand et joli Long , habité par des Javanais.
Dans les limites de cette province, mais près de la frontière du côté des états de l'empereur de Djocjocarta , se trouvent les ruines célèbres de Zoro-bodo, « On y voit, dit M. Walckenaer, les débris d’un temple qui couronnait une petite colline, et qu’on croit avoir été construit dans le commencement du vri‘ où du x1° siècle, Ce temple forme un carré long, qui a sept murs ou sept enceintes, décroissant à mesure que l’on gravit la colline, et qui est surmonté par un dôme qui recouvre le sommet de l'édifice : ce dôme aenviron 50 pieds de diamètre ; chaque côté du carré extérieur est d'environ 620 pieds, et un triple rang de tours, au nombre de 72, accompagne les murs de cette dernière enceinte, Ces tours et ces murs ont des niches pratiquées dans leurs parvis, où l'on voit des figures sculptées, plus grandes que nature; elles représentent des personnes assises avec les jambes croisées ; il ÿ en a près de 400. On a trouvé dans ces ruines une statue mutilée, que M. Raffles a cru, à tort, ètre celle de Bramha ; on a découvert encore une statue de harpie, et diverses autres untiquités curieuses, Le temple ressemble beaucoup à celui de Boudh, qui est à Gay-ia, dans l'Indoustan; et les noms de Boro-bodo sont peut-être dérivés de ceux de Bara-boudah, le grand Boudah. »
Dans la résidence de Samarang : Samanane, assez grande ville, bâtie plus ou moins à l’européenne dans le genre de l’ancienne Batavia avec des rues régulières et un ort formé par l'embouchure de la rivière de Samarang, mais obstrué ea partie par un Panc de vase, L'école militaire qu'on y avait établie en 1818, vient d'être dissonte à cause des mesures d'économie devenues nécessaires dans les derniers temps. Samarang possède une bonne école primaire, est le siège d’un conseil de justice, dont relèvent les résidences de Tagal, Pekalongan , Samarang, Kadou, Djocjokarta, Sourakarta, Japara et Rembang, et est le chef-lieu de la division militaire qui embrasse les mêmes résidences. Son commerce est assez florissant; on porte sa population à 36 ou 38,000 âmes. Banxuxu- Nine, village remarquable par les {chandis où temples antiques situés dans son voisinage ; ils ont été bâtis sur des terrasses coupées dans la montagne et qui s'élèvent successivement Îcs unes au-dessus des autres.
Mais avant de quitter cette résidence, qu'il nous soit permis de dire un mot sur le choléra-morbus, qui a donné à Samarang une bien triste célébrité dans toute la Malaisie. C'est de cette ville où, à ce qu'on assure, il fut importé de l’Inde-Transgangétique en 18 r9 , qu’il se propagea d’abord le long de toute la côte septentrionale de Java, eusuite dans l'intérieur de l'île, emportant sur son passage plus de cent mille ‘abitans. Samarang le revit en 1827; c’est dans ce port et à Batavia qu'il a frappé le plus de victimes, Ici, nous remarquerons que depuis là terrible peste noire qui, au milieu du xrv° siècle, enleva , d’après les chroniques contemporaines , plus de la moitié de la population de l'Ancien-Continent, jamais épidémie aussi dévorante ne s'étendit sur une aussi vaste surface de terres en frappant un égal nombre de têtes. Du delta du Gange, où le choléra est endémique , ce fléau exterminateur étendit sa maligne influence sur toute l'Asie méridionale et orientale, sur une grande partie de l’Asie moyenne et de la Malaisie ; dans cette dernière, ilmoissonna de nombreuses victimes jusqu'aux extrémités orientales de l'archipel des Moluques. Après avoir ravagé les îles de Ceylan, Maurice et Bourbon, le choléra envahit l’Arabie, pénétra en Perse , en Syrie et en Egypte. De la Perse, il passa en Russie pour désoler dans toutes les directions cet empire immense, en remontant le Volga comme en descendant le Don. De Moscou et de Pétersbourg, frappant dans sa marche rapide d'innombrables victimes , le choléra suit en Pologne les mouvemens des
1241 ABRÈGÉ DE GÉOGHAPHIE,
de 13 de ne
a manne sean net manne ce eme de
armées belligérantes, fléau guidé par un autre fléau. De là, il s'étend d'un côté dans la
Gallicie, pour se propager bientôt dans la Hongrie, l'Autriche, la Moravie et la Rohé- le dis me; de l'autre, dans la Polugne prussienne, pour envahir la Prusse, le Brandebourg , la tk, Silésie et la Saxe ; pendant ces deux invasions , il enlève beaucoup de monde dans l'Es. anal thonie, dans la Livonie, dans la Finlande, et jusque dans les solitudes glaciales du gnu. D
vernement d'Arkhangel, De Hambourg, l'épidémie s'élance brusquement à Sunderland, das l’Archipel Britannique : Londres, Liverpool, Edimbourg, Glascow, Dublin et Cork sont les principaux théâtres de ses ravages, Du Royaume-Uni, l'inexplicable fleau vieut subitement éclater dans la capitale de la France, d’où il se propage à travers les départe mens, en suivant le cours des fleuves, et franchissant l'Atlantique il annonce déjà se; ravages dans le Nouveau-Monde par les nombreuses victimes qu'il frappe dans la capi- baigt tale du Bas-Canada, Au moyen âge, une épidémie aussi épouvantable eñt suspendu toutes oït les relations de peuple à peuple, toutes les affections de famille; mais dans l'état actuel Java de la civilisation et de la médecine, les nations de l'Europe n'ont connu qu'une partie des Grat horreurs de la peste noire ; et si des populations ont été décimées, au moins l'humanité un p n'a point à rougir; les secours et lesconsolations n’ont pas manqué aux mourans. L'Eu- AT rope doit ces avantages inappréciables à d'illustres médecins, Nous nous bornerons à
s'étai rent Grat douc avec
nommer les Markus, les Bauch, les Dyrsen, les Langh, etc., etc., en Russie; les Stifft, Del les Günthner, les Czermak, les Vivenat, etc., etc., en Autriche; les Dieffenbach, les offer Otto, etc., etc., en Prusse; en France, nous ne nommerons personne, car il faudrait D nommer toute la Faculté, Eclairés par ces savans, les gouvernemens et les peuples ont M. repoussé loute crainte de contagion : les nations n'ont pas élevé entre elles d’infran- de | chissables barrières ; les mères n'ont point abandonné leurs enfans, les épouses leurs ma- d'au
ris; et les citoyens épargués par ce terrible fléau. en vaquant comme à l'ordinaire à leurs tact occupations et prenant part aux plaisirs innocens d’une civilisation avancée, trouvérent Sp dans les unes et dans les autres de puissantes ressources et ces diversions, dont le manque une absolu aggrava si cruellement Ja triste condition de nos ancètres. dev
Dans la résidence de Rembang, si importante par ses belles et vastes forèts de rej jattie et par ses nombreux chantiers, nous nommerons : RkmBanG, petite ville, com\er- per gante, avec une des meilleures rades de l'ile, de beaux chantiers ; elle possède 17 nui- éno res, dont 5 mesurent plus de 309 tonneaux. un
Dans la résidence d'e Grissé : Gaissé, assez jolie petite ville, commerçante; s'ar 26 navires caboteurs, la plupart d’une assez grande capacité, y sont la propriété de plusieurs maisons arabes fort riches. Elle possede une bonue école primaire et est la retraite que choisissent de préférence les familles européennes, ‘eut les chefs se sont retirés du service ou du commerce.
Dans la résidence de Sourabaya, qui est une des plus peuplées et des plus florissantes par l'activité agricole et commerçante de ses habitous : Sourausya, située à l'embouchure du Kediri dit aussi Sourabaya; c'est après Batavia la ville la plus peuplée, la plus commerçante et la plus florissante de Java. Sa rade est aussi belle que sûre. On y remarque un bel arsenal maritime, de beaux chantiers, la monnaie pour frapper le cuivre, une fonderie de boulets, une école primaire comparable à celles de Weltevreden et Sainarang. Elle est le siège d'un conseil de justice dont le ressort embrasse toutes les résidences orientales de Java , ei le chef-lieu de la division militaire qui comprend ces mên.es provinces. On estime à 50,000 le nombre de ses habitans.
C’est au milieu des immenses forêts de tek , qui couvrent la partie occidentale de cette province, qu'était située Mapsaramir, l'antique capitale des Javanais, dans les temps florissans de leur empire. Ses ruines sont éparses sur un espace de plusieurs milles le log du Kediri; plusieurs temples en briques et les débris des portes subsistent encore. Depuis l'emplacement de cette ville célèbre, dit M. Walckenaer, jusqu'à Pobolingo vers l'est, on apercoit à chaque pas diverses constructions anciennes en briques. 11 est difficile de bien déterminer l'éteudue de Madjapabit, parce que le sol est actuellement recouvert d'arbres de tek d'uve hauteur prodigieuse; mais les murs de son étang, bâtis en briques cuites, subsistent encore ; ils ont 1,000 pieds de long sur 1a de hauteur. Dans un village adjacent, nommé T'rangwoulan, on voit le magnifique mausolée d'un prince maho mélan, avec les tombeaux de la princesse sa femme et de sa nourrice; il porte la date
ram où Sousounan , et le sultan de Djocjocarta, Dans cette circonstance, la Compagnie, pour se méuager des partisans, établit à chacune de. ces deux cours une branche de princes apanagés , avec le titre de pangerang ; et en les dotant richement , elle les plaça daus une position indépendante du prince régnant, Les évènemens prouvèrent l'habileté de cette manœuvre : car, dans les derniers troubles qui ont agité et agitent encore cette partie de l'ile, ce sont les pangérans Manko-Nogoro, connus auparavant sous le nom de Prang Wedono, à Souracarta, et Pakou-Alam, à Djocjocarta, qui se sont signalés par leur dévoüment au gouvernement hollandais, Selon Rafiles, la surface réunie de ces deux états vassaux et actucllement dépendans du gouverneur-général, est de 11,300 milles carrés anglais, et leur population de 1,657,934 âmes , dont 972,727 vivaient dans les états du sousounan ou empereur de Souracarta, et 685,207 dans ceux du sultan de Djocjocarta, Cette partie de Java, où s'élèvent le Merbabou, le Sindoro, et le Soumbing, regardés comme les plus hautes montagnes de l'ile, et où l'on tronve ses plaines les plus belles ct les plus fertiles, est aussi celle qui doit inspirer le plus d'intérêt par les ruines d'anciennes villes, par les débris d'une foule de monumens de tous genres, qui nous réveleut la gloire et la puissance d'un peuple, dont l'histoire nous a été jusqu'ici inconnue, et dont ies mœurset les usages, ici plus qu'ailleurs, ont conservé leur caractère national. Malheureusement pour le géographe, la topographie en est encore très peu connue, mais le savant ouvrage de Raffles, si bien analysé par M. le baron de Walckenaer, dans son Monde-Maritime, a jeté tant de lumières sur les importantes antiquités qui attestent son ancienne splendeur, que nous croyons devoir sortir un peu de notre cadre, pour faire connaître au lecteur ces merveilles, apres lui avoir indiqué ses deux capitales modernes qui, malgré leur forte population, n'offrent rien de remarquable. Quant aux antiquités, notre tâche sera de résumer le beau et savant travail de M. de Walckenner,
SounacanTa , grande ville, assez bien bâtie à la manière des Javanais; le crattan ou palais impérial, où réside le sousounan, est très grand et se compuse d'une foule de bàtimens différens. Le quartier habité par les Européens est bien construit et défendu par un fort, où il ÿ a toujours une garnison hollandaise, En 1815 on estimait vaguement à 105,000 âmes la population de cette ville, qui est plutôt un assemblage de nombreux villages qu'une ville proprement dite dans le sens que l'on donne à ce mot en Europe. psocsocanTA, autre grande ville, située au sud-ouest de la précédente, à environ 15 ntilles anglais de l'Océan. C'est la résidence du sultan de Djocjocarta, descendant du rebelle Mancobumi, reconnu comme prince indépendant de l'empereur par les Hollandais en 1758. M. Hamilion estime à 100,000 âmes sa population pour l'année 1815, Sa construction ressemble à celle de Souracarta.
Voici les monumens les plus remarquables qu'on a découverts depuis le commencement du x1x° siècle : À Brampanan, village dans la province de Matarem, entre Souracarla et Djocjocarta , on voit plusieurs temples ruinés, dont il reste encore debout une partie des murailles et plusieurs colonves, Dans les ruines du temple de Koboudalam, on voit deux statues colossales , renversées et en partie rompues, représentant les deux gardiens du tchandi ou temple. Les tchandi de Loro- Djongrang se cor posaient de vingt édifices différens, tous avec des enceintes et des entrées particulières ; le plus grand avait go pieds anglais de hauteur, Sur le frontispice de la porte d'entrée on a trouvé la statue de ZLoro-Djongrang, de 6 pieds de haut; selon Ratfles c'est la même divinité que Bahawani, la mème que Devi ou Dourga de l'Iudoustan; elle a sous ses pieds un buffle et est pourvue de huit ou dix bras; elle saisit le vice par les cheveux et le terrasse ; les autres parties du temple renferment des statues de Ganesa, de Chiva et d'autres divinités indoues, Toutes ces immenses constructions sont en pierres de taille, sans mortier ni ciment ; et les piantes qui ont poussé au milieu de leurs débris les couronnent de verdure , les couvrent de leur ambrage et leur prêtent des beautés pittoresques, qui ajoutent à leur aspect vénérable, À 420 toises au nord-est du temple de Loro-Djongrang on trouve les Tchan di-Siw ou (Mille-Temples). 11 est impossible de contempler un plus grand nombre de colonnes, de statues, de bas-reliefs entassés sur un même terrein; tout est terminé et poli avec une perfection extraordinaire , et tous ces monumens prouvent beaucoup d'art, d'invention, un goût pur et très exercé. Ici les statues des gardiens ou portiers du temple ont g pieds de hauteur , quoique agenouillées ; leurs grosses faces ont