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Si l’on jugeait de la difficulté de composer un Traité élémentaire de géographie par le nombre immense d'ouvrages de cette nature qui sortent annuellement des presses anglaises, françaises et allemandes, on serait tenté de croire que la composition d’un tel livre est plus facile que celle d'un roman fantastique ou de certaines théories de la terre, filles d'une capricieuse imagination. Malheureusement il n’en est pas ainsi, On doit appliquer aux traités élémentaires la sévère sentence d'un poète français. Là comme ailleurs, là plus qu'ailleurs peut-être
Il faut du temps, des soins, et ce pénible ouvrage Jamais d'uu écolier ne fut l'apprentissage.
Et cependant, à quelques honorables exceptions près, en France et en Angleterre surtout, ces traités, destinés à répandre l'instruction, sont deventis comme la proie de savans ou de littérateurs étrangers à la géographie. Ces prétentions seraient innocentes si elles n'étaient dangereuses ; dangereuses , nous le disons hardiment ! Presque tous semblent sortir du même moule : ignorance des faits, absence de critique, voilà leur cachet général ; presque tous sont la reproduction plus ou moins modifiée d’autres traités de géographie, à laquelle on a ajouté des lambeaux de voyages récens, des extraits de journaux et des séries de chiffres statistiques, pillées dans les feuilles quotidiennes et qui se rapportent à des époques différentes. Eh bien! ce chaos où entrent pèle-mêle les élémens les plus hétérogènes, ce mélange monstrueux d'erreurs et de vérités, cette mosaïque de choses contemporaines et d’autres qui ont cessé d'exister depuis des siècles , est présenté à la jeunesse studieuse comme une source de lumière et d'instruction, comme l’état actuel de la Terre, et exercent malheureusement une pernicieuse influence non-seulement sur l'étude de la géographie, mais aussi sur celle de plusieurs autres branches des connaissances humaines. Il est en France des hommes célèbres dans la science : ceux-là ont produit de savans mémoires ou de profonds ouvrages d’érudition. Plus d’une fois, en étudiant leurs productions , nous avons regretté qu’ils ne descendissent pas des hauteurs où ils sont justement placés, pour faire eux-mêmes, comme Bossuet , le catéchisme aux enfans. Leur silence (*) et
(*) Nous croyons nécessaire de citer à l'appui de ce pee l'opinion d’un juge très compétent, qui, malgré l’anonyme qu’il veut garder, décèle un profond géographe par les vues élevées et la justesse des principes qu’il a exposés dans un article remarquable inséré dans le 47° volume de la Revue Encyclopédique , en faisant l'analyse du Traité Elémentaire de Géographie par Malte-Brun.
« Il est bien digne de remarque, eu effet, que nous possédions en France tant d'habiles et laborieux géographes , dont les travaux sont justement appréciés de l'Europe savante , et que pas un d'eux ne paraisse avoir sougé à nous donner uu traité élémentaire en harmonie
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ul INTRODUCTION
le besoin de remplir une lacune dans l'instruction, a dirigé depuis longtemps nos néditations sur la composition d'un véritable traité élémentaire. Nous lavions déjà essayé dans notre patrie avec les faibles ressources de nos moyens et des établissemens littéraires de Venise. Habitant depuis plusieurs années la capitale de la France, qu'on pourrait, sans exagération, appeler le rexdez-vous obligé de tout ce qu'il y a de plus distingué et de plus remarquable sur le globe, nous avons pensé à tirer parti de cette circonstance favorable, qui nous rendait accessibles les immenses richesses littéraires renfermées dans les collections publiques et particulières, et qui nous mettait en rapport avec une foule de savans et de personnages distingués, pour améliorer et pour étendre le plan de notre Compendio di Geografia universale , en le modifiant de manière à le mettre en harmonie avec les progrès que la science avait faits depuis sa première apparition, et à le rendre digne de l’époque éclairée où nous vivons. Tels sont l’origine et le but de l'ouvrage que nous présentons au public. Pour le mettre à même de juger si nous avons envisagé la science sous son véritable point de vue, et si notre méthode d'instruction peut être féconde en heureux résultats, nous allons exposer le plan que nous avons suivi dans sa rédaction.
PLAN del'ABMÉGÉ. Toutletraité est divisé en deux parties distinctes, qu’à l'exemple d’un célèbre géographe nous nommons PARTIE DES PRIN- CIPES GÉNÉRAUX €t PARTIE DESCRIPTIVE. Dans la première, qui est de beaucoup la moins étendue, nous exposons en douze chapitres toutes les notions les plus indispensables que la géographie emprunte à l'astronomie, aux mathématiques, à la géologie, à la physique, à l’histoire naturelle, à l'anthropologie, à la statistique et à l’économie politique. Un de ces chapitres, et le plus long, est entièrement consacré aux définitions, qui, en géographie comme dans toutes les autres sciences, doivent toujours précéder l'exposition des théorèmes. La partie descriptive est partagée en cinq grandes sections correspondant aux cinq parties du monde. Chaque section se subdivise en géographie générale et en géographie particulière. La géographie générale offre dans deux chapitres distincts pour chaque partie du munde : 1° la géographie physique; 2° la géographie politique. Voici les articles qui composent la géographie physique : po-
‘sition astronomique, dimensions, confins, mers et golfes, détroits, pres-
qu'iles , fleuves , lacs , les, montagnes, plateaux , volcans , vallées et plaines, déserts, steps et landes, climats, minéraux, végétaux, animaux. vs articles qui forment la géographie politique sont intitulés : superficie, population , ethnographie , religion , gouvernement , industrie, commerce , état social, divisions politig:'es et géographiques.
La géographie particulière comprendautant de chapitres qu'il ya de grands états ou de grandes régions géographiques à décrire. La description particulière des principaux états de l’Europe se compose des articles suivans : position astronomique , dimensions ; confins, pays, montagnes, éles,
avec l'état actuel de la science. On peut s'étonner encore aue la Société de géographie, qui décerne chaque année plusieurs prix pour des ouvrages reiatifs aux objets principaux de ses études , n'ait jamais mis au concours la composition d’un semblable traité. Il est pénible d’avouer que, jusqu'aux temps actuels, l’enseignement de ja géographie dans nos écoles ne s’est fait qu'uu moyen de traductions d'ouvrages anglais et allemands, dont notre indigence a fait exagérer le mérite, et qui, grâce à elle, ont obtenu depuis trente aus de nombreuses réimpressions, » Fr
rs mé , a dirigé depuis longtable traité élémentaire.
es faibles ressources de renise. Habitant depuis pourrail ; sans exagéray a de plus distingué et sé à tirer parti de cette les immenses richesses ques et particulières , et avans et de personnages n de notre Compendio di à le mettre en harmonie sa première apparition , ivons. Tels sont l’origine sublic. Pour le mettre à sous son véritable point e féconde en heureux rés suivi dans sa rédaction.
n deux parties distinctes, mimons PARTIE DES PRINremière, qui est de beau- : chapitres toutes les noemprunte à l'astronomie, >, à l’histoire naturelle, à politique. Un de ces chaaux définitions, qui, en es, doivent toujours préscriptive est partagée en arties du monde. Chaque n géographie particulière.
itres distincts pour chaque ue; 2° la géographie séographie physique : poet goles, détroits, pres- , volcans , vallées et plai- , végétaux, animaux. Les t'intitulés : superficie, poindustrie, commerce , état
ant de chapitres qu'il ya de ss à décrire. La description compose des articles suiks, PAYS, MONLAGNES ; iles,
ne la Société de géographie, qui tifs aux objets principaux de ses mblabie traité. Il est pénible d'atogruphie dans nos écoles ne s’est emonds, dont notre indigence a istrente aus de nombreuses réim-
A LA GÉOGRAPHIE
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see À re à et quelquefois chemins en fer, ethnographie, reli- 8 On ; 8 sa k ment , places fortes et ports militaires , industrie , com pes alé . peer topographie, possessions. Nous verrons Due ‘bas s modifications que nous avons été obligé de fai ir à ce plan dans la description des états des autres parti on Cr bleau statistique complète la descri ption ne De ds en offrant dans ses cdlines le titre dé de, FRA A ce Pi, et relative, son revenu, sa dette et ses ae ia nous toc FA et qe “ : £ F pr “ ke Sa tions préliminaires que nous croyons indispe bles daus Lintéiée de à Ho Ù pensables dans l'intérêt de l:
science , et pour donner à nos lecteurs le moyen de li sidé Fe véritable point de vue. N » | d'abord y mie doivent être les bornes del pénphie dE et cc Pt ape Een dit un statisticien très distingué, qu’on voit gner dans les systèmes des géographes, tant dans les définitions fi dre À que les a tions et la circonscription des ve brans 3 séographie, dans le corps entier de la méthode, c’est-à ie dans l’art de classer et d'offrir les faits intéressans que ane out me a Dont chez dde tie de ben se ins complet dans lequel ils ont envisagé la géographie point de vue sous lequel ils ont examiné quelques ne one ir Se sinent; chez d’autres, des études spéciales ont f. A dans certaines parties de cette science, en même t le ver <a er fort importantes ; beaucoup Soie Han a As Le ent et .de ses divisions principales ont gardé le siee r p usieurs de ses divisions, les ont faussement désignées, confon- Fe On ne dans des rapports inexacts; enfin quelques ere he Pré a géographie une foule de choses qui en sont A presse es. C’est ainsi que pour ne s'étre point attachés à classer d rd cette science dans j'ordre qu'elle doit occuper dans le tableau de ane nr ; pour ne point s’être occupés à définir et à ns re : ne a be en aiseuns de plus près, la plupart des audoes oppent la géographie dans la statistique , tandis que ] es Français comprennent celle-ci dans les nombreux rasa Lo EU ; que rip l'arithmétique politiques, ont été c la statistique ; la cosmographie dans la géographie ra peter Pare he 5 la géologie dans la géographie dosiuue, de P antôt dans la géographie, tantôt dans la statistique, l'Aydro, phie et la géognosie, la chorographie et la topographie ; et ue A ut souvent cette dernière dans la sphère étymologique de sa déténin ve on en a fait d’autres fois la description universelle d’un pays étendu pp s'exprimait, en 1819, M. le baron de Férussac, dans son mémoire sur | Fra cessité de fixer et d'adopter un corps de doctrine pour la géographi : t la statistique, en appelant l'attention des savans et des Lotus studi He sur ces assemblages informes de plusieurs sciences lancés dans le blio sous les titres les plus imposans dont la géographie ait encore été cs se. Nous pourrions offriv le résultat de nos méditations sur ce sujet one expérience à l'appui des justes plaintes de ce savant. Mais sn. pe tenterons seulement d’ajouter quelques réflexions relatives à la statistique,
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iv INTRODUCTION
parce que c'est à cette deruière science que des mains inhabiles autant que peu exercées, ont de nos jours fait le plus d'emprunts en écrivant sur la géographie. Elles nous donneront aussi l’occasion de signaler quelques graves erreurs adoptées généralement comme des vérités presque évidentes, et cela sur la célébrité dont jouissent à juste titre, mais pour des spécialités toutes différentes, soit les ouvrages où ces mêmes erreurs se trouvent consignées, soit les auteurs qui les ont émises. D'ailleurs, il est nécessaire que le lecteur sache une fois pour toutes à quoi s’en tenir sur une science, à laquelle la géographie doit forcément avoir recours dans bien des circonstances, et qui est devenue dernièrement le but d'attaques aussi injustes que violentes de la part de quelques savans, auxquels on doit rendre cette justice qu'ils sont complétement étrangers à l’objet de leurs déclamations.
SÉPARATION entre la GÉOGRAPHIE et la STATISTIQUE. La g'ographie étant la description de la Terre en général et de ses divisions politiques (états) en particulier, on voit que cette science pour être bien traitée a besoin de recourir à plusieurs autres. Mais ce serait en faire une véritable encyclopédie, et la rendre pour ainsi dire inaccessible au plus grand nombre des lecteurs, que de vouloir y comprendre la cosmogonie , l'uranographie, l'astronomie , la géologie, l'histoire naturelle dans ses dif-
. férentes branches, la physique, la météorologie, l'anthropologie, la statis-
tique , économie politique , \e dessin et la cartographie, V'histoire ancienne, celie du moyen-dge et l'histoire moderne , Varchéologie, V'ethnographie, et une foule d’autres sciences et arts qu’il serait festidieux de nommer, et avec lesquels la géographie a des points de contact plus ou moins nombreux. Les principaux objets de quelques-unes de ces sciences seulement doivent y être indiqués, et un moins grand nombre de quelques autres, mais aucun ne doit y ètre décrit et traité en détail, la connaissance en étant presque toujours présupposée. La surface , la population absolue et la population relative, les revenus ct la dette , les forces de terre et de mer étant les principaux élémens de la force et des ressources d’un état, entrent également dans la sphère de la géographie et de la statistique, mais avec cette différence que le géographe se contente des résultats généraux, et que le statisticien descend dans les détails de chacun de ces élémens. Ainsi, par exemple, le premier se contente de savoir que la surface de la France est de 154,000 milles carrés; que sa population absolue est de 32,000,000 d’habitans ; que sa population relative est de 208 habitans par mille carré ; que son revenu est de 987,600,000 francs; que sa dette est de 3,900,000,000 francs ; que son armée est de 279,957 hommes, etc. Le second au contraire veut savoir combien des 154,000 milles carrés sont destinés à la culture des céréales ou aux pâturages , combien sont occupés par des vignobles, des potagers, des jardins et des vergers , par des cultures particulières , ou bien par des bois, par des terres incultes , par des routes , rivières, montagnes et rochers ; combien de ces milles carrés sont couverts par des proprietés bâties, par des étangs , par des marais, par des mines et carriéres , etc., etc. Le statisticien ne se borne pas à savoir que la France a 32,000,000 d’habitans, mais il veut connaître comment cette population est partagée sous les rapports ethnographique et religieux , pour juger par-là de la force ou de la faiblesse de l'état, selon le plus ou le moins d'homogénéité entre les élémens dont la population se compose ; car, en général, il est sûr qu'un état qui ne serait composé que d’habitans parlant tous la
as inhabiles autant que ints en écrivant sur la | de signaler quelques ités presque évidentes, mais pour des spécianes erreurs se trouvent leurs, il est nécessaire a tenir sur une science, ars dans bien des cird'attaques aussi injustes els on doit rendre cette de leurs déclamations.
à STATISTIQUE. La aéral et de ses divisions science pour être bien is ce serait en faire une ire inaccessible au plus prendre la cosmogonie ; natureëe dans ses dif- "anthropologie, la statisphie , l’histoire ancienne, logie, Vethnographie, et tidieux de nommer, et act plus ou moins nomde ces sciences seulend nombre de quelques é en détail, la connaisurface , \a population abtte , les forces de terre et des ressources d’un état, hie et de la statistique, ontente des résultats géails de chacun de ces élé- > de savoir que la surface sa population absolue est ative est de 208 habitans 000 francs; que sa dette le 279,957 hommes, etc.
54,000 milles carrés sont s , combien sont occupés vergers , par des cultures s incultes , par des routes , nilles carrés sont couverts marais, par des rênes et as à savoir que la France comment cette population ligieux , pour juger par-là us ou le moins d’homogénpose ; car, en général, il d'habitans parlant tous la
A LA GÉOGRAPHIL,
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d'unic. : é ‘ i ie 5 conséquent de force et de durée, que celui qui serait com- I -Homération de plusieurs nations parlant des idiomes et pro-
Labo Ne UE Re en outre savoir com- Jéminin ; combien de célibataires, de 4 us : RE RON nie» ‘ | $ LU Ps gens mariés et de veufs, et comment DA Ruee. es divisent pour les dges ; combien sont propriétaires, NE 2, ve manufactures ou à la navigation ; combien ap- ONE k estastique ou à l’état militaire ; combien sont empl ne es différentes administrations du royaume ; combien se livrent eue ts . dclen d quel sr le nombre des écoliers » des pauvres, des prisonbi à es LoN : Va ien il y a d'enfans illégitimes ; dans quel rapport tie Ne on : te fé 3 les naissances aux mariuges , et une foule bis pren Le : nt du domaine exclusif de la statistique. Si le géogepre, Rene le connaitre la somme générale de la recette et de la ue e non entre dans tous les détails du budget et veut savoir Se sa un es Y87,600,000 francs ont été le produit de la contribution ; re, de la contribution personnelle et mobiliére, etc. ; combien en ont fourni l’exregistrement et les domaines ; combien les droits à l'importati et ceux sur les sels ; combien les droits sur les boisso es ue et quelle a été la recette des post | re do SE en ca ne es et celle de la loterie, etc.; de plus, saine RS hat in Me Ne Lesage En décomposant la dette fondée, et à combien a dette hé ; 3 di ge A ne ns d ; il distingue dans la première les p Pour cent de celles à 4 et 1/2 pour cent et à 5 pour cent ; il sépare dans la seconde les intéréts aux reccveurs généraux de ceux des bons royaux 2 des escomptes à la banque, des intéréts aux communes, ete s il veut connaître la somme destinée chaque année à l'amortissement de la ue . A en de la dette viagére, et celui des cautionnemens. veut cl M mm . ne pa à RARE ne i qui la composent, le pied de p “4 os de guerre et le nombre effectif sous les drapeaux, et en 2 : e éprreners qui fournissent particulièrement les recrues de cerrmes ; à cause de la différence que présente la taille commune de l’homme dans les différentes régions du royaume. | BREPROCHES faits à la GÉOGRAPHIE et à la STATISTIQUE. Si les géographes de profession, si même ceux qui ne le sont pas s'étaient tenus dans ces bornes, et n'eussent admis dans leurs traités de géogra hie ga des données statistiques puisées à de bonnes sources, en les a ébEbnt au lecteur ct en indiquant l’année à laquelle elles se réfèrent, ils n'auraient pas tout embrouillé, et ils n'auraient pas attiré à la géographie et surtout à la statistique d’injustes reproches. Le peu d'accord entre les diverses évaluations de ces prétendus géographes et statisticiens ne doit pas être attribué à imperfection de ces deux sciences, mais au peu de soin de quelques-uns, à l'ignorance , à la présomption ou à la mauvaise foi d’un rand nombre d autres, qui sans avoir fait d'études préparatoires cétendènr les professer l’une ct l’autre. Si dans la rédaction d’une géographie ou d'une no Le gets chaque auteur voulait indiquer loyalement et la source Sn se » Pise ses chiffres, et les modifications qu'il leur a fait subir, :- précisait en même temps l'époque à laquelle ils doivent se rapporter,
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vt INTRODUCTION
mme on verrait disparaître presque toutes ces prétendues contradictions , qui ne sont que la conséquence nécessaire et inévitable des élémens variables sur lesquels on opère.
Dira-t-on que la statistique donne des résultats inexacts ou contradictoires, parce que trois auteurs écrivant en 1827, évalueraient la population de la France, le premier à 30,750,000 âmes d'après le recensement fait à la fin de 1821, en y comprenant l'armée et la flotte, le second à 30,465,291 pour la même année en faisant abstraction de l’armée et de la flotte, le troisième à 31,845,428, d’après le recensement qui eut lieu au commencement de 1827. Osera-t-on soutenir que la statistique n'aboutit en définitive qu’à des groupes de chiffres illusoires , et indignes de la confiance des gens sérieux, parce que, en dépit de tous les calculs et de tous les raisonnemens auxquels nous nous sommes livrés, appuyés sur le re-
‘ censement de l’année 1819, pour prouver que la population du Portugal
continental s'élevait en 1822 à 3,173,000 âmes, deux savans estimables, mais étrangers à cette science, reproduisant les anciennes évaluations approximatives basées sur le nombre de feux en 1798, la portaient contre toute probabilité en 1827, l’un à 3,680,000, l'autre à 3,683,400 âmes ? Est-ce à l’imperfection de la statistique qu'il faut s'en prendre si des littérateurs, si des savans estimables, peu famitiarisés avec les difficultés sans nombre qu’elle offre même à ses adeptes, commettent, lorsqu'ils se lancent dans une carrière si éloignée de lenrs études spéciales, les méprises les plus ridicules? L'un par exemple attribue à la seule ville de Boston la totalité des importations et des exportations de toute la confédération Anglo-Américaine; l’autre, confondant le mouvement du port de Liverpool avec sa marine marchande, fait monter cette dernière à 1,180,914 tonneaux ! nombre presque neuf fois plus grand que le tonnage de ce port, et qui dépasse la moitié de celui de toute la marine marchande du Royaume- Uni. Celui-ci prétend prouver la supériorité morale des Badois sur les Wurtembergeois en prenant pour point de départ dans ses calculs des documrns évidemment erronés, puisqu'ils lui donnent pour résultat définitif un seul accusé sur 1,600 habitans dans le grand-duché de Bade, tandis que, selon ces mêmes documens, le royaume de Wurtemberg n’en compterait pas moins d’un sur 169! Celui-là, puisant à différentes sources la surface des principaux états du globe , range dans une même colonne, en prétendues milles carrés allemands de 15 au degré, des évaluations, dont les unes sont réellement exprimées dans cette mesure, mais dont plusieurs autres le sont en milles géographiques de Go au degré et même en milles anglais de 69 1/2 au degré, ce qui fait que la Chine est représentée dans ce prétendu tableau statistique comme ayant une surface supérieure à plus de la moitié de toute la partie terrestre du globe!
MOYENS DE LES ÉVITER. On doit avouer que si la statistique offre déjà un assez grand nombre d'ouvrages spéciaux d’un mérite réel, il n’en est pas de même de la statistique générale, malgré les profondes connäissances et les travaux remarquables de MM. André, Hassel, Al. de Humboldt, Malchuset autressavans célèbres de l'Allemagne, de Gioja, Graberg de Hemsë et de quelques autres en Italie et ailleurs. Les travaux que nous avons eu à faire en ce genre nous ont prouvé que la statistique générale est encore dans l'enfance, pour ne pas dire au berceau, et que l’auteur consciencieux qui en sait le plus est justement celui qui remplit le moins de colonnes,
es contradictions , qui des élémens variables
inexacts ou contradievalueraient la populad'après le recensement la flotte, le second à ion de l’armée et de la sement qui eut lieu au la statistique n'aboutit , et indignes de la con- 15 les calculs et de tous rés, appuyés sur le re- >opulation du Portugal eux savans estimables, ciennes évaluations ap- )8, la portaient contre tre à 3,683,400 âmes ?
en prendre si des littéavec les difficultés sans ttent, lorsqu'ils se lanspéciales, les méprises seule ville de Boston la toute la confédération nt du port de Liverpool nière à 1,180,914 tone tonnage de ce port, et archande du Royaumerale des Badois sur les dans ses calculs des doit pour résultat définitif duché de Bade, tandis Vurtemberg n’en compà différentes sources la s une même colonne, en é, des évaluations, dont ure, mais dont plusieurs egré et même en milles ne est représentée dans ne surface supérieure à lobe !
que si la statistique offre d’un mérite réel, il n’en é les profondes connais- Hassel, Al de Humboldt, Gioja, Graberg de Hemsô vaux que nous avons eu ique générale est encore te l’auteur consciencieux it le moins de colonnes,
A LA GÉOGRAPHIE
tant sont grandes les lacunes qu'offre encore cette science, non-seulement hors d'Europe, mais même dans presque toutes les contrées de cette partie du monde. Nos lecteurs peuvent le juger facilement par les observations qui précèdent dans cet ouvrage, les tabieaux statistiques de l'Europe, de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique et de l'Océanie, et surtout par tout ce que nous avons exposé aux pages b56-594. Cette imperfection de la statistique générale est une conséquence naturelle du petit nombre de travaux spéciaux que l'on à publiés jusqu'à présent, et du peu de critique que l’on a mis, à quelques exceptions près, dans la rédaction de tous les ouvrages de ce genre. Il est temps que les personnes qui cultivent cette branche si importante et si ramifiée des connaissances humaines, s'imposent la loi d'une critique judicieuse. La méthode la plus simple serait de se vouer à des monographies, à des spécialités. On sait combien les sciences naturelles ont fait de progrès depuis que les naturalistes ont pris cette marche. Pour se convaincre du succès avec lequel on appliquerait cette division du travail à la statistique , il suffirait de jeter un coup d'œil sur les travaux de quelques statisticiens spécialistes , ou sur les ouvrages d’autres savans qui jouissent d’une juste célébrité pour des travaux statistiques spéclaux, mais dont les praductions.sur la statistique générale sont bien loin d’avoir le même mérite. Trop restreints par notre cadre, nous ne ferons qu’indiquer leurs noms. Nous citerons MM. Bottin, Benoiston de Chéteauneuf , 72 er Fu, Chaptal, Denaix, Dupin, Defermont, Ferussac, Galibert, £ arr) » Guerry de Champneuf, Lucas, Moléon, Montverant, Héron de Vilpren , Peuchet, Sauinier » Sicard, Schnitzler, Thomas,
L lot, de rnon, de Villeneuve, etc., en France; MM. Babbage, Bisset-Hawkins , Colquhoun, Finlayson , Gilbert-Blane , J. Hume, Lowe , Maithus, Marshall, M Culloch, Playfair, Richman, John Sinclair, Wakefield, etc., en Angleterre; Casper, Demian, Hoffmann, Al. de Humbotdt , Stein , Zedlitz, etc., dans la monarchie Prussienne; André, Bisinger , Frenéoies (Hongrois), Crusius, Hietzinger, Lichtenstern, Rædrer, Schna - TPE , elc., parmi les Allemands, et Gicja, Litta Biumi, Quadri,
pmagnost, Torriceni, etc., parmi les lialiens, dans l'empire d’Autriche; Biches, Cannabich ; Crome, Düttenberger, Hassel, Hæck, Hoff, Julius, Mittermaier, Memminger, Malchus, Meusel, Michaelles, Pauli, Ubelohde, Rudhart, ete., dans les autres états de la confédération Germanique; Æeverberg, Lobato, Quctelet, Ed. Smits, Vander Maelen , etc:, dans le royaume de la relique 5 Hogendorp , Vander Capellen ,. etc., dans le royaume de Holsaute ei eau p NAAGR » Lutz, Picot, Schoch ; Sismondi , Digi ten Sue: Bio D le Merera, D Grp ordi É fi le He $ ois) » Inghirami, Orsini, Scinä, Tenore, Zuccagni-
ini, etc., en Italie; Arsenieff, Fricdlander, Gouroff, Hermann, Storch ; Ziablovsky, ete., dans l'empire Russe; etc. , ete., etc, etc.
Ainsi, lorsque des hommes studieux, passionnés pour. leur art, se se ront mis en rapport avec ceux qui étudient les spécialités du même genre chez plusieurs nations étrangères; lorsque les uns et les autres se seront bien compris sur les observations, les dates, les mouvemens à reconnaître; que ceux qui se sont voués à l'étude de la superficie et de la population absolue des principaux états de la Terre en auront apprécié, par E moyens divers, les friches, les montagnes, les lacs, les rivières, les causes physiques où morales qui retardent ou accélèrent les progrès de l'agriculture,
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VITE INTRODUCTION
ou se seront rendu compte de toutes les anomalies qu'offre la population ; que ceux qui ne craignent pas d'aborder les finances, en auront examiné avec attention et persévérance les diverses parties, auront étendu leurs investigations aux divers systèmes monétaires et les auront soumis à une évaluation uniforme, etc.; alors des statisticiens résumistes réuniront en un même faisceau les faits reconnus par les statisticiens spécialistes ; alors cesseront les doutes; alors plus de chances pour ces interprétations mensongères ou hasardées; alors la géographie s’enrichira de documens précieux et exacts; alors nous ne verrons plus à la tribune, ou dans le conseil des rois, des hommes d'état, commettre de graves erreurs; alors le négociant mieux instruit pourra combiner plus sûrement ses opérations ; alors enfin les chefs des armées, plus éclairés sur les ressources des états, feront les préparatifs convenables pour assurer la subsistance de leurs troupes, ou ne frapperont pas sur les pays conquis des contributions ruineuses, comme celles que levèrent le général Moreau , en 1800, dans l’archevèché de Saltzbourg, et le maréchal Suchet, en 1809, à Girone. Grâce à cette marche, la statistique s’assurera un rang distingué parmi les sciences positives et d'observation, et s’acquerra l'estime et la reconnaissance générale par les bienfaits réels qu'elle sera à même de répandre dans toutes les classes de la société.
EXCLUSION DE TOUT SYSTÈME. La géographie est une science de faits et non de spéculation : le géographe doit donc se borner à décrire les traits principaux qu'offre la Terre. Qu'il n’essaie pas d'expliquer la configuration des côtes de ses continens, l'étendue des mers, la distribution des lacs et des îles, la direction des principales chaînes de montagnes et autres choses semblables, tous détails de la plus haute importance sans doute, et dont l’ensemble constitue un corps de connaissances qu'il est important de posséder, mais qui sort du domaine de la géographie pour s’encadrer spécialement dans celui de la géologie. Que l’on ne s'y trompe point: la géographie et la géologie ont beau se toucher, ce sont deux sciences entièrement distinctes, et c’est à tort que quelques savans naturalistes se sont essayés, de nos jours, à faire de celle-ci une des parties intégrantes de celle-là. Fidèle à ce principe, nous avons exclu tout système, toute hypothèse de cet Abrégé, malgré les belles pages dont peutêtre nous eussions été à même de l’enrichir en puisant à plusieurs productions remarquables publiées dernièrement. Notre manière de voir n'est pas nouvelle ; elle est partagée même par un célèbre naturaliste, dont les idées sur ce sujet sont si justes et si piquantes que nous croyons faire une chose agréable au lecteur en les répétant.
« Les premiers Européens philosophes et naturalistes qui explorèrent les rivages de la Nouvelle-Hollande, dit M. Lesson, furent frappés des singularités sans nombre que les productions naturelles leur offraient à chaque pas : tout leur parut bizarre et paradoxal, sol, aspect, aussi bien que végétaux et animaux. Ce caractère d’étrangeté, qu’affectait la nature sur les Terres-Australes, parut éminemment curieux ; on voulut s’en rendre compte, et bientôt on tomba dans des extrêmes qui vicièrent l'opinion. Il est de fait que bien peu d'auteurs ont, sur la Nouvelle-Hollande, des idées fixes et arrêtées, et ceux qui les possèdent ne les doivent qu'aux relations des dernières. expéditions, et surtout aux écrits des Anglais établis à la Nouvelle-Galles. On ne connaissait que la lisière la plus étroite du pays,
nn offre la population ; s, en auront examine , auront étendu leurs
auront soumis à une sumistes réuniront en ens spécialistes ; alors interprétations menira de documens préune, ou dans le conaves erreurs; alors le ement ses opérations ; es ressources des états, bsistance de leurs trountributions ruineuses, 800, dans l’archevèché Girone. Grâce à cette parmi les sciences poa reconnaissance géné- : répandre dans toutes
aphie est une science de se borner à décrire les pas d'expliquer la condes mers, la distribuales chaînes de monta- \ plus haute importance s de connaissances qu’il maine de la géographie éologie. Que l'on nes y eau se toucher, ce sont ort que quelques savans de celle-ci une des par- | nous avons exclu tout s belles pages dont peutsant à plusieurs producmanière de voir n'est pas aturaliste, dont les idées croyons faire une chose
ralistes qui explorèrent , furent frappés des sines leur offraient à chaque bect, aussi bien que vé- ’affectait la nature sur ; on voulut s'en rendre ui vicièrent l'opinion. Il elle-Hollande, des idées doivent qu'aux relations des Anglais établis à la la plus étroite du pays;
A LA GÉOGRAPHIE
on voulut juger de l’intérieur, Des marins n’ont visité que les dunes litto-rales, où ils ne trouvèrent point d’eau douce : aussitôt les géographes sédentaires en prirent acte , et bientôt on accrédita l'opinion que la Nouvelle- Hollande n'avait point de rivières, suivant les uns ; que son intérieur était nu, pelé et stérile ; que les habitans buvaient de l'eau salée. D'autres prétendirent que tout l'intérieur est occupé par de vastes marécages; quelques-uns supposèrent que ce sont des déserts sablonneux, et qu’on devrait en tenter la découverte en y transportant des tentes, des chameaux : un grave auteur a proposé d'en faire la découverte avec des ballons! Enfin, on trouva des arbres pétrifiés sur une partie un peu étendue; vite on en conclut qu’il semblait qu’on eût porté sur ces lointains rivages la tête de Méduse pour en pétrifier les êtres qui y vivent. De ces versions, laquelle croire? car elles sont toutes aussi fondées les unes que les autres, et l’on peut admettre au centre de la Nouvelle- Hollande, sans compromettre sa conscience, aussi bien des volcans que des marais ou des fleuves majestueux et navigables. » Nous verrons, dans la description de cette partie de l'Océanie, combien tous ces systèmes se sont écroulés devant les explorations récentes, et tout ce que cette prétendue terre de désolation promet à l’activité et aux spéculations de la race européenne.
MÉTHODE LOGIQUE préférable à la méthode pittoresque. La géographie étant une science positive, les objets doivent être classés dans les livres qui en traitent, non d’une manière pittoresque propre à flatter l'imagination, mais d’une manière logique , qui éclaire l'intelligence et aide la mémoire. La première, employée avec le plus rare talent par un illustre géographe, tolérable peut-être dars un traité étendu sur la science, doit être rejetée d'un ouvrage élémentaire où tout doit être sacrifié à l’instruction, D'ailleurs , dès que l'on adopte la méthode logique, l'exposition de la science devient plus suivie, plus courte, plus claire et plus substantielle. Les faits que l’on y expose doivent tirer tout leur intérêt d’euxmêmes, et non point des accessoires dont on peut les orner.
DIVISIONS NATURELLES et POLITIQUES. Quoique la géographie physique serve de base à toutes les autres parties de cette science, il nous paraît contraire à une bonne méthode géographique d'y assujétir, dans la partie descriptive, la géographie politique, au point de morceler celle-ci, parce qu’alors le lecteur ne peut se former qu'une idée confuse d’un état, dont on aurait assujéti la description soit aux grandes divisions physiques, soit aux grandes divisions ethnographiques de la Terre. Par la manière dont nous avons traité la géographie générale de chacune des cinq parties du monde, par la réunion que nous avons faite de certains états et par la méthode que nous avons suivie dans la description du cours des fleuves qui traversent les autres, nous croyons avoir concilié les deux méthodes naturelle et politique.
IMPOSSIBILITÉ d'un PLAN UNIFORME. Tout le monde reconnait la nécessité d'adopter un plan uniforme dans la description des pays; mais plusieurs causes obligent souvént le géographe à s’en écarter plus ou moins. Dans l'état de nos connaissances géographiques, les cinq parties du monde offrent trop de différences, dans la distribution de leurs parties et dans leurs divisions politiques, pour qu’il soit possible de suivre le même plan dans leur description respective. Si d’un côté nous connaissons bien l’Europe et s’il nous reste encore peu à découvrir en Amérique,