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x INTRODUCTION de l'autre côté de vastes espaces en Asie, tout l’intérieur de l'Australie (Nouvelle-Hollande), la plus grande partie de celui de l'Afrique, ainsi que presque tout l'intérieur de Bornéo , de la Papouasie (Nouvelle-Guinée) et des autres grandes Terres de l'Océanie, ou nous sont entièrement inconnus, ou ne sont connus encore que d’une manière très imparfaite. Qui oserait par exemple remplir les cadres, quelque peu nombreux qu'ils soient , de la géographie de l'intérieur de l'Afrique, des vastes solitudes de l'Amérique, des grandes contrées qu'aucun pied européen n’a encore foulées dans l’Arabie, dans le Turkestan, dans l’Inde-Transgangétique et dans ces magniliques îles qui forment les grandes Terres du Monde-Maritime ? En attendant que des voyageurs intrépides, ou quelque expédition scientifique, ou même quelque évènement politique soulèvent le voile qui couvre la géographie de ces régions peu connues, il vaut encore mieux s'abstenir de rien dire, que de donner des hypothèses à la place des vérités. Si le nombre limité des états de l’Europe et de l'Amérique, si les grandes divisions géographiques et politiques de l'Asie nous permettent d'entrer dans certains
“détails dans leur description, les centaines de petits états, qu'offrent l'O-
céanie et l'Afrique , s’y refusent pour le cadre resserré d’un abrégé. Après bien des essais longs et fastidieux, nous nous sommes arrêté au plan qui nous paraît offrir le plus d'avantages et éviter le plus d’inconvéniens.
L'importance relative des pays, le morcellement de certains états et les souvenirs historiques de certaines contrées, sont autant d’élémens qui doivent entrer dans la détermination du plan à suivre dans leur description. Un abrégé de géographie, destiné à l'instruction de la jeunesse française et aux hommes du monde de la même nation, doit nécessairement donner des détails sur la France que le cadre ne permet pas pour les autres états. Le grand nombre d'îles qui composent la partie principale de Ja monarchie Danoise oblige le géographe d'entrer, en la décrivant, dans des détails qu'il peut négliger sans inconvénient dans la description d’autres états moins morcelés dans leur territoire. Comment pourrait-on, dans la description de l'empire Ottoman et de la Grèce, dans celle de la Perse et de l'Italie, passer entièrement sous silence des lieux aujourd'hui insignifians ou d’une très petite importance, mais qui renferment des monumens superbes on d'importantes ruines, qui nous rappellent la puissance des Pharaons , la splendeur de Palmyre et d’Héliopolis, la gloire des beaux temps de la Grèce, la toute-puissance de la ville des Césars et les richesses des successeurs de Cyrus? Comment le géographe pourra-t-il ne pas mentionner ces endroits aujourd'hui si insignifians, mais qui furent jadis les témoins des scènes augustes des religions de Moïse et du Christ? Nous avons donc cru que nous pouvions quelquefois nous écarter sans inconvénient du plan que nous nous étions tracé, dans le but de rendre cet Abrégé plus complet et d'interrompre de temps à autre, par quelque morceau d’une haute importance archéologique, l’aride monotonie des descriptions géographiques.
ABUS DES NOMS NOUVEAUX. Plusieurs savans qui ont écrit sur la géographie ont trouvé nécessaire, surtout dans ces dernières années, d’imposer une foule de noms nouveaux soit à des pays déjà connus qu'ils groupaient d’une manière différente de celle qu’avaient suivie leurs devanciers, soit à des contrées récemment découvertes et déjà baptisées par leurs déconvreurs, soit même pour remplacer des dénominations géographiques
ieur de l'Australie (Nou- Afrique, ainsi que pres- Nouvelle-Guinée) et des t'entièrement inconnus, s imparfaite. Qui oserait breux qu'ils soient , de la olitudes de l'Amérique, ncore foulées dans l’Araque et dans ces magnili- 1de-Maritime? En attenpédition scientifique, ou voile qui couvre la géocore mieux s'abstenir de des vérités. Si le nombre es grandes divisions géont d'entrer dans certains tits états, qu'offrent l'Osserré d’un abrégé. Après mmes arrêté au plan qui * plus d’inconvéniens.
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savans qui ont écrit sur la res dernières années, d'ims pays déjà connus qu'ils avaient suivie leurs devanet déjà baptisées par leurs ominations géographiques
A LA GÉOGRAPHIE. x assez connues, quoique à la vérité elles ne fussent pas encore devenues très populaires. Dès le début de notre carrière scientifique , nous avons été frappé de cette innovation qui menace de tout bouleverser et de faire de la géographie une science aussi embrouillée que le sont devenues de nos jours quelques parties de l'histoire naturelle, à cause de l'anarchie à laquelle sont livrées les classifications et les nomenclatures. Partant de ce principe, que les noms nouveaux ne sont nécessaires que lorsqu'il s'agit d'exprimer des choses réellement nouvelles, ou de désigner certains ME de pays, de montagnes ou d'îles que les progrès de la géographie rendent absolument indispensable de considérer à part, nous en avons été aussi sobre que possible , quoique les travaux auxquels nous nous étions livrés, et la manière tout-à-fait nouvelle avec laquelle nous traitions cette science, eussent pu nous servir d’excuse pour en proposer un grand nombre. Bien loin de vouloir faire croire au public, comme certains auteurs, que nous avions table rase devant nous et qu'il n'existait rien de bien exact dans tout ce qu’avaient fait nos detanciers, nous avons respecté toutes les classifications et les dénominations qui n'étaient pas en contradiction avec l’état actuel de la science; et lorsque nous étions absolument forcé de proposer un nom nouveau, nous avons tâché de lecomposer par la simple union des noms déjà connus des montagnes ou desterres principales appartenant aux nouveaux systèmes montueux et aux nouveaux archipels que nous voulions former. De cette manière, nous avons donné à notre nomenclature beaucoup de simplicité, et nous avons évité l'inconvénient de faire disparaître des noms consacrés par l’usage pour les remplacer par des noms entièrement nouveaux ou insolites. L'aillears, presque toujours nous avons eu soin d'en prévenir le lecteur, afin qu'il ne prît point, comme il arrive souvent dans la lecture de plusieurs géographies, nos propositions pour des théorèmes déjà démontrés et généralement reçns. Mais nous laisserons parler sur ce sujet important notre ami M. Jules de Blosseville, aux idées duquel de profondes études et l'expérience acquise pendant ses longues navigations donnent tant d'autorité. C’est la solution qu'il a donnée à une des questions que nous lui avions faites lorsque nous nous occupions de la rédaction des principes généraux de cet Abrégé. Elle a été trouvée si importante, que M. Bajot l’a pubiiée dans les Annales Maritimes, journal qu'il dirige avec talent et avec une louable indépendance d'opinions.
«Il en était autrefois, dit M. Jules de Blosseville, de la géographie, comme il en sera toujours de l'histoire; les contemporains n'étaient point placés à une hauteur convenable pour porter un jugement définitif et impartial sur des découvertes brillantes et isolées, qu’ils envisageaient d'aprè:, des systèmes étroits, suivant l'importance du moment. Aux grands voya geurs seuls il appartenait de donner des noms aux terres qu’ils avaient vues les premiers, et ces noms obtenaient le respect, comme les dispositions d’une volonté sacrée.
« Aujourd’hui tout est différent ; la carrière est presque fermée, les élémens sont réuuis , et la science, qui ne connaît point de prescription, est chargée d'en coordonner l’ensemble, en groupant les terres d’après leurs rapports naturels, et en observant la clarté et l’unité des noms. La nomenclature générale ne peut être arrêtée que par les peuples cosmopolites de l'Europe, appelés par leur position et leurs connaissances universelles à dominer toutes les questions. Une autre autorité dicte ses lois à la nomen-
Re 1 à
ren
QUE INTRODUCTION
clature de détuil; c’est la colonisation, puissance inévitable dont le siège est aussi en Europe, et dont malheureusement les arréts sont à-la-fois les moins réfléchis et les plus durables.
« Lascience, toujours positive, demande des comparaisons exactes et s'accorde souvent fort mal avec le sentiment ; elle voudrait quelque chose de
lus qu'une épithète pour distinguer des pays entre lesquels leur nature et eur situation ne permet aucun rapprochement. Pour prévenir la confusion, elle aurait évité dans les Etats-Unis la répétition continuelle du nom chéri de Washington et de toutes les villes de l'Europe; elle aurait voulu rejeter également les Windsor et les Liverpool de la Nouvelle-Galles. Enfin, si on l'eût écoutée, un voyageur n’eût pas eu l'avantage, sans sortir de la Terre de Van-Diemen, de visiter les villes de Jéricho et de Brighton, l’Abyssinie, les rives de la Tamise et du Nil, et joui de la précieuse prérogative de passer et repasser le Styx avec des bateliers pie sociables que Caron.
« Outre les noms descriptifs que tous les peuples ont employés à l'envi, les Français et les Anglais ont autrefois ea M généralement à leurs découvertes ceux des hommes et des lieux de leur pays, en y joignant les saints du calendrier, sans consulter beaucoup les naturels. Les Espagnols ont suivi un autre principe; il est très rare qu'ils aient consacré les noms de leurs découvreurs , et presque toujours ils se sont appliqués à conserver ceux des indigènes, mais en es plaçant toutefois sous l’invocation de la Suinte-Trinité ou sous la protection des apôtres et des martyrs.
« Tout bien considéré, le meilleur nom géographique, quelle que soit son origine, doit être clair, harmonieux , bref et original. Une double signification et une étymologie savante sont en général inutiles. S'il peut indiquer, comme ceux des Phéniciens et des Malais, la caractère saillant du lieu qu'il désigne , il offre quelquefois un avantage particulier; mais il est toujours à craindre que les mêmes motifs ne le fassent répéter souvent dans des localités différentes, et qu’il ne finisse quelquefois aussi par perdre sa justesse. Les noms des découvreurs et des hommes distingués sont souvent très bons, mais ils doivent être donnés avec impartialité , discernement, et comme par récompense. Beaucoup de personnes donnent la préférence aux dénominations usitées par les habitans même du pays, et nous sommes de leur opinion, pourvu qu’elles ne soient point barbares, parce que, à tous leurs avantages qu'on sent généralement, se réunit toujours celui de l'originalité auquel nous attachons le plus grand prix. 11 ne faut pas, au reste, espérer un succès facile dans cette recherche, pour laquelle il ne suffit pas seulement de pouvoir bien s'entendre, car un pays porte autant de noms qu’il nourrit de peuplades, ct les noms variés du même fleuve indiquent souvent le nombre des diverses nations dont il traverse le territoire. Les erreurs dans lesquelles on est exposé à tomber n’ont pas d’ailleurs tous les inconvéniens qu’on pourrait croire. Dans une foule d'occasions, les premiers navigateurs n’ont pas mieux réussi que s'ils avaient mélé des lettres au hasard ; mais les noms de Canada, de Catoche , d’ Yucatan, de Pérou, et cent autres n’en sont pas moins fort bons , et méme bien préférables à ceux de Nouvetle- Espagne, Nouvelle-Ecosse, Nouvelle- Galles du Sud, etc., ete. Quel motif nous eût décidé en faveur d’une des dénominations de l’Amazone ou du Mississipi; quel nom eussions-nous préféré parmi tous ceux de l'Australie!
« Les voyageurs modernes ont été plus heureux dans leurs efforts, parce
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1 ont employés à l'envi, généralement à leurs déur pays, en y joignant les es naturels. Les Espagnols ls aient consacré les noms sont appliqués à conserver pis sous l'invocation de la et des martyrs.
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eux dans leurs efforts, parce
A LA GÉOGRAPHIE. Nu
qu'ils les ont dirigés avec plus de soin et de savoir, et nous avons pu connaître avec certitude, dans l'Océanie seule, beaucoup plus de noms indigènes que dans l'Amérique et l'Afrique réunies. Pour cette partie du monde, on les a religieusement conservés en général, et on a pu le faire avec d'autant plus d'avantage, qu'ils sont précis, courts et sonores comme les langues qu'on y parle. S'il y avait quelque reproche à faire, ce serait plutôt d'avoir pousse le purisme un peu trop loin dans quelques cas, comme par exemple en voulant retrancher les deux dernières syllabes du nom de 7ongatabou , et la première voyelle de celui d'Otahité, perfection sujette à contestation, et qui a l'inconvénient de ne plus faire distinguer la première île de l'archipel dont elle fait partie, et h A confondre, pour des oreilles peu savantes, la eine du Grand- Océan avec l'ile d’Haiti.
« Nous remarquerons particulièrement ici deux archipels : celui de Salomon , parce qu'il est le seul dont les îles portent encore des noms européens, et celui de Féti, parce qu'il offre l'exemple unique d'une appellation collective déterminée par ses propres habitans. A tous les autres archipels il a fallu donner des noms : ceux de /a Societé, de Sandwich, de Mendana, de Cook, des Mariannes, des Carolines et de Tonga sont consacrés et fort convenables. Le dernier remplace bien avantageusement celui des Amis, donné trop précipitamment à l'hypocrisie et à la trahison. Un autre nom caractéristique a été laissé aussi avec peu de justesse à un archipel, dont les peuples ne sont pas les navigateurs par excellence de l'Océanie, et qui n’a aucun port pour recevoir un seul des navigateurs du reste du globe. Le nom de son découvreur, Bougainville , sevait bien mieux appliqué. La dénomination de deux autres archipels est encore insignifiante et en litige. Devant le nom du fameux Quiros, nous proposons de faire disparaitre ceux d'£spéritu-Santo, de Grandes-Cyclades et de Nouvelles- Hébrides appliqués aux terres que le capitaine espagnol a découvertes , et nous offrons celui de La Pérouse à cet patrie qui vit le naufrage de ses navires et dont l'ile principale conservera seule le nom de Santa- Cruz où Andany. Ainsi les noms des plus grands navigateurs qui reésentèrent la France, l'Espagne et l'Angleterre, dans la Polynésie et "Australie, seraient consacrés sur leurs cartes.
« Nous ne pouvons nous empécher de dire ici que, par un esprit de perfection et de justice très louable en lui-méme, on a applaudi dernièrement à une innovation que je crois malheureuse. On a voulu satisfaire la mémoire de Tasman, sans penser aux droits que l’ancien gouverneur Van Diemen avait acquis à la reconnaissance de la postérité, en ordonnant plusieurs des explorations hollandaises. Le nom de Terre de Van-Diemen, d'autant plus répandu qu’il s’appliquait à un pays colonisé, offrait peu de prise à la critique; peut-être seulement aurait-on dû, par une légère modification, préférer celui de la Dieménie, et ses habitans eussent toujours été des Dieméniens, comme dans les anciennes relations. Il existe, sur la côte nord-ouest de l'Australie, une seconde Zerre de Diemen, à laquelle il eût mieux valu donner un autre nom; mais le changement n’était pas pressant. Un pays important, dont la dénomination actuelle est Hole, et qui fut aussi découvert par Tasman, semblait avoir plus de droits à réclamer le nom de ce navigateur; nous eussions eu alors {a Tasmanie du Nord ct la Tasmanie du Sud, au lieu des deux îles de la Nouvelle-Zélande, dont les noms indigènes, Zka-na-Mauvi et Tavay- Pounammou, sont trop
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LIL INTRODUCTION
nant et ridicule à faire disparaître, c'est celui de la Nouvelle-Guinée pour lequel nous proposons de substituer celui de Papouasie, dont la racine Papouas indique le peuple qui habite cette grande île, de même que celui de Malaisie, si heureusement imaginé par M. Lesson, pour remplacer l'Archupel d'Orient, V Archipel d'Asie, rappelle l'habitation des nations malaisiennes dans la partie occidentale du Monde-Maritime. »
ORTHOGRAPHE DES NOMS PROPMES, || est temps que nous parlious de la méthode que nous avons suivie dans la transcription des noms propres et des mots étrangers, dont notre Abrégé contient tant de milliers. La nomenclature a plus d'importance que les géographes et les littérateurs ne lui en accordent communément, et doit ètre regardée comme une des parties fondamentales de la géographie. Malheureusement la manière d'orthographier les noms propres est livrée à l'anarchie, et nous croyons nécessaire d'entrer dans quelques explications sur ce sujet, pour nous mettre à l’abri des critiques que la malveillance ou l'ignorance pourrait nous adresser. Mais avant de rien dire, nous emprunterons, au savant Æssai sur les noms d'hommes , de peuples et de lieux, de M. Salverte, le passage suivant, dans lequel ce philologue, avec sa sagacité ordinaire, fait sentir les difficultés et les inconvéniens qu'offre leur orthographe.
« Si de nos jours un homme de génie, à qui on a injustement contesté l'exactitude historique, si Voltaire est tombé dans une faute peer en défigurant l'orthographe de la plupart des noms russes, il cherchait du moins à représenter, par la manière dont il les écrivait, leur prononciation véritable. C'était se proposer un problème difficile. Parmi les peuples qui se servent des mêmes caractères, il n’en est pas qui ne donnent souvent une valeur différente aux mémes voyelles, aux mêmes consonnes, aux mêmes diphthongues. Conserver dans sa langue l'orthographe d'un nom étranger, c'est vouloir que mille fois il soit défiguré d’une manière ridicule par ceux qui le prononcent; en altérer l'orthographe, c'est le rendre méconnaissable pour les lecteurs habitués à le retrouver dans les écrits originaux du pays auquel il appartient, c'est exposer un copiste inattentif à introduire, sous ces noms défigurés, des personnages imaginaires, dans les récits de l’histoire et dans les relations de voyages. Zea-haen (le coq de mer), était le nom d’un des vaisseaux du navigateur Tasman, à qui l'un de nos plus savans géographes, M. Eyriès, a restitué la découverte de la Terre de Van Diemen du Nord. Sous la plume d'hommes qui sans doute croyaient en exprimer la véritable prononciation, ce mot devint zehaën et zéachen ; et sans remarquer que sous cette forme il était tout-à-fait étranger à la langue hollandaise et à tous les idiomes teutons, on en a fait le nom d'un prétendu navigateur, à qui jusqu'à présent a été attribuée la découverte de Tasman.
« Conserver l'orthographe originale des noms, ct indiquer en même temps leur prononciation exacte, ce ne serait pas une tâche trop épineuse pour un observateur attentif, La même précaution, un peu plus pénible peut-être, est plus nécessaire encore de la part d’un traducteur qui rap-
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A LA GÉOGRAPHIE av
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teur de la relation qu'il veut faire passer dans la sienne. Comment par
exemple, si je ne suis prévenu, retrouverai-je dans le Mysore des écrivains anglais le véritable nom du royaume de Maissour ? »
La linguistique , la géographie et l'histoire, considérées relativement à ce sujet, offrent une véritable anarchie. Chaque auteur suit une méthode différente et y ajoute les nuances qui résultent de l'imperfection plus ou moins grande de l'alphabet employé pour écrire sa langue maternelle, De ce manque de plan uniforme et de la manière diverse d'exprimer des sons simples par la réunion de plusieurs lettres différentes, il résulte des mots étrangers méconnaissables et inintelligibles au peuple à la langue duquel ils appartiennent, et auxquels une multitude de lettres disparates accumulces sans raison et sans goût, donne l'aspect le plus bizarre.
Les plus doctes orientalistes sont encore divises sur Le système à suivre dans la transcription des noms propres , et particulièrement des mots des langues asiatiques. Aucune des méthodes proposées par des orientalistes célèbres n'a eucore été généralement reçue, ce qui embarrasse continuellement ceux qui, n'étant pas versés dans les langues de l'Orient, n’ont aucun moyen d'y distinguer la faute typographique de la différente manière d'orthographier. Tant que l’on n'aura pas résolu d'une manière satisfuisaute le problème proposé par Volney, qui, plus qu'aucun autre savant a senti et signalé l’imperfection de cette partie de la philologie, de l'histoire et de la géographie, toute peine que se donnerait un auteur pour atteindre la perfection dans la transcription des noms et des mots étrangers ne peut qu'être à-peu-près perdue. C'est à une réunion d’orientalistes les plus savans et de géographes les plus distingués, mais versés dans les principales langues connues, à tracer enfin un plan de transcription à suivre ialtérablement dans l'orthographe des noms propres et des mots étrangers. En attendant que l'on fasse ce travail important , que les progrès rapides de la géographie et de la linguistique rendent de plus en plus pressant, le
meilleur parti est de laisser les choses telles qu’elles sont, pour éviter d'augmenter ce chaos, déjà trop grand, par de nouvelles orthoyraphes.
Nous aurions voulu suivre provisoirement celle que M. Klaproth a proposée dans son Asia Polyglotta , parce qu’elle nous paraît résoudre presque complètement le problème en question; mais trois motifs nous ont fait renoncer. D'abord, il aurait fallu nous livrer à un travail immense, et pour lequel nous n'avions ni le goût, ni le loisir, ni les connaissauces nécessaires : celui d'examiner et de fixer préalablement la véritable orthographe primitive de chaque mot. Sans ce travail préliminaire nous nous serions exposés a transcrire, d’après un plau juste et raisonné, des mots qui pourraient avoir déjà été transcrits dinile un plan erroné et capricieux. Quelquefois cette transcription nous aurait été même impossible à l'égard d’une foule de noms propres de l'Inde, de la Chine, de l'intérieur de l'Afrique et de plusieurs autres contrées du Globe, où ces mots sont différemment fÆononcés dans un mème pays par les habitans de ses différentes provinces. Cette diversité de prononciation est même, selon nous une des sources des nombreuses contradictions qu’on remarque dans les récits des voyageurs les plus exacts, qui ont pris trop souvent la prononciation locale pour l'unique et la véritable. D'un autre côté, comment aurions-nous fait pour transcrire des mots anglais sur la prononciation des-
Avt INTRODUCTION
quels les auteurs de cette nation ne sont pas d'accord? Comment donner une valeur déterminée à certains sons des noms propres écrits par des savans ou des voyageurs anglais au milieu de l'imperfection et du chaos qu'offre leur alphabet? Est-ce à un étranger à donner une valeur précise à ce qui est encore indéterminé et vague pour les nationaux ? En second lieu, nous attendions ; pour adopter la méthode proposée par M. Klaproth, de la voir sanctionner par les savans, qui plus que nous avaient le droit d'en faire sentir les avantages, en les signalant et en l’employant euxmêmes dans leuts écrits. Enfin, notre ouvrage étant destiné à toute sorte de lecteurs, nous n’y pouvions admettre des caractères et des signes généralement inconnus, sans nous exposer à en voir borncr la lecture à certaines classes de savans, pour lesquelles il n'était nullement dans notre but de le rédiger.
D'ailleurs, connaissant le désordre et le vague produits par l'orthographe des noms propres et des mots étrangers que nous venons de signaler, quelle importance pouvions-nous attacher à plier sous le joug de l'orthographe française, d’après des règles uniformes de transcription, les innombrables noms barbares des peuples de W’Asie, de l'Afrique, de l'Océanie et de l’Amérique, puisqu'on peut dire hardiment qu’on ignore la véritable orthographe de plus des trois quarts? C'est une vérité dont nous ont convaincu les longues recherches auxquelles il a fallu nous livrer depuis près de trente ans pour rédiger nos divers ouvrages de géographie et de statistique, et surtout notre Atlas Ethnographique du Globe. Nous pourrions le démontrer par une multitude d'exemples pris dans les ouvrages les plus célèbres et les plus généralement estimés, si nous en avions le loisir et si cela pouvait intéresser nos lecteurs.
Quelle confiance peut inspirer l'orthographe suivie dans les meilleurs livres de géographie et de voyages, lorsque nous voyons l’exact, le savant Azara, dire, en parlant des noms des dix-neuf tribus des Machicuys « qu'il les écrira le mieux qu’il pourra, et tels que son oreille a pu en saisir les sons; et ajouter, qu’il ne doute pas que si on les dictait à vingt personnes différentes, toutes conviendraient, qu’il est impossible de les écrire ; et que si elles voulaient le faire, chacune l’exécuterait d’une manière différente? »
Cependant ce qui a lieu pour la transcription des mots de langues de tribus barbares, qui, en parlant, avalent souvent une grande partie des syllabes, ou les profèrent avec un son guttural, sifflant, glapissant ou claquant, ne devrait pas s'étendre à celle des mots des idiomes qui sont fixés par l'écriture. Les géographes sont généralement convenus de reproduire les mots des différentes langues de l’Europe, qui s’écrivent en caractères romains ou gothiques, de la même manière qu’on les écrit dans le pays. Ce ne sont que les dénominations russes qui font exception à cette règle, parce que les Russes se servent d’un alphabet différent de ceux des autres peuples de l’Europe. L'Académie des Sciences de Saint-Pétershourg a fixé un mode convenable de transcription du russe en allemandstt en français, qui est à présent assez généralement adopté, et que nous avons suivi àpeu-près dans notre ouvrage.
La transcription des noms asiatiques offre beaucoup de difficultés, et il n'est certainement pas aisé d'éviter dans les livres de géographie et d'histoire la confusion qui en résulte. D'abord les divers peuples de l'Eu-
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produits par l'orthographe venons de signaler, quelle le joug de l'orthographe cription, les innombrables 1e , de l'Océanie et de l’Aignore la véritable orthoé dont nous ont convaincu livrer depuis près de trente aphie et de statistique, et Nous pourrions le démones ouvrages les plus célès en avions le loisir et si
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A LA GÉOGRAPHIF. xvir
rope donnent des valeurs différentes aux consonnes et aux voyelles de l’alphabet romain. Si vous écrivez Chala, un Français prononcera Chala un Anglais Zehélé, un Italien Cala, un Allemand Xhala, un Portugais l'chala. De même si un lieu s'appelait en effet Chala (à la française) l'An glais qui l’aurait visité écrira ce nom Shaulau, l'italien Sciala , l'Allemand Schala, le Portugais Xala. On voit donc qu'il y a sous ce rapport impossibilité de faire adopter un même système de transcription aux nations qui se servent de l'alphabet romain ou gothique qui n’en est qu’une Üuuce calligraphique. En second lieu, la prononciation du bas peuple de la du: part des pays de l'Asie diffère de celle des classes supérieures, et les ju vigateurs ont communément affaire aux classes inférieures dé la société et adoptent par conséquent des prononciations qui différent de celle de la langue écrite du pays. C'est ainsi que l'archipel situé entre Formose et le Japon et qui s'appelle en chinois Lieou-K'hieou, a été nommé Loutchou (Loochoo) par les Anglais, parce qu'ils tenaient cette dénomination d'interprètes chinois qui parlaient le dialecte des provinces méridionales, dans lequel K’hieou sonne presque comme tchiou ou tchou ; ainsi ces îles sobt à . pelées en Europe tantôt Licou-K’hicou, tantôt Loutchou , quoique ses bn bitans mêmes prononcent ce mot Doutchou.
On peut faire à plusieurs orientalistes français le reproche que, quoique convaincus de l'utilité d’un mode de transcription régulière . Eu orientaux, pour la langue française, ils n'aient pas voulu l’adopter fran chement, et aient persisté à écrire les mots qui se trouvent dans les ouvrages classiques de leur nation de la manière fautive adoptée ar les teurs de ces ouvrages. d cé On nous objectera peut-être que ces différences énormes, qu’on rencontre lorsqu'il est question de noms appartenant à des régions et à des langues non européennes, doivent disparaitre en consultant les ouvrages originaux, quand il s'agit des contrées de l'Europe ou des pays qui dépendent des Européens. Quelques exemples, que nous chaisissons parmi ® Re US nous avons recueillis dans les auteurs les plus célèbres, eront voir te st pres i i à , os aie PAR qu'il est presque impossible, méme dans ces cas, Le célèbre géographe et statisticien Hassel écrit, dans la grande gé graphie publiée à Weimar, plusieurs fois Schleiz, tandis que do Dictionnaire géographique et statistique il écrit Schleitz, orthogra sr qui est suivie par Stein, autre géographe et statisticien célèbre Hashel | Stein et d’autres géographes écrivent Xæl: ; M. le baron de Zedlitz à + sa Statistique de l'Europe en 1829, dans sa Statistique de la monathle Prussienne et dans son Guide du Voyageur, écrit au contraire tie Cœln. MM. Reichard et Stieler, dans leur Atlas, écrivent Xanstatt : $, He Cannstadt ; et Hassel, Kannstadt. RES Bien souvent le même auteur offre, pour le même ° phes différentes dans le même Ave, Ainsi, par mn à Fhogrer stam écrit, dans la statistique qui accompagne sa belle carte de la de k chie Norvégiéno-Suédoise, Nedenæs et Rosendakl, et puis, sur 1 sl Nedenaes et Rosendal. | : ce M. Crawfurd écrit dans le texte de son excellente Histoire de l’Archipel Indien, Gelolo, Beuroe, Xula et Amboyna et sur la carte qui po pagne l'ouvrage, Gilolo, Booro, Zula et Amboina : laquelle de ces diffé-
et les dictionnaires géographiques les plus estimés. Quant aux différences
PAU INTRODUCTION
rentes orthographes devra suivre l'écrivain qui aura besoin de citer un de ces noms?
Au milieu de cette confusion, nous avons pris le parti qui nous paraissait offrir le moins d’inconvéniens : nous avons suivi, autant que notre mémoire nous le permettait, l'orthographe la plus généralement reçue à l'égard des noms les plus connus; quant aux autres, nous les avons écrits scrupuleusement tels que nous les trouvions daus les différens auteurs que nous avions à consulter, ou dans les notes et les renseignemens que nous obtenions de l’obligeance des personnes qui voulaient bien nous aider dans la rédaction de notre ouvrage. Seulement nous avons, autant que l’espace et le sujet nous le permettaient, ajouté entre parenthèses les synonymes les plus différens, afin que nos lecteurs pussent reconnaître facilement des noms d'hommes, de peuples et de pays, parfois rendns méconnaissables par les traducteurs et par les différentes manières de les crthographier. C'est tout ce que nous pouvions faire; c’est aussi tout ce qu'on pouvait raisonnablement exiger d’un homme qui avait à traiter un sujet aussi vaste que l’est celui de cet Abrégé. Si nous avions voulu nous livrer aux longues recherches, parfois nécessaires pour connaître la véritable manière d'écrire un seul nom propre, nous aurions perdu un temps très considérable, sans avoir mème la satisfaction d'obtenir des résultats d’une valeur non contestée. Nous ajouterons aussi que M. Klaproth ayant revu toutes les épreuves de l'Asie, M. Jules de Blosseville toutes celles de l’Océanie, et M. Eyriès toutes celles de l'Afrique, de l'Amérique et de l'Océanie, nous espérons que notre ouvrage, même sous le rapport de l'orthographe, offrira une garantie qu’on cherche en vain dans les traités de géographie
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dans l'orthographe suivie quelquefois pour le même mot dans notre Abrégé, ce n’est ni une erreur typographique ni une négligence de notre
art; c’est tout simplement la conséquence de la manière différente d'orthographier les noms des langues étrangères adoptée par quelques-uns des savans célèbres ou des personnes très instruites, qui ont bien voulu nous fournir des documens et revoir nos épreuves. On sent bien que nous ne pouvions pas leur imposer le devoir de se conformer à une orthogra-
he, qu’ils regardaient comme erronée ou pour le moins comme moins Juste que la leur.
On reprochera peut-être à notre ouvrage de manquer entièrement de cartes géographiques, de ne pas donner l'histoire abrégée des principaux états qu’il décrit et de n'être pas précédé ou suivi d’un traité élémentaire de géographie ancienne. Voici notre réponse.
CARTES GÉOGRAPHIQUES. La cartographie est sans nul doute une partie principale de la géographie ; nous dirons plus, il y a une foule de notions que nous ne pouvons acquérir d’une manière précise que par l'inspection d’une carte géographique. Vous y embrassez d'un senl coupd'œil, comme l’a très bien dit un savant célèbre, M. Jomard, une multitude de faits : l'aspect physique, les distances des lieux, les rapports d'état à état, de province à province, les divisions politiques ; la forme, l'origine et l'issue des bassins, de premier, de second ou de troisième ordre; les moyens ouverts ou les obstacles opposés aux communications intérieures et extérieures, circonstances qui règlent tous les rapports du commerce et de l’industrie, qui président aux questions de paix ou de guerre,
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A LA GÉOGRAPHIE. x1x
en un mot presque tous Îles élémens des rapports sociaux. Si une carte est exacte, elle apprend toutes ces choses, et bien d'autres encore qu’un œil clairvoyant y trouve , et y lit à l’instant même où la carte lui est soumise. Mais de cette immense utilité des cartes il ne faut pas conclure qu’il y ait pour tout auteur d’un traité élémentaire de géographie nécessité rigoureuse de joindre à son ouvrage un atlas rédigé par luimême. La géographie mathématique est une branche entièrement différente de la géngraphie descriptive; celle-ci est ordinairement le domaine du géographe, l'autre est celui du cartographe. 1 est très rare de rencontrer dans la même personne, à un degré éminent, les qualités requises pour exceller dans ces deux branches, qui depuis long-temps ont été exploitées par des personnes différentes : aussi tel géographe brille au premier rang dans la géographie descriptive qui, s’il s'avisait de composer un atlas, ne serait qu’un médiocre cartographe, et vice versd. Son devoir est de signaler au lecteur et les atlas et les cartes particulières qu’il croit être les meilleurs pour étudier avec profit son traité de géographie. C’est aussi ce que nous ferons en nommant les collections publiées par les établissemens géographiques de Bertuch , aujourd’hui Froriep, à Weimar , de Cotta , à Munich, de Schropp, à Berlin, de Schrämbl et Mollo, à Vienne, de Homann, aujourd'hui Fembo, à Nuremberg , de Schenk, à Brunswick, et les belles cartes publiées par Berghaus , Grimm, Lehmann, Liechtenstern, Mollo , Reichard, Rühl de Lilienstern, Schmidt, Stieler, Streit, Weiland, etc., etc., en Allemagne ; les beaux atlas de MM. Zrué, Dufour, Lapie,etc.,etc.,en France ; de MM. 4rrowsmith, Faden, Cary, Jeffrey, etc., etc., en Angleterre; de Fander Malen, à Bruxelles, etc., etc.On ne doit pas manquer d’assigner la première place parmi les productions de ce genre aux cartes publiées par les gouvernemens respectifs, à Paris , à Berlin, à Saint-Pétersbourg, à Londres, à Vienne, à Milan, etc., etc., et à celles que la Compagnie anglaise des Indes-Orientales à entreprises depuis quelques'années. Nous ne parlons pas des cartes générales qui accompagnent presque tous les traités élémentaires Lg ;elles sont toutes trop petites pour pouvoir donner la dixième partie des détails topographiques nécessaires à l’intelligence du texte pour lequel on a voulu les rédiger , et toutes, on doit le dire, remplies d'erreurs grossières , offrent les omissions les plus inexcusables. On nous objectera que les atlas, étant d’un prix très élevé, ne peuvent être à la portée que d’un petit nombre de personnes privilégiées, et que la foule des lecteurs est forcée ou de s’en passer entièrement, ou d’avoir recours aux cartes qui accompagnent les traités élémentaires. Nous avons remarqué cet inconvénient depuis long-temps, et nous espérons y remédier en nous associant avec un des plus savans cartographes, et en concertant avec lui la rédaction de huit où neuf cartes sur une échelle assez grande pour pouvoir y encadrer non-seulement tout ce qui concerne la géogra ie descriptive générale des cinq parties du monde, mais aussi celle de leurs principaux états, et pour offrir en même temps les points les plus remarquables signalés à l'attention du lecteur dans notre Abrégé. Nous en avôns déjà tracé en parte le plan, et nous avons l'espoir d’être dans deux ans à même d'offrir ces cartes au public.
ÉPOQUES HISTORIQUES. L'état présent d'une contrée dépend du passé e! prend sa source dans le passé; il est donc indispensable, pour connaître bien la géographie d’un état quelconque, d'offrir le tableau
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xx INTRODUCTION
abrégé des changemens qu'il a éprouvés dans son territoire, soit par des acquisitions , soit par des pertes, depuis son origine jusqu'à nos jours. C'est ce que nous avons fait depuis long-temps pour tous les états jusqu'à l'année 1812. Nos occupations ne nous ayant pas permis de continuer ce travail pour le porter jusqu'à l'époque aëtuelle, et ne voulant d’ailleurs offrir au public que le résumé d'ouvrages historiques spéciaux et non d'ouvrages généraux , sachant par expérience combien il faut se tenir en garde contre ces deruiers, nœus nous proposons de remplir cette lacune dans nos Annuaires géographiques.
GÉOGRAPHIE ANCIENNE. Ce que nous venons de dire de l’histoire s'applique également à la géographie ancienne, chargée d'éclairer la marche des faits et d'en faciliter l'intelligence dans les périodes qui ont précéde l'invasion des barbares et l’origine des états de la moderne Europe. Réduite à cette topographie aride et nue qui est le fond et la forme de tous nos abrégés ou traités de géographie classique, elle ne nous à paru que médiocrement utile et point du tout attrayante. Rédigé d’une manière rationnelle et philosophique, un pareil ouvrage ne peut être improvisé; c'est l'œuvre de longues aunées d’études et de méditations. Écoutons sur ce point notre savant ami M. Larenaudière, qui Gcpuis long-temps fait de cette branche de connaissances humaines l’objet de ses recherches et de ses travaux. « Pour traiter convenablement la description des parties du globe terrestre connues des Grecs et des Roinains, il serait bon d'envisager cette géographie morte d’une toute autre manière qu’on ne le fait dans les écoles. Il serait philosophique de la présenter par grandes périodes, de l’offrir sous le point de vue combiné de la chronologie et de l’ethnographie, de classer le sol suivant la marche de la civilisation et le mouvement de l’état social. Tout s’enchainerait dans cette méthode naturelle, où les hommes et les -choses ne sortiraient pas de leurs relationsréciproques. Alors les grands empires de l'Asie et le colo ise romain seraient les deux termes extrêmes de cette géographie progressive, vaste dépôt qui, recevant successivement les souvenirs de l'industrie, du commerce, des arts et de l’organisation politique et religiense de chaque époque, se présenterait comme le bilan matériel'et moral de l’Ancien-Monde. La sécheresse topographique disparaîtrait sous les couleurs animées des produits de la terre et de ses divers accidens. Rien de ce que les anciens nous ont appris de la nature vivante ne serait mis en oubli. Ce serait là sans doute un travail tout scientifique; il n’est pas besoin d'ajouter qu’il se trouve hors du cadre d’un simple abrégé. »
JL nous a donc été impossible d'entreprendre cette tâche dans ce moment, et ce qui pourrait nous empêcher d'y songer par la suite, c’est que nous n’ignorons pas que l'habile écrivain dontnous venons d'emprunterles paroles, ct qui a si lé exposé les difficultés d’un semblable ouvrage, essaie depuis long-temps d'en t'iompher, et prépare un tableau géographique général et raisonné du monde connu des Grecs et des Romains. Ce que nous en connaissons déjà par un aperçu imprimé nous fait vivement desirer la publivation de cette grande description , dont plusieurs parties, notamment toute la géographie mathématique et physique des anciens, défigurée par les systèmes de M. Gosselin, est présentée par M. Larenaudière sous son véritable jour. Ce sera un vrai présent pour la France studieuse que ce travail nouveau , où une consciencieuse érudition a mis à profit les recherches profondes des savans professeurs allemands Voss, Mannert, Uckert, Reï-
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card, ete., etc., ainsi que les utiles dissertations publiées par d’autres savans non moins célèbres, français, anglais, italiens, etc., etc., sur cer-
traités spéciaux publiés en France sur la l'absence de toute critique qu'on y remarque et leur défaut d'autorité empêchent d’y avoir confiance. D'ailleurs l’arrangement de ces sortes de tables, le peu de détails qu’elles renferment, surtout pour a métrologie, mettent dans l'impossibilité de distinguer la nature des mesures, leurs subdivisions et les rapports qu'elles ont entre elles; et , à l'égard des monnaies réelles, les auteurs de ces notices se bornent à reproduire , au moins eu grande partie, le tableau de comparaison répété chaque année par l'Annuaire du bureau des longitudes , sans même indiquer cette source et sans parler des monnaies de compte dont la connaissance est si importante.
A LA GÉOGRAPHIE. x\!
ains points importans.
POIDS, MESURES ct MONNAIES. Mais avant de terminer ces ob-
srvations préliminaires, qu'il nous soit permis de dire un mot sur les tableaux métrologiques qui forment l'appeudice de notre Abrégé.
On possède, il est vrai, plusieurs traités plus où moins estimés sur les
monnaies, les poids et mesures des divers états de l’Europe ; ceux de Kruse, de Kelly et de Lühmann embrassent même les systèmes monétaire et métrique des principaux peuples de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique et dp l'Océanie. Mais, outre le prix élevé, le format incommode et le ‘olume considérable de ces ouvrages, l'ordonnance des matières dans les uns, la complication des tableaux dans les autres, suffisent pour rebuter, à l'ouverture du livre, celui qui a le plus besoin d’y puiser des renseignemens. Ii faut, en quelque sorte, une étude préliminaire pour apprendre à se servir de ces ouvrages, dont le principal mérite, après l'exactitude, devrait être la clarté et la précision. |
Quant aux tables et notices particulières qui accompagnent certains géographie et la statistique,
Personne, peut-être, plus que nous, qui nous sommes constamment
occupés de recherches statistiques , n’a reconnu l'insuflisance des docutmens qui existent sur les monnaies, les poids et mesures des divers états de l'Europe et des autres parties du globe ; et c'est parce que nous étions convaincu, depuis long-temps, de l'immense utilité d’un travail consciencieux sur cette matière, que nous avons cherché à nous en procurer un qui méritât d’être joint à notre géographie. La difficulté était de trouver le travailleur judicieux et opiniâtre qui, possédant des connaissances spéciales et
familiarisé avec les ouvrages de cette nature, consentit à entreprendre nnc tâche qui exige des recherches longues, pénibles, et des calculs fastidieux. Nous désespérions de la réussite de nos démarches, et nous rous.voyions réduit à nous servir des documens imparfaits qui étaient à notre disposition, lorsque le hasard nous apprit que M. Guérin de Thionville, avec lequel nous itions depuis plusieurs années en relations d'estime et d'amitié, s’occupait d'un ouvrage de ce genre auquel il a déjà consacré beaucoup de temps. Aucun soin, aucun sacrifice n’a été épargné par lui pour se procurer des rapports exacts entre les étalons étrangersetceux de France. Il a consulté etcomparé tons les ouvrages modernes. Des renseignemns officiels recueillis dans uu grand nombre de recueils périodiques étrangers, et les communications particulières qui lui ont été faites, ont concouru à rendre son travail aussi complet et aussi parfait que le permet l’état présent des connaissances sur cette partie importante de la statistique générale. Ayant témoigné à
XII INTRODUCTION
M. Guérin le desir de joindre à notre livre une métrologie nouvelle, plus complète et plus digne de confiance que celles qui accompagnent d’autres géographies, il a eu l’obligeance d'extraire de son grand ouvrage les tableaux qui forment l'appendice de cet Abrégée. Ce savant estimable a bien voulu ajouter , à notre prière, un travail furt intéressant sur les systèmes monétaire et métrique des principaux peuples de l'antiquité.
Le précieux avantage de ces tableaux de comparaison est de pré. senter, au premier coup-d’œil, la division et l'évaluation des monnaies, des poids et mesures des principaux pays et des principales villes du globe. L'ordre alphabétique suivi pour les états de chaque partie du monde, et l’idée ingénieuse de placer ainsi les rapports des unités étrangères dans des colannes distinctes, dont la tête indiqne la nature des mesures, dispensent de toutes les recherches pénibles que l'on est ordinairement obligé de faire dans les autres ouvrages de ce genre. Nous pouvons dire avec une entière assurance que rien de plus complet, rien de plus exact et en même temps d’un usage plus facile, n'a encore été publié en France sur cette matière. Aussi nous empressons-nous de témoigner hautement à M. Guérin l'expression de notre vive reconnaissance et d'offrir ici natre juste tribut d’éloges au talent et au zèle qu'il a déployé dans l'exécution du grand travail qui a servi à la confection de nos tableaux inétrologiques. Ce bel ouvrage, terminé en grande partie, est surtout digne, par sa nature et par son importance, de fixer l'attention du gouvernement. Ce serait faire un beau présent à la science, au commerce et à l'industrie, que d’en provoquer et d’en encourager la publication.
CITATIONS. « Mais si les connaissances historiques en général , disait Malte-Brun dans son inimitable Précis, et celles du géographe en particulier , sont tirées de tant de sources différentes et plus ou moins authentiques, n’est-il pas indispensable d'indiquer celles qu'on a consultées? N’est-il pas de la bonne foi de mettre les savans à même de juger si l’on s’est appuyé sur des autorités suffisantes ? N’est-il pas de la justice littéraire de faire connaître à nos lecteurs les noms, souvent ignorés, de ceux qui nous ont servi de maîtres et de guides? » Depuis long-temps nous avons senti toute la justesse de cette pensée de notre célèbre ami, et dès le début même de notre carrière, dans notre Prospetto politico-geografico dello stato attuale del Globo , nous avons toujours signalé les sources auxquelles nous avons puisé les faits admis dans cet ouvrage. Nous allons maintenant exposer au lecteur les nombreux secours dont nous nous sommes environné pour rédiger ce traité de géographie. Ils appartiennent à quatre espèces diflérentes; ce sont des ouvrages généraux , des ouvrages spéciaux, des ouvrages périodiques et des documens inédits , presque tous ofliciels.
A l'égard des premiers, nous ferons observer que l’Erdkunde im Verhaeltniss zur Natur und zur Geschichte des Menschen du célèbre M. Ritter, le Pollstaendiges Handbuch der Neuesten Erdbeschreibung rédigé par une société de savans géographes et le Précis de la Géographie de Malte-Brun, sont les seuls ouvrages de ce genre que nous avons cru pouvoir consulter avec profit. Nous avons trouvé dans presque tous les autres tant d'erreurs grossières , tant d'impardonnables inexactitudes, que le seul moyen dy échapper a été pour nous de ne pas les consulter du tout, quel que fût le titre pompeux sous lequel ils se présentaient au public. Ce sont justement ces compilations qui, plus que toute autre cause, ont contribué à perpétuer
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les erreurs et à faire rétrograder la science, dont les bornes avaient été reculées par quelques géographes zélés et consciencieux et par quelques voyageurs aussi savans qu'intrépides. Les erreurs que nous avons signalées dans plusieurs endroits de cet ouvrage, et d’autres, bien plus nombreuses, que nous pourrions révéler au public, si nous le crayions nécessaire, sancüonuent ce jugement, quelque sévère qu'il puisse paraître. Nous indiquerons plus bas les principaux ouvrages spéciaux que nous avons consultés, et les savans célebres ainsi que les personnages distingués qui ont bien voulu nous aider de leur assistance dans cette tâche difficile. Parmi le grand nombre d’écrits périodiques mis à notre disposition par la Bibliothèque du Bulletin des sciences et par le magnifique Cabinet littéraire établi depuis quelque temps, à Paris, par M. Jules Renouard, nous citerons les suivans auxquels nous avons fait le plus d'emprunts : les Nowvelles Annales des Voyages, les Annales Maritimes ; les Revues Britannique , Encyclopédique, des Deux-Mondes et de Paris ; \e Journal Asiatique, le Temps , le Globe, l'Universel , le Journal des Débats, le National , le Moniteur , etc., parmi les recueils français ; l'Fdinburgh Review, le Quarterly Review , le Westminster Review , le Metropolitan, \e Journal of Sciences, le Quarterly Magazine and Review, le Foreign Quarterly Review, le Monthly Review, le New-Monthly Magazine, le Blackwood's Edinburgh Review, \'4siatic Journal, etc., parmi les recueils anglais; le North American Review, le Nile's Weekly Register, etc., parmi les anglo-américains ; les Neue Allgemeine geographische Ephemeriden de Weimar, \'Hertha, les Jahrbücher der Literatur, V' Allgemeine Literatur Zeitung, les Gættingische gelehrte Anzeigen, Va Leipziger Literatur Zeitung , VHermes , le Conversations-Blatt, l'Allgemeine Repertorium der in-und auslændischen Literatur, V'Ethnographisches Archiw, V'Hesperus, etc., parmi les recueils allemands ; la Biblioteca Italiana et V’Antologia , parmi les italiens. Nous avons déjà indiqué à la page zxxxn1 les nombreux emprunts que nous avons faits à l'4/ manach du Commerce de M. Bottin ; ici nous devons signaler aussi deux autres productions de ce genre d’un grand mérite, le Companion to the Almanac et l'American Almanac : \e premier publié à Londres sous la surveillance des plus hauts personnages, réunis en société pour la propagation des connaissances utiles; le second imprimé à Boston, et rédigé par deux savans très distingués. Malgré la modestie de leur titre, ces deux ouvrages contiennent une foule de documens officiels de la plus haute importance, qu’on cherche en vain dans de gros volumes de géographie et destatistique, et nous paraissent avoir atteint complètement le but que se sont proposé les savans philanthropes qui coopèrent à leur rédaction ou à leur publication.
DIFFICULTÉS à VALNCRE. Mais il ne suffit pas d’avoir recours aux meilleures sources, il faut savoir s’en servir. Cela dépend des connaissances positives dans la science sur laquelle on veut écrire, surtout d'une longue expérience contractée par la lecture attentive et réfléchie des meilleurs auteurs qui l'ont traitée. Sans cela on s'expose à offrir comme actuel un ordre de choses qui, depuis long-temps, n'existe plus; à reproduire d’anciennes conjectures., admissibles à la vérité lorsque la science était moins avancée, mais qui doivent être remplacées par les faits positifs dont elle s'est enrichie depuis; à répéter enfin de vieilles erreurs, que le rèle éclairé ou Les longues recherches de quelques savans, ou bien le cou-
xx1v INTRODUCTION
rage de quelques voyageurs sont parvenus à déraciner de nos jours. 1 faut cett osséder à fond et l'histoire de la géographie, pour savoir choisir les meil le € pe sources qu'on doit consulter dans la description de chaque pays; ah et l'art difficile de la critique, pour savoir apprécier le mérite différent des visi auteurs, parfois si nombreux, qui ont décrit la même contrée, où qui en lui : ont parcouru une partie soit aux mêmes époques, soit à des époques plus recl ou moins éloignées les unes des autres. 11 fant avoir le moyen de discerner que le vrai du faux, de réduire à leur juste valeur les ridicules prétentions cro des auteurs nationaux, les préjugés vulgaires reçus comme des vérités con incontestables dans le pays, la prévention de certains voyageurs contre le Bir peuple qu’ils entreprennent de décrire, ou la partialité qui leur fait trouver bre ; tout bon, tout admirable. 1l faut avoir le talent si rare, de concilier le l'ex jugement, quelquefois diamétralement opposé, que deux voyageurs ont pro prononcé sur une même nation, sur un même pays, sur une même ville, cep tantôt à deux époques différentes, tantôt presque dans la même année. 1 d'H faut connaître les sciences accessoires de la géographie, pour n'admettre, de | dans la multitude des faits si variés dont son cadre est susceptible, que des par! faits sanctionnés par des juges compétens ; car il ne suffit pas d’être sur les sino lieux pour juger de l'exactitude de certains jugemens ou de certaines propo- occt sitions, il faut posséder encore la science ou l'art auxquels ils appartiennent. posi « Rien, dit l’auteur spirituel des Souvenirs du golfe Persique,rien n’est rio plus remarquable que la fausseté des différentes descriptions que l'on en tout a faites, sans cependant qu'on puisse accuser les auteurs de ces descrip- caus tions d’inexactitudes volontaires. Moore, dans sa belle exposition de Zalla dore Rookh, ne mentionne pas une seule pierre précieuse, ou une seule fleur, nom sans s'appuyer de l'autorité de quelque voyageur digne de foi, et il est Léor probable que tout ce qu'il décrit existe en effet; mais, après l'avoir trouvé, cain on aurait bien de la peine à le reconnaître. Ce sont des bancs de perles et peu des îles de palmiers, des bosquets de vignes et de grenadiers; mais une les c triste différence existe entre la peintnre et le modèle. Dans le récit, tout habi est brillant, frais, embaumé ; dans la réalité, les bancs de perles sont des coloi tas infects de coquilles d’huîtres , les bosquets de palmiers sont de chétives de v ct hideuses plantations, dont le vert pâle et fané se détache à peine de la rédu couleur des rochers nus qui les entourent et du sol brälé qui les porte. Les grenadiers sont constamment couverts d’une poussière blanche; les zéphyrs jours sont étouffans ; le cristal des fontaines est une eau saumâtre, et les flacons obse où brille le rubis liquéfié sont des bouteilles bouchées avec un chiffon et moin contenant du vin de Schiraz, qu’on prendrait pour du mauvais Porto mêlé qui y avec de la bière. Rien ne ressemble moins à la mer verte des voyageurs ct en ps des poètes, parsemée d'îles enchantées, étincelante de l’éclat des perles et les c rafraîchie par des brises parfumées, que le véritable golfe Persique, avec sont ses rives sauvages et stériles, desséchées par une atmosphère qui semble me- ct su nacer de destruction tout ce qui existe. » Des voyageurs modernes ont réduit dit ét à leur juste valeur les pompeux éloges que, sur l'autorité des auteurs per- signif sans, on prodiguait à l’excellence du climat de Schiraz, et M. Kephalide a dame trouvé que la vallée de Noto en Sicile, qu’on représente comme un jardin, capiti est au contraire très montueuse et remplie de vastes landes et de déserts dictic rocailleux. Les récentes explorations, faites dans l’intérieur de l’Afrique, puis ont fait disparaître les immenses populations qu'on accordait aux villes de plus € Tombouctou, de Haussa et de Bornou; cependant Sidi-Hamet, natif de lisque
e nos jours. Il faut ir choisir les meil \ de chaque pays; nérite différent des contrée, où qui en à des époques plus noyen de discerner dicules prétentions comme des vérités royageurs contre le qui leur fait trouver re, de concilier le leux voyageurs ont ur une même ville, ; la même année. Il e, pour n'admettre, susceptible, que des ffit pas d’être sur les 1 de certaines propoelsils appartiennent.
e Persique,vien n’est riptions que l'on en eurs de ces descrip- > exposition de Zalla ou une seule fleur, igne de foi, et il est après l'avoir trouvé, es bancs de perles et renadiers; mais une , Dans le récit, tout cs de perles sont des iers sont de chétives étache à peine de la lé qui les porte. Les blanche; les zéphyrs imâtre, et les flacons ks avec un chiffon et 1 mauvais Porto méle rte des voyageurs ct l'éclat des perles et golfe Persique, avec phère qui semble mei modernes ont réduit rité des auteurs perz,et M. Kephalide a te comme un jardin, landes et de déserts érieur de l'Afrique, cordait aux villes de idi- Hamet, natif de
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ne attesté mm me ec
cette dernière, assurait à Ritchie que sa ville natale était plus grande que le Caire! Le savant, le jndicieux auteur de l'Æast India Gazeiteer védnit à 50,000 le nombre moyen annuel des pélerins qui, de 1817 à 1822, visité la pagode de Djaggeruät,nombre vingt-quatre fois moindre que celui auquel Carey faisait monter les visiteurs de ce temple. Quoique, selon les recherches de l'abbé Grégoire, il n'existe plus de Samaritains en Europe, et que leurnombre total en Asie ne dépasse pas 200 individus, ces religionnaires croyaient et assuraient aux voyageurs, il y a quelques années, que leurs confrères de Gënes montaient à 127,960! D’après un ancien usage, les Birmans comptent dans tout l'empire 4,600 »y0s où arrondissemens, nombre, dit M. Klaproth, qui très certainement est exagéré. Dans le Pégou , l'expression trente-deux paraît être d'un usage banal; car chacune de ses provinces (Henzawati, Martaban et Bassein) contient ce nombre de myos ; cependant une investigation exacte a démontré que, dans les provinces d'Henzawati et de Martaban, il n’y en avait que la moitié, et dans celle de Bassein que le quart. « La vanité nationale, dit M. de Humbolèt, en parlant des Mexicains, se plaît même à agrandir les espaces, à reculer, sinon dans la réalité, du moins dans l'imagination, les limites du pays occupé par les Espagnols. Dans les mémoires qui m'ont été fournis sur la position des mines mexicaines, on évalue l'éloignement d’Arispe au Rosario à 300 lieues marines, d’Arispe à Copala à 400, sans compter que toute l’intendance de Sonora n’en a pas 280 en longueur. Par a même cause, et surtout pour se concilier la faveur de la cour, les conquistadores , les moines missionnaires et les premiers colons ont donné de grands noms à de petites choses. Nous avons décrit plus haut le royaume de Léon, dont toute la population n'égale pas le nombre des moines franciscains en Espagne. Quelques cabanes réunies prennent souvent le titre pompeux de villes. Une croix plantée dans les forèts de la Guyane figure, sur les cartes des missions envoy:.s à Madrid et à Rome, comme un village habité par des Indiens. Ce n’est qu'après avoir vécu long-temps dans les colonies espagnoles, après avoir reconnu de près ces fictions de royaumes, de villes et de villages, que le voyageur se forme une échelle propre à réduire les objets à leur juste valeur. »
Trois mois de séjour à Constantinople ou à Saint-Pétersbourg , huit jours au Caire ou à Odessa, ne donnent pas aux voyageurs, qui publient leurs observations le droit de juger les pays où se trouvent ces villes et encore moins celui de pouvoir renverser les opinions émises par leurs prédécesseurs, qui y ont demeuré pendant long-temps et qui en possèdent la littérature et en parlent la langue. Pour le géographe qui est à la hauteur de la science, les contradictions les plus grandes sur le même pays, sur la même ville, sont bien loin d’être des problèmes insolubles. Il sait à quoi s’en tenir et sur la citadelle de Traunick en Bosnie, qu’un militaire, M. Pertusier, dit étre susceptible d’une longue défense, et que M. Desfossés trouve insignifiante , et sur le jugement favorable porté sur Damieta par madame Minutoli, et sur Bombay par Heber, en opposition avec ceux du capitaine Light et de Forbes. Il sait concilier les étonnantes contradictions qu'on remarque parmi les voyageurs qui ont visité Tyr, depuis Pococke jusqu’à M. Buckingham et à M. Connor. Il n’est pas non plus embarrassé des contradictions qu'on trouve relativement aux obélisques dans Pococke, Shaw et Richardson, et il sait à quoi s’en tenit
xx INTRODUCTION entre Ali-Bey, qu dit qu'Akchir, dius la Caramanie, est une petite ville, et Mac-Kinneir, qui lui accorde 15,000 maisons, nombre qui supposerait au moins 60,000 âmes. Il n'hésite pas à rejeter comme inexacte l'assertion des journaux de Calcutta, qui publiaient dernièrement que la langue tibétaine était l’idiome parlé depuis l'Himmalaya jusqu’à la frontière de la Sibérie; et il range parmi es erreurs ce que le Canton Register a publié il n’y a pas long-temps, en confoudant les Bourouts qui habitent au nord de Kachghar avec les tribus mongoles des Bouriats ou Bouretes, qui, soumises à la Russie, occupent le pays au sud et en partie au nord du lac Baïkal, éloigné de plus de 1,300 milles de Kachghar. 11 sait que l'estimation de 11,000 pieds. de profondeur que les nationaux, d'après une erreur de calcul de Pontoppidan, et tous les géoraphes d’après eux, donnent au trou qui se trouve en Norwège dans le district de Rake, près de Friedericks-Hall, devrait être au moins de 39,866 pieds de Paris; car M. Parrot a démontré que cette profondeur est necessaire pour qu'on puisse compter un intervalle de 90 secondes depuis l’instant où l’on a jeté une pierre et le moment où le bruit qu'elle fait en touchaut le fond de l'abime vient frapper l'oreille de l'observateur. Il sait déjà que le capitaine Beechey a détruit le charmant roman, que le capitaine Basile Hall avait fait sur les habitans de l'archipel de Lieou-K’hieou. Il ne peut plus ignorer que de célèbres orisntalistes ont mis les Chinois, les Japonais, les Indiens et les autres nations c'vilisées de l'Asie sous leur véritable point de vue; il sait enfin réduire à leur juste valeur les calomnies débitées sur l'ignorance et le caractère des Espagnols, des Portugais, des Italiens, des Hollandais et d’autres natious, que des juges non compétens ont mal appréciées. Mais l'hypothèse suivante, relative à la France, achevera de faire sentir à quel point les relations des voyageurs les plus véridiques peuvent différer entre elles.
D à re qu'un Siamois, ignorant la langue française et par conséquent obligé de s'en remettre, pour avoir des détails sur le pays, à un intorprète qui du reste ne lui transmettra que des notions exactes et fidèles, séjournât quelque temps en France, puis à son retour dans sa patrie publiât une description de cet é.at. Qu'un autre, au bout d’un certain nombre d'années, et lorsque lu révolution #n a déjà renversé le gouvernement et modilié l’étendue, vienne visiter le ci-devant royaume, et, à l'instar de son prédécesseur , publie aussi une relation en revenant à Siam. Cette relation sera presque entièrement opposée à la première ; le chef de l'état sera, selon ce nouveau voyageur, non plus un roi, mais un premier consul nommé Bonaparte. Un troisième, venu plus tard, dira que la France est un empire, dout le souverain, nommé Napoléon, étend sa domination gigantesque du nord au sud depuis la mer Baltique jusqu'à l'extrémité de l'Italie sur la mer Méditerranée, et de l'est à l’ouest depuis un empire nommé Turquie jusqu’à un océan dit Atlantique. Enfin un quatrième, venu après tous les autres, et se prétendant mieux instruit et plus véridique que ses deux derniers prédécesseurs , affirmera que le premier narrateur a seul raison contre les deux autres, puisqu'il a vérifié son exactitude. Cette hypothèse peut faire comprendre comment des voyageurs se contredisent sur des pays connus en disant cependant la vérité pour l’époque à laquelle se rapporte la relation de leur voyage. Mais il est temps de justifier le plan d’après lequel cet ouvrage est rédigé.
nie, est une petite 1, nombre qui supeter comme inexacte nt dernièrement que immalaya jusqu’à la rs ce que le Canton foudant les Bourouts ongoles des Bouriats le pays au sud et en ,300 milles de Kachofondeur que les nadan, et tous les géos en Norwège dans le re au moins de 39,866 profondeur est necessecondes depuis l’inuit qu'elle fait en toul'observateur. Il sait L roman, que le capipel de Lieou-K’hieou.
s ont mis les Chinois, ées de l'Asie sous leur uste valeur les calomagnols, des Portugais, ie des juges non come, relative à la France, des voyageurs les plus
française et par conséls sur le pays, à un inions exactes et fidèles, our dans sa patrie puut d’un certain nombre rsé le gouvernement et me , et, à l'instar de son t à Siam. Cette relation le chef de l'état sera, jais un premier consul dira que la France est , étend sa domination e jusqu'à l'extrémité de uest depuis un empire nfin un quatrième, venu uit et plus véridique que remier narrateur a seul bn exactitude. Cette hysageurs se contredisent pour l’époque à laquelle st temps de justifier le
A LA GÉOGRAPHIE. LEUZTI
EXAMEN DU PLAN. Le lecteur connaît déjà le motif pour lequel
à la tte des descriptions particulières des états où des grandes régions de chaque partie du monde, nous avons placé la description physique el politique de celle à soi aqn ils appartiennent. C'est le seul moyen de présenter dans leur ensemble les grands traits de la surface de la terre, et conserver aux nations et aux grandes régions physiques toute leur physiono mie. Nous osons nous flatter que, par le choix que nous avons l'ait des articles dans chacune de ces descriptions générales, rien de vraiment important pour un traité élémentaire n'aura été omis, et que le lecteur qui voudra se rendre famnilières les diverses notions exposées dans ces dix chapitres, n'aura aucune difficulté à caser dans sa mémoire toutes les découvertes qu'on pourrait faire à l'avenir, et tous les changemens que la marche rapide de la civilisation et la suite des grands évènemens dont nous sommes spectateurs rendraient nécessaires.
Bi erenpenes ASTRONOMIQUE. Chacune de ces descriptions géné-
s commence par l'article Position astronomique , afin d'aider le lecteur à trouver sur les cartes la position de la partie du monde à laquelle
elle se réfère. Dans l'état pl gr la géographie mathématique, si imparfaite pour tous les pays hors de l'Europe et qui laisse encore tant à desirer pour plusieurs régions même dans cette partie du monde, nous crée que . pre re grave inconvénient négliger les fractions be Apt rs ea ication de ces fractions est indispensable
ne une carte, autant elles surchargent inutilement la
br dans un abrégé, où les longitudes et les latitudes doivent, à l’égard des parties du monde, des grandes régions et des grands états, être exposées en chiffres ronds, que la mémoire retient plus facilement. Il en est autrement lorsqu'il s’agit de la position d’une ville, ou des articles d'une transaction politique ; alors on ne doit pas se contenter d’une approximation ; il faut donner la position aussi exacte, que l’état de la science représenté par les meilleures rartes peut le permettre. Au reste, si le cadre de cet ouvrage ne s'y refusait, nous pourrions dresser un tableau comparatif des prétendues positions exactes des principaux états et des principales régions du globe données par les traités de géographie et les cartes qu’on jai comme les meilleurs; il offrirait les disparates les plus extraorane Le. sh a déjà signalé les différences énormes qu'offre la y e carte de l'Asie publiée par Arowsmith en 1822, avec les meilleures cartes spéciales des Russes et des missionnaires; la position des villes de Koutché et d’Aksou offre, celle-ci une différence de 4° 4', et celle-là de 6° 5 en longitude. La position que Moorcroft a assignée dernièrement à Leh capitale du Petit-Tibet, diffère de 3° 9' en latitude de la position donnée par les jésuites, et de 1° et 19' de celle que Danville lui avait assignée ; Ni pds à la latitude que lui donne la carte que M. Elphinstone a jointe
sa description du Caboul, elle n’offrirait pas moins de 5° 30’ de différence avec la carte du Tibet dressée par les jésuites.
Mr ring ve la page 28 nous définissons ce que l’on doit comprendre par dimensions de longueur et de largeur, absolue ou relative ; nous y Signalons aussi le peu d'utilité qu'offre cette connaissance pour se former une idée exacte de l'étendue dus région ou d’un état. Nous ne don- . nee que pour les cinq parties du monde et pour les seuls
s de l’Europe, afin d’accorder quelque chose à l'usage; mais nous les
xxvmi INTRODUCTION
supprimons dans la description de tous les états des autres parties du globe,
Le reproche qui nous a été adressé par quelques savans estimables de persister à nous servir d'une mesure linéaire que l'usage n'a consacrée qu'en Ltalie, et qui complique les calculs, exige que nous justifions la prekrence que nous avons donnée au mille italien de Go au degré, employé dans toutes les estimations de cet Abrégé, Nous ferons d'abord remarquer que le mille dont il s'agit n'est pas exclusivement employé par les Italiens, mais qu'il est au contraire la mesure itinéraire qu'on pourrait appeler cosmopolite par excellence, non-seulement parce qu'il correspond exactement à la minute géographique, commune à tous les peuples du globe, mais aussi parce qu'il est identique au mélle nautique, en usage chez tous les peuples maritimes de l'Europe civilisée et dans les pays occupés par leurs descendans, D'ailleurs ce mille correspond exactement au tiers de la lieue marine de France de 20 au degré, qui est égale à la egua horaria d'Espagne, au mille de Brabant, à la lieue marine d'Angleterre et à la dieue de Pologne, et qu'il est égal au quart du mille allemand employé dans presque tous les ouvrages de géographie composés par les savans de presque tous les peuples compris dans [es familles germanique , slave et ouralienne, Ce mille étant d'une médiocre étendue offre l'avantage d'en pouvoir négliger sans inconvénient les fractions lorsqu'il s'agit des surfaces, ce que l’on ne saurait faire avec les lieues marines et encore moins avec le mille allemand, à cause de leur trop grande importance, Tous ces motifs nous ont engagé, au début mème de notre carrière géographique, à adopter cette mesure pour tous nos calculs; nous n’y avons jamais dérogé, et nous n'y dérogerons jamais. Tout lecteur pourra facilement réduire nos mesures à celles qu’il croira plus convenables , à l'aide du beau travail dont M. Guérin a bien voulu enrichir cet Abrégé.
CONFINS. Nous n'avons rien à dire sur l’article confins, les diflicultés qu'offrent les frontières de quelques parties du monde ou de quelques états I ayant été résolues dans le corps de l'ouvrage. Seulement nous ferons observer que cet article, omis par certains géographes dans leurs traités, nous ayant paru indispensable pour faire connaître au lecteur les relations d’un état avec les autres, nous ne l'avons omis dans la description d'aucun.
DIVISIONS HYDROGRAPHIQUES. Pénétré de l'importance et de la nécessité de préciser, en géographie comme dans les autres sciences, la valeur des mots par lesquels on désigne chaque partie constituante du globe , nous y avons consacré une partie de nos veilles. C’est dans notre Compendio di Geografia que, dès l'année 1817, nous en avons publié le résultat, en proposant une division aussi naturelle que méthodique de l'Océan et de ses nombreuses branches qui forment les mers , division que nous avions déjà ébauchée bien long-temps avant, en publiant en 1808 notre Géographie par bassins. Nous avons proposé même plusieurs dénominations pour embrasser de vastes espaces que les géographes avaient encore laissés sans nom, mais que la science exigeait qu'on réunit et qu'on non mât d’un manière quelconque. Nous avons obtenu la plus belle récompense de notre travail en voyant nos résultats non-seulement approuvés, mais même adoptés par un savant célèbre, qui brille autant par l'élégante originalité de son style que par ses connaissances variées et par son profond savoir dans toutes les sciences naturelles. Mais nous n'avons encore aucune raisou pour renoncer à quelques-unes de nos dénomini-
> = = = pu
res parties du globe.
s savans estimables "usage n'a consacrée vus justifions la pre-
au degré, employé d'abord remarquer oyé par les Italiens, on pourrait appece qu'il correspond tous les peuples du tique, en usage chez ms les pays occupés exactement au tiers égale à la /egua hoe d'Angleterre et à la emand employé dans r les savans de presanique , slave et oul'avantage d'en pou- | s'agit des surfaces, encore moins avec le nce, Tous ces motifs graphique, à adopter mais dérogé, et nous réduire nos mesures travail dont M. Gué-
onfins, les difficultés ou de quelques états nent nous ferons ob- »s dans leurs traités, u lecteur les relations | description d'aucun.
e l'importance et de s les autres sciences, e partie constituante os veilles. C'est dans 7; Nous en AVONS pu+ turelle que méthodiorment les mers, dips avant, en publiant s proposé même plues que les géographes exigeait qu'on réunit ns obtenu la plus belle s non-seulement apqui brille autant par ssances varices et par es. Mais nous n'avons es de nos dénomina-
A LA GÉOGRAPHIE, AIX
tions, et méme à quelques divisions de l'Océan, que ce savant n'admet pas; par exemple celle du Grand-Océan, que, contre son avis, nous porsistons à regarder, avec tous les rm vis comme la plus vaste étendue d'eau qui existe sur le globe, malgre les innombrables iles qui en inter rompent la nappe immense dans la partie de l'Occanie qui forme la Polynésie; car ces petites terres, nonobstant leur nombre prodigieux, sont toutes, à quelques exceptions près, tellement petites, qu'elles sont imperceptibles comparées à la masse des eaux qui les environne et qui a 'eçu justement la qualification de Grand-Océan, Dans le chapitre des definitions et dans ceux de la a ge physique générale, le lecteur trouvera tout ce qui concerne les grandes divisions hydrographiques du globe. Nous regrettons seulement que le cadre d'un abrégé se refuse à admettre plusieurs remarques importantes que nous suggère cet article et quelques autres particularités de l'hydrographie.
DÉTAOITS, CAPS, ete. Nous n'avons rien à dire non plus sur les détroits , les caps et les presqu'iles, ayant déjà fait dans le texte les seules observations que nous suggéraient quelques inexactitudes où quelques omissions graves échappées à des auteurs estimables,
FLEUVES, Les fleuves jouent uu rôle trop important dans la géographie physique et politique, pour que nous eussions pu nous résoudre À es traiter avec la déplorable brièveté employée par les auteurs d'ubrégés. Sans doute si nous avions voulu imiter nos devanciers, nous aurions pu‘nous épargner bien des recherches et diminuer de bien des pages notre volume; mais cela n'aurait pu se faire qu'aux dépens de la science, Ce n'est pas faire connaître un grand fleuve que d'indiquer sommairement en quel pays il naît, près de quel lieu il entre dans la mer, ou même quelles régions principales, quelles villes importantes il baigne : il faut décrire son cours entier, non-seulement en signalant la direction du courant principal, et ses subdivisions en différentes branches lorsque cela a lieu, comme dans le Nil, l'Orénoque, le Gange, etc., mais aussi en traçant le cours de ses principaux affluens, inème des courans du premier et du second ordre qui grossissent la masse d'eau de ces derniers, en un mot en décrivant tout le territoire hydrographique d'un fleuve, ou son bassin. Pour éviter les répétitions, et pour donner au lecieur une idée précise du cours des grands fleuves qui traversent différens états, on doit nécessairement les décrire dans la géographie générale, C'est aussi ce que nous avons fait, et une longue expérience nous a prouvé que c'était la seule méthode que l'on pouvait suivre avec succès daus l’enseignement de cette science. Par la manière avec laquelle nous avons décrit tous les grands fleuves dans les introductions et ensuite dans la description particulière des états de chaque partie du monde, on peut dire que cet Abrégé offre une véritable géographie par bassins. Aussi n'avonsnous fait que mettre en discours ce qui se trouve depuis bien des années disposé en tableaux dans notre Atlante idrografico statistico politico del Globo , dont nous avions annoncé la publication prochaine dès l’année 1808. Notre géographie par bassins, ou le Prospetto fisico politico dello stato attuale del Globo, publié dans la même année, n’est qu’un extrait de cet ouvrage, que des circonstances particulières nous ont empêché de livrer à l'impression. Afin de donner au lecteur une idée précise du cours d’un: fleuve, où a employé des lettres capitales pour exprimer le courant principal ,
à om
xxx INTRODUCTION ES les noms divers qu'il prend quelquefois en poursuivant sa marche, soit en se formant par l'union de plusieurs branches, soit en s’élargissant au point de présenter des lacs plus on moins étendus, soit enfin en se subdivisant en plusieurs bras avant d'arriver à la mer. D’autres caractères, italiques ou romains, plus petits et plus ou moins espacés, ont été employés pour exprimer les affluens du premier , du second et du troisième ordre. Tous les fleuves de chaque partie du monde sont rangés d’après les mers principales auxquelles ils aboutissent, de manière que le lecteur peut d’un coup-d’œil, à l’aide des articles fleuves dans la géographie générale ou particulière, avoir la géographie par bassins ou d’une des cinq parties du monde, ou d’un état quelconque, et comparer ensuite ces divisions naturelles avec les divisions politiques indiquées dans l’article destiné à les offrir.
Dans le texte nous n’avons pas manqué d'indiquer les doutes qu'offre encore le cours de plusieurs fleuves, et nous avons signalé aussi l’inconvénient de regarder comme courant principal une branche beaucoup moins longue que celle qu’on considère comme secondaire. L’Amazone , le Mississipi, ete., en Amérique, le Zenisseï, le Xiang, ete., en Asie, peuvent être cités comme les exemples les plus remarquables de cette anomalie géographique, dont notre Europe n’est pas exempte. Mais le géographe, qui peut et doit même respecter ces vieilles erreurs consacrées par l’usage depuis tant de siècles , afin d'éviter la confusion que ne manquerait pas de produire une telle innovation , peut et doit aussi être moins réservé à l'égard des fleuves qui n’appartiennent pas à l’Europe, surtout lorsqu'ils portent déjà plusieurs noms divers selon les différens pays qu'ils traversent. C’est à l'égard de ces grands fleuves que le géographe devrait, sans aucune exception, regarder toujours comme courant principal la branche dont la source principale est la plas éloignée de l’embouchure.
Nous devons signaler comme une autre manière erronée de considérer les fleuves, et comme une nouvelle conséquence de l’état imparfait de la géographie jusqu’à nos jours , l'usage de quelques géographes, qui regardent des fleuves d’un cours très long et d’un grand volume d’eau, comme des affluens d’un autre fleuve, avec lequel ils n’ont de commun que le voisinage de leurs embouchures; nous citerons particulièrement le Brahmapoutre, envisagé comme un affluent du Gange, et le Tocantin, compté parmi les affluens de l’Amazone.
Dans le chapitre des définitions, ainsi que dans le texte de la géographie générale et particulière, nous avons indiqué les principales bg/urcations que présente le bassin de quelques fleuves, phénomène très remarquable, mais que les faiseurs d’abrégés négligent entièrement.
Nous aurions voulu offrir au lecteur un tableau de la superficie des principaux bassins du globe et un autre tableau de la longucur comparative des principaux fleuves , maïs nous n'avons pas eu le loisir nécessaire pour nous livrer aux longues recherches qu’exige leur rédaction. Ce qui a été publié dans ce genre est tellement rempli d'erreurs, que nous n’avons pas osé en faire usage. Quelle confiance pouvions-nous d'ailleurs avoir dans des tableaux, où l’on n’indiquait ni les cartes sur lesquelles on avait fait les calculs, ni la méthode qu’on avait suivie, ni l’époque à laquelle ces estimations devaient se rapporter. Ccite dernière indication est très importante à l'égard de certains fleuves de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique,
ant sa marche, soit oit en s’élargissant s, soit enfin en se ter. D’autres caracns espacés, ont été second et du troie sont rangés d’après nière que le lecteur s la géographie gés ou d’une des cinq mparer ensuite ces quées dans l’article
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A LA GÉOGRAPHIE. MAT
dont le cours n’a été exploré, en totalité ou avec quelque précision que dans ces dernières années, ou même, comme le Niger ou Dhioliba, que depuis un an seulement? Quelle confiance pouvions-nous avoir en voyant, dans les années 1825 et 1831 , estimer la longueur du Danube égale à celle du Volga ; attribuer au Bahr-el-Azrek, qui naît dans l’Abyssinie, la longueur que, d’après les conjectures les plus probables des plus savans géographes , on s'accorde à donner au Bahr-el-Abiad , qu'on suppose prendre sa source dans les montagnes de la Lune; puis omettre parmi les grands fleuves de l'Asie le Aiang, dont le cours est le plus long après celui du Ienisseï, et indiquer cependant le Hoang, dont le cours est beaucoup moins étendu; assigner enfin au Brahmapoutre un cours plus long que celui du Gange, et cela plusieurs années après l'exploration des ofticiers anglais, et après les savantes discussions de M. Klaproth sur le Sampou!
CANAUX , CHEMINS EN FER. Un bon chemin ou un canal destiné à faciliter le transport des marchandises est en réalité une des machines les plus efficaces pour économiser le travail, réduire le prix des objets qui viennent de loin, donner une plus grande valeur à ceux du pays, multiplier les échanges et accélérer la production dans toutes les branches de l'industrie, avantages du premier ordre, qui, par la facilité des transports, équivalent à une plus grande fertilité de la terre. Nous avons donc accordé une place importante aux canaux et aux chemins en fer, qui plus que tout autre moyen facilitent les communications. Nous aurions voulu entrer même dans quelques détails sur les chemins ordinaires des différens états, mais nous avons senti que le temps nous aurait manqué pour nous livrer aüx recherches qu’exige ce sujet si important et si négligé dans toutes les géographies. Des juges très compétens, qui ont vu ce que notre Abrégé offre dans ce genre, le regardent déjà comme Île travail abrégé le plus complet qu’on ait encore fait sur les canaux et les chemins en fer du globe. Nous espérons pouvoir le perfectionner et l’étendre dans l’Annuaire, à l'aide des documens que nous attendons sur les travaux de ce genre qu’on exécute sur plusieurs points différens de l’Europe et de l'Amérique. Nous n'avons pas été peu surpris en voyant des traités de géographie très volumineux ne faire aucune meution des canaux de la France, et des ouvrages allemands, publiés en 1831, ne dire presque rien sur les canaux et les chemins en fer de la Confédération Anglo-Américaine.
ILES. Les es, accidens si remarquables dans le système général du globe, méritent d’être traitées avec détails; mais leur description n’est pas sans difficulté, malgré les grands progrès de la science. Plusieurs circonsiances topographiques, généralement ignorées ou négligées, embarrassent souvent le géographe. Dans notre chapitre des définitions, on verra ce que nous entendons par une fe; ici nous ferons quelques remarques sur leur classification, et nous signalerons quelques-unes des anomalies offertes par certaines d’entre elles.
L’Angleterre offre plusieurs parties de son territoire qualifiées mal-à propos du titre d’#es ; la prétendue #e de Thanet, dit M. Meidinger, sur laquelle se trouvent Margate et Ramsgate, n’est appelée île que parce que le Stour, d’un cours très borné, la sépare du continent de l'Angleterre du côté du sud, et ie Nethergong, du côté de l’ouest; mais il s’en faut de beaucoup qu'on puisse en faire le tour, parce que ce n’est qu’une presqu'île. Des ruisseaux environnent une partie du territoire du comté de
XANUI INTRODUCTION Lincoln et forment ainsi la prétendue 4e d'Axholme (isle of Axholme). pret D'autres prétendues îles deviennent des presqu'iles à la marée basse; c’est cide ainsi que l’on peut passer à gué de l’#e Holy, dans le comté de Durham, sur qui le continent de l'Angleterre, Dans l'ile de Ceylan, sur la côte occidentale, nab on remarque la péninsule de Calpenteen, qui devient une île à la haute | marée; on peut en dire autant de la prétendue péninsule de Jafnapatan, simF dans la méme île. Les géographes anglais regardent comme deux îles dif- quel ferentes celles de Lewis et de Harris dans le comté de Ross, qui ne sont à cons proprement parler qu'une seule île, puisqu'elles sont réunies par un isthme entr qui, à la haute marée, est recouvert par les eaux de la mer; on peut ap- exir. pliquer la même observation aux îles de Manaar et de Ramisseran près de mod Ceylan, qu’une longue série de rochers, connus sous le nom de Pont-d’A- KT expo dam, réunit à la basse marée. La prétendue #e d’Ely (isle of Ely), dans l'em le comté de Cambridge, n'existe plus depuis long-temps, à cause des grands Forr desséchemens qu’on à faits dans cette partie de l’Angleterre; malgré cela, nous dans le langage des bureaux et dans plusieurs géographies, cette partie du ses 1 comté porte encore le titre d’ile. port L'article des, dansla géographie générale, nousa fourni le moyen de clas- qu'el ser convenablement un grand nombre de terres d’une étendue considérable, 3e que nous n’aurions su comment classer, dans une géographie rédigée d’a- natlc près les divisions politiques actuelles, ces terres étant entiérement désertes, des 1 ou n’appartenant exclusivement à aucune des grandes nations maritimes. volu C’est ainsi que dans les îles de l’Europe nous avons pu donner la descrip- nous tion du Spitzberg, qui n'appartient pas seulement à la Russie, comme on de | le croirait en lisant sa description dans certaines géographies, mais où il cher se trouve de faibles établissemens temiporaires faits par des Russes et par quel des Norwégiens. C’est ainsi que nous avons pu décrire à leur place les nom- les n breuses îles découvertes dernièrement aux deux extrémités boréale et au- certa strale du Nouveau-Continent , et une foule d’autres terres éparses sur le le di globe et que, d'après leur plus ou moins grand éloignement des continens, biles nous avons classées comme dépendances géographiques de chacun d'eux. indis À la page 382, nous avons fait observer que les géographes suédois ct JA ‘co
ficati velle
norwégiens ne regardent pas comme des îles proprement dites cette longue chaîne d'ilots et de véritables îles qui bordent les côtes de la Scandinavie. Nous n'avons tenu aucun compte de cette différente manière de voir; car, dans les sciences, il faut autant que possible préciser les idées et les généraliser en les étendant à tous les objets qui offrent les mêmes qualités. Nous avons donné en son lieu la définition d’une île; nous avons regardé et qualifié comme telle tout espace terrestre qui nous a offert les conditions requises pour l'être. Agir différemment à l'égard de choses qui tiennent de si près à la géographie physique et qui depuis long-temps ont l’avantage d’avoir été définies de la manière la moins équivoque, c'eût été tout confondre, tout bouleverser.
A la page 40, nous avons indiqué le seul principe d’après lequel le géographe doit ranger les îles comme dépendances géographiques de chacune des cinq parties du monde. Nous croyons utile d'ajouter ici, à l’appui de ce que nous avons dit en parlant des Açores, que cet archipel offre en outre le point de départ le plus commode pour le partage des deux hémisphères dans le tracé des mappemondes. Le fameux géographe Mercator avait déjà eu, dès le xvi‘ siècle, l'heureuse idée de faire passer le
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e (isle of Axholme).
la marée basse; c’est ymté de Durham, sur la côte occidentale, t une île à la haute nsule de Jafnapatan, omme deux iles dif- : Ross, qui ne sont à réunies par un isthme la mer; on peut ape Ramisseran près de le nom de Pont-d’Ay (isle of Ely), dans ps, à cause des grands leterre; malgré cela, phies, cette partie du
urni le moyen de clasétendue considérable, graphie rédigée d’aentièrement désertes, es nations maritimes.
pu donner la descripla Russie, comme on ographies, mais où il par des Russes et par > à leur place les nomrémités boréale et auterres éparses sur le nement des continens, ques de chacun d'eux.
géographes suédois et ement dites cette lones côtes de la Scandidifférente manière de ible préciser les idées qui offrent les mêmes d’une île; nous avons > qui nous a offert les | l'égard de choses qui depuis long-temps ont oins équivoque, c'eût
cipe d’après lequel le éographiques de cha- & d'ajouter ici, à l'apque cet archipel offre r le partage des deux meux géographe Meridée de faire passer le
A LA GÉOGRAPHIF. NNXUE
premier méridien par l’île de Corvo, si remarquable par sa position occidentale et par son pic majestueux qui sert de signal aux navigateurs et qui paraît être indiqué par la nature comme un des points les plus convenables pour marquer les limites vers l’occident de l'hémisphère oriental.
On s’étonnera peut-être que nous nous soyons borné à ne faire qu’une simple mention de certaines iles remarquables par leur étendue, et sur lesquelles les géographies, même abrégées, entrent dans des détails assez considérables; maïs resserré par le cadre de notre ouvrage, il fallait opter entre rapporter des choses communes, ou taire des choses importantes et extraordinaires propres à caractériser l’état de la civilisation ancienne et moderne de certains peuples. Voilà pourquoi nous n’avons pas hésité à exposer rapidement , dans le tableau des divisions administratives de l'empire Chinois, le peu que nous avions à dire sur les grandes îles de Formose et d'Haï-nan, qui n’offrent rien de bien remarquable, tandis que nous sommes entré dans quelques détails sur l’île de Ceylan, à cause de ses monumens, de ses ports magnifiques, de ses riches produits et de limportance politique, commerciale et militaire que cette île a acquise depuis qu'elle est passée sous la domination anglaise.
MONTAGNES. La grande importance des montagnes dans la détermination des climats physiques, des gisemens des minéraux, des stations des végetaux et des animaux , et le grand rôle qu’elles jouent dans les révolutions politiques qu'offre l’histoire des penples anciens et modernes, nous ont obligé à des détails que nous croyons indispensables pour untraité de géographie, quelque restreint d’ailleurs que soit son cadre. On les cherche en vain dans les traités élémentaires, et à peine en trouve-t-on quelques-uns dans les géographies générales les plus étendues. Pour éviter les méprises et les erreurs , suites nécessaires des idées systématiques de certains géographes , de la négligence de certains autres et, on doit bien le dire, des classifications erronées faites de nos jours par des mains inhabiles, nous croyons devoir faire quelques observations qui nous paraissent indispensables. Elles répandront peut-être un peu de lumière sur ce sujet encore très embrouillé, et serviront d’éclaircissement ainsi que de justification aux classifications des montagnes, presque toutes entièrement nouvelles , que nous offrons dans cet Abrégé.
Comme aucun principe fixe ne paraît avoir guidé les géographes et les naturalistes qui jusqu’à présent se sont occupés de la classification générale des montagnes, cette partie si importante de la science offre la plus grande confusion et les contradictions les plus absu:'des. Quelques géographes ignorent complètement le nom de systéme, ou ne veulent point l'adopter ; les uns appellent système de montagnes ce que d’autres regardent comme des groupes, tandis que certains géographes appliquent cette dernière dénomination aux simples chaînes. Il ne manque pas de savans, d'ailleurs estimables , qui, étrangers à la géographie proprement dite, viennent augmenter ce désordre par l’introduction des systèmes géologiques, assujétissant les caractères que tout géographe instruit doit regarder comme principaux aux caractères qui ne doivent être pour lui que secondaires. Indépendamment du petit nombre de chaînes dont on connaît actuellement les caractères géognostiques, circonstance qui suffit à elle seule pour faire rejeter provisoirement comme au moins illusoire toute classification générale des montagnes du globe qui serait ba-
NXNIV INTRODUCTION
co ,
sée sur la nature et la disposition de leurs couches, nous ferons observe: que c'est la auteur, la position et la direction des montagnes qui constituent leur importance géographique, par les modifications qu'elles produisent sur les climats physiques, sur la station des végétaux et des animaux, et sur les relations des peuples entre eux. Partant de ce principe, qui nous paraît incontestable , dès l’année 1815 nous avons réuni en massifs plus ou moins grands, que nous avons nommés systèmes, toutes les principales hauteurs connues du globe; nous y avons distingué des groupes, composés de plusieurs chaînes; et des chaînes subdivisées en chainons, branches, collines, etc. ete. Dans chaque système nous avons considéré comme chaîne principale celle des revers où des points sulminans de laquelle dérivent les grands cours d’eau, considérés relativement à un grand réservoir, tel que l'Océan et les méditerranées. Nous avons depuis init de nouvelles recherches, et reconnu la nécessité non-seulement de conserve: tous les systèmes proposés dans la première édition denotre Comperdio, mais d'en augmenter même lenombre. Si l’on persiste à considérer, d'après les plus célèbres géographes, d’un côté les Pyrénées, de l’autre les montagnes qui forment le système Hereynio-Carpathien, comme des massifs indépendans du système des Alpes proprement dites, il faudra bien en déterminer les limites. Or, c'est en cela que consiste la plus grande difficulté de cette classification. Pourra-t-on nous objecter que la large vallée du Rhin ne l’est pas assez pour farmer la séparation entre l’'Hundsruck qui se rattache aux Vosges et le Taunus qui, par le Vogelsgebirge et le Rhôngebirge, tient au Fichtelgebirge, un des grands nœuds du système Hercynio-Carpathien ? Mais aussi nous pourrions objecter à ceux qui regardent les montagnes de la péninsule Hispanique comme un massif indépendant des Alpes, que le bassin parcouru par le canal du Languedoc est trop peu large pour former une séparation entre le système Hespérique et le système Alpique. Dans l’état actuel de la géographie , ou il faut renoncer à faire aucune classification des montagnes, ce qui serait jeter la confusion dans une de ses parties les plus importantes, ou bien il faut adopter des divisions générales susceptibles de certaines modifications. La nature se joue de nos systèmes, de nos classifications. J! faut toujours les modifier d'après des circonstances particulières. Dans {a détermination des systèmes des montagnes, il y a plusieurs éirconstances qu'on ne saurait régliger sans de graves inconvéniens. Nous signalerons entre autres certaines divisions généralement reçues et consacrées par un laps de temps considérable; la direction de la ligne qui indique le principal partage des eaux; la position des sommets les plus élevés de tout le système, et parfois même des souvenirs historiques ou des considérations politiques dont il faut tenir compte. On peut regarder, si l’on veut, toutes les montagnes de l’Asie comme autant de rameaux d’un seul et même tronc, tant il semble , au premier coup-d’œil, que toutes ses montagnes partent de cet immense plateau, qui s'élève au milieu de sa vaste surface. Mais dès qu’on l’examine avec attention et sur les meilleures cartes, on voit que la plaine du Gange et le désert de l’Adjmèr séparent les hauteurs qui serpentent dans la péninsule de celles qui appartiennent au grand système de l’Asie-Centrale. D'un autre côté, la dépression si remarquable du sol, qui environne les mers Caspienne et d'Aral, plusieurs lacs salés et des déserts d’un niveau très bas, forment la séparation entre le massif de l'Oural et celui de Altaï-Himài-
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À LA GÉOGRAPHIE. XYXY
S me ec in laya, tandis que les déserts assez unis du nord-est de l'Arabie forment une interruption de hauteur suffisante jpour faire regarder les derniers rameaux qui descendent du Liban comme entièrement indépendans de ceux qui viennent du plateau central de la péninsule Arabique.
Les nombreuses montagnes qui couronnent les îles offrent des difficultes non moins grandes dans leur classification, Faudra-t-il en faire autant de systèmes indépendans les uns des autres? Ou bien faudra-t-il les considérer comme dependans du système le plus voisin, lorsqu'elles en sont peu éloignées ; ou bien encore conviendra-t-il de les réunir en un système insulaire , lorsque , par leur étendue ou par leur position, elles méritent de figurer dans cette classification comme des groupes eutièrement indépeudans ? Nous avons regardé comme une dépendance du système Alpique les montagnes de la Sicile, que le détroit de Messine sépare à peine de celles de la péninsule Ttalienne ; et comme un appendice du système Scandimavique la lanjue chaîne d'îles très élevées qui bordent la côte nordouest de la Norwège; mais nous avons élevé au rang de systèmes indépendans les montagnes des îles Britanniques, des îles Acores et des îles qui au nord de l'Europe forment le groupe du Spitzberg. Quoique les pics élevés de la petite chaîne de la Crimée- Méridionale soient toutà-fait indépendans des trois systèmes Slavique, Slavo-Hellénique et Tauro - Caucasien, nous n'avons pas hésité à les regarder comme une ‘lépendance de ce dernier , tant à cause de l'extrême voisinage de la chaire du Caucase que de sa petite étendue.
Mais l'emploi même du terme chaîne exige quelques observations. Il n’est presque aucune des grandes chaînes connues, dont les bases visibles des diverses montagnes qui les compesent se touchent. Des vallées plus ou moins larges et profondes, des plaines élevées ou doucement ondulées séparent à différens intervalles ces prétendues chaînes continues.Si nous persistons àemployer ce terme, c’est pour aider l'intelligence des lecteurs qui s’y sont accoutumés ; c'est pour éviter l'introduction de nouvelles dénominations. Par des raisons qu'il serait trop long d’exposer, et que tout lecteur un peu versé dans la géographie physique peut entrevoir, nous avons quelquefois regardé comme la continuation d’une mème chaîne des séries de montagnes séparées par de simples gorges , par des vallons étroits ou même par des plateaux. C’est ainsi que nous avons considéré comme une même chaine les Æarpathes Orientaux , les Karpathes Occidentaux , les Sudètes , l'Ersgebirge, les Fichtelgebirge et le Schwarz-Wald (Forêt-Noire), malgré les grandes interruptions qui les séparent.
Après la position et la direction des montagnes, c’est la détermination de leur hauteur absolug ou relative qui doit surtout attirer l'attention et concentrer les recherches du géographe. Si les huit ou neuf mille cotes de hauteurs que l'on est parvenu à connaître étaient réparties également sur toute la surface du globe, cette partie de l’orographie n’offrirait pas les lacunes immenses qui, au grand regret du géographe, subsistent encore. Plus des neuf dixièmes de toutes ces hauteurs appartiennent aux parties montueuses les plus connues de l’Europe , et à diverses contrées de l'Asie, de Se ra et de l'Amérique, objets des explorations récentes de quelques célèbres voyageurs. Tout le reste de la Terre n’offre qu'un petit nombre de sommets dont on connaît la hauteur; et encore que de fois il faut st contenter d’une simple approximation. Les géographies et les tableaux
mo iarentanenenanntnennremnnininnnnnnen re
XAXVI INTRODUCTION orographiques du globe offrent nne foule de hauteurs pour les régions les chai plus connues, telles que la Suisse, l'Italie, l'Allemagne, la France, la Grande- dett Bretagne, la Scandinavie, quelques parties de l’Inde, de l’Asie-Russe et des enc Etats-Unis, quelques cantons du Mexique et de la Colombie, qui ques frac- dist: tions de l'Afrique , enfin quelques îles de l'Océanie, et gardent ensuite le si- Pvre lence sur:la hauteur des montagnes de toutes les autres régions du globe. élev Nous avons cru devoir traiter ce sujet d’une manière différente ; nous avons pics tâché d'offrir au lecteur le tableau abrégé, mais complet, de l'état actuei mên de cette-partie de la géographie; nous avons en conséquence donné tous sveté les points cuiminans connus de chaque système, et, lorsque nous l’avons mest pu, ceux des chaînes principales. Dans un travail semblable, il ne s’agit du € pas d’entasser toutes les hauteurs connues, mais d’en donner un certain &I nombre , en les choisissant parmi les plus remarquables, surtout en tâchant plus d'indiquer, au moins approximativement, un ou deux points culminans Æ nn sinon de chaque chaîne, du moins de chaque système. C'est ce qui n'avait près pas encore été fait jusqu’à présent. Aussi espérons-nous que les géographes DE it, de profession, et les personnes qui sont au niveau de la science, accucil- dont leront favorablement notre orographie , fruit de pénibles recherches , de longues méditations sur les explorations les plus récentes, enfin des com- Æ munications obligeantes reçues de plusieurs voyageurs, et qu’on regar- Æ à, dera cet essai comme le travail général le plus complet qui ait encore été Æ kit] publié sur la classification et sur la hauteur des montagnes du globe. que 1 Mais quelques observations importantes et lumineuses, faites derniè- LE }; di. rement par un habile physicien et astronome célèbre, éclairciront mieux À jtér. ce sujet, et viendront à l'appui du choix que nous avons fait de diverses Æ Chin. hauteurs dans les tableaux des points culminans de chaque système. «Le À nt. nombre de points, dit M. Arago, dont l'élévation au-dessus du niveau de Æ ;r p, l'Océan se trouve irrévocablement fixée, est très considérable ; et néan- D ji moins, sans parler ici des contrées où les géographes n’ont pas encore RE pi. pénétré, il serait difficile de dire avec certitude, pour l'Himälaya, pour cinet, le Caucase, pour les Cordillères et même pour quelques chaines de Æ l'Europe, si l’on a véritablement mesuré les points culminans. Ce n’est Æ cun pas qu'en tout lieu le voyageur n'ait dirigé son attention sur les sommités LE à: qui lui paraissaient les plus élevées; mais malheureusement, en ce genre, D kaza les apparences sont souvent trempeuses , et rien ne saurait suppléer à M j,,n une mesure effective. L’isolement plus ou moins grand d’une montagne, Æ jan l'inclinaison de ses pentes, sa distance, sa forme, la disposition et la hau- 2,395
teur des terreins environnans , l’état de l'atmosphère enfin, sont autant de causes d’illusion dont l’observateur le plus exercé ne saurait s’affranchir, en étd et qui disparaissent seulement devant le baromètrg et les instrumens gto- ir, désiques. S’i! fallait citer des exemples à l'appui de ces réflexions, ils 0€ D haute manqueraient pas. Ainsi, je pourrais dire qu'au commencement du xvni JE vitic siècle on regardait encore généralement le pic de Téaériffe comme la plis im
haute montagne du globe, quoique les Alpes Suisses renfermassent des som- LB ri; mités qui le surpassent de près d’un tiers, quoique des milliers de voya- RS demie geurs revenant du Pérou eussent aperçu la grande Cordillère des Andes, D ;cc0 et visité même des villes populeuses établies sur des plateaux beaucoup Aa plus élevés que le pic; je pourrais faire remarquer aussi que les Pyrénées D eur Avaient été parcourues par de savans académiciens, munis de grands instri- ME à 0 mens, qu'on donnait encore le Canigou pour la plus haute sommité de a cor
l'éval
A LA GÉOGRAPHIE. NSXVIE
s pour les régions les la France, la Grandede l’Asie-Russe et des ombie, qu'ques frac- L gardent ensuite le sires régions du globe.
différente ; nous avons mplet, de l'état actuel nséquence donné tous lorsque nous l'avons emblable, il ne s'agit en donner un certain es, surtout en tâchant Jeux points culminans 1e. C'est ce qui n'avait us que les géographes de la science, accucilnibles recherches , de ‘entes, enfin des comzeurs, et qu'on regarlet qui ait encore ête ontagnes du globe.
ineuses, faites dernière, éclairciront mieux avons fait de diverses > chaque système. « Le u-dessus du niveau de considérable ; et néan- \phes n’ont pas encore pour l’Himälaya, pour quelques chaînes de ts culminans. Ce n'est ention sur les sommités eusement, en ce genre, ne saurait suppléer à rand d’une montagne, a disposition et la haure enfin, sont autant de ne saurait s'affranchir, e et les instrumens gt0de ces réflexions, ils ne ommencement du xviii l'énériffe comme la plus renfermassent des som- Le des milliers de voya- > Cordillère des Andes, des plateaux beaucolP r aussi que les Pyrénées munis de grands instrius haute sommité de la
chaîne, tandis que nous savons aujourd’hui, non-seulement que la Maladetta, le Mont Perdu, [Le Cylindre, etc., le surpassent de 600 mètres, mais encore d’après les observations récentes de M. Corabeuf, qu'à une petite distance de cette montagne, dans les limites mêmes du département des Pyrénées -Orientales, il existe des sommités de près de 140 mètres plus élevées, etc. Il ne faut donc pas s'étonner si, de temps à autre, certains pics descendent du rang qu’on leur avait assigné. Le Mont-Blanc luimême, depuis si long-temps en possession de la première place dans le système des montagnes européennes, a failli la perdre à la suite d'une mesure imparfaite des sommités du Ment-Rose. Aujourd’hui c’est le tour du Chémborazo. Cette montagne, si célèbre par les travaux de Bouguer, de Lacondamine, et surtout par ceux de M. de Humboldt, n’est plus la plus haute sommité du globe, comme on le supposait depuis tant d'années ; les mesures de l'Himalaya l'ont prouvé; elle n’est pas même, à beaucoup près, la plus haute cime des Cordillères; M. Pentland vient de 'e reconnaître de la manière la plus évidente dans un voyage très interessant, dont tous les amis des sciences desirent la prompte publication. »
Notre cadre ne nous permet pas d'indiquer tous les ouvrages que nous avons compulsés pour rédiger l’article montagnes dans chaque partie du monde. Nous nous bornerons à signaler ceux auxquels nous avons fait le plus d'emprunts, ou qui nous ont le plus servi pour les classifications que nous avons tracées : ce sont les ouvrages de M. de Humboldt pour la direction et la hauteur des montagnes du Nouveau-Monde et de l’Asie- Intérieure ; ceux de M. Klaproth pour les systèmes qui traversent l'empire Chinois et l’Asie-Centraie; les travaux publiés par les Arglais pour les montagnes de l'Inde en-decà et au-delà du Gange, et le beau travail de M. Bruguière sur l'orographie de l’Europe. Les faits importans recueillis dernièrement par MM. de Buch, Schow, Crawfurd, Hamilton, Rüppell, Pentland, Eschwege, Spix et Martius, Denham , Clapperton, Laing, Freycinet, Duperrey, Bellinghausen et autres illustres voyageurs et marins dans leurs savantes explorations, nous ont aidé à remplir une foule de lcunes et à rectifier plusieurs erreurs, C'est ainsi, par exemple, que nous devons à l’amitié de M. Simonov, professeur d'astronomie à l’université de Kazan et employé comme astronome dans l'expédition du capitaine Bellinghausen , la mesure exacte du pic Egmont dans la Tasmanie {Nouvelle- Zélande), qui n’a que 1,274 toises de hauteur perpendiculaire, au lieu des 2,395 qu’on lui donne dans tous les ouvrages les plus estimés, d’après l'évaluation approximative de Forster. C’est M. de Rienzi qui nous a mis en état d'indiquer la hauteur du pic de Cavayan dans les Philippines et de l’Amba-Hadji dans l’Abyssinie, et nous devons à M. Douville les trois hauteurs si remarquables que nous avons indiquées dans le système Niritien à la page 817. C’est encore d’après M. Ferry, qui a séjourné longtemps dans les vallées de l'Oural, et d’après les mesures exactes prises dernèrement par le colonel Terletzky, que nous réduisons à 574 toises et demie le plus haut point de cette chaîne, tandis que depuis long-&emps on ‘accorde à donner 1,037 toises au Pavdinskoïkämen, qui cependant ne passe pas pour être le point culminant de l’Oural. Ce n’est que d’après les mesures prises dernièrement par des voyageurs russes que nous portons 412,700 toises la hauteur de l’Ararat, montagne à laquelle on n'assigne tncore généralement que 9,600 pieds, ou tout au plus 2,000 toises. Nous
AXXVELE INTRODUCTION
ferons même observer à propos de cette dernière que dans notre £ssw sur la statistique du royaume de Perse, publié en 1826, nous l'avions déjà estimée approximativement au moins à 2,500 toises, d'après l'idée que nous nous étions faite de sa hauteur sur la description puisée duns les auteurs arméniens que nous en avait donnée M. Saint-Martin. La mesure exacte, prise récemment par M. Parrot fils dans son ascension, a conlirmé ces conjectures, et assigné à cette montagre une place parmi les plus hautes de l'Asie. Nous avons cité ces exemples, que nous pourrions faire suivre d’un grand nombre d’autres, afin qu'on ne regarde pas comme erreurs des évaluations positives ou approximatives, résultat de longues et difficiles recherches, parce qu'elles diflèrent beaucoup d’autres estimations regardées généralement comme exactes et admises comme telles dans tous les tableaux orographiques du globe, Nous devons aussi avertir que nous avons ajouté un point d'interrogation après les mesures douteuses, et deux après toutes celles que nous avions calculées nous-même suivant des méthodes approximatives, et en tenant compte de toutes les circonstances qui doiveut entrer comme élémens dans ces sortes de calculs.
Quelques personnes , qui se soucient peu de snivre les progrès de la géographie positive, nous reprocheront peut-être de n'avoir pas assigne une place parmi les principales hauteurs de l'Amérique aux chaînes connues sous les noms de Cerros de Alta-Gracia et del Bergantin, entre les méridiens de Caracas et de Cumana ; à la chaîne qui, dans le district des Missions et dans la ci-devant province Cisplatine du Brésil, s'étend entre les 28° et 34° 30’ de latitude , en séparant les versans de l’Uruguay de ceux de la côte orientale; à une autre suite de hauteurs considérables que l’on représente, dans le centre de l'Amérique du Sud, comme formant la séparation des eaux tributaires de l’'Amazone des eaux tributaires du Rio de la Plata, ainsi qu'à une autre chaîne de l'Amérique du Nord qui sépare les bassins du Saskatchwan et de la Rivière Rouge (du Winnipeg) de ceux du Missouri et du Mississipi. Toutes ces chaînes, uous dira-t-on, sont figurées sur des cartes assez généralement estimées et récemment publiées; pourquoi les passer sous silence ? Pour toute réponse nous leur ferons observer que les explorations de MM. de Humboldt, Olfers, Spix et Martius, Pohl, Echwege, Long et autres voyageurs ctlèbres ont, depuis assez long-temps , fait justice de ces chaînes imaginaires. Déjà, sur quelques cartes frite à Paris, à Berlin, à Vienne et à Londres par de savans géographes, des plaines entièrement unies ont pris la place des chaînes d'Altä-Gracia et de Bergantin, et des collines ou des plateaux peu élevés et légèrement ondalés, ou bien un simple relèvement de deux contre-pentes dans les plaines, ont remplacé ces prétendues chaînes dont, par une inconcevable négligence, bien d’autres géographes et cartographes exagèrent encore tant l'importance et la hauteur.
Pour ne pas dépasser les limites que nous impose notre cadre, pour éviter les répétitions, enfin pour ne pas séparer des choses qui doivent être réupies, nous avons tracé la direction des chaînes principales de chaque système et indiqué leurs points culminans dans le chapitre consacre à la géographie physique générale de chacune des cinq parties du monde; nous n’avons donné ensuite, dans la description particulière de chaque état de l’Europe, que l'indication des points les plus élevés des systèmes dont les chaînes principales ou secondaires traversent le territoire de ces
que dans notre Æssu 826, nous l'avions déjà ses, d'après l'idée que tion puisée duns les auaint-Martin. La mesure ;s son ascension, à COnwe une place parmi les es, que nous pourrions 1 ne regarde pas comme ves, résultat de longues eaucoup d’autres esti- + admises comme telles pus devons aussi avertir après les mesures douns calculées nous-même nt compte de toutes les ans ces sortes de calculs.
suivre les progrès de la e de n'avoir pas assigné ‘Amérique aux chaînes et del Bergantin, entre nine qui, dans le district latine du Brésil, s'étend les versans de l’'Uruguay de hauteurs considérables ue du Sud, comme formazone des eaux tribuchaine de l'Amérique du de la Rivière Rouge (du pi. Toutes ces chaines, #1 généralement estimées silence ? Pour toute réns de MM. de Humboldt, et autres voyageurs cése de ces chaînes imagiis, à Berlin, à Vienne et es entièrement unies ont rgantin, et des collines ou ou bien un simple relèvet remplacé ces prétendue bien d’autres géographes nce et la hauteur.
impose notre cadre, pour er des choses qui doivent haînes principales de chadans le chapitre consacre es cinq parties du monde; n particulière de chaque plus élevés des systèmes ersent le territoire de ces
A LA GÉOGRAPHIE. XAAIA
ctats. C'est ainsi que, malgré le cadre resserré de notre livre, nous nous lattons d'avoir pu donner une idée exacte et assez détaillée des principales montagnes du globe, qui, avec les plateaux, les fleuves, les mers et les es, constituent les traits principaux de la géographie physique. Le lecteur sait déjà pourquoi nous n'avons imposé qu'avec une extrème réserve des noms nouveaux aux nouvesnx groupes que l'état actuel de la science aous obligeait de former et 4 quels principes nous les avons coniposés.
Nous devons aussi nous livrer à quelques autres remarques pour éviter le reproche de prétendues omissions graves qui pourrait nous être adressé par ns juges non compétens, habitués à mesurer le mérite d'un ouvrage d'après leurs connaissances, souvent étrangères au sujet dont il s'agit, et, àle juger, pour ainsi dire, sousl'inspiration de certaines descriptionsinexactes lues dans des géographies qu'on regarde à tort comme classiques, on insérées dins des journaux, quelquelois même dans des ouvrages spéciaux. Nous avons cru pouvoir passer entièrement sous silence quelques prétendues hauteurs prodigieuses, telles que la montagne de Hickervhill dans les Florides, le Aumbetarine Hül du Nilgherry dans l'Inde, et les wontagnes très élevées de la Terre des Lrats à l'extrémité de l'Amérique-Méridionale, parce que nous savons, d’après les renscignemens que nous à dounés l'habile ingénieur major Poussin, mentionné à la page ct, que la plus grande élévation des Florides n'est que de 240 pieds anglais, chose qui rend tout-à-fait inconcevable l'épithète de montagne prodigeuse, que lui donne le révérend évêque de Mobile; parce que nous lisons dans le £ast India Gazetteer de M. Kamilton, à l’articie Coimbatour, que la prodigieuse hauteur du Curnbetarine Hill n'est que de 5,548 pieds anglais au-dessus de l'Océan; et parce qu'un capitaine anglais, qui en 1829 a visité l’île des Ætats, n’estime qu'à 2,000 pieds la hauteur prodigieuse de ses rochers. Si l’on voulait ranger parmi ies montagnes toutes les inégalités du sol qui, dans les différens pays, surtout dans ceux qui consistent en vastes plaines, reçoivent le titre pompeux de went, on verrait reproduire sur les cartes une foule de hauteurs très peu considérables et quelquefois même entièrement imaginaires, dues ou à l'ignorance des voyageurs dans les langues des pays qu'ils parcourent, où à la manière inexacte avec laquelle s'expriment les indigènes. Ainsi, par exemple, le mot monte, synonyme en espagnol de foret, a fait tracer sur les cartes de l'Amérique un grand nombre de montagnes qui n'ont jamais existé. Les Canadiens, dit M. M’ Gregor, nomment moutagnes des collines qui ne dépassent jamais 340 pieds, et dont l'élévation moyenne est de 85 à 100 pieds; les habitans de la vaste forêt de Bialowieza, située dans les gouvernemens de Bialystock et de Grodno, disent qu'és vont à la montagne, quand ils vont à la Bialowicza, quoique cette forêt soit entièrement plate, à l'exception de quelques élévations peu sensibles.
PLATEAUX. « L'étude de ces masses saillantes de notre globe, dit M. Lamouroux , en parlant des plateaux, est indispensable au géographe chargé de tracer les limites des empires, au géologue qui veut pénétrer les mystères des ancieunes révolutions du globe, au minéralogiste qui cherche à connaître la composition des montagnes par les débris que les eaux entraînent; enfin, à l'ingénieur qui doit diriger de grands travaux hydrauliques. »
Malgré leurgrande importance, ces portions si censidérables du globe
xL INTRODUCTION
traitées que d’une manière non-seulement superficielle mais encore erronée, Nous pourrions citer tel prétendu plateau, qui non-seulement n’est as plus élevé que les plaines ordinaires de la partie du monde à laquelle il appartient, mais qui offre même une de ses régions les plus basses. Ayant senti toute l'importance de ce trait principal de ta géographie physique , nous avons tâché de grouper dans chaque partie du monde tous les terreins qui nous paraissaient pouvoir étre regardés comme de véritables plateaux , et nous osons nous flatter d'offrir dans cet Abrégé un travail, sinon complet, du moins un essai dans ce genre aussi neuf qu'étendu, surtout lorsqu'on le compare à tout ce que nos devanciers ont publié sur ce sujet. Quoique destiné à paraître, ainsi que plusieurs autres articles insérés dans cet ouvrage, dans notre Tableau physique, moral et politique des cinq parties du monde, nous avons cru devoirle livrer au public malgré son imperfection, afin de remplir au plus tôt ce vide qu’à notre grand étonnement nous trouvons encore dans les géographies les plus estimées. Nous espérons pouvoir l’étendre et le perfectionner à l’aide des renseignemens qu'on nous a promis et des progrès rapides que fait de nos jours la géographie. VOLCANS. « Les détails, dit M. Arago, que la plupart des voyageurs nous ont transmis sur les vo/cans sont incomplets et très vagues. Aux yeux de l’uu, toute portion de terrein d’où il s'élève un peu de fumée, ou sur laquelle on aperçoit quelques étincelles, est un volcan ; l’autre n’accorde ce nom qu'aux montagnes qui lancent incessamment des torrens de laves, de matières incandescentes et de cendres. Le premier inscrira dans son catalogue les flammes légères de Pietra-Mala , de Barigazzo , de Velleia, de la Perse, de la Caramanie; le second rangera Santorin lui-même dans la classe des solfatares. Il faut joindre à cette première difficulté la difficulté plus grande encore d'établir quelle distance doit séparer deux cratères pour qu'ils soient l'indice de deux volcans distincts. À Ténériffe, l’éruption de 1706 se fit par une bouche éloignée de deux lieues du Pic ; celle qui détruisit Garachico était du côté opposé, dans un point distant du même Pic d’une lieue et demie; il y avait donc trois lieues et demie entre les deux bouches, sans que personne ait sougé à les considéra: comme appartenant à deux volcans distincts. Mais maintenant regarderons-nous l'île de Palma, où il y eut une éruption de laves en 1699, conime renfermant un volcan séparé de Ténériffe ? La destruction du tiers de l’île de Lancerote, en 1730, devra-t-elle être considérée comme l'effet d'une éruption latérale du volcan du Pic, ou comme l'indice d'un volcan particulier? Quel est le laps de temps que l’on doit admettre pour regarder un volcan comme éteint ? Celui de Ténériffe s'était reposé 92 ans, lorsque le 9 juin il commença subitement l’éruptior de 1798. Le sommeil du Fésuve avait été encore bien plus long, lorsque son cratère se rouvrit en l'an 79 après Jésus- Christ, et ensevelit les villes d'Herculanum, de Pompeïa et deStabies. Après avoir brûlé pendant un millier d'années, ce volcan parut s'être totalement éteint, et à tel point qu’en 1611 la montagne était habitée jusque près de son sommet, et qu’il existait un taillis et de petits lacs dans l’intérieur du cratère. Cependant depuis lors son cratère se rouvrit de nouveau, et le Vésuve est actuellement regardé commeun des volcans les plus actifs. » Ces remarques judicieuses doivent étre étendues aussi aux volcans soumarins del’Archipel proprementdit, à ceux desiles Lipari, des Acores, des Aleutes,
phie, ou bien n’y sont ielle mais encore erii non-seulement n’est du monde à laquelle sions les plus basses.
L la géographie phybartie du monde tous dés comme de vérita-
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plupart des voyageurs très vagues. Aux yeux eu de fumée, ou sur lan ; l’autre n’accorde ce es torrens de laves, de inscrira dans son catagazzo , de Velleia, de orin lui-même dans la e difficulté la difficulté séparer deux cratères s. À Ténériffe, l’érupux lieues du Pic; celle ns un point distant du is lieues et demie entre les considéra: comme nant regarderons-nous n 1699, crnvme renferon du tiers àe l’île de mme l'effet d'une érupl'un volcan particulier?
our regarder un volcan ans, lorsque le 9 juin il neil du Fésuve avait été ten l’an 79 après Jésuseïa et de Stabies. Après parut s'être totalement habitée jusque près de lacs dans l’intérieur du vrit de nouveau, et le ans les plus actifs. » Ces aux volcans soumarins des Acores, des Aleutes,
A LA GÉOGRAPHIE, Aut
de l'Islande et de la mer des Indes. Pour ne parler que d'un seul volcan de cette espèce très peu connu, nous citerons l'éruption qui eut lieu, en 1757, à trois lieues de Pondichéry ; elle a été vue et mentionnée par Prior, Depuis lors on n’en a pas observé d'autre dans ces parages.
La multiplicité des langues que parlent les indigènes des nouveaux états élevés sur les débris des colonies espagnoles d'Amérique doit aussi être regardée comme la source inépuisable d'une foule de méprises qui tendent à multiplier le nombre des volcans de cette partie du monde. Bien souvent une mème montagne y porte, chez différentes tribus limitrophes ou peu éloignées, plusieurs noms différens. Le voyageur est donc exposé à croire à l'existence de deux ou trois montagnes ignivomes au lieu d'une seule réellement existante. Tous les volcans mentionnés dans cet Abrégé sont extraits du Tableau des terreins ignivomes qui forme partie de l'ouvrage inédit mentionné à la page xzvinr ; c'est le résultat de la lecture d'un grand nombre d'ouvrages, et surtout des précieux renseignemens publiés sur ce sujet par MM. de Humboldt, de Buch et Hoff,
VALLÉES » DÉSERTS, etc. Nous n'avons aucune remarque à faire sur les articles vallées et plaines, déserts et steps, et climats. Nous avons déjà dit tout ce qui était nécessaire dans les principes généraux et dans les chapitres respectifs de la géographie générale des cinq parties du monde. Il ne nous reste rien à dire non plus sur l’article enfoncemens, après ce que nous avons exposé à la page 614; mais nous réservons pour un autre ouvrage l'indication de quelques dépressions du sol , sinon aussi étendues et aussi profondes, du moins très remarquables, que nous avons reconnues, et qui ont échappé encore à l'attention des géographes et des géologues, mais dont la démonstration exige des calculs et des recherches que nous n’avons pas le loisir d'entreprendre pour le moment.
f UX , VÉGÉTAUX, ANIMAUX. Ne possédant que des connaissances générales et superficielles sur les trois branches principales de ï histoire naturelle, nous n'avons pas imité nos prédécesseurs , qui se sont trop fiés à leurs forces pour traiter eux-mêmes ces sujets aussi vastes qu'importans et difficiles. Nous avons confié la rédaction des articles végétaux des cinq parties du monde et des articles animaux des parties correser à deux illustres naturalistes , auxquels d'importans travaux en
otanique et en zoologie ont acquis une juste célébrité : ce sont nos amis MM. Guillemin et Lesson. L'équité et la reconnaissance exigent une déclaration de notre part : c’est qu’une partie des mammifères avait été précédemment rédigée par un autre naturaliste non moins distingué, notre ami Desmoulins , qu mort précoce a enlevé aux sciences naturelles dont il promettait de reculer les bornes. Comme nous n’avons envisagé les minéraux que sous le : :ul rapport qui doit intéresser le géographe, c'està-dire sous celui des produits retirés de l'intérieur de la terre, qui sont les pus utiles à l’homme, et qui figurent par conséquent parmi les principales ressources d’un pays, nous n'avons eu, étant là sur notre terrein, qu'à fouiller dans nos cartons, d'où nous avons pu tirer bien des faits importans , dont plusieurs sont encore généralement inconnus ou ne sont parvenus à la connaissance que d’un très petit nombre de personnes. D'après le mode de rédaction que nous avons adopté pour les tableaux minéralogiques des cinq parties du monde, le lecteur peut d’un coup-d’æil, et sans faire aucune recherche préliminaire, trouver les pays où sDostivet les mi-
xuit INTRODUCTION
me S
néraux les plus utiles. On sent bien que dans ce travail, à la-fois spécial et d'ensemble, nous ave: évité les erreurs grossières qu'offrent les ouvrages de géographie publiés sous tous les formats, et quelques-uns même par des naturalistes distingués. Ce n'est pas sans surprise qu'en parlant des mines de l'Italie nous voyons mentionner les mines de fer de la Sicile et de la Sar daigne, sans faire nullement mention de celles bien autrement importantes de l'ile d'Elbe, du Bergamasce, du Brescian , etc., etc. , regardées justement comme les plus riches de cette contrée. Dans le texte nous avons douné tous les éclaircissemens nécessaires pour faire apprécier et comprendre cette nouvelle manière de traiter un sujet que les géographies ordinaires, tantôt négligent, tantôt traitent avec des détails étrangers à la science du géographe et du statisticien.
Mais quelques observationsnous paraissent indispensables pour justifier la place que nous avons assignée dans les tableaux minéralogiques des cinq parties du monde, à certaines contrées, sur la richesse minérale desquelles les géographes et quelques naturalistes continuent à propager les idées les plus erronées. L'aïlleurs il est bon que le lecteur sache, que ces tableaux ont été rédigés d'après des dorumens officiels on semi-ofliciels pour tous les pays qui entrent dans le domaine de la statistique, et sur des conjectures extrêmement probables, résultat définitif de longues recherches entreprises pour rédiger notre tableau statistique des principales mines dun globe. C'est donc d'après les quantités connues de méts:x, 4: charbon de terre ou de sel fournies par ces mines pendant les années 1824-1828, que nous avons assigné la place convenable à chaque pays respectif. Dans l'urticle se/ on a compris non-seulement le sel gemme, mais aussi celui qu'on retire par l’evaporation ou par l’ébullition des eaux de la mer et des sources salées.
L'exploitation des mines dans les différens états offre des anomalies et des changemens non moins remarquables que cenx que nous avons signalés dans leur population et dans leurs revenus. L'Espagne, qui jusqu'à ces dernières années ne retirait de ses mines qu’une médiocre quantité de plomb , que M. le comte de Laborde estime à 12,000 quintaux, se place aujourd'hui immédiatement après l'Angleterre. Elle doit cet heureux changement à la création de la Compagnie Ibérique, composée d’Anglais et d'Espagnols. Dès l'année 1826, le produit de l'exploitation ouverte par cette association dans les montagnes de l’Alpujarras dans la Grenade, s'éleva à près de 500,000 quintaux, somme qui dépasse de beaucoup la quantité de ce métal qu'on retire de toutes les raines de l’Europe, celles de l'Angleterre seules exceptées. Ces dernières, qui selon les plus célèbres statisticiens ne rapportaient que 300,000 quintaux, en ont produit 923,000 en 1828; sur cette somme énorme, les deux seuls petits comtés de Denbigh et de Flint dans le Galles-Septentrional, en ont donné 240,000 , ce qui dépasse de beaucoup tout le plomb que la France, la monarchie Prussienne, l'empire d'Autriche, les royaumes de Saxe, de Hanovre et Sarde réunis retirent annuellement de leur sol respectif. Une révolution à-peu-près semblable a eu lieu de nos jour dans la confédération Anglo-Américaine à l'égard de l'exploitation du fer, de la houille et du plomb. Nous ne parlerons que de cette dernière ; en 1826 , elle ne s’éle.ait encore qu'à 15,600 quintaux; elle était de 68,000 en 1827; de 128,000 en 1828; elle montait déjà à 220,000 en 1829. Les progrès de l’exploitation du fer en Angle-
nil, à la- fois spécial l'offrent les ouvrages bs-uns mème par des n parlant des mines a Sicile et de la Sartrement importantes regardées justement te nous avons donné cier et comprendre graphies ordinaires, igers à la science du
msables pour justifier néralogiques des cinq » minérale desquelles ropager les idées les he, que ces tableaux ni-ofliciels pour tous ke, et sur des conjecnyues recherches enprincipales mines du taux, dc charbon de nées 1824-1828, que s respectif. Dans l’arnais aussi celui qu'on le la mer et des sour-
ffre des anomalies et jue nous avons signa- Jagne , qui jusqu'à ces nédiocre quantité de 0 quintaux, se place loit cet heureux chanomposée d'Anglais et loitation ouverte par as dans la Grenade, passe de beaucoup la de l’Europe, celles de lon les plus célèbres n ont produit 923,000 etits comtés de Denlonné 240,000 , ce qui , la monarchie Prus- Hanovre et Sarde réurévolution à-peu-près n Anglo-Américaine à omb. Nous ne parleit encore qu'à 15,600 en 1828 ; elle montait tion du fer en Angle-
A LA GÉOGRAPHIE. *citr
ierre sont vraiment étonnons. En 1796, le Royaume-Uni ne retivait de toutes ses mines que 123,000 tonneaux; ce produit s'est élevé à 250,000 en 1806, à 400,000 en 1825, à 580,000 en 18ah, et à la somme énorme de 700,000 en 1827. Le seul comté de Stafford en a donné dans cette dernière année 226,000 tonneaux, et le Galles-Méridional 272,000. Ces faits positifs, comparés à d'autres faits non moins authentiques que nous avons sous les yeux, nous démontrent que le Royaume-Uni retire plus de fer de ses entrailles à lui seul que les empires Russe et Autrichien, la France, la monarchie Prussienne et le royaume de Suède reunis, quoique ces cinq états soient justement regardés comme les pays du monde où l'on exploite le plus de ce métal. Nous dirons plus, le seul Galles-Méridional produit plus de fer que tout l'immense empire Russe ou que toute la France, et son exploitation égale celle de la n'onarchie Prussienne, du royaume de Suède et de l'empire d'Autriche réunis. Depuis long-temps l'Angleterre est justement regardée comme le plus grand marché de l'Europe pour l'étain ; depuis quelques années elle l'est devenue aussi pour le cuivre. En effet, le produit de ses mines prit une telle extension depuis le commencement de ce siècle, que le seul comté de Cornouailles fournit aujourd’hui plus de cuivre que n’en fournissent ensemble les empires Russe et Autrichien , les monarchies Norvégiéno-Suédoise et Prussienne, la France et le royaume de Hanovre. Tout le moude sait que l'Angleterre s été le premier pays où l’on sut employer utilement le charbon de terre comme combustible; mais ce qui n’est pas généralement connu, c'est que l'exploitation de ce produit minéral a pris une telle extension de nos jours, que le produit des mines de houille de la Grande-Bretagne dépasse de beaucoup celui de toutes les mines connues, malgré les rapides progrès qu'a faits cette utile exploitation en Belgique, en France, dans la monarchie Prussienne, dans l'empire d'Autriche et dans les Etats-Unis de l'Amérique-du-Nord.
Les mines et les lavages d'or et les mines d'argent offrent des changemens non moins remarquables. Si, en dépit des géographes et des statisticiens qui reproduisent en 1820, 1826 et 1832 des évaluations relatives aux années 1780 et 1788, la Hongrie a vu diminuer presque de moitié la quantité d’or et d’argent qu’elle produisait à cette époque, la Transylvanie offre au contraire une grande augmentation dans le produit de ses mines et de ses ;avages d'or , et la Bohème, dans ces dernières années, a vu doubler le produit de ses mines d'argent par l'exploitation de celles de Przibram et de Miess. L'Oural, qui jusqu’en 1814 ne devait sa célébrité qu'aux immenses quantités de fer et de cuivre qu'il livrait tous les ans au commerce, doit maintenant être rangé parmi les contrées métallifères les plus riches du globe; non-seulement il fournit maintenant de beaux diamans, un millier de marcs d'argent retiré de son plomb et de son cuivre, maispar ses mines et par ses lavages d’or, il assigne à la Russie une des premières places parmi les contrées d’où l’on retire ce précieux métal. Dans le texte, nous avons cité des faits positifs à l'appui de cette opinion. Quant à la monarchie Prussienne, au Royaume-Uni, à la France et autres états, que quelques lecteurs pourraient s'étonner de nous voir ranger parmi ceux qui produisent de l'argent, nous ferons observer, que la quantité de ce métal retiré du plomb dans ces pays est trop considérable pour être négligée; et que c’est cette circonstance qui nous a engagé à leur accorder une place si distinguée dans le tableau minéralogique de l'Europe.
XLIV INTRODUETION om En effet, en 1826, la quantité de ce précieux métal retirée des mines de plomb, de cuivre, etc., s'éleva À 20,171 marcs dans la monarchie Prussienne, à près de 12,000 dans le Royaume-Uni et à 4,971 en France. Nous regrettons que le cadre restreint de cet ouvrage ne nous permette pas de citer quelques autres faits aussi importans que peu connus; le lecteur les trouvera dans le Tableau statistique des principales mines du globe mentionné à la page xLvin.
ETHNOGRAPHIE, RELIGIONS, etc. Nous avons déjà signalé dans les principes généraux toute l’importance que doivent avoir pour le géographe les articles ethnographie , religion et gouvernement, Non - seulement nous les avons donnés dans la description générale des cinq parties du monde, mais nous avons cru devoir quelques nouveaux détails à celle des états et des régions géographiques de l’Europe. Les recherches auxquelles nous avons dû nous livrer pour rédiger l'Atlas ethnographique du Globe, et les tableaux statistiques des religions et des langues qui doivent paraître dans la seconde partie de cet ouvrage, nous auraient fourni les moyens d’offrir les chiffres approximatifs auxquels nous croyons pouvoir nous arrêter pour la population de chaque état distribuée d’après les croyances religieuses et d’après les langues; mais n'ayant pas assez d'espace ni de loisir pour justifier nos évaluations, nous nous sommes borné à la simple exposition des rapports approximatifs qu'ont entre elles ces fractions de la population de chaque partie du monde ou de chaque état. D'ailleurs, nous ne voulions pas nous exposer au désagrément de voir reproduire séparément sous la forme de tableaux, et sans nous citer, le résultat de recherches si longues et si pénibles. Nous ferons à cet égard une honorable exception pour notre ami, M. Jarry de Mancy, auteur de l'excellent Atlas historique des Littératures anciennes et modernes. Nous ne croyons pouvoir mieux faire que de renvoyer nos lecteurs à cet intéressant ouvrage pour l'histoire générale des langues et des littératures de toutes les nations à toutes les époques mémorables. Ils y trouveront une foule de détails précieux que ne pouvaient admettre ni le cadre de cet Abrégé de géographie ni le plan de notre Atlas ethnographique du Globe.
Nous ne signalerons ici aucune des erreurs grossières que l'on rencontre si souvent dans les géographies et même dans des ouvrages classiques sur d’autres sciences, concernant l’ethnographie, les religions et les gouvernemens. Le lecteur peut les découvrir facilement en comparant nos classifications avec celles des autres auteurs. Il est vraiment inconcevable qu'après les savantes publications de MM. Klaproth, Abel Rémusat , Jaubert, de Hammer et autres célèbres orientalistes, on puisse encore confondre des peuples turks avec les Mongols, des nations de race persane avec des nations de race turque, faire des Somaulis une tribu d’Arabes mahométans, et dire que la langue japonaise est un dialecte de la mongole!
Nous croyons devoir faire une remarque sur les épithètes de nation »ombreuse, assez nombreuse et très nombreuse, employées souvent dans cet ouvrage. Ces épithètes ne doivent pas être prises dans un sens absolu, mais dans un sens relatif à la masse de la population totale distribuée sur la partie du monde à laquelle se rapportent les nations qu'on veut qualifier ainsi. Une nation du Nouveau-Monde qui compte de 15 à 10,000 individus est une nation très nombreuse, surtout lorsqu'il s’agit
retirée des mines de la monarchie Prusà 4,971 en France.
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A LA GÉOGRAPHIE, xXLV
des peuples nomades de l'Amérique du Nord. Malgré les exagérations ab surdes de plusieurs voyageurs, des géographes et de quelques prétendus statisticiens , nous connaissons peu de nations nomades de l'Amérique qui comptent un plus grand nombre d'individus. Nous référant toujours à ce que nous avons dit aux pages 52, 55 et 58, nous avons employé l'expression souche, qui, dans cet Abrégé, doit toujours être regardée comme synonyme de celle de famille tinguistique, car ne voulant rien décider sur la question délicate et difficile de la variété des races humaines, nous n'avons basé nos observations que sur les langues.
INDUSTRIE, COMMERCE. « On a cru pendant long-temps, et beaucoup de personnes croient encore, que l’industrie agricule, celle qui consiste à recueillir des mains de la nature, était la seule productive, la seule digne de considération. De là une foule de réglemens ou de privilègss stipulés en sa faveur, toutes les fois que des gouvernemens bien intentionnés, mais peu éclairés, ont été saisis de la ferveur du bien public. Cependant l’industrie agricole n’est point la seule branche productive de l’activité humaine. Le laboureur qui confe à la terre une certaine quantité de froment, et qui, par son travail, en récolte une quantité sextuple, a donné de l'utilité au sol, instrument devenu productif entre ses mains ;le vigne-on, qui retire un vin exquis des sables ou des graviers de ia Champagne, est un producteur également recommandable : mais aucun des deux ne mérite exclusivement la palme industrielle. »
« Le manufacturier concourt d’une manière au:5si efficace à la richesse ublique. Il ne crée pas plus que l’agriculteur, car personne ici-bas ne Jouit de la faculté de créer; mais il exploite les matières qui sont fournies par la nature, et l'on peut dire de lui qu'il les modifie de la manière la plus puissante, la plus avantageuse à la prospérité publique. Algarotti, cité par M. Say, en donne un exemple frappant. Une livre defer brut, coûte environ cinq sous à la fabrique; on en fait de l'acier, et avec cet acier, le petit ressort qui meut le balancier d’une montre. Chacun de ces ressorts ne pèse qu'un dixième de grain, et quand il est parfait il peut se vendre jusqu’à 18 francs. Avec une livre de fer, on peut fabriquer, en accordant quelque chose pour le déchet, 80,000 de ces ressorts, et porter par conséquent une matière qui vaut 5 sous, à une valeur de 1,440,000 francs. » « L'industrie commerciale , en transportant des marchandises d’un lieu dans un autre, leur donne une valeur qu'ils n'avaient pas d’abord. Une pièce de vin d'Espagne a plus de prix à Paris qu’à Malaga ; un quintal de bois de Campéche se paie plus cher à Londres qu'à Vera-Cruz. Le commerçant, en changeant ces produits de piace, leur a donn“ une utilité nounvelle, et par conséquent un surcroît de valeur, qui est le bénéfice, le profit de son industrie. Par un préjugé contraire à celui qui favorisait spécialement l'agriculture, on a long-temps contesté au commerce les avantages que l'évidence a mis désormais au grand jour. »
Ces observations lumineuses, que nous avons extraites de l'excellent Précis élémentaire d'économie politique , où un jeune professeur, Ï. 4do!phe Blanqui, a résumé avec un talent remarquable Îles principes de cette science, établis par les célèbres économistes 4. Smith et MM. Say et Aicardo, signalent au lecteur la nécessité où est le géographe de s'étendre, soit dans la géographie générale de chaque partie du monde, soit dans la description particulière de chaque état, lorsque son cadre le lui permet,
LA INTRODUCTION
sur tout ce qui concerne l’évdustrie et le commerce, qui avec l'agriculture sont les trois sources principales de la production, et par conséquent de la richesse et des ressources dus états. A la page 53, nous avons vu que tous les peuples civilisés et barbares exercent avec plus ou moins de perfection l'agriculture et un nombre d'arts plus ou moins considérable selon leur état plus ou moins av:zcé dans la civilisation. Malgré toutes les déclarations de quelques voyageurs et les erreurs débitées par les géographes sur le compte de la prétendue ignorance de certaines populations de l'Europe en agriculture, dans les arts et les manufactures, nous n'hésitons pas à assurer qu’il n’y a pas un seul pays compris dans la grande famille européenne qui ne possède maintenant des méthodes agricoles et des manufactures plus ou moins perfectionnées. M. de La Roquette a démontré toute la fausseté de ce que l'on a publié à cet égard sur l'Espagne ; M. le comte de Tournon, sur l’ancien département de Rome; M. Schnitzler, sur l'empire Russe, et notamment sur les gouvernemens qui forment la Graude-Russie; les tableaux des exportations de l'empire Autrichien ont mis au grand jour les progrès étonnans qe l’industrie a faits en Autriche et en Bohéme depuis le règne mémorable de Joseph Il; et personne n’a encore donné un démenti aux faits nombreux que nous avons publiés pour répondre aux calomnies débitées sur les Portugais. Il est donc ridicule ou pour le moins inutile de répéter dans la description de chaque pays, qu'il nourrit beaucoup de bœufs, de chevaux , de brebis, etc.; qu'il produit beaucoup de blé, d'avoine , d'orge, etc; beaucoup de fruits, de vin, de bière, etc; qu'il y a des fabriques de toile, des verreries, des tanneries, des forges, des manufactures d'armes, et une foule d’autres choses semblables , qui remplissent bien des pages dans les traités de géographie, et qui n'apprennent rien, parce que ce sont des lieux communs. Resserré par l’espace, et voulant éviter autant que possible d’inutiles répétitions, nous avons pensé que nous pourrions faire connaître les principales productions d’un pays et les branches les plus remarquables de son industrie, en rédigeant dans la géographie générale de chaque partie du monde les articles minéraux, végétaux et animaux, de manière à signaler dans chacune quelles sont les contrées où tel minéral abonde le plus, et celles où tel végétal, tei animal, sont le plus communs. Dans l’article éxdustrie, nous uous sommes bornés à signaler les branches qui, dans chaque pays, occupent réellement le plus de bras et fournissent le plus à l'exportation. L’indication des principaux objets d'émportation et d'exportation, qui forme une des parties princisales de nos articles commerce, montre d’un coup-d'’œil au lecteur, soit Les branches les plus florissantes de l’industrie d’une contrée ou d’un état, soit les principaux produits de l’agriculture, soit enfin ceux que le travail de l’homme tire des entrailles de la terre ou du règne animal. Car, à l’exception du commerce d’entrepôt et de transit exercé par certaines places, il est évident qu'un pays n’exporte que ce qu’il ne peut consommer et par conséquent que les objets qui ÿ sont le plus abondans; et vice-versd , il n'importe que les objets dont il manque absolument, ou du moins dont il ne possède pas la quantité nécessaire à sa consommation. Ainsi donc pour tout lecteur qui voudra lire notre ouvrage avec méthode et en suivant l'ordre dans lequel les sujets sont traités, il n’y aura rien d’omis, quoiqu'on n’y trouve aucun de ces lieux communs relatifs aux produits du sol, à l'industrie et au commerce.
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A LA GÉOGRAPHIE, PTATL
i avec l’agriculture ar conséquent de la avons vu que tous u moins de perfecconsidérable selon ilgré toutes les déées par les géogrartaines populations factures, nous n’héris dans la grande méthodes agricoles . de La Roquette a gard sur l'Espagne ; ome; M. Schnitzler, ens qui forment la ‘e Autrichien ont mis ts en Autriche et en personne n'a encore publiés pour réponc ridicule ou pour le e pays, qu'il nourrit produit beaucoup de , de bière, etc; qu'il , des forges , des malables , qui rempliset qui n'apprennent rré par l'espace, et 15, HIOUS AVONS pensé oductions d’un pays e, en rédigeant dans ss articles minéraux, une quelles sont les végétal, tei animal, pus sommes bornés à nt réellement le plus ation des principaux e des parties princi- ’œil au lecteur, soit ontrée ou d’un état, n ceux que le travail e animal. Car, à l’expar certaines places, ut consommer et par ns; et vice-versd , il ou du moins dont il ion. Ainsi donc pour ithode et en suivant en d’omis, quoiqu'on x produits du sol, à
ÉTAT SOCIAL. Nous ne dirons ici que peu de chose des esquisses que nous avons données sur l'état social des Africains, des Américains, et des Océaniens. Ces articles, fruit de longues recherches et de bienveillantes communications, trouvaient naturellement leur place dans une géographie, où tout ce qui tient à l'homme était traité avec beaucoup plus de détail qu'on ne le fait généralement dans les ouvrages de ce genre, que des esprits à vue courte voudraient faire consister en un simple inventaire des noms de fleuves, de montagnes, de villes et de pays. D'ailleurs, il importait de grouper en un seul faisceau les traits caractéristiques de la civilisation primitive des principaux peuples qui habitent ces parties du globe, ainsi que les phases diverses qu’elle a subies à différentes époques. Ce travail nous a paru d'autant plus utile, que les traces qui restent de l'etat primitif de la plupart de ces peuples sont, à quelques exceptions près, si fugitives, qu'encore quelques années, et il ne sera plus possible d'en saisir l'ensemble, d'en apercevoir les contours. Les monumens éternels de la Région du Nil, et quelques débris imposans des constructions de l’Amérique et de l'Océanie, resteront seuls pour attester l'antique civilisation de ces pays; mais dans dix ans d'ici peut-être où trouvera-t-on un seul vestige de la civilisation des races indigènes qui ont peuplé jadis une si grande partie de l’Amérique-du-Nord, englobées ou perdues aujourd'hui dans les vastes rameaux de la population anglo-américaine ? Dans l'Océanie, dans l’Amérique-du-Sud, tout cède également devant la marche rapide de la civilisation importée d'Europe. Mais ces esquisses auront en outre le précieux avantage, grâces au soin que nous avons mis à leur rédaction et aux lumières dont nous nous sommes entouré, de redresser une foule d'erreurs
répandues par des voyageurs de mauvaise foi ou amis du merveilleux, et xccréditées ensuite par des géographes peu soigneux ou peu instruits. Au
sie. ces esquisses, destinées à faire partie du Tableau physique, moral et , que des cinq parties du monde (*), ont déjà reçu d’honorables sanc-
(*) Dans le cours de cet Abrégé nous avons fait de nombreux emprunts à ce Tableau, qui doit être le complément de l'Atlas ethnographique du Globe, publié à la fin de 1826. Nous n'avons pu encore livrer à l'impression cotte seconde partie de notre grand ouvrage, parce que nous devions auparavant poser les bases de notre nouveau système de gécgraphie , et établir divers tableaux de statistique comparée. Aujourd'hui que la première partie de ces travaux préliminaires est achevée, et que la seconde est déjà très avancée, nous nous empressons de prévenir le public, qu’aussitôt rentré dans nos foyers, nous espérons nous trouver en position de pouvoir reprendre sa rédaction. Les matériaux sont presque tous réunis; mais leur ordonnance et les points de vue entièrement nouveaux, sous lesquels nous nous proposons de les présenter, demandent encore de longs caleuls et de pénibles recherches. Toutes ces difficultés ne nous rebutent pas, lorsque nous pensons aux savars célèbres et aux personnages distingués qui ont bien voulu nous aider dans cette tâche difficile, ainsi qu'à la faveur accordée à la partie déjà publiée par la presse périodique de tous les pays et par les corps savans les plus distingués, parmi lesquels nous nous bornerons à citer les académies royales Asiatique et Géographique de Londres et celle des Sciences de Naples, qui nous ont fait l'honneur de nous admettre parmi leurs membres. Dédiée à l'empereur Alexandre, la première partie de l'Atlas n'a paru que quelques jours après la mort de son magnanime protecteur. Les encouragemens qui nous ont été donués par le gouvernement français, par le feu roi de Saxe et par le grand-duc de Toscane, et ies médaillés que nous: ont déceruées leurs majestés l’empereur d'Autriche, les rois des Pays-Bas et de Sardaigne ont ranimé nos forces, et nous donneront le courage nécsssaire pour terminer ce long et laborieux travail. Bien loin de vouloir rien retrancher du cadre du Tableau Physique, Moral et Politique des cinq parties du monde , que nous avons tracé à la fin du discours préliminaire du premier volume , nous lui avons fait subir au contraire d’utiles augmentations en y ajou tant quelques tableaux de géographie ct de statistique générales du plus haut intérêt, mais
XLVIII INTROCUCTION A SE EN A tions : les directeurs éclairés d’un recueil qui jouit à juste titre d’une haute ces réputation, la Revue Britannique , se sont empressés de les publier dans ch Jeurs livraisons; et l'accueil flatteur que le public a fait à ces articles est la pour nous un sûr garant de leur exactitude et de leur mérite. cet On nous reprochera peut-être de n’avoir pas exécuté le même travail cel pour l’Europe et pour l” Asie. Nous le déclarons ici avec franchise ; nous ne à nous sommes pas cru compétent pour embrasser une semblable tâche, qui dis est plutôt du domaine de l’histoire, de l’archéologie et des hautes sciences QL morales et philologiques. Nous n'avons pas osé aborder les questions dé- su} licates et encore indécises relatives à ces théogonies aussi bizarres que un diverses qui ont tour-à-tour dominé l’Asie, et qu’on peut regarder jusqu’à ne un certain point comme les sources les plus fécondes et les plus anciennes cre de sa civilisation primitive; à ces invasions multipliées qui, à différentes ce! époques, et avant les temps historiques, ont tant de fois changé la face de pra cette partie du monde. Comment aurions-nous été assez téméraire pour ble entreprendre de débrouiller le chaos que présente la population primitive 18. de la vieille Europe, de suivre dans toutes leurs phases les longues pertur- la { bations qu’elle a subies avant les époques brillantes de la Grèce et de doi Rome, de pénétrer ensuite dans la nuit du moyen âge, et d'arriver enfin qu jusqu’à notre époque, en traversant les longs orages qui ont accom- les pagné la renaissance des lettres et des arts. Non, nous n'avions fait ni les po études préparatoires, ni les recherches immenses qu'exige la détermination de l’état social primitif et actuel des Asiatiques et des Européens. em Espérons cependant que quelques-uns des doctes rédacteurs du Recueil où rés ont été insérées nos esquisses sur l’état de la civilisation de l’Amérique, ces de l'Afrique et de l'Océanie, ou quelques-uns des savans célèbres qui ont dot bien voulu nous aider de leurs lumières, soit dans la rédaction de cet Abrégé, nai soit dans celle de l’Atlas ethnographique, ou bien même quelques-uns de Pét aim d'une composition très difficile. Voici les titres de quelques-uns : Tableau météorologique du n’e. Ghbe; Tableau orographique de la Terre, offrant les points culminans de tous les systèmes mn montueux connus et ceux de leurs chaines principales, ainsi que les plateaux les plus remar- ges quables , avec l'indication d’un grand nombre de villes situées à une grande élévation au- de dessus du niveau de la mer; Tableau des principales cascades du Globe, avec la désignation cet! de leur hauteur et de leur largeur ; Tableau des bains et des eaux minérales, avec l'indication bie du degré de leur température et de la qualité de leurs caux ; Tableau des terreins ignivomes d du Globe ; Tableau statistique des principales mines du Globe ; Tableau statistique des produits du el règne végétal et des animaux domestiques de tous les états de l'Europe et de quelques-uns phi des autres parties du monde; Tableau des monumens anciens et modernes les plus remar- div quables , offrant la comparaison des pyramides, des tours, des flèches et des coupoles les fé plus hautes, les dimensions des principaux temples et celles des plus grandes statues; Ta- "| bleau des importations et des exportations des principaux états et des principales willes du pr monde; Tableau statistique des religions ; Tableau statistique des langues ; Tableau de l'état ave social des Africains, des Américains et des Océaniens, etc.; Tableau statistique du Globe dan wers la moitié du xv° siècle, dans les années 1789, 1813, 1826 et dans l’année de la publication de Pouvrage; l'ableau statistique des prisonniers, des criminels, des pauvres, des sui- pau cides , des enfans illégitimes , des écoliers, etc., etc., de presque tous les états de l'Europe est et de quelques-uns des autres parties du monde. Nous n'osons prendre aucun engagement sont pour la publication de cet ouvrage, parce que la multiplicité des recherches qu'exige sa dée composition , la situation de nos affaires privées et les temps difficiles où aous vivons, ne à nous permettent pas de déterminer l’époque précise où nous le ferons paraitre. Nous nous mai planes à croire cependant que ce retard ne nous dépossédera pas de la faveur avec laquelle diff e public avait accueilli la première partie de cet à ce alors que ce retard sera justifie gra par un soin plus rigoureux que nous apporterons à $a rédaction, et par les importantes
additions dont e:2 sera enrichie et que nous n'avions pas promises.
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À LA GÉOGRAPHIE. XLIX
ces érudits profonds et sagaces dont l’Angieterre et l'Allemagne sont si riches, hommes toujours empressés à approfondir un sujet lorsqu'il ya de la gloire à acquérir, voudront bien compléter ces tableaux en y ajoutant ceux de l'Europe et de l’Asie : travail du plus haut intérêt, et qui offre à celui qui s’en sera dignement acquitté de bien belles palmes à cueillir. ÉTAT. À la page 107, nous avons vu qu'il est impossible de tracer des divisions naturelles de l’Europe qui correspondent exactement à ses divisions politiques. Nous avons signalé d’autres difficultés relatives au même sujet dans diverses parties de cet ouvrage. Ici nous devons nous arrêter sur un point, qui est le plus important de toute la géographie politique; car il ne s’agit de rien moins que de la base d’après laquelle nous devons décrire les principaux pays du globe. A la page 28, nous avons vu ce que c'est qu'un état ; définition qu'on cherche en vain dans les traités de géographie, malgré son importance, et malgré la confusion et les erreurs
graves qui résultent de son absence. Pénétré de cette vérité, dès l’année .
1810 nous nous sommes empressé de la mettre à la tête des définitions de la géographie politique, en traduisant de l'allemand celle que nous avait donnée M. le conseiller Passy, géographe et statisticien très distingué. Mais quelques observations sont indispensables pour démontrer sa justesse et les inconvéniens du silence que gardent à ce sujet des géographes connus pour marcher à la tête de la science.
Tous les pays qui forment les monarchies Anglaise et Prussienne, les empires d’Autriche et de Russie, n'ont qu'un seul pouvoir suprême qui réside dans leurs capitales respectives; toute contrée qui forme partie de ces états, quels que soient d’ailleurs son étendne, son importance et le titre dont elle est décorée, u’en est pas moins une partie intégrante qui reconnait le pouvoir suprême résidant à Londres, à Berlin , à Vienne, à Saint- Pétersbourg, et ne peut et ne doit jamais figurer parmi les états.
Ce principe, qui devrait être inaltérable pour tous les géographes qui aiment à soumettre cette scieuce comme les autres à des principes fixes, n'est pas toujours observé. Il en résulte la plus grande confusion dans la géographie. Non-seulement toute division politique devient vague hors de l'Europe, mais on trouve une foule de contradictions et d’erreurs dans cette méme partie du monde, que les demi-savans prétendent connaître si bien, mais dont la description offre encore aux véritables savans tant de lacunes et tant d’incertitudes. Ne voyons-nous pas des traités de géographie très estimés, publiés dans ces dernières années, dans lesquels les divisions politiques forment la base principale des descriptions des différens pays compris dans chaque partie du monde, accorder une place principale à la Corée, au Tibet, à la Mongolie, à l'Arabie, et tout cela avec le titre de principaux états de l’Asie! N’avons-nous pas trouvé daus ces mêmes ouvrages un tableau statistique où , parmi les principaux états de l'Europe, figurent l’/slande et la Laponie! Mais la Corée est un royaume tributaire de la Chine et du Japon; le Tibet et la Mongolie sont des régions géographiques, qui depuis long-temps peuvent être regardées comme comprises dans l'empire Chinois ; l'Arabie n’est pas un état, mais une région géographique subdivisée en un grand nombre d'états de différente étendue et gouvernés différemment ; l’Islande appartient géographiquement à l'Amérique, et forme sous le rapport politiqueune partie intégrante du royaume de Danemark; la Laponie n’a jamais été un état,
Pa ARE TE = TR s
LA INTRODUCTION
et n'est qu'une grande région géographique, partagée aujourd'hui entre la monarchie Norvégiéno-Suédoise et l'empire Russe, En admettant de semblables divisions politiques , l’auteur aurait pu compter avec autant de raison, parmi les états actuels de l'Europe, les républiques de Venise et de Gênes , les péninsules Hispanique et Italienne, et les nombreux états ecclésiastiques allemands qui ont cessé d'exister au commencement du xrx' siècle. En adoptant la définition de l’état telle que nous l’avons donnée, cette confusion disparaîtrait, mais il resterait toujours quelques doutes, conséquence des anomalies qu’offrent le gouvernement et les relations politiques e certains petits états vis-à-vis d’autres beaucoup plus considérables, ou bien des grauds privilèges que d’ancieus traités ou des chartes ont accordés à certains territoires. Quelques exemples mettront le lecteur en état de se former une idée précise de ces anomalies politico-géographiques sur lesquelles les géographes gardent le silence, en se contentant seulement de renvoyer à l’article administration , sans appeler pour cela l'attention du
| lecteur sur un sujet éminemment important pour la géographie politique et surtout-pour un traité élémentaire de cette science. ! Tous Les géographes s'accordent maintenant à classer parmi les états la ( république des Iles Ioniennes, parce que son existence politique a été re- ( connüc par le congrès de Vienne. Mais l'indépendance de cette république, q que quelques géographes nomment Etats-Unis des Iles Ioniennes, est plutôt e nominale que réelle, car le protectorat qu'y exerce le roi d'Angleterre par q l'intermédiaire du lord haut-commissaire , est une véritable souveraineté p Tous ceux qui voudront se donner la’ peine d'examiner les attributions m accordées à ce fonctionnaire, ct tous les privilèges dont jouissent les deux intéressantes peuplades qui habitent le Saterland , dans le royaume de le Hanovre, et l’île d'Helgoland, anuexe du Royaume-Uni, n’hésiteront pas à st accorder à ces deux petits pays l'honneur de figurer parmi les états de pl l'Europe à côté de la République Septinsulaire ; on pourrait même dire avec ne plus de droit, car leur administration est presque entièrement indépen- to dante des deux royaumes dont ils sont censés faire partie. au Nous avons vu dernièrement uo savant surtir de la routine, en accor- l’el dant une place dans le tableau général des états de l'Europe à la Prénci- l'é pauté de Monaco, que mal-à-propos tous les géographes et les auteurs d’al- ble manachs politiques et statistiques s'accordent à classer parmi les souve- in raiuetés médiatisées. Mais pourquoi, ayant fait cette utile innovation à l'égard d’un aussi petit état, ne l’a-t-il pas étendue à la république d’An- no dorre? L'existence de ce pays indépendant entre la France et l'Espagne da avait déjà été signalée à l'attention des géographes dès l’année 1823 par et la Rvvue Encyclopédique. Pendant la dernière guerre de la péninsule His- co panique nous avous vu la poursuite des soldats de la foi par l’armée des Ge Curtès être considérée comme une violation du territoire de cette répu- ph blique, que la France considérait comme un état neutre. La petite re- et devance que les Andorrans payaient aux autorités françaises résidantes me dans le ci-devant comté de Foix, en France, et à l’évêque d'Urgel, dans siè la Catalogne , ne saurait être citée contre son indépendance, puisque d’c tous les géographes s'étaient accordés à classer parmi les états indépen- de dans la république de Raguse, malgré la redevance de trois mille ducats Lo que tous les trois ans elle payait à la Porte Ottomane. Au reste, nos àd
lecteurs trouveront ce sujet traité de la manière la plus satisfaisante mé
ie ujourd'hui entre la admettant de senavec autant de rai- 1es de Venise et de mbreux états ecclément du x1x' siècle.
ivons donnée, cette ques doutes , consérelations politiques as considérables, ou chartes ont accordés ecteur en état de se graphiques sur lesentant seulement de r cela l'attention du géographie politique
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la routine, en accorl'Europe à la Préncies et les auteurs d’alsser parmi les souvette utile innovation à à la république d'An- France et l'Espagne dès l’année 1823 par e de la péninsule Hisla foi par l’armée des ritoire de cette répuneutre. La petite re” françaises résidantes évêque d'Urgel, dans dépendance, puisque rmi les états indépende trois mille ducats ornane. Au reste, n9S la plus satisfaisante
A LA GÉOGRAPHIE
dans le savant travail que M. de La Roquette a fait sur cette république, travail qu'il se propose de publier, et dont il a bien voulu nous donner communication.
Des transactions récentes ont assuré l'indépendance politique du nouvel Etat de la Grèce, et des trois principautés de Servie, de Valachie et de Moldavie, naguère encore regardées comme parties de l'empire Ottoman; mais plusieurs autres contrées de cet empire, même en Europe, pourraient être considérées, sinon de droit, au moins de fait, comme des pays indépendans : tels sont le Montenegro, le vaste territoire des Mirdites, qui compte plus d'habitans que certains états de l’Europe; les territoires des 4bdiotes, des Sphakiotes , etc. Plusieurs motifs nous ont empêché de faire cette innovation; mais nous avons cru indispensable de signaler au lecteur l’indépendance de ces territoires, tout en les décrivant comme parties intégrantes de l'empire Ottoman , de peur qu'il ne les confondit avec les pays qui ét * complètement soumis, ne peuvent être rangés dans la même *-" 10 : puisque nous en somm.: ….’ ce sujet, nous mentionnerons … ien igne la vallée de Ronc«. , aans la Navarre, qui a un gouvernement presque démocratique, et la ville et territoire de Cazar de Caceres, dans V'Estremadure, qui jouissait de tant de privilèges qu'on pouvait presque la regarder comme une république démocratique ; enfin, dans le grand-duché de Mecklembourg-Schwerin, la vi/{e de Rostock qui, par les privilèges dont elle jouit, peut étre regardée, dit M. Stein, plutôt comme une espèce de république vassale que comme une ville soumise au grand-duc.
Nous nous sommes souvent demandé pour quelle raison les géographes et les auteurs de statistique, dans leurs traités élémentaires et leurs tableaux statistiques, s'accordent à décrire avec les plus grands détails jusqu'aux plus petits états indépendans de la Confédération Germanique, tandis qu'ils ne décrivent qu’en masse et comme ne formant qu’un seul état les 22 cantons de la Confédération Helvétique. Cependant ces derniers pays sont tout aussi indépendans les uns à l'égard des autres que le grand-duché de Bade l’est à l'égard du royaume de Wurtemberg, ou que ce dernier état l’est à l'égard de celui de Bavière. Nous avons senti l’inconséquence d’une semblable méthode, et dans le chapitre de la Confédération Suisse nous avons indiqué tous les états différens que comprennent ses aa cantons.
Nous n'avons pas été peu surpris de voir quelques savans estimables nous reprocher comme autant de fautes et le silence que nous avons gardé, dans la Balance politique du globe, relativement au duché de Saxe-Gotha et à la principauté de Reuss-Lobenstein, et la place que nous avons accordée à la seigneurie de Kniphausen parmi les états & la Confédération Germanique, en nous citant, à l'appui de ces observations, des Géographies et du Tableaux statistiques publiés, en France et ailleurs en 1826 et 18a7, dans lesquels les deux premiers éiats figurent encore parmi les membres de cette confédération, tandis qu’on y cherche en vain le troisième. Notre justification a été bien facile. Nous n'avons eu que la peine d'ouvrir devant nos aristarques les cahiers des Ephémérides géographiques de Weimar, cù l’on voit que dès l’année 1824 la principauté de Reuss- Lobenstein, et dès l'année 1825, le duché de Saxe-Gotha, ont été réunis à d’autres états par la mort de leurs princes respectifs, décédés dans ces mêmes années sans héritiers mâles. Un autre article de ce même journal
LIL INTRODUCTION
donne l'historique des longs débats entre le comte de Bentink, seigneur de Kniphausen, et le duc de Holstein-Oldenbourg, qui prétendait être son snzerain, débats qui ont fini par l'admission à la Confédération Germanique de la maison de Bentink comme seigneur de Kniphausen. Nous n'avons parlé de ce qui nous est arrivé avec des savans très distingués, mais qui n'étaient pas assez au courant des changemens que subit la géographie politique, que pour démontrer combien se trompent quelques esprits snpérieurs qui paraissent dédaigner l'étude de la géographie comme celle d'une science tout-à-fait vulgaire, et qui ne mérite pas une étude sérieuse.
Mais les contradictions et les lacunes dont est semée la géographie politique de l’Europe ne sont rien en comparaison des innombrables et inconciliabies incohérences que nous offrirait la géographie politique des autres parties du monde, si nous voulions examiner aus motifs déterminent les géographes dans le choix des pays qu’ils nous présentent comme des états, c'est-à dire comme des contrées tout-à-fait indépendantes. Ainsi, par exemple, presque tous décrivent encore comme des pachaliks ou des sandjaks, ou comme des provinces turques, les territoires de Bayazid, Mouch, Van, Djulamerk, Amadia, Souleimanieh, Kara-Tcholan et Zahou, dans le Kurdistan, tandis que depuis quelques années un savant orientaliste et voyageur très distingué, M. Jaubert, qui les a traversés, nous a dit positivement, qu'à l’exception de Van, le grand seigneur n'est guère que de nom le souverain de cette vaste contrée. Ne voyons - nous pas tous les géographes donner encore Balkh, Koulm , Khoundez, Cachemire et autres vastes contrées au schah de Caboul, et ôter au roi de Siain le droit de suzeraineté sur les petits royaumes de la péninsule de Malacca, en les représentant comme tout-à-fait indépendans? Mais, d'après un excellent article publié en 1825 par le Séncapoure Chronicle , journal que, pour ces régions éloignées, on peut citer comme autorité, tous ces prétendus états ne sont réellement que des principautés vassales de la cour de Siam; le Cachemire, en 1819, est passé sous la domination de Randjit-Singh, le plus puissant chef de la confédération des Sikhs; et le pays de Khoulm avec Balkh et celui de Koundez, non-seulement sont de fait indépendans, mais paraissent même jouer maintenant un rôle important dans cette partie de la Haute-Asie. Myr-Kalitch-Aly-khan a su, non-seulement soustraire à la dépendance immédiate du schah de Caboul le territoire de Khoulm, mais encore y réunir celui de Balkh. Les dernières notices nous représentent le souverain de Koundez comme un guerrier très entreprenant. En 1829 et 1821, il paraît avoir soumis à sa domination une grande partie des khanats que le voyage à Boukhara de M. de Meyendorf nous représente comme des états indépendans. ‘
Notre Abrégé, ainsi que toute géographie élémentaire, étant destiné à présenter les points culminans de cette science et par conséquent ce que la géographie politique offre de plus positif, nous nous sommes borné à ne classer parmi les états du Turkestan-Indépendant, de la Perse, de l'Arabie et des autres grandes régions géographiques de l’Asie que ceux qui nous paraissaient offrir plus de stabilité, et sur l’état politique desquels nous avions trouvé le moins de contradictions dans les rapports les plus récens des voyageurs et des journaux de l'Orient. A la page b6t, nous avons cité l'opinion d'un savant célèbre à l'appui de notre manière d'envisager les états Barbaresques, qu’on regarde à tort comme des parties intégrantes de l'empire
sou ff tagc 4 bien et à leur divis seco instr Noa cet À mola
A LA GÉOGRAPHIF. Luis
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tink, seigneur de ndait être son sntion Germanique en. Nous n'avons tingués, mais qui la géographie poques esprits S'Ipecomme celle d’une tude sérieuse.
a géographie polimbrables et inconolitique des autres ifs déterminent les t comme des états, dantes. Ainsi, par , pachaliks ou des toires de Bayazid, wra-Tcholan et Za- ;, années un savant qui les a traversés, rand-seigneur n est e. Ne voyons-nous , Khoundez, Cacheôter au roi de Siam ninsule de Malacca, ais, d'après un excele, journal que, pour , tous ces prétendus de la cour de Siam; de Randjit-Singh, le le pays de Khoulm de fait indépendans, tant dans cette partie seulement soustraire erritoire de Khoulm, otices nous représenntreprenant. En 1829 rande partie des khaous représente COMME
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Ottoman. Plus bas nous verrons, en parlant de la Nigritie, quels sont les principes qui nous ont guidé dans le choix des états de cette vaste partie de l'Afrique. Les renseignemens précieux sur l'Océanie-Hollandaise que nous devons à de hauts personnages, nous ont mis à même de rayer de la liste des états l'empire de Menangkabou et autres contrées, que les géographes regardent encore comme tels, mais que la connaissance de leurs rapports agp avec les Hollandais, nous a obligé à ne considérer que comme de simples principautés vassales de la monarchie Hollandaise. C'est le résultat des victoires remportées dernièrement par les troupes de cette puissance sur différens peuples, et particulièrement sur les Padri. Cette secte de mahométans fanatiques, dirigée par des chefs aussi adroits que belliqueux, voulant convertir à ses dogmes le peuple de l'empire de Menangkabou, commença par en déposer les chefs, et finit par y établir son oligarchie théocratique, Depuis 1825, les anciens souverains, rétablis par les Hollandais sur le trône de leurs ancêtres, reconnaissent la suzeraineté du roi de Hollande et les Padri, retirés dans un district sur les fron-
tières de cet empire, pratiquent tranquillement les rites de leur religion,
et observent les stipulations convenues.
Mais devra-t-on classer parmi les Etats ces territoires plus ou moins étendus occupés par les Criks et les Tcherokis, qui ont fait de nos jours de si grands progrès dans la civilisation , par les Moqui, les Casas- Grandes et les Araucans, qu'on nous représente comme si supérieurs soûs ce rapport aux autres peuples de l'Amérique où ils conservent encore leur liberté entière ? Que dirons-nous des vastes espaces que parcourent les belliqueux et terribles Sioux, les Apaches, les Arrapahoes, les Marepizanos , les Manitivanos, et une foule d’autres peuples indépendans répandus d’un bout à l’autre du Nouveau-Continent, et qui ne reconnaissent d’autre autorité que celle de leurs chefs? À notre avis, il n’y a pas de géographe qui puisse leur refuser la qualification d'Etat; mais nous avons suivi à leur égard la raéthode adoptée pour les états semblables de l'Asie, de l'Afrique et de l'Océanie, en leur accordant les seuls détails que notre cadre comportait.
Les nouveaux États qui se sont élevés, au-delà de l'Atlantique, sur les débris des colonies Espagnoles, Portugaises et Françaises, n'ont pas encore pris cette assiette calme qui succède ordinairement aux agitations politiques. Ni la forme de leur gouvernement, ni les divisions administratives d ces différens États ne sont encore bien consolidées. Nous avons vu le Mexique passer de la monarchie à larépublique, et finir par être une fédération. Le Chili, au contraire, après avoir été une confédération, est maintenant une république. La république de Colombie, après avoir beaucoup souffert par les discordes intestines, paraît s'être définitivement partagée en trois républiques, pour ne former qu’une fédération. On sent bien qu’il est impossible, en arrivant à ces états livrés à la guerre civile et à l'anarchie qui en résulte, d'atteindre à une parfaite exactitude dans leur description , et surtout dans l'indication de leurs confins et de leurs divisions administratives, malgré nos nombreuses relations et malgré les secours multipliés que nous avons reçus d’un grand nombre de personnes instruites ct d'hommes distingués appartenant à ces régions éloignées.
Nous croyons inutile de faire observer qu'on ne doit pas chercher dans cet Abrégé ni l'Empire du Grand-Mogol, ni ceux d’Abyssinie et du Monomotapa, ni la Confédéra'ion des Maharattes, ni les Possessions Hollan.taises
taire, étant destiné à
conséquent ce que la s sommes borné à ne > la Perse, de l'Arabie que ceux qui nous pa” e desquels nous avions s plus récens des voyaus avons cité l'opinion visager les états Barntégrantes de l'empire
iv INTRODUCTION
en Asie, etc., etc. L'Empire du Grand-Mogol ct ceux d'Abyssinie et du Monomotapa n'existent plus depuis long-temps; la Confédération des Mabharattes a été dissoute dans ces dernières années par les Anglais; et, d'après le traité récemment conclu entre l'Angleterre et les Pays- Bas, cette dernière puissance n’a plus de possessions territoriales en Asie. TITASZS des ÉTATS, | serait à-peu-près inutile, ou du moins de peu d'intérét, de discuter sur tous les titres employés pour désigner les ditférens Etats décrits dans cet Abréyé. C'est seulement la per extraeuropéenne qui offre des difficultés véritables : celle de l'Europe n’en présente presque pas. Nous nous exprimons de la sorte, parce que le géographe ui raisonne ne sait pas s'il doit, d’après les traités et les actes officiels, déater le titre d'Ætats-Unis des Iles Zoniennes à la république des îles de ce nom, ou bien si; d'après la forme de leur gouvernement, il ne doit pas leur conserver cette dernière qualification, qui leur convient beaucoup mieux. En effet, ces îles forment une république, et non une confédération comme l'indique le titre d'Etats-Unis des Iles Zoniennes. C'est pourquoi nous avons préféré ce titre dans la Balance Politique du Globe et dans notre Abrégé. Mais il est nécessaire de dire un mot sur le titre de monarchie, employé si souvent dans cet ouvrage. Nous l'avons constamment donné à tout état formé par la réunion de plusieurs royaumes, ou dont les possessions s'étendent dans différentes parties du monde; nous avons conservé celui de royaume à tout état qui a un roi pour chef. Faute d'adopter cette distinction, tout est confusion dans la géographie politique, ou bien il faut employer à chaque instant de longues périphrases pour l'éviter, Comment distinguer autrement la totalité des pays soumis au roi de Prusse de ceux qui forment le royaume de Prusse proprement dit? En appelantMonarchie-Prussienne les premiers, et Royaume de Prusse les seconds, toute confusion disparaît sans avoir besoin d'explication. C’est ainsi que nous avons nommé Monarchie-Anglaise, Monarchie-Espagnole , etc., les contrées soumises aux rois d'Angleterre et d'Espagne, et que nous avons réservé la qualification particulière de Royaume-Uni et de Royaume d'Espagne aux parties de ces Monarchies qui ne comprenment que les seuls royaumes que nous venons de nommer. Nous n'avons donné le titre d'empire qu'aux états qui l'ont réellement. Cette qualification est cependant très vague lorsqu'on sort des confins de l’Europe. Devons-nous conserver le titre d'Empire aux pays gouvernés par les sultans indépendans d’4chem, de Bornéo, de Mindanao et de Soulou, ou à ceux qui sont gouvernés par les sultans de Soura-Carta, de Djocjucarta, de Monanghelos, de Ternate, de Tidor, de Batchian, et autres vassaux des Hollandais dans l'Océanie? Devons-nous conserver encore aux contrées gouvernées par les princes qui résident à Sego, à Coumassi, à Kouka, les titres d'empires de Bambara, d'Achanti et de Bornou? En cela, le meilleur parti que nous eussions à prendre nous parut être celui de maintenir les qualifications que l'usage et les rapports les plus récens leur donnaient. Nous croyons cependat que la géographie devrait conserver quelques - uns de ces titres, ne ff .1- ce que pour rappeler d'importans souvenirs historiques.
Dans le but de réunir toujours en un groupe tous les pays qui dépendent d'un même état, ce qui est de la plus haute importance pour la géographie politique , nous avons formé, à la suite des grands états de l'Asie, de l’Afrique, de l'Octanie et de l'Amérique, d’autres divisions qui leur servent
qi m da un pa pa sio vré les la pet la I cer de pou cn « la pi des’ de « met jour uie des de i que père et q l'arc les à D haut n'off desc alma toutd une com enco trati cessé
L d'Abyssinie et du Confédération des ar les Anglais; et, e et les Pays- Bas, riales en Asie.
bu du moins de peu r désigner les ditfégéographie extrae l'Europe n’en prérce que le géographe + les actes officiels, ublique des îles de ment, il ne doit pas convient beaucoup bn une confédération nnes. C'est pourquoi h Globe et dans notre titre de monarchie, nstamment donné à , ou dont les possesnous avons conservé raute d'adopter cette politique, ou bien il s pour l'éviter. Comhis au roi de Prusse ent dit? En appee Prusse les seconds, ation. C’est ainsi que
-Espagnole , ete., les e, et que nous avons et de Royaume d’Esrenment que les seuls s donné le titre d'emcation est cependant evons-nous conserver ns indépendans d’4à ceux qui sont qe ta, de Menangkabou, x des Hollandais dans ées gouvernées par les les titres d'empires de illeur parti que nous r les qualifications que ,. Nous croÿons cepen- -uns.de ces titres, ne
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jours, ét pour porter ses frontières de l'Egypte jusqu'à celles de l'Abyssi-
uie? N° Û i j ne À Koons de nos jours que l'entreprenant et astucieux chef Fr 1 pe on ci ès à fonder un puissant état sur les bords ; eaux du royaume de Caboul, en mé pee acute 1 | me de Ca ul, en méme temps eu ss ere ar in : petit héritage que lui avait laissé cn e la plus grande partie de la île d Et ot rage vaste île de Madagascar inow et Tamehameha 1° aggrégeai i-ci tout l'archipel d Fine L aggrégealent, celui-ci tout e Hawaï (Sandwich) à i-Là ÿ à og son royaume, et celui-là presque toutes composent les archipels de Tong ti (Fidji). | À pels onga et de Viti (Fidji).
IVISIONS ADMINISTRATIVES, P É i Dariesaa ne conte Ra. * Pour tout géographe qui est à la É a science, les divisions administrative ÆE !
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une administration particulière et jouit de grands privilèges. Dans ces mémes ouvrages nqus lisons avec surprise, ue l’Empire d'Autriche est partagé en 13 Ætats, que la Daimatie est divisée en 5 cercles, et que ceux de Carlstadt et de Fiume relèvent du gouvernement de Laybach, dans le royaume d'Illyrie, Mais depuis 1815 toute la Monarchie Autrichienne est partagée en 15 gouvernemens d'une étendue très inégale; depuis 1822, le cercle de Macarsca, en Dalmatie, « été réuni à celui de Spalatro ; ceux de Carlstadt et de Fiume, séparés du royaume d'Illyrie, forment depuis lors partie de celui de Hongrie, le premier, comme dépeudance de la Croatie, et la plus grande partie du second, comme un sous-gouvernement Hongrois, décoré du titre de Litorale Ungaricu, C'est encore dans ces ouvrages qu'on décrit la régence de Clèves, qui n'existe plus depuis 1821, époque de sa réunion à celle de Dusseldorf; qu'on partage la Monarchie -Prussienne en dix provinces au lieu de huit, d'après son organisation définitive ; qu'on offre en 1827 les 18 divisions administratives des Etats de l'Eglise, fixées par le motto proprio de Sa Sainteté en 1816, et réduites à 14 par un décret de l’année 1824 ; que des cartes de l'Espagne et du Portugal, publiées à Paris en 1821, et qu'on regarde comme les meilleures, donnent encore Olivença et son territoire au Portugal, qui les avait cédés à l'Espagne par le traité de Badajoz en 1801 ! Nous sortirions de notre cadre, et l'on nous soupçonnerait peut-être d’avoir un autre but que celui de nous mettre nous-même à l'abri de la critique en faisant ces remarques, si nous voulions les pousser plus loin comme nous le pourrions bien facilement.
Dans nos ouvrages sur la Monarchie Portugaise, nous avons signalé une foule de méprises relatives aux divisions slmitiuretive de cet état : elles n'en sont pas moins reproduites par les auteurs et les géographes, qui ne se donnent pas la peine d'étudier suffisamment les pays «u’ils entreprennent de décrire. Le célèbre baron de Humboldt vient de signaler la confusion qu'a fait naître parmi les géographes modernes l'ignorance où ils étaient de la division judiciaire de l'ile de Cuba. Mais ce qu'il y a de plus curieux, c’est de voir des auteurs regardés comme classiques pour la géographie, ignorer encore les divisions administratives des monarchies Nor: végiéno-Suédoise et Danoise. A la page 374, nous avons déjà signalé les singulières méprises relatives à cette dernière. Ici nous ferons observer que, même après la publication de l'excellente carte de Hagelstam, qui aurait pu leur faire éviter ces erreurs, les géographes continuent encore à donner pour le royaume de Suède les divisions administratives, tandis qu'ils donnent pour celui de Norvège, ou les divisions ecclésiastiques, ou les divisions judiciaires, qui sont cependant si différentes des divisions administratives.
Il en est bien autrement lorsqu'il s’agit d'indiquer les divisions administratives des états de l’Asie, de l'Afrique, de l'Océanie ainsi que celles d’une partie des nouvelles républiques de l'Amérique , et des possessions des Européens dans ces régions éloignées. Ici le manque d'ouvrages originaux, les contradictions et les méprises des voyageurs, les changemens produits par les guerres, les révolutions, et mille autres causes, que l'éloignement et la rareté des communications font ignorer des géographes pendant un temps plus ou moins long, rendent l'exactitude presque impossible. Notre Essai statistique et historique sur le Royaume de Perse, ouvrage que nous
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A LA GÉOGRAPHIE. avt
avons eu le plaisir de voir jugé très favorablement par les personnes les plus capables d'apprécier les difficultés que nous avions à vaincre dans sa rédaction, signale les incertitudes qu'offrent au géographe les divisions administratives de ce royaume. Si des orientalistes justement célèbres sont sujets à se tromper dans la détermination des divisions administratives des contrées qui forment le sujet de leurs études de prédilection, comment oserions-nous nous flatter d'être infaillible? Certes nous n’en avons pas la prétention, mais seulement d’avoir fait tout ce qui dépendait de nous pour connaître la vérité et pour éviter les erreurs,
Il y a cependant des inexactitudes qu'on ne saurait pardonner au géographe; ce sont celles qu'il commet à l'égard des pays sur lesquels des voyages récens ou des savans célèbres ont jeté déjà un grand jour en levant les doutes conservés jusqu'à la publication de leurs ouvrages. C'est ainsi qu'il n'est D aie permis maintenant d'ignorer les divisions administratives générales des vastes contrées dont l’ensemble forme l'empire Chinois; qu'on ne peut plus, sans passer au moins pour négligent, diviser en sept états la confédération de Guatemala après le savant article sur cette partie de l'Amérique publié par M. de Humboldt, dans l’Hertha, et la publication de l'ouvrage de Thomson ; compter parmi les territoi'es organisés de la confédéretion Anglo-Américaine le Missouri-Occideniul, le Nord-Oueït et l'Oregan. Mais il y a bien des parties sur lesquelles les incertitudes, le vague et même quelques erreurs seraient excusables. Dans le ours ile cet ouvrage le lecteur en trouvera un grand nombre que nous avons signalées à son attention, et que, pour éviter les répétitions, nous ne me:10nnerons pas ici.
PAYS. Depuis les évènemens majeurs qui ont si complètement changé de nos jours la face de la Terre , celui qui en veut étudier l’état actuel dans une géographie n’atteindra jamais son but s'il ignore les ancier::: ombinaisons politiques différentes auxquelles appartenait chaque pays. Cette considération nous a fait ajouter dans la description des divers états r'article des divers pays dont ils sont composés. La lecture des chapitres consacrés à la monarchie Française, à l'empire d'Autriche et à la monarchie Prussienne, pages 109, 214 et 250, en dira plus à ce sujet que toutes les explications que nous pourrions donner.
TOFOGRAPHIE. Nous voici enfin arrivé à l'article que nous appelons topographie , où nous offrons la description développée de la c:pitale de chaque état avec la description abrégée des autres villes et lieux les plus remarquables. Nous y avons suivi le même ordre que dans le tableau des divisions administratives, mais d’après un plan tout-à-fait différent de celui qu’on a depuis long-temps adopté dans les traités et les dictionnaires de géographie. Cette circonstance et la multiplicité d'objets variés dont se compose la description des villes, nous engagent à faire quelques observations, ne fût-ce que pour éviter les reproches que des juges non compétens pourraient nous adresser.
Dans une géographie générale , quelque voluu:cuse qu’on veuille la supposer, et plus encore dans un abrégé de cette science, il est impossible et il serait absurde, nous ne dirons pas de décrire, mais même d'indiquer toutes les villes, bourgs et villages de chaque état. IL faut donc nécessairement faire un choix, et c’est justement ce choix qui constitue une des plus grandes difficultés qu'on ait à surmonter dans la rédaction d’une
LV INTRODUCTION
géographie. Plusieurs circonstances concourent à rendre une ville ou un lieu remarquable : tantôt c’est la place qu’il occupe dans les divisions administratives, judiciaires, ecclésiastiques , financières, etc., de l’état; tantôt c'est le nombre de ses habitans, son étendue, la magnificence ou la beauté de quelques édifices, la bonté de son port ou l'importance de ses fortifications; tantôt son industrie, son commerce, le voisinage d’un canal navigable, d’un chemin en fer, ou celui d’une école célèbre, d’un établissement agricole ou industriel considérable, ou bien celui d’une mine, de bains et d'eaux minérales renommées; tantôt ce sont d’importans souvenirs historiques, ou de vénérables traditions qui y attirent tous les ans un grand nombre de pélerins, concours qui change ordinairement un simple hameau en une brillante foire; tantôt enfin ce sont de grands monumens, quelques débris d’anciens édifices, ou bien le voisinage d’un volcan, d’une cascade remarquable, d’une haute montagne ou de toute autre curiosité naturelle. Un misérable fort au-delà du 70° parallèle, un port assez fréquenté à la latitude de 70° 36’, trois ou quatre cabanes dans les immenses solitudes de l'Asie Boréale, dans celles de l'Amérique du Nord et de l'Amérique du Sud , une petite oasis, véritable port dans les vastes mers de sable de l'Afrique intérieure, de l'Asie moyenne et du sud-ouest de cette partie du monde , sont des localités qui, malgré leur petitesse absolue, acquièrent une grande importance relative aux yeux du géographe, qui doit nécessairement en faire mention.
Mais il ne suffit pas d’avoir fait un choix judicieux des lieux les pius remarquables sous tous ces rapports, il faut s'être tracé un plan de description raisonné, qui soit en harmonie avec le plan général de l’ouvrage, et au niveau de l’état actuel de la science, si différent de ce qu’il était à la fin du dernier siècle. Nous croyons avoir atteint ce double but, en décrivant d'abord toutes les capitales avec des détails proportionnés tant à leur importance qu’à celle des états auxquels elles appartiennent ; ensuite, sur une moindre échelle , un petit ae de villes, regardées incontestablement comme les principales de l’état; nous bornant, pour toutes les autres, ou à quelques désignations seulement pour les villes qui sont les plus considérables, ou à la simple mention de leurs noms dans le tableau des divisions administratives. Les lieux passés entièrement sous silence sont censés être beaucoup mains intéressans , sous tous les rapports, que ceux qui sont classés dans les quatre catégories que nous venons d'indiquer. Puis, afin d'aider la mémoire du lecteur à retenir une foule de localités remarquables, nous en avons rattaché ia description à celle des principales villes. C’est ainsi qu’en décrivant Paris, Lyon, Strasbourg, Lille, etc., en France; Vienne, Milan, Venise, etc., dans l'empire d'Autriche; Berlin, Cologne, Aix-la-Chapelle, etc. , dans la Monarchie-Prussienne , nous avons mentionné une foule de villes ou même de lieux d’une médiocre population, qui se recommandent cependant soit par leurs établissemens industriels, commerciaux ou littéraires, soit par leurs souvenirs historiques, leurs bâtimens remarquables et une foule d'autres choses semblables, qu'il serait oiseux d’énumérer et que le lecteur peut voir dans leur description. Tous ces lieux se trouvent situés dans la périphérie d’un cercle que nous avons tracé autour des villes principales décrites avec détails, en prenant un rayon d’autant plus étendu que la ville principale était plus grande; ce rayon varie de 12 à 60 milles et au-delà. De cette manière nous avons
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A LA GÉOGRAPHIE
notre lre une ville ou un ns les divisions adte., de l’état; tantôt ficence ou la beauté tance de ses fortifige d’un canal navi- , d’un établissement e mine, de bains et tans souvenirs hisjus les ans un grand atun simple hameau nonumens, quelques lcan, d’une cascade : curiosité naturelle.
assez fréquenté à la immenses solitudes et de l'Amérique du ners de sable de l’At de cette partie du absolue, acquièrent phe, qui doit néces-
pu nous permettre sur ces villes, sans sortir du cadre que nous nous étions tracé, une foule de détails topographiques que, malgré leur importance, on cherche en vain dans les géographies les plus volumineuses et les plus estimées.
Dans leurs descriptions , nous avons supprimé presque toutes ces généralités vagues qui ne peignent rien, qui ne laissent rien de positif dans la pensée, pour indiquer de préférence ces faits caractéristiques, ces détails plus ou moins nombreux, plus ou moins spéciaux, qui constituent éminemment la physionomie locale, et sont pour ainsi dire le cachet d’un pays ou d’une ville. Nous avons tâché, dans toutes ces descriptions, de mettre le lecteur à même de juger l’état plus ou moins avancé de la civilisation d’un pays, par l'indication, non-seulement de toutes les universités, quelque petites que fussent les villes où elles ont été établies , par celle des écoles spéciales de médecine, de jurisprudence, d’arts,etc., mais aussi par l'indication d’autres écoles moins considérables ; par la désignation des principales académies ou sociétés savantes, en signalant en même temps les bibliothèques publiques les plus riches, les jardins botaniques, les musées, les observatoires et les collections les plus remarquables en objets scientifiques ou de pure curiosité, et quelquefois en indiquant le nombre décrits périodiques qu’on y publie. Nous regrettons que le temps et l’espace ne nous permettent pas d'exposer toutes les idées que ces objets différens réveillent dans notre esprit; elles signaleraient au lecteur une foule d’omissions graves échappées aux géographes les plus soigneux, omissions cependant qui nous paraissent devoir être attribuées en grande partie à l'imperfection du plan que la routine leur avait tracé , et dont ils n’ont pas osé s’écarter.
Excluant toute étymologie, comme étrangère à une géographie élémentaire, et certaines indications historiques qui, dans des traités semblables, sont d’une utilité très contestée, nous avons pensé que l'indication d’une école supérieure, d’une académie ou société savante, d’une bibliothèque, d’un jardin botanique, d’une grande forge, d’un grand établissement agricole ou autres choses semblables, était bien autrement importantes pour nos lecteurs que de connaître l’étymologie du nom de Milan, ou de savoir que telle ville a vu naître le peintre Vanloo, l'abbé Poule, le savant Abauzif et une foule d’autres personnages d’égale célébrité. Au lieu d'occuper un espace précieux par la désignation des lieux où furent données des batailles ou signés des traités de paix, qui n’apportèrent que de faibles changemens dans l’état politique du AE a nous avons cru l’enployer plus utilement en désignant une foule de localités remarquables par des phénomènes naturels ou par des restes imposans de la plus haute antiquité, ou par les traces d’un ordre social entièrement différent de l’ordre actuel, et même antérieur aux temps historiques. C’est ainsi que dans les environs de Quito nous avons décrit ces colosses si remarquables par leur hauteur et si célèbres dans l’histoire de l’astronomie comme dans celle des phénomènes de la nature; que dans les environs de Bagdad nous avons rappelé les merveilles de Babylone, la splendeur de Séleucie et de Ctésiphon ; que dans ceux de Damas nous avons décrit les magnifiques ruires de Gerasa, de Philadelphie et de Palmyre, et que dans la vallée de Noto, en Sicile, nous avons donné la description de la vallée d’Ipaica, qui offre des vestiges d’une ville de Troglodytes.
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Lx INTRODUCTION
Les épithètes de ville grande, très grande, fortifiée, forte, trés forte, industrieuse | commerçante , très industrieuse et très commerçante et auires qualifications semblables, n’ont pas été données par nous au hasard, comme elles paraissent l'avoir été dans bien des ouvrages, où l’on trouve Sena, dans la capitainerie de Mozambique , désignée comme une ville populeuse, lorsqu’elle compte à peine 1,500 habitans; où Guilford, qui n’a pas 4,000 âmes , est nommée une grande ville, et cela en Angleterre , presque aux portes de Londres! Dans ces même: ouvrages, Brescia, Padoue, Brody, etc., dans l'empire d'Autriche, Breslau, etc., dans la monarchie Prussienne ; Bréme, Françfort, Giessen, etc., dans la confédération Germanique; Girone, etc., en Espagne, et une foule d’autres villes dont les fortifications n'existent pius, et d’autres qui n’ont jamais été fortifiées, sont indiquées comme des villes fortes. Mais c'est surtout hors d'Europe que cette désignation offre les méprises les plus ridicules. Nos longues études sur tout ce qui tient à la géographie, et les nombreux documens que nous avons obtenus de la part d’un grand nombre de personnes, nous ont mis en état d'éviter de semblables erreurs, et nous espérons que notre livre, considéré sous ce point de vue, peut être consulté avec une entière confiance, car des militaires qui ont fait bien des campagnes dans les cinq parties du monde, ont revu nos manuscrits et ont redressé nos jugemens lorsqu'ils étaient inexacts. C’est ici que nous nous plaisons à nommer M. le général Châätler, si renommé par sa campagne du Tyrol en 1809; ce tacticien qui connaissait presque toutes les forteresses de l'Europe, nous a fait éviter bien des erreurs lors de la seconde édition du Compendio di Geographia. Nous citerons encore M. le général Santander, ancien vice-président de la Colombie, 4. Pedraza, ancien premier président de la Confédération du Mexique, M. le major Poussin, aide-de-camp de M. le général Bernard, et nous en passons sous silence bien d’autres qu’il serait trop long de nommer.
. Les évéchés et les archevéchés, étant les principales divisions ecclésiastiques, doivent être nécessairement indiqués dans une géographie. Ce sujet, qui paraît n'offrir aucune difficulté, a été pour nous l'occasion de longues et fastidieuses recherches, à cause des changemens que ces divisions ont subis de nos jours , non-seulement dans l’église catholique, mais aussi dans les églises luthérienne, anglicane et grecque. Pour la première, nous avons suivi l’Ælmanacco della corte di Roma de l’année 1830; la lecture de plusieurs ouvrages spéciaux et de plusieurs voyages, et les renseignemens que nous devons à quelques-uns de nos collaborateurs, nous ont fourni les moyens d'éviter les erreurs trop souvent répétées par les géographes dans la désignation des diocèses des autres églises.
L'état des beaux-arts chez un peuple étant un indice certain et frappant du degré de sa civilisation, nous nous sommes attaché à donner quelques détails sur les principaux monumens en architecture, en sculpure et en peinture des temps anciens et modernes, nous étendant particulièrement sur ceux des peuples dont la civilisation diffère davantage de la nôtre; et cela d'autant plus, que nous les avons crus propres à caractériser la leur sous des rapports essentiels. Nous avons fait tous nos efforts pour être exact. Malheureusement peu de voyageurs donnent des descriptions satisfaisantes. Il arrive même quelquefois qu'après avoir consulté tous ceux qui parlent d’un mème objet, on pourrait rarement en acquérir Ja connaissance claire et complète. Parmi Le grand nombre d'exemples que
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A LA GÉOGRAPHIE. xut
omeneneestésentnetnienntntintntitentatethnnences te, trés forte, indusante et autres quaau hasard, comme n trouve Sera, dans ille populeuse, lorsqui n’a pas 45000 terre , presque aux ia, Padoue, Brody, la monarchie Prusration Germanique; ont les fortifications iées, sont indiquées ope que cette désiues études sur tout ens que nous avons us ont mis en état d'élivre, considéré sous nfiance, car des miliarties du monde, ont u’ils étaient inexacts.
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nous pourrions citer, nous nous bornerons à celui de la fameuse tour dite de porcelaine, à Nanking. Quoique ce soit un des monumens d’architecture qui ont été le plus cités sa description nous a offert bien des difficultés. Le père. Lecomte, qui s’en est bien acquitté selon le père Bourgeois, dit que cette tour forme un octogone dont chaque côté a 15 pieds d’étendue, tandis que le père Bourgeois de son côté lui en attribue 130. Peut-être a-t-il voulu par cette mesure indiquer l'étendue de chacun des côtés de la galerie qui entoure le rez-de-chaussée de la cour, tandis que son confrère n’a voulu indiquer qu’un des côtés de la tour même. Le fameux pont qui joint Hispahan au faubourg de Djoulfa a été décrit par Chardin, Sanson, Jean Thévenot et Daulier-Deslandes : chacun en donne des mesures différentes, malgré l'extrême facilité de ces sortes de mesures. Les contradictions que nous avons trouvées dans les voyageurs les plus célèbres et presque contemporains, sux ‘in même sujet, et l’impossibilité de nous livrer aux recherches nécessaires pour découvrir lesquels avaient raison, nous ont engagé à supprimer presque toujours les dimensions des édifices mentionnés dans cet Abrégé. Nous nous réservons de les donner dans un autre ouvrage, où le tableau des monumens anciens et modernes les plus remarquables du globe sera précédé d'observations critiques qui inspireront quelque confiance au lecteur pour les mesures auxquelles nous uous serons arrêtés. Au reste, ces contradictions qu’on remarque si souvent dans les voyageurs n’ont rien d’extraordinaire, lorsqu'on se donne la peine d'analyser les circonstances particulières de chacun. Un voyageur ne peut, ou ne sait pas tout voir. Une multitude de causes influent sur la manière dont les hommes voient et sentent. Le résultat naturel doit donc être des témoignages variés à l’infini sur les mêmes objets. Non-seulement un homme ne voit pas et ne sent pas comme un autre, mais encore, à différentes époques de sa vie, il diffère autant de lui-même que des autres.
Comme des savans estimables, qui connaissent déjà quelques parties de cet Abrégé, ont paru trouver que nous nous sommes trop étendu sur les monumens anciens et modernes, nous citerons, à l'appui de cette innovation que nous croyons non-seulement utile, mais nécessaire à la science, un passage remarquable que nous empruntons au Cours d'archéologie du moyen âge , professé à l'Athénée de Paris par M. Jules Desnoyers. « S'il est vrai de dire que les arts, soumis à la bonne et à la mauvaise fortune des lettres, sont, plus qu’elles encore, l'expression de la société, quelle époque doit, à ce titre, inspirer aux nations modernes un intérêt plus réel que le moyen âge? Jamais en effet harmonie ne se rencontra plus parfaite entre les produits divers de l’activité sociale : mœurs publiques et privées, institutions religieuses ou politiques, monumens des lettres, des arts et de l’industrie, tout fut empreint d’un cachet commun aux différentes phases de cette période de transition nécessaire entre l’antique civilisation et la civilisation moderne dont elle fut le berceau.
« Nous trouverons donc dans l'examen des antiquités monumentales du moyen âge, non sans doute des modèles de perfection, mais des témoins d'une époque et d’un état social déterminé. Nous y trouverons la connaissance de l’un des élémens les plus essentiels, et une des vives lumières de l'histoire. C’est sous ce double point de vue, non moins que sous celui d'un tableau purement technologique des arts, que nous essaierons de les
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[RTC INTRODUCTION
envisager. À chaque pas nous reconnaîtrons la présence des trois grands pouvoirs du temps, l'église, la féodalité, les communes.
« La description de ces majestueusés cathédrales, œuvres de plusieurs siècles , de ces riches abbayes où des rois imploraient un tombeau, nous retracerons l'immense puissance du clergé. Dans les vieux et obscurs don- qu jons, dans les castels, dans les manoirs à élégantes tourelles, à grandes RS il salles destinées aux joûtes, aux festins, nous reconnaîtrons les vicissitudes de la vie féodale et chevaleresque. La force naissante des communes se
révélera à la vue des cités et des bourgs fortifiés, des hospices, des mai- an sons de ville construites dans le goût des églises. Combien de détails rela- lie tifs aux costumes, aux croyances , aux mœurs, à la vie publique et privée ces de nos aucêtres, nous seront fournis par les innombrables bas-reliefs, par me les statues des églises et des tombeaux , par les vitraux peints, par les mi- vie niatures des manuscrits, par lessceaux , par les monnaies. La connaissance poc exacte de tous ces monumens ne peut-elle pas aussi répandre un grand pes jour sur la lecture des chroniques, des chartes, des légendes, des histoires vu contemporaines? » L édif Voilà pourquoi nous sommes entré dans certains détails en décrivant du { l'Égypte, les États Barbaresques, l’Asie Mineure, la Syrie, la Perse, la rece Crée, l'Italie, l’Inde, le Mexique, le Guatemala, le Pérou, Bolivia, Java de c et autres contrées, où d’imposantes ruines, des débris de sculptures, des que tombeaux recouverts de peintures, sont les témoins muets qui en nous ré- cont vélant un ordre de choses et un état social depuis long-temps détruits, nous nou signalent une civilisation si différente de la nôtre et de celle de nos ancé- gran tres. Commeut pouvions-nous espérer de donner une idée exacte de la Terre cath - en oubliant d'indiquer au lecteur l'emplacement de ces cités populeuses que qui, dans la suite des âges, furent tantôt l’une après l’autre, et tantôt 1RopÉ plusieurs: à-la-fois, les capitales politiques et commerciales du monde? Hous Signaler l'emplacement de Thèbes et de Memphis, de Babylone et de Ni- cette rive, de Sardes, de Tyr et de Jérusalem, c'est rappeler au lecteur la puis- place sance de Sésostris, de Nabucodonosor et de Sémiramis, les richesses de JM ‘léga Crésus, la splendeur de Tyr et la gloire de Salomon. Décrire les ruines de pa Suse, de Persépolis, d'Ecbatane , de Carthage, de Syracuse, de Rhodes et exist d'Athènes , c'est indiquer les cités magnifiques, qui, plus tard, remplacè- JE ‘te rent les premières dans la prépondérance politique, commerciale et litté- a “ raire. Alexandrie , Seleucie, Palibothra, Rome, Constantinople, Ctési- ae
phon, Bagdad, Karakhorin malgré sa petitesse, Samarcande , Cambalou ou Pékin, Ispahan et Chiraz, rappellent dans l’Ancien-Continent la puissance d'Alexandre et de ses successeurs, la monarchié universelle des Césars, la prépondérance politique des Parthes, l'empire des Califes, les empires immenses de Gengiskan et de Tamerlan , et la splendeur des Sophis. Fidèle au plan que nous nous étions tracé pour décrire la Terre, nous avons pensé que rien de ce qui était vraiment important ne devait être passé sous silence, et que tout en déroulant aux yeux de nos lecteurs le tableau imposant de l’état actuel du globe, nous devions leur rappeler de temps en temps Îles nations qui furent jadis ce que sont de nos jours l’Angleterre, la France, la Russie, l'Autriche et la Prusse, et les cités populeuses que remplacent de nos jours Londres, Paris, Saint-Pétersbourg, Vienne et Berlin, destinées peut-être à être remplacées elles-mêmes par d’autres.
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À LA GÉOGRAPHIE. Ext
d’un traité élémentaire de géographie, c'est le défaut de documens contemporains. La géographie est presque nécessairement un composé de choses qui sont et de choses qui ont cessé d’être. Il est presque impossible de décrire un pays, même suus les rapports essentiels, en ne présentant que des choses qui existent simultanément. Pour une ville considérable, il est méme presque impossibie d'éviter le mélange de notions qui appartiennent à des temps différens. Comment s’y prendre pour être seulement instruit de tous les changemens qu'éprouvent, dans l’espace de quelques années, les capitales de l’Europe? Que faire pour connaître ceux qui ont lieu dans les métropoles de l'Asie, de l'Afrique, de l'Amérique et de l'Océanie? Les descriptions spéciales ne sont pas toujours assez fréquemment renouvelées pour qu’elles puissent indiquer les changemens qui surviennent. Paris, Londres, Vienne, Berlin, Munich, Manchester, Liverpool, Edimbourg, Glasgow, Saint-Pétersbourg, ne sont, pour ainsi dire, pas reconnaissables, tant, dans le court espace de quinze ans, elles ont vu s'élever dans leur enceinte Ce nouveaux quartiers et de magnifiques édifices. Il faudrait donc pour composer une géographie qui offrit le tableau du globe à telle époque , des documens certains de la même date et très récens; ce qui n’a jamais été et ne saurait être. Mais ce que nous venons de dire pour prouver l'impossibilité d’être entièrement exact, quelque soin qu'on y mette, n’excuse pas les négligences impardonnables qu’on rencontre à chaque page dans des livres qui prétendent nous présenter l’état actuel des pays. C'est dans des géographies récemment publiées, qu’à notre grand étonnement, nous trouvons encore la description du clocher de la cathédrale de Cambrai renversé par un ouragan depuis bien des années ; que, dans la description de Bâlé, ên parle encore de la fameuse danse des morts détruite en 1805; que dans celle de Londres on parle de Carlton- House et de ses magnifiques collections, tandis que depuis quelques années cette maison royale a été démolie, et que son emplacement offre la belle place New-Carlton Square, formée par trois nouveaux bâtimens d’une clégante architecture, C’est dans des traités très vantés et publiés depuis peu ue nous apprenons l'existence d’universités, ou qui n’ont jamais existé, ou qui ont été supprimées depuis long-temps, tandis que leurs auteurs ne mentionnent seulement pas d’autres établissemens de ce genre qui figurent justement à côté des universités les plus anciennes et les plus célèbres; nous nommerons les prétendues universités d’Agram, de Xlausembourg , de Xassau , de Madrid, etc. ; nous signalerons l’université de Landshut transférée depuis quelques années de cette ville à Munich , et l'impardonnable omission de celle de Padoue, aujourd’hui une des plus florissantes et où professa le célèbre Galilée. L'espace nous manque pour signaler d'autres inexactitudes dans les qualifications aussi hasardées qu'ambitieuses données aux villes, soit d’après quelques c:couvertes que leurs habitans prétendent avoir eu lieu dans leur enceinte, soit d’après quelques produits du sol, ou de l’industrie, qu’à tort on leur attribue, qualifications qui n’en sont pas moins reconnues comme des vérités incontestables, puisque quelques-unes ont même reçu l'honneur de devenir proverbiales. Aidé par nos savans collaborateurs, nous avons eu soin d'éviter ces bévues, et lorsque nous avons été abandonné à nos propres forces, nous avons
mieux aimé ne rien dire, que de nous exposer à induire en erreur par de fausses indications.
LXIV INTRODUCTION
OBSERVATIONS STATISTIQUES. Les essais malheureux publiés par des hommes qui n'avaient pas cru devoir par d’épineuses et longues études spéciales se préparer à la rédaction d’une géographie statistique, ou de ces ouvrages dans lesquels on résume les travaux partiels exécutés sur différens pays et à différentes époques et d'après des méthodes, qui donnent tantôt des résultats à peine approximatifs, tantôt d’une exactitude presque rigoureuse, attirèrent notre attention, réveillée d’ailleurs depuis longtemps par les trop légitimes plaintes qu’ont fait entendre tant de fois des personnes qui, ne pouvant suivre la géographie et la statistique dans leurs détuils, accusaient d’imperfection ces deux sciences, au lieu de s'en prendre aux hommes inhabiles qui avaient osé s’en ériger les maîtres. Dans le chapitre vin‘ et dans ceux qui précèdent les tableaux ue des cinq parties du monde, nous sommes descendu dans une fonle de détails sur tout ce qui concerne les parties de la statistique, qu'à la page 1v nous avons vues entrer dans le domaine du géographe, Si l’on trouvait nos observations trop diffuses pour un traité élémentaire de géog''aphie, nous ferons observer qu’il fallait enfin mettre sous les yeux du public, les pièces d’après lesquelles tout lecteur tant soit peu instruit pourrait juger par lui-même de l’état de ces deux sciences et de la justesse des reproches que des juges non compétens leur adressent tous les jours. Nous avons donc résunié dans ces six chapitres les résultats obtenus durant près de vingt-cinq ans de recherches longues et pénibles, pour déterminer la superficie, la population, les forces et les ressources des principaux états du globe ; et le ombre approximatif des hommes actuellement vivans sur la Terre. Nous osons nous fatter d'avoir répandu le premier quelque lumière sur ces sujets importans, et d’avoir contribué à faire disprritre bien des erreurs regardées naguère comme des vérités démonirées. Et puisque le sujet nous a ramené à parler des populations et des finances, nous ne pouvons nous empêcher d'ajouter encore quelques observations, car on ne saurait jamais en dire assez sur un sujet si important, si compliqué, et sur lequel on trouve les plus graves erreurs dans les ouvrages spéciaux même les plus récens.
N'est-il pas étonnant de voir le Northern- Traveller, qui est un guide excellent pour les voyageurs qui veulent parcourir la Nouvelle-Angleterre et le Canada, n’accorder en 1828 au Bas-Canada que 200,000 habitans? N'a-t-on pas raison des’étonner encore plus en voyant l'annuaire The British Empire pour 1829, publié à Londres, ne donner encore aux deux Canada que 250,000 âmes, et cela quelques années après la publication de plusieurs ouvrages importans sur ces provinces, dans lesquels on porte presque au triple leur population, après les documens authentiques présentés au parlement, qui démontrent que dès l’année 1825, ces à provinces comptaient 581,171 habitans, et uprès que les journaux anglais avaient annoncé que plusieurs milliers d'émigrés quittaient annuellement le Royaume-Uni
ur aller s’y établir? A la page 1157, nous avons signalé au lecteur l'état orissant et toute l'importance de ces contrées, que certains géographes regardent encore comme de vastes solitudes, n’offrant tout au plus que du bois de construction et de riches fourrures. Complètement étrangers aux étonnans progrès de la civilisation dans cette portion prétendue déserte du Nouveau-Monde, ils ne se doutent seulement pas qu'elle offre une augmentation de population supérieure même à celle des Etats-Unis. On sait, en effet, par des documens officiels, qu’en 1790 le nombre d’ha-
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À LA GÉOGRAPHIE
bitans de la Confédération Anglo-Américaine s'élevait à 3,921,328, tandi qu'à la même époque ils ne montaient qu'à environ 210,000 ans l'A . rique-du-Nord Anglaise, Nous savons maintenant, par le dernier rec dsé. ment, que les Etats-Unis en 1830 avaient 12,856,171 habitans, d’un port côté , les recensemens antérieurs, la grande émigration qui aeu leu ed : ces dernières années, et desinductions très probables faitessur le a a de la population, ont démontré que cette partie de l’Amérique-An ais doit avoir eu dans la même année au moins 1,200,000 âmes. Le . chement de ces faits démontre sans réplique que, tandis que la popu Élon a un peu plus que quadruplé dans la confédération Anglorksrdtesl ;, elle a presque sextuplé dans l'Amérique-du-Nord Anglaise. Tous les statisticiens allemands les plus célèbres portent très bas les revenus de l'Etat du Pape, et M. le baron de Malchus, que nous n’hésito pas à regarder comme le premier des siatisticiens de l'Allemagne, ne te portait en 1830 qu’à 6,500,000 florins du Rhin, équivalant à 5 ) 5 es francs. Déjà, dans la Balance politique du globe, d’après rs faits positifs qu’on nous avait communiqués, nous les avions portés à 30,000,0 “ de francs. Le budget détaillé qu’un de nos correspondans nous à envo 4 et que nous avons publié dans une des Revues de Paris avec les bud és du grand-duché de Toscane et du duché de Lucques, les portait à 43 400 be francs pour l'année 1817. Desirant approfondir ce point important de la statistique, nous avons profité de la bienveillance dont nous honore M le baron Degerando, si justement célèbre par ses savans ouvrages et ses tré vaux philanthropiques, pour nous mettre en rapport avec les hommes vertueux qui, comme lui, ont laissé de si honorables souvenirs durant leur administration dans les départemens Romains. Les communications obligeantes que nous devons à M. le baron Janet, intendant-général d finances dans les deux départemens du Tibre et du et nous put ras que cette seule partie des Etats du Pape avait en 1813 un revenu ru?s de 24 millions de francs. Les faits importans que M. le comte d Tournon, ancien préfet de Rome, vient de publier dans sa statistique rs département qu'il a administré, concordent avec l'estimation rares. Nous savons, par les budgets du ci-devant royaume d'Italie, combi à rapportaient les départemens situés de l'autre côté des Apennins C'est d'après tous ces faits que nous avons porté, en 1826, à 45 millions le k à venu brut de la totalité des pays soumis au Pape. Cette évaluation done on ne saurait contester l'exactitude, est cependant plus que triple de l'esti : mation à laquelle M. Malchus a cru devoir s'arrêter dans son nilnareble ouvrage sur l'administration des finances, estimation qui diffère très de celles que tous les statisticiens s'accordent à tort à donner à cet état, ÿ Mais nous devons signaler à l’attention du lecteur deux innovations " nous avons cru devoir introduire dans la géographie, après les avoir déjà essayées dans notre Compendio, quoique sur une moindre échelle : ot voulons parler de la différence des caractères employés dans l'impression d ; cet ouvrage , et des synonymes que nous avons ajoutés, entre parenthèse à PA noms des fleuves, des villes, des pays, etc., qui diffèrent le lus mr à . avons adoptés dans le texte, comme les plus générale- SYMONYMIE. L'addition des synonymes pour la France, l'Italie, l’Angleterre , et autres contrées de l’Europe-Occidentale, n'offre presque pas
EX VI INTRODUCTION
de difficultés. Mais il en est bien autrement pour presque tous les pays de l’autre moitié de l'Europe, pour quelques provinces de la monarchie Prussienne, et pour plusieurs contrées de l'empire d'Autriche, Dans les Pays Hongrois de ce dernier état, presque tous les lieux ont deux noms, et quelques-uns jusqu'à cinq, savoir : en hongrois, en allemand , en valaque, en slavon et en latin hongrois. On sent bien que dans un Abrégé on ne pouvait les mettre tous; nous avons cependant indiqué ceux qui nous paraissaient les plus importans, et qu'on nous assurait être le plus en usage. On peut dire la même chose de l'empire Ottoman et du nouvel Etat de la Grèce. Dans celui-ci, il y a presque toujours trois dénominations pour chaque lieu : le nom classique ancien, 1: nom actuel en grec moderne et le nom turk. Pour l’Archipel, nous avons eu un guide excellent ; c’est le Tableau des Iles de la mer Blanche (Archipel) que M. Jouannin a publié dernièrement.
Que dirons-nous des régions hors de l’Enrope ? Là tout est désordre, et sans une abondante synonymie il est vrsitient impossibie d'étudier la géographie sur les cartes; car les noms indiqués dans le texte ne se rencontrent que très rarement sur les ‘ aries, et vice versd, surtout si le texte est rédigé soigneusement. Nous prions le lecteur de méditer ce que nous avons dit aux pages xiv—xvin, en parlant de l'orthographe. Plusieurs des remarques que nous y avons faites pourraient s'appliquer à la synonymie dont il s’agit. Nous ajouterons que parmi les synonymes que nous offrons il y en a quelques-uns que nous savons être des erreurs dues aux premiers traducteurs des ouvrages originaux, d’autres provenant de la négligence des copistes, quelques-uns même de celle des typographes. Nous avons cependant dù les conserver, parce que tout erronés qu'ils étaient, ce sont justement ceux qu'on trouve marqués sur les meilleures cartes françaises, allemandes et anglaises. Les supprimer tout-à-fait aurait été un grave inconvénient pour beaucoup de lecteurs, sans être d’une bien grande utilité pour la science.
ARRANGEMENT TYPOGRAPHIQUE. L'expérience nous ayant appris que, plus l’on parle aux yeux, plus on pénètre aisément jusqu’à l'esprit du lecteur, nous avons pensé que nous lui faciliterions l'intelligence des sujets différens traités dans cet Abrégé , en les écrivant avec différens caractères, dont la grandeur serait toujours proportionnée à l’im-
ortance relative de ces mêmes sujets. C’est ainsi que dans le tableau des angues et des religions, leurs divisions principales et leurs subdivisions ont été clairement exprimées par un mécanisme typographique très facile à saisir. À la page xx1x, nous avons déjà indiqué le moyen employé pour représenter typographiquement le bassin d’un fleuve. On a fait usage de plusieurs caractères différens et d’une certaine graduation d’espaces. pour faire sentir au lecteur l’ensemble des divisions administratives d’un état, ses divisions principales, leurs subdivisions , et afin qu’il pût distinguer d’un coup-d'œil leurs chefs-lieux respectifs. C'est ainsi que, dans les articles montagnes , on a adopté pour les systèmes montagneux des caractères différens de ceux qu'on a employés pour les chaînes principales, les chaînes secondaires et les points culminans des unes et des autres. Dans la description des villes, on a toujours écrit en italique les objets les plus remarquables ; et dans celle des lieux qu'embrasse leur rayon, on a employé des caractères plus petits, afin de signaler au lecteur leur dépendance de
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A LA GÉOGRAPHIE. DATI
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la ville à laquelle or voulait les rattacher. De cette manière, nous osons assurer que tout lecteur pourra sans la moindre peine se former une idée précise de chaque contrée du globe et de toures ses divisions, chose bien difficile à obtenir, même après l'étude de plusieurs gros votimes , où l’on a négligé ce moyen si naturel pour exprimer d'une manière sensible les innombrables détails qu'embrasse la science du géographe.
ANNUAIRE GÉOGRAPHIQUE. Les «découvertes des voyageurs, les phénomènes naturels, et les transactions politiques des états, voilà les trois causes principales qui ne permettent pas ou gcographe, quelque soin qu'il mette dans la composition de son livre, d'y présenter toujours, ne fût-ce que pour un petit nombre d'années, l'état actuel de l:. Terre. Pour peu que dure la rédaction, où même l'impression de son ou "age, ion traité n'offrira plus dans toutes ses parties l'ordre des choses qu'il à enirepris de décrire. Publier des additions à chaque changement qui aurait lieu, ce serait chose trop fastidieuse pour le lecteur et pour l’auteur; d'ailleurs c’est la tâche d'un journal, car c'est à la presse périodique qu'il appartient d'annoncer les changemens remarquables que la surface de la Terre subit sous tous les rapports, Faire une nouvelle édition est une chose impossible, lorsqu'il s'agit d’un ouvrage aussi considérable que le nôtre. Nous avons pensé que l'on pouvait remédier à cet inconvénient et tenir toujours au courant notre Abrégé, en publiant tous les ans quelques feuilles qui, sous le mème format, avec les mêmes caractères, et sous le titre d'ANNUAIRE GÉOGRAPHIQUE, OU COMPLÉMENT DE L'ABRÉGÉ DE GÉOGRAPHIE, présenteraient au lecteur tous les changemens qui auraient eu lieu pendant l'année précédente, pour chacune des trois causes que nous venons d'indiquer.
On sent toute la nécessité de cette publication, lorsqu'on pense que les 30 mois consacrés à l'impression de notre Abrégé ont suffi pour, rendre nécessaires des modifications dans le texte, soit relativement au gouvernement de plusieurs états des confédérations Germanique et Suisse et du royaume actuel de Pologne, soit dans le nombre des états, tels que le royaume des Pays-Bas, qui n'existe plus et a été remplacé par les deux royaumes indépendans, celui de la Belgique, et celui de la Hoilande ; la république de Colombie, qui s’est partagée définitivement en trois états confédérés, nommés la Nouvelle - Grenade, l’Equateur et Venezuela ; soit dans la description des villes, à cause des désastres que plusieurs ont soufferts, telles qu'Anvers , Bruxelles, Liège, Gand, Bristol, etc. Si nos nombreuses relations nous ont mis à mème de présenter les résultats des dernières explorations en Afrique, en Amérique et dans l'Océanie, avant qu’ils aient été publiés, une fois que notre livre aura paru nous n’aurons que la ressource de l'Annuaire pour y classer les faits nouveaux, fruit des explorations qu’on prépare et des voyages qu’on fait actuellement.
Nous nous proposons même de publier dans cet Annuaire le tableau statistique des cinq parties du monde, en y ajoutant le nom des souverains qui régissent les différens états, et ceux des premiers présidens des confédérations ou des républiques. Ce que nous avons vu faire par un seul homme lorsqu'il dirigeait les destinées de la France, par Bolivar dans l'Amérique du Sud, par Radama à Madagascar, par Tamehameha dans l'archipel de Hawaii; ce que nous voyons faire par Mahmoud et Mehemet-Ali dans l'empire Ottoman, par Feth-Ali-Chah en Perse, et par Randjit-Singh dans
EXVEIT INTRODUCTION le nord-ouest de l'Inde, démontre combien il est important de connaître le souverain ou le président qui est à la tête des états. Après tout ce que nous avons dit relativement aux élémens statistiques offerts par nos tableaux, on sent bien que nous ne nous donnerons pas la peine inutile de présenter tous les ans l'état actuel respectif de chaque pays, chose impossible lorsqu'on-ne veut offrir que des élémens comparables ; mais nous mettrons cependant, pour chaque état, ces mêmes élémens en harmonie avec les changemens qu'auraient subis ses frontières. Notre Annuaire indiquera aussi, non-seulement tous les changemens qu'auraient apportés, dans la description de chaque pays, l'ouverture d'un nouveau canal ou d'un chemin en fer, la création ou la suppression d'un établissement littéraire important, l'érection ou la démolition d’un édifice remarquable, ou les ravages produits par les épidémies, les tremblemens de terre, les éruptions de volcans, les débordemens de fleuves, les irruptions de la mer, et autres causes semblables dans les villes; mais nous y insérerons aussi les corrections des erreurs qui peuvent nous être échappées, et qui nous seraient signalées par nos nombreux collaborateurs ou par toutes les personnes qui aiment les progrès de la géographie. Notre éditeur, dont nous ne pouvons trop louer le zèle pour la science, et la complaisance qu'il a mise à nous fournir tous les livres, quelque coûteux qu'ils fussent, que nous lui indiquions comme indispensables à la composition de cet Abrégé, a déjà pris ses mesures pour nous procurer en Italie les journaux scientifiques, sources principales à consulter par tout auteur jaloux de suivre les progrès de la science qu'il cultive de prédilection. Notre #nnuaire parai- (*) tous les ans vers la fin du mois de juin, pour pouvoir profiter des précienx documens contenus dans les autres annuaires et publications périodiques de ce genre. | PROGRÈS DE LA GÉOGRAPHIE. Nous sommes heureux d’avoir | entrepris cet immense travail à une époque aussi favorable. Jamais jusqu’à nos jours la géographie n’avait fait d'aussi rapides progrès. La première partie du dix-neuvième siècle a multiplié d'une manière prodigieuse les foyers scientifiques , et la géographie a tant de points de contact avec les autres sciences, qu'ilena rejailli sur elle d'immenses faisceaux de lumières nouvelles. Les gouvernemens et les associations , les princes et les simples particuliers, les missionnaires catholiques et les protestans, tous ont concouru au développement des connaissances géographiquesavec un empressement tel que l’énumération exacte des services rendus devient à-peuprès impossible. L'Italie, la France, l'Angleterre et la Prusse ont vu naître : de savans recucils périodiques sous les divers titres d’Annales, d'Edin- ( burgh-Review , de Quarterly- Review , de Correspondance Géographique, de Journal Asiatique, d’'Hertha, etc.; et ces publications recommandées surtout par les noms des Grüberg de Hemsü , des Malte-Brun, des Eyriés, t
*) Nous prions les savans et les personnages distingués qui nous ont aidé de leurs lumiéres et qui ont contribué à la rédaction de notre Abrégé de Géographie, de vouloir bien adresser tous les ans, dans le courant de mars au plus tard, et franc de port, à notre éditeur, M. Jules Renouard, rue de Tournon, n° 6, à Paris, les renseignemens et les observations dont ils voudraient bien nous honorer. C’est au moyen de cette publication annuelle que nous nous proposons, non-seulement de remplir les lacunes qui existent dans notre ouvrage, mais encore de rectifier les erreurs qui auraient pu s’y glisser, et que lou aura l’obligeance de nous sigualer,
A LA GÉOGRAPHIF. PE tienne tant de connaître \près tout ce que fferts par nos tala peine inutile de > pays ; chose imarables ; mais nous mens en harmonie otre Annuaire inauraient apportés ‘ nouveau canal où établissement litifice remarquable, mens de terre, les ruptions de la mer, y insérerons aussi ppées, et qui nous | par toutes les peréditeur, dont nous omplaisance qu'il a u'ils fussent, que ition de cet Abrégé, es journaux scientijaloux de suivre les tre Annuaire Paraipouvoir profiter des s et publications p£-
des Larenaudière , des Xlaproth , des Brougham , des Jeffries, des Barrow , des Zach ,des Silvestre de Sacy, des de Hammer, des G.de Schlegel, des Berghaus, des Hoffmann, etc., ont puissamment contribué avec les Æphémérides géographiques de Weimar, qui en Allemagne les avaient tous précédés, à reculer les bornes de la science qui décrit la Terre. Les Sociétés de géographie fondées à Paris, à Berlin et à Londres, et les Sociétés Asiatiques de Paris et de Londres , n'ont pas moins concouru à ce mouvement progressif, tandis qu'une impulsion nouvellearrivait des contrées de l'Orient par les importantes publications des Socictés savantes de Batavia , de Calcutta , de Madras, de Bombay, de Colombo, de Tranquebar et de Bencouten.
Presque à chaque page de ce livre il est fait mention d’une entreprise , d'un établissement, d’un acte de munificence contribuant aux progrès des sciences géographiques. Vienne, Paris, Saint-Pétersbourg et Bonn possèdent de grandes écoles de langues orientales. La France, le Piémont, la Prusse, la Hollande et la Toscane doivent, au goût éclairé de leurs souverains, de superbes Musées égyptiens établis à gra ds frais. Combien, depuis la mémorable expédition d'Egypte , de grandes entreprises exécutées ! Le sol des Pharaons exploré de nouveau sous les auspices du roi de France et du grand-duc de Toscane ; d'immenses travanx géodésiques poursuivis dans presque tous les états de l'Europe et même dans l’Indc ; de magnifiques cartes, publiées par les divers bureaux topographiques des grandes cités européennes , ont donné une impulsion nouvelle à la science , tandis que de nombreux voyages de circumnavigation et dans l’intérieur des continens ont accumulé de riches matériaux pour l'édifice de la géographie, Que de noms souvent cités dans cet ouvrage parmi les intrépides et célèbres voyageurs de la France , de la Russie et de l'Angleterre, si noblement encouragés par des gouvernemens éclairés. Les états même que leur position semblait devoir rendre plus désintéressés dans ces voyages lointains, ont généreusement secondé ce grand mouvement scientifique, et l'intérieur du Brésil a vu dans ses magnifiques forèts les Mikau, les Poll et les Natterer envoyés par l’empereur d'Autriche, et les Spix et les Martius, par le roi de Bavière, Ce nobie exemple des souverains n'est pas resté stérile. Dès l'an 1767, la France avait vu un simple académicien , le marquis de Courtanvaux , faire construire et armer à ses frais la corvette l’Aurore , dans le seul but d'essayer en mer les premières horloges marines de Leroi. De nos jours le desir de rivaliser avec l'Angleterre dans la recherche du passage nord-ouest par le détroit de Bering a inspiré au comte de Romanzof la pensée non moins généreuse d’attirer sur la marine russe un nouveau titre de gloire, en faisant exécuter à ses frais la campagne du Aurick sous les ordres du capitaine Kotzebue.
COLLECTIONS PARTICULIÈRES. Les explorations et les découvertes dont nous venons de parler ont accumulé d'immenses richesses dans toutes lescollections publiques et particulières consacrées aux diverses branches dessciences historiques et naturelles. Dans le corps de l'ouvrage nous avons mis un soin particulier à faire connaître ce que chaque foyer de civilisation, chaque capitale, chaque ville même de médiocre étendue, renfermaient d’ohjets précieux pour les sciences, les lettres et les arts. C’est une des parties qui ont eu le plus de charmes pour nous. En effet, quoi de plus agréable que de se rendre compte des efforts qui ont été faits en diflérens pays et à diverses époques pour ériger quelque temple aux lumières et aux arts!
nes heureux d'avoir rable. Jamais jusqu'à rogrès. La première nière prodigieuse les s de contact avec les faisceaux de lumières rinces et les simples stans, tous ont conquesavec un empresndus devient à-petà Prusse ont vu naître s d’Annales, d'Edinlance Géographique, ations recommandées Ute-Brun, des Errtes,
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LAX INTRODUCTION
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Qu'on lise nos descriptions de Paris, dr ! ns, de Vienne, de Saint- Pétersbourg, de Cop..hague, de Rome, :!: Florence, ete., ete., et on verra que nous n'avons rien négligé pour s::quer les richesses varices qu'y offrent les musées, les bibliothèques, les M 5h botaniques, etc , etc, Malheureusement la multiplicité des rechetshes auxquelles nous avons dû nous livrer pour éviter les erreurs et connaître l'état actuel de tous ces établissemens publics, ne nous laissait pas le loisir de nous informer des divers établissemens particuliers du même genre que possède chaque ville. Voilà pourquoi nous avons gardé le silence sur ces derniers dans la description de presque toutes les grandes villes et même dans celle de plusieurs villes d'une médiocre étendue, Cependant les établissemens particuliers ne sont pas moins intéressans que les premiers. Ils le sont peut-être même davantage; car, tandis que les monumens publics sont l'ouvrage de tout un peuple ou des monarques éclairés qui le gouvernent, les monumens particuliers font mieux ressortir le goût des individus, et ce goût mérite d’être signalé, lorsque surtout il est accompagné d'un esprit éclairé et d'une volonté forte et généreuse. En attendant que les savans et les personnages distingués qui ont bien voulu coopérer à l'amélioration de cet Abrégé veuillent nous aider de leur secours dans la désignation des établissemens de ce genre les plus remarquables qui existent actuellement dans tout le monde civilisé, nous allons en nommer quelques-uns. Dans cette nomenclature nous n'avons pas compris les superbes collections particulières formées par plusieurs souverains et par les membres de leurs familles, Leurs possesseurs disposent de moyens trop supérieurs à ceux d’un simple particulier pour qu'on puisse les ranger dans une même catégorie. Leur grande importance nous a engagé à indiquer dans le texte celles que nous connaissions; nous nommerons toutes les autres dans l'4rnuaire. En effet, ce serait une omission impardonnable que de ne pas nommer dans la description de Paris la magnifique galerie de tableaux et a bibliothèque formées par le duc d'Orléans, aujourd'hui roi des Français. Comment pourrait-on, en faisant la revue des richesses littéraires que possède la capitale de l'Autriche, ne rien dire des riches collections possédées par les archiducs Charles et Jean, et ne faire aucune mention du Jardin botanique et de la bibliothèque particulière de l'empereur, de son riche mnédailler et de sa collection de portraits gravés, regardée par tous les connaisseurs comme la plus complète qui existe? Comment enfin, en décrivant Stuttgard, Copenhague et Florence, passer sous silence les bébliothèques particulières des rois de Würtemberg et de Danemark, :+ celle du grand-duc de Toscane? A l'égard des collections apparterant à de simples particuliers que de difficultés à vaincre pour les connaître toutes! Les mutations qui s’opèrent tous les jours, les ventes, les décès, l'impossibilité où l'on est de tout savoir, de tout connaître dans les grandes villes et dans les pays éloignés, ne laissent au géographe, le plus zélé et le plus soigneux, aucun espoir d'arriver à une exactitude rigoureuse. En attendant qu'il dresse la liste de ces collections, quelques-unes ont déjà changé de maître ou sont devenues publiques, tandis que d’autres ont cessé d'exister par des ventes qui ont dispersé les pièces dont elles se composaient. Mais ce faible essai, tout imparfait qu'il est, joint aux faits curieux et importans que nous avons déjà intercalés dans les descriptions de plusieurs villes de France, du Royaume-Uni, des empires Russe et Autri-
Vienne, de Saint- , ete, elc., et on ; richesses varices aniques, ete , etc.
les nous avons dû actuel de tous ces nous informer des ssède chaque ville.
rs dans la descripe de plusieurs villes particuliers ne sont étre méme davanivrage de tout un s monumens partigoût mérite d'être clairé et d’une voet les personnages ion de cet Abrégé a des établissemens ement dans tout le Dans cette nomentions particulières de leurs familles.
à ceux d’un simple me catégorie. Leur le texte celles que ans l'Annuaire. En e pas nommer dans x et la bibliothèque Français. Comment ires que possède la tions possédées par tion du jardin boer, de son riche mée par tous les conntenfin, en décris silence les béblio- Danemark, :t celle s apparterant à de es connaître toutes !
les décès , l’impossins les grandes villes plus zélé et le plus goureuse., En attennes ont déjà changé d’autres ont cessé ont elles se compoint aux faits curieux descriptions de plures Russe et Autri-
A LA GÉOGRAPHIE. uxxt chien, et d'autres Etats, servira à remplir quelques-unes des nombreuses lacunes qui subsistent encore , et que nous nous proposons de combler, Ce sera d'ailleurs un échantillon pour nos généreux collaborateurs du genre de faits qu'ils peuvent foouellir pour les notes que nous attendons de leur obligeance, Nous avons déjà profité pour l'Italie du savant travail de M. Charles Didier, dont plus bas nous annoncerons l'ouvrage; il nous a fourni de précieux renseignemens qui ont d'autant plus d'intérêt qu'ils se rapportent en général à des provinces peu connues et tout-à-fait hors du cercle que parcourent les touristes. Deux savans célèbres, auxquels nous nous sommes adressé, M. Vander Maelen et M. le professeur Orioli, ont bien voulu nous fournir des notes sur les collections particulières les plus remarquables de la Belgique et de l'Italie; et nous en devons de bien précieuses sur les collections zuologiques, minéralogiques et botaniques à des naturalistes distingués, à MM, Gillet de Laumont, Guillemin et de Ferussac. Nous devous à l'obligeante amitié d’un savant voyageur qui revient de l'Orient, à M. de Rienzi, la connaissance des collections particulières les plus remarquables de ces pays éloignés. Le sujet principal de notre livre nous engage à ranger aussi parmi ce genre de collections, quoique ce ne soient à la vérité que de grands établissemens industriels, les principaux ateliers où l’on confectionne à grand nombre les meilleures cartes géographiques livrées au commerce.
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